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	<title>Archives des souveraineté populaire &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des souveraineté populaire &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Tribune. Au Mali, l’armée comme fondement de la refondation nationale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Mikaïlou Cissé explore l'armée malienne  en tant que pilier de l'État sahélien et symbole de la souveraineté et de la refondation.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans cette tribune, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire au Mali, examine le rôle de l’armée dans la refondation de l’État. À travers le prisme du discours du président Assimi Goïta lors du 65ᵉanniversaire des Forces armées, il interroge la fonction politique, morale et symbolique d’une armée devenue pilier de la souveraineté nationale et de la stabilité régionale.</em></strong></p>



<p>Le 20 janvier représente une date charnière dans l’histoire politique et militaire sahélienne. C’est à la fois une cérémonie des armes, des armées du Sahel, et une occasion unique pour le peuple de méditer sur le sens de la souveraineté. En ce jour où l’État se raconte au peuple à travers son armée, la question centrale n’est plus seulement de savoir qui tient le fusil contre le terrorisme dans les campagnes sahéliennes, mais de comprendre comment la force armée sert l’État dans sa mission régalienne : pacifier le Sahel par les sahéliens, pour les sahéliens, et donner un contenu concret au projet de restauration politique porté par l’Alliance des États du Sahel (AES).</p>



<p>Cette date consacre, en effet, la loi historique N° 81/AN-RM portant organisation générale de la défense du Mali, adoptée pour « <em>assurer en tout temps la sûreté et l’intégrité du territoire</em> », ainsi que le proclamait l’Assemblée nationale souveraine après sollicitation du père de l’indépendance politique, le 3 août 1961. Aujourd’hui, en inscrivant la défense nationale au cœur du projet Mali Kura et de la souveraineté retrouvée, l’armée malienne se pose en rempart face à l’assaut du terrorisme politique, sous ses formes armée et économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-armee-gardienne-d-un-projet-national-et-culturel"><strong>L’armée, gardienne d’un projet national et culturel</strong></h2>



<p>Le Mali, projet ambitieux de mise en valeur de la diversité culturelle de l’empire dont il tient sa symbolique, occupe un territoire relativement vaste, hérité par l’armée républicaine après le départ du dernier soldat colonial, lorsque les anciens peuples du Soudan français se sont reconnus dans le projet « <em>Mali</em> » après la séparation avec le Sénégal. Ce projet réhabilite un État en dynamique constante avec un peuple de plus en plus urbanisé, des campagnes parfois hostiles à la vie républicaine et de larges zones désertées, qui constituent autant de terrains de garde pour l’armée nationale, en phase décisive de la perpétuation de sa légitimité.</p>



<p>Le peuple y exprime une confiance implicite envers l’autorité de l’État et ses alliances politiques, en phase avec la doctrine militaire, et une confiance civique qui se redéfinit dans son essence, en plaçant au premier plan l’intérêt général. Face aux récents incidents régionaux, où la souveraineté se renégocie sans cesse entre acteurs internationaux et armée nationale, les Forces armées et de sécurité incarnent un Mali debout dans le Sahel, qui tient par la vigilance de son peuple et la mobilisation intelligente de ses ressources internes – minières, agricoles – ainsi que par la valorisation de son caractère enclavé en couloir d’accès stratégique pour de nombreux pays vers les ports, grâce aux interconnexions régionales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-fama-pilier-d-une-refondation-sahelienne"><strong>Les FAMa, pilier d’une refondation sahélienne</strong></h2>



<p>Au cœur de cette recomposition sahélienne se tient l’armée malienne, pilier de la refondation de l’autorité souveraine de l’État et de l’AES. Présentée par les autorités comme l’héritière d’une légitimité populaire – « <em>issue du peuple et combattant pour le peuple </em>», selon les mots du Général d’armée Assimi Goïta –, elle assure la protection physique du peuple et rétablit l’ordre républicain ainsi que la légitimité politique face aux puissances extérieures. Pourtant, les armées sahéliennes se heurtent à des réalités matérielles et morales : sauver des vies dans les périphéries des grandes agglomérations et dans les zones ravagées par la violence, pallier la déliquescence de certaines institutions, restaurer la présence de l’autorité de l’État. De force républicaine, elles deviennent ainsi des institutions de sauvegarde de l’autorité de l’État, des acteurs et cadres politiques par nécessité historique.-</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-armee-reorganisee-autour-de-la-souverainete"><strong>Une armée réorganisée autour de la souveraineté</strong></h2>



<p>Les FAMa opèrent sur un théâtre étendu, où mobilité, maîtrise spatiale, logistique, aviation et renseignement sont essentiels. Depuis le début de la transition, l’État malien réaffirme sa souveraineté régalienne en matière de défense, en concertation avec le peuple et sous la direction unifiée de la hiérarchie militaire et politique.&nbsp;</p>



