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	<title>Archives des Réseaux criminels &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Bamako : La détresse des jeunes migrants, errants à la recherche de survie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 08:51:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La détresse des migrants à Bamako révèle un quotidien cruel et invisible. Plongez dans leur lutte pour la survie.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Dans les rues de Bamako, des jeunes hommes venus d’ailleurs errent sans but, hantés par la faim et la désillusion. Leur quotidien ? Rôder autour des mariages et autres cérémonies pour mendier de la nourriture, même lorsqu&rsquo;ils ne sont pas invités. Ces visages anonymes, souvent invisibles, révèlent une réalité déchirante qui ébranle la capitale malienne.</em></strong></p>



<p>Bamako, cœur économique du Mali, est devenue un refuge précaire pour des milliers de jeunes <a href="https://dtm.iom.int/sites/g/files/tmzbdl1461/files/reports/MALI%20-%20Rapport%20annuel%20sur%20la%20migration%202022%20finale%20.pdf">migrants</a> originaires de pays voisins tels que le Burkina Faso, le Niger, le Togo ou encore la Côte d&rsquo;Ivoire. Promis à des lendemains meilleurs, ces adolescents et jeunes adultes se retrouvent piégés dans une spirale de précarité et d&rsquo;exploitation. Une enquête menée sur le terrain révèle leur lutte quotidienne pour survivre et l&rsquo;impact grandissant de ce phénomène sur la société malienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-reves-brises-et-la-quete-desesperee-de-subsistance"><strong>Les rêves brisés et la quête désespérée de subsistance</strong></h2>



<p>Dans un squat improvisé à Djicoroni Para, quartier de la commune IV de Bamako, Alidou Kinda, 22 ans, originaire du Burkina Faso, raconte son histoire avec amertume&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;On m’a dit qu’à Bamako, il y avait des usines qui recrutaient des apprentis mécaniciens. Je suis parti avec mes économies, mais ici, personne ne veut me donner du travail. J’ai tout perdu ».</em>&nbsp;Comme lui, des dizaines d’autres jeunes dorment à même le sol dans des écoles ou des bâtiments abandonnés, survivant grâce à des petits boulots informels ou de la générosité des habitants.</p>



<p>Ce qui frappe particulièrement, c’est leur présence récurrente aux abords des mariages, baptêmes et autres événements sociaux.&nbsp;<em>« Ils traînent là, espérant récupérer quelques restes de nourriture après les festins »</em>, témoigne Aminata Koné, habitante de Kalaban-coro, quartier du sud-est du district de Bamako.&nbsp;<em>« Certains n’hésitent pas à s’approcher discrètement des tables dressées, même s’ils ne sont pas conviés&nbsp;».</em></p>



<p>Cette pratique, bien qu’humiliante, reflète l’étendue de leur détresse. Pour beaucoup, ces repas volés ou gracieusement donnés représentent leur unique source de subsistance.&nbsp;<em>« Ce n’est pas par choix, mais par nécessité »</em>, explique Abdoulaye Dillo, migrant nigérien âgé de 20 ans.&nbsp;<em>« Quand on a faim, on fait ce qu’il faut pour manger&nbsp;».</em></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-causes-profondes-et-dynamiques-migratoires"><strong>Causes profondes et dynamiques migratoires</strong></h2>



<p>La migration intra-sahélienne vers Bamako trouve ses racines dans une combinaison de facteurs structurels. Selon Dr. Fatoumata Traoré, professeur de sociologie au Lycée,&nbsp;<em>« la crise économique, les conflits armés et les effets dévastateurs du changement climatique poussent les jeunes à migrer&nbsp;».</em>&nbsp;Elle souligne également le rôle croissant des réseaux sociaux, où des&nbsp;<em>« recruteurs »</em>&nbsp;véreux promettent monts et merveilles contre des sommes modestes payées d’avance.</p>



<p>L’instabilité politique dans plusieurs pays voisins, notamment le Burkina Faso et le Niger, aggrave encore la situation. Beaucoup traversent la frontière vers le Mali en quête de sécurité temporaire, ignorant que leur parcours sera semé d’embûches.</p>



<p>Selon un&nbsp;<a href="https://publications.iom.int/fr/system/files/pdf/mali_profile_2009.pdf">document</a>&nbsp;de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la moitié des migrants venant à Bamako proviennent principalement du Burkina Faso (23 %), du Ghana (13%), de la Guinée (10 %), du Bénin (9 %) et du Niger (8 %).</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-consequences-urbaines-et-tensions-sociales"><strong>Conséquences urbaines et tensions sociales</strong></h2>



