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	<title>Archives des ressources naturelles &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Rapport ITIE 2024 : les revenus miniers représentent désormais plus de 40 % des recettes de l’État malien  </title>
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		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 19:03:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le rapport ITIE 2024 révèle que les revenus extractifs ont atteint 1 023 milliards FCFA au Mali, représentant plus de 40 % des recettes publiques. Une performance portée par l’or et les réformes engagées pour renforcer la souveraineté minière du pays.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Avec plus de 1 000 milliards de FCFA de revenus extractifs en 2024 et une réforme profonde de son cadre minier, le Mali entend reprendre la main sur ses ressources stratégiques. Au-delà des chiffres, le rapport ITIE 2024 révèle l’ambition des autorités maliennes de faire des richesses du sous-sol un instrument de souveraineté économique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les mines ne sont plus seulement une question de production. Elles sont devenues un enjeu de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l&rsquo;arrivée des autorités de transition, le secteur extractif est au cœur d&rsquo;une vaste reconfiguration des rapports entre l&rsquo;État malien et les multinationales minières. L&rsquo;adoption du nouveau Code minier en 2023, la loi sur le contenu local et les audits menés auprès des opérateurs témoignent d&rsquo;une même volonté : augmenter la part de la richesse nationale captée par le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rapport ITIE Mali 2024 apporte un éclairage inédit sur les premiers résultats de cette stratégie. Les chiffres sont éloquents : les revenus du secteur extractif ont atteint 1 023 milliards de FCFA en 2024, dont 978,3 milliards directement encaissés par le Trésor public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques régionales, la réduction progressive de l&rsquo;aide extérieure et la recherche de nouveaux partenaires économiques, cette manne financière apparaît plus que jamais comme un pilier de l&rsquo;autonomie budgétaire du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une industrie qui finance près de la moitié des recettes publiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le poids des industries extractives dans l&rsquo;économie malienne demeure considérable. Selon les données consolidées par l&rsquo;ITIE, les revenus issus du secteur représentent 40,93 % de l&rsquo;ensemble des recettes de l&rsquo;État. Autrement dit, près d&rsquo;un franc sur deux encaissé par le budget national provient directement ou indirectement des activités minières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette contribution place le Mali parmi les économies africaines les plus dépendantes de leurs ressources minières, mais aussi parmi celles qui disposent des plus importantes marges de manœuvre pour transformer cette richesse en outil de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne ainsi que «&nbsp;<em>les revenus du secteur extractif s&rsquo;élèvent à 1 023,4 milliards FCFA en 2024</em>&nbsp;», dont l&rsquo;essentiel est issu du secteur minier, qui représente à lui seul «&nbsp;<em>99,99 % du total généré par les deux secteurs (minier et hydrocarbures)&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;or, toujours roi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme dans la plupart des grands pays miniers ouest-africains, l&rsquo;or demeure le principal moteur de la croissance extractive. La production nationale a atteint 54,88 tonnes en 2024 pour une valorisation estimée à plus de 1 632 milliards de FCFA. Le métal jaune représente à lui seul près de 95 % de la valeur totale de la production minérale du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport note que «&nbsp;<em>les productions minérales restent dominées par l&rsquo;or avec 54,88 tonnes pour une valorisation de 1 632 milliards FCFA, soit près de 95 % de la production totale&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les régions de Kayes et de Sikasso continuent d&rsquo;assurer l&rsquo;essentiel de cette production, tandis que les exportations demeurent fortement orientées vers l&rsquo;Afrique du Sud, l&rsquo;Australie et la Suisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec 78,8 % de la valeur totale des exportations nationales, le secteur minier reste le principal fournisseur de devises du pays. Cette position stratégique renforce la capacité du Mali à maintenir ses équilibres macroéconomiques dans un environnement international volatil.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pari de la souveraineté minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;enseignement le plus significatif du rapport est ailleurs. Depuis deux ans, Bamako mène une politique de reprise en main du secteur fondée sur un renforcement du contrôle de l&rsquo;État et une révision des équilibres historiques entre puissance publique et investisseurs privés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport ITIE souligne d&rsquo;ailleurs que les nouvelles dispositions législatives ont été adoptées afin de «&nbsp;<em>renforcer le cadre juridique de l&rsquo;exploitation minière et affirmer davantage la souveraineté de l&rsquo;État sur ses ressources minérales</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation s&rsquo;inscrit dans une tendance plus large observée sur le continent. Du Niger à la Guinée, plusieurs États producteurs cherchent aujourd&rsquo;hui à accroître leur participation dans les projets miniers, à développer le contenu local et à obtenir une part plus importante des revenus générés par leurs ressources naturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Mali, cette stratégie répond également à un impératif politique : démontrer que les richesses du sous-sol profitent davantage aux finances publiques et aux populations.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les audits produisent leurs premiers effets</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des révélations du rapport concerne les conséquences financières des audits menés par les autorités. Selon l&rsquo;ITIE, les recommandations issues de l&rsquo;audit administratif et technique du secteur minier ont permis à l&rsquo;État de récupérer des recettes substantielles. «&nbsp;<em>La mise en œuvre des recommandations de cette mission a permis l&rsquo;encaissement de 331,6 milliards FCFA par les organismes collecteurs de l&rsquo;État en 2024</em>&nbsp;», précise le document.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un montant considérable qui illustre la volonté des autorités de renforcer le respect des obligations fiscales et contractuelles des opérateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les cercles gouvernementaux, cette performance est souvent présentée comme la preuve qu&rsquo;une meilleure gouvernance du secteur peut générer des ressources équivalentes à plusieurs années d&rsquo;aide extérieure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Transparence : un signal adressé aux investisseurs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à certaines perceptions, le renforcement du contrôle étatique ne s&rsquo;accompagne pas d&rsquo;un recul des exigences de transparence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport met en avant la publication progressive des contrats miniers et pétroliers conformément aux exigences de la norme ITIE 2023. Il souligne également l&rsquo;existence d&rsquo;un «&nbsp;<em>cadre juridique et règlementaire conforme aux standards régionaux et internationaux en matière de gouvernance des secteurs extractifs</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin de l&rsquo;année 2024, le pays comptait 705 titres miniers actifs et treize projets à un stade avancé d&rsquo;exploration, signe que le potentiel du sous-sol malien continue d&rsquo;attirer l&rsquo;attention des investisseurs malgré un contexte sécuritaire complexe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers un nouveau modèle minier malien ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le défi pour le Mali consiste désormais à transformer cette rente minière en développement durable. Le document rappelle que la politique nationale du secteur vise une «&nbsp;<em>exploitation équitable et optimale des ressources minières en vue d&rsquo;une large croissance durable et d&rsquo;un développement socio-économique soutenu</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y parvenir, les autorités devront relever plusieurs défis : accélérer la transformation locale, renforcer les infrastructures, améliorer l&rsquo;intégration des fournisseurs nationaux et garantir une meilleure redistribution des revenus aux collectivités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une chose est néanmoins acquise : dans le Mali de 2026, la question minière n&rsquo;est plus seulement économique. Elle est devenue l&rsquo;un des principaux instruments de la stratégie de souveraineté portée par les autorités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et les chiffres du rapport ITIE 2024 montrent que cette ambition commence à produire des résultats tangibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la Charte nationale pour la paix s’attaque aux conflits fonciers</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation du Mali place la question foncière au cœur de la stabilité nationale. Pastoralisme, terres agricoles, mines et cadastre figurent parmi les priorités pour prévenir les conflits communautaires.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Derrière la plupart des violences intercommunautaires qui ensanglantent le Mali depuis des années, il y a une terre disputée. Un champ, un pâturage, un filon d&rsquo;or. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale affronte enfin cette réalité brutale avec une ambition à la hauteur de l&rsquo;enjeu.