<p>Les coopérations au sein de l’AES, le recrutement massif de soldats aguerris et mieux équipés, la modernisation constante de l’arsenal militaire illustrent cette dynamique : occupation effective du territoire, rôle de filet social, et garant de cadre politique permettant au peuple d’exprimer son adhésion à la doctrine des unités mobiles de lutte contre les groupes terroristes. Chaque soldat, chaque unité, chaque opération traduit la volonté générale d’une communauté aspirant à la paix sociale et au développement économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-souverainete-comme-horizon-concret"><strong>La souveraineté comme horizon concret</strong></h2>



<p>La souveraineté n’est plus une abstraction juridique, mais la maîtrise des choix sécuritaires, l’autonomie diplomatique et la liberté de choisir ses partenaires – comme l’illustre la rupture avec certains partenaires extérieurs, au profit d’une réappropriation des décisions. La guerre contre le terrorisme sahélien donne un sens profond à l’action de ses forces armées : elles se confrontent à une méthode asymétrique de guerre visant la désorganisation de l’État, la peur collective et la rupture du lien de confiance entre peuple et autorité.&nbsp;</p>



<p>Les références politiques ne constituent souvent qu’un langage de mobilisation ; en réalité, ces groupes adaptent leurs tactiques aux milieux : prédation économique sur ressources, trafic de carburant ou contrebande de biens essentiels, violence psychologique pour imposer coercition et extraction. Ce modèle hybride, ancien dans ses racines, défie des armées historiquement formées à la confrontation frontale, mais que les sponsors directs ou indirects – groupes terroristes et intérêts géopolitiques – entravent dans leur marche vers la concorde sociale et le développement intégré entre les peuples de la sous-région, en prolongeant leur défiance envers des autorités pourtant admises et soutenues par le peuple, laissant des vides sécuritaires que les FAMa comblent patiemment.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-armee-un-peuple-une-meme-mission-de-paix"><strong>Une armée, un peuple, une même mission de paix</strong></h2>



<p>La relation entre armée et peuple forme à la fois la condition et l’horizon de la sortie de crise imposée par les sponsors du terrorisme au Sahel. Dernier socle face à l’effondrement de l’ordre public, elle oriente et exprime la volonté générale du peuple, exprimée dans les assemblées populaires, et se traduit dans les opérations de sécurisation dynamique des territoires ruraux et des périphéries urbaines. La création de l’AES marque une réappropriation collective de la sécurité par des armées sahéliennes souveraines, symboliquement désignées comme Force Unifiée, cristallisée dans cette formule : « <em>Personne ne viendra mourir à la place de nos peuples. </em>»</p>



<p>Ainsi, la célébration du 20 janvier oblige à interroger la fonction de l’armée républicaine. Le défi des armées sahéliennes est immense : faire du bras armé du peuple un instrument véritablement souverain de protection civique, inverser les logiques des groupes armés et garantir une souveraineté ancrée dans l’avenir du peuple souverain.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Du blocus à la fierté : comment le 14 janvier 2022 a refaçonné la mémoire nationale au Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 11:29:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le 14 janvier 2022 marque la souveraineté retrouvée du Mali face aux sanctions de la CEDEAO et à la lutte pour la dignité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Le 14 janvier 2022, sous le poids des sanctions de la CEDEAO, le Mali semblait au bord de l’asphyxie. Depuis, cette date est devenue celle de la « souveraineté retrouvée ». La commémoration du 14 janvier révèle les défis d’un pays qui cherche à se reconstruire autour de la dignité, tout en s’interrogeant sur le prix réel de sa souveraineté.</em></strong></p>



<p>Quatre ans après les sanctions économiques «&nbsp;<em>illégales, illégitimes et inhumaines&nbsp;</em>» imposées par la CEDEAO et l’UEMOA — qui ont donné lieu à une mobilisation historique du peuple malien pour dénoncer des complots géopolitiques contre leur pays — le Mali célèbre chaque 14 janvier sa « <em>Journée nationale de la souveraineté retrouvée </em>». Une date qui, pour beaucoup, marque le moment où la nation a dit « <em>non</em> » à ce qu’elle percevait comme une nouvelle forme de tutelle.</p>



<p>Derrière les drapeaux, les discours et les chants patriotiques, cette journée concentre à la fois la mémoire d’un traumatisme collectif et l’affirmation d’une fierté nationale renaissante. L’institutionnalisation de cette Journée est une reconnaissance des autorités maliennes de la transition des combats héroïques et historiques du peuple pour l’accès à une souveraineté pleine et entière.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-sanctions-frappent-la-nation-se-ressoude"><strong>Quand les sanctions frappent, la nation se ressoude</strong></h2>