<p>L’afflux massif de jeunes migrants fragilise davantage une ville déjà confrontée à des défis socio-économiques majeurs. À Niamana, les habitants déplorent non seulement la prolifération des squats, mais aussi l’augmentation des petits délits.&nbsp;<em>« Avant, on pouvait laisser nos enfants jouer dehors sans crainte. Maintenant, on a peur qu’ils soient approchés par des gangs ou des dealers »,</em>&nbsp;témoigne Aminata Koné, mère de famille.</p>



<p>Les autorités locales, quant à elles, semblent dépassées.&nbsp;<em>« Nous manquons cruellement de moyens pour gérer cette situation. Les services sociaux sont saturés, et la police ne peut intervenir efficacement partout »,</em>reconnaît un responsable municipal sous couvert d’anonymat.</p>



<p>Mais au-delà des problèmes sécuritaires, ce sont les tensions sociales qui inquiètent le plus.&nbsp;<em>« Il y a un risque croissant de stigmatisation des migrants, surtout lorsque certains s’engagent dans des activités illégales »</em>, alerte Souleymane Kané, expert en migration et consultant auprès des ONG locales. Selon lui, cette stigmatisation pourrait exacerber les divisions communautaires si rien n’est fait rapidement.</p>



<p>«&nbsp;Nous faisons face à une crise multidimensionnelle. La ville compte déjà plus de trois millions d&rsquo;habitants, dont une proportion significative vit sous le seuil de pauvreté. L&rsquo;afflux continu de migrants aggrave la pression sur nos infrastructures déjà insuffisantes&nbsp;», confirme un responsable de la Mairie de Kalaban-coro.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reseaux-criminels-et-exploitation"><strong>Réseaux criminels et exploitation</strong></h2>



<p>Derrière ce phénomène se cachent souvent des réseaux organisés qui exploitent la vulnérabilité des jeunes. Des intermédiaires opèrent depuis les villages frontaliers, promettant des emplois fictifs ou des conditions idéales. Une fois à Bamako, les migrants réalisent qu’ils ont été trompés. Certains finissent par intégrer ces mêmes réseaux, perpétuant ainsi un cycle infernal d’exploitation.</p>



<p><em>« Ces organisations prospèrent grâce à la corruption et à l’absence de régulation stricte des flux migratoires »</em>, analyse Dr. Malick Diarra, chercheur en criminologie. Il plaide cependant pour une collaboration accrue entre les États membres de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) afin de traquer ces réseaux criminels.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-des-solutions-durables"><strong>Vers des solutions durables ?</strong></h2>



<p>Face à ce défi complexe, plusieurs pistes de réponse émergent.&nbsp;<em>« Il faut créer des centres d’accueil spécifiques où ces jeunes pourraient bénéficier d’un soutien psychologique et professionnel »,</em>&nbsp;propose Mariam Sangaré, coordinatrice d’une association locale œuvrant auprès des migrants.</p>



<p>Le dialogue inter-étatique est également crucial.&nbsp;<em>« Les gouvernements doivent harmoniser leurs politiques migratoires et investir dans le développement économique des zones rurales pour limiter l’exode rural »</em>, ajoute Dr. Traoré. De plus, sensibiliser les populations sur les dangers des migrations irrégulières reste indispensable.</p>



<p>Le gouvernement malien, conscient de son rôle à la fois comme terre de départ, de transit et de retour, adapte sa stratégie migratoire aux réalités actuelles. Entre avril et juin 2024, plus de 110 000 passages ont été enregistrés aux frontières, avec une majorité d’entrants motivés par la recherche d’emploi. De mars à avril 2025, 9 212 Maliens ont été rapatriés depuis la Libye, l’Algérie ou le Maroc, et 5 230 expulsés de la Mauritanie et d’Arabie saoudite. Parallèlement, le pays comptait fin 2023 quelque 354 739 déplacés internes. En réponse, Bamako révise sa Politique nationale de migration (PONAM) pour intégrer les enjeux sécuritaires, climatiques et sanitaires, tout en misant sur les transferts de la diaspora – estimés à&nbsp;<a href="https://fr.apanews.net/news/mali-la-diaspora-injecte-700-milliards-fcfa-dans-leconomie/">700 milliards FCFA en 2023</a>&nbsp;– comme levier de développement.</p>



