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	<title>Archives des résilience rurale &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des résilience rurale &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Région de Kayes : Un ambitieux projet de développement sectoriel lancé.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 08:59:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La valorisation du secteur de l’élevage à Kayes fait avancer l’économie locale avec des initiatives importantes et un soutien gouvernemental.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La fin du mois de juillet 2025 a été une période de bonnes nouvelles pour la région de Kayes. Quelques jours après l’annonce de B2Gold de créer 2000&nbsp;emplois à travers son nouveau gisement « Fékola régional », celle du gouvernement relative à l’acquisition du financement de la réhabilitation du tronçon routier Diema-Sandaré et, le lancement officiel par le ministère chargé de l’emploi d’un programme de formation de 500&nbsp;jeunes en</em></strong>&nbsp;<strong><em>entrepreneuriat, les autorités nationales viennent de lancer un ambitieux projet de valorisation du secteur de l’élevage dans la région.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités nationales sont à pied d’œuvre pour le développement global du pays. Pour ce faire, elles font non seulement des actions d’envergure nationale, mais aussi de portée régionale. Les actions au niveau des régions sont fonction de la spécificité socio-économique de chaque région administrative. Chacune des dix-neuf régions administratives a des spécificités naturelles qui définissent les principales activités socio-économiques pratiquées par les populations locales. Par exemple, Sikasso est reconnue par ses activités agricoles, Mopti par les activités piscicoles, etc.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la première région, Kayes, elle est réputée être une zone minière par excellence, une zone par laquelle 70&nbsp;% des importations du pays s’effectuent. Elle est aussi une grande zone d’élevage du Sahel occidental. Pour booster ce secteur, le gouvernement a lancé une importante initiative intitulée «<strong> </strong><em>Projet d’appui à la chaîne de valeurs bétail/viande dans la région de Kayes ».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ameliorer-durablement-la-chaine-de-valeurs-betail-viande"><strong>Améliorer durablement la chaîne de valeurs bétail/viande</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tel est l’objectif principal du projet dont le lancement a eu lieu le jeudi&nbsp;31&nbsp;juillet 2025 à Kayes sous la présidence du ministre de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba. C’était en présence du gouverneur de la région de Kayes, Général de brigade Moussa Soumaré, du Chef de Bureau de la FAO (Food and Agriculture Organisation : Organisation des Nations unies pour l’agriculture) au Mali, Abdoul Karim Bah, du représentant de l’Agence Espagnole de Coopération pour le Développement (AECID), Antonio Monje Vargas, et de plusieurs acteurs intervenant dans le domaine de la filière bétail-viande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet vise à accompagner les éleveurs, bouchers, commerçants, transporteurs et transformateurs afin de renforcer la compétitivité, la résilience et la durabilité de la filière bétail/viande pour l’économie malienne. Autrement dit, il prévoit de renforcer la performance globale de la chaîne de valeurs bétail/viande, à travers l’amélioration de la productivité et de la santé animale ; le développement des infrastructures de transformation et de commercialisation;&nbsp;&nbsp;la professionnalisation des acteurs ; la promotion de partenariats inclusifs public-privé ; le soutien à l’emploi des jeunes et des femmes dans les filières animales en mettant un accent particulier sur l’entrepreneuriat rural ; et la préservation des ressources naturelles par la promotion des pratiques durables et résilientes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-kayes-une-zone-propice-pour-un-tel-projet-nbsp"><strong>Kayes, une zone propice pour un tel projet&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur de l’élevage représente plus de 15&nbsp;% du PIB (Produit Intérieur Brut) en ce sens qu’il est le troisième contributeur aux recettes d’exportation après l’or et le coton. Pour son cheptel estimé de 79 487 163&nbsp;têtes, le Mali est classé premier de la zone UEMOA (Union Monétaire ouest-africaine) et deuxième de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La région de Kayes, bénéficiaire du présent projet, dispose de vastes zones pastorales.