<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des République démocratique du Congo | Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/republique-democratique-du-congo/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/republique-democratique-du-congo/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Fri, 19 Jun 2026 00:41:43 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des République démocratique du Congo | Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/republique-democratique-du-congo/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>Ebola en RDC : un taux de mortalité alarmant au Nord-Kivu inquiète les autorités sanitaires</title>
		<link>https://saheltribune.com/ebola-en-rdc-un-taux-de-mortalite-alarmant-au-nord-kivu-inquiete-les-autorites-sanitaires/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/ebola-en-rdc-un-taux-de-mortalite-alarmant-au-nord-kivu-inquiete-les-autorites-sanitaires/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 00:41:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Africa CDC]]></category>
		<category><![CDATA[crise sanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Ebola RDC]]></category>
		<category><![CDATA[épidémie Ebola]]></category>
		<category><![CDATA[filovirus]]></category>
		<category><![CDATA[Ituri]]></category>
		<category><![CDATA[Nord-Kivu]]></category>
		<category><![CDATA[OMS]]></category>
		<category><![CDATA[République démocratique du Congo]]></category>
		<category><![CDATA[santé publique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=22923</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Alors que la RDC compte 875 cas confirmés d’Ebola et 202 décès, Africa CDC s’inquiète du Nord-Kivu, où l’insécurité entrave la riposte sanitaire et fait grimper le taux de mortalité à 59 %.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Avec 875 cas confirmés et 202 décès, l&rsquo;épidémie d&rsquo;Ebola à virus Bundibugyo dans l&rsquo;est de la RDC continue de progresser. Si l&rsquo;Ituri reste l&rsquo;épicentre, c&rsquo;est le Nord-Kivu qui concentre désormais les plus vives inquiétudes d&rsquo;Africa CDC : un taux de létalité de 59 %, une insécurité qui bloque les équipes sanitaires, et des zones entières probablement non recensées.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres progressent, mais ce sont ceux qu&rsquo;on ne peut pas compter qui font le plus peur. Selon Africa CDC, l&rsquo;agence sanitaire de l&rsquo;Union africaine, la RDC recense désormais&nbsp;875 cas confirmés&nbsp;d&rsquo;Ebola et&nbsp;202 décès&nbsp;depuis le début de l&rsquo;épidémie causée par le virus Bundibugyo dans l&rsquo;est du pays. L&rsquo;Ituri demeure l&rsquo;épicentre avec 799 cas confirmés. Mais c&rsquo;est la province du Nord-Kivu, avec seulement 73 cas recensés, qui concentre l&rsquo;essentiel des inquiétudes des épidémiologistes. Non pas parce que le nombre de cas y est élevé — il est bien inférieur à l&rsquo;Ituri — mais parce que le taux de létalité y atteint des niveaux alarmants :&nbsp;59 %, soit près de six patients sur dix qui n&rsquo;en réchappent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette surmortalité n&rsquo;est pas le signe d&rsquo;une souche plus virulente. Elle est le symptôme d&rsquo;un système de réponse à l&rsquo;épidémie qui ne fonctionne pas. Derrière ce chiffre se cache une réalité que les équipes sanitaires connaissent bien dans cette région de l&rsquo;est congolais : l&rsquo;insécurité persistante empêche les intervenants d&rsquo;atteindre les malades à temps, de les isoler, de retracer leurs contacts. Quand on arrive trop tard, les patients meurent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;insécurité, premier obstacle à la riposte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le docteur Wessam Moukala, d&rsquo;Africa CDC, ne mâche pas ses mots. «&nbsp;<em>La sécurité est un véritable défi. Elle limite le déplacement de nos équipes qui ne peuvent pas atteindre les populations, faire de la prévention, vérifier s&rsquo;il y a des cas suspects et au besoin les isoler, ainsi qu&rsquo;identifier et procéder au suivi des cas contacts&nbsp;</em>», explique-t-il. Le Nord-Kivu affiche ainsi le taux d&rsquo;identification et de suivi des cas contacts le plus faible des trois provinces touchées — un indicateur clé dans la lutte contre une épidémie de fièvre hémorragique, où chaque contact non suivi est un risque de transmission non