<p>Ces jeunes migrants, égarés dans les ruelles de Bamako, portent sur leurs épaules le poids d’un système en déroute. Chaque morceau de pain récupéré lors d’un mariage symbolise à la fois leur résilience et leur désespoir. Si rien n’est fait rapidement, leur histoire deviendra celle d’une génération sacrifiée, condamnée à errer entre mirages et réalités brisées.</p>



<p><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Billets fantômes, économies piégées : quand la fausse monnaie devient arme de guerre silencieuse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 07:38:53 +0000</pubDate>
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<p>La circulation des fausses monnaies au Sahel : un fléau économique dévoilé. Découvrez cette réalité méconnue et ses enjeux.</p>
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<p><strong><em>Faux billets, douanes débordées, valises de devises illicites&nbsp;: un front méconnu s’ouvre dans la bataille pour la souveraineté économique du Sahel. Entre Dakar et Bamako, les saisies se multiplient, révélant une stratégie insidieuse de déstabilisation financière. Une nouvelle forme de terrorisme économique, que les autorités malienne et sénégalaise combattent désormais comme un acte de guerre silencieuse.</em></strong></p>



<p>C’est un fléau discret, un poison diffus, un virus monétaire qui infiltre les circuits de l’économie comme une lame dans la chair. À Dakar, Bamako, Ziguinchor ou Thiès, les saisies de fausse monnaie se suivent et se ressemblent. Mais ce qui, hier encore, pouvait être classé dans les méfaits du banditisme ordinaire s’apparente désormais à autre chose&nbsp;: une stratégie d’asphyxie économique. En toile de fond, un terrorisme financier rampant qui, sans bombes ni kalachnikovs, vise les artères vitales des États sahéliens.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-tentative-de-miner-la-valeur-reelle-des-echanges">Tentative de miner la valeur réelle des échanges</h3>



<p>Dans la nuit du 18 au 19&nbsp;mai 2025, dans la banlieue de Keur Massar, ce sont des billets « <em>noirs</em> » — ces faux dollars imbibés de mercure et censés être « <em>lavés</em> » pour paraître vrais — que les douaniers sénégalais retrouvent, abandonnés sur le sol d’un appartement transformé en atelier de faux-monnayeurs. Dans les sachets plastiques, 12 724&nbsp;coupures de 100&nbsp;dollars, 2 800&nbsp;coupures de 50&nbsp;euros, pour un total qui frôle 1,6&nbsp;milliard de francs CFA. Une opération parmi d’autres. Le 1er&nbsp;mai, la police et les douanes sénégalaises interceptaient pour près de 8&nbsp;milliards en fausse monnaie, entre Dakar et Thiès.</p>



<p>À Bamako, les saisies ne sont pas moins spectaculaires, bien que souvent passées sous silence par des autorités qui préfèrent l’efficacité discrète à la médiatisation tapageuse. Le 26&nbsp;mai 2025, à l’aéroport international Modibo Keïta de Sénou, 580 150&nbsp;euros sont découverts dans les bagages d’un passager à destination de l’Afrique centrale. Quelques mois plus tôt, un ressortissant malien tentait de faire passer 1,27&nbsp;million d’euros dissimulés sous plastique thermoscellé. Si les billets n’étaient pas faux, le procédé, lui, s’inscrivait dans une dynamique parallèle&nbsp;: celle des flux monétaires opaques, potentiellement couplés à des réseaux criminels transnationaux.</p>



<p>Ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la régulation des devises ou la lutte contre la contrefaçon. C’est la souveraineté monétaire, la confiance dans la monnaie, la stabilité économique même des États. Introduire massivement des faux billets dans une économie, c’est miner la valeur réelle des échanges, c’est fausser les circuits commerciaux, c’est accroître artificiellement la masse monétaire et créer de l’inflation. C’est — à bas bruit — créer le chaos.</p>



<p><strong>Une guerre douce et silencieuse, mais une guerre tout de même.</strong></p>



<p>Au Mali comme au Sénégal, les services de renseignement ne s’y trompent plus. Le phénomène est aujourd’hui considéré comme une forme de sabotage économique, un levier indirect de déstabilisation. Pour les autorités sahéliennes, confrontées déjà à un terrorisme armé, cette guerre de l’ombre exige des réponses à la hauteur&nbsp;: coopération régionale renforcée, dispositifs de détection avancée dans les aéroports, sanctions pénales exemplaires.</p>



