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	<title>Archives des Serval &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Serval &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : le discours Macron ou l&#8217;art de renverser les responsabilités</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2026 21:05:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au sommet Africa Forward à Nairobi, Emmanuel Macron a affirmé que le Mali aurait demandé le départ des forces françaises parce qu’il ne voulait plus « se battre contre le terrorisme ». Une déclaration qui renverse les responsabilités et occulte le bilan sécuritaire des opérations militaires françaises au Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au sommet <em>Africa Forward</em> à Nairobi, Emmanuel Macron a affirmé que le Mali aurait demandé le départ des forces françaises parce qu’il ne voulait plus « se battre contre le terrorisme ». Une déclaration qui renverse les responsabilités et occulte le bilan sécuritaire des opérations militaires françaises au Sahel. Dans cette tribune, <strong>Oumarou Fomba</strong> démonte les ressorts d’un récit politique qui cherche à transformer un échec stratégique en faute du partenaire africain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Emmanuel Macron, dans une déclaration récente à Nairobi, a affirmé que si le Mali a demandé le départ des forces françaises, c&rsquo;est parce que le pays «&nbsp;<em>ne voulait plus se battre contre le terrorisme&nbsp;</em>». Cette formule, assénée avec la désinvolture d&rsquo;un «&nbsp;<em>no offense</em>&nbsp;», mérite d&rsquo;être soumise à l&rsquo;épreuve des faits. Car derrière la rhétorique de la rupture se cache une réalité que le président français s&#8217;emploie méthodiquement à occulter : dix ans de présence militaire française au Mali se sont soldés par un échec sécuritaire patent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La rhétorique de l&rsquo;auto-justification</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le propos central de Macron —&nbsp;<em>« Vous ne voulez plus de la France parce que vous ne voulez plus vous battre contre le terrorisme »</em>&nbsp;— est une reformulation fallacieuse. Les autorités maliennes de la transition n&rsquo;ont pas expulsé la France pour cesser de combattre le terrorisme. Elle a exigé le respect de ses principes de souveraineté, de non ingérences politiques françaises, et surtout le bilan cuisant de dix ans d&rsquo;opérations militaires. Ne voulant pas accepté ces conditions, la France a annoncé unilatéralement son départ. Lorsqu’elle voulaient tenter de faire demi-tour, les autorités maliennes s’étaient déjà braqués. Attribuer ce départ à une dérobade malienne, c&rsquo;est inverser les responsabilités pour masquer une défaite stratégique.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="806" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1024x806.png" alt="Bilan de la présence française au Mali" class="wp-image-22349" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1024x806.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-300x236.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-768x604.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-1170x921.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-585x460.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali-600x472.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Bilan-de-la-presence-francaise-au-Mali.png 1484w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Bilan de la présence française au Mali. ©Graphique généré à l&rsquo;aide de l&rsquo;IA. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Cette inversion est une figure rhétorique classique : transformer l&rsquo;échec du dominant en faute du dominé. Ce n&rsquo;est pas le Mali qui a failli — c&rsquo;est la stratégie militaire française qui s&rsquo;est révélée structurellement inadaptée à la nature du conflit sahélien.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;aveu masqué : la France n&rsquo;a pas réussi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Macron reconnaît lui-même que «&nbsp;<em>l&rsquo;actualité montre que ce n&rsquo;était sans doute pas la meilleure décision que les putschistes maliens avaient prise pour leur pays</em>&nbsp;». C&rsquo;est une lecture intéressée : elle laisse entendre que le Mali se porte mal&nbsp;<em>à cause</em>du départ français, en occultant soigneusement que le Mali se portait déjà mal&nbsp;<em>malgré</em>&nbsp;la présence française. Le terrorisme au Sahel a explosé sous Barkhane, non après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les données sont implacables. Selon l&rsquo;ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project), les attaques jihadistes au Sahel ont été multipliées par sept entre 2016 et 2021 — en plein déploiement de l&rsquo;opération Barkhane, forte de 5 000 à 9 000 soldats. Le pic des violences a coïncidé avec le pic du dispositif militaire français. Ce seul fait devrait suffire à invalider le récit de Macron.