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, les guerres commencent souvent par une borne. Une borne plantée de travers, déplacée dans la nuit, contestée au petit matin. Un sillon de trop tracé par un paysan dans un champ que son voisin revendique depuis trois générations. Un troupeau qui pénètre dans une zone cultivée et piétine une récolte entière. Une concession minière accordée par Bamako sans que personne n&rsquo;ait consulté les habitants du village qui vivaient sur cette terre depuis des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces disputes paraissent petites. Elles ne le sont pas. Elles sont la mèche d&rsquo;une poudrière. Et dans un pays où l&rsquo;État a longtemps été absent des zones reculées, où la justice formelle reste inaccessible à la majorité, où le changement climatique réduit chaque année les terres cultivables et les pâturages disponibles, cette mèche a une fâcheuse tendance à s&rsquo;enflammer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025 par le Président de la Transition, le Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, a eu l&rsquo;intelligence et le courage de regarder cette réalité en face. Elle consacre des développements substantiels à la question foncière, aux ressources minérales, au pastoralisme. Elle nomme les conflits, en analyse les causes, propose des mécanismes de résolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une avancée considérable. Et elle mérite d&rsquo;être examinée avec la rigueur qu&rsquo;impose l&rsquo;ampleur du défi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La terre, matrice de tous les conflits maliens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi la question foncière est si centrale dans la crise malienne, il faut d&rsquo;abord comprendre ce que représente la terre dans les sociétés sahéliennes. Elle n&rsquo;est pas seulement un bien économique. Elle est un lieu de mémoire, un lien entre les vivants et les morts, un marqueur d&rsquo;identité et de dignité. Perdre sa terre, c&rsquo;est perdre son histoire. C&rsquo;est perdre sa place dans la communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or le Mali concentre sur son territoire plusieurs des facteurs les plus explosifs en matière foncière. Le changement climatique rétrécit chaque année les zones cultivables, poussant les éleveurs vers le sud, sur des terres que les agriculteurs considèrent comme les leurs. L&rsquo;orpaillage artisanal, en plein boom, attire des milliers de jeunes sur des sites disputés où la loi du plus fort tend à s&rsquo;imposer. L&rsquo;exploitation minière industrielle déplace des communautés entières sans que les compensations promises se matérialisent toujours. Et dans le nord et le centre du pays, des années de conflit armé ont brouillé les droits fonciers traditionnels, créant un chaos juridique que les groupes armés ont habilement exploité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte reconnaît tout cela. Elle note que «&nbsp;<em>l&rsquo;exploitation du foncier rural et urbain, forestier, minier, pastoral et de l&rsquo;eau constitue une source de conflits individuels et communautaires récurrents, parfois violents, qui impactent négativement la paix, la sécurité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.&nbsp;</em>» Un diagnostic sans concessions, formulé dans un texte de loi. C&rsquo;est déjà, en soi, un acte courageux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pastoralisme, poudrière silencieuse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les conflits fonciers qui ravagent le Mali, ceux qui opposent agriculteurs et éleveurs sont sans doute les plus meurtriers et les moins médiatisés. Dans le delta intérieur du Niger, dans le Manden, dans le Gourma, ces affrontements font des dizaines de morts chaque année, dévastent des communautés entières, et alimentent des cycles de vengeance qui se transmettent de génération en génération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la racine de ces conflits : la réduction des corridors de transhumance, ces couloirs traditionnels par lesquels les troupeaux des éleveurs peuls, touaregs ou arabes descendaient vers le sud en saison sèche. Ces corridors, reconnus par la coutume et parfois par la loi, ont été progressivement grignotés par l&rsquo;extension des cultures, la construction d&rsquo;infrastructures, l&rsquo;installation de nouvelles populations. Les éleveurs se retrouvent sans chemin pour leurs bêtes. Les agriculteurs voient leurs champs piétinés. La violence s&rsquo;installe comme seul arbitre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte propose un cadre de réponse articulé autour de plusieurs axes : «&nbsp;<em>l&rsquo;aménagement équilibré du territoire national&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>l&rsquo;aménagement et l&rsquo;exploitation contrôlée des espaces pastoraux&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>le renforcement des politiques publiques d&rsquo;aménagement des terres agricoles et des zones pastorales.&nbsp;</em>» Elle prévoit également «&nbsp;<em>la gestion concertée des ressources naturelles »&nbsp;</em>et le recours aux<em>&nbsp;« conventions locales pour l&rsquo;accès aux ressources naturelles.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces orientations sont justes. Elles correspondent à ce que les chercheurs, les organisations paysannes et les experts du développement rural recommandent depuis des années. Mais leur mise en œuvre supposera des investissements considérables, une volonté politique soutenue, et surtout la présence effective de l&rsquo;État dans des zones où il a longtemps été fantomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;or qui divise : la question minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si le pastoralisme est la poudrière silencieuse, l&rsquo;exploitation minière est la bombe à fragmentation. L&rsquo;or malien — le pays est l&rsquo;un des premiers producteurs africains — génère des revenus considérables, mais aussi des conflits d&rsquo;une intensité croissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sites d&rsquo;orpaillage artisanal, où des dizaines de milliers de jeunes maliens cherchent fortune dans des conditions souvent périlleuses, sont devenus des zones de non-droit où se croisent trafics en tous genres, violences et tensions intercommunautaires. Les sites miniers industriels, gérés par des multinationales sous contrat avec l&rsquo;État, soulèvent des questions légitimes de partage des revenus, de compensation des communautés déplacées et de préservation de l&rsquo;environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte aborde cette réalité avec une franchise bienvenue. Elle reconnaît que «&nbsp;<em>l&rsquo;exploitation industrielle ou artisanale de ces ressources entraîne souvent des crises sociales dont les conflits, la déperdition des valeurs, la dégradation de la santé de la population, et la déscolarisation à grande échelle.&nbsp;</em>» Et elle prescrit un ensemble de mesures : encadrement et régulation des activités minières, formation des exploitants artisanaux aux enjeux environnementaux, renforcement des mécanismes de prévention des conflits sur les sites d&rsquo;orpaillage, et surtout «&nbsp;<em>investissement des revenus tirés de l&rsquo;exploitation minière dans les secteurs sociaux et dans les infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dernière disposition est fondamentale. Elle pose un principe de justice redistributive : les richesses extraites du sous-sol malien doivent profiter aux communautés qui vivent sur ce sous-sol. Ce n&rsquo;est pas une idée nouvelle. Mais son inscription dans un texte fondamental de la République lui donne une force normative qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas jusqu&rsquo;ici.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les commissions foncières : un outil à consolider</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du dispositif de gestion des conflits fonciers prévu par la Charte se trouvent les Commissions foncières — les COFO. Ces instances multi-acteurs, créées au début des années 2000, regroupent représentants de l&rsquo;administration, élus locaux, chefs coutumiers, organisations paysannes et éleveurs. Leur mission : prévenir et gérer les conflits liés à la terre avant toute saisine des tribunaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte leur confère une légitimité renforcée. Elle prévoit que leurs décisions, «&nbsp;<em>consignées dans un procès-verbal&nbsp;</em>», peuvent être «&nbsp;<em>homologuées par le juge</em>&nbsp;», créant ainsi un pont solide entre la justice coutumière et le droit formel. Elle insiste également sur «&nbsp;<em>le renforcement de la synergie d&rsquo;action entre les Collectivités territoriales et les Autorités et Légitimités traditionnelles dans la mise en œuvre des mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des litiges fonciers.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, là où elles fonctionnent réellement, les COFO ont démontré leur efficacité. Dans plusieurs communes de la région de Mopti, elles ont permis de désamorcer des conflits agriculteurs-éleveurs qui auraient pu dégénérer en affrontements meurtriers. Leur force tient à leur composition : tout le monde est représenté, les décisions reflètent les réalités locales, et leur légitimité communautaire est souvent bien supérieure à celle d&rsquo;un tribunal lointain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais leur déploiement reste insuffisant. De nombreuses communes n&rsquo;ont pas de COFO opérationnelle. Celles qui existent manquent souvent de moyens, de formation et de soutien institutionnel. La Charte trace la direction. Il faudra maintenant y mettre les ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cadastre, chaînon manquant de la sécurité foncière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les mesures préconisées par la Charte, l&rsquo;une mérite une attention particulière : «&nbsp;<em>la sécurité juridique en matière foncière par l&rsquo;instauration du cadastre au niveau communal, régional et national.