contrôlé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Africa CDC soulève par ailleurs une hypothèse qui aggrave encore le tableau : en raison des difficultés d&rsquo;accès à certaines zones du Nord-Kivu, le nombre réel de cas pourrait être sensiblement supérieur aux 73 officiellement recensés. Des malades non détectés, des morts non comptabilisés, des chaînes de transmission inconnues. L&rsquo;agence sanitaire de l&rsquo;UA appelle les autorités à tout mettre en œuvre pour permettre à ses équipes d&rsquo;accéder rapidement à ces secteurs inaccessibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des nouvelles recommandations de l&rsquo;OMS en temps utile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épidémie congolaise survient au moment où l&rsquo;Organisation mondiale de la Santé publie, le 17 juin 2026, ses premières lignes directrices complètes sur la prise en charge clinique de la maladie à filovirus — incluant toutes les souches d&rsquo;Ebola et le virus Marburg. Ce document, élaboré avec des experts mondiaux et fondé sur les leçons des dernières épidémies africaines, formule 16 recommandations pratiques destinées aux personnels soignants de première ligne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les priorités : la détection précoce des signes de dégradation clinique, la prise en charge rapide de la déshydratation et du choc hypovolémique, le traitement des infections bactériennes secondaires, et la mise en place d&rsquo;un suivi structuré pour les survivants — qui peuvent continuer à porter et transmettre le virus pendant plusieurs semaines après leur rétablissement. «&nbsp;<em>Ces nouvelles lignes directrices sont un parfait exemple de la manière dont l&rsquo;OMS utilise la science afin de mieux protéger les personnes lors des épidémies</em>&nbsp;», a déclaré le directeur général de l&rsquo;organisation, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces recommandations sont théoriquement applicables au Nord-Kivu comme en Ituri. Mais elles présupposent que les équipes médicales peuvent accéder aux patients. Dans les zones sous tension du Nord-Kivu, cette condition première — aussi simple qu&rsquo;elle puisse paraître — reste, pour l&rsquo;heure, la plus difficile à remplir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/ebola-en-rdc-un-taux-de-mortalite-alarmant-au-nord-kivu-inquiete-les-autorites-sanitaires/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">22923</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La voiture verte roule sur des mines africaines : l&#8217;Afrique, elle, reste au bord de la route.</title>
		<link>https://saheltribune.com/la-voiture-verte-roule-sur-des-mines-africaines-lafrique-elle-reste-au-bord-de-la-route/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/la-voiture-verte-roule-sur-des-mines-africaines-lafrique-elle-reste-au-bord-de-la-route/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 00:07:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[batteries électriques]]></category>
		<category><![CDATA[BYD]]></category>
		<category><![CDATA[chaîne de valeur]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[CMOC]]></category>
		<category><![CDATA[cobalt]]></category>
		<category><![CDATA[cuivre]]></category>
		<category><![CDATA[économie africaine]]></category>
		<category><![CDATA[exploitation minière]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique des minerais]]></category>
		<category><![CDATA[industrialisation africaine]]></category>
		<category><![CDATA[industrie des batteries]]></category>
		<category><![CDATA[lithium]]></category>
		<category><![CDATA[manganèse]]></category>
		<category><![CDATA[matières premières]]></category>
		<category><![CDATA[métaux critiques]]></category>
		<category><![CDATA[minerais critiques]]></category>
		<category><![CDATA[minéraux stratégiques]]></category>
		<category><![CDATA[RDC]]></category>
		<category><![CDATA[République démocratique du Congo]]></category>
		<category><![CDATA[ressources naturelles]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté minière]]></category>
		<category><![CDATA[Tesla]]></category>
		<category><![CDATA[transformation locale]]></category>
		<category><![CDATA[transition énergétique]]></category>
		<category><![CDATA[transition verte]]></category>
		<category><![CDATA[travail des enfants]]></category>
		<category><![CDATA[véhicules électriques]]></category>