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le mythe de la rupture de 2017</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Affirmer que «&nbsp;<em>depuis 2017, c&rsquo;est terminé</em>&nbsp;» l&rsquo;époque du pré-carré est une fiction narrative soigneusement entretenue. Passé ce discours de rupture, qu&rsquo;a changé concrètement la France en Afrique ? Elle a maintenu ses bases militaires, ses accords de défense asymétriques, le mécanisme de la zone franc sous contrôle indirect du Trésor français, et ses réseaux diplomatiques actifs. Aucune rupture structurelle n&rsquo;a eu lieu. Seulement un changement de registre communicationnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre avoir rompu avec le passé tout en maintenant exactement les mêmes structures, c&rsquo;est substituer au néocolonialisme d&rsquo;action un néocolonialisme de discours. La forme change ; le fond demeure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un bilan militaire que Macron passe sous silence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le point cardinal que le président français s&#8217;emploie à ignorer. Depuis l&rsquo;opération Serval (2013) jusqu&rsquo;au retrait de Barkhane (2022), neuf ans de présence militaire française n&rsquo;ont pas permis de neutraliser durablement les groupes armés — GSIM, JNIM, EIGS —, de sécuriser le territoire hors des grandes agglomérations, ni d&rsquo;enrayer la diffusion du terrorisme vers le Burkina Faso et le Niger. La menace s&rsquo;est étendue, les violences se sont intensifiées, et les institutions maliennes se sont fragilisées davantage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité n&rsquo;est pas nouvelle. Elle s&rsquo;inscrit dans un continuum historique que Macron occulte également : depuis l&rsquo;indépendance du Mali en 1960, la France n&rsquo;a jamais cessé d&rsquo;être présente — militairement, diplomatiquement, économiquement. Et cette présence n&rsquo;a jamais empêché les crises de se succéder. La rébellion touarègue de 1990–1996, celle de 2006–2009, le coup d&rsquo;État de 2012, la progression du MNLA : toutes ces crises ont eu lieu&nbsp;<em>sous</em>&nbsp;présence française, pas en son absence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question s&rsquo;impose donc avec une clarté gênante : si la présence française était la condition de la stabilité, comment expliquer soixante ans d&rsquo;instabilité répétée ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La décolonisation du récit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours de Macron illustre parfaitement ce que l&rsquo;on pourrait appeler la rhétorique postcoloniale de dénégation. Elle fonctionne en trois temps : affirmer la rupture avec le passé (<em>« depuis 2017 c&rsquo;est terminé »</em>), se présenter comme partenaire équitable (<em>« je crois à un partenariat équilibré »</em>), puis attribuer aux dirigeants africains la responsabilité des échecs structurellement produits par la politique française elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La demande de départ du Mali n&rsquo;est pas un refus de combattre le terrorisme. C&rsquo;est le rejet d&rsquo;une présence militaire étrangère qui a démontré, sur une décennie, son incapacité à résoudre le problème qu&rsquo;elle prétendait traiter — tout en aggravant les ressentiments populaires et en affaiblissant la légitimité des États hôtes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que le Mali souffre aujourd&rsquo;hui, personne ne le nie. Mais imputer cette souffrance au seul départ français, c&rsquo;est refuser de voir que cette souffrance existait avant, pendant, et indépendamment de la présence française. C&rsquo;est, en définitive, continuer à penser l&rsquo;Afrique comme un objet de politique étrangère plutôt que comme un sujet de son propre destin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : ce que nous savons du statut de Serval, qui s’applique à Barkhane</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jan 2022 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Dans cet article, nous vous livrons ce que nous savons du statut de Serval, qui s’applique à Barkhane en ce qui concerne surtout leurs postures et déplacements opérationnels sur le territoire national.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans une correspondance adressée à l’État major malien des armées, en date du 12 janvier 2022, le commandant de la Force Barkhane a rappelé deux références relatives aux accords entre les deux parties et a demandé leur respect. Dans cet article, nous vous livrons ce que nous savons du statut de Serval, qui s’applique à Barkhane en ce qui concerne surtout leurs postures et déplacements opérationnels sur le territoire national.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes en janvier 2013. Les Forces armées maliennes, appuyées par la Force Serval, venaient de libérer <a href="https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2013-2-page-191.htm">les grandes villes du nord</a> (notamment Tombouctou et Gao). La France de François Hollande est saluée par les Maliens dans leur plus grande majorité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le drapeau français flotte dans l’euphorie et partout au Mali en cette période. Dans la ville de Konna, un <a href="https://maliactu.net/festival-des-arts-et-de-la-culture-de-konna-pour-la-paix-la-grande-mobilisation-etait-au-rendez-vous-avec-linauguration-du-monument-dedie-a-damien-boiteux/amp/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">monument</a> est érigé en la mémoire de <a href="https://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/mali-deces-du-chef-de-bataillon-damien-boiteux" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damien Boiteux</a>, premier soldat français mortellement blessé lors de la première phase de l’opération. Laquelle phase consistait à appuyer les Forces armées maliennes pour stopper l’avancée des groupes djihadistes vers le sud du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A Gao,<a href="https://www.google.com/amp/s/amp.rfi.fr/fr/afrique/20130501-mali-marche-gao-hommage-lieutenant-damien-boiteux"> le marché des légumes</a> est rebaptisé en son nom, après avoir été réhabilité en 2013 suite aux affrontements entre les forces maliennes avec Barkhane et les groupes djihadistes. A Bamako, l’on avait même eu sur le marché un thé portant le nom de François Hollande. Qui qualifiera sa <a href="https://www.google.com/amp/s/www.bfmtv.com/amp/international/afrique/mali/revivez-la-journee-de-francois-hollande-au-mali_AN-201302020037.