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	<title>Archives des Souveraineté culturelle &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Souveraineté culturelle &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : cinq ans de renaissance culturelle sous Assimi Goïta</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 07:34:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Cinq ans après l’arrivée au pouvoir d’Assimi Goïta, le Mali dresse le bilan de sa politique culturelle. Entre valorisation du patrimoine, promotion du Mali Kura, développement de l’artisanat et coopération au sein de l’AES, la culture s’impose comme un pilier de la refondation nationale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réuni au Centre International de Conférences de Bamako le 23 juin 2026, le gouvernement de la Transition a dressé un bilan ambitieux de cinq années de politique culturelle, artisanale et touristique. Le ministre Mamou Daffé a défendu une vision centrée sur la mémoire, l&rsquo;identité et la refondation nationale.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a cinq ans, le Mali basculait dans une nouvelle ère. Depuis lors, la Transition conduite par le général d&rsquo;armée Assimi Goïta a fait de la culture non pas un accessoire du politique, mais l&rsquo;un de ses piliers structurants. C&rsquo;est ce message qu&rsquo;ont porté, mardi 23 juin 2026, les membres du gouvernement réunis au Centre International de Conférences de Bamako devant les représentants de la société civile, des milieux artistiques et du monde artisanal.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Année de la Culture, acte fondateur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au centre des échanges, la décision du chef de l&rsquo;État de proclamer 2025 Année de la Culture au Mali a été saluée comme un acte politique majeur. Le ministre de l&rsquo;Artisanat, de la Culture, de l&rsquo;Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, y a vu une rupture symbolique décisive : celle d&rsquo;un État qui choisit d&rsquo;ancrer sa légitimité dans le génie propre de ses peuples, plutôt que dans des modèles importés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix s&rsquo;est traduit par plusieurs chantiers concrets : restauration de la mémoire historique et de la dignité des Maliens, reconnaissance des autorités traditionnelles, déploiement du&nbsp;<em>Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV)</em>&nbsp;pour transmettre une culture du Mali Kura à la jeunesse, et revitalisation culturelle des territoires les plus reculés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Artisanat et tourisme : des secteurs en mutation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du discours identitaire, le bilan présenté fait état de réformes structurelles dans les secteurs de l&rsquo;artisanat et du tourisme. L&rsquo;amélioration des conditions de vie et de travail des acteurs culturels, la professionnalisation des filières et la promotion des talents figurent parmi les priorités revendiquées par l&rsquo;exécutif. Dans un pays où ces secteurs représentent un vivier d&#8217;emplois informels considérable, leur formalisation progressive constitue un enjeu économique autant que social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre a également mis en lumière la dimension diplomatique de cette politique culturelle. Le renforcement de la coopération avec les pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) — Niger, Burkina Faso et Mali — s&rsquo;inscrit dans une stratégie de rayonnement régional qui entend faire du Mali un pôle d&rsquo;attraction culturelle à l&rsquo;échelle sahélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un projet politique assumé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre du 23 juin illustre la méthode de la Transition : gouverner par la narration autant que par l&rsquo;action. En convoquant les notions de mémoire, de dignité et de Mali Kura — le «&nbsp;<em>Mali nouveau&nbsp;</em>» —, les autorités construisent un récit national alternatif à celui de l&rsquo;ancien ordre institutionnel. La culture, dans cette optique, n&rsquo;est pas un secteur parmi d&rsquo;autres : elle est le ciment de la refondation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste à traduire ces ambitions en indicateurs mesurables. Si le discours porté par Mamou Daffé et ses collègues — dont Abdoul Kassim Ibrahim Fomba (Jeunesse), Alhamdou Ag Ilyène (Communication) et Djeneba Sanogo (Promotion de la Femme) — témoigne d&rsquo;une cohérence de vision, l&rsquo;heure du bilan chiffré sera, à terme, le véritable test de la politique culturelle de la Transition malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Journées nationales du patrimoine culturel 2026 : le Mali valorise les savoirs endogènes et la souveraineté culturelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Réunies à Bamako les 18 et 19 juin 2026, les Journées nationales du patrimoine culturel mettent en lumière le rôle des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs, la préservation des savoirs endogènes et le renforcement de la souveraineté culturelle du Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La salle Djéli Baba Sissoko du Centre international de conférences de Bamako abrite, depuis ce jeudi 18 juin 2026, les Journées nationales du patrimoine culturel, édition 2026. La cérémonie d&rsquo;ouverture, présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, représentant le Président de la Transition, le Général d&rsquo;armée Assimi Goïta, s’est déroulée en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, de plusieurs membres du gouvernement, des autorités administratives, coutumières ainsi que des acteurs du monde culturel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous le thème «&nbsp;<em>Rôle et responsabilité du Corps des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel&nbsp;</em>», cette édition se tient les 18 et 19 juin 2026 sous le signe «&nbsp;<em>La souveraineté culturelle protège l’âme de la Nation</em>&nbsp;». Elle est consacrée à la mise en lumière du rôle des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs sociétales, la préservation des savoirs endogènes et la valorisation du patrimoine culturel immatériel, dans un contexte national marqué par la volonté de renforcer la cohésion sociale et la continuité des traditions culturelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Valeurs culturelles, attachement identitaire profond</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prenant la parole, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a déclaré que la célébration des Journées nationales du patrimoine culturel offre l’occasion de réaffirmer l’attachement du Mali à son histoire, à ses valeurs et à la richesse de sa diversité culturelle. Il a indiqué que cette rencontre constitue un cadre de promotion, de sensibilisation et de transmission du patrimoine culturel au bénéfice des générations présentes et futures dans une dynamique de préservation de l’identité nationale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement-.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--1024x683.jpeg" alt="Les membres du gouvernement" class="wp-image-22916" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement--600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-membres-du-gouvernement-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les membres du gouvernement à la cérémonie d&rsquo;ouverture des Journées nationales du patrimoine culturel. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, a rappelé que le Mali est une terre de grandes civilisations et d’empires dont le patrimoine culturel constitue un facteur de paix, de cohésion sociale et de dialogue entre les communautés. Il a évoqué les menaces qui pèsent sur cet héritage et a appelé à sa protection, sa valorisation et sa transmission afin de préserver durablement l’identité culturelle nationale et renforcer la résilience collective du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Danbé Kolosibaw, médiateurs des valeurs sociales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Abordant le thème de cette édition, le Premier ministre a présenté les Danbé Kolosibaw comme des médiateurs sociaux et des détenteurs de savoirs endogènes investis d’une mission de transmission. Il a indiqué qu’ils sont appelés à contribuer à la diffusion des valeurs du Maaya et du Danbé, notamment la dignité, l’honneur, le patriotisme, la solidarité, le courage et le respect de la parole donnée, considérés comme des fondements du réarmement moral de la société malienne contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Premier ministre a rappelé que les Journées nationales du patrimoine culturel s’inscrivent dans le cadre de l’année 2026-2027, décrétée Année de la culture et de l’éducation par le Président de la Transition. Il a procédé à la déclaration d’ouverture des travaux de l’édition 2026 des Journées nationales du patrimoine culturel, inscrites dans un processus de valorisation du patrimoine culturel national et de renforcement des valeurs citoyennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Regards croisés sur les patrimoines culturels vivants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au premier jour des travaux, quatre panels thématiques ont été organisés autour des questions liées au patrimoine culturel. Ces panels ont réuni experts, chercheurs, détenteurs de savoirs traditionnels et participants pour des échanges approfondis sur les enjeux contemporains de la culture, sa transmission et sa préservation dans un contexte de mutations sociales et identitaires.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates-.