		<category><![CDATA[Zimbabwe]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=22685</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La transition mondiale vers les véhicules électriques repose largement sur le cobalt, le lithium et le cuivre africains. Pourtant, l’Afrique capte peu de valeur ajoutée tandis que la Chine domine le raffinage et la fabrication des batteries. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;essor mondial des véhicules électriques repose massivement sur les sous-sols africains — cobalt, lithium, manganèse, cuivre. Mais la chaîne de valeur échappe presque entièrement au continent. Entre pillage organisé, dépendance à la Chine et premières résistances souveraines, l&rsquo;Afrique se trouve à la croisée d&rsquo;un choix historique.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose d&rsquo;obscène dans cette image. Sur les routes de Shanghai, de San Francisco ou de Francfort, des millions de voitures électriques circulent en silence, vantées comme le symbole d&rsquo;un monde plus propre, d&rsquo;une modernité réconciliée avec la planète. À quelques milliers de kilomètres, dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, en République démocratique du Congo, <a href="https://www.amnesty.org/ru/wp-content/uploads/sites/8/2021/05/AFR6231832016FRENCH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des enfants de sept ans</a> creusent la terre à mains nues pour en extraire le cobalt qui alimente ces mêmes batteries — pour moins de deux dollars par jour, selon une enqueête de la <a href="https://cndh.cd/wp-content/uploads/2025/02/CNDH-RAPPORT-ENQUETE-TRAVAIL-DES-ENFANTS-DANS-LES-MINES-DE-COBALT-3.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">commission nationale des droits de l’homme de la République démocratique du Congo</a>. La voiture verte roule. Sur leurs dos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://saheltribune.com/voitures-electriques-comment-la-crise-petroliere-mondiale-accelere-la-transition-energetique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport que l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie</a> a publié en mai 2026 projette 23 millions de véhicules électriques vendus en 2026, et 510 millions en circulation d&rsquo;ici 2035. Derrière ces chiffres vertigineux se cache une question que les grandes capitales préfèrent ne pas poser trop fort : d&rsquo;où vient la matière dont ces voitures sont faites ? La réponse est africaine, pour l&rsquo;essentiel. Et les conditions dans lesquelles cette matière est extraite, traitée et vendue constituent l&rsquo;un des grands scandales silencieux de la transition énergétique mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un continent assis sur un trésor qu&rsquo;il ne contrôle pas</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Afrique détient plus de <a href="https://africarenewal.un.org/fr/magazine/les-mineraux-essentiels-de-lafrique-en-passe-de-propulser-la-transition-mondiale-vers" target="_blank" rel="noreferrer noopener">30 % des minéraux critiques</a> essentiels à la fabrication des batteries de véhicules électriques. La RDC concentre à elle seule plus de <a href="https://www.bfmtv.com/economie/international/elle-fournit-les-trois-quarts-de-la-production-mondiale-la-republique-democratique-du-congo-reprend-ses-exportations-de-cobalt-apres-dix-mois-de-suspension_AD-202512230380.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">76 % de la production mondiale de cobalt</a> — un métal dont la demande a bondi de 11 % en 2025, portée précisément par l&rsquo;essor des batteries lithium-ion. Le Zimbabwe, <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/01/le-zimbabwe-geant-africain-du-lithium-cherche-a-briser-le-monopole-chinois-sur-ses-mines_6695996_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premier producteur de lithium du continent</a>, dispose de réserves estimées à 126 millions de tonnes, désormais au cœur de la bataille technologique entre la Chine et les États-Unis. L&rsquo;Afrique du Sud concentre 85 % des réserves mondiales de manganèse et une part considérable du platine. La Zambie et la RDC ensemble assurent une part majeure du cuivre mondial, indispensable aux câbles et aux moteurs électriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres auraient dû faire de l&rsquo;Afrique la grande puissance de la transition énergétique. La réalité est tout autre. Dans la chaîne de valeur qui mène du sol africain à la batterie d&rsquo;une Tesla ou d&rsquo;une BYD, l&rsquo;Afrique