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	<title>Archives des réconciliation nationale Mali &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : pourquoi la Charte nationale fait le pari des pratiques ancestrales contre les conflits</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 07:43:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Mali, la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation intègre les mécanismes traditionnels de règlement des conflits. Médiation coutumière, commissions foncières, parenté à plaisanterie : la Transition parie sur les savoirs ancestraux pour renforcer la cohésion sociale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En inscrivant dans la loi les pratiques ancestrales de résolution des conflits, les autorités maliennes de la Transition font un choix civilisationnel audacieux. Loin des modèles importés, elles misent sur ce que les communautés ont toujours su faire : se parler, s&rsquo;écouter, se réconcilier.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une scène que l&rsquo;on observe encore dans certains villages du delta intérieur du Niger, dans le Manden ou sur les rives du fleuve Sénégal. Deux familles en litige, une terre disputée, des mots durs échangés depuis des semaines. Et puis un matin, un vieux arrive. Pas un juge. Pas un gendarme. Un vieux, respecté, connu de tous, porteur d&rsquo;une mémoire longue comme le fleuve. Il s&rsquo;assoit. Il parle peu. Il écoute beaucoup. Et le soir, les deux familles mangent ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vieux, la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale du Mali vient de lui donner un titre officiel. Et avec ce titre, une légitimité institutionnelle que des décennies de gouvernance à l&rsquo;occidentale lui avaient déniée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Promulguée le 22 août 2025 par le Président de la Transition, le Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta, la Charte consacre un titre entier aux «&nbsp;<em>mécanismes endogènes de règlement des conflits</em>&nbsp;». Commissions foncières, diplomatie coutumière, médiation des notables, parenté à plaisanterie, conventions locales sur les ressources naturelles : tout ce que les communautés maliennes pratiquent depuis des siècles sans attendre la permission de l&rsquo;État est désormais reconnu, valorisé, intégré dans l&rsquo;architecture institutionnelle de la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un tournant. Et il mérite qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le constat d&rsquo;échec d&rsquo;un modèle importé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi ce choix est important, il faut d&rsquo;abord comprendre pourquoi il était nécessaire. Pendant des décennies, la gestion des conflits au Mali a reposé sur des institutions héritées de la colonisation : tribunaux formels, forces de l&rsquo;ordre, administration centrale déconcentrée. Des structures légitimes en théorie, mais souvent inaccessibles, lentes, coûteuses, et culturellement étrangères à la majorité de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones rurales, là où vivent la plupart des Maliens, le chemin vers le tribunal le plus proche peut représenter plusieurs jours de voyage. Le coût d&rsquo;un avocat dépasse souvent plusieurs mois de revenus. Et la langue juridique, abstraite et technique, reste hermétique à ceux qui n&rsquo;ont jamais fréquenté l&rsquo;école française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : les conflits fonciers, les disputes intercommunautaires, les litiges pastoraux ont prospéré dans le vide laissé par des institutions trop lointaines. Et dans ce vide, les groupes armés ont prospéré, proposant leur propre justice, expéditive et violente, mais au moins immédiate et compréhensible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition ont lu ce diagnostic avec lucidité. La Charte le formule sans ambages : il faut «&nbsp;<em>le recours privilégié aux modes alternatifs et aux mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des conflits.</em>&nbsp;» Non pas pour remplacer la justice formelle, mais pour la compléter, la rapprocher, la rendre enfin accessible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les commissions foncières : une justice de proximité qui a fait ses preuves</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le foncier est, au Mali comme dans une grande partie du Sahel, la mère de toutes les querelles. Terres agricoles convoitées par les éleveurs en transhumance, espaces pastoraux réduits par l&rsquo;avancée des cultures, zones d&rsquo;orpaillage disputées entre communautés, périmètres irrigués dont les droits d&rsquo;eau sont sources de conflits permanents : la question foncière est au cœur d&rsquo;une violence qui ne dit pas toujours son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Commissions foncières — les COFO — existent au Mali depuis les années 2000. Instances multi-acteurs regroupant représentants de l&rsquo;administration, élus locaux, chefs coutumiers, organisations paysannes et éleveurs, elles ont pour mission de prévenir et gérer les conflits liés à la terre avant toute saisine des tribunaux. Leurs décisions, consignées dans des procès-verbaux, peuvent être homologuées par un juge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, leur bilan est globalement positif là où elles fonctionnent réellement. Dans plusieurs communes de la région de Mopti, les COFO ont permis de désamorcer des conflits agriculteurs-éleveurs qui, sans leur intervention, auraient pu dégénérer en affrontements meurtriers. Leur force tient à leur composition : tout le monde est autour de la table, tout le monde se connaît, et les décisions prises reflètent les réalités locales mieux que n&rsquo;importe quel texte de loi rédigé à Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte renforce leur rôle et leur légitimité. Elle prévoit que «&nbsp;<em>les décisions obtenues d&rsquo;accord-parties, en matière de conciliation ou de médiation, peuvent être consignées par écrit, certifiées et enregistrées par l&rsquo;Administration en vue de leur homologation par la justice.</em>&nbsp;» Un pont solide entre la coutume et le droit, entre le village et l&rsquo;État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La diplomatie coutumière : l&rsquo;art de la paix sans témoin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plus discrète mais tout aussi efficace, la diplomatie coutumière est peut-être le mécanisme le plus original que la Charte reconnaisse. Le texte la définit comme «&nbsp;<em>un ensemble de pratiques informelles conduites par les Autorités et Légitimités traditionnelles, conformément aux us et coutumes&nbsp;</em>», reposant sur «&nbsp;<em>des traditions et d&rsquo;autres valeurs partagées pour mener des conciliabules, des conciliations, des médiations, des arbitrages, des missions de bons offices et des intermédiations.