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">visite officielle</a> au Mali (2013) comme, sans doute, le plus beau jour de sa carrière politique, en référence à l’accueil triomphal qui lui a été réservé par la population malienne.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Texte déterminant statut de Serval</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comme texte de référence sur le statut de la force « <em>Serval&nbsp;</em>», nous avons en premier lieu l’Accord sous forme d’échange de lettres entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Mali, signées à Bamako le 7 mars 2013 et à Koulouba le 8 mars 2013.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet accord, publié dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000027376103" target="_blank" rel="noreferrer noopener">le journal officiel français</a> par décret n° 2013-364 du 29 avril 2013, compte 12 articles et 7 pages. En son article 5, il est stipulé&nbsp;: <em>«&nbsp;Pour les activités liées à l’exécution du présent accord, le personnel du détachement français circule sans restriction sur le territoire de la République du Mali, y compris son espace aérien, en utilisant les moyens de transport dont il dispose et sans qu’il ait à solliciter un accompagnement par les forces de la Partie malienne. A ce titre, le détachement français est autorisé à utiliser les voies ferrées, routes, ponts, transbordeurs, aéroports et ports en exemption de redevances, péages, taxes ou droits similaires.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’article 11, il est écrit&nbsp;: <em>«&nbsp;Tout différend entre les deux Parties concernant l’application ou l’interprétation des présentes stipulations est réglé par voie diplomatique&nbsp;»</em>. L’Article 12 indique que cet <em>« échange de lettres n’a pas pour effet d’abroger </em><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000352292#:~:text=%2D%20L'accord%20de%20coop%C3%A9ration%20militaire,officiel%20de%20la%20R%C3%A9publique%20fran%C3%A7aise." target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>l’accord de coopération militaire technique du 6 mai 1985&nbsp;»</em></a>. Accord de coopération militaire technique&nbsp;qui peut se résumer, suivant les différents chapitres,&nbsp;en Assistance militaire technique de la France au Mali, Formation et perfectionnement des cadres des Forces Armées maliennes, Matériels et équipements militaires, auxquels s’ajoutent d’autres dispositions générales.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>De Serval à Barkhane au Mali et au Sahel</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">A peu près deux ans de présence au Mali, l’opération Serval sera remplacée le 1<sup>er</sup> Aout 2014 par celle dénommée Barkhane. En plus du Mali, cette opération conduite par les armées françaises, s’étendra à d’autres principaux pays du Sahel. Il s’agit, pour rappel, du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad – regroupés également au sein de la Force G5 Sahel pour lutter contre le terrorisme sur leur sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ses trois principales bases de commandement, à N’Djamena au Tchad, à Gao au Mali et à Niamey au Niger, la Force Barkhane est considérée comme l’une des opérations les plus importantes de l’armée française à l’étranger. Avec un budget estimé en 2020, selon les chiffres de <a href="https://www.defense.gouv.fr/operations/afrique/bande-sahelo-saharienne/operation-barkhane/dossier-de-reference/operation-barkhane" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Etat major français</a>, à 880 millions d’euros, soit 577 milliards 242 millions 160&nbsp;000 francs CFA.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-twitter wp-block-embed-twitter"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/hashtag/Barkhane?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Barkhane</a> au service de la population malienne.<br>Résumé en images.<a href="https://twitter.com/hashtag/Ensemble?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Ensemble</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/Mali?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Mali</a><a href="https://twitter.com/EtatMajorFR?ref_src=twsrc%5Etfw">@EtatMajorFR</a> <a href="https://twitter.com/armeedeterre?ref_src=twsrc%5Etfw">@armeedeterre</a> <a href="https://twitter.com/Armee_de_lair?ref_src=twsrc%5Etfw">@Armee_de_lair</a> <a href="https://twitter.com/MarineNationale?ref_src=twsrc%5Etfw">@MarineNationale</a> <a href="https://twitter.com/FAMa_DIRPA?ref_src=twsrc%5Etfw">@FAMa_DIRPA</a> <a href="https://t.co/FBTH0wgnvR">pic.twitter.com/FBTH0wgnvR</a></p>&mdash; Armée française &#8211; Opération BARKHANE (@BARKHANE_OP) <a href="https://twitter.com/BARKHANE_OP/status/1483133691467603970?ref_src=twsrc%5Etfw">January 17, 2022</a></blockquote><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, leurs postures et déplacements opérationnels sont les mêmes que ceux de Serval comme indiqué à l’article 5 cité précédemment. Aussi, par un Protocole additif sous forme d’échange de lettres à l’Accord entre la France et le Mali déterminant le statut de Serval, signé le 06 et 10 mars 2020 à Koulouba et à Bamako, cet article 5 s’applique également pour les éléments de la <a href="https://www.defense.gouv.fr/operations/actualites2/barkhane-task-force-takuba-premiere-operation-conjointe-du-task-group-n-2-avec-les-forces-armees-maliennes" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Force