&nbsp;&nbsp;Son cheptel important est estimé à 1 926 264&nbsp;bovins, 1 354 506&nbsp;ovins, 1 848 662&nbsp;caprins, 50 337&nbsp;équins, 105 580&nbsp;asins et 27 907&nbsp;camelins. Sa position géographique stratégique, offre un potentiel considérable pour le développement de la filière bétail/viande, aussi bien pour la consommation nationale que pour l’exportation vers les pays de la sous-région.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalisation du projet sera facilitée par l’existence d’un abattoir moderne composé de deux chaînes de production (une chaîne dédiée aux bovins avec une capacité de 100 bovins par cycle de 8&nbsp;heures et une chaîne des ovins et caprins avec une capacité de 300&nbsp;ovins par cycle de 8&nbsp;heures). L’abattoir produit plus de 80&nbsp;tonnes de viande par mois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut noter que le «<strong> </strong><em>Projet d’appui à la chaîne de valeurs bétail/viande dans la région de Kayes </em>»<strong>&nbsp;</strong>est financé par le Royaume d’Espagne et mis en œuvre par la FAO pour un coût global de 393 000 000&nbsp;FCFA.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Enquête — Sécheresse 2024-2025 : dans les campagnes maliennes, la revanche des terroirs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 09:34:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Face à la sécheresse au Mali 2024-2025, les communautés rurales adaptent leurs pratiques. Découvrez cette résilience salutaire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le ciel se ferme, que les nuages désertent les savanes, les campagnes maliennes, elles, s’organisent. Dans un pays faisant face à de longues périodes de sécheresse, l’espoir renaît des sillons. Moisson d’adaptation dans un Sahel en surchauffe.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est des silences plus éloquents que les cris. Celui qui plane, asséché, sur les terres de Koula ou de Ménaka n’est pas celui d’un abandon, mais d’une métamorphose. La sécheresse, qui ravage le Mali rural en cette année 2024-2025, aurait pu signifier la fin. Elle devient le commencement d’autre chose. D’une nouvelle grammaire agraire, où l’on conjugue résilience, innovation et transmission.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-thermometre-s-affole-mais-la-terre-pense"><strong>Le thermomètre s’affole, mais la terre pense.</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs mois, les chiffres font frémir&nbsp;: +1,5&nbsp;°C au-dessus des moyennes globales, des précipitations en chute libre, des événements extrêmes de plus en plus fréquents. Le nord-est du pays, de Ménaka à Gao, revit les cauchemars de 1984, mais cette fois, les villages ne se contentent pas de survivre. Ils inventent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Koula, dans la région de Ségou, <a href="https://www.iaea.org/fr/newscenter/news/mali-des-agriculteurs-sadaptent-au-changement-climatique-et-ameliorent-lutilisation-de-leau-le-rendement-des-cultures-et-leurs-moyens-dexistence-grace-a-des-techniques-nucleaires" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’agriculture</a> n’a plus rien de rudimentaire. Elle écoute la météo, elle scrute les sols, elle lit les données. Les <a href="https://www.revue-rasp.org/index.php/rasp/article/view/438" target="_blank" rel="noreferrer noopener">paysans sèment</a> désormais des semences calibrées pour résister à l’aridité. Ils compostent, planifient, récupèrent. Surtout, ils irriguent… mais avec parcimonie. Grâce à un projet combinant techniques agricoles et savoirs nucléaires, 500 petits exploitants, en majorité des femmes, ont vu leurs rendements croître de 37 %, tout en réduisant de 43 % leur consommation d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le miracle a un nom&nbsp;: la science alliée à l’expérience. Et un symbole&nbsp;: le retour de la tomate. Culture abandonnée faute d’eau, elle renaît dans les champs transformés en serres. Elle est l’image de la reconquête.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-nomades-en-sursis"><strong>Les nomades en sursis</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’histoire n’est pas uniforme. Au nord, dans <a href="https://www.vivafrik.com/2018/07/14/la-secheresse-au-mali-pousse-les-eleveurs-a-la-transhumance-vers-le-niger-a18309.