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, c&rsquo;est le chef de village qui traverse la nuit pour aller parler à son homologue du village voisin avant que les jeunes ne s&rsquo;affrontent à l&rsquo;aube. C&rsquo;est le doyen de la famille qui convoque une palabre et fait asseoir les belligérants jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un accord soit trouvé. C&rsquo;est la délégation de notables qui se rend auprès d&rsquo;un groupe armé pour négocier la libération d&rsquo;otages ou le retrait d&rsquo;une zone habitée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces pratiques ont permis de sauver des vies là où les forces de sécurité ne pouvaient pas intervenir. Dans le centre du Mali notamment, des chefs coutumiers ont joué un rôle crucial de médiation entre communautés dogon et peule, entre agriculteurs et éleveurs, entre populations civiles et groupes armés. Souvent au péril de leur vie. Toujours sans reconnaissance officielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte répare cette injustice. Elle reconnaît que «&nbsp;<em>lorsqu&rsquo;elles sont adoptées, de manière continue et généralisée par les communautés, ces pratiques deviennent des règles implicites de comportement&nbsp;</em>» ayant une légitimité propre. C&rsquo;est une révolution conceptuelle dans un pays où le droit positif a longtemps regardé la coutume avec condescendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La parenté à plaisanterie : le rire comme armure contre la haine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les mécanismes endogènes valorisés par la Charte, la parenté à plaisanterie mérite une mention particulière, tant elle illustre le génie propre des sociétés sahéliennes face au conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette institution, que les anthropologues ont longtemps étudiée avec fascination, établit entre certains groupes ethniques ou familles des relations codifiées où l&rsquo;insulte rituelle, la moquerie assumée et la provocation bienveillante sont non seulement tolérées mais attendues. Entre un Coulibaly et un Traoré, entre un Keita et un Kouyaté, les piques fusent librement. Mais précisément parce qu&rsquo;elles sont ritualisées, elles désamorcent les tensions réelles avant qu&rsquo;elles ne deviennent dangereuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les zones de tension intercommunautaire, ce mécanisme a parfois été le seul pont qui subsistait entre des groupes que tout semblait opposer. Un Peul et un Dogon qui se taquinent mutuellement sur leurs noms de famille se battront moins facilement qu&rsquo;un Peul et un Dogon qui se regardent comme des ennemis héréditaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte inscrit cette sagesse dans le marbre de la loi. Elle reconnaît que la parenté à plaisanterie permet «&nbsp;<em>de réduire les tensions, les risques de conflit et de régler des litiges</em>&nbsp;» et contribue «&nbsp;<em>au renforcement de la coexistence pacifique.</em>&nbsp;» Ce faisant, elle valide des siècles d&rsquo;intelligence sociale que la modernité postcoloniale avait tendance à traiter avec désinvolture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La coopération transfrontalière : la paix sans frontières</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte va plus loin encore en intégrant la coopération transfrontalière dans les mécanismes endogènes de paix. Le Mali partage ses frontières avec sept pays, et nombre de ses conflits ont une dimension transfrontalière évidente : les éleveurs peuls qui transhumaient librement avant que les frontières coloniales ne tracent leurs lignes artificielles, les familles séparées par des lignes sur une carte qui ne correspondent à aucune réalité culturelle, les réseaux criminels qui exploitent précisément la porosité de ces mêmes frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte valorise le «&nbsp;<em>principe de bon voisinage&nbsp;</em>» et le concept de «&nbsp;<em>pays-frontière</em>&nbsp;», qui «&nbsp;<em>consiste à faire des frontières des portes ouvertes et non des barrières séparant les peuples.</em>&nbsp;» Il cite en exemple la zone du Liptako-Gourma, espace partagé entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger, aujourd&rsquo;hui réunis au sein de la Confédération des États du Sahel, où la coopération sécuritaire, économique et diplomatique prend une nouvelle dimension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est là une vision géopolitique cohérente : les mécanismes endogènes de paix ne s&rsquo;arrêtent pas à la frontière nationale. Ils sont par nature transfrontaliers, comme le sont les conflits qu&rsquo;ils cherchent à résoudre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre reconnaissance et mise en œuvre : le défi qui reste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte accomplit donc quelque chose d&rsquo;historique : elle réconcilie l&rsquo;État malien avec sa propre culture. Elle dit que la modernité n&rsquo;est pas l&rsquo;abandon de la tradition, mais sa mise au service du présent. Elle dit que les vieux sages, les chefs coutumiers, les griots médiateurs ne sont pas des reliques d&rsquo;un passé révolu, mais des acteurs essentiels d&rsquo;un avenir à construire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une reconnaissance juridique, aussi solennelle soit-elle, ne suffit pas à elle seule. Les commissions foncières manquent souvent de moyens pour fonctionner correctement. Les autorités traditionnelles ont besoin de formation pour adapter leurs pratiques aux nouvelles formes de conflit. Les mécanismes endogènes doivent être articulés avec le système judiciaire formel sans que l&rsquo;un étouffe l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition ont conscience de ces défis. La Charte prévoit le «&nbsp;<em>renforcement des capacités des élus et des Autorités et Légitimités traditionnelles&nbsp;</em>», la «&nbsp;<em>formation des acteurs locaux à la résolution des conflits</em>&nbsp;», et la mise en place de plateformes numériques pour accompagner ces mécanismes dans l&rsquo;ère contemporaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un chantier immense. Mais il commence sur de bonnes bases : la conviction que la paix au Mali ne viendra pas de l&rsquo;extérieur, qu&rsquo;elle ne s&rsquo;importera pas avec des modèles étrangers, et qu&rsquo;elle ne se décrètera pas depuis Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle émergera des villages, des palabres, des palabreurs. Des vieux qui savent écouter. Des griots qui savent raconter l&rsquo;histoire commune. Des communautés qui, malgré tout, se souviennent qu&rsquo;elles ont toujours su vivre ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte leur dit simplement : continuez. L&rsquo;État est avec vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Pays dogon : pourquoi Bandiagara reste au cœur des défis sécuritaires et de la paix au Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La région de Bandiagara, au centre du Mali, fait face aux violences armées, aux tensions communautaires et aux déplacements de populations, tout en conservant des mécanismes locaux de médiation et de résilience.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La région administrative de Bandiagara</em></strong> <strong><em>est devenue l&rsquo;un des espaces les plus éprouvés par les crises contemporaines du Mali. Souvent désignée comme le « pays dogon » en raison de son héritage historique et culturel exceptionnel — falaises millénaires, architecture vernaculaire, pratiques rituelles reconnues par l&rsquo;UNESCO —, elle illustre aujourd&rsquo;hui les contradictions d&rsquo;un territoire riche de son passé, mais profondément fragilisé par une décennie de violence.