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="749" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--1024x749.jpeg" alt="Les diplomates" class="wp-image-22917" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--1024x749.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--300x219.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--768x562.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--585x428.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates--600x439.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-diplomates-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les diplomates à la cérémonie d&rsquo;ouverture des Journées nationales du patrimoine culturel. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ces panels ont été animés par des spécialistes du patrimoine, des chercheurs, des traditionnistes et des personnes ressources, dont Mamady Keïta, spécialiste du N’Ko, Golé Tounkara, Seydou Sangaré, Yacouba Dao et Dr Fodé Moussa Sidibé. Les communications ont porté sur les thématiques inscrites au programme officiel des travaux des Journées nationales du patrimoine culturel 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les panels ont porté sur le rôle et la responsabilité des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel, la culture comme facteur de dialogue, de paix et de cohésion sociale en période de crise, la protection des biens culturels en période de crise ainsi que la promotion des langues nationales comme facteur de souveraineté culturelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Donsos, traditions vivantes et héritage culturel malien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les activités ont été précédées par les cérémonies de Fougoutiguè et de Djibon, organisées par la confrérie des Donsos. Cette séquence a mis en évidence les pratiques, rites et savoir-faire de cette confrérie dans le cadre du patrimoine culturel immatériel malien. Elle a constitué une mise en valeur des traditions associées à cette communauté dans le cadre des Journées nationales du patrimoine culturel, édition 2026, au Centre international de conférences de Bamako.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs-.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="608" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--1024x608.jpeg" alt="Les chasseurs" class="wp-image-22918" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--1024x608.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--300x178.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--768x456.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--585x347.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs--600x356.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/Les-chasseurs-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les donsos à la cérémonie d&rsquo;ouverture des Journées nationales du patrimoine culturel. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Un hommage a été rendu aux militaires et civils tombés pour la Nation à travers une cérémonie dédiée au Général d’armée Sadio Camara. Ce moment a été inscrit dans le programme des activités d’ouverture des Journées nationales du patrimoine culturel, édition 2026, marquant une séquence officielle de recueillement intégrée aux travaux tenus au Centre international de conférences de Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant deux jours, les réflexions, les conférences et les échanges devront contribuer à une meilleure compréhension du rôle des Danbé Kolosibaw dans la transmission des valeurs du patrimoine culturel. Au-delà des activités inscrites au programme, cette édition ambitionne de renforcer la préservation des savoirs endogènes et de favoriser leur appropriation par les jeunes générations, dans un contexte où la culture est érigée en pilier de la souveraineté nationale et de la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Rencontre d’échange avec les Danbé Kolosibaw : la souveraineté culturelle au cœur des priorités</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 07:17:32 +0000</pubDate>
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<p>Réunis à Bamako, les Danbé Kolosibaw ont été présentés comme un nouvel outil de préservation du patrimoine culturel immatériel, de transmission des savoirs endogènes et de renforcement de la cohésion sociale au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La salle Wa Kamissoko du Centre International de Conférences de Bamako a servi de cadre, ce mardi 16 juin 2026, à une rencontre d’échange avec les Danbé Kolosibaw. La cérémonie était présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence du ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Boureima Kansaye, ainsi que du ministre d’État, ministre de la Réconciliation nationale, le Général de corps d’armée Ismaël Wagué.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre a permis de mettre en lumière les enjeux liés à la préservation du patrimoine culturel immatériel et à la transmission des valeurs sociétales. Elle s’inscrit dans une dynamique nationale visant à renforcer la cohésion sociale et à consolider l’identité culturelle à travers des mécanismes communautaires et participatifs impliquant les acteurs traditionnels et les institutions publiques engagées dans la refondation culturelle du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un dispositif inclusif de valorisation culturelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Danbé Kolosibaw ont été présentés comme un dispositif national visant à renforcer la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel du Mali. Cette initiative du ministère en charge de la Culture entend mobiliser des ressources humaines issues de divers horizons socioprofessionnels. Elle s’inscrit dans une dynamique de valorisation des valeurs sociétales et de consolidation de l’identité nationale face aux mutations contemporaines profondes et persistantes et de renforcement du vivre ensemble national durable harmonieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le corps des Danbé Kolosibaw regroupe des légitimités traditionnelles, des griots, des enseignants, des chercheurs, des intellectuels et des acteurs culturels reconnus pour leur engagement communautaire. Cette diversité vise à garantir une approche inclusive de la préservation des valeurs sociétales. Chaque membre est appelé à contribuer activement à la transmission des savoirs endogènes et à la promotion de la cohésion sociale nationale dans une dynamique de développement culturel durable national.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Transmission intergénérationnelle des savoirs endogènes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges ont mis en évidence la nécessité de renforcer la transmission des valeurs culturelles face aux transformations sociales rapides. Les participants ont insisté sur l’importance d’une éducation basée sur les réalités locales et les référentiels endogènes. Cette approche vise à consolider le lien social et à promouvoir une meilleure compréhension des identités culturelles au sein des communautés maliennes tout en favorisant la stabilité et la paix sociale durable nationale.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw-.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="417" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--1024x417.jpeg" alt="les Danbé Kolosibaw" class="wp-image-22864" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--1024x417.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--300x122.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--768x313.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--585x238.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw--600x244.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/06/les-Danbe-Kolosibaw-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Rencontre d’échange avec les Danbé Kolosibaw, le 16 juin 2026, au CICB. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Les Danbé Kolosibaw auront pour mission de promouvoir les bonnes pratiques socioculturelles et de renforcer la transmission intergénérationnelle des savoirs. Ils contribueront également à la préservation des traditions et à la valorisation des connaissances locales. Leur action vise à sensibiliser les populations sur l’importance des valeurs de respect, de solidarité et de responsabilité dans la vie communautaire quotidienne afin de renforcer la cohésion sociale et la paix durable nationale collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une phase pilote pour évaluation nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ils participeront aussi à l’identification, à la documentation et à la valorisation des savoirs endogènes détenus par les communautés. Cette démarche vise à préserver la mémoire collective et à éviter la disparition progressive des connaissances traditionnelles. Elle permettra également d’intégrer ces savoirs dans les politiques de développement local et dans les initiatives culturelles à l’échelle nationale afin de renforcer leur pérennisation et leur contribution au développement culturel national durable inclusif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Mamou Daffé a souligné que les Danbé Kolosibaw constituent un outil stratégique de renaissance culturelle au Mali. Selon lui, cette initiative répond à la nécessité de renforcer les repères identitaires et de promouvoir les valeurs endogènes. Il a insisté sur l’importance de la participation communautaire dans la construction d’une société fondée sur la culture et la transmission des savoirs Il a parlé de Maaya et Danbé comme fondements.