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, une proportion considérable des terres ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun titre formel. Les droits fonciers reposent sur des accords oraux, des pratiques coutumières, des mémoires familiales. Robustes en temps de paix, ces arrangements deviennent sources de conflits explosifs lorsque la pression sur les terres augmente, lorsque des populations déplacées reviennent réclamer leurs biens, ou lorsque des investisseurs extérieurs arrivent avec des contrats et des bulldozers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cadastre national fiable, accessible, régulièrement mis à jour, constituerait un instrument de paix d&rsquo;une efficacité redoutable. Il ne résoudrait pas tous les conflits fonciers, mais il en éviterait un grand nombre en clarifiant les droits de chacun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mise en œuvre sera longue et coûteuse. Elle se heurtera aux résistances de ceux qui profitent de l&rsquo;opacité foncière actuelle. Mais son inscription dans la Charte comme objectif national constitue un engagement solennel que les autorités devront honorer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ambition à la hauteur du défi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question foncière est au Mali ce que le nœud gordien était à Alexandre : un problème si complexe, si emmêlé dans l&rsquo;histoire, la culture, l&rsquo;économie et la politique, que certains désespèrent de le trancher jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition n&rsquo;ont pas tranché le nœud. Elles ont fait quelque chose de plus sage : elles ont commencé à le dénouer, patiemment, en reconnaissant la complexité du problème, en mobilisant à la fois le droit moderne et les sagesses traditionnelles, en associant l&rsquo;État et les communautés dans une démarche partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale ne résoudra pas d&rsquo;un coup de baguette magique des décennies de conflits fonciers accumulés. Aucun texte ne le pourrait. Mais elle pose les fondations d&rsquo;une approche nouvelle, cohérente et ambitieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle dit aux paysans du delta intérieur, aux éleveurs du Sahel, aux orpailleurs du Wassoulou, aux communautés déplacées du nord : nous vous voyons. Nous savons que la terre est au cœur de votre vie et de vos conflits. Et nous nous engageons à construire un cadre juste pour que chacun puisse vivre de sa terre en paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une promesse considérable. Les autorités de la Transition ont maintenant la responsabilité de la tenir. L&rsquo;histoire du Mali — et la paix de ses communautés — en dépend.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La voiture verte roule sur des mines africaines : l&#8217;Afrique, elle, reste au bord de la route.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 00:07:44 +0000</pubDate>
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<p>La transition mondiale vers les véhicules électriques repose largement sur le cobalt, le lithium et le cuivre africains. Pourtant, l’Afrique capte peu de valeur ajoutée tandis que la Chine domine le raffinage et la fabrication des batteries. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;essor mondial des véhicules électriques repose massivement sur les sous-sols africains — cobalt, lithium, manganèse, cuivre. Mais la chaîne de valeur échappe presque entièrement au continent. Entre pillage organisé, dépendance à la Chine et premières résistances souveraines, l&rsquo;Afrique se trouve à la croisée d&rsquo;un choix historique.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose d&rsquo;obscène dans cette image. Sur les routes de Shanghai, de San Francisco ou de Francfort, des millions de voitures électriques circulent en silence, vantées comme le symbole d&rsquo;un monde plus propre, d&rsquo;une modernité réconciliée avec la planète. À quelques milliers de kilomètres, dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, en République démocratique du Congo, <a href="https://www.amnesty.org/ru/wp-content/uploads/sites/8/2021/05/AFR6231832016FRENCH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des enfants de sept ans</a> creusent la terre à mains nues pour en extraire le cobalt qui alimente ces mêmes batteries — pour moins de deux dollars par jour, selon une enqueête de la <a href="https://cndh.cd/wp-content/uploads/2025/02/CNDH-RAPPORT-ENQUETE-TRAVAIL-DES-ENFANTS-DANS-LES-MINES-DE-COBALT-3.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">commission nationale des droits de l’homme de la République démocratique du Congo</a>. La voiture verte roule. Sur leurs dos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://saheltribune.com/voitures-electriques-comment-la-crise-petroliere-mondiale-accelere-la-transition-energetique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport que l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie</a> a publié en mai 2026 projette 23 millions de véhicules électriques vendus en 2026, et 510 millions en circulation d&rsquo;ici 2035. Derrière ces chiffres vertigineux se cache une question que les grandes capitales préfèrent ne pas poser trop fort : d&rsquo;où vient la matière dont ces voitures sont faites ? La réponse est africaine, pour l&rsquo;essentiel. Et les conditions dans lesquelles cette matière est extraite, traitée et vendue constituent l&rsquo;un des grands scandales silencieux de la transition énergétique mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un continent assis sur un trésor qu&rsquo;il ne contrôle pas</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Afrique détient plus de <a href="https://africarenewal.un.org/fr/magazine/les-mineraux-essentiels-de-lafrique-en-passe-de-propulser-la-transition-mondiale-vers" target="_blank" rel="noreferrer noopener">30 % des minéraux critiques</a> essentiels à la fabrication des batteries de véhicules électriques. La RDC concentre à elle seule plus de <a href="https://www.bfmtv.com/economie/international/elle-fournit-les-trois-quarts-de-la-production-mondiale-la-republique-democratique-du-congo-reprend-ses-exportations-de-cobalt-apres-dix-mois-de-suspension_AD-202512230380.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">76 % de la production mondiale de cobalt</a> — un métal dont la demande a bondi de 11 % en 2025, portée précisément par l&rsquo;essor des batteries lithium-ion. Le Zimbabwe, <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/01/le-zimbabwe-geant-africain-du-lithium-cherche-a-briser-le-monopole-chinois-sur-ses-mines_6695996_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premier producteur de lithium du continent</a>, dispose de réserves estimées à 126 millions de tonnes, désormais au cœur de la bataille technologique entre la Chine et les États-Unis. L&rsquo;Afrique du Sud concentre 85 % des réserves mondiales de manganèse et une part considérable du platine. La Zambie et la RDC ensemble assurent une part majeure du cuivre mondial, indispensable aux câbles et aux moteurs électriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres auraient dû faire de l&rsquo;Afrique la grande puissance de la transition énergétique. La réalité est tout autre. Dans la chaîne de valeur qui mène du sol africain à la batterie d&rsquo;une Tesla ou d&rsquo;une BYD, l&rsquo;Afrique occupe systématiquement le maillon le moins rémunérateur — l&rsquo;extraction brute — et laisse les étapes de transformation, de raffinage et de fabrication à d&rsquo;autres, principalement à la Chine. Moins de 10 % du cobalt produit en RDC est transformé localement. Le reste part à l&rsquo;état brut vers les raffineries chinoises, qui concentrent entre 70 et 75 % de la capacité mondiale de transformation du cobalt. Ce que l&rsquo;Afrique vend : de la terre. Ce que la Chine revend : de la technologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cobalt des enfants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût humain de cette extraction mérite d&rsquo;être dit sans euphémisme. L&rsquo;exploitation minière artisanale représente entre 10 et 15 % de la production congolaise de cobalt — une fraction, dira-t-on. Mais c&rsquo;est dans ce secteur que les violations les plus graves sont documentées. En 2024, l&rsquo;OIT a identifié plus de&nbsp;<a href="https://www.humanium.org/fr/la-situation-actuelle-du-travail-des-enfants-dans-les-mines-de-cobalt-en-republique-democratique-du-congo/">6 200 enfants travaillant dans des mines</a>&nbsp;rien que dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Des ONG estiment que jusqu&rsquo;à 40 000 enfants seraient impliqués dans l&rsquo;ensemble de la filière artisanale congolaise, certains à peine âgés de sept ans. Ils transportent des charges, respirent la poussière de cobalt qui provoque des maladies respiratoires chroniques, travaillent sans équipement de protection, pour des salaires inférieurs à deux dollars par jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces enfants ne travaillent pas pour des seigneurs de guerre sans visage. Ils travaillent dans une chaîne d&rsquo;approvisionnement qui aboutit aux batteries de Google, Tesla, Apple, BYD et des constructeurs automobiles européens. La Fair Cobalt Alliance — qui réunit Glencore, CMOC, Google, Tesla et des ONG comme Save the Children — tente d&rsquo;apporter des réponses. Elle a extrait plus de 9 000 enfants des mines artisanales depuis 2022 et les a réinsérés dans des filières scolaires ou professionnelles. C&rsquo;est réel. C&rsquo;est insuffisant.&nbsp;Un pays qui fournit 70&nbsp;% du cobalt&nbsp;mondial&nbsp;doit avoir son mot à dire sur les prix.