Takuba</a> sur le territoire malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons pas pu trouver ce document, mais des sources militaires contactées via WhatsApp nous ont confirmé qu’<em>«&nbsp;</em><em>il s&rsquo;agit </em>[effectivement] <em>d&rsquo;un document qui précise que les accords entre le Mali et la France en ce qui concerne les postures et déplacements opérationnels pour Serval puis Barkhane s&rsquo;appliquent également pour les partenaires de la force Takuba »</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/1.jpg"><img decoding="async" width="704" height="1024" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/1.jpg" alt="Lettre de précision de la France " class="wp-image-9849" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/1.jpg 704w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/1-600x873.jpg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/1-206x300.jpg 206w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/1-150x218.jpg 150w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/1-300x436.jpg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/1-696x1012.jpg 696w" sizes="(max-width: 704px) 100vw, 704px" /></a><figcaption>Lettre de précision de la France. ©Etat-major des armées française</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des raisons de la présence française</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion_def/l15b4089_rapport-information" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport d’information</a> de la commission de la Défense nationale et des Forces armées nationales de l’Assemblée nationale française, sur l’opération Barkhane, enregistré à la Présidence de cette institution le 14 avril 2021 sous le N°4089, il est expliqué aux Français pourquoi la France est militairement engagée dans les pays du Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Si la France est présente aujourd’hui dans la bande sahélo-saharienne, c’est parce que les États locaux, pressés par une menace imminente, le lui ont demandé en raison de la place singulière que la France tient dans l’Union européenne, au Conseil de sécurité de l’Onu et dans l’histoire de l’Afrique.&nbsp;»</em>, justifie le rapport de l’Assemblée nationale française sur l’opération Barkhane.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;La France y a répondu favorablement parce qu’une partie de l’avenir du continent européen se joue sur son flanc Sud, et que la situation du Sahel y tient une place centrale</em>, ajoute ce document de 234 pages. <em>Au-delà des objectifs stratégiques européens de long terme, la France combat aussi au Sahel, aux côtés d’alliés africains, parce que la sécurité de ses citoyens l’exige […]&nbsp;»</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Djihadistes au Sahel : enquête sur leurs armes et leurs méthodes" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/8U14axFR88w?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Dispositif de réadaptation et accord de 2014</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques mois, faut-il le rappeler, l’opération Barkhane se retrouve dans une nouvelle étape qui rentre dans le cadre de son <em>«&nbsp;dispositif de réadaptation&nbsp;»</em> au Sahel. L’annonce a été faite le 10 juin 2021 par le Président français Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’Elysée, à la veille des <a href="https://www.france24.com/fr/vid%C3%A9o/20210610-replay-emmanuel-macron-s-exprime-en-amont-des-sommets-du-g7-et-de-l-otan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sommets du G5 Sahel et de l&rsquo;OTAN</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, le processus de cette «<em>&nbsp;réadaptation&nbsp;</em>» a commencé depuis le 12 octobre 2021 à <a href="https://saheltribune.com/mali-france-la-force-barkhane-annonce-le-debut-de-son-retrait-de-kidal/">Kidal</a>. A ce jour, des bases de Barkhane sont déjà retrocedées à l’armée malienne, comme à <a href="https://www.facebook.com/watch/?ref=search&amp;v=938570996757735&amp;external_log_id=e2ab6813-1eb9-45cf-ae3d-cdf027ffda19&amp;q=retrait%20de%20Barkhane%20%C3%A0%20tombouctou" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tombouctou</a> le 14 décembre 2021, conformément à <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000027376103#:~:text=D%C3%A9cr%C3%A8te%20%3A-,L'accord%20sous%20forme%20d'%C3%A9change%20de%20lettres%20entre%20le,officiel%20de%20la%20R%C3%A9publique%20fran%C3%A7aise." target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’article 8</a> du statut de Serval. Selon lequel article&nbsp;: <em>« […] Les terrains et installations mis à la disposition du détachement français sont restitués en l&rsquo;état d&rsquo;usage à la Partie malienne […]&nbsp;»</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="fb-video" data-allowfullscreen="true" data-href="https://www.facebook.com/watch/?ref=saved&#038;v=938570996757735" style="background-color: #fff; display: inline-block;"></div>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rappel, il existe aussi un «&nbsp;<em>Traité de coopération en matière de défense&nbsp;</em>» entre la France et le Mali, signé à Bamako le 16 juillet 2014 par Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense de la République française d’alors et Bah Ndaw, ministre de la Défense et des anciens combattants de la République du Mali. Le projet de loi autorisant la ratification de ce traité entre la France et le Mali, soumis à l’Assemblée nationale française, est disponible sur le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/Media/Files/autour-de-la-loi/legislatif-et-reglementaire/etudes-d-impact-des-lois/ei_art_53_2015/ei_cooperation_defense_republique_mali_cm_03.06.2015.pdf.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">site</a> du gouvernement français.</p>