<p>Le 9 janvier 2022, la CEDEAO décide à Accra d’une série de sanctions économiques sans précédent contre Bamako, après le report du calendrier électoral décidé par les autorités de la Transition. Les frontières terrestres et aériennes sont fermées, les avoirs maliens gelés, les transactions commerciales suspendues. L’objectif recherché était d’asphyxier le pays et par ricochet le peuple malien dont le seul tort est de soutenir les autorités dans leur noble combat contre la nouvelle forme de colonialisme ou d’impérialisme, à travers laquelle des acteurs étrangers, soutenus par des apatrides, dilapident les richesses du pays depuis des décennies, et entretiennent des conflits, sous la couverture du terrorisme. Un conflit soutenu par ces «&nbsp;<em>sponsors du chaos contrôlé&nbsp;</em>».</p>



<p>Le 14 janvier 2022 qui aurait pu être une journée de désespoir, s’est vite transformé en un sursaut national sans précédent. À l’appel des autorités de transition, des foules immenses se rassemblent au monument de l’indépendance, d’où est parti toutes les manifestations du 14 juin 2020, et qui avait conduit à la chute du président Ibrahim Boubacar et signé l’arrivée des militaires au pouvoir en sauveur d’un peuple et d’un pays meurtris par des décennies d’expropriation des richesses. A Bamako comme dans les capitales régionales, le peuple malien a lancé le même message, à savoir que le Mali ne cédera plus devant l’adversité.</p>



<p>Ce jour-là, au-delà du rejet des sanctions, c’est un sentiment collectif de revanche et d’unité qui émerge — celui d’un peuple longtemps humilié, soudainement rassemblé autour d’une même idée : la souveraineté comme acte de dignité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-la-mobilisation-a-la-mythologie-nationale"><strong>De la mobilisation à la mythologie nationale</strong></h2>



<p>Très vite, le pouvoir comprend la puissance émotionnelle de cet épisode. En 2023, il institue officiellement le 14 janvier comme «&nbsp;<em>Journée nationale de la souveraineté retrouvée</em>&nbsp;». Défilés, cérémonies d’hommage, débats sur « <em>l’indépendance économique</em> » et « <em>la dignité retrouvée </em>» : l’événement devient un rituel civique. Dans les écoles, on hisse les couleurs et des leçons modèles sont généralement dispensés. Dans les médias, on traite régulièrement de la résilience du peuple.</p>



<p>Le discours officiel transforme la souffrance en victoire symbolique. Le 14 janvier devient un mythe fondateur, comparable — dans son intensité émotionnelle — à la proclamation de l’indépendance en 1960. Mais cette sacralisation célèbre la souveraineté d’un peuple longtemps maintenu sous le poids de l’exploitation, surtout de l’extraversion de ses richesses.&nbsp;</p>



<p>Le régime d’Assimi Goïta s’appuie sur cette mémoire collective pour forger l’idéologie du Mali Kura, le « <em>Mali nouveau </em>», «&nbsp;<em>An tè kôrôlen fè fô kura&nbsp;</em>» (on ne veut plus de l’ancien, on veut du nouveau), le slogan cher aux révolutionnaires maliens de mars 1991. Cette doctrine réactualisée par la transition de 2021 repose sur trois piliers, devenus constitutionnels depuis le 22 juillet 2023 — « <em>respect de la souveraineté nationale </em>», « <em>liberté de choix des partenaires </em>» et « <em>défense des intérêts vitaux des populations </em>» — et s’accompagne d’un vocabulaire moral emprunté aux traditions maliennes : <em>maaya</em> (l’humanité partagée), <em>danbe</em> (la dignité), <em>maliden kura </em>(le citoyen nouveau). Car en effet, le nouveau Mali tant rêvé par chaque Malien ne pourra voir le jour qu’avec un nouveau type de Maliens. Des hommes et des femmes, croyant profondément en l’avenir et ayant l’amour de leur patrie dans le coeur et dans l’esprit. Un Peuple certes résilient et respectueux de ses devoirs et qui respecte également les lois de son pays. Sans ce <em>Malidenkura</em>, le <em>Mali kura</em> ne sera qu’un mirage malgré tout l’engagement des autorités de la transition.&nbsp;</p>



<p>En surface, cette réhabilitation des valeurs endogènes répond à une aspiration légitime : refonder la nation sur des bases morales et culturelles propres. C’est dans cette dynamique que 2025 a été décrété par le chef de l’Etat comme «&nbsp;<em>l’année de la culture&nbsp;</em>». L’objectif affiché était la valorisation de l’art et de la culture malienne. Une mission accomplie avec enthousiasme par le ministère de la Culture. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-souverainete-devient-une-arme-politique"><strong>Quand la souveraineté devient une arme politique</strong></h2>