occupe systématiquement le maillon le moins rémunérateur — l&rsquo;extraction brute — et laisse les étapes de transformation, de raffinage et de fabrication à d&rsquo;autres, principalement à la Chine. Moins de 10 % du cobalt produit en RDC est transformé localement. Le reste part à l&rsquo;état brut vers les raffineries chinoises, qui concentrent entre 70 et 75 % de la capacité mondiale de transformation du cobalt. Ce que l&rsquo;Afrique vend : de la terre. Ce que la Chine revend : de la technologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cobalt des enfants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût humain de cette extraction mérite d&rsquo;être dit sans euphémisme. L&rsquo;exploitation minière artisanale représente entre 10 et 15 % de la production congolaise de cobalt — une fraction, dira-t-on. Mais c&rsquo;est dans ce secteur que les violations les plus graves sont documentées. En 2024, l&rsquo;OIT a identifié plus de&nbsp;<a href="https://www.humanium.org/fr/la-situation-actuelle-du-travail-des-enfants-dans-les-mines-de-cobalt-en-republique-democratique-du-congo/">6 200 enfants travaillant dans des mines</a>&nbsp;rien que dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Des ONG estiment que jusqu&rsquo;à 40 000 enfants seraient impliqués dans l&rsquo;ensemble de la filière artisanale congolaise, certains à peine âgés de sept ans. Ils transportent des charges, respirent la poussière de cobalt qui provoque des maladies respiratoires chroniques, travaillent sans équipement de protection, pour des salaires inférieurs à deux dollars par jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces enfants ne travaillent pas pour des seigneurs de guerre sans visage. Ils travaillent dans une chaîne d&rsquo;approvisionnement qui aboutit aux batteries de Google, Tesla, Apple, BYD et des constructeurs automobiles européens. La Fair Cobalt Alliance — qui réunit Glencore, CMOC, Google, Tesla et des ONG comme Save the Children — tente d&rsquo;apporter des réponses. Elle a extrait plus de 9 000 enfants des mines artisanales depuis 2022 et les a réinsérés dans des filières scolaires ou professionnelles. C&rsquo;est réel. C&rsquo;est insuffisant.&nbsp;Un pays qui fournit 70&nbsp;% du cobalt&nbsp;mondial&nbsp;doit avoir son mot à dire sur les prix.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La révolte des prix : RDC et Zimbabwe passent à l&rsquo;offensive</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant trois ans, le prix du cobalt a chuté de plus des trois quarts, passant de 82 000 à moins de 22 000 dollars la tonne entre 2022 et début 2025. La cause : une surproduction mondiale orchestrée en grande partie par le géant chinois CMOC, qui représentait à lui seul 53 % de la production mondiale en 2024, et dont la production a encore bondi de 20 % au premier trimestre 2025. L&rsquo;Afrique extrait, la Chine inonde le marché, les prix s&rsquo;effondrent. Le modèle est cynique dans sa mécanique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La RDC a décidé de briser ce cercle. En février 2025,&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/03/10/la-republique-democratique-du-congo-suspend-ses-exportations-de-cobalt-un-pari-risque_6577892_3212.html">Kinshasa suspend ses exportations de cobalt brut</a>&nbsp;— une décision inédite qui fait immédiatement flamber les prix de plus de 100 %, atteignant 48 500 dollars la tonne fin novembre 2025. En octobre, un système de quotas d&rsquo;exportation prend le relais, limité à 18 000 tonnes pour la fin de l&rsquo;année — moins que la seule production annuelle de CMOC. L&rsquo;objectif affiché est double : stabiliser les cours et pousser les investisseurs à construire des raffineries sur le sol congolais plutôt que d&rsquo;exporter de la matière brute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Zimbabwe, la logique est identique mais radicale. Le 25 février 2026, Harare interdit l&rsquo;exportation de l&rsquo;ensemble de ses minerais bruts, lithium en tête — une décision appliquée immédiatement, y compris aux cargaisons déjà en transit. Le ministre zimbabwéen des Mines, Polite Kambamura, justifie la mesure «&nbsp;<em>dans l&rsquo;intérêt national</em>&nbsp;». Dans les faits, c&rsquo;est la Chine qui se retrouve en première ligne&nbsp;: Pékin est le principal investisseur et acheteur dans le secteur minier zimbabwéen, et la totalité du lithium extrait était jusqu&rsquo;alors expédiée vers ses raffineries. Les entreprises chinoises Sinomine Resource et Zhejiang Huayou Cobalt avaient bien commencé à construire des raffineries locales — mais pas assez vite.