<div data-wp-interactive="core/file" class="wp-block-file"><object data-wp-bind--hidden="!state.hasPdfPreview" hidden class="wp-block-file__embed" data="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/Traite-de-cooperation-en-matiere-de-defense.pdf" type="application/pdf" style="width:100%;height:600px" aria-label="Contenu embarqué Contenu embarqué Traite-de-cooperation-en-matiere-de-defense.."></object><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/Traite-de-cooperation-en-matiere-de-defense.pdf">Traite-de-cooperation-en-matiere-de-defense</a><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/01/Traite-de-cooperation-en-matiere-de-defense.pdf" class="wp-block-file__button" download>Télécharger</a></div>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son <a href="https://fb.watch/aFMqQe1Rcl/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">discours à la nation</a> à la veille de la célébration du 61<sup>e</sup> anniversaire de l’armée malienne – qui a lieu ce jeudi 20 janvier 2022, le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a indiqué que, <em>« par une analyse objective du contexte actuel et en tenant compte des intérêts vitaux </em>[du] <em>pays, </em>[ils ont] <em>demandé la relecture de certains accords de coopération militaire ». </em>Il a indiqué également que<em> « de nouveaux accords ont été signés »</em> sans donner plus de détails. A Bamako, on parle ces derniers mois de <a href="https://saheltribune.com/au-mali-une-transition-de-rupture-qui-porte-lespoir-de-guerir-plaide-choguel-k-maiga-a-lonu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« diversification des partenaires »</a> et d’ «<em> abandon en plein vol ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sagaïdou Bilal</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-black-background-color has-black-color is-style-wide"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet article d’enquête est réalisé dans le cadre du projet Kenekanko de l’Observatoire citoyen contre l’impunité et pour la redevabilité – OCCIPRE, un consortium de Tuwindi, Amnesty International Mali et Free Press Unlimited (en partenariat </em><em>avec </em><em>la Délégation de l’Union européenne au Mali).</em></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune : faut-il encore une force française au Mali ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Salif Sacko]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jun 2021 16:05:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Barkhane]]></category>
		<category><![CDATA[départ de la France]]></category>
		<category><![CDATA[Insécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[présence militaire française]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Serval]]></category>
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<p>Salif Sacko est enseignant-chercheur à l’université des sciences juridiques et politiques de Bamako. Dans cette tribune, il fait un état des lieux de la présence militaire française au Mali. En&#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Salif Sacko est enseignant-chercheur à l’université des sciences juridiques et politiques de Bamako. Dans cette tribune, il fait un état des lieux de la présence militaire française au Mali.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier 2013, lorsque les groupes armés terroristes ont franchi la frontière de la zone occupée pour progresser vers le sud. Pour contrecarrer cette menace de trop, le Pr. Dioncounda Traoré, ancien Président par intérim, a jugé nécessaire de demander l’aide aérienne de la France en soutien aux forces armées du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour des raisons de politique intérieure, l’ancien Président français, François Hollande, a privilégié une solution de grande ampleur en envoyant dans la foulée un contingent de 4000 soldats au nord du Mali par voie terrestre. &nbsp;Depuis lors, la France demeure présente au Mali. De l’opération Serval à l’opération Barkhane, la sécurité est toujours délétère, gangrenée par le terrorisme.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’opération Serval libère Tombouctou et Gao, mais pas Kidal</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La France avec les troupes de la mission « <em>Serval</em> » parvient en peu de temps à libérer les villes de Tombouctou et de Gao avant de repousser, en l’espace de trois mois, une grande partie des quelque 2000 combattants djihadistes vers le Sahara ou la frontière algérienne. À Kidal, la seule région du Mali à majorité touareg, l’objectif officiel de la mission, à savoir rétablir l’intégrité de l’État malien, a été relégué au second plan pour des motifs tactiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opération « <em>Serval</em> » a permis au Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) de prendre tacitement le contrôle militaire de Kidal. Ce qui lui a permis de recruter ses combattants experts des lieux, pour la recherche d’otages français détenus dans les positions isolées des terroristes. Une décision aux conséquences graves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intégrité de l’État malien n’est pas encore assurée à l’heure actuelle et la France est accusée par plus d&rsquo;un Malien d’avoir contribué en grande partie à une telle situation. L’intervention militaire de la France, avec l’Opération Serval, n’a pas pu enrayer le terrorisme du Mali jusqu’à sa transformation, en 2014, en opération Barkhane.