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’épure désolée de Ménaka</a>, les éleveurs, eux, sont à l’os. Là où paissaient des milliers de têtes, seule une centaine de dromadaires et de moutons attendent sous un soleil vertical. Le bétail ne vaut plus rien : -30 % en moyenne, jusqu’à -50 % en période de soudure. Certains fuient. Vers le Niger, vers une herbe plus verte qui tarde à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://reliefweb.int/report/mali/mali-le-pastoralisme-un-mode-de-vie-ancestral-en-danger-0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pastoralisme sahélien</a>, pilier économique et culturel, vacille. « <em>Nos troupeaux meurent, et avec eux notre mode de vie </em>», souffle Arrab, berger peul du Liptako-Gourma. Un mode de vie ancestral, rongé par la sécheresse autant que par l’indifférence.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-etat-enfin-stratege"><strong>L’État, enfin stratège</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2021, l’État malien tente une riposte systémique avec son <a href="https://www.unccd.int/sites/default/files/country_profile_documents/PLAN%20SECHERESSE%20DU%20MALI%20VERSION%20FINALE.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Plan national sécheresse</a>. Objectif : anticiper, prévenir, répondre. Au cœur de ce plan, une conviction : seule une approche intégrée, mêlant météorologie, législation, genre et équité peut tenir tête à la nature déréglée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réseau de « <em>paysans-relais</em> », équipé de radios et de thermomètres, transmet les données du terrain à la cellule météorologique nationale. Douze heures plus tard, les bulletins reviennent, convertis en consignes concrètes. C’est le nerf du dispositif&nbsp;: réconcilier l’État et le paysan par la circulation de l’information.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, les ONG creusent. Littéralement. <a href="https://www.associationforagessahel.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’association Forages Sahel</a>, présente depuis 1983, a déjà équipé 160 000 villageois en accès à l’eau, grâce à 400 infrastructures hydrauliques, moins que le nombre de forages installés par le président de la transition, le général Assimi Goïta, entre 2021 et 2025. Au total, plus de 400 forages dans le cadre de ses œuvres sociales.  Ce n’est pas une goutte d’eau dans l’océan : c’est une révolution douce qui redessine le quotidien des villages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et à Koula, l’aide matérielle continue de faire la soudure. Sans elle, nombre de paysans auraient déserté leurs terres pour les villes.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-science-savoir-et-semences"><strong>Science, savoir et semences</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La clé, c’est l’hybridation&nbsp;: entre savoirs traditionnels et sciences de pointe. À Koula, on utilise la mémoire des anciens pour lire les nuages, mais aussi les isotopes pour mesurer l’évapotranspiration. C’est cette double lecture du monde — ancestrale et moderne — qui sauve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et mieux encore&nbsp;: les paysans formés deviennent à leur tour des formateurs. Ils transmettent, adaptent, améliorent. L’innovation devient contagieuse. Le progrès, viral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, habitué à être cité comme terrain de crise, devient peut-être, paradoxalement, une matrice d’innovation. Un laboratoire sahélien. Bien sûr, les défis restent colossaux. L’élevage agonise dans certaines zones. Les migrations climatiques se multiplient. Les ressources de l’État sont limitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dans le chaos climatique, il y a cette lumière obstinée&nbsp;: celle d’un pays qui refuse de céder. Le futur n’est pas à Bamako. Il est dans les champs silencieux de Koula. Dans les puits profonds de Ménaka. Dans la main calleuse du paysan qui, face au ciel muet, continue de semer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crises alimentaires : l’humanité dans le rouge</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 May 2025 09:33:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Explorez les enjeux des crises alimentaires mondiales et de l'insécurité nutritionnelle aiguë qui touchent 295 millions de personnes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que la faim aiguë progresse pour la sixième année consécutive, touchant plus de 295 millions de personnes dans 53 pays, le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2024 sonne l’alarme d’une tragédie silencieuse devenue structurelle. Entre guerres, effondrements économiques, climat détraqué et financements humanitaires en chute libre, la faim n’est plus une urgence, mais un état permanent pour des millions de vies. En Afrique comme ailleurs, l’échec n’est plus seulement politique ou logistique : il est moral, et appelle une refondation audacieuse des réponses internationales.