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que valent vraiment les minerais africains</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le lithium brut extrait au Zimbabwe est vendu comme concentré. Le sulfate de lithium — produit après raffinage — se vend environ trois fois plus cher. L&rsquo;hydroxyde de lithium pour batteries — l&rsquo;étape suivante — coûte cinq à sept fois le prix du concentré brut. L&rsquo;Afrique vend le concentré. La Chine vend l&rsquo;hydroxyde. L&rsquo;équation est simple et dévastatrice&nbsp;: la même tonne de lithium zimbabwéen génère au Zimbabwe environ 15 000 dollars. Elle en génère plus de 100 000 une fois transformée en Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le cobalt, la structure est identique. La RDC exporte principalement de l&rsquo;hydroxyde de cobalt à environ 20 dollars la livre. Le sulfate de cobalt pour cathodes de batteries, produit par les raffineries chinoises à partir de cet hydroxyde, se vend deux à trois fois plus cher. Le rapport de l&rsquo;AIE l&rsquo;indique sans détour&nbsp;: la Chine contrôle plus de 80 % de la production mondiale de cellules de batteries, grâce précisément à cette maîtrise du raffinage qu&rsquo;elle a construite pendant que les pays producteurs africains exportaient leur richesse à l&rsquo;état brut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La malédiction des ressources, version électrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que vivent aujourd&rsquo;hui la RDC et le Zimbabwe n&rsquo;est pas nouveau dans l&rsquo;histoire africaine. C&rsquo;est la même mécanique que le pétrole des années 1960 et 1970 — les ressources abondent sous le sol africain, les revenus en sont captés ailleurs, et le continent reste pauvre malgré ses richesses. L&rsquo;économiste zambien Dambisa Moyo l&rsquo;a nommée la <a href="https://www.lemonde.fr/livres/article/2009/09/28/l-aide-fatale-eloge-de-la-dictature_1245994_3260.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« <em>malédiction des ressources</em> ».</a> Le lithium et le cobalt en sont la réédition à l&rsquo;ère électrique, avec les mêmes acteurs dans des rôles similaires — l&rsquo;ancienne puissance coloniale remplacée par Pékin, le pétrole remplacé par les minerais verts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Banque de France, dans une&nbsp;<a href="https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/metaux-critiques-pour-la-transition-energetique-et-developpement-durable-en-afrique">note de 2023</a>, estimait que dans un scénario de décarbonation mondiale à l&rsquo;horizon 2050, les rentes de minerais critiques pourraient atteindre des montants équivalents au PIB actuel du Gabon pour certaines économies africaines — mais seulement si la transformation locale est assurée. C&rsquo;est ce «&nbsp;<em>si</em>&nbsp;» qui concentre tout l&rsquo;enjeu politique du prochain quart de siècle africain. La banque chinoise d&rsquo;import-export a accordé 24,9 milliards de dollars de prêts liés à l&rsquo;extractivité minière africaine au seul premier semestre 2025 — un record. Ces prêts financent des mines. Rarement des raffineries.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les gouvernements africains doivent exiger</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les décisions de la RDC et du Zimbabwe marquent une rupture psychologique et politique. Pour la première fois, des États africains producteurs utilisent le levier de l&rsquo;offre — comme l&rsquo;OPEP en son temps — pour reprendre la main sur la fixation des prix. C&rsquo;est une nécessité, pas un luxe. Mais les quotas et les interdictions d&rsquo;exportation ne suffisent pas. Ils créent de la pression sans créer de valeur, si la capacité de transformation locale n&rsquo;est pas construite en parallèle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l&rsquo;Afrique doit exiger — et que le rapport de l&rsquo;AIE ne dit pas, parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas son rôle de le dire — c&rsquo;est une redéfinition des termes des contrats miniers. C&rsquo;est l&rsquo;obligation, pour tout investisseur extérieur exploitant des minerais critiques africains, d&rsquo;y installer une unité de transformation locale correspondant à une part substantielle de sa production. C&rsquo;est la création