<p>Dans le viseur, une nébuleuse criminelle, mêlant faux-monnayeurs, trafiquants d’influence, réseaux de blanchiment, parfois liés aux économies parallèles que les groupes armés exploitent dans les zones grises. L’enjeu dépasse la simple sécurité douanière. Il est politique, géopolitique même&nbsp;: affaiblir les États en ruinant leur capacité à protéger leur monnaie, c’est les priver de leur instrument de souveraineté le plus fondamental.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-etats-saheliens-ne-sont-plus-des-proies-faciles">Les États sahéliens ne sont plus des proies faciles</h2>



<p>Le général Assimi Goïta, président de la Transition malienne et fervent défenseur d’une Afrique souveraine, l’a d’ailleurs martelé à plusieurs reprises, notamment lors de sa visite à Sikasso en 2024&nbsp;: la lutte contre les trafics économiques fait partie intégrante de la guerre globale contre l’insécurité. Et à l’heure où le Mali, avec ses partenaires de l’AES, cherche à reconstruire un modèle économique fondé sur l’intérêt des peuples plutôt que sur les logiques de dépendance, le combat contre la fausse monnaie prend des allures de bras de fer stratégique.</p>



<p>Derrière chaque billet noir, il y a un dessein&nbsp;: celui de fragiliser, d’étouffer, de discréditer les efforts de redressement. Mais derrière chaque saisie, il y a un signal&nbsp;: les États sahéliens ne sont plus des proies faciles. Ils se défendent, avec méthode, avec détermination, avec l’appui d’une diplomatie décomplexée et d’une souveraineté retrouvée.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Afrique de l’Ouest : sous les capots, le crime organisé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 May 2025 14:34:11 +0000</pubDate>
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<p>Explorez le lien entre le trafic automobile et le crime transnational en Afrique de l’Ouest à travers les révélations d’INTERPOL.</p>
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<p><strong><em>Derrière les carrosseries rutilantes et les plaques maquillées, INTERPOL a mis à nu un pan entier du crime organisé en Afrique de l’Ouest. En deux semaines, l’opération Safe Wheels a permis la détection de véhicules volés, l’ouverture d’enquêtes criminelles, et la révélation de réseaux tentaculaires reliant Lagos à Montréal, en passant par Abidjan, Ouagadougou et Niamey.</em></strong></p>



<p>Ce ne sont ni des kalachnikovs ni des ballots de cocaïne. Ce sont des carrosseries lustrées, des moteurs japonais, des châssis français ou allemands. Et pourtant, derrière les carrosseries rutilantes, ce sont les rouages invisibles du crime organisé mondial qui apparaissent. Du 17 au 30 mars 2025, l’opération <em>Safe Wheels</em>, coordonnée par <a href="https://www.interpol.int/News-and-Events/News/2025/INTERPOL-targets-stolen-vehicle-trafficking-in-West-African-police-operation" target="_blank" rel="noreferrer noopener">INTERPOL</a> et conduite dans douze pays d’<a href="https://fr.apanews.net/business/lafrique-de-louest-nouvelle-plaque-tournante-pour-les-vehicules-voles-douanes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Afrique de l’Ouest</a>, a permis de saisir plus de 75 véhicules volés et de détecter près de 150 voitures signalées comme telles dans la base de données mondiale SMV (Stolen Motor Vehicles).</p>



<p>Loin de n’être qu’une affaire de douanes ou de plaques d’immatriculation falsifiées, cette opération révèle une géographie parallèle du crime, où les Toyota canadiennes croisent les Peugeot françaises dans les ports nigérians, où les Lexus volées à Toronto réapparaissent dans des conteneurs à Lagos. En deux semaines seulement, ce sont 12 600 véhicules qui ont été inspectés, donnant lieu à 18 nouvelles enquêtes, et à l’identification de deux réseaux criminels internationaux. Le tout dans un dispositif régional mobilisant les services de <a href="https://www.instat-mali.org/laravel-filemanager/files/shares/pub/cmex-ctci4t20_pub.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sécurité du Mali</a>, du Nigeria, du Ghana, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Togo et d’autres États frontaliers.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-route-du-crime-traverse-les-frontieres"><strong>Quand la route du crime traverse les frontières</strong></h3>