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une gouvernance culturelle de proximité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a également indiqué que les valeurs du Maaya et du Danbé doivent guider les actions des Danbé Kolosibaw dans toutes les communautés. Ces repères culturels constituent, selon lui, le socle de la cohésion sociale et de l’unité nationale. Leur promotion permet de renforcer le sentiment d’appartenance et d’encourager un comportement citoyen responsable au sein de la société malienne dans une dynamique de consolidation des valeurs républicaines et culturelles nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’initiative s’inscrit dans le cadre du Programme national d’éducation aux valeurs et des recommandations issues des États généraux de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Elle vise à faire du patrimoine culturel immatériel un levier de développement humain et de cohésion sociale. Les autorités entendent renforcer les mécanismes de transmission des valeurs à travers des dispositifs communautaires structurés afin de consolider la stabilité sociale et l’identité nationale durable collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vision de renaissance culturelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mamou Daffé a conclu en affirmant que les Danbé Kolosibaw représentent un instrument essentiel dans la construction d’un Mali nouveau. Il a indiqué que leur action contribuera à renforcer la souveraineté culturelle et à transmettre les valeurs fondamentales aux jeunes générations. Cette démarche s’inscrit dans une vision de long terme axée sur la valorisation du patrimoine culturel national et sur la consolidation durable de l’identité culturelle malienne partagée collective nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la phase pilote, plusieurs régions du pays ont été retenues afin d’expérimenter le dispositif avant son extension progressive à l’échelle nationale. Cette étape permettra d’évaluer les mécanismes d’intervention des Danbé Kolosibaw et de renforcer leur contribution à la préservation des valeurs sociétales maliennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>PNEV au Mali : comment le Programme national d’éducation aux valeurs incarne la souveraineté culturelle africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 06:54:22 +0000</pubDate>
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<p>Le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) du Mali entend restaurer les référentiels culturels endogènes et de renforcer la souveraineté culturelle. Analyse d’un projet au cœur de la refondation du Mali et du renouveau panafricain.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Porté par les autorités de la Transition depuis 2021, le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) ambitionne de réhabiliter les référentiels culturels, historiques et moraux du Mali. Fondé sur des héritages tels que la Charte de Kurukanfuga, le Sinankunya ou le Dambé, ce projet dépasse le cadre éducatif pour s’inscrire dans une dynamique plus large de souveraineté culturelle et de renaissance panafricaine qui traverse aujourd’hui le Sahel et une partie du continent africain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lancé en octobre 2021 à l&rsquo;initiative du général d’armée Assimi Goïta, le Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV) est bien plus qu&rsquo;un projet pédagogique. C&rsquo;est une déclaration d&rsquo;intention politique : celle d&rsquo;un État qui entend refonder son contrat social sur ses propres héritages normatifs, en rupture assumée avec les modèles importés. En cela, le Mali n&rsquo;est pas seul. Il s&rsquo;inscrit dans un tournant panafricain que les observateurs peinent encore à mesurer dans toute son ampleur.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un programme né d&rsquo;un diagnostic de crise civilisationnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV part d&rsquo;un constat sombre, formulé sans détour dans le document officiel : le Mali est une société qui a perdu ses repères. Corruption généralisée, délitement de l&rsquo;autorité parentale, déperdition scolaire, incivisme endémique — la liste des maux est longue. Mais le texte va plus loin qu&rsquo;un simple inventaire des dysfonctionnements. Il en cherche les causes profondes, et les trouve, pour une part significative, dans ce qu&rsquo;il nomme «&nbsp;<em>l&rsquo;asservissement néocolonial</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>l&rsquo;agression de l&rsquo;imaginaire des colonisés&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce diagnostic n&rsquo;est pas anodin. Il situe la crise malienne dans une généalogie politique et culturelle qui dépasse les seules défaillances de gouvernance. Les auteurs du PNEV soutiennent que la perte des valeurs résulte d&rsquo;un processus historique de substitution : des institutions et des règles étrangères ont progressivement supplanté les organes traditionnels de régulation sociale, privant les communautés de leurs boussoles endogènes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce faisant, le PNEV rejoint un courant de pensée bien ancré sur le continent, qui postule que la bonne gouvernance ne peut se décréter par transplantation institutionnelle, mais doit s&rsquo;enraciner dans les substrats culturels propres à chaque société. De Cheikh Anta Diop à Achille Mbembe, en passant par les théoriciens du panafricanisme contemporain, cette thèse chemine depuis des décennies. Le PNEV la traduit, pour la première fois au Mali, en politique publique opérationnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Panafricanisme, qui avait pris un sérieux recul, trouve de nouveaux porte-flambeaux pour renaître. »,&nbsp;</em>explique-t-on dans le PNEV.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Charte de Kurukanfuka comme contre-modèle au droit universel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des aspects les plus frappants du PNEV est son recours systématique à des référentiels normatifs précoloniaux. La Charte impériale de Kurukanfuka (1236), les lois de la Diina de Sékou Amadou (1818-1844) et les cahiers jurisprudentiels des manuscrits de Tombouctou sont érigés en sources premières du système de valeurs à restaurer. Ces textes, dit le PNEV, «&nbsp;<em>consacrent notre communauté de destin&nbsp;</em>» et constituent un «&nbsp;<em>patrimoine inépuisable d&rsquo;instruments de régulation étatique et sociale&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix est lourd de sens politique. En plaçant la Charte de Kurukanfuka — souvent décrite comme l&rsquo;une des premières déclarations des droits de l&rsquo;homme dans l&rsquo;histoire mondiale, précédant la&nbsp;<em>Magna Carta&nbsp;</em>anglaise — au fondement de son référentiel, le Mali affirme que sa propre tradition juridique est à la fois antérieure et comparable aux grandes chartes occidentales. C&rsquo;est une manière de récuser l&rsquo;idée selon laquelle les normes universelles n&rsquo;auraient qu&rsquo;une seule source de légitimité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document va jusqu&rsquo;à critiquer explicitement le «&nbsp;<em>système libéral et néolibéral dominant</em>&nbsp;», qui «&nbsp;<em>promeut ses concepts de liberté, de démocratie et de droits de l&rsquo;homme</em>&nbsp;» avec une rigueur à «&nbsp;<em>géométrie variable</em>&nbsp;». Une formulation qui fait écho aux discours portés, depuis plusieurs années, par les gouvernements de transition de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Sinankunya, la séniorité, le Dambé : la revanche des valeurs endogènes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du PNEV figure une taxonomie des valeurs à réhabiliter qui constitue en elle-même un manifeste culturel. Le texte distingue trois grandes catégories : les valeurs d&rsquo;homme (identitaires, spirituelles, morales), les valeurs de la République (civiques, éthiques) et les valeurs de système (philosophiques, universelles). Dans chacune, les concepts endogènes occupent une place centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sinankunya — institution de la parenté à plaisanterie, pacte ancestral de non-agression entre patronymes et communautés — est présenté comme «&nbsp;<em>un formidable moyen de médiation sociale&nbsp;</em>» et un «&nbsp;<em>mécanisme traditionnel vivant de résolution des conflits</em>&nbsp;». Le Yèrè-don, connaissance de soi liée à l&rsquo;identité lignagère, est posé comme «&nbsp;<em>la valeur qui prime au Mali</em>&nbsp;». Le Dambé — la dignité — est convoqué comme socle de l&rsquo;existence humaine, attesté dès la Charte de Kurukanfuka.