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Barkhane n’a pas réussi à éradiquer le terrorisme</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comme son devancier, l’Opération Barkhane qui a adopté une approche régionale n’a pas pu faire face efficacement au phénomène du terrorisme dans la région. Elle couvre cinq pays (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), d’une superficie de près de 5 millions de kilomètres carrés représentant 7,6 fois le territoire français (9 fois le territoire métropolitain). Si cette régionalisation est rendue nécessaire par la nature même de la menace à contrer, elle pose, cependant, un certain nombre de difficultés susceptibles d’obérer l’efficacité générale de Barkhane. Il apparait que l’élongation du théâtre des opérations induit des contraintes en matière de logistique, de gestion des ressources humaines, de planification, d’évacuation sanitaire, de respect des délais d’acheminement entre les différents sites, de maintenance ou encore de communication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En l’occurrence, il apparait que Barkhane souffre, comme la plupart des opérations françaises, d’une carence de moyens ne permettant pas d’exploiter l’opération à son plein potentiel. Au final, il semble que l’armée française est pénalisée au plan stratégique. Et ce, malgré d’indéniables succès tactiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Compter sur soi-même pour sa souveraineté</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En conséquence du coup d’État du 24&nbsp;mai dernier, la France a décidé dans un premier temps de suspendre ses opérations militaires conjointes avec les forces maliennes avant d’annoncer finalement, jeudi&nbsp;10&nbsp;juin en fin d’après-midi, la fin de l’opération Barkhane, pour laquelle 5100 soldats sont déployés au Sahel depuis 2014.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif de la France est de sortir la présence française au Mali du cadre strict d’une opération extérieure de forces conventionnelles, pour la basculer le plus possible vers celui d’une coopération multilatérale. Cependant, ne serait-elle pas loisible que le Mali prenne à bras-le-corps sa propre sécurité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tout cas, s’il est vrai que le Mali ne peut à lui seul assurer sa propre sécurité, faudrait-il encore que les intervenants internationaux agissent de bonne foi dans le cadre de leur intervention. Malheureusement, les États n’agissent que pour leur intérêt propre. Le Mali ne doit compter que sur lui-même pour préserver sa souveraineté.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Mali : de la tutelle partielle à la tutelle intégrale de la France derrière le voile de la CEDEAO</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2020 09:59:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Barkhane]]></category>
		<category><![CDATA[crise sociopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[démission des députés]]></category>
		<category><![CDATA[recommandations de la CEDEAO]]></category>
		<category><![CDATA[Serval]]></category>
		<category><![CDATA[sommet extraordinaire de la CEDEAO]]></category>
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<p>Depuis l’opération Serval au Mali, entreprise officiellement pour empêcher des groupes terroristes installés dans la région de Kidal et menaçant la survie même de l’État malien et de ses voisins&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’opération Serval au Mali, entreprise officiellement pour empêcher des groupes terroristes installés dans la région de Kidal et menaçant la survie même de l’État malien et de ses voisins du Sahel, après avoir annexées presque cinq (5) régions sur huit (8) que comptaient le pays, à cause de l’abandon de poste des militaires engagés sur le champ de bataille, les uns pour venir soutenir la mutinerie de Kati ayant vite prise la forme d’un coup d’État consacré par la démission du président ATT sous le parrainage de la CEDEAO. N’est-il pas surprenant de voir la même organisation s’opposer avec énergie contre la démission de celui qui a succédé à ATT au prétexte que cette demande légitime du peuple serait contre la constitution ? L’organisation n’est-elle pas dans une manœuvre ? Pour qui ? Visiblement pas pour les peuples. Peut-être pour la France déguisée en une nébuleuse communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coup d’État de 2012 et le renversement du régime ATT sont eux même des conséquences directes de la déstabilisation de la Libye par les puissances occidentales au prétexte de protéger les civils de la folie meurtrière d’un dictateur. Mais la finalité n’était-elle pas d’éliminer physiquement le Colonel Kadhafi parce qu’il constituait une menace sérieuse aux intérêts des puissances libérales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir libéré les grandes villes occupées par les groupes armés en compagnie des FAMA, la France installe le MNLA à Kidal qu’elle a pris le soin de dissocier des autres groupes armés désignés terroristes. Au prétexte que ce dernier, contrairement aux autres groupes, ne porte que des revendications sociales et politiques qu’elle a jugées légitimes. Pour obliger le pouvoir de Bamako à négocier avec son allié, le MNLA, la France sous le masque de la communauté internationale interdit aux autorités maliennes et à leurs forces armées, l’accès à Kidal. Ce qui, pendant longtemps et d’ailleurs même aujourd’hui continue à susciter chez les Maliens la révolte. Ils se demandent si Kidal appartient au Mali ou à la France? Ne craignent-ils pas que Kidal ne soit ce qu’Israël a été et reste encore pour la Palestine ? Leur crainte