d&rsquo;une Agence africaine des minerais critiques, dotée d&rsquo;un pouvoir de régulation supranational sur les exportations. C&rsquo;est la construction d&rsquo;une industrie de la batterie africaine — une ambition aujourd&rsquo;hui limitée à quelques projets épars au Maroc, en Afrique du Sud et en Zambie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Union africaine a adopté en 2023 une <a href="https://www.africangreenminerals.com/news/featured-news/2025/african-green-mineral-strategy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">stratégie sur les minéraux verts</a>. Elle reste, à ce jour, un texte de principes sans mécanisme d&rsquo;application. La Commission de l&rsquo;UA a annoncé un cadre de gouvernance des minéraux critiques pour 2025 — il tarde à se concrétiser. Pendant ce temps, les banques chinoises signent des chèques, les mines s&rsquo;ouvrent, et le lithium part brut vers Wuhan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://saheltribune.com/taxi-sans-chauffeur-pourquoi-bamako-casablanca-et-mumbai-doivent-deja-sinquieter/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La voiture électrique</a> est peut-être l&rsquo;avenir de la mobilité mondiale. Mais si cet avenir continue de se construire sur l&rsquo;extraction non rémunérée des sous-sols africains, sur le travail d&rsquo;enfants congolais et sur des prix fixés à Pékin plutôt qu&rsquo;à Kinshasa ou Harare, alors la « <em>transition verte </em>» mondiale n&rsquo;aura été, pour l&rsquo;Afrique, qu&rsquo;un nouveau nom pour une très vieille histoire. L&rsquo;heure n&rsquo;est plus aux déclarations de principes. Elle est aux rapports de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/la-voiture-verte-roule-sur-des-mines-africaines-lafrique-elle-reste-au-bord-de-la-route/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">22685</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Choléra : la fin d’une pénurie qui a coûté des milliers de vies</title>
		<link>https://saheltribune.com/cholera-la-fin-dune-penurie-qui-a-coute-des-milliers-de-vies/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/cholera-la-fin-dune-penurie-qui-a-coute-des-milliers-de-vies/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 16:21:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[assainissement]]></category>
		<category><![CDATA[Bangladesh]]></category>
		<category><![CDATA[crise sanitaire internationale]]></category>
		<category><![CDATA[épidémie de choléra]]></category>
		<category><![CDATA[Gavi]]></category>
		<category><![CDATA[GTFCC]]></category>
		<category><![CDATA[infrastructures d’eau potable]]></category>
		<category><![CDATA[inondations]]></category>
		<category><![CDATA[maladies hydriques]]></category>
		<category><![CDATA[Mozambique]]></category>
		<category><![CDATA[OMS]]></category>
		<category><![CDATA[pays vulnérables]]></category>
		<category><![CDATA[pénurie mondiale de vaccins]]></category>
		<category><![CDATA[prévention sanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[République démocratique du Congo]]></category>
		<category><![CDATA[santé publique mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité sanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[stocks de vaccins]]></category>
		<category><![CDATA[UNICEF]]></category>
		<category><![CDATA[Vaccination contre le choléra]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=21141</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Après une pénurie, les vaccins anticholériques reviennent pour protéger les populations vulnérables du choléra.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Après plus de trois années de pénurie critique, la vaccination préventive contre le choléra peut enfin reprendre. Gavi, l’Alliance du vaccin, l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont annoncé, à Genève, ce 4 février 2026, que les stocks mondiaux de vaccins anticholériques oraux sont redevenus suffisants pour relancer des campagnes de prévention dans les pays les plus exposés.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mozambique est le premier État à bénéficier de cette reprise, après l’interruption des campagnes en 2022, lorsque l’explosion mondiale des cas avait provoqué une ruée sur les stocks disponibles. Cette relance intervient dans un contexte sanitaire particulièrement préoccupant. Le pays fait face à une épidémie de choléra aggravée par de récentes inondations ayant touché plus de 700 000 personnes et provoqué d’importants déplacements de population. Les infrastructures de santé et les réseaux d’eau potable ont été endommagés. Ce qui augmente le risque de propagation des maladies hydriques.