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche n&rsquo;est pas sans précédents sur le continent. Au Rwanda, la philosophie Ubuntu et les mécanismes de justice transitionnelle des Gacaca ont été mobilisés après le génocide pour reconstruire le tissu social. Au Sénégal, les confréries mourides et tidjanes constituent depuis longtemps des vecteurs de régulation sociale reconnus par l&rsquo;État. Au Mali, le PNEV ambitionne de systématiser cette logique, en l&rsquo;institutionnalisant à travers l&rsquo;ensemble du système éducatif et de la fonction publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En érigeant la Charte de Kurukanfuka en référentiel premier, le Mali affirme que sa propre tradition juridique précède et égale les grandes chartes occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un tournant sahélien, mais pas isolé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV est né au Mali, mais ses résonances dépassent largement les frontières du pays. Dans le contexte de la recomposition géopolitique du Sahel — marquée par la création de l&rsquo;Alliance des États du Sahel (AES) regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, et le retrait de ces pays de la CEDEAO —, la question de la souveraineté culturelle est devenue un enjeu de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les trois États de l&rsquo;AES partagent une même rhétorique de rupture avec ce qu&rsquo;ils appellent le «&nbsp;<em>système néocolonial</em>&nbsp;», une même valorisation des légitimités traditionnelles, et une même méfiance à l&rsquo;égard des conditionnalités imposées par les organisations internationales. Le PNEV malien peut ainsi être lu comme la traduction institutionnelle la plus aboutie de cet esprit commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus largement, ce mouvement s&rsquo;inscrit dans une vague continentale. De l&rsquo;Éthiopie à la Tanzanie, du Ghana au Zimbabwe, de nombreux gouvernements africains ont, ces dernières années, relancé des politiques d&rsquo;éducation aux valeurs nationales, souvent présentées comme des remparts contre une mondialisation culturelle perçue comme homogénéisante et déstabilisatrice. La singularité malienne tient à la profondeur historique de son référentiel et à la rigueur méthodologique — quinze experts, des centaines de consultations, un processus participatif étendu — qui a présidé à l&rsquo;élaboration du PNEV.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les défis de la mise en œuvre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi ambitieux soit-il sur le plan conceptuel, le PNEV n&rsquo;échappe pas aux contradictions inhérentes à toute politique de refondation culturelle. Le document lui-même le reconnaît avec franchise : on ne peut demander aux citoyens d&rsquo;adhérer à des valeurs de probité, de mérite et de bien commun, si les gouvernants ne les incarnent pas. «&nbsp;<em>L&rsquo;éducateur lui-même doit être éduqué</em>&nbsp;», rappelle le texte, citant une sagesse ancienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l&rsquo;impunité est posée frontalement. Le PNEV souligne que le Mali est passé, selon ses propres termes, d&rsquo;une «&nbsp;<em>situation d&rsquo;intégrité presque totale à une débandade en festival de brigands</em>&nbsp;». La restauration des valeurs ne peut faire l&rsquo;économie de la sanction. Sans elle, la belle architecture normative du programme risque de rester lettre morte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste également à savoir comment ce programme s&rsquo;articulera avec la réalité des jeunes générations, nées dans un monde numérique dont le PNEV reconnaît lui-même qu&rsquo;il est porteur d&rsquo;«&nbsp;<em>antivaleurs</em>&nbsp;» difficiles à contrecarrer. La rivalité entre les réseaux sociaux et les veillées de conte n&rsquo;est pas gagnée d&rsquo;avance. L&rsquo;officialisation des langues nationales, prévue dans le cadre de réformes complémentaires, constituera un levier décisif : c&rsquo;est dans ces langues que les valeurs endogènes ont survécu, et c&rsquo;est en elles qu&rsquo;elles doivent être réactivées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une grammaire africaine de la gouvernance ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV malien pose, en filigrane, une question qui transcende le cas national : est-il possible de construire une grammaire africaine de la gouvernance, distincte des modèles libéraux exportés depuis les grandes institutions multilatérales ? La réponse du gouvernement de Transition est clairement affirmative. Mais la démonstration reste à faire dans les actes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est certain, c&rsquo;est que le document constitue, par sa profondeur analytique et son ambition systémique, un objet politique et intellectuel sérieux. À l&rsquo;heure où le débat sur la souveraineté — économique, sécuritaire, culturelle — structure de plus en plus les agendas politiques africains, le PNEV offre un cas d&rsquo;étude remarquable sur la façon dont un État peut tenter de traduire cette aspiration en politique publique concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste la question de fond, que le programme lui-même n&rsquo;esquive pas : les valeurs ne se décrètent pas. Elles se vivent, se transmettent, s&rsquo;incarnent dans des comportements quotidiens. La vraie mesure du succès du PNEV ne se lira pas dans les textes, mais dans les cours d&rsquo;école, les administrations et les marchés du Mali de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sanké Mô de San 2026 : 626 ans de tradition, patrimoine UNESCO et fierté culturelle du Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La ville de San a célébré la 626e édition du Sanké Mô, rite ancestral inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Une tradition emblématique du Mali qui allie mémoire collective, cohésion sociale, tourisme et souveraineté culturelle.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pour la 626e fois, la ville de San a commémoré ce jeudi le rite ancestral du Sanké Mô, cérémonie de pêche collective autour de la mare Sanké. Un événement qui transcende le folklore pour incarner l&rsquo;identité et la cohésion d&rsquo;un peuple — et que l&rsquo;État malien entend faire rayonner bien au-delà des rives du Bani.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines traditions résistent au temps mieux que les empires. Le Sanké Mô en est la preuve vivante. Ce jeudi 11 juin 2026, la ville de San, au centre du Mali, a ouvert la 626e édition de ce rite multiséculaire, l&rsquo;une des cérémonies culturelles les plus anciennes et les plus emblématiques du continent africain. La cérémonie officielle d&rsquo;ouverture s&rsquo;est tenue en présence des autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses, ainsi que de délégations venues de l&rsquo;ensemble des régions du Mali et de la diaspora malienne — témoignage de l&rsquo;attachement profond que cette célébration suscite bien au-delà des frontières de San.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de l&rsquo;Artisanat, de la Culture, de l&rsquo;Industrie hôtelière et du Tourisme était représenté par une délégation conduite par Amadou Diabaté, chargé de mission, accompagné de Moulaye Coulibaly, directeur national du Patrimoine culturel. Portant les salutations du Président de la Transition, le général Assimi Goïta, M. Diabaté a salué l&rsquo;engagement des communautés locales dans la préservation et la transmission de cette pratique «&nbsp;<em>multiséculaire, inscrite au patrimoine culturel national et porteuse de valeurs de solidarité, de paix et d&rsquo;unité</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une origine liée à la fondation de la cité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sanké Mô — littéralement «&nbsp;<em>pêche collective dans la mare Sanké</em>&nbsp;» en bamanankan — plonge ses racines dans la fondation même de la cité de&nbsp;<em>Santoro ni Karantela</em>, l&rsquo;ancienne appellation de San. Organisé chaque année le deuxième jeudi du septième mois lunaire, le rite commémore cet acte fondateur et rassemble les différentes communautés qui composent la ville et sa région. Il se déroule autour de la mare Sanké, étendue d&rsquo;eau douce dont les populations locales ont fait le théâtre d&rsquo;une liturgie collective : des milliers de participants se jetant dans les eaux pour capturer le poisson à mains nues, dans un élan à la fois symbolique et communautaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien plus qu&rsquo;une fête de village, le Sanké Mô est reconnu comme un acte de mémoire collective qui perpétue les liens entre les générations, rappelle les pactes fondateurs de la cité et réaffirme, année après année, que les différentes composantes de la société sanoise partagent une même origine et un même destin. C&rsquo;est cette dimension de&nbsp;ciment social&nbsp;qui a valu au Sanké Mô son inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l&rsquo;humanité de l&rsquo;UNESCO — une reconnaissance internationale qui rejaillit sur l&rsquo;ensemble du Mali.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un levier économique et touristique à valoriser</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si le Sanké Mô est d&rsquo;abord un acte culturel et spirituel, il génère aussi une dynamique économique locale non négligeable. L&rsquo;afflux de visiteurs — Maliens de l&rsquo;intérieur, membres de la diaspora, touristes étrangers attirés par l&rsquo;authenticité de la cérémonie — alimente l&rsquo;hôtellerie, la restauration et l&rsquo;artisanat local pendant plusieurs jours. Les griots, musiciens, artisans et commerçants trouvent dans cette mobilisation annuelle une occasion de revenus qui compte dans l&rsquo;économie de San.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément cet axe que le ministère entend renforcer. En affichant sa présence à San et en positionnant le Sanké Mô comme un événement d&rsquo;envergure nationale, les autorités envoient un signal aux opérateurs du tourisme culturel : le Mali dispose d&rsquo;un patrimoine immatériel exceptionnel, encore insuffisamment exploité sur le plan touristique. La cérémonie de San rejoint dans cette logique d&rsquo;autres grands rendez-vous du calendrier culturel malien — le Festival sur le Niger de Ségou, le Festival du Désert de Tombouctou ou les célébrations dogon — qui constituent autant de vitrines d&rsquo;un pays riche d&rsquo;une diversité culturelle rare en Afrique de l&rsquo;Ouest.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Patrimoine et souveraineté culturelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La valorisation du Sanké Mô s&rsquo;inscrit aussi dans un contexte politique particulier. Depuis l&rsquo;arrivée des autorités de la Transition, le discours sur la souveraineté culturelle occupe une place croissante dans le narratif officiel : affirmer l&rsquo;identité malienne, ses traditions, ses langues et ses savoirs comme des ressources à défendre et à promouvoir. Dans ce cadre, le soutien institutionnel à une cérémonie qui existe depuis 626 ans — bien avant l&rsquo;État malien lui-même — revêt une cohérence symbolique évidente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les habitants de San et les communautés qui gravitent autour de la mare Sanké, la 626e édition de leur rite fondateur est avant tout une célébration intime, une affaire de famille au sens large du terme. Mais c&rsquo;est aussi, pour le reste du monde, un rappel que l&rsquo;Afrique abrite des traditions vivantes d&rsquo;une profondeur historique que peu de civilisations peuvent égaler. Rendez-vous est pris, l&rsquo;année prochaine, pour la 627e édition.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Festival du Triangle du Balafon 2026 : Sikasso réunit Mali, Burkina Faso et Côte d’Ivoire autour de la souveraineté culturelle</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 21:08:22 +0000</pubDate>