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrefois relativement épargnée par les confrontations armées de grande ampleur, la région s&rsquo;est progressivement transformée en un espace de violence complexe impliquant groupes armés terroristes, mouvements d&rsquo;autodéfense communautaires, forces étatiques et acteurs coutumiers. Depuis la recomposition des groupes insurgés à partir de 2016-2018 — marquée notamment par la formation du Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (GSIM, lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique) et par la montée en puissance de katibas opérant dans le delta intérieur du Niger —, les violences se sont déplacées vers les zones rurales isolées du Séno Bankass, du plateau dogon et de leurs périphéries. Les massacres d&rsquo;Ogossagou, en mars 2019 et en février 2020, ont constitué les épisodes les plus meurtriers de cette spirale, faisant plusieurs centaines de victimes civiles peules et dogons et révélant au monde l&rsquo;ampleur de la crise intercommunautaire en gestation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une conflictualité multidimensionnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dynamiques ont profondément bouleversé les équilibres locaux. Les localités encore habitées malgré l&rsquo;insécurité connaissent des mutations démographiques importantes, des ruptures économiques ainsi qu&rsquo;une détérioration progressive des relations intercommunautaires. La région subit désormais une conflictualité multidimensionnelle mêlant insurrection armée, tensions intercommunautaires entre agriculteurs dogons et éleveurs peuls, rivalités entre groupes armés pour le contrôle des axes de circulation, et militarisation croissante des appartenances communautaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les déplacements de populations constituent l&rsquo;une des principales conséquences de cette crise. Les mécanismes de suivi humanitaire indiquent que les régions de Bandiagara, de Douentza et de Mopti concentrent une part importante des déplacés internes du Mali — estimés à plusieurs centaines de milliers de personnes dans le seul centre du pays. Certaines communes comme Koro accueillent également des réfugiés burkinabè fuyant les violences transfrontalières, signe de la porosité des crises sahéliennes. Ces mouvements recomposent les équilibres sociaux, fragilisent les mécanismes traditionnels de médiation et accentuent la pression sur des ressources déjà limitées, notamment l&rsquo;eau, le foncier pastoral et les denrées de première nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;armement progressif des communautés, favorisé par le contexte sécuritaire et parfois encouragé localement, a profondément modifié les rapports sociaux traditionnels. Des tensions autrefois contenues par les ressources coutumières peuvent désormais déboucher rapidement sur des affrontements meurtriers. Dans ce contexte, les mécanismes traditionnels de médiation demeurent importants, mais apparaissent insuffisants sans l&rsquo;appui des autorités étatiques et des dispositifs de sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des ressources locales de régulation à préserver</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l&rsquo;instabilité, les sociétés locales conservent des capacités réelles de régulation sociale qu&rsquo;il serait erroné de sous-estimer. Les autorités familiales, chefs coutumiers, dignitaires religieux et médiateurs traditionnels continuent de jouer un rôle structurant dans la prévention des conflits et la recherche d&rsquo;apaisement. Les séances de palabres organisées en période de crise, parfois sous l&rsquo;égide de l&rsquo;État, demeurent des espaces de dialogue reconnus et légitimes localement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces ressources sont illustrées par des exemples concrets. Dans plusieurs communes du plateau dogon, des accords de cessation des hostilités entre villages dogons et peuls ont été négociés sous l&rsquo;égide de sages et de chefs religieux, permettant des périodes de coexistence pacifique même en contexte de forte tension. Les mariages mixtes, les alliances de plaisanterie — ces relations ritualisées qui autorisent entre membres de clans différents une familiarité codifiée — et certaines pratiques rituelles partagées témoignent de formes anciennes de cohésion sociale pouvant contribuer à réduire les tensions. Ces leviers endogènes, parce qu&rsquo;ils s&rsquo;appuient sur une légitimité enracinée dans l&rsquo;histoire longue des communautés, ont une résilience que les dispositifs externalisés de médiation peinent à reproduire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accords locaux observés ces dernières années montrent que l&rsquo;implication des sages, des autorités religieuses et des détenteurs de légitimité coutumière peut favoriser des compromis durables, à condition qu&rsquo;elle s&rsquo;accompagne d&rsquo;un minimum de sécurité et d&rsquo;une reconnaissance institutionnelle de la part des autorités étatiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les limites du local face à la recomposition armée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l&rsquo;affaiblissement de la présence étatique en milieu rural a favorisé l&rsquo;émergence d&rsquo;acteurs armés concurrents cherchant à contrôler les territoires, les axes de circulation et les populations. Dans plusieurs localités, groupes terroristes et milices communautaires se disputent l&rsquo;influence sécuritaire, alimentant la méfiance entre communautés et réduisant les marges d&rsquo;action des autorités traditionnelles comme des forces nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains mouvements d&rsquo;autodéfense, initialement perçus comme protecteurs par les communautés qui les ont vus naître, ont été accusés d&rsquo;exactions, fragilisant leur légitimité et nourrissant des cycles de représailles. La dissolution de Dana Ambassagou — milice dogon dont la création avait répondu à un sentiment d&rsquo;abandon sécuritaire réel, mais dont les méthodes avaient fini par retourner l&rsquo;opinion contre elle — ainsi que la disparition progressive de certains mouvements d&rsquo;autodéfense peuls associés à des figures comme Sékou Bolly illustrent les reconfigurations permanentes des acteurs armés dans la région. Ces dissolutions ne signifient pas la fin de la militarisation communautaire : elles témoignent plutôt de sa fluidité et de la difficulté à y opposer des réponses pérennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vulnérabilité géographique et transfrontalière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La position géographique de Bandiagara renforce sa vulnérabilité structurelle. Située entre le centre du Mali et le nord du Burkina Faso, la région constitue à la fois une zone de brassage culturel historique et un espace stratégique de circulation transfrontalière pour les groupes armés, les trafics et les flux de réfugiés. Les reliefs rocheux du plateau, les plaines ouvertes du Séno et certaines zones difficilement accessibles compliquent le contrôle territorial durable par l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension transfrontalière est centrale. La crise au Burkina Faso — dont la région du Sahel et celle du Nord, limitrophes de Bandiagara, connaissent une violence comparable — alimente directement les dynamiques maliennes : flux d&rsquo;armes, déplacements de combattants, mouvements de réfugiés. Une réponse exclusivement nationale à cette crise serait structurellement insuffisante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une