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La révolte des prix : RDC et Zimbabwe passent à l&rsquo;offensive</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant trois ans, le prix du cobalt a chuté de plus des trois quarts, passant de 82 000 à moins de 22 000 dollars la tonne entre 2022 et début 2025. La cause : une surproduction mondiale orchestrée en grande partie par le géant chinois CMOC, qui représentait à lui seul 53 % de la production mondiale en 2024, et dont la production a encore bondi de 20 % au premier trimestre 2025. L&rsquo;Afrique extrait, la Chine inonde le marché, les prix s&rsquo;effondrent. Le modèle est cynique dans sa mécanique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La RDC a décidé de briser ce cercle. En février 2025,&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/03/10/la-republique-democratique-du-congo-suspend-ses-exportations-de-cobalt-un-pari-risque_6577892_3212.html">Kinshasa suspend ses exportations de cobalt brut</a>&nbsp;— une décision inédite qui fait immédiatement flamber les prix de plus de 100 %, atteignant 48 500 dollars la tonne fin novembre 2025. En octobre, un système de quotas d&rsquo;exportation prend le relais, limité à 18 000 tonnes pour la fin de l&rsquo;année — moins que la seule production annuelle de CMOC. L&rsquo;objectif affiché est double : stabiliser les cours et pousser les investisseurs à construire des raffineries sur le sol congolais plutôt que d&rsquo;exporter de la matière brute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Zimbabwe, la logique est identique mais radicale. Le 25 février 2026, Harare interdit l&rsquo;exportation de l&rsquo;ensemble de ses minerais bruts, lithium en tête — une décision appliquée immédiatement, y compris aux cargaisons déjà en transit. Le ministre zimbabwéen des Mines, Polite Kambamura, justifie la mesure «&nbsp;<em>dans l&rsquo;intérêt national</em>&nbsp;». Dans les faits, c&rsquo;est la Chine qui se retrouve en première ligne&nbsp;: Pékin est le principal investisseur et acheteur dans le secteur minier zimbabwéen, et la totalité du lithium extrait était jusqu&rsquo;alors expédiée vers ses raffineries. Les entreprises chinoises Sinomine Resource et Zhejiang Huayou Cobalt avaient bien commencé à construire des raffineries locales — mais pas assez vite.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que valent vraiment les minerais africains</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le lithium brut extrait au Zimbabwe est vendu comme concentré. Le sulfate de lithium — produit après raffinage — se vend environ trois fois plus cher. L&rsquo;hydroxyde de lithium pour batteries — l&rsquo;étape suivante — coûte cinq à sept fois le prix du concentré brut. L&rsquo;Afrique vend le concentré. La Chine vend l&rsquo;hydroxyde. L&rsquo;équation est simple et dévastatrice&nbsp;: la même tonne de lithium zimbabwéen génère au Zimbabwe environ 15 000 dollars. Elle en génère plus de 100 000 une fois transformée en Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le cobalt, la structure est identique. La RDC exporte principalement de l&rsquo;hydroxyde de cobalt à environ 20 dollars la livre. Le sulfate de cobalt pour cathodes de batteries, produit par les raffineries chinoises à partir de cet hydroxyde, se vend deux à trois fois plus cher. Le rapport de l&rsquo;AIE l&rsquo;indique sans détour&nbsp;: la Chine contrôle plus de 80 % de la production mondiale de cellules de batteries, grâce précisément à cette maîtrise du raffinage qu&rsquo;elle a construite pendant que les pays producteurs africains exportaient leur richesse à l&rsquo;état brut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La malédiction des ressources, version électrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que vivent aujourd&rsquo;hui la RDC et le Zimbabwe n&rsquo;est pas nouveau dans l&rsquo;histoire africaine. C&rsquo;est la même mécanique que le pétrole des années 1960 et 1970 — les ressources abondent sous le sol africain, les revenus en sont captés ailleurs, et le continent reste pauvre malgré ses richesses. L&rsquo;économiste zambien Dambisa Moyo l&rsquo;a nommée la <a href="https://www.lemonde.fr/livres/article/2009/09/28/l-aide-fatale-eloge-de-la-dictature_1245994_3260.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« <em>malédiction des ressources</em> ».</a> Le lithium et le cobalt en sont la réédition à l&rsquo;ère électrique, avec les mêmes acteurs dans des rôles similaires — l&rsquo;ancienne puissance coloniale remplacée par Pékin, le pétrole remplacé par les minerais verts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Banque de France, dans une&nbsp;<a href="https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/metaux-critiques-pour-la-transition-energetique-et-developpement-durable-en-afrique">note de 2023</a>, estimait que dans un scénario de décarbonation mondiale à l&rsquo;horizon 2050, les rentes de minerais critiques pourraient atteindre des montants équivalents au PIB actuel du Gabon pour certaines économies africaines — mais seulement si la transformation locale est assurée. C&rsquo;est ce «&nbsp;<em>si</em>&nbsp;» qui concentre tout l&rsquo;enjeu politique du prochain quart de siècle africain. La banque chinoise d&rsquo;import-export a accordé 24,9 milliards de dollars de prêts liés à l&rsquo;extractivité minière africaine au seul premier semestre 2025 — un record. Ces prêts financent des mines. Rarement des raffineries.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les gouvernements africains doivent exiger</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les décisions de la RDC et du Zimbabwe marquent une rupture psychologique et politique. Pour la première fois, des États africains producteurs utilisent le levier de l&rsquo;offre — comme l&rsquo;OPEP en son temps — pour reprendre la main sur la fixation des prix. C&rsquo;est une nécessité, pas un luxe. Mais les quotas et les interdictions d&rsquo;exportation ne suffisent pas. Ils créent de la pression sans créer de valeur, si la capacité de transformation locale n&rsquo;est pas construite en parallèle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l&rsquo;Afrique doit exiger — et que le rapport de l&rsquo;AIE ne dit pas, parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas son rôle de le dire — c&rsquo;est une redéfinition des termes des contrats miniers. C&rsquo;est l&rsquo;obligation, pour tout investisseur extérieur exploitant des minerais critiques africains, d&rsquo;y installer une unité de transformation locale correspondant à une part substantielle de sa production. C&rsquo;est la création d&rsquo;une Agence africaine des minerais critiques, dotée d&rsquo;un pouvoir de régulation supranational sur les exportations. C&rsquo;est la construction d&rsquo;une industrie de la batterie africaine — une ambition aujourd&rsquo;hui limitée à quelques projets épars au Maroc, en Afrique du Sud et en Zambie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Union africaine a adopté en 2023 une <a href="https://www.africangreenminerals.com/news/featured-news/2025/african-green-mineral-strategy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">stratégie sur les minéraux verts</a>. Elle reste, à ce jour, un texte de principes sans mécanisme d&rsquo;application. La Commission de l&rsquo;UA a annoncé un cadre de gouvernance des minéraux critiques pour 2025 — il tarde à se concrétiser. Pendant ce temps, les banques chinoises signent des chèques, les mines s&rsquo;ouvrent, et le lithium part brut vers Wuhan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://saheltribune.com/taxi-sans-chauffeur-pourquoi-bamako-casablanca-et-mumbai-doivent-deja-sinquieter/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La voiture électrique</a> est peut-être l&rsquo;avenir de la mobilité mondiale. Mais si cet avenir continue de se construire sur l&rsquo;extraction non rémunérée des sous-sols africains, sur le travail d&rsquo;enfants congolais et sur des prix fixés à Pékin plutôt qu&rsquo;à Kinshasa ou Harare, alors la « <em>transition verte </em>» mondiale n&rsquo;aura été, pour l&rsquo;Afrique, qu&rsquo;un nouveau nom pour une très vieille histoire. L&rsquo;heure n&rsquo;est plus aux déclarations de principes. Elle est aux rapports de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Et si l’or finançait enfin les routes du Mali ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2026 22:32:43 +0000</pubDate>
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<p>Apprenez comment le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport peut changer l'économie malienne.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Avec la réforme de son Code minier adoptée en 2023, le Mali entend franchir un nouveau cap. Le pays passe d’une économie extractive à une logique de transformation. Au cœur du dispositif, cinq fonds dédiés, dont un mécanisme inédit destiné à financer directement les infrastructures, afin de mieux capter et réinjecter la rente minière dans l’économie nationale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment transformer la richesse du sous-sol en routes, en barrages et en réseaux électriques ? Au Mali, la réforme du Code minier adoptée en 2023 tente d’apporter une réponse concrète à cette équation en instituant des fonds dédiés, conçus pour capter directement une part des revenus extractifs et les réinjecter dans l’économie productive.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-tentative-de-reallocation-de-la-rente-miniere"><strong>Une tentative de réallocation de la rente minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali figure parmi les grandes puissances aurifères du continent africain. Selon un rapport de l’organisation suisse SWISSAID, la production industrielle et semi-industrielle d’or du pays a atteint environ 66,2 tonnes en 2022. Avec ce volume, le Mali se classe troisième producteur d’or en Afrique, derrière le Ghana (95,8 tonnes) et l’Afrique du Sud (84 tonnes), mais devant le Burkina Faso (57,7 tonnes). Cette position confirme le rôle stratégique du secteur minier dans l’économie malienne, l’or constituant la première source d’exportations et une ressource clé pour les finances publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où l’or représente l’essentiel des recettes d’exportation, la question de la redistribution des revenus miniers reste centrale. En adoptant un nouveau Code minier en 2023, les autorités maliennes corrigent les déséquilibres d’un modèle longtemps critiqué pour sa faible capacité à irriguer l’économie réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La création de cinq fonds sectoriels s’inscrit dans cette logique. L’objectif est non seulement de sécuriser des ressources dédiées à des priorités stratégiques mais ausi d’améliorer l’efficacité de la dépense publique en fléchant les revenus extractifs vers des usages précis.