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<p>Du 5 au 8 novembre 2026, Sikasso accueille la 10e édition du Festival international du Triangle du Balafon. Un rendez-vous culturel majeur réunissant le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire autour du patrimoine, de l’identité et de la souveraineté culturelle.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Conseil des ministres malien a annoncé le 10 juin 2026 la tenue de la 10e édition du Festival international du Triangle du Balafon à Sikasso, du 5 au 8 novembre 2026. Sous le thème de la renaissance et de la souveraineté culturelles, cet événement panafricain réunit trois pays de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest autour d&rsquo;un instrument millénaire — et d&rsquo;une vision commune de l&rsquo;identité partagée.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Du 5 au 8 novembre 2026, Sikasso — troisième ville du Mali, capitale du Kénédougou, carrefour historique des cultures mandingues et sénoufo — accueillera la 10e édition du Festival international du Triangle du Balafon. L&rsquo;annonce a été faite le 10 juin lors du Conseil des ministres présidé par le général d&rsquo;armée Assimi Goïta, sur rapport du ministre de l&rsquo;Artisanat, de la Culture, de l&rsquo;Industrie hôtelière et du Tourisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Festival international du Triangle du Balafon est la plus grande manifestation artistique et culturelle à caractère sous-régional d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest. Il met en compétition les troupes artistiques du Burkina Faso, du Mali et de la Côte d&rsquo;Ivoire — les trois pays qui partagent l&rsquo;espace géographique et culturel du «&nbsp;<em>Triangle du Balafon</em>&nbsp;», ce vaste territoire où l&rsquo;instrument à lames de bois est au cœur de la vie sociale, rituelle et festive depuis des siècles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le balafon : bien plus qu&rsquo;un instrument</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la portée de ce festival, il faut d&rsquo;abord comprendre ce qu&rsquo;est le balafon dans l&rsquo;espace culturel ouest-africain. Ce xylophone à résonateurs en calebasse est l&rsquo;un des instruments les plus anciens du continent : les chroniques arabes du XIIIe siècle en font déjà mention dans les récits de l&rsquo;Empire du Mali. Inscrit en 2012 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l&rsquo;UNESCO, le balafon est un instrument de cour, de cérémonie et de médiation sociale — joué lors des fêtes, des funérailles, des investitures, des réconciliations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est surtout un instrument transfrontalier. Le balafon ne connaît pas les frontières héritées de la colonisation. Il est joué par les Sénoufo de Côte d&rsquo;Ivoire et du Mali, par les Bobo et les Bwa du Burkina Faso, par les Malinké des trois pays, avec des variations de forme et de répertoire qui témoignent d&rsquo;une histoire partagée — celle de sociétés qui ont commercé, migré, combattu et coexisté bien avant que des lignes sur une carte ne les séparent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Souveraineté culturelle : un thème politique assumé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème choisi pour cette 10e édition — «&nbsp;<em>Le Balafon, pilier d&rsquo;une identité sous-régionale et symbole de renaissance et de souveraineté culturelles</em>&nbsp;» — n&rsquo;est pas neutre. Il s&rsquo;inscrit pleinement dans le discours que les autorités de la Transition malienne portent depuis 2021 : celui d&rsquo;une reconquête de l&rsquo;identité africaine face aux héritages culturels imposés par la colonisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La notion de «&nbsp;<em>souveraineté culturelle</em>&nbsp;» est au cœur du projet de refondation nationale porté par Bamako. Elle se traduit institutionnellement par la co-officialité des langues nationales inscrite dans la Constitution de 2023, par le Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs fondé sur les traditions mandingues, par la promotion des arts et savoirs traditionnels. Le Festival du Triangle du Balafon en est une expression festive et collective — un moment où la fierté culturelle se donne à voir, à entendre et à partager entre trois peuples.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un festival au cœur de l&rsquo;intégration sous-régionale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend ce festival particulièrement remarquable en 2026, c&rsquo;est son contexte géopolitique. Le Mali et le Burkina Faso sont tous deux membres de l&rsquo;Alliance des États du Sahel — une rupture avec la CEDEAO qui a provoqué des tensions diplomatiques avec plusieurs voisins de la sous-région, dont la Côte d&rsquo;Ivoire. Or, le Festival du Triangle du Balafon réunit précisément ces trois pays — deux membres de l&rsquo;AES et un État membre de la CEDEAO — autour d&rsquo;un projet culturel commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là que réside la force silencieuse de cet événement. Quand la diplomatie officielle se heurte à des obstacles institutionnels, la culture continue de circuler. Les troupes de Bobo-Dioulasso, d&rsquo;Abidjan et de Sikasso monteront sur la même scène en novembre, dans une compétition fraternelle qui dit, mieux que n&rsquo;importe quel communiqué, que les peuples de ces trois pays partagent quelque chose d&rsquo;essentiel — une mémoire, un son, une façon d&rsquo;être ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La 10e édition s&rsquo;inscrit dans la continuité de l&rsquo;Année 2025, décrétée «&nbsp;<em>Année de la Culture</em>&nbsp;» par les autorités maliennes, et dans les objectifs de 2026, décrétée «&nbsp;<em>Année de l&rsquo;Éducation et de la Culture&nbsp;</em>». Le balafon, instrument millénaire, portera en novembre prochain à Sikasso un message que les discours politiques peinent parfois à formuler : l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest est une, même quand elle se divise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : pourquoi un modèle éducatif souverain est devenu une nécessité nationale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:25:30 +0000</pubDate>
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<p>Face aux limites du modèle hérité de la colonisation, le Mali devra miser sur une école souveraine valorisant les langues nationales, les savoirs endogènes et l’héritage intellectuel de Tombouctou pour construire l’éducation de demain.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre l&rsquo;école héritée de la colonisation et la tentation d&rsquo;un retour aux seules traditions ancestrales, le Mali trace en silence une troisième voie : celle d&rsquo;un modèle éducatif souverain, enraciné et tourné vers l&rsquo;avenir.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle souvent de l&rsquo;éducation malienne sur le ton de la crise — chiffres de scolarisation insuffisants, taux d&rsquo;abandon précoce, résultats aux évaluations internationales en deçà des attentes. Ces constats sont réels, et il serait malhonnête de les minimiser. Mais ce récit de la défaillance, répété à satiété dans les rapports des organisations internationales, occulte une vérité plus profonde : le Mali possède un génie éducatif propre, plurimillénaire, qui a traversé les siècles sans jamais cesser de transmettre, de former, de faire grandir. La question n&rsquo;est donc pas de savoir si le Mali peut s&rsquo;en sortir. Elle est de savoir s&rsquo;il aura enfin le droit de le faire à sa manière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tombouctou n&rsquo;a pas attendu Paris pour enseigner</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut commencer par là : par ce rappel simple, que l&rsquo;histoire officielle a trop longtemps relégué en note de bas de page. Au XIVe et XVe siècles, Tombouctou était l&rsquo;une des capitales intellectuelles du monde connu. Ses madrasas accueillaient des étudiants venus de l&rsquo;ensemble du monde islamique. Ses bibliothèques conservaient des centaines de milliers de manuscrits couvrant la théologie, les mathématiques, l&rsquo;astronomie, la médecine et le droit. La Sankore, véritable université avant l&rsquo;heure, formait des milliers d&rsquo;étudiants selon des méthodes pédagogiques sophistiquées fondées sur le commentaire, le débat et la mémorisation critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet héritage n&rsquo;est pas qu&rsquo;un ornement rhétorique. Il