n’est-elle pas légitime surtout lorsque l’on sait les agissements de ce petit pays à l’égard de la Palestine sous le regard complice parfois même coupable de la communauté internationale ? L’État d’Israël et ses alliés occidentaux ne sont-ils pas responsables de tous les problèmes des régions du Moyen-Orient et du Proche-Orient ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il convient de nommer la tutelle partielle de la France du Mali s’explique par sa main mise sur l’économie à travers le contrôle de la monnaie et désormais depuis près de dix ans son contrôle militaire du pays de Modibo KEITA qui a choisi de mourir que de trahir son peuple. Le mode opératoire de la France vise à cacher soigneusement son projet de recolonisation du Mali en prétextant qu’elle est venue l’aider à se libérer du terrorisme. Malgré la clairvoyance de certains hommes politiques étiquetés de radicaux comme Omar Mariko, le PR français, François Hollande a été accueilli en héros. À la tutelle économique, la France est venue greffer désormais une autre, la tutelle sécuritaire. Au fait, la sécurité vient renforcer les affaires économiques des grandes entreprises françaises. Le but de ce retour militaire de la France au Mali et au-delà dans le Sahel vise également à empêcher d’autres puissances de lui subtiliser ce qu’elle considère être son héritage. C’est dans cette optique qu’il est possible de dire que nos frères et amis touaregs se trouvent eux-mêmes piégés par une élite complice du projet de recolonisation du Mali au prétexte que le pouvoir central serait injuste vis-à-vis de la minorité touareg. Tous les maliens, de toutes les régions et de toutes les ethnies souffrent des mêmes maux à cause de la cupidité de l’élite politique et administrative. Où sont partis les milliards déversés au nord de 1992 à nos jours ? L’idée d’une exception de la condition des touaregs dans notre pays relève de la manipulation politicienne visant à légitimer le projet séparatiste de l’élite touareg alors qu’il n’en est absolument rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, à la faveur de l’intervention et de son corolaire, l’occupation de Kidal par le fameux MNLA avec la bénédiction de l’ancienne métropole, les autorités maliennes, de Dioncounda à IBK, ont placé gracieusement notre pays, par crainte de perdre le pouvoir, sous la tutelle militaire de la France à travers la signature d’un Accord de défense militaire et peut être aussi par celle des accords tenus secrets au peuple malien. La visite du jeune PM Moussa Marra n’était-elle pas une manœuvre dont le seul et unique dessein était de renfoncer la tutelle militaire de la France ? La prétendue guerre civile, entre peuls et dogons, au centre du pays, ne participe-t-il pas à la même logique, celle qui vise à légitimer la présence militaire de la France dans le Sahel en tout cas au Mali ? Dans un certain sens, un pays qui ne contrôle pas son économie est déjà dans la pleine servitude. Lorsque l’on associe, à la domination économique, la tutelle sécuritaire, ce pays, dans une telle perspective, perd totalement sa souveraineté. Cependant, si l’on navigue à contrecourant des paradigmes d’une telle orientation, celle du marxisme, en faisant prévaloir la politique sur l’économie, l’idée que la domination économique et militaire que la France exerce sur notre pays prend tout son sens. Elle trouve son sens dès lors que l’on regarde de près les résolutions de la médiation de la CEDEAO à travers la mission des ministres des Affaires étrangères, celle de la délégation des experts en droit constitutionnel, notifiées aux Maliens par la visite de cinq chefs d’État, visite à laquelle ont pris part les présidents du Nigéria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, les présidents du Sénégal et du Niger, résolutions entérinées par la conférence extraordinaire virtuelle de tous les présidents des quinze (15) pays membres de l’organisation ouest-africaine, tenue le lundi 27 juillet 2020 sous la présidence du Niger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures « <em>policières</em> » plus la dernière sortie musclée du président, au lieu de sortir le Mali de la crise qui le secoue depuis plusieurs années, crise exacerbée depuis des semaines, risquent de l’enfoncer dans le bourbier sécuritaire, économique, social et politique et donc le précipiter dans la gueule du loup, la France, qui attend impatiemment sa proie. Mais au juste quelle est la nature exacte des décisions&nbsp;prises par la conférence extraordinaire virtuelle des chefs d’État des pays membres de la CEDEAO ? Les résolutions policières qu’elle a arrêtées, à titre de rappel, sont entre autres la démission des 31 députés contestés dont le bouillant Moussa TIMBINE et donc conséquemment la tenue d’élection législative partielle, la mise en place d’un gouvernement restreint et son ouverture à ceux qui veulent y prendre part, l’ouverture d’enquêtes et de poursuites judiciaires pour situer les responsabilités dans les tueries et destruction des biens publics du 10 et 11 juillet 2020 et des jours suivants ainsi que des sanctions contre ceux qui vont entraver la mise en œuvre de ce plan de sortie de crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Visiblement, elles ont peu de vertus parce que contre la posture horizontale, elles ont préféré la posture verticale. Elles prétendent calmer le plus rapidement que possible la crise, mais elles ne feront radicaliser la position et des éléments de la majorité qui sont concernés et les responsables et militants du M5-RFP. D’ailleurs, dès le soir de la conférence, la liste des membres du cabinet restreint a été publiée. Il compte seulement six ministres. Cependant, leur