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois encore, la réalité dépasse l&rsquo;entendement. Et une fois encore, la faim se moque des promesses, des déclarations de principes et des discours sur la sécurité alimentaire mondiale. Le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2024, publié conjointement par les Nations unies, la FAO, le PAM, l’UNICEF, le HCR et d’autres partenaires du Réseau mondial contre les crises alimentaires, fait état d’une détérioration alarmante, pour la sixième année consécutive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, 295,3 millions de personnes dans 53 pays et territoires ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une hausse de 13,7 millions par rapport à 2023. C’est une aggravation massive, traduisant non seulement une série de chocs prolongés (conflits, effondrements économiques, déplacements massifs, climat), mais surtout, la faillite progressive du système international de réponse humanitaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-foyers-d-urgence-absolue"><strong>Des foyers d’urgence absolue</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> Le nombre de personnes souffrant d’une faim catastrophique a plus que doublé </em>», souligne le rapport. En effet, 1,9 million de personnes se trouvent aujourd’hui dans la Phase 5 du Cadre intégré de classification (IPC/CH), la plus extrême, synonyme de famine imminente, de mortalité massive, d’effondrement des moyens de subsistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bande de Gaza, le Soudan, Haïti et le Sud-Soudan apparaissent parmi les épicentres de cette tragédie contemporaine. «<em> Dans ces zones, les niveaux de faim ont atteint des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë</em> », avertit le rapport. Au Soudan, plus de 25 millions de personnes sont affectées, dont 1,1 million en phase 5. À Gaza, 100 % de la population est aujourd’hui classée en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Une première dans l’histoire du GRFC.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-conflits-effondrements-economiques-climat-un-triptyque-fatal"><strong>Conflits, effondrements économiques, climat : un triptyque fatal</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les conflits restent la première cause de la faim. Ils touchent 140 millions de personnes dans 20 pays, de la République démocratique du Congo au Myanmar. Les chocs économiques, eux, ont affamé 59,4 millions de personnes dans 15 pays, presque le double d’avant la pandémie. Et cela, malgré une légère accalmie inflationniste depuis 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le climat, enfin, El Niño en tête, a déclenché des sécheresses et inondations dévastatrices dans 18 pays, affectant 96,4 millions de personnes. Le tout dans un monde où, selon António Guterres, «<em> la réduction spectaculaire des fonds humanitaires vitaux </em>» vient accentuer le désespoir.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-financement-humanitaire-au-plus-bas"><strong>Le financement humanitaire au plus bas</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> Ce rapport mondial est un nouveau témoignage sans complaisance d’un monde qui a dangereusement dévié de sa trajectoire </em>», déclare le Secrétaire général de l’ONU. Il parle d’une «<em> défaillance de l’humanité </em>», et avertit : «<em> Nous ne pouvons pas répondre à des estomacs vides avec des mains vides et des dos tournés. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est glaçant. La faim explose, les budgets fondent. Le GRFC 2024 signale «&nbsp;<em>la réduction la plus importante du financement humanitaire dans l’histoire du rapport</em>&nbsp;». Cindy McCain, directrice exécutive du PAM, ne cache pas son inquiétude : «<em> Le PAM est confronté à de graves déficits budgétaires, qui l’ont contraint à opérer des coupes sombres dans ses programmes d’aide alimentaire. Des millions de personnes perdront la bouée de sauvetage essentielle que nous leur fournissons. </em>»</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-generation-sacrifiee"><strong>Une génération sacrifiée ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les statistiques, des enfants. Le rapport recense 38 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë, répartis dans 26 crises nutritionnelles majeures. Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, va droit au cœur : «<em> Dans un monde d’abondance, rien ne justifie que des enfants souffrent de la faim ou meurent de malnutrition. La faim ronge non seulement l’estomac d’un enfant, mais aussi sa dignité, son sentiment de sécurité et son avenir. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette spirale, les auteurs du rapport appellent à une «<em> réinitialisation audacieuse </em>». Il faut dépasser l’aide d’urgence et investir dans les systèmes alimentaires locaux, l’agriculture rurale, la nutrition communautaire et la résilience à long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, le résume ainsi : «<em> L’insécurité alimentaire aiguë n’est pas seulement une crise – c’est une réalité constante. Il est essentiel d’investir dans l’agriculture d’urgence, non seulement en tant que réponse, mais aussi en tant que solution la plus rentable.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alvaro Lario, président du FIDA, confirme que «<em> les réponses humanitaires doivent aller de pair avec des investissements dans le développement rural. Les petits exploitants sont au cœur de la sécurité alimentaire. </em>»</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-faim-comme-facteur-de-chaos"><strong>La faim comme facteur de chaos</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ne pas agir, c’est courir à la catastrophe géopolitique. «<em> La crise de la faim ne menace pas seulement des vies, elle mine la stabilité des sociétés </em>», alerte Axel van Trotsenburg de la Banque mondiale. Sans réponse, la faim devient moteur de révoltes, d’exils, de radicalisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les pays où 70 % de la population dépend de l’agriculture, la moindre disette devient un séisme social. Le GRFC 2024 ne plaide pas pour la charité, il plaide pour la stratégie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, la faim ne sera plus une surprise. Elle est annoncée, mesurée, cartographiée. Si elle se poursuit, ce sera par choix, ou par abandon. Et comme le martèle le rapport : «<em> Briser le cycle de la faim exige que l’on place les besoins et les voix des communautés touchées au cœur de chaque réponse. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, quelle réponse le monde donnera-t-il cette fois ? Car au XXIe siècle, ce n’est plus de pain qu’il manque : c’est de volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>15e session du CSA : le Mali fixe les priorités agricoles pour 2025 et annonce les nouveaux prix des intrants </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2025 16:30:00 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la souveraineté alimentaire au Mali et l'ambition d'un pays autosuffisant lors de la 15e session du Conseil supérieur de l’Agriculture.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Koulouba, le 6&nbsp;mai 2025, la 15e&nbsp;session du Conseil supérieur de l’Agriculture s’est tenue sous la haute présidence du général Assimi Goïta. Derrière les bilans de campagne et les chiffres budgétaires, c’est une véritable profession de foi souverainiste qui s’est exprimée, avec en toile de fond l’ambition d’un Mali autosuffisant, enraciné dans la terre et tourné vers l’horizon AES.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mardi&nbsp;6&nbsp;mai, le Palais présidentiel de Koulouba a repris des airs de plénière rurale. Pourtant, ici, pas de fourche ni de charrue, mais des rapports budgétaires, des projections de production, des feuilles de route techniques, et surtout un homme&nbsp;: le général d’armée Assimi Goïta. Entouré de son Premier ministre, de plusieurs membres du gouvernement, du président de l’APCAM, et des grands acteurs du monde agricole, le président conseil supérieur de l’agriculture a dirigé, d’une main ferme et d’un ton calme, la 15e&nbsp;session du Conseil supérieur de l’Agriculture (CSA). Une grand-messe où le verbe politique s’est mêlé au jargon technique, et où le monde rural, habituellement relégué aux rapports d’experts, s’est imposé comme le cœur battant du projet de souveraineté nationale.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-agriculture-comme-socle-d-une-independance-assumee"><strong>L’agriculture comme socle d’une indépendance assumée</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">D’emblée, Goïta a donné le ton&nbsp;: « <em>Le monde rural, pilier vital de l’économie nationale, doit redevenir le moteur de notre souveraineté.