atteste que les sociétés maliennes ont toujours su penser la transmission du savoir, inventer des institutions éducatives adaptées à leurs contextes et à leurs ambitions. Lorsque la colonisation a imposé son école — son école française, unilingue, centralisée, déconnectée des réalités locales —, elle n&rsquo;a pas comblé un vide. Elle en a créé un, en marginalisant des formes d&rsquo;apprentissage qui fonctionnaient, au profit d&rsquo;un modèle importé pensé pour produire des auxiliaires de l&#8217;empire, non des esprits libres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enseigner en bambara n&rsquo;est pas un repli identitaire. C&rsquo;est redonner à un enfant le droit de penser dans sa propre langue — condition première de toute pensée vraiment libre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La langue, clé de voûte d&rsquo;une école qui émancipe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est sur la question de la langue que se joue, aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;essentiel du débat éducatif au Mali. Le français reste la langue exclusive d&rsquo;enseignement dans l&rsquo;immense majorité des établissements publics. Pour des millions d&rsquo;enfants maliens — ruraux, issus de familles non francisées, locuteurs du bambara, du peul, du dogon ou du songhay — cela signifie que l&rsquo;école commence par une épreuve d&rsquo;étrangeté : apprendre à compter, à lire, à raisonner dans une langue que personne ne parle à la maison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les recherches pédagogiques convergent sur ce point depuis des décennies : un enfant qui apprend à lire dans sa langue maternelle avant d&rsquo;aborder une langue seconde développe de meilleures compétences cognitives, un rapport plus confiant au savoir, et un taux de réussite scolaire significativement supérieur. Le Mali en a fait l&rsquo;expérience concrète avec ses classes dites à «&nbsp;<em>curriculum convergent</em>&nbsp;», où l&rsquo;enseignement débute en langues nationales avant d&rsquo;introduire le français progressivement. Les résultats sont probants. Et pourtant, ces programmes restent marginaux, sous-financés, traités comme des expériences pilotes plutôt que comme la norme qu&rsquo;ils devraient être.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mis en place au Mali vers les années 1990 dans des écoles communautaires, le curriculum convergent enseigne les fondamentaux — lecture, écriture, calcul — en langue nationale durant les trois premières années, avant d&rsquo;introduire le français comme langue d&rsquo;enseignement. Les évaluations conduites par des chercheurs maliens et des organismes indépendants montrent des taux de compréhension et de maintien scolaire nettement supérieurs aux classes monolingues françaises.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tradition ne veut pas dire immobilisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains, en France comme ailleurs, s&rsquo;alarment dès qu&rsquo;on évoque les savoirs traditionnels dans un contexte éducatif. Ils y voient le spectre du conservatisme, du communautarisme, d&rsquo;un retour en arrière qui fermerait les jeunes Maliens aux connaissances universelles. Cette crainte repose sur un contresens fondamental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intégrer les savoirs endogènes dans l&rsquo;école malienne ne signifie pas remplacer les mathématiques par la divination, ni la biologie par le mythe cosmogonique. Cela signifie reconnaître que les communautés maliennes ont développé, au fil des siècles, des connaissances précises sur l&rsquo;agriculture, l&rsquo;hydraulique, la pharmacopée, l&rsquo;architecture, les écosystèmes sahéliens — connaissances qui, loin d&rsquo;être obsolètes, représentent un capital intellectuel précieux face aux défis contemporains du changement climatique et de la souveraineté alimentaire. Cela signifie aussi que la pédagogie africaine — fondée sur la narration, la mise en situation, l&rsquo;apprentissage par l&rsquo;observation et la pratique communautaire — n&rsquo;est pas une méthode inférieure à la leçon magistrale importée. Elle est simplement différente, et souvent plus efficace pour les contextes dans lesquels elle s&rsquo;exerce.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les pratiques agro-sylvo-pastorales transmises oralement constituent un savoir empirique sur les écosystèmes sahéliens que les sciences modernes commencent seulement à documenter.</li>



<li>L&rsquo;architecture vernaculaire malienne — banco, toitures, terrasses, ventilation naturelle — offre des réponses durables aux enjeux climatiques que l&rsquo;urbanisme importé ne parvient pas à résoudre.</li>



<li>Les systèmes de régulation sociale et de résolution des conflits fondés sur la palabre et la médiation communautaire sont reconnus par des chercheurs en sciences politiques comme des modèles de gouvernance participative.</li>



<li>La pharmacopée traditionnelle, encore largement vivante au Mali, fait l&rsquo;objet d&rsquo;un intérêt croissant de la recherche pharmaceutique internationale pour l&rsquo;identification de nouvelles molécules actives.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un modèle malien est possible — et urgent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que le Mali doit construire — et ce qu&rsquo;une partie de sa société civile, de ses enseignants et de ses chercheurs bâtissent déjà, souvent sans soutien suffisant — c&rsquo;est un modèle éducatif qui ne soit ni la copie dégradée du système français, ni le retour nostalgique à un passé idéalisé. C&rsquo;est un modèle de synthèse souveraine : une école malienne du XXIe siècle, ouverte aux mathématiques, aux sciences, aux langues étrangères et aux outils numériques, mais ancrée dans les langues, les épistémologies et les valeurs qui font la singularité de cette civilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La transition que vit le Mali porte en elle une opportunité rare : celle de refonder des institutions, de les penser depuis l&rsquo;intérieur, de décider enfin souverainement ce que l&rsquo;on veut transmettre aux générations qui viennent. L&rsquo;éducation est le premier de ces chantiers. C&rsquo;est aussi le plus durable. C’est de ce soucis que le Président de la transition a décrété la période 2026-2027, «&nbsp;<em>année de l’éducation et de la culture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peuple qui sait d&rsquo;où il vient apprend mieux où il va. Le Mali le sait mieux que quiconque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>De Bamako à Dioïla : comment la Transition décentralise sa politique culturelle au Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:44:25 +0000</pubDate>
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<p>À Bamako, la 5e cérémonie du BUMDA met en lumière une politique culturelle portée par la Transition malienne, entre soutien aux artistes, solidarité sociale et affirmation d’une souveraineté culturelle nationale.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ de Bamako, une quarantaine de créateurs maliens ont été honorés jeudi lors de la 5e cérémonie d&rsquo;hommage aux sociétaires du BUMDA. Un rituel annuel devenu symbole d&rsquo;une politique culturelle que les autorités de la Transition entendent ériger en pilier de la souveraineté nationale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor est rodé. Chaque année depuis 2022, le Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ se pare de ses plus beaux atours pour accueillir la cérémonie d&rsquo;hommage aux sociétaires du Bureau Malien du Droit d&rsquo;Auteur (BUMDA). Jeudi 21 mai 2026, la 5e édition s&rsquo;est tenue dans cette même salle symbolique, sous la présidence du ministre de l&rsquo;Artisanat et de la Culture, Mamou Daffé, entouré d&rsquo;autorités politiques, coutumières et d&rsquo;acteurs du monde culturel malien. Une quarantaine de créateurs — auteurs-compositeurs, comédiens, musiciens — ont été honorés pour leur contribution au rayonnement artistique du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rituel est désormais bien huilé : attestations de reconnaissance, trophées, mais aussi vivres et moutons distribués aux bénéficiaires. Pour bénéficier de ces actions sociales, il faut être sociétaire du BUMDA, être une personne âgée ou être atteint d&rsquo;une maladie. Un critère qui dit beaucoup sur la réalité de la condition artistique au Mali : derrière la solennité de la cérémonie, c&rsquo;est souvent la précarité des créateurs que ces gestes cherchent à compenser.