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-mecanisme-de-financement-indexe-sur-la-production"><strong>Un mécanisme de financement indexé sur la production</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ces instruments, le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport constitue l’un des leviers les plus structurants. Il introduit une forme de prélèvement quasi-fiscal directement adossé à la production minière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dispositif prévoit une contribution de 1 % du chiffre d’affaires trimestriel des sociétés minières pendant les cinq premières années d’exploitation, à laquelle s’ajoute 10 % de la redevance ad valorem. Au-delà de cette période, le taux sur le chiffre d’affaires est relevé à 2,5 %, augmentant progressivement la pression contributive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mécanisme permet d’adosser le financement des infrastructures à la performance du secteur minier, créant ainsi un lien direct entre extraction et investissement public.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-outil-de-financement-des-biens-publics"><strong>Un outil de financement des biens publics</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de contraintes budgétaires accrues, ce fonds est un instrument de financement alternatif pour des infrastructures essentielles, traditionnellement dépendantes des ressources budgétaires ou de l’aide extérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Énergie, eau, transport : ces trois secteurs concentrent les principaux goulets d’étranglement de l’économie malienne. Leur sous-développement pèse sur la compétitivité des entreprises, renchérit les coûts logistiques et limite l’attractivité du pays pour les investisseurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y remédier, le Mali a identifié onze programmes et projets structurants afin de soutenir les stratégies nationales de développement à moyen et long terme, à travers «&nbsp;﻿<em>Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma</em>&nbsp;». Parmi eux figure le projet n°4, «&nbsp;<em>Kanku Musa Seginna</em>&nbsp;» (le retour de l’âge d’or de Kankou Moussa), qui vise à inscrire l’exploitation minière dans une logique de développement durable, en renforçant ses retombées sociales, économiques et environnementales pour l’ensemble du territoire, avec une attention particulière aux communautés des zones minières. Le projet n°5, «&nbsp;<em>Intégrer le Mali au monde</em>&nbsp;», ambitionne quant à lui de développer et d’entretenir un réseau d’infrastructures de transport multimodal, efficace et sécurisé, capable de mieux connecter le pays aux marchés régionaux et internationaux, tout en soutenant l’aménagement durable du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En orientant une partie des revenus miniers vers ces segments, les autorités entendent créer un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie. L&rsquo;ambition des autorités maliennes de la Transition est de faire profiter les richesses du pays aux Maliens. Cela apparaît clairement dans l&rsquo;article 42 de la Constitution du 22 juillet 2023  : « <em>L&rsquo;Etat dispose du droit souverain sur les richesses et les ressources naturelles situées sur son territoire.</em>» Quant à leur exploitation, elle doit se faire  « <em>dans le respect des règles de protection de l&rsquo;environnement et dans l&rsquo;intérêt des générations présentes et futures.</em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-gouvernance-un-enjeu-cle-de-credibilite"><strong>Gouvernance : un enjeu clé de crédibilité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La performance de ce dispositif dépendra largement de sa gouvernance. Le Code minier prévoit l’adoption de textes réglementaires pour encadrer le fonctionnement du fonds, ainsi que la production de rapports annuels validés par les collectivités territoriales et les organes de contrôle de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La publication de ces rapports constitue un signal en faveur de la transparence, dans un secteur historiquement exposé aux critiques sur l’opacité et la gestion des revenus. Mais au-delà des dispositifs formels, la crédibilité du mécanisme reposera sur la capacité de l’État à garantir une allocation efficace des ressources et à éviter les effets de dispersion ou de captation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fonds dédié aux infrastructures s’insère dans une architecture plus large comprenant : un fonds de développement local, destiné à renforcer l’acceptabilité sociale des projets miniers ; un fonds de réhabilitation et de sécurisation des sites artisanaux ; un fonds de promotion du secteur minier ; un fonds consacré à la recherche géologique et au renforcement des capacités. Cette structuration traduit une approche plus intégrée de la politique minière, combinant objectifs économiques, sociaux et environnementaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-ambition-economique-et-contraintes-structurelles"><strong>Entre ambition économique et contraintes structurelles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du Fonds minier pour le développement local, plus de 18 milliards de FCFA ont été redistribués aux collectivités locales du Mali, par le Président de la Transiton, le 12 mars 2026.&nbsp;Prévu par le Code minier de 2023, ce mécanisme vise à faire bénéficier directement les territoires producteurs des retombées de l’exploitation minière et par ricochet toutes les communes du Mali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette réforme du secteur minier, Bamako maximise les retombées économiques d’un secteur clé, tout en réduisant sa dépendance aux financements extérieurs pour les investissements publics. Toutefois, plusieurs inconnues demeurent : volatilité des cours de l’or, capacité de collecte effective des contributions, discipline budgétaire et efficacité de l’exécution des projets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En filigrane, c’est la question classique des économies extractives qui se pose : comment transformer une rente en développement durable ? Le nouveau Code minier malien apporte un début de réponse institutionnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Un clic pour exploiter : le Mali entre dans l’ère du cadastre digital </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2026 15:45:42 +0000</pubDate>
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<p>Le nouveau cadastre minier au Mali révolutionne le secteur grâce à une gestion plus souveraine et moderne des ressources.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a présidé, vendredi 17 avril 2026 au palais de Koulouba, la cérémonie officielle de présentation du nouveau cadastre minier du Mali. Cet outil, au cœur de la réforme engagée depuis 2022, marque une étape décisive dans la modernisation et la reprise en main d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec un outil entièrement conçu par des experts nationaux et déjà opérationnel, les autorités maliennes entendent rompre avec les dépendances techniques du passé et instaurer une gouvernance minière plus transparente, rapide et souveraine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autour du chef de l’État, plusieurs membres du gouvernement avaient fait le déplacement, dont le ministre des Mines Amadou Keïta, ainsi que les titulaires des portefeuilles de l’Économie, sans oublier le Premier ministre. Une présence qui témoigne de la portée transversale de cette réforme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-reforme-engagee-depuis-2022"><strong>Une réforme engagée depuis 2022</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’issue de la cérémonie, le ministre des Mines a retracé les grandes étapes de cette transformation. Dès 2022, les autorités maliennes avaient décidé de suspendre temporairement l’octroi des titres miniers afin d’assainir le secteur. Cette décision s’inscrivait dans un plan plus large de refondation, initié par le chef de l’État, visant à corriger les dysfonctionnements structurels du système minier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des audits des sociétés extractives ont été menés, suivis de négociations avec les opérateurs. En parallèle, les insuffisances du cadre juridique et technique ont été identifiées, notamment au sein de la Direction nationale de la géologie et des mines, où le système cadastral existant était jugé obsolète, peu performant et dépendant d’expertises extérieures.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mettre-fin-aux-dependances-techniques"><strong>Mettre fin aux dépendances techniques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic posé par les autorités est sans appel : l’ancien cadastre minier, conçu à l’étranger, présentait des limites importantes en matière de traitement des dossiers, de gestion des superpositions de titres et d’interconnexion avec les autres systèmes administratifs, notamment fonciers et forestiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Il existait une forme de dépendance technique qui ne permettait pas au Mali de maîtriser pleinement son propre système cadastral</em>&nbsp;», a souligné le ministre. Toute modification nécessitait l’intervention de prestataires étrangers, ralentissant les procédures et limitant la souveraineté nationale dans la gestion des ressources minières.</p>



<figure class="wp-block-embed is-provider-youtube wp-block-embed-youtube"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Un clic pour exploiter : le Mali entre dans l’ère du cadastre digital" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/UTEff34gXrQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe> 