</em> » Le décor est planté. L’agriculture n’est plus un simple secteur économique, mais un enjeu stratégique, presque géopolitique, dans la vision AES (Alliance des États du Sahel) dont le Mali veut être l’épicentre. En témoignent les 10 % du budget national qui lui sont désormais consacrés, les subventions aux engrais et semences, les soutiens directs aux producteurs. Si l’autosuffisance alimentaire est aujourd’hui brandie comme un mantra, elle n’en est pas moins portée par une volonté politique ferme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bilan de la campagne agricole&nbsp;2024, dressé par le ministre de l’Agriculture, Daniel Siméon Keleman, a rappelé les difficultés&nbsp;: inondations, insécurité, pertes humaines et matérielles, cheptels décimés dans certaines régions. Mais aussi des motifs d’espoir&nbsp;: plus de 11&nbsp;millions de tonnes de céréales récoltées, près de 650 000&nbsp;tonnes de coton-graine, plus de 110 000&nbsp;tonnes de poisson. Des résultats jugés « <em>encourageants</em> » par le chef de l’État, au regard d’un contexte climatique et sécuritaire particulièrement hostile.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-agriculture-malienne-en-quete-d-emergence"><strong>Une agriculture malienne en quête d’émergence</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Sanoussy Bouya Sylla, président de l’APCAM, a livré un plaidoyer passionné. Il a salué les « <em>efforts constants du chef de l’État pour le monde rural </em>», tout en énumérant les obstacles structurels&nbsp;: faiblesse de la mécanisation, accès limité au financement, empiétement des acteurs miniers sur les terres agricoles, précarité de la pisciculture, pollution des eaux, retard dans la distribution des engrais et dans les paiements des campagnes écoulées. Des défis, mais aussi des pistes&nbsp;: mutualisation des équipements agricoles, fixation concertée des prix des denrées, recensement fiable des exploitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de la souveraineté alimentaire a été abordée sous un angle nouveau&nbsp;: non plus simplement produire, mais transformer, valoriser, exporter. Goïta a insisté sur la nécessité d’« <em>émerger de véritables entreprises agricoles tournées vers le marché </em>» et sur l’importance d’« <em>innover sans cesse tout en capitalisant sur nos savoir-faire traditionnels </em>». Une vision assumée, qui croise l’agenda&nbsp;2063 de l’Union africaine et la stratégie nationale de développement&nbsp;2024-2034.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-du-diagnostic-aux-engagements-concrets"><strong>Du diagnostic aux engagements concrets</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des discours, le CSA s’est aussi voulu un temps d’engagement chiffré. Les prix des intrants pour la campagne&nbsp;2025 ont été fixés&nbsp;: 14 000&nbsp;FCFA pour le sac de 50 kg d’engrais minéraux, 3 000&nbsp;FCFA pour les engrais organiques, 1 500&nbsp;FCFA le kg de semences de maïs hybride. Le coton-graine premier choix, quant à lui, sera acheté à 300&nbsp;FCFA/kg.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les couloirs de Koulouba, le mot « <em>confiance</em> » revenait souvent. Confiance en une volonté politique qui semble s’affirmer ; confiance conditionnée à la résolution des problèmes récurrents du monde rural ; confiance enfin dans une feuille de route qui se veut inclusive, en particulier envers les jeunes et les femmes, dont l’accès au foncier et au crédit reste à améliorer.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-koulouba-nouveau-front-du-combat-rural"><strong>Koulouba, nouveau front du combat rural</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La 15e&nbsp;session du CSA ne s’est pas contentée d’énumérer les objectifs, elle a redéfini le rôle politique de l’agriculture. À travers son discours, Assimi Goïta a tracé les contours d’un Mali rural réhabilité, d’un monde agricole au centre d’une souveraineté consolidée. À rebours des logiques d’importation à outrance et de dépendance aux aides extérieures, la Transition trace un chemin de résilience qui mêle volontarisme d’État, mobilisation des communautés rurales et foi en la terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme un retour aux fondamentaux. Comme une réponse silencieuse mais ferme à ceux qui, dans certaines capitales occidentales, doutent encore de la capacité des États sahéliens à se relever par eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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