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une tradition née sous la Transition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le BUMDA organise depuis quatre ans une cérémonie d&rsquo;actions sociales et de promotion culturelle à l&rsquo;endroit de certains de ses sociétaires. La première édition remonte donc à 2022, soit peu après l&rsquo;installation des autorités maliennes de la transition au pouvoir. Le BUMDA est un service public créé en 1978 et rattaché à la Direction Nationale des Arts et de la Culture. Pendant des décennies, il s&rsquo;est surtout consacré à la gestion des droits d&rsquo;auteur, sans développer ce volet d&rsquo;actions sociales désormais mis en avant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement de braquet est significatif. Le ministre Daffé a insisté sur l&rsquo;importance de célébrer les hommes et femmes de culture, qui ont consacré leur vie à la promotion des arts et de la musique malienne, précisant que «&nbsp;<em>cette dynamique s&rsquo;inscrit pleinement dans la vision du général d&rsquo;armée Assimi Goïta, qui nous a exhortés à renforcer la solidarité sociale pour protéger l&rsquo;ensemble du Mali&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette 5e édition est placée sous le thème «&nbsp;<em>Droit d&rsquo;auteur et éducation : bâtir l&rsquo;avenir par la valorisation des créateurs&nbsp;</em>» — un intitulé qui illustre le glissement progressif de ces cérémonies, d&rsquo;un geste de solidarité vers une affirmation politique plus large. Elle s&rsquo;inscrit dans le cadre de l&rsquo;Année de l&rsquo;Éducation et de la Culture 2026-2027, décrétée par le général Goïta, qui fait de la culture «&nbsp;<em>un pilier du développement endogène et de la dignité des créateurs maliens&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La décentralisation culturelle, nouveau leitmotiv</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des remises de prix, la soirée a été marquée par un geste qui sort de l&rsquo;ordinaire : la remise de matériels d&rsquo;orchestre à la région de Dioïla, en appui au Baniko Jazz, au nom du Président de la Transition. Ce n&rsquo;est pas la première fois que ce type de dotation accompagne la cérémonie du BUMDA. En 2025, la 4e édition avait été notamment marquée par la remise d&rsquo;un lot important de matériel à l&rsquo;Orchestre Mystère Jazz de Tombouctou, une formation emblématique appelée à jouer un rôle de premier plan lors de la Biennale Artistique et Culturelle du Mali. L&rsquo;année précédente, c&rsquo;est l&rsquo;orchestre Kanaga de Mopti qui avait bénéficié d&rsquo;une dotation en matériels, et un hommage avait été rendu à feu Sory Bamba, le maestro de cet orchestre emblématique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patron de région en 2026 est Dioïla — moins célèbre que Tombouctou ou Mopti, mais qui traduit la même logique : diffuser la politique culturelle au-delà de Bamako, donner des preuves concrètes d&rsquo;une décentralisation que les autorités placent au cœur de leur discours depuis 2021. La cérémonie a aussi confirmé que la prochaine Biennale Artistique et Culturelle se tiendra en 2027 à Bougouni, ville du sud du pays, dans cette même dynamique de rééquilibrage territorial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La notion de «&nbsp;<em>souveraineté culturelle</em>&nbsp;», martelée jeudi par le ministre Daffé, n&rsquo;est pas anodine dans le contexte malien. Depuis la rupture avec la France et le départ des forces Barkhane, de la Minusma et de Takuba, les autorités de la Transition ont largement misé sur un nationalisme culturel pour la renaissance de l’âme malienne. Valoriser les artistes maliens, doter les orchestres régionaux, proclamer une Année de la Culture puis une Année de l&rsquo;Éducation et de la Culture — tout cela participe d&rsquo;un même récit : le Mali se réapproprie son destin, y compris par ses créateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>15ᵉ édition des Rencontres de Bamako – Biennale africaine de la photographie : « refabulation » pour réinventer les récits  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 21:58:25 +0000</pubDate>
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<p>La 15ᵉ édition des Rencontres de Bamako-Biennale africaine de la photographie se tiendra de novembre 2026 à janvier 2027 autour du thème “Refabulation”, entre création artistique, mémoire et souveraineté culturelle africaine.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les activités de la 15ᵉ édition des Rencontres de Bamako-Biennale africaine de la photographie ont été officiellement lancées ce jeudi 14 mai 2026 à la Maison africaine de la photographie. La cérémonie était présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière, du Tourisme, Mamou Daffé, en présence de la Commissaire générale Armelle Dakouo, du Délégué général El Hadj Amadou Diop ainsi que de nombreux invités diplomatiques et culturels.&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette édition se déroulera du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027, avec une semaine professionnelle prévue du 26 novembre au 2 décembre. Placée sous le thème «&nbsp;<em>Refabulation</em>&nbsp;», elle s’inscrit dans l’Année de l’éducation et de la culture décrétée par les autorités maliennes. Comme toutes les éditions précédentes, elle demeure consacrée à la photographie contemporaine africaine.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une biennale fidèle à la photographie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son allocution, le ministre Mamou Daffé a rappelé que la photographie n’est pas seulement un outil pour capter l’image, mais une écriture du réel, une mémoire vivante, un miroir des sociétés en mutation. Il a insisté sur la capacité des artistes à imaginer une nouvelle Afrique ainsi qu’un nouveau Mali à travers leurs œuvres, en contribuant à la construction de récits collectifs et à la projection vers l’avenir.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème «&nbsp;<em>Refabulation</em>&nbsp;» puise son inspiration dans la pensée de l’écrivain nigérian Chinua Achebe. La commissaire Armelle Dakouo conçoit la refabulation comme une méthode de création, une résistance face aux récits dominants. Elle invite les artistes africains, diasporiques, afro‑descendants à réinventer les narrations. La photographie devient une puissance narrative, capable de transformer les perceptions et de proposer de nouveaux imaginaires collectifs.&nbsp;&nbsp;</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Les-participants-a-la-15ᵉ-edition-des-Rencontres-de-Bamako-.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="530" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Les-participants-a-la-15ᵉ-edition-des-Rencontres-de-Bamako--1024x530.jpeg" alt="Les participants à la 15ᵉ édition des Rencontres de Bamako" class="wp-image-22397" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Les-participants-a-la-15ᵉ-edition-des-Rencontres-de-Bamako--1024x530.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Les-participants-a-la-15ᵉ-edition-des-Rencontres-de-Bamako--300x155.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Les-participants-a-la-15ᵉ-edition-des-Rencontres-de-Bamako--768x397.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Les-participants-a-la-15ᵉ-edition-des-Rencontres-de-Bamako--585x303.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Les-participants-a-la-15ᵉ-edition-des-Rencontres-de-Bamako--600x310.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Les-participants-a-la-15ᵉ-edition-des-Rencontres-de-Bamako-.jpeg 1032w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les participants au lancement de  la 15ᵉ édition des Rencontres de Bamako, le 14 mai 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>«&nbsp;Refabulation&nbsp;» comme outil de résistance culturelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis sa création en 1994, les Rencontres de Bamako se sont imposées comme le principal rendez‑vous international consacré à la photographie africaine contemporaine. Elles ont révélé des figures majeures telles que Seydou Keïta ou Malick Sidibé. Pendant deux mois, Bamako se transformera en épicentre mondial de l’art visuel, renforçant la souveraineté culturelle du Mali ainsi que son rayonnement international. Cet événement incarne la continuité d’une identité artistique africaine.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Délégué général El Hadj Amadou Diop a, pour sa part, insisté sur la portée collective de cette Biennale. Il a affirmé que participer à cette édition est un acte de résistance et a annoncé l’investissement de six sites principaux à Bamako dont la Maison africaine de la photographie, le Musée national du Mali, le Mémorial Modibo Keïta, le Palais de la Culture ainsi que la Place OMVS.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Six sites culturels mobilisés à Bamako</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un appel à projets a été lancé pour associer un large réseau d’artistes et multiplier les voix créatives. Les Rencontres de Bamako ne se limitent pas à une sélection officielle : elles invitent photographes, vidéastes, plasticiens africains et diasporiques à s’emparer du thème sous toutes ses formes. Expositions, performances, interventions in situ, résidences courtes ainsi que contributions numériques viendront enrichir la programmation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Mamou Daffé a insisté sur la dimension éducative de l’événement. Des ateliers pour enfants, des conférences ainsi que des débats universitaires sont prévus afin de renforcer la transmission des savoirs. La Biennale devient un outil pédagogique, permettant aux jeunes générations de découvrir la photographie comme mémoire vivante, miroir des sociétés. Elle s’inscrit dans une logique de formation citoyenne.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Dimension éducative au cœur de l’édition</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette 15ᵉ édition se veut une renaissance culturelle ainsi qu’une affirmation de la souveraineté africaine. Elle défend le narratif malien ainsi que celui du continent sur la scène internationale, en rappelant que la culture est un pilier du développement durable, du dialogue des peuples. Les organisateurs invitent les artistes à faire de cette Biennale un moment de partage, de rayonnement, au‑delà des frontières africaines.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Biennale africaine de la photographie est un espace d’excellence, d’innovation, de rayonnement continental. Elle incarne la conviction que l’art ainsi que la culture sont des solutions durables pour bâtir une Afrique unie, souveraine, prospère. Bamako s’apprête à vibrer au rythme de la création photographique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