<p>À Lagos, les agents des douanes nigérianes ont intercepté six véhicules dissimulés dans des conteneurs prétendument venus du Canada. Quatre montraient des signes manifestes d’effraction. Grâce à l’interconnexion avec la base de données d’INTERPOL, l’origine canadienne du vol a été confirmée. De là, une collaboration a été immédiatement engagée avec le Bureau central d’INTERPOL à Ottawa, dans le cadre d’une chaîne d’échange d’informations en temps réel. C’est cela aussi, le monde contemporain du crime : décentralisé, transfrontalier, fluide comme une <a href="https://statafric.au.int/sites/default/files/2021-11/af-trade_yearbook2020_v4_comp-compresse.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">marchandise</a>.</p>



<p>Derrière chaque véhicule volé, ce sont souvent des logiques de blanchiment, de troc illégal, de financement d’activités illicites, voire, dans certains cas, de terrorisme qui se cachent. Le vol est l’amorce. La destination finale&nbsp;: une nébuleuse d’intérêts où convergent contrebandiers, groupes criminels et poches d’instabilité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-criminalite-roulante-une-menace-emergente"><strong>La criminalité roulante, une menace émergente</strong></h3>



<p>« <em>Chaque année, des centaines de milliers de véhicules sont volés dans le monde, mais le vol n’est que le début du voyage</em> », résume David Caunter, directeur de la criminalité organisée et émergente à INTERPOL. Pour lui, les véhicules deviennent une monnaie d’échange, un actif mobile et discret dans l’économie souterraine mondiale. Et l’Afrique de l’Ouest, avec ses <a href="https://saheltribune.com/la-crise-silencieuse-du-sahel-le-role-du-trafic-de-drogue-dans-la-destabilisation-de-la-politique-au-sahel/">ports poreux</a>, ses réseaux logistiques informels et ses tensions sécuritaires, devient un hub stratégique de transit.</p>



<p>Cette opération s’inscrit dans le cadre de « <em>Drive Out</em> », un programme soutenu par le gouvernement canadien, qui finance cette initiative conjointe contre le vol et le trafic de pièces automobiles. Plus que de simples infractions douanières, ce commerce alimente une architecture criminelle globale, souvent invisible, mais d’une efficacité redoutable.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-enjeu-securitaire-regional"><strong>L’enjeu sécuritaire régional</strong></h3>



<p>Le fait que le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Niger aient également participé à l’opération témoigne d’un tournant dans la coopération sécuritaire régionale. Dans un espace sahélien en recomposition, frappé par l’hydre du terrorisme et de l’instabilité institutionnelle, le <a href="https://www.agenceecofin.com/actualites/0611-82159-top-5-des-plus-gros-importateurs-de-vehicules-legers-doccasion-en-afrique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">trafic automobile </a>n’est pas une affaire marginale. Il est parfois un chaînon logistique entre la criminalité urbaine et les conflits ruraux.</p>



<p>En d’autres termes, <a href="https://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/communique-de-presse/un-nouveau-rapport-des-nations-unies-detaille-les" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lutte contre l’insécurité</a> ne rime pas seulement avec contre-insurrection. Elle passe aussi par l’assainissement des ports, le filtrage des routes, le contrôle des flux matériels. Et dans cet exercice, l’outil SMV d’INTERPOL — utilisé en 2024 pour identifier 270 000 véhicules volés dans le monde — devient un levier stratégique.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-trafic-global-une-reponse-transnationale"><strong>Un trafic global, une réponse transnationale</strong></h3>



<p><em>Safe Wheels</em>&nbsp;n’est peut-être qu’une opération ponctuelle, mais elle rappelle une évidence&nbsp;: le crime organisé ne connaît pas de frontières, et la réponse ne peut être que multilatérale. Chaque plaque retrouvée, chaque châssis scanné, chaque dossier croisé entre continents, c’est une pièce en moins dans le puzzle de l’impunité.</p>



<p>En Afrique de l’Ouest, sous les capots des berlines trafiquées, ce sont les <a href="https://saheltribune.com/billet-bamako-capitale-du-chaos-routier-ou-est-passee-la-courtoisie/">nouvelles routes</a> du crime qui se dessinent. Et les États, un à un, apprennent à reprendre le contrôle du volant.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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