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-allocation-mondiale-de-20-millions-de-doses"><strong>Une allocation mondiale de 20 millions de doses</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une première allocation de 20 millions de doses a été décidée pour soutenir les campagnes de prévention. Sur ce volume, 3,6 millions de doses ont déjà été livrées au Mozambique, 6,1 millions à la République démocratique du Congo, également confrontée à une forte recrudescence des cas, et 10,3 millions au Bangladesh.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette amélioration est le fruit d’un effort coordonné entre agences internationales, partenaires financiers et fabricants. La production annuelle de vaccins contre le choléra a ainsi presque doublé, passant de 35 millions de doses en 2022 à près de 70 millions en 2025. Ces doses sont financées par Gavi et distribuées par l’UNICEF.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Les pénuries mondiales de vaccins nous ont contraints à réagir aux épidémies plutôt qu’à les prévenir. Nous sommes désormais mieux placés pour rompre ce cercle vicieux </em>», a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui salue le rôle du laboratoire sud-coréen EUBiologics, actuellement principal producteur à l’échelle industrielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-alerte-sanitaire-mondiale-persistante"><strong>Une alerte sanitaire mondiale persistante</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cette amélioration, la situation mondiale reste alarmante. L’OMS a recensé plus de 600 000 cas de choléra et près de 7 600 décès dans 33 pays l’an dernier. Des chiffres probablement sous-estimés en raison d’une sous-déclaration chronique. Depuis 2021, le nombre de cas augmente chaque année, tandis que la mortalité continue de progresser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>La recrudescence des cas de choléra nous rappelle brutalement que l’accès durable aux vaccins est un bien public mondial </em>», a souligné Sania Nishtar, directrice générale de Gavi, appelant à un engagement continu des donateurs et des fabricants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, cette reprise marque un tournant : « <em>La vaccination préventive protégera les enfants et contribuera à enrayer cette maladie hautement contagieuse. Mais elle doit impérativement s’accompagner d’investissements dans l’eau potable et l’assainissement. </em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-strategie-encore-fragile"><strong>Une stratégie encore fragile</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le vaccin anticholérique oral est jugé sûr et efficace dès l’âge d’un an. Une dose offre une protection d’au moins six mois, tandis que deux doses peuvent protéger jusqu’à trois ans. Toutefois, en raison de la pression persistante sur les stocks, la stratégie à dose unique restera la norme dans les réponses aux épidémies, la double dose étant réservée à des situations particulières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays bénéficiaires ont été sélectionnés selon des critères définis par le Groupe de travail mondial pour la lutte contre le choléra (GTFCC), un partenariat réunissant plus de cinquante organisations, afin d’assurer une répartition équitable et transparente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les experts, la vaccination ne peut être qu’un levier parmi d’autres. « <em>Des progrès durables dépendront d’investissements à long terme dans les infrastructures et d’un engagement politique fort </em>», rappelle le Dr Ilesh Jani, président du comité de pilotage du GTFCC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les catastrophes climatiques, les conflits et la pauvreté continuent de fragiliser l’accès à l’eau potable dans de nombreuses régions, la reprise des campagnes préventives apparaît comme une avancée majeure, mais encore insuffisante pour endiguer une maladie qui reste l’un des marqueurs les plus criants des inégalités sanitaires mondiales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/cholera-la-fin-dune-penurie-qui-a-coute-des-milliers-de-vies/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">21141</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