<p>Dans cette mise en scène de la mémoire, chaque symbole compte. L’hymne national — «&nbsp;<em>Pour l’Afrique et pour toi, Mali&nbsp;</em>» — retrouve une dimension quasi sacrée. Les références au sacrifice et au travail collectif sont mises en avant comme autant de vertus morales d’un peuple debout face à l’adversité. Quatre ans après les sanctions «&nbsp;<em>illégales, illégitimes et inhumaines</em>&nbsp;» de la CEDEAO et de l’UEMOA, le Mali continue d’affronter les adversités, tant au niveau régional qu’au niveau international.&nbsp;</p>



<p>Les sanctions n’ayant pas réussi, les adversaires se tournent désormais du côté des groupes armés, qu’ils recrutent, forment et équipent afin qu’ils s’en prennent aux intérêts économiques du Mali. C’est dans ce cadre que se situent les attaques contre les convois de ravitaillement en carburant et aussi contre des entreprises nationales et étrangères. Le but reste toujours de déstabiliser le pouvoir en place à travers une asphyxie économique. Mais toujours, le pouvoir a su compter sur la résilience du peuple souverain du Mali, décidé à braver toutes les adversités pourvu qu’il préserve la souveraineté sur ses richesses. &nbsp;</p>



<p>Pour de nombreux observateurs, la commémoration du 14 janvier fonctionne comme un miroir qui reflète les moments de fierté populaire réelle, mais aussi constitue un instrument de mobilisation politique au service du régime. Quatre ans après le traumatisme des sanctions de 2022, le souvenir du 14 janvier reste vivace. Elle exprime un désir profond d’émancipation, une volonté de rompre avec les tutelles extérieures asservissantes.</p>



<p>Le 14 janvier 2022 n’a pas seulement marqué une résistance économique ; il a inauguré une nouvelle posture nationale. Cette posture audacieuse repose davantage sur la transformation réelle des conditions de vie, à travers notamment une réelle mainmise sur les richesses nationales. De toute évidence, le Mali a su transformer un moment d’humiliation en source de fierté. Comme quoi, derrière chaque défi se cache une opportunité. Notre pays, pour sa part, a su saisir la sienne pour désormais changer le cours défavorable de son histoire.&nbsp;</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>AES : Contre le mimétisme institutionnel, la refondation sahélienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 08:14:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Mikaïlou Cissé explore la refondation sahélienne dans le contexte actuel, entre héritage et nouveaux enjeux politiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans cette tribune, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire au Mali, analyse la transition politique en cours au Sahel à la lumière de la quête de légitimité populaire et de souveraineté collective. Pour lui, la Confédération des États du Sahel (AES) ne marque pas une simple rupture institutionnelle, mais une refondation politique ancrée dans les réalités sociales et culturelles des peuples sahéliens. Entre héritage postcolonial, échec des modèles importés et réaffirmation d’une souveraineté vécue, Cissé voit dans ce moment sahélien l’émergence d’un nouvel humanisme politique africain.</em></strong></p>



<p>La transition sahélienne se joue désormais sur le terrain décisif de la légitimité politique. Les peuples n&rsquo;y expriment pas seulement ce qu&rsquo;ils rejettent ; ils affirment ce qu&rsquo;ils entendent bâtir ensemble. Dans cette nouvelle configuration, la souveraineté populaire, articulée à une intégration économique et une sécurité collective, s&rsquo;enracine dans une union conçue pour résister aux fractures internes et aux pressions externes. Ainsi, les sociétés sahéliennes s&rsquo;affirment comme des acteurs autonomes de l&rsquo;histoire ouest-africaine contemporaine.</p>



<p>La Confédération des États du Sahel (AES), née à Niamey en juillet 2024, s&rsquo;inscrit dans une séquence marquée par l&rsquo;épuisement des cadres d&rsquo;intégration postcoloniaux et l&rsquo;émergence d&rsquo;une exigence populaire de rupture. Au cœur de cette dynamique réside la réappropriation de la souveraineté par les peuples eux-mêmes.</p>



<p>Loin d&rsquo;être un attribut figé de l&rsquo;État, la souveraineté devient un processus continu : elle se construit, se défend et se légitime par l&rsquo;action collective. L&rsquo;expérience burkinabè actuelle l&rsquo;illustre parfaitement, au milieu de menaces internes et externes multiples.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-lecons-de-l-histoire-de-la-federation-du-mali-a-la-cedeao"><strong>Les leçons de l’histoire : de la Fédération du Mali à la CEDEAO</strong></h2>



<p>Cette trajectoire invite à une lecture comparée avec l’échec de la Fédération du Mali à la veille des indépendances. Elle rappelle qu&rsquo;aucune union politique ne dure sans socle populaire solide ni vision partagée de la souveraineté.</p>



<p>Dans le contexte sahélien, l&rsquo;union ne saurait être une superstructure institutionnelle détachée du vécu des populations. L’expérience nigériane le démontre : lorsqu’un modèle est capturé par des élites et déconnecté des réalités sociales et sécuritaires, il se réduit à une coquille juridique vide.</p>



<p>La CEDEAO, quant à elle, illustre le même paradoxe sous un autre angle. En privilégiant une intégration normative sans transfert réel de souveraineté populaire, elle révèle que la légitimité sociale demeure le socle vivant de toute communauté politique. Sa rigidité procédurale et son alignement sur des intérêts exogènes expliquent la quête d’un nouveau cadre par le Mali, le Niger et le Burkina Faso.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-un-projet-politique-enracine-dans-les-realites-populaires"><strong>L’AES : un projet politique enraciné dans les réalités populaires</strong></h2>



<p>L’AES comble ce vide non par une opposition abstraite, mais par une refondation politique ancrée dans les attentes sécuritaires, économiques et sociales des populations sahéliennes.</p>



<p>Confrontée à des alliances extérieures hostiles et à des entreprises de déstabilisation interne, la Confédération affronte des menaces hybrides où des partenariats peuvent se muer en facteurs d’insécurité. Seule une communauté politique portée par une volonté populaire assumée peut contrer ces projets contraires à l’intérêt général.</p>



<p>Les interactions régulières entre institutions sahéliennes témoignent d’une dynamique réelle. Pourtant, la durabilité d’un projet fédéral ne se mesure pas à la fréquence des concertations, mais à sa traduction concrète dans la vie des populations.</p>



<p>Dans un environnement marqué par des rapports de force asymétriques, la légitimité politique s’édifie d’abord par la cohérence interne entre législation, action publique et soutien populaire, plutôt que par une reconnaissance extérieure.</p>



<p>Toute entrave au projet collectif devient ainsi un enjeu d’intérêt public majeur. Elle appelle des réponses politiques, juridiques et sociales proportionnées, tournées vers la base où se forgent adhésion et contestation. Il ne s’agit ni d’arbitraire ni de coercition aveugle, mais d’une nécessité structurelle pour protéger le projet commun et affirmer la primauté de l’intérêt général.</p>



<p>L’intervention américaine au Venezuela en est une illustration apparente : un rappel que la souveraineté ne se délègue pas sans se perdre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-integration-economique-socle-de-la-souverainete-sahelienne"><strong>L’intégration économique : socle de la souveraineté sahélienne</strong></h2>



<p>L’intégration économique constitue le socle fondamental du projet sahélien, conditionnant l’intégration sécuritaire et politique. Les ressources humaines, minières, agricoles et énergétiques de l’espace AES offrent un potentiel immense, à condition d’être protégées, transformées et orientées vers des objectifs collectifs.</p>



<p>Structurer des pôles de production locale et de transformation endogène autour des grandes métropoles est essentiel pour une souveraineté réelle. Sans cela, l’union resterait formelle, vulnérable et dépendante.</p>



<p>La lutte contre le terrorisme s’inscrit dans cette architecture globale. Elle exige un cadre législatif clair, soutenu par le peuple, et une mobilisation coordonnée des forces politiques, sécuritaires, économiques et sociales.</p>



<p>Le peuple n’est pas un simple bénéficiaire de la souveraineté : il en est le garant et la source ultime de légitimité. Les expressions populaires de soutien aux choix souverains valident et vitalisent le projet sahélien, qui repose avant tout sur une conviction partagée : la souveraineté n’est pas un héritage, mais une conquête permanente.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le pouvoir du peuple </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 May 2025 09:03:19 +0000</pubDate>
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<p>Face à l’essoufflement du modèle électoral occidental, une nouvelle forme d’expression populaire émerge en Afrique de l’Ouest. À travers l’exemple de l’AES, ce billet explore comment les peuples reprennent le&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Face à l’essoufflement du modèle électoral occidental, une nouvelle forme d’expression populaire émerge en Afrique de l’Ouest. À travers l’exemple de l’AES, ce billet explore comment les peuples reprennent le pouvoir — en renouant avec des traditions politiques enracinées, mais longtemps oubliées.</em></strong></p>



<p>Vous avez dit «&nbsp;<em>démocratie</em>&nbsp;» ? Ce mot noble que l’on répète à l’envi, sur les plateaux de télévision occidentaux, dans les discours des chancelleries, jusque dans les slogans des rues de Bamako ou Ouagadougou. Démocratie — ce système censé incarner l’expression du peuple, par le peuple et pour le peuple. Mais encore faut-il que ce peuple en question existe dans la réalité des décisions, et pas seulement dans les livres des constitutionnalistes.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-centralite-du-consensus"><strong>La centralité du consensus</strong></h3>



<p>Longtemps, les urnes ont été présentées comme l’alpha et l’oméga de cette expression populaire. On votait, donc on existait. Mais si voter suffit à définir une démocratie, alors certains régimes parmi les plus autoritaires du continent en auraient été les champions. La vérité est plus complexe, moins confortable : les urnes ne sont qu’un instrument. Un moyen, pas une fin.</p>



<p>Ce que l’on voit aujourd’hui au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), dans cette Afrique de l’Ouest secouée par les vents chauds de la révolte et du réveil, c’est la naissance d’une nouvelle grammaire politique. Ici, le peuple ne se contente plus de glisser un bulletin dans une boîte. Il consulte, il participe, il débat. Il s’impose. Par des dialogues populaires, par des assises nationales, par une réappropriation du politique au quotidien. Une démocratie d’essence communautaire, au sens noble du terme. Moins procédurale, plus existentielle.</p>



<p>Rendons à César ce qui appartient à Soundiata. La Charte du Mandé, ce code oral de gouvernance, bien avant Montesquieu, Rousseau ou Tocqueville, affirmait déjà les droits de chacun, la centralité du consensus, la dignité de l’individu. L’Afrique n’a pas importé la démocratie. Elle l’a pratiquée, à sa manière, dans ses propres langues, avant d’en perdre la mémoire sous le poids de l’écriture — celle des autres. Pendant trop longtemps, n’a existé que ce qui était écrit. Et l’Afrique, disait-on, n’avait rien écrit. Donc rien produit. Donc rien été.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-peuple-reprend-la-parole-autrement"><strong>Le peuple reprend la parole autrement</strong></h3>



<p>Mais voilà que le stylo change de main. Voilà que les Africains écrivent. Leur histoire, leurs constitutions, leurs modèles. Fini le temps de l’hétéro-histoire. Voici venu celui de l’auto-histoire.</p>



<p>L’AES, qu’on le veuille ou non, marque une rupture. Elle ébranle les dogmes. Elle réinvente une légitimité populaire qui ne passe plus uniquement par les vieilles recettes électorales coûteuses, risquées, souvent biaisées. Le peuple y reprend la parole autrement, peut-être plus authentiquement.</p>



<p>Ce n’est pas une fin de la démocratie. C’est peut-être, simplement, la fin de sa version sous-traitée.</p>



<p>Et si l’Histoire devait retenir une chose, c’est que sur les terres de l’ancien Manding, le pouvoir du peuple ne se négocie plus dans les chancelleries, mais se réinvente à ciel ouvert, au rythme des peuples qui, enfin, s’écrivent eux-mêmes.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Tribune] La démission d’IBK, une démonstration de la force de la volonté générale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2020 17:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[CNSP]]></category>
		<category><![CDATA[crise malienne]]></category>
		<category><![CDATA[démission IBK]]></category>
		<category><![CDATA[M5-RFP]]></category>
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		<category><![CDATA[volonté générale]]></category>
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<p>L’expression de la volonté populaire a été tout le temps, celle qui a, à la fois, fait hisser et décamper tous les dirigeants cités précédemment.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Mardi 18 août 2020 fait désormais partie des jours marquants de l’histoire de la République du Mali. Elle est une date, après laquelle, tôt le matin, le peuple malien et la communauté internationale ont vu pour la première fois sur l’ORTM, le colonel Assimi Goïta accompagné de quelques éléments de ses frères d’armes se présentant comme les nouveaux faiseurs de roi au Mali. Ils sont à la tête du Comité militaire qui a perpétré le coup de force contre le régime d’Ibrahim Boubacar Keita, IBK.</strong></p>



<p>Le 18 août 2020 fait partie des dates durant lesquelles la capitale malienne (Bamako) a été surprise sans être étonnée, en raison de la gravité du climat sociopolitique. Le peuple malien n’a pas été étonné de voir les hommes du camp Soundjata Keïta de Kati lourdement armée mettre un terme à un régime qui s’est illustré par son incapacité à trouver des solutions aux problèmes auxquels le peuple malien faisait face sur l’étendue du territoire malien. La date du 18 août est en termes courts, le jour de la fin d’une ère&nbsp;: la fin de la présidence du troisième président élu démocratiquement sous la 3<sup>e</sup> république.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Une démission obligée</strong></h3>



<p>Le pouvoir que la troisième république avait accordé au peuple, c’est-à-dire le pouvoir de gérer sa vie selon le principe de la volonté générale, a eu raison du pouvoir qu’il a accordé au président. Le peuple a, une fois de plus, fait partir son président. Toutefois, il n’a pas procédé dans le respect de la constitution comme il est stipulé dans les principes de la démocratie. Les forces de l’ordre ont été celles qui ont forcé le chef d’État à entendre la volonté du peuple. Pour parler comme J. J. Rousseau, l’expression de la volonté générale du peuple a eu raison sur la volonté particulière du président et son gouvernement, sans passé par les urnes. Avec cette intervention de l’armée, il ressort que c&rsquo;est la  troisième fois que  l’armée intervient pour déposer un chef de l’État au nom de la volonté de tous, excepté celle du président et de quelques membres de son cercle restreint.</p>



<p>Généralement, les interventions de l’armée se font pendant une période critique de la vie de la nation afin que l’autorité de l’État, la sécurité, l’ordre, la cohésion sociale, les activités économiques, etc., soient rétablie après avoir constaté l’incompétence et la mauvaise foi des politiques à faire face aux problèmes réels du peuple.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Un coup d’État qui rallonge la liste</strong></h3>



<p>Aux yeux de certains observateurs de la scène politique malienne, la date du 18 août&nbsp;est le jour qui a parachevé la lutte héroïque du peuple malien. Une lutte qui était conduite par le M5-RFP, dirigé par l’imam Mahmoud Dicko. Cette date fait partie, avec le 19 novembre 1968 (date de la fin de la présidence de Modibo Keita), le 26 mars 1991 (date la chute du régime de Moussa Traoré), le 8 juin 2002 (date de la fin du mandat d’Alpha Oumar Konaré) et le 22 mars 2012 (date de la démission d’Amadou Toumani Touré) ainsi que le 4 septembre 2013 (date de la fin de la présidence par intérim de Djoncounda Traoré), des dates mémorables au cours desquelles les hommes se sont succédé sur le rocking-chair présidentiel malien. Autrement dit, elle est aussi la date pendant laquelle le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), dirigé par le colonel Assimi Goïta, a écourté le mandat de cinq ans que le peuple malien avait octroyé à Ibrahim Boubacar Keïta en 2018 en le contraignant à dissoudre l’assemblée nationale et le gouvernement ainsi qu’à présenter sa démission.</p>



<p>Toutefois, les dates citées ci-haut peuvent paraitre discutables aux yeux de certains. Ils peuvent l’être pour différentes raisons. Parmi celles-ci, mention peut-être faite sur plusieurs facteurs. D’une part, certains jours qui peuvent aussi être considérés comme des jours de fin de régime ne sont pas pris en compte. Il s’agit du jour de la fin de la transition vers la démocratie (le 8 juin 1992) et le (12 avril 2012) jour où Amadou Aya Sanogo et ses hommes ont remis le gouvernail des affaires de l’État au président de l’assemble nationale de l’époque après le retour à l’ordre constitutionnel suite aux tractations de la communauté internationale après leur prise de pouvoir à travers un procédé anticonstitutionnel. Et d’autre part, du fait qu’il est inclus le jour de la fin de la période de transition qui a précédé le régime du président qui a démissionné en ce jour du 18 août. Ainsi, il ressort de ce qui précède que le Mali en 60 ans d’existence a connu divers hommes à sa tête. Parmi ceux-ci, certains ont accédé au pouvoir après avoir obtenu l’aval du peuple dans sa majorité pendant que d’autres le sont parvenu après que le peuple dans sa majorité ait décrié son mal-être.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>La force de la volonté générale &nbsp;</strong></h3>



<p>En scrutant de près le dessein qui a conduit aux différents changements d’homme à la tête du Mali, que cela soit, la fin du mandat des présidents qui ont cédé le pouvoir dans le strict respect de l’ordre de la succession préétablie (Amadou Toumani Touré — ATT — en 1992, Alpha Oumar Konaré — AOK — en 2002 et Djoncounda Traoré en 2012) ; celle des présidents qui ont été contraints à la démission (ATT en 2012 et IBK en 2020) et celle des présidents qui ont été destitués (Modibo Keïta en 1960 et Moussa Traoré en 1991)&nbsp;: il ressort que la volonté générale du peuple a joué un aspect très important. L’expression de la volonté populaire a été tout le temps, celle qui a, à la fois, fait hisser et décamper tous les dirigeants cités précédemment. Ce qui démontre, comme le laisse entendre J.J. Rousseau dans le « <em>Contrat social »</em> que la volonté générale a montré sa force.</p>



<p>Toutefois, bien que l’expression de la volonté du peuple ait été celle qui a fait partir la plupart des présidents qui ont été à la tête du Mali jusqu’ici, elle ne les a pas impactées de la même manière. Elle a impacté indirecte sur le départ de Modibo Keïta, Moussa Traoré, ATT (après son élection) et IBK et elle a impactée de manière directe sur le départ d’ATT (pendant la transition), AOK (après ces deux mandats) et Djoncounda (transition) et Sanogo. Elle a répercuté de manière directe sur le départ des présidents cités précédemment en ce sens que le peuple a été celui qui a arraché le mandat qu’il les a accordés pour le remettre à un autre. Le peuple a délibérément choisi, selon le principe de la volonté, à travers le suffrage universel, d’élire les chefs de l’état qui se sont succédé à la tête du pays. Par contre, la volonté générale a contribué à faire partir les présidents cités avant ceux qui précédent indirectement, en ce sens que c’est l’intervention d’un tiers au nom de la volonté générale du peuple qui les a fait partir.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Incapacité des acteurs de la médiation</strong></h3>



<p>&nbsp;Comme signalé ci-haut, le départ du président IBK s’inscrit dans ce cadre. Il est intervenu après que le peuple ait manifesté son mécontentement contre le régime en place, l’autorité de l’État. Comme les autres coups de force perpétrés par l’armée pour obliger un président à abdiquer, son départ est aussi la résultante de l’incapacité des différents acteurs qui étaient impliqués dans la résolution de la crise.</p>



<p>À l’image des précédents coups de force de l’armée contre les régimes décriés par le peuple, le peuple malien, les pays voisins, la communauté internationale et les organisations de la sous-région ont été surpris d’apprendre les nouvelles qui venaient de Bamako. Sans le dire directement, la majorité des politiques qui étaient impliqués dans la recherche d’une solution à la crise multidimensionnelle que le Mali faisait face sous le régime IBK ont été tous soulagés au même titre que le peuple malien. La réaction des uns et des autres atteste ce fait.</p>



<p>La joie avec laquelle l’intervention de l’armée a été accueillie, la méthode avec laquelle ils procèdent, l’assurance qu’ils ont donnés au peuple malien et à la communauté internationale, laissent présager qu’ils ne sont pas venus pour rester au pouvoir ni pour d’autres intentions particulières. Mais qu’ils sont intervenus pour faire entendre la voix d’un peuple à son souverain.</p>



<p><strong>Mikaïlou CISSE, le nihiliste en puissance</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>#ChroniqueDuSamedi : la sous-estimation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2020 08:28:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[crise malienne]]></category>
		<category><![CDATA[démission IBK]]></category>
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		<category><![CDATA[souveraineté populaire]]></category>
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<p>La souffrance incite la chèvre à réagir par la morsure, dit un adage de chez nous.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p>Lorsque Soundjata Keïta promettait à son frère Soumangourou Kanté qu&rsquo;il allait s&rsquo;exiler mais allait retourner en force, son frère, alors roi, le sous-estimait. Soumangourou surestimait ses propres capacités parce qu&rsquo;il était vanté par son entourage estimant que Soundjata n&rsquo;est que son jeune frère. Celui-ci ne peut rien contre lui.<br>Pourtant comme l&rsquo;avait averti Djata, « une maladie récurrente finit par emporter ». Le retour de Sogolon Djata a signé la fin du règne de Soumangourou.<br>L’ex-président de la République malienne a sous-estimé la colère du peuple. Il n&rsquo;a pas prêté une oreille attentive aux conseils qui fluait de tous les côtés du pays, souvent par voie de la presse. Le chanteur Salif Keïta ne lui avait-il pas lancé à la figure cet avertissement : « <em>Mon frère, j&rsquo;ai démissionné de mes fonctions de plein gré vaut mieux que j&rsquo;aie été forcé à démissionner</em>. »<br>Depuis mars 1991, ce genre de soulèvement populaire, dans la durée, n&rsquo;est plus monnaie courante au Mali. Le peuple malien est décrit comme un peuple en « <em>sommeil dogmatique</em> ». Mais quand on dort et que se joue une caravane à sa porte, nous serons forcément réveillés. La souffrance incite la chèvre à réagir par la morsure, dit un adage de chez nous.<br>Le peuple malien était au bout du souffle. Il souffrait d’une crinière de maux. Le seul choix qui lui restait était de demander un changement de régime.<br>La chute d’IBK doit servir de leçon aux dirigeants du continent. Elle doit également constituée le début d’un véritable réveil du peuple pour prendre son destin en main. Car en démocratie, la souveraineté appartient au peuple.<br><strong>Fousseni Togola</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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