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		<title>Culture malienne : comment rester soi-même dans un monde globalisé ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali entend préserver son identité culturelle face à la mondialisation. Entre héritage des empires, langues nationales, diaspora et révolution numérique, le pays entend concilier tradition et modernité.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Carrefour millénaire des civilisations sahéliennes, le Mali fait face à une équation délicate : comment rester soi-même tout en s&rsquo;ouvrant à un monde qui ne vous attend pas ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, sur la rive gauche du fleuve Niger, le griot Seydou Camara récite depuis l&rsquo;aube les généalogies de sa communauté. Quelques rues plus loin, un jeune Malien suit une formation en ligne depuis son téléphone, connecté à un serveur situé à des milliers de kilomètres. Ces deux images, si elles peuvent paraître antinomiques, résument pourtant toute la complexité de ce que vit aujourd&rsquo;hui la société malienne : une civilisation d&rsquo;une profondeur extraordinaire, soudainement projetée dans l&rsquo;accélération du monde contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le Mali n&rsquo;est pas un pays ordinaire. Héritier de l&#8217;empire du Mali et de l&#8217;empire songhay — dont Tombouctou fut la capitale intellectuelle rayonnant de ses madrasas jusqu&rsquo;en Europe —, il porte en lui une mémoire longue, structurée, vivante. Les langues — bambara, peul, dogon, soninké, songhai — ne sont pas de simples idiomes : elles sont des architectures du monde, des systèmes de valeurs transmises dans les proverbes, les contes, les cérémonies.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La mondialisation, un miroir à double face</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;arrivée massive des technologies numériques, des plateformes de divertissement et des modèles économiques importés a bouleversé les équilibres culturels en quelques décennies à peine. La musique urbaine malienne, héritière de la kora et du balafon, côtoie désormais le rap en bambara, l&rsquo;afrobeats et les algorithmes de Spotify. Ce syncrétisme est parfois fertile — il a donné naissance à des artistes reconnus mondialement comme Oumou Sangaré ou Salif Keïta — mais il peut aussi diluer, par sédimentation progressive, ce qui fait la singularité profonde d&rsquo;une civilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La problématique n&rsquo;est pas nouvelle : toute culture vivante est le produit de métissages successifs. Tombouctou elle-même n&rsquo;était grande que parce qu&rsquo;elle était un carrefour. Mais la mondialisation néolibérale actuelle présente une particularité : elle ne propose pas un échange entre égaux. Elle impose des standards, des esthétiques, des logiques économiques qui réduisent la diversité culturelle au rang de folklore consommable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;éducation, première ligne de résistance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces pressions, plusieurs leviers s&rsquo;offrent aux sociétés maliennes. Le premier, et sans doute le plus structurant, est celui de l&rsquo;éducation. Depuis plusieurs années, des expériences pédagogiques innovantes tentent de réconcilier les savoirs académiques avec les épistémologies locales. Des écoles communautaires intègrent l&rsquo;enseignement en langues nationales aux côtés du français. Des chercheurs maliens numériques, depuis Bamako ou la diaspora, travaillent à archiver les manuscrits de Tombouctou, dont beaucoup restent encore inédits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi faut-il souligner l’initiative du président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta de décréter la période 2026-2027, «&nbsp;<em>année de l’éducation et de la culture</em>&nbsp;»&nbsp;<em>afin «&nbsp;d’engager un effort national déterminé pour refonder durablement notre école et investir dans le capital humain, condition première de la prospérité partagée »,</em>&nbsp;a déclaré le président de la transition tout en soulignant que l’ambition est de former&nbsp;<em>« un citoyen nouveau, patriote, compétent et responsable, capable de porter le destin du Mali avec dignité et excellence ».&nbsp;&nbsp;</em>2025&nbsp;avait été&nbsp;consacrée «&nbsp;<em>année de la culture</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre cela, la constitution du 22 juillet 2023 réserve aux langues nationales du Mali le statut de langue officielle alors que le français est relégué uniquement au rang de langue de travail. Ce n’est pas tout. Il convient de souligner également le programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) qui vise la revalorisation de la culture malienne à travers l’éducation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le président Goïta,&nbsp;la culture est le&nbsp;<em>« pilier de l’identité nationale ». Elle&nbsp;</em>devait continuer à être valorisée et intégrée dans les programmes éducatifs afin de consolider la cohésion sociale et la souveraineté culturelle.&nbsp;<em>« La culture ne saurait être enfermée dans un calendrier, elle doit être portée par un engagement durable, car elle est une force de cohésion, de dignité et de souveraineté »</em>, a indiqué le Président de la transition, en invitant le Gouvernement à poursuivre et intensifier la revitalisation culturelle dans toutes les régions du pays.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives, souvent fragiles faute de financements stables, témoignent d&rsquo;une vitalité intellectuelle réelle. Elles montrent qu&rsquo;il est possible de penser la transmission sans muséification : non pas conserver le passé comme une relique, mais le rendre actif, opérant, capable de dialogue avec le présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Repère. Les manuscrits de Tombouctou. On estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de manuscrits islamiques et scientifiques conservés à Tombouctou, couvrant mathématiques, astronomie, médecine et droit. Après les destructions commises par des groupes armés en 2012, une course contre la montre s&rsquo;est engagée pour les numériser. Le projet Ahmed Baba, soutenu par l&rsquo;UNESCO, en a sauvegardé une partie — mais de nombreux textes restent encore vulnérables.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Préserver sans s&rsquo;isoler : le défi de la souveraineté culturelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;équation posée est donc celle de la souveraineté culturelle : comment affirmer sa propre grammaire du monde sans tomber dans le repli identitaire ? Car les deux dangers sont réels. D&rsquo;un côté, l&rsquo;absorption passive par une mondialisation qui homogénéise. De l&rsquo;autre, le refuge dans un essentialisme figé qui fétichise le passé et ferme les portes au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse que tentent de construire nombre d&rsquo;intellectuels, d&rsquo;artistes et d&rsquo;acteurs de terrain maliens passe par un mot d&rsquo;ordre simple mais exigeant : participer sans se dissoudre. Diffuser sa musique sur les plateformes mondiales sans abandonner les modes de transmission orale. Utiliser les réseaux sociaux pour faire vivre les langues nationales plutôt que pour les supplanter. Intégrer les outils numériques dans les pratiques artisanales sans en effacer la logique propre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays ont tracé des voies utiles à cet égard. Le Maroc, le Sénégal ou encore le Ghana ont développé des politiques culturelles ambitieuses articulant promotion internationale et ancrage local. Le Mali, malgré les crises politiques qui l&rsquo;ont secoué ces dernières années, conserve un tissu associatif et artistique d&rsquo;une remarquable résilience.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La diaspora, pont ou fossé ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette équation, la diaspora malienne — l&rsquo;une des plus importantes d&rsquo;Afrique subsaharienne, présente en France, en Italie, aux États-Unis — joue un rôle ambivalent. Elle représente à la fois un vecteur de diffusion culturelle vers l&rsquo;extérieur et un relais de réinterprétation des identités. Les secondes générations, souvent écartelées entre deux appartenances, inventent des formes hybrides qui peuvent enrichir autant que brouiller.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la diaspora est aussi une ressource économique et intellectuelle considérable. Les transferts de fonds qu&rsquo;elle envoie dépassent souvent l&rsquo;aide publique au développement. Et les projets culturels qu&rsquo;elle finance — associations, labels de musique, maisons d&rsquo;édition — participent d&rsquo;une économie culturelle malienne transnationale encore en construction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, la question de l&rsquo;identité culturelle malienne face à la mondialisation n&rsquo;est pas une question de survie au sens strict. La culture malienne, portée par ses griots, ses artisans, ses écrivains, ses musiciens, ses philosophes, a traversé bien des tempêtes. Ce qu&rsquo;elle réclame aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est moins une protection qu&rsquo;une juste reconnaissance : celle d&rsquo;une civilisation qui n&rsquo;a rien à envier à personne, et qui mérite d&rsquo;entrer dans le concert mondial non comme objet d&rsquo;exotisme, mais comme sujet de sa propre histoire. C’est tout le sens du projet&nbsp;<em>Malidenya</em>, porté par le ministre de l’Artisanat, de la culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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