paix ancrée dans les réalités locales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La résolution durable de la crise de Bandiagara suppose de conjuguer plusieurs logiques qui ne s&rsquo;excluent pas, mais qui ne se substituent pas les unes aux autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en œuvre effective de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale — adoptée le&nbsp;7 août 2025 par le Conseil national de transition (CNT) et promulguée le 22 août suivant,&nbsp;à l&rsquo;issue du Dialogue inter-Maliens — constitue un cadre institutionnel pertinent, à condition qu&rsquo;elle ne reste pas un document de principe. Son opérationnalisation dans la région de Bandiagara suppose la mobilisation effective des mécanismes endogènes de résolution des conflits qu&rsquo;elle reconnaît : instances coutumières, espaces de palabres, médiateurs communautaires. Le Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV), qui vise à renforcer les fondements civiques et moraux du vivre-ensemble, peut y contribuer à moyen terme, particulièrement auprès des jeunes exposés au recrutement par les groupes armés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces instruments institutionnels ne produiront leurs effets qu&rsquo;à trois conditions. D&rsquo;abord, un retour progressif de la sécurité minimale permettant aux autorités traditionnelles d&rsquo;exercer leur rôle sans être exposées à des représailles. Ensuite, une reconnaissance institutionnelle explicite des mécanismes coutumiers de médiation, qui leur confère une légitimité formelle sans les déposséder de leur ancrage communautaire. Enfin, une approche régionale coordonnée avec le Burkina Faso, sans laquelle les dynamiques transfrontalières continueront d&rsquo;alimenter les violences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés du pays dogon ont traversé des crises profondes dans leur histoire longue. Elles disposent de ressources de résilience que ni la violence armée ni l&rsquo;affaiblissement de l&rsquo;État n&rsquo;ont encore totalement détruites. Préserver et mobiliser ces ressources — en les articulant avec une présence étatique restaurée et des mécanismes institutionnels opérationnels — est la condition d&rsquo;une paix qui ne soit pas seulement une trêve entre deux cycles de violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : les valeurs traditionnelles au cœur de la réconciliation nationale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale adoptée au Mali en 2025 met en avant les valeurs traditionnelles — humanitude, parenté à plaisanterie, pardon et dialogue — comme fondement de la reconstruction du vivre-ensemble.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025, fait un pari ambitieux : puiser dans le génie culturel millénaire du Mali pour recoudre un tissu social mis à rude épreuve par des années de crise. Un choix philosophique fort, qui replace l&rsquo;humain et ses traditions au centre du projet de refondation nationale.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les États cherchent à panser leurs blessures, ils se tournent souvent vers les institutions, les lois, les mécanismes formels. Le Mali, lui, a choisi de regarder d&rsquo;abord vers ses villages, ses griots, ses anciens. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, adoptée par le Conseil national de Transition le 7 août 2025 et promulguée le 22 du même mois, consacre un titre entier aux «&nbsp;<em>valeurs partagées</em>&nbsp;» du peuple malien. Une liste de seize valeurs fondatrices, de l&rsquo;humanitude au multilinguisme, en passant par la parenté à plaisanterie, le pardon et la solidarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un simple inventaire poétique. Ces valeurs ont force de loi.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;humanitude, pierre angulaire du vivre-ensemble</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte ouvre avec une notion rare dans le vocabulaire juridique : l&rsquo;humanitude. Définie comme «&nbsp;<em>une valeur cardinale du vivre-ensemble, de la sociabilité et de la solidarité qui caractérise l&rsquo;humain</em>&nbsp;», elle transcende, selon la Charte, «&nbsp;<em>les différences liées à l&rsquo;âge, à l&rsquo;origine sociale, à l&rsquo;ethnie, au statut, à la religion, à la situation de handicap.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ce mot se cache une philosophie profondément africaine : celle de l&rsquo;individu qui n&rsquo;existe que dans et par la communauté. Une vision du monde que résume un proverbe cité dans le texte même :&nbsp;<em>« Une seule paire de pieds ne trace pas un chemin. »</em>&nbsp;Dans un pays où les fractures communautaires ont alimenté des années de violence, ce rappel à l&rsquo;interdépendance fondamentale des êtres humains prend une résonance particulière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La parenté à plaisanterie : un outil de paix vieux comme le Mali</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les valeurs retenues, la parenté à plaisanterie occupe une place de choix. Cette pratique, propre aux sociétés d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, établit entre certains groupes ethniques ou familles des relations codifiées d&rsquo;interpellation, de taquinerie et de dédramatisation des tensions. Entre un Coulibaly et un Traoré, entre un Keita et un Kouyaté, les piques fusent, mais la paix est préservée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte en fait officiellement «&nbsp;<em>un outil de négociation sociale, de réconciliation, de pardon qui utilise les relations et les pactes historiques entre les noms de famille, les ethnies, les individus et les villages.&nbsp;</em>» Ce qui était une pratique informelle transmise de génération en génération devient ainsi un mécanisme d&rsquo;État reconnu pour prévenir et gérer les conflits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux observateurs, cette reconnaissance est à la fois symbolique et stratégique. Dans les zones de tension intercommunautaire, notamment dans le centre et le nord du pays, ces liens ancestraux ont parfois constitué le dernier rempart contre la violence généralisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le pardon, « clé qui ouvre la porte de la paix »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile de parler de réconciliation sans évoquer le pardon. La Charte lui consacre un développement remarquable, le définissant comme «&nbsp;<em>un acte par lequel une personne, un groupe de personnes, une communauté ou un État, victime d&rsquo;une offense, d&rsquo;un tort ou d&rsquo;une faute, décide, après le repentir de l&rsquo;offenseur, de renoncer à toute rancune et à tout ressentiment ou désir de vengeance.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte prend soin de préciser que le pardon n&rsquo;est pas une capitulation. Il «&nbsp;<em>nécessite l&rsquo;acceptation de la demande et la reconnaissance par l&rsquo;autre partie de son tort et son engagement à ne pas récidiver.</em>&nbsp;» Il est un processus, pas un effacement. Et il implique une condition fondamentale : le repentir sincère de celui qui a commis le tort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le proverbe choisi pour l&rsquo;illustrer résume à lui seul toute une philosophie de la paix :&nbsp;<em>« On ne lave pas le sang avec du sang. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le dialogue comme mode de gouvernance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte érige également le dialogue en principe de gouvernance. «&nbsp;<em>C&rsquo;est en dialoguant qu&rsquo;on éteint le feu&nbsp;</em>», dit l&rsquo;un des proverbes qui ponctuent le texte. Cette valorisation du dialogue ne se limite pas aux relations entre communautés : elle s&rsquo;applique aux relations entre l&rsquo;État et les citoyens, entre les institutions et les partis politiques, entre le gouvernement et les syndicats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où la Charte elle-même reconnaît «&nbsp;<em>l&rsquo;effritement de la confiance entre l&rsquo;État et les citoyens&nbsp;</em>», cette insistance sur la parole partagée devient une réponse directe à l&rsquo;une des causes profondes de la crise malienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des proverbes qui font loi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des particularités les plus frappantes de ce texte juridique est la place accordée aux proverbes. Pour chaque valeur, la Charte cite plusieurs adages issus de la tradition orale malienne, lui donnant ainsi une dimension culturelle et pédagogique inédite pour un document législatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »</em>&nbsp;pour la solidarité.&nbsp;<em>« Là où est le cœur, là est la patrie »</em>&nbsp;pour le patriotisme.&nbsp;<em>« Si ce n&rsquo;est pas vrai, ne le dites pas »</em>&nbsp;pour l&rsquo;honneur. Ces formules, connues de tout Malien dès l&rsquo;enfance, sont intégrées dans la loi pour rappeler que la réconciliation ne se décrète pas : elle se vit, au quotidien, dans les gestes les plus simples.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pari sur la mémoire collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En ancrant ainsi la réconciliation nationale dans la culture et les traditions, le Mali fait le pari que la mémoire collective est plus forte que les divisions récentes. Que derrière les fractures ethniques et communautaires instrumentalisées par les groupes armés, il existe un socle commun, des valeurs partagées que personne n&rsquo;a inventées mais que tout le monde reconnaît.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce pari est-il suffisant face à l&rsquo;ampleur des défis sécuritaires et politiques ? La Charte elle-même ne prétend pas que les valeurs traditionnelles seront à elles seules la solution. Elle les associe à des mécanismes institutionnels, à des réformes juridiques, à une politique de sécurité ambitieuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en choisissant de commencer par là, par ce que le Mali a de plus profond et de plus commun, elle envoie un message clair à son peuple : la paix ne viendra pas de l&rsquo;extérieur. Elle viendra de vous, de nous, de ce que nous sommes ensemble depuis des siècles.&nbsp;<em>« Les doigts de la main ne sont pas égaux, mais ils travaillent ensemble. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>SENARE 2025 : quand la tradition dialogue avec l’intelligence artificielle au service de la réconciliation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cheickna Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Sep 2025 11:15:38 +0000</pubDate>
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<p>Dans le cadre de la SENARE 2025,  célébration de la culture et la réconciliation nationale à travers un atelier pour jeunes acteurs culturels sur la création musicale.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans le cadre de la 4&nbsp;ᵉ édition de la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE 2025), un atelier de formation s’est tenu le mercredi&nbsp;17&nbsp;septembre au Centre de formation de l’INPS. L’initiative avait pour objectif de former une trentaine de jeunes acteurs culturels à la création musicale en mariant les richesses de la tradition malienne avec la puissance de l’intelligence artificielle.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités, dont le directeur général de l’INPS, Ousmane Karim Coulibaly, et le médecin colonel-major Dr Ousmane Ly, membre de la commission d’organisation de la SENARE.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ia-doit-etre-domptee-pour-servir-nos-interets"><strong>L’IA doit être domptée pour servir nos intérêts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son allocution, Ousmane Karim Coulibaly a insisté sur la place centrale de la culture dans le développement et la réconciliation nationale&nbsp;: « <em>Nous sommes à la Semaine de la Réconciliation et nous montrons au monde que nous sommes un peuple multiculturel. Tout développement économique et social doit avoir pour fondement la culture. La richesse de nos traditions multiséculaires constitue un vecteur pour sortir du sous-développement et rapprocher nos communautés.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le médecin colonel-major Dr Ousmane Ly a pour sa part souligné l’importance de l’intelligence artificielle comme outil au service de la culture&nbsp;: « <em>Nous explorons les voies de la réconciliation en mariant tradition et intelligence artificielle. Les participants apprendront à composer de la musique dans nos langues nationales et officielles à travers des outils comme ChatGPT, Gemini et Suno. L’IA doit être domptée pour servir nos intérêts et non l’inverse. </em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-technologie-au-service-de-la-culture-et-de-la-reconciliation">La technologie au service de la culture et de la réconciliation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Durant l’atelier, les participants ont découvert comment marier tradition et modernité. En s’appuyant sur leurs langues locales et des instruments comme le <em>tamani, le goni</em> ou le <em>balafon</em>. Ils ont créé des chansons originales générées par l’intelligence artificielle, explorant des thèmes liés à la paix, à la réconciliation et à la cohésion sociale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’activité s’est conclue par un mini-concours où les morceaux produits ont été interprétés devant le jury, mettant en valeur le talent de chacun. Ce cadre d’échange a ainsi permis aux jeunes de transformer leurs textes en véritables compositions musicales. Toute chose qui illustre concrètement le potentiel de la technologie au service de la culture et de la réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet atelier s’inscrit pleinement dans la dynamique de la SENARE&nbsp;2025, qui met l’accent sur l’implication de la jeunesse et des femmes, la promotion de la cohésion sociale et l’innovation culturelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>‎Cheickna Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Près de 400 arbres pour la paix : la réconciliation au Mali se conjugue aussi désormais avec écologie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cheickna Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 07:51:45 +0000</pubDate>
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<p>La Semaine nationale de la réconciliation au Mali 2025 célèbre la paix avec le Bosquet de la paix et des initiatives durables.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans le cadre de la 4&nbsp;ᵉ Édition de la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE 2025), une cérémonie de reboisement s’est tenue ce mardi&nbsp;16&nbsp;septembre 2025 dans la forêt classée de Koulouba. Cette initiative, placée sous le signe de la paix et de la durabilité, a donné naissance à un « Bosquet de la paix », constitué de près de 400&nbsp;plants d’essences locales.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable,&nbsp;<em>Mme&nbsp;Doumbia Mariam Tangara</em>, aux côtés du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général Ismaël Wagué, du ministre des Affaires religieuses,&nbsp;du culte et des coutumes, Dr Mahamadou Koné,&nbsp;ainsi que de nombreux représentants de la jeunesse, des femmes, des autorités coutumières et religieuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-planter-un-arbre-c-est-poser-un-acte-d-esperance"><strong>Planter un arbre, c’est poser un acte d’espérance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son allocution, la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a salué le leadership du Président de la Transition et a remercié le ministre de la Réconciliation pour avoir associé son département à cette initiative. « <em>Je voudrais en ce moment solennel, saluer le leadership visionnaire de Son Excellence le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, dont la clairvoyance et l’engagement inspirent nos pas vers la paix et la cohésion. Je voudrais aussi exprimer ma profonde gratitude à Monsieur le ministre, que je nomme mon Général, d’avoir voulu associer mon département à cette grande célébration nationale.</em> », a déclaré&nbsp;<em>Mme&nbsp;Doumbia Mariam Tangara.&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/Semaine-nationale-de-la-Reconciliation-.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/Semaine-nationale-de-la-Reconciliation--1024x576.jpeg" alt="Semaine nationale de la Réconciliation" class="wp-image-19779" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/Semaine-nationale-de-la-Reconciliation--1024x576.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/Semaine-nationale-de-la-Reconciliation--300x169.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/Semaine-nationale-de-la-Reconciliation--768x432.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/Semaine-nationale-de-la-Reconciliation--585x329.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/Semaine-nationale-de-la-Reconciliation--600x338.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/Semaine-nationale-de-la-Reconciliation-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Plantation d&rsquo;arbres dans la forêt de Koulouba, le 16 septembre 2025, dans le cadre de la Semaine nationale de la Réconciliation. ©Cheickna Coulibaly/Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Elle a poursuivi en rappelant la portée symbolique de l’événement&nbsp;: « <em>Planter un arbre, c’est poser un acte d’espérance et de foi en l’avenir. Le bosquet de la paix que nous inaugurons aujourd’hui dans la forêt classée de Koulouba n’est pas seulement une plantation. Il est un symbole vivant de notre pardon, du dialogue et de la solidarité. Chaque arbre grandira comme la paix que nous voulons consolider.</em> »</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-mali-reconcilie-avec-lui-meme-et-avec-la-nature"><strong>Un Mali réconcilié avec lui-même et avec la nature</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle a également mis en lumière le rôle écologique et social de cette action&nbsp;: « <em>Le choix de la forêt classée de Koulouba n’est pas anodin. Poumon vert de la capitale et témoin silencieux de l’histoire de notre nation, elle joue un rôle écologique majeur. En y aménageant un bosquet d’un hectare, nous contribuons à enrichir son couvert végétal et à assurer sa régénération, inscrivant ainsi la réconciliation nationale dans le temps long de la nature.</em> »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/SENARE-2025-1.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/SENARE-2025-1-1024x576.jpeg" alt="SENARE 2025" class="wp-image-19781" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/SENARE-2025-1-1024x576.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/SENARE-2025-1-300x169.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/SENARE-2025-1-768x432.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/SENARE-2025-1-585x329.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/SENARE-2025-1-600x338.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/09/SENARE-2025-1.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">La ministre de l&rsquo;environnement au milieu, à sa gauche le ministre des Affaires religieuses, et à sa droite le ministre de la Réconciliation, le 16 septembre 2025, à l&rsquo;issue de la plantation d&rsquo;arbres dans la forêt de Koulouba, dans le cadre de la SENARE 2025. ©Cheickna Coulibaly/Sahel Tribune.  </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Organisée en collaboration avec les autorités locales, les services des Eaux et forêts, les femmes et les jeunes, cette initiative incarne la volonté de lier réconciliation et protection de l’environnement. Elle s’inscrit pleinement dans la vision de la SENARE&nbsp;2025, qui met l’accent sur des actions concrètes en faveur de l’unité nationale, de la cohésion sociale et du développement durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plantation de près de 400&nbsp;arbres à Koulouba apparaît comme un symbole fort&nbsp;: celui d’un Mali qui veut se réconcilier avec lui-même et avec la nature, en transmettant aux générations futures un héritage de paix et de durabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cheickna Coulibaly&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>SENARE 2025 : une édition placée sous le signe de la culture et de la paix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cheickna Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 07:46:55 +0000</pubDate>
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<p>La SENARE 2025, un rendez-vous incontournable pour promouvoir la paix et le vivre-ensemble au sein de la nation.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La grande salle de conférence du CICB vibrait ce lundi matin 15&nbsp;septembre 2025. Archi-pleine, elle a d’abord résonné avec l’ensemble instrumental national, avant que les dozos n’enflamment la salle par leurs rythmes traditionnels. La fanfare militaire nationale a ensuite clos ce moment introductif avec l’hymne national, donnant à la cérémonie toute sa solennité. Dès l’entame, le ton était donné&nbsp;: la culture et les traditions, mises au service de l’unité et de la paix.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Initiée et pilotée par le ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE), instituée par la Loi d’Entente nationale de 2019, est désormais un rendez-vous annuel inscrit au mois de septembre. Elle vise à informer, sensibiliser et mobiliser l’opinion publique autour de la paix, de la réconciliation et du vivre-ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le haut parrainage du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, et sous la présidence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, la 4&nbsp;ᵉ édition de la SENARE a officiellement été lancée. Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de Corps d’Armée Ismaël Wagué, étaient présents.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-faire-des-expressions-artistiques-et-culturelles-des-leviers-de-paix"><strong>Faire des expressions artistiques et culturelles des leviers de paix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre a rappelé le sens de cette semaine&nbsp;: « <em>La Semaine nationale de la Réconciliation est l’occasion de célébrer les idéaux du vivre-ensemble à travers des activités éducatives, socio-culturelles, artistiques, sportives et mémorielles</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette édition&nbsp;2025 coïncide avec l’Année de la Culture, décrétée par le Président de la Transition. Le Premier ministre a souligné&nbsp;: « <em>Replacer la culture au cœur des politiques publiques, renforcer la souveraineté culturelle du pays et faire des expressions artistiques et culturelles des leviers de paix, de réconciliation et de vivre-ensemble</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème choisi — « <em>Héritage culturel&nbsp;: facteur de paix et de cohésion sociale dans l’espace AES </em>» — illustre cette volonté. Le Premier ministre a cité quelques repères de la société malienne, autant de garde-fous face aux crises&nbsp;: le&nbsp;<em>sinankounya</em>&nbsp;(cousinage à plaisanterie), le&nbsp;<em>siguignogonya</em>&nbsp;(bon voisinage), le&nbsp;<em>bouranyan</em>&nbsp;(liens de mariage) et le&nbsp;<em>nimogoya</em>&nbsp;(honneur et dignité), véritables instruments de réconciliation et de prévention des conflits.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-rendez-vous-au-coeur-d-un-contexte-difficile"><strong>Un rendez-vous au cœur d’un contexte difficile</strong>‎</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La SENARE&nbsp;2025 se tient alors que le Mali fait face à une crise multidimensionnelle&nbsp;: rébellion armée persistante, attaques terroristes, fragilisation du tissu social. Dans ce contexte, la réconciliation nationale est perçue comme une urgence vitale. Le Premier ministre a lancé un appel vibrant&nbsp;: « <em>Le chemin de la réconciliation et de la paix est long, certes, les défis sont immenses, mais avec notre volonté commune, la réconciliation est à notre portée et la paix est possible. Marchons ensemble, main dans la main, sur le chemin de la paix et de la réconciliation nationale</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-semaine-riche-en-activites"><strong>Une semaine riche en activités</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long de la semaine, la SENARE propose un programme varié et ambitieux. Les débats citoyens et panels éducatifs permettront de sensibiliser et mobiliser les populations sur les enjeux de la réconciliation et de la paix. Les activités sportives, adaptées à chaque région, incluent à Bamako, des courses de chevaux et de la lutte traditionnelle, tandis que les séances de prières et bénédictions collectives rassembleront les communautés religieuses.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les expositions artistiques et photographiques, sur le thème « <em>Portraits et messages de paix </em>», mettront en avant le talent des jeunes artistes de l’espace AES, et les caravanes de sensibilisation diffuseront des messages de cohésion sociale dans toute la capitale et les régions. Le point d’orgue de la semaine sera la Nuit de la Réconciliation, un dîner-gala réunissant artistes et acteurs de la paix pour la remise du Prix annuel de la Paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En déclarant ouvertes les activités, le Premier ministre n’a pas manqué de féliciter et remercier le ministre de tutelle pour son engagement pour la paix et la réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les activités de la SENARE se poursuivront jusqu’au 21&nbsp;septembre 2025, en écho à la Journée internationale de la Paix et à la veille de la Fête de l’Indépendance, avec l’ambition de faire de cette semaine un moment de dialogue, de pardon et de renouveau pour tout le Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">‎<strong>Cheickna Coulibaly&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>SENARE 2025 : Quand l’héritage culturel rassemble les Maliens et les peuples de l’AES</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cheickna Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Sep 2025 10:06:52 +0000</pubDate>
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<p>Participez à la SENARE 2025 au Mali, un espace de rencontre pour promouvoir la paix et la cohésion sociale à travers la culture.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali s’apprête à vivre, du 15 au 21&nbsp;septembre 2025, la quatrième édition de la Semaine nationale de la Réconciliation. Cette initiative, née d’une volonté politique et citoyenne de tourner les pages douloureuses du passé, veut offrir à tous les Maliens, ainsi qu’aux peuples frères du Burkina Faso et du Niger, un espace de rencontre, de dialogue et de partage autour d’un bien commun&nbsp;: la culture.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème retenu cette année, « <em>Héritage culturel&nbsp;: facteur de paix et de cohésion sociale dans l’espace AES </em>», traduit l’ambition d’aller puiser dans les racines profondes des sociétés sahéliennes des réponses aux défis du présent. Car depuis toujours, les alliances traditionnelles, les pactes de cousinage, les danses populaires, les contes et les récits transmis par les anciens ont servi de repères et de garde-fous pour préserver la paix et désamorcer les conflits.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-jeunesse-et-les-femmes-nbsp"><strong>La jeunesse et les femmes&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie d’ouverture, prévue le lundi&nbsp;15&nbsp;septembre au Centre International de Conférences de Bamako, se déroulera sous le haut parrainage du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et sous la Haute Présidence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Cette rencontre solennelle marquera le coup d’envoi d’une semaine dense et riche en activités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conférences, panels, débats citoyens, expositions, projections artistiques, caravanes de sensibilisation et prières collectives jalonneront le programme. Dans les rues de Bamako comme dans les villages les plus reculés, dans les espaces publics comme dans les orphelinats, des voix multiples s’élèveront pour rappeler que la paix n’est pas seulement une affaire d’État, mais aussi un engagement quotidien porté par chaque citoyen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes auront une place de choix dans cette édition. À travers des compétitions sportives, des ateliers artistiques et des espaces de dialogue, ils seront invités à réfléchir sur leur rôle dans la transmission des valeurs de tolérance et de solidarité. Les femmes, quant à elles, animeront des panels sur leur rôle central dans la réconciliation, elles qui portent la mémoire des familles et qui tissent les liens invisibles entre les générations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-senare-une-grande-fete-nationale"><strong>La SENARE, une grande fête nationale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un moment fort sera sans doute la Nuit de la Réconciliation, organisée au CICB. Entre prestations artistiques, causeries et remise du Prix annuel de la Paix, cette soirée se veut à la fois festive et symbolique. Elle mettra en lumière celles et ceux qui, dans l’ombre, œuvrent chaque jour pour préserver la paix, renforcer la cohésion sociale et donner un sens concret à l’unité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la SENARE&nbsp;2025 ne se limite pas à Bamako. Dans toutes les régions du Mali, des activités adaptées aux réalités locales seront organisées&nbsp;: plantation d’arbres symboliques, veillées de contes, matchs de football intercommunautaires, concerts, cérémonies de bénédictions. Même la diaspora, à travers les ambassades et missions diplomatiques, prendra part à cette dynamique collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’un calendrier d’événements, la SENARE se veut une grande fête nationale de la mémoire et de l’espérance. Elle rappelle à chacun que les valeurs héritées des ancêtres ne sont pas de simples souvenirs, mais des ressources précieuses pour reconstruire le tissu social et tracer la voie d’un avenir commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, année de la Culture au Mali, cette édition revêt une signification particulière. Elle est une invitation à transformer les chants, les danses, les récits et les symboles en outils de réconciliation et de développement. À travers elle, le Mali affirme son rôle de pionnier dans la diplomatie culturelle et son attachement indéfectible à la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cheickna Coulibaly&nbsp;</strong></p>
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		<title>Prévention et gestion des conflits : Les Maliens optent pour les mécanismes endogènes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 08:31:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[accord d’Alger]]></category>
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<p>Découvrez les enjeux de la prévention et gestion des conflits à travers la charte pour la paix de  juillet 2025.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le mardi&nbsp;22&nbsp;juillet 2025 eut lieu la cérémonie officielle de remise de la charte pour la paix et la réconciliation nationale au Président de la transition. Le Général d’armée Assimi Goïta a reçu le document des mains de l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, président de la commission de rédaction. Une cérémonie qui marque un tournant décisif dans l’instauration de la paix et de la réconciliation nationale dans le pays.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Rédigée par près d’une cinquantaine d’experts, la charte est composée de 106&nbsp;articles répartis en 16&nbsp;titres et 39&nbsp;chapitres. Son élaboration résulte d’une initiative du Président de la Transition caractérisée par sa souveraineté et son inclusivité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Élaborée dans un esprit de concertation et d’inclusivité, elle couvre les dimensions essentielles du développement économique, social, culturel et institutionnel du pays. En d’autres termes, elle est l’aboutissement de vastes consultations nationales impliquant tous les segments de la société malienne. En optant pour cette charte, le Mali tourne définitivement la page de l’ingérence trouble de l’extérieur dans la gestion de ses conflits.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-mecanismes-endogenes-priorises"><strong>Les mécanismes endogènes priorisés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce document, le Mali envisage de bâtir une paix durable fondée sur ses propres réalités culturelles et sociales. C’est une charte qui propose une refondation républicaine basée sur des mécanismes traditionnels de médiation, une justice transitionnelle et une cohésion nationale renforcée. Elle s’appuie sur les mécanismes endogènes de gestion des conflits, à savoir&nbsp;: les activités culturelles et sportives entre autres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces cadres constituent des forums d’échanges, de partage et de communion avec la participation des communicateurs et légitimités traditionnels. Deux des articles du document sont relatifs aux principes de l’éducation civique et morale rattachée à notre culture. Des principes qui devront amener les Maliens à adopter des attitudes positives pour la paix, la sécurité et la cohésion sociale. En plus, la diplomatie coutumière, basée sur nos croyances, nos religions et nos traditions, est prise en compte.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En recevant la charte, le chef de l’État a indiqué qu’elle est le fruit d’un dialogue national inclusif, souverain et exempt de toute ingérence extérieure. « <em>L’accord d’Alger de 2015 a été un accord où tout le monde s’est mêlé de nos affaires. On aurait dit que le Mali appartenait à tous, sauf aux Maliens »,&nbsp;</em>a déclaré le Président de la transition.<strong><em>&nbsp;</em></strong>Le<strong><em>&nbsp;</em></strong>Général d’armée Assimi Goïta a prôné des solutions maliennes aux problèmes maliens, avertissant en ces termes&nbsp;:<strong><em>&nbsp;</em></strong><em>« Nous ne laisserons plus personne écraser le pays ».<strong>&nbsp;</strong></em>Le Chef de l’État a poursuivi en soutenant qu’il ne s’agit pas simplement d’un texte symbolique, mais d’une véritable feuille de route pour la refondation d’un Mali fort, uni et stable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A la même période où la charte lui a été remise, le gouvernement est en train de finaliser la mise en place d’un outil institutionnel de promotion de la paix et de l’unité nationale. Il s’agit du centre pour la promotion de la paix et de l’unité nationale au Mali (CPU-Mali).</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cpu-mali-un-formidable-outil-pour-la-paix-et-la-reconciliation-nbsp"><strong>Le CPU-Mali, un formidable outil pour la paix et la réconciliation&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Créé par l’ordonnance n°&nbsp;2024-002/PT-RM du 23&nbsp;février 2024 et organisé par le décret&nbsp;2024 -0118/PT-RM du 11&nbsp;mars 2024 fixe son organisation, le CPU-Mali est une réponse à la paix et à l’unité nationale tant recherchée par le peuple malien. Il a pour missions principales de contribuer à la cohésion sociale, promouvoir le dialogue et l’unité nationale, et soutenir les initiatives de paix et de développement durable au Mali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le CPU-Mali est né à la suite d’une proposition du ministre de la Réconciliation, de la paix et de la cohésion nationale, lors de la session du Conseil des ministres du mercredi&nbsp;14&nbsp;février 2024. D’après la proposition du Général de corps d’armée Ismaël Wagué<em>, « Tout est parti d’un constat lié</em>&nbsp;<em>aux graves crises, notamment les rébellions, les violences politiques et les conflits inter ou intra-communautaires qui ont créé chez le citoyen en général et les victimes en particulier, un énorme besoin de justice et de réparation, de fixer ces faits dans la mémoire collective nationale et internationale et d’obtenir de l’État une garantie de leur non-répétition ».&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le communiqué issu de cette session du conseil des ministres, il est dit&nbsp;: « <em>En vue de préserver la mémoire historique des périodes de violence et de répression, des initiatives éducatives indispensables ont été envisagées pour permettre d’établir une mémoire publique qui sert de bastion contre le déni et la récidive. Dans cette perspective, le gouvernement dit avoir opté pour la justice transitionnelle pour établir la paix, construire le tissu social en vue d’un meilleur vivre ensemble et d’aboutir à la réconciliation nationale ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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