premier problème, c’est que les porteurs de certains postes sont des hommes controversés. La liste commence par le PM, lui-même, pour sa gestion calamiteuse de l’école et son éventuelle implication dans les tueries du 10, 11 juillet 2020 et jours suivants. S’il a été proposé au PR par certains de ceux qui sont contre lui aujourd’hui après le départ de S. Boubeye MAIGA, c’est une véritable aberration que de rendre ces personnes responsables de sa gestion du pouvoir. Celui de la justice dont les Maliens se souviennent encore de sa gestion douteuse de la CENI sous le Président Alpha Omar KONARE en 1997 et pour sa prise de position ouverte pour le Président de la République au moyen d’un cynisme inégalé surtout de la part de celui qui a juré ne défendre que les droits des hommes et donc aussi le droit à la vie et à contester le pouvoir, des droits qu’il a lui-même œuvrer à inscrire dans la constitution du 25 février 1992. De mémoire, le dernier, c’est le ministre chargé de la sécurité intérieure démis de ses fonctions de chef d’État major pour incapacité à n’avoir pas pu empêcher le massacre d’Ogossagou dans la région de Mopti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le point relatif à la démission des députés est assez troublant pour plusieurs raisons. Dans un premier temps, on voit bien que la CEDEAO se substitue au PR non pas en faisant recours à la constitution qu’elle appelle de tout son vœu, mais en la torpillant lorsque cela est en faveur du PR comme si elle disposait d’un pouvoir exceptionnel à outrepasser la constitution ou pire comme si le Mali était placé sous sa tutelle. Aussi ne prévoit-elle pas des sanctions contre tous ceux qui vont se mettre à travers de ce plan de sortie de crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la France déguisée en CEDEAO peut être sans le vouloir, ne fait pas attention, elle risque d’enfoncer le Mali dans la guerre civile, qui mine déjà une bonne partie de son territoire depuis des années sous les yeux voire les pieds des forces de la MINUSMA, celles de BARKHANE, du G5 Sahel et des forces armées maliennes impuissantes parce que mal formées, sous équipées, mal renseignées, sous alimentées et donc démotivées malgré le financement de la loi de programmation militaire à plus de mille milliards (1000.000.000. 000) de francs Cfa. Pour le dire autrement, en faisant prévaloir le colmatage juridique sur la solution politique fondée sur un dialogue politique endogène et inclusif, non pas dans le discours, comme l’ont été des précédents, mais dans les faits. C’est-à-dire un dialogue politique qui va réunir toutes les forces vives de la nation qu’elles soient pour ou contre le pouvoir, dialogue prévalant la République, le bien de tous, sur les intérêts des individus ou mêmes des groupes. Les pays voisins, frères, amis et partenaires du Mali se sont disqualifiés de la recherche de solutions pour sortir le Mali de la crise. De plus en plus, nombreux sont les Maliens qui ont le sentiment que leur souci, loin d’être leur liberté et leur bien-être, vise exclusivement à sauver le pouvoir d’un homme, et à travers lui les intérêts de certaines puissances internationales comme la France. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne faut-il pas craindre de voir s’exacerber ce que les autorités françaises ont nommé, il y a peu de temps, le sentiment anti-français ? Ce terme lui-même ne relève-t-il pas de la logique de ce que Rancière appelle la « police », logique qui vise à imposer de manière exclusive l’ordre français ? Les Maliens sont-ils contre la France ? Les Maliens ne sont pas contre la France. C’est elle même qui est gourmande, arrogante et égoïste. Ils ne sot pas contre la France, mais ils sont d’abord pour eux-mêmes. Le général De Gaule ne disait-il pas que la France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts. Ne pas être contre la France et être pour soi même requiert, non pas un rapport de vassalité, mais un partenariat où toutes les parties tirent leurs comptes. Ce qui est désigné par le pouvoir français sous le nom du sentiment anti-français n’est ni plus ni moins, que la revendication d’un cadre de partenariat où la France est appelée à céder la part des Maliens. Leur revendication fondamentale n’est-elle pas la redistribution des parts de telle sorte que celui qui n’a pas de part ait sa part. Ils réclament la liberté, et l’égalité et des peuples et des citoyens pris à l’intérieur du même pays. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu de soutenir ces valeurs qui sont si chères aux deux peuples frères, la France le sait plus que n’importe quel autre pays, lorsque l’on se souvient de 1789 et de 1871, elle préfère rester dans les eaux troubles des affaires occultes de la Françafrique dont le PR ivoirien en est le représentant attitré après la chute de Blaise Compaoré. On se souvient encore comment il est arrivé au pouvoir en 2011. Ne travaille-t-il pas à maintenir les pays de l’UEMOA sous la domination économique de la France ? Ce qui risque d’exposer la France à la colère du peuple du Mali qui ne veut plus se soumettre, mais rester debout, ou bien elle va se rendre responsable d’un autre génocide après celui du Rwanda. Pour éviter une telle situation, il est vraiment temps qu’elle choisisse entre le Mali éternel, décidé à assumer sa révolte au prix du sacrifice ultime et un homme et son régime corrompus et donc ayant perdus toute légitimité et toute légalité pour s’être rendu coupable de haute trahison.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bakabigny KEITA, Professeur de philosophie politique &nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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