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<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-outil-100-malien-et-entierement-digitalise"><strong>Un outil 100 % malien et entièrement digitalisé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau cadastre minier se veut une réponse à ces défis. Conçu intégralement par des experts maliens issus de l’administration publique, notamment en collaboration avec les services techniques du ministère des Mines et des Finances, cet outil a été développé sans financement extérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entièrement numérisé, il permet désormais le dépôt en ligne des demandes de titres, leur traitement digitalisé ainsi que le paiement électronique des taxes et redevances. Le système est également interconnecté avec les services du Trésor public et des impôts, garantissant une meilleure traçabilité des flux financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre innovation majeure : la sécurisation du dispositif. Conscientes des risques de cyberattaques, les autorités ont mis en place des protocoles de protection renforcés afin de garantir l’intégrité des données et la transparence des opérations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-gestion-plus-transparente-et-efficace"><strong>Vers une gestion plus transparente et efficace</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la dimension technologique, ce nouveau cadastre vise à instaurer une gouvernance plus rigoureuse du secteur minier. Il permettra une meilleure visibilité sur les titres en cours, leur durée de validité, leur superficie et leur statut juridique, réduisant ainsi les risques de conflits et de chevauchements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le ministre des Mines, le système est déjà opérationnel : 631 titres miniers ont été enregistrés à ce jour, preuve de son effectivité. Cette phase pilote devrait être progressivement étendue à l’ensemble des opérations du secteur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-levier-de-souverainete-economique"><strong>Un levier de souveraineté économique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités de la Transition, cette réforme s’inscrit dans une vision plus large : faire du secteur minier un moteur de développement au service des populations. En renforçant la transparence, en accélérant les procédures et en assurant un meilleur contrôle des ressources, le Mali entend maximiser les retombées économiques de l’exploitation minière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présentation de ce cadastre numérique marque ainsi l’entrée du Mali dans une nouvelle ère de gouvernance extractive, fondée sur la souveraineté, la modernisation et la valorisation nationale des ressources naturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>26 mars : l’héritage des martyrs à l’heure des réformes</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 21:25:17 +0000</pubDate>
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<p>Trente-cinq ans après, le Mali se souvient des martyrs et continue de construire un État démocratique et juste.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Trente-cinq ans après la chute de Moussa Traoré, le Mali commémore les martyrs du changement de trajectoire du Mali, dans une période de refondation profonde de l’État. 35&nbsp;ans après la marche historique du peuple malien, le pays se trouve en plein chantier afin d’honorer la mémoire des martyrs de mars 1991.&nbsp;</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit plus de se souvenir. Le 26&nbsp;mars 1991 n’est pas qu’un moment d’histoire. C’est une promesse. Celle d’un État juste, d’une démocratie réelle, d’une rupture avec les logiques de prédation et de dépendance.&nbsp;Trente-cinq ans après ces événements, la démocratie malienne poursuit son chemin. L’idéal porté par les révolutionnaires de 1991 visait l’émergence d’un Mali nouveau. Un État libéré de la corruption, du favoritisme, du clientélisme et des restrictions des libertés. En d’autres termes, le passage d’une « <em>société close</em> » à une « <em>société ouverte</em> », comme le résumait si bien le slogan populaire&nbsp;: « <em>An tɛ kɔrɔlen fɛ fo kura </em>» — nous ne voulons plus de l’ordre ancien, nous voulons du renouveau — entendu par la renaissance du Mali&nbsp;: le&nbsp;<em>Mali Kura</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-anrs-et-la-nouvelle-constitution-nbsp"><strong>Les ANRs et la nouvelle Constitution&nbsp;</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce vide et cette recommandation populaire que la Transition actuelle entend combler. Non pas en répétant les symboles, mais en réinvestissant le réel. Depuis 2021, une série de réformes structurantes dessine en lettre d’or cette ambition des autorités maliennes de la Transition à la refondation. L’une des premières tâches fut de réunir le peuple malien autour d’une table de discussion à travers les Assises nationales de la Refondation, en 2021 — qui ont porté un diagnostic sans complaisance sur les maux du pays et proposé des solutions idoines pour la résolution des nombreuses crises qui assaillent la nation— secteur par secteur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’issue des ANRs, une nouvelle Constitution a été adoptée et promulguée le 22&nbsp;juillet 2023. Le Mali redéfinit ainsi ses partenariats internationaux, affirme une souveraineté politique assumée et réorganise l’appareil d’État. Les conclusions des Assises nationales de la refondation se sont prolongées dans la Vision Mali&nbsp;2063, qui ambitionnent de donner une colonne vertébrale stratégique au pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan de l’architecture institutionnelle, il convient de rappeler surtout la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) en vue de restaurer la crédibilité des scrutins, longtemps contestée et objet de déstabilisation politique, en témoigne les nombreuses crises post-électorales connues par le Mali. Dans le même esprit, les propositions de réforme du système politique — encadrement du nomadisme partisan, durcissement des conditions d’accès à la magistrature suprême, remise en cause du statut de chef de file de l’opposition — traduisent une volonté de moralisation et de rationalisation du jeu politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais aucune refondation ne tient sans sécurité. Il s’agit surtout de restaurer l’intégrité territoriale et rétablir l’autorité de l’État. La montée en puissance des Forces armées maliennes, désormais mieux équipées et structurées, s’inscrit dans une doctrine assumée de fermeté. En plus de l’équipement, il convient de mentionner aussi le rehaussement du moral des troupes à travers notamment la considération accordée aux familles des militaires et paramilitaires tombés pour la nation reconnaissante — prise en charge de leurs enfants dans le cadre des pupilles de la nation, la construction en cours d’un mémoriel militaire en leur mémoire, la rédaction en cours de l’histoire militaire, la remise de chèques géants à leur famille, etc.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la même veine, il convient de souligne le projet de construction de la maison des pupilles, dans la zone aéroportuaire. La pose de la première de cette infrastructure a eu lieu en février 2024.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le prolongement régional, la création de l’Alliance des États du Sahel — réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger —&nbsp;consacre une approche collective de la sécurité, centrée sur le bassin stratégique du Liptako-Gourma. L’ambition est non seulement de sécuriser les territoires, mais aussi de valoriser leurs ressources dans une logique de développement endogène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette reconquête passe aussi par le retour concret de l’État. C’est dans cette dynamique que les autorités maliennes se sont attelées à la réorganisation territoriale, à la création de nouvelles circonscriptions, à la réhabilitation des infrastructures administratives — notamment dans le Nord. L’objectif est de rapprocher l’administration des citoyens et de corriger les fractures héritées des crises successives.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-fin-de-l-extraversion-des-richesses-naturelles"><strong>La fin de l’extraversion des richesses naturelles</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c’est sans doute sur le terrain économique que la rupture est la plus lisible — et la plus attendue. Longtemps, le Mali a été un paradoxe&nbsp;: un géant aurifère, mais un État pauvre. L’or sortait, la richesse s’évaporait. Les zones minières, elles, restaient enclavées, marginalisées, oubliées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme du Code minier de 2023 marque à cet égard un tournant majeur. Elle ne se contente pas d’ajuster des règles. Elle redéfinit la philosophie même de l’exploitation des ressources. Désormais, l’objectif est de faire du secteur minier un levier de développement national et non plus un simple moteur d’extraction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nouvelle gouvernance repose sur plusieurs piliers. D’abord, une meilleure redistribution des revenus, avec la création de fonds dédiés, dont le Fonds minier de développement local, alimenté notamment par une contribution de 0,75&nbsp;% du chiffre d’affaires des sociétés minières. Ce mécanisme vise à réinjecter directement les richesses dans les territoires concernés — infrastructures, santé, éducation, accès à l’eau et à l’énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, la mise en place d’une politique de contenu local, qui impose une intégration accrue des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur. Emploi, sous-traitance, transfert de compétences. Il ne s’agit plus seulement d’exploiter, mais de construire une économie autour de la ressource.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, une exigence renforcée de transparence et de redevabilité, avec des mécanismes de suivi à plusieurs niveaux — communal, régional et national — pour garantir que les fonds bénéficient réellement aux populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette même dynamique, le développement du bassin du Liptako-Gourma est pensé comme un chantier stratégique, combinant sécurité, exploitation des ressources et amélioration des conditions de vie. À cela s’ajoutent des politiques sociales ciblées&nbsp;: programmes d’emploi des jeunes, soutien aux micro-entreprises rurales, promotion d’activités génératrices de revenus dans plusieurs régions. Le « <em>Projet présidentiel d’urgence hospitalière</em> », avec la construction et l’équipement d’infrastructures sanitaires modernes, illustre également cette volonté de traduire la refondation dans le quotidien des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan sanitaire, il faut noter aussi la construction en cours depuis 2022, du 4<sup>e</sup>&nbsp;Hôpital de référence, à Banancoro, à quelques kilomètres de Bamako, en vue de réduire&nbsp;l’évacuation sanitaire vers l’étranger de 95&nbsp;%</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-relance-d-unites-industrielles-nbsp"><strong>La relance d’unités industrielles&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réorientation n’est pas anodine. Elle répond à une exigence centrale du 26&nbsp;mars&nbsp;: mettre fin à la confiscation des richesses par une minorité et faire de l’État un instrument au service du plus grand nombre. En ce sens, la réforme minière est l’une des traductions les plus concrètes de l’idéal de 1991.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la refondation ne se joue pas uniquement dans le secteur minier. Elle s’étend à d’autres secteurs économiques comme la relance industrielle avec la remise en activité d’unités comme la COMATEX ou l’UMPP, le projet de construction d’une école des mines, l’investissement dans l’éducation — avec la régionalisation des universités et des projets innovants comme une école d’intelligence artificielle et de robotique —, ou encore la signature du pacte de stabilité sociale et de croissance pour encadrer les relations avec les partenaires sociaux. Soulignons aussi la relance du chemin de fer bien que ce secteur observe toujours quelques difficultés de redécollage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie ne se résume ni à des élections ni à des symboles. Elle suppose un État capable, souverain et légitime. C’est précisément cette équation que la Transition entend de résoudre, dans un contexte régional et international particulièrement contraint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 26&nbsp;mars 2026 est donc plus qu’une commémoration. C’est un moment de clarification. Entre mémoire et action, entre héritage et refondation, le Mali est à la croisée des chemins. Les martyrs de 1991 n’ont pas seulement ouvert une page de l’histoire ; ils ont posé une exigence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noumoukai</strong></p>
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		<title>Mali : le gouvernement autorise l’extension du permis aurifère de Roscan Gold à Kéniéba</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 08:24:04 +0000</pubDate>
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<p>Le gouvernement malien a approuvé l'extension du permis aurifère de Roscan Gold, ouvrant de nouvelles perspectives d'exploration.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le gouvernement malien poursuit l’ajustement de sa politique minière dans un contexte de valorisation accrue des ressources naturelles. Le gouvernement vient adopté, le 18 mars dernier,&nbsp; un décret autorisant l’extension du permis de recherche d’or attribué à la société Roscan Gold Mali SARL dans la zone de Kandiolé-Nord, cercle de Kéniéba.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une superficie initiale de 28 km², le permis de recherche de Roscan Gold Mali avait été renouvelé une dernière fois en 2025. Les travaux de prospection menés par l’entreprise ont permis de mettre en évidence plusieurs anomalies géologiques jugées prometteuses, suggérant la présence de structures aurifères au-delà du périmètre initial.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-kenieba-un-pole-strategique-de-l-or-malien"><strong>Kéniéba, un pôle stratégique de l’or malien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces résultats ont conduit la société à solliciter l’extension de son permis vers une zone contiguë, jusque-là libre de tout titre minier. Le gouvernement a ainsi donné son feu vert pour l’intégration de 35,4 km² supplémentaires, portant la superficie totale du permis à 63,4 km².</p>



<p class="wp-block-paragraph">Située dans l’ouest du pays, la région de Kéniéba est l’un des principaux bassins aurifères du Mali, concentrant de nombreux projets d’exploration et d’exploitation. Lors de la redistribution entre les communes du Mali du Fonds minier de développement local (FMDL), le 12 mars 2026 — qui s’élevait à plus de 18 milliards de FCFA — au palais de Koulouba, la commune de Kéniéba seule s’est retrouvé avec plus de trois milliards de FCFA, destinés à la mise en oeuvre de projets structurants dans la commune.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’extension du permis de Roscan Gold s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’attractivité minière de cette zone stratégique. À travers cette décision, les autorités entendent encourager la poursuite des activités de recherche, considérées comme essentielles pour renouveler les réserves et maintenir la contribution du secteur aurifère à l’économie nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-attractivite-et-souverainete-miniere"><strong>Entre attractivité et souveraineté minière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mesure intervient alors que le Mali cherche à concilier deux impératifs : attirer les investissements étrangers dans le secteur extractif tout en renforçant le contrôle de l’État sur ses ressources. L’extension accordée à Roscan Gold Mali s’inscrit dans le cadre des dispositions du Code minier de 2023, qui encadre strictement les conditions d’attribution et de modification des permis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte marqué par la réforme du secteur minier et la volonté affichée des autorités de mieux capter les retombées économiques, ce type de décision illustre une approche pragmatique visant à soutenir l’exploration tout en consolidant la gouvernance du secteur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-etape-dans-la-strategie-miniere-du-mali"><strong>Une étape dans la stratégie minière du Mali</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si cette extension ne préjuge pas encore d’une exploitation à grande échelle, elle constitue une étape clé dans le développement potentiel du site. Les prochains travaux permettront de confirmer l’ampleur des ressources identifiées et d’évaluer leur viabilité économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À terme, le gouvernement malien espère que ces initiatives contribueront à renforcer la place du pays parmi les principaux producteurs d’or du continent, tout en assurant une meilleure redistribution des richesses issues du sous-sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rappel, le Code minier de 2023 prévoit cinq Fonds : le Fonds minier de développement local ; le Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés. A ces fonds s’ajoutent le Fonds de financement de la promotion du secteur minier ; le Fonds de financement de la recherche géologique, du renforcement de capacité et de la formation. Enfin, il est également crée un Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport. L’objectif est de faire briller l’or pour les Maliens après des décennies d’extraversion des richesses aurifères.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
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		<title>Le Mali va créer un Office des substances précieuses pour encadrer l’orpaillage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 18:59:36 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali met en place l'Office des substances précieuses pour une gestion transparente de l'or et une stratégie de souveraineté économique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali poursuit sa stratégie de reprise en main de ses ressources naturelles. Réuni le 18 mars 2026 à Koulouba, le Conseil des ministres a adopté la création de l’Office malien des substances précieuses, un nouvel outil destiné à encadrer la commercialisation de l’or artisanal et à renforcer la souveraineté économique de l’État.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement malien franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté économique. Réuni le 18 mars 2026 au Palais de Koulouba, le Conseil des ministres, présidé par le général Assimi Goïta, a adopté des projets de texte portant création de l’Office malien des substances précieuses. Une réforme qui vise à mieux encadrer la commercialisation de l’or, notamment issu de l’orpaillage et des petites mines, dans un secteur clé mais encore largement opaque.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-secteur-strategique-mais-difficile-a-controler"><strong>Un secteur stratégique mais difficile à contrôler</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, l’or demeure le pilier de l’économie nationale. En 2022, la production a atteint 72,227 tonnes, dont environ 6 tonnes issues de l’orpaillage, générant près de 763 milliards de francs CFA pour le budget national. Le sous-secteur aurifère représente à lui seul 9,2 % du produit intérieur brut.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière ces performances se cachent d’importantes failles. Les autorités pointent des écarts significatifs entre les volumes officiellement déclarés et les quantités exportées vers les pays de destination, signe d’une fuite persistante des ressources hors des circuits formels. L’or artisanal, en particulier, échappe encore largement au contrôle de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte que s’inscrit la création de l’Office malien des substances précieuses. Placé au cœur de la réforme du secteur minier, cet organisme aura pour mission principale d’assurer la centralisation, la régulation et la sécurisation de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-souverainete-economique-renforcee"><strong>Vers une souveraineté économique renforcée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative s’appuie sur les dispositions de la loi n°2023-040 portant Code minier et de la loi n°2023-041 relative au contenu local, adoptées en août 2023. L’objectif est de doter l’État d’un instrument opérationnel capable de mieux maîtriser la chaîne de valeur et de capter une part plus importante des revenus générés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la régulation, la réforme traduit une ambition politique plus large. Celle de renforcer la souveraineté économique du Mali sur ses ressources naturelles. En centralisant les flux commerciaux, les autorités entendent limiter les circuits informels, améliorer la traçabilité de l’or et accroître les recettes fiscales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte régional marqué par la montée des revendications souverainistes autour des ressources extractives, cette décision s’inscrit dans une dynamique plus globale de reprise en main des secteurs stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’or noir… et les trous budgétaires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2026 17:10:47 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment la transparence fiscale pourrait transformer les ressources naturelles en recettes publiques durables.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Malgré l’abondance de pétrole, de gaz et de minerais, de nombreux pays riches en ressources naturelles peinent encore à transformer cette richesse en recettes publiques durables. Un rapport international alerte sur les milliards de dollars perdus faute de transparence fiscale et appelle à une refonte urgente des systèmes de gouvernance extractive.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un rapport international publié en février met en lumière un paradoxe persistant : les pays riches en ressources naturelles peinent encore à transformer cette manne en recettes publiques efficaces. En cause, des failles de gouvernance, un manque de transparence et des systèmes fiscaux fragiles. Mais l’étude montre aussi qu’une meilleure exploitation des données pourrait permettre de récupérer des milliards de dollars aujourd’hui perdus.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-milliards-qui-echappent-aux-caisses-publiques"><strong>Des milliards qui échappent aux caisses publiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude intitulée <em>From resources to revenues</em>, commandée par l’Extractive Industries Transparency Initiative, intervient à un moment charnière pour de nombreux États producteurs de pétrole, de gaz ou de minerais. Entre la baisse de l’aide internationale, l’alourdissement des dettes et la volatilité des marchés des matières premières, ces pays sont poussés à mobiliser davantage leurs ressources internes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les auteurs, la mobilisation des revenus extractifs n’est plus une option mais une urgence budgétaire. Dans plusieurs économies dépendantes des ressources, ces recettes constituent l’un des rares leviers disponibles pour financer les infrastructures, l’éducation ou les systèmes de santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne qu’en croisant données de production, contrats, paiements et coûts d’exploitation, les mécanismes de transparence ont permis d’identifier « <em>des milliards de dollars de recettes perdues ou à risque </em>». Ces pertes peuvent provenir de sous-évaluations fiscales, d’accords contractuels déséquilibrés ou encore de flux financiers illicites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les experts associés à l’étude — dont des partenaires issus du <em>Natural Resource Governance Institute</em> et du <em>Tax Justice Network</em> — insistent sur le fait que les outils d’analyse financière et de modélisation permettent désormais aux gouvernements de négocier plus efficacement avec les compagnies extractives.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-tournant-pour-les-pays-riches-en-ressources"><strong>Un tournant pour les pays riches en ressources</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des constats centraux du rapport est que plus les données sont publiques et détaillées, plus les États peuvent vérifier si les montants versés correspondent réellement à ce qui devrait être payé. Cette transparence renforce non seulement les recettes, mais aussi la confiance des citoyens dans les finances publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude met également en garde contre les risques liés à la transition énergétique mondiale. Les pays dépendants des combustibles fossiles pourraient voir leurs revenus diminuer avec la baisse de la demande, tandis que ceux riches en minerais stratégiques pourraient bénéficier d’opportunités inédites — à condition d’adopter des régimes fiscaux solides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport décrit le moment actuel comme un « <em>carrefour fiscal </em>» pour les États extractifs. D’un côté, la conjoncture internationale fragilise leurs finances. De l’autre, les progrès technologiques et les normes de transparence offrent des outils inédits pour optimiser la collecte des revenus.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-bataille-des-recettes-publiques"><strong>La bataille des recettes publiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les recommandations figurent l’intégration des données extractives dans les systèmes fiscaux nationaux, l’utilisation de rapports basés sur l’analyse des risques, et le renforcement des collaborations entre gouvernements, entreprises et société civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la technicité, l’enjeu est profondément politique. Pour les auteurs, la question n’est plus seulement de savoir combien de ressources un pays possède, mais combien il parvient réellement à transformer en recettes pour sa population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de tensions budgétaires mondiales, la gestion des revenus issus du sous-sol apparaît ainsi comme l’un des champs de bataille décisifs du développement. Et le rapport indique que les richesses naturelles ne deviennent un moteur de croissance que si elles sont accompagnées d’institutions solides, de règles fiscales robustes et d’une transparence sans faille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Aux frontières sahéliennes, la paix se construit autour des puits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 15:03:50 +0000</pubDate>
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<p>Investir dans l'eau : un programme régional pour la gestion des ressources hydriques dans les zones frontalières de l'Afrique.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À la croisée des enjeux climatiques, sécuritaires et sociaux, un nouveau programme régional mise sur la gestion partagée des ressources hydriques pour prévenir les tensions et stabiliser les zones frontalières.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Kayes, dans l’ouest du Mali, autorités administratives, chefs coutumiers et partenaires internationaux se sont réunis le 16 février pour territorialiser un ambitieux projet transfrontalier associant la Mauritanie et le Sénégal. Lancée officiellement le 19 janvier à Nouakchott, l’initiative entend faire de l’eau un instrument de coopération régionale, de résilience climatique et de consolidation de la paix dans des zones frontalières fragilisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Porté par les gouvernements des trois États avec l’appui du système onusien, le programme est mis en œuvre par l’UNICEF et l’Organisation internationale pour les migrations, avec un financement de 7 millions de dollars du Fonds pour la consolidation de la paix. Sur cette enveloppe, 2,5 millions de dollars sont destinés au Mali. La durée d’exécution prévue est de vingt-quatre mois.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-eau-climat-et-securite-un-triptyque-strategique"><strong>Eau, climat et sécurité : un triptyque stratégique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet cible des régions particulièrement exposées à la raréfaction des ressources hydriques et aux effets du changement climatique : Guidimakha, Gorgol, Assaba et Hodh El Gharbi côté mauritanien ; Kayes et Nioro au Mali ; Tambacounda, Matam et Kédougou au Sénégal. Au total, plus de 151 000 bénéficiaires directs sont visés, dont des femmes, des jeunes, des enfants et des populations transhumantes, tandis que plus de 535 000 personnes devraient profiter indirectement des retombées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les actions prévues combinent infrastructures hydrauliques résilientes, mécanismes communautaires de prévention des conflits liés à l’accès à l’eau et systèmes d’alerte précoce pour anticiper les chocs climatiques. « <em>La gestion durable et concertée des ressources en eau dans un contexte de changement climatique n’est plus une option, c’est une nécessité impérieuse</em> », a insisté Moussa Bilane lors du lancement régional.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-prevenir-les-tensions-aux-marges-des-etats"><strong>Prévenir les tensions aux marges des États</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces espaces frontaliers sahéliens, la pression démographique et la variabilité climatique accentuent la compétition pour les ressources naturelles, alimentant parfois des frictions entre communautés sédentaires et mobiles. Les promoteurs du programme misent sur l’eau comme point d’entrée pour instaurer des cadres de dialogue inclusifs, renforcer la gouvernance partagée et consolider la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fruit d’un processus de consultations locales dans les trois pays, le projet prévoit d’ailleurs de nouvelles concertations communautaires afin d’ajuster les priorités aux réalités du terrain. L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal sera associée afin d’assurer la cohérence avec les dispositifs régionaux existants et de garantir la durabilité des résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En misant sur une ressource aussi vitale que disputée, les partenaires espèrent démontrer qu’au Sahel, la coopération hydrique peut devenir un outil concret de stabilité régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
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