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	<title>Archives des RDC &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des RDC &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>BAMEX 2025 : La RDC séduite par la politique de défense du Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 12:18:39 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>BAMEX 2025 à Bamako attire des délégations internationales. Découvrez le rôle du Mali dans le secteur de la défense.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le premier salon international de la défense et de la sécurité, BAMEX 2025, ouvert le 11 novembre 2025 à Bamako, n’est pas que de la promotion de l’armement. Des pays séduits par le courage, la détermination et la dignité du Mali ont tenu à bénéficier de son experience. C’est le cas du chef de la délégation de la République démocratique du Congo qui est venu signifier toute l’admiration de son pays pour celui du Général d’Armée Assimi Goïta.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la tête d’une forte délégation, Me Guy Kabombo MUADIAMVITA, Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants de la République Démocratique du Congo, a été reçu par le Général de Division Daoud Aly MOHAMMEDINE, ministre de la Sécurité et de la Protection civile. C’était le mercredi, 12&nbsp;novembre 2025. Cette entrevue fait suite à celle qu’il a eue avec son homologue malien, le Général de corps d’armée Sadio Camara.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-cadre-d-echanges-et-de-concertations-bientot-mis-en-place-nbsp"><strong>Un cadre d’échanges et de concertations bientôt mis en place&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de son entrevue avec le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Vice-Premier ministre s’est réjoui de se trouver au Mali, un pays qui fait face à des défis sécuritaires similaires à ceux de son pays.&nbsp;<em>« Ces défis ont pour nom, entre autres, le terrorisme, la criminalité transfrontalière, la prolifération des groupes armés et l’instrumentalisation des nationaux par des puissances extérieures. »,<strong>&nbsp;</strong></em>a ajouté l’émissaire du Président congolais, Félix Tchishekedi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a dit être fier du Mali qui fait face à une grave crise sécuritaire avec courage, détermination et dignité, en refusant la soumission et en privilégiant la souveraineté, la stabilité et l’unité nationale. La RDC, a-t-il dit, est très intéressée par l’expérience du Mali qui fait la fierté de tous les panafricanistes et qui enseigne, avec éloquence, que les Africains doivent prendre en main leur destin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa part, le ministre Daoud Aly Mahammedine a souhaité la bienvenue à son hôte et l’a chaleureusement remercié d’être venu en terre africaine du Mali malgré les tentatives désespérées de forces obscures de dissuader les délégations étrangères de participer au BAMEX 25. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux personnalités ont croisé leurs analyses sur la situation sécuritaire du continent avant de conclure que l’heure était à la coopération et aux échanges entre leurs pays respectifs confrontés aux mêmes menaces. Ainsi, les deux parties ont convenu de la création d’un cadre d’échanges et de coopération entre le Mali et la RDC dans les domaines de la défense et de la sécuritaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Vice-Premier ministre congolais en charge de la Défense a promis, dès son retour à Kinshasa, de faire les mises en relation nécessaires afin de concrétiser rapidement les bonnes dispositions de coopération entre les deux parties. Me Muadiamvita se dit en mission pour construire cette Afrique unie imaginée par les pères fondateurs des indépendances, notamment le ghanéen Kwamé N’KRUMAH et le malien Modibo KEITA. La mise en place de ce cadre est le fruit de contacts longtemps établis entre les deux pays depuis quelque temps. Le plus en vue a été la mission de haut niveau dépêchée par le Président congolais auprès du Président Goïta.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-mission-de-haut-niveau-avait-ete-depechee-a-bamako-nbsp"><strong>Une mission de haut niveau avait été dépêchée à Bamako&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, c’était le vendredi&nbsp;21&nbsp;février 2025 que le Général d’armée Assimi Goïta a reçu en audience Constant Mutamba Tungunga, Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République Démocratique du Congo accompagné de Christophe MUZUNGA, Ambassadeur de la RDC au Mali, résidant à Dakar, et de TALUBULU TSHIS OSIBOWA Godfrey, Conseiller. Si rien n’a filtré de leur entretien, il ressort, selon des sources, que les émissaires congolais ont porté le message de demande d’aide militaire de leur chef d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le média nigérien « <em>Niger info</em> », c’est sur les conseils du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, Chef de l’État tchadien, que le président de la RDC s’est tourné vers son homologue du Mali qui est de surcroit président en exercice de l’AES ( Alliance des États du Sahel), née le 6&nbsp;juillet 2025. Cette mise en route du chef d’État tchadien vers le Mali fait suite à une mission de son homologue congolais dépêchée auprès de lui. Cette mission avait été au Tchad, le 18&nbsp;février 2025. Elle était conduite par Didier Mazenga et avait été dépêchée en urgence à N’Djamena pour solliciter du président tchadien une assistance militaire « <em>sous toutes ses formes </em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à cette sollicitation, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a conseillé à Tshisekedi de se tourner vers le président Goïta afin de bâtir une riposte africaine solide et cohérente. Prenant la mesure de l’urgence, le chef d’État congolais avait aussitôt missionné, le 21&nbsp;février 2025, son ministre d’État, ministre de la Justice, Constant Mutamba, pour engager des discussions avec l’AES, véritable rempart contre l’ingérence étrangère et les desseins de partition du Congo fomentés par les puissances occidentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut signaler que BAMEX 2025 se déroule en 2 phases de 2 jours : au Parc d’exposition de Bamako, où 30 entreprises présenteront des équipements et solutions de pointe et au Centre Boubacar Sada Sy de Koulikoro, où les délégations officielles invitées auront droit à des démonstrations de grande envergure pour évaluer les systèmes de défense aérienne, les drones, les munitions, les véhicules tactiques, les plateformes de surveillance et les solutions de commandement intégrées. BAMEX 2025, dont les rideaux tomberont ce 14 novembre 2025 enregistre la participation de plus de trente (30) pays africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>SMC</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>À Malabo, l’union se décompose : autopsie d’une crise diplomatique africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Jun 2025 17:41:51 +0000</pubDate>
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<p>Le retrait du Rwanda de la CEEAC met en lumière l'impuissance des organisations africaines face aux rivalités géopolitiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Malabo, le sommet qui devait acter une transition ordinaire à la tête de la CEEAC s’est transformé en scène de rupture. Le Rwanda, privé de la présidence tournante, claque la porte. En toile de fond : le conflit rwandais-congolais, désormais transporté dans l’arène diplomatique. Et une question : que reste-t-il de l’intégration régionale quand les États règlent leurs comptes à ciel ouvert ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 juin 2025, Kigali a claqué la porte. En refusant de transmettre la présidence tournante de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) au Rwanda, les chefs d’État réunis à Malabo ont provoqué une crise diplomatique d’une ampleur inédite dans l’histoire de cette organisation créée en 1983. Derrière le prétexte institutionnel, c’est un contentieux plus profond, plus ancien, plus explosif – celui entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) – qui a refait surface, projetant son ombre sur l’intégration régionale tout entière.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quand-kinshasa-bloque-kigali"><strong>Quand Kinshasa bloque Kigali</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne devait s’agir que d’une formalité. Une transmission de témoin, en somme : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la Guinée équatoriale, cédant la présidence tournante de la CEEAC à son homologue rwandais, Paul Kagame. Mais à Malabo, rien ne s’est passé comme prévu. Le Burundi s’y est opposé. La RDC a haussé le ton. Résultat : statu quo prolongé. Obiang reste président. Kagame s’éclipse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les coulisses du sommet, les mots ont fusé. Un commissaire de la CEEAC confie : «&nbsp;<em>C’était électrique. Le ministre rwandais voulait comprendre pourquoi cette transmission lui était refusée. Celui de la RDC a répondu que ses autorités ne pouvaient pas accepter d’avoir à se rendre au Rwanda tant que ce pays menait une agression contre leur territoire&nbsp;</em>». Ambiance.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-kigali-denonce-kinshasa-persiste"><strong>Kigali dénonce, Kinshasa persiste</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué au vitriol publié le 8 juin au matin, le ministère rwandais des Affaires étrangères accuse : «&nbsp;<em>La CEEAC a été instrumentalisée par la RDC. Le droit du Rwanda à assumer la présidence tournante a été sciemment bafoué pour permettre à Kinshasa d’imposer sa volonté.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pilule est d’autant plus amère à Kigali que ce n’est pas la première fois que le Rwanda se sent marginalisé. En 2023 déjà, lors d’un sommet tenu à Kinshasa, Kigali avait été exclu des débats. La scène se rejoue, cette fois à Malabo. Et cette fois, Kigali préfère se retirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté congolais, la réponse n’a pas tardé. Selon la présidence de la RDC, «&nbsp;<em>les chefs d’État de la CEEAC ont reconnu l’agression rwandaise et ont appelé Kigali à retirer ses troupes de l’est de la RDC&nbsp;</em>». Le ton est sans appel. Pour Félix Tshisekedi, aucun dialogue n’est possible tant que le Rwanda est perçu comme fauteur de guerre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-organisation-prise-en-otage"><strong>Une organisation prise en otage</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du conflit bilatéral, c’est toute la crédibilité de la CEEAC qui vacille. L’organisation, qui se voulait un espace de coopération économique, de dialogue politique, de développement solidaire, devient la scène d’un duel. L’épisode de Malabo donne à voir une structure régionale paralysée, incapable de faire respecter ses propres règles, à commencer par celle de la rotation de sa présidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ironie du sort : au même moment, les chefs d’État valident le lancement d’une zone de libre-échange régionale, prévue pour le 30 août 2025. Mais comment bâtir une union économique quand un de ses membres les plus dynamiques – le Rwanda – est exclu du cercle ?</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-precedent-sahelien"><strong>Le précédent sahélien</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue ici dépasse le cas d’école. La crise que traverse la CEEAC résonne avec celle que vit la CEDEAO à l’ouest, où le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont claqué la porte pour fonder leur propre organisation, la Confédération des États du sahel. L’Afrique régionale se fragmente. L’unité continentale, tant prônée par l’Union africaine, se heurte à la realpolitik des capitales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette érosion institutionnelle, la CEEAC devra choisir : réforme ou délitement. Le retrait du Rwanda n’est pas anodin. Kigali est un poids lourd stratégique, diplomatique et économique. L’écarter revient à se priver d’un partenaire de premier plan. Mais le garder, aux yeux de Kinshasa, c’est adouber un agresseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le divorce rwandais révèle les limites du multilatéralisme à l’africaine quand les intérêts nationaux prennent le pas sur les ambitions communautaires. Ce n’est pas seulement la présidence tournante qui a été confisquée à Malabo. C’est l’idée même de solidarité régionale qui a volé en éclats. Et à mesure que les fractures s’accentuent, c’est l’Afrique centrale tout entière qui s’enfonce dans une instabilité institutionnelle durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Chronique. Mali, la fin du faux-semblant démocratique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 09:15:47 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment la décision d'abroger la Charte des partis politiques au Mali impacte la démocratie et le pluralisme.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, la décision du Conseil national de Transition d’adopter en session ordinaire l’abrogation de la Charte des partis politiques fait trembler les défenseurs du pluralisme. Entre nécessité de mettre fin à un multipartisme devenu stérile et volonté d’instaurer une gouvernance plus efficace et susceptible de répondre avec plus de promptitude les besoins des citoyens, le pays s’engage sur la voie d’une réforme majeure. Une refondation qui ouvrira la voie à une démocratie rénovée.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En adoptant l’abrogation, à une majorité soviétique de 130&nbsp;voix contre 2, la Charte des partis politiques de 2005 et le statut de l’opposition de 2015, le Conseil National de Transition (CNT) du Mali vient de signer l’acte de décès d’un multipartisme qualifié par les autorités de façade et de rente. La mesure pourrait choquer, indigner les chantres des dogmes démocratiques classiques, mais elle s’inscrit dans une logique plus large, partagée depuis longtemps par plusