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	<title>Archives des souveraineté du Mali | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des souveraineté du Mali | Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : comment la Charte pour la paix répond à la guerre informationnelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation du Mali fait de la lutte contre la désinformation et de la souveraineté informationnelle un enjeu stratégique. Analyse d'une doctrine qui place les médias au cœur de la défense nationale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En consacrant un chapitre entier au rôle des médias face à la désinformation, la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale pose un acte souverain. Dans un contexte de guerre narrative intense contre le Mali, les autorités de la Transition choisissent de tracer une ligne claire : l&rsquo;information est un enjeu de sécurité nationale.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des guerres que l&rsquo;on ne voit pas. Pas de chars, pas de tranchées, pas de lignes de front visibles sur une carte. Mais des batailles tout aussi décisives, menées à coups de narratifs, d&rsquo;images tronquées, de chiffres manipulés, de témoignages fabriqués. Des guerres où les armes s&rsquo;appellent algorithmes, chaînes d&rsquo;information en continu, réseaux sociaux et agences de presse aux agendas soigneusement dissimulés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali les connaît bien. Depuis que les autorités de la Transition ont choisi de reprendre en main la souveraineté du pays, de renégocier ses alliances stratégiques et de refuser la tutelle de puissances étrangères, le pays est devenu la cible d&rsquo;une offensive informationnelle d&rsquo;une intensité remarquable. Rapports à charge d&rsquo;organisations internationales, couvertures médiatiques systématiquement à décharge, campagnes de dénigrement coordonnées sur les réseaux sociaux, tentatives répétées de déstabiliser l&rsquo;opinion publique nationale et internationale : la guerre contre le Mali se mène aussi, et peut-être surtout, sur le terrain de l&rsquo;information.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette réalité, les autorités maliennes ont choisi de répondre non pas par le silence, non pas par la censure, mais par la loi. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025, consacre deux chapitres entiers au rôle des médias. C&rsquo;est un acte politique fort. C&rsquo;est aussi un acte de lucidité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nommer la guerre pour mieux la combattre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première vertu de la Charte est de nommer clairement ce qui se passe. Là où d&rsquo;autres textes officiels usent de périphrases prudentes, elle parle sans détour de «&nbsp;<em>guerre informationnelle</em>&nbsp;», de «&nbsp;<em>campagnes de désinformation menées par des acteurs hostiles</em>&nbsp;», de «&nbsp;<em>narratifs malveillants</em>&nbsp;», de «&nbsp;<em>traitement hostile sur la scène médiatique internationale.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mots comptent. Ils disent que les autorités de la Transition ont pris la mesure du phénomène. Qu&rsquo;elles ne confondent pas critique légitime et entreprise de déstabilisation. Qu&rsquo;elles savent faire la différence entre un journaliste qui questionne et un opérateur d&rsquo;influence qui manipule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte est explicite : «&nbsp;<em>Dans un contexte où l&rsquo;État du Mali fait l&rsquo;objet d&rsquo;un traitement hostile sur la scène médiatique internationale, les médias nationaux et les instances de régulation doivent assurer une veille continue. Cette vigilance permet d&rsquo;identifier les manipulations, de contrer les narratifs malveillants et de promouvoir une communication équilibrée et fondée sur des faits.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une doctrine. Cohérente, assumée, et parfaitement légitime au regard du droit international et de la souveraineté des États.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contexte que certains feignent d&rsquo;ignorer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi cette doctrine est non seulement justifiée mais nécessaire, il faut replacer la situation dans son contexte réel. Depuis 2021, le Mali a entrepris une série de choix souverains qui ont profondément dérangé certaines chancelleries occidentales et les réseaux d&rsquo;influence qui leur sont associés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le départ des forces militaires françaises, la remise en cause des accords de défense hérités de la Françafrique, le rapprochement avec de nouveaux partenaires stratégiques, la création de la Confédération des États du Sahel avec le Burkina Faso et le Niger : autant de décisions légitimes d&rsquo;un État souverain qui ont provoqué une réaction médiatique disproportionnée dans certains pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des médias internationaux, qui couvraient à peine le Mali quand il était sous tutelle étrangère, ont soudainement découvert un intérêt passionné pour ses affaires intérieures. Des organisations non gouvernementales, dont le financement mérite parfois examen, ont multiplié les rapports accablants. Des comptes sur les réseaux sociaux, dont l&rsquo;origine géographique et le financement restent opaques, ont inondé l&rsquo;espace numérique malien de contenus déstabilisateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une théorie du complot. C&rsquo;est une réalité documentée, observable, que la Charte a le mérite d&rsquo;intégrer dans son cadre analytique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La liberté de la presse, mais pas la liberté de nuire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici dissiper un malentendu que certains entretiennent délibérément. Affirmer que le Mali est victime d&rsquo;une guerre informationnelle n&rsquo;est pas nier la liberté de la presse. Reconnaître que des médias peuvent être instrumentalisés à des fins politiques n&rsquo;est pas criminaliser le journalisme. Et vouloir protéger l&rsquo;espace informationnel national n&rsquo;est pas instaurer la censure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte elle-même est on ne peut plus claire sur ce point. Elle prévoit explicitement de «&nbsp;<em>renforcer la liberté de la presse et les expressions plurielles.</em>&nbsp;» Elle appelle à «&nbsp;<em>soutenir et renforcer les capacités des organisations professionnelles de médias.&nbsp;</em>» Elle reconnaît le rôle central des journalistes dans la construction de la paix et de la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la Charte combat, ce n&rsquo;est pas le journalisme. C&rsquo;est son instrumentalisation. Ce n&rsquo;est pas la critique. C&rsquo;est la manipulation. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;information. C&rsquo;est la désinformation organisée au service d&rsquo;agendas étrangers aux intérêts du peuple malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nuance est fondamentale. Et elle dit quelque chose d&rsquo;important sur la maturité politique des autorités de la Transition, qui résistent à la tentation simpliste de confondre l&rsquo;adversaire médiatique et le journaliste honnête.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les médias nationaux, rempart de la souveraineté informationnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte assigne aux médias nationaux un rôle stratégique qui va bien au-delà de la simple information. Elle en fait des acteurs de la souveraineté nationale. «&nbsp;<em>Les médias nationaux et les instances de régulation jouent un rôle stratégique dans la préservation de l&rsquo;intégrité informationnelle du pays&nbsp;</em>», dit le texte. Ils doivent «&nbsp;<em>garantir une information vérifiée&nbsp;</em>», contribuer «&nbsp;<em>à la sensibilisation de l&rsquo;opinion publique</em>&nbsp;» et concourir «&nbsp;<em>à l&rsquo;affirmation et au rayonnement du Mali sur la scène mondiale.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une vision ambitieuse. Elle implique des médias nationaux forts, indépendants, professionnels, capables de produire une information de qualité qui résiste à la comparaison avec les grandes chaînes internationales. Des médias qui ne soient ni des organes de propagande gouvernementale, ni des relais de narratifs étrangers, mais de véritables acteurs de l&rsquo;espace public malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y parvenir, la Charte prévoit un ensemble de mesures concrètes : renforcement des capacités des organisations professionnelles de médias, adoption d&rsquo;une «&nbsp;<em>approche sensible aux conflits dans la collecte, le traitement et la diffusion de l&rsquo;information&nbsp;</em>», usage du numérique comme «&nbsp;<em>outil de consolidation de la paix, de la sécurité, du dialogue, de la réconciliation, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un programme de contrôle. C&rsquo;est un programme de professionnalisation. La différence est capitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les faîtières de la presse au cœur du dispositif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte ne se contente pas d&rsquo;assigner des responsabilités abstraites aux médias. Elle interpelle directement les organisations professionnelles de la presse — les faîtières — et leur confie des missions précises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles doivent «&nbsp;<em>lutter contre la désinformation et la mésinformation afin de préserver l&rsquo;intégrité informationnelle du Mali.</em>» Elles doivent «&nbsp;<em>assurer une veille médiatique continue pour fournir aux populations une communication équilibrée et fondée sur les faits.</em>&nbsp;» Elles doivent «&nbsp;<em>inciter les médias nationaux à adopter une approche sensible aux conflits.&nbsp;</em>» Et elles doivent contribuer à «&nbsp;<em>l&rsquo;appropriation de la Charte nationale par la population.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce faisant, la Charte fait des organisations professionnelles de la presse des partenaires actifs de la souveraineté informationnelle du Mali, sans pour autant les placer sous la tutelle de l&rsquo;État. C&rsquo;est un équilibre délicat, mais pensé avec soin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il dit aux journalistes maliens : vous êtes libres. Et cette liberté s&rsquo;accompagne d&rsquo;une responsabilité. Celle de servir votre pays, votre peuple, la vérité. Pas les intérêts de ceux qui financent des campagnes de déstabilisation depuis des capitales lointaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une leçon pour l&rsquo;Afrique entière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du seul Mali, la démarche des autorités de la Transition mérite d&rsquo;être regardée avec attention par l&rsquo;ensemble du continent africain. Car la guerre informationnelle que subit le Mali n&rsquo;est pas une exception. C&rsquo;est une méthode. Elle a été appliquée, avec des variantes, à d&rsquo;autres pays africains qui ont osé remettre en question des tutelles héritées de la colonisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse que propose la Charte malienne — inscrire dans la loi une doctrine de souveraineté informationnelle, renforcer les médias nationaux, professionnaliser les pratiques journalistiques, distinguer la critique légitime de la manipulation organisée — est une réponse souveraine, non violente et démocratiquement fondée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle dit que l&rsquo;Afrique n&rsquo;est pas condamnée à subir le narratif que d&rsquo;autres construisent sur elle. Qu&rsquo;elle peut produire sa propre information, raconter sa propre histoire, défendre sa propre vérité. Qu&rsquo;elle a les outils intellectuels, culturels et institutionnels pour le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, en traçant cette ligne dans sa loi fondamentale de paix, montre la voie. Il ne ferme pas ses frontières à l&rsquo;information internationale. Il exige simplement que l&rsquo;information qui circule sur son territoire soit vraie, équilibrée, et serve les intérêts de son peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la définition même de la souveraineté. Et dans un monde où l&rsquo;information est devenue une arme, c&rsquo;est aussi la définition de la survie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Attaques terroristes au Mali : une stratégie de déstabilisation politique et géopolitique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Apr 2026 11:50:45 +0000</pubDate>
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<p>Les attaques coordonnées du 25 avril 2026 au Mali illustrent une stratégie de déstabilisation visant l’État et sa souveraineté. Analyse des enjeux sécuritaires, politiques et géopolitiques du conflit malien.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les attaques coordonnées qui ont visé plusieurs villes maliennes le 25 avril 2026 ne constituent pas seulement un épisode sécuritaire de plus dans une crise sahélienne qui dure depuis plus d’une décennie. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus vaste de déstabilisation politique et psychologique visant le pouvoir de transition installé à Bamako.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tôt dans la matinée, des groupes armés ont pris pour cibles plusieurs points sensibles dans la capitale malienne et dans différentes localités du pays. Selon plusieurs sources, ces attaques ont été revendiquées par des combattants du Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda, ainsi que par des éléments liés au Front de libération de l&rsquo;Azawad (FLA). Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Kidal et Mopti figurent parmi les villes ciblées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une communication officielle diffusée en fin de journée, le porte-parole du gouvernement malien, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, a indiqué que le bilan provisoire faisait état de seize blessés, civils et militaires confondus, pris en charge par les structures sanitaires. Il a également assuré que la situation était «&nbsp;<em>totalement sous contrôle</em>&nbsp;» dans l’ensemble des localités concernées, évoquant des dégâts matériels limités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des couvre-feux ont néanmoins été instaurés dans plusieurs villes, signe que les autorités entendent prévenir toute tentative d’extension des violences.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stratégie de déstabilisation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux observateurs de la crise malienne, ces attaques coordonnées ne sont pas totalement inattendues. Elles interviennent dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, marqué par la recomposition des alliances régionales et par la volonté affichée des autorités de transition de redéfinir les rapports de souveraineté avec les partenaires étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès novembre 2025, lors de l’inauguration de la deuxième mine de lithium de Bougouni, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, avait évoqué ce qu’il qualifiait de «&nbsp;<em>guerre psychologique</em>&nbsp;» visant le Mali. Selon lui, les groupes armés cherchent à exploiter la peur collective et à provoquer un climat d’instabilité dans les grands centres urbains afin de détourner l’attention des autorités. Cette stratégie permettrait, dans le même temps, de fragiliser le contrôle de certaines zones stratégiques du nord du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <a href="https://www.facebook.com/share/v/1a6qFAwVrq/">régions</a> de Kidal, Ber, Tombouctou, Gao ou encore Ménaka constituent depuis plusieurs années des espaces de rivalités où se croisent insurrections armées, trafics transnationaux et enjeux géopolitiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le terrorisme comme instrument géopolitique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Devant la diaspora malienne réunie en Russie le 24 juin 2025, Assimi Goïta avait déjà avancé une lecture plus large du conflit. Selon lui, le terrorisme constitue aujourd’hui une «&nbsp;<em>nouvelle forme de colonisation</em>&nbsp;» et un instrument de pression géopolitique dans un contexte de recomposition des équilibres internationaux. Dans cette dynamique, les groupes armés ne sont pas uniquement des acteurs locaux, mais également les relais indirects d’intérêts stratégiques extérieurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons aux faits. L’attaque coordonnée du samedi intervient juste quelques jours après l’intrusion de Oumar Mariko, leader politique en exil depuis des années déjà, dans une localité tenue secrète où il a pu rencontrer des otages maliens détenus par le JNIM. Ce déplacement, avec l’appui de la France, n’était qu’une diversion ou participait plutôt à la préparation de ce coup contre la République. Oumar Mariko se serait finalement arrangé, officiellement du côté des ennemis de son pays. Outre ce cas Mariko, il convient de rappeler la complicité des voisins algériens et mauritaniens dans ce conflit contre le Mali.&nbsp;Le président mauritanien&nbsp;Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani&nbsp;a effectué une visite d&rsquo;État de trois jours en France, le 15 avril 2026, sur invitation d&rsquo;Emmanuel Macron.&nbsp;Pourtant, la relation entre l’Algérie, la Mauritanie, l’Algérie et les groupes armés terroristes évoluant sur le territoire malien n’est plus à démontrer.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un conflit aux multiples fronts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le pouvoir malien met l’accent régulièrement sur la spécificité de la crise sécuritaire à laquelle le pays fait face. Lors de la présentation des vœux des forces vives de la nation en janvier 2026, le général Assimi Goïta rappelait que l’armée malienne devait lutter simultanément contre plusieurs formes de menaces : les groupes terroristes, les mouvements rebelles, les réseaux de narcotrafic, le banditisme organisé et les tensions intercommunautaires. Dans ce contexte, la stabilisation du territoire devient un processus long et complexe.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités de transition, la bataille ne se joue pas seulement sur le terrain militaire. Elle se mène aussi dans les esprits. «&nbsp;<em>Ce combat est aussi un combat mental</em>&nbsp;», répète régulièrement le chef de l’État malien, appelant les citoyens à faire preuve de cohésion nationale et à ne pas céder à la panique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les initiatives nationales pour la paix&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’adoption de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation constitue l’un des piliers de la stratégie des autorités maliennes pour reconstruire l’unité nationale après plus d’une décennie de crise sécuritaire et politique. Élaborée à l’issue du Dialogue inter-maliens organisé en 2024, cette charte vise à proposer un cadre strictement national de règlement des différends, après la dénonciation de l’Accord pour la paix issu du processus d’Alger. En fixant des orientations politiques, institutionnelles et sociales autour du vivre-ensemble, du renforcement de la cohésion nationale et de la stabilisation du pays, ce texte entend refonder les bases du contrat social malien. Les autorités de la Transition, dirigées par le président Assimi Goïta, présentent ainsi la Charte comme un instrument central pour accompagner la reconstruction de l’État et répondre aux défis sécuritaires persistants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette même dynamique, la création de l’Observatoire de la Paix et de la Réconciliation nationale marque une étape importante dans l’opérationnalisation de cette charte. Par un décret signé le 2 mars 2026, le chef de l’État a procédé à la nomination des membres de cette instance, placée sous la présidence de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, également président de la commission de rédaction de la Charte. L’Observatoire rassemble plusieurs personnalités issues de la sphère politique, administrative, religieuse et de la société civile, parmi lesquelles Zeïni Moulaye, Fatoumata Sékou Dicko et le guide religieux Thierno Hady Thiam. Chargé de suivre la mise en œuvre des engagements contenus dans la Charte, d’en évaluer l’application et de formuler des recommandations aux autorités, cet organe doit contribuer à inscrire durablement les efforts de paix et de réconciliation dans l’architecture institutionnelle du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’économie de la violence : comment le terrorisme s’enracine dans l’or du Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 09:24:26 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au-delà de la dimension sécuritaire, le terrorisme au Sahel s’enracine dans une véritable économie politique de la violence. En articulant exploitation aurifère illégale, trafics transnationaux et manipulation des fragilités sociales, il s’impose comme un système économique à part entière. Pour Mikaïlou Cissé, cette dynamique met à nu les ressorts d’une prédation organisée et souligne la pertinence de la réponse stratégique portée par l’Alliance des États du Sahel, fondée sur la reconquête de la souveraineté économique et politique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme s’inscrit avant tout dans une économie politique de la violence, structurée autour de l’exploitation illégale des ressources minières et humaines ainsi que de leur intégration dans des circuits de production économique et financiers transnationaux. L’exploitation de l’homme et de la méthode artisanale d’extraction d’or constituent l’un des leviers principaux de financement des groupes armés terroristes, comme le soulignent les rapports de l’ONU et du GIABA (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest). L’analyse de ces mécanismes révèle l’exploitation et l’instrumentalisation des populations locales, l’ambiguïté de certains acteurs extérieurs et la pertinence de la réponse stratégique de l’Alliance des États du Sahel (AES), créée le 16 septembre 2026.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-or-moteur-invisible-du-terrorisme-sahelien"><strong>L’or, moteur invisible du terrorisme sahélien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dissimulées sous un discours religieux islamisant, les activités des groupes armés terroristes se concentrent dans les zones d’exploitation minière des pays exportateurs d’or vers les États du Golfe. Ces espaces, riches en ressources humaines et minières et marqués par une économie informelle dominante, offrent un terrain idéal à l’implantation durable de réseaux criminels autour de l’exploitation aurifère. Le Sahel illustre parfaitement ce phénomène, qui s’y implante et s’y amplifie, selon les analyses de l’Institute for Security Studies (ISS).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces territoires, les ressources minières représentent la principale source de revenus pour une jeunesse dépourvue d’alternatives économiques. Les groupes terroristes exploitent cette vulnérabilité selon une double logique : mobilisation des jeunes comme main-d’œuvre pour les opérations de déstabilisation armée, et comme producteurs directs de richesses via l’extraction aurifère. Les prélèvements imposés sur les revenus miniers, conjugués à la mainmise sur les circuits de commercialisation de l’or, assurent un financement structuré des activités terroristes au Sahel et sur l’ensemble du continent africain, comme documenté dans le rapport 2023 de Global Financial Integrity sur les flux illicites.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-circuits-financiers-opaques-et-les-responsabilites-exterieures"><strong>Les circuits financiers opaques et les responsabilités extérieures</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de proposer une organisation sociale ou politique crédible, le terrorisme se révèle une pure entreprise de prédation économique et de destruction de lien républicain. Refuser cette réalité relève de la mauvaise foi, au sens sartrien du terme. Ceux qui attisent le conflit en subissent les effets les plus dévastateurs : la violence terroriste engendre une spirale où tous ses acteurs deviennent des cibles légitimes, y compris la religion musulmane qu’elle prétend défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays du Golfe occupent une place centrale, souvent indirecte et présumée, dans cette économie du terrorisme. Bénéficiaires allégués des flux d’or issus de l’orpaillage artisanal en Afrique de l’Ouest, selon un rapport ONU de 2024, ils exploitent potentiellement les failles des législations nationales et des mécanismes de traçabilité pour intégrer ces ressources à leurs circuits commerciaux. Les rapports du Groupe d’action financière (GAFI) sur les flux financiers le soulignent explicitement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-trafics-illicites-comme-matrice-logistique-du-terrorisme"><strong>Les trafics illicites comme matrice logistique du terrorisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les discours de leaders religieux controversés entretiennent une ambiguïté qui banalise les ressorts du terrorisme sans le soutenir ouvertement. Les Émirats arabes unis incarnent cette ambivalence : engagés dans des opérations antiterroristes en Somalie, en Libye ou au Soudan, ils combinent cette posture à des repositionnements stratégiques, coexistant avec des intérêts économiques liés aux économies de guerre. Le départ précipité de certaines forces en Somalie en est une illustration éloquente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme s’alimente aussi d’un ensemble de trafics illicites interconnectés – appareils électroniques, produits pharmaceutiques, marché noir du carburant pour la mobilité et les transports. Ces circuits forment une infrastructure économique essentielle, avec un contrôle croissant des voies d’interconnexion par les groupes armés, comme relevé dans les bulletins de l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime).</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-reponse-strategique-de-l-alliance-des-etats-du-sahel"><strong>La réponse stratégique de l’Alliance des États du Sahel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toute stratégie antiterroriste limitée à l’action militaire et politique, sans viser les circuits de financement, reste incomplète. La neutralisation durable des groupes suppose l’anéantissement simultané de leurs bases armées, de leurs ressources humaines et de leurs sources financières. L’analyse des flux issus de l’orpaillage artisanal s’impose ainsi comme une clé stratégique majeure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, l’AES intègre pleinement la dimension économique à sa stratégie globale, forgée par l’expérience de ses pères fondateurs et les réalités du terrain. Au-delà d’une réponse sécuritaire classique, elle vise la reconquête de la souveraineté territoriale, économique et politique. Le contrôle des sites d’orpaillage par les forces armées maliennes en est l’illustration. Il prive les terroristes de leurs ressources financières tout en affirmant l’autorité étatique, avec des résultats concrets rapportés par l’état-major malien en 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme est un phénomène systémique, articulant économie informelle et intérêts géopolitiques transnationaux. L’orpaillage artisanal au Sahel, au cœur de cette dynamique, appelle une réponse globale. En combinant lutte militaire et démantèlement des circuits économiques, l’AES trace une rupture stratégique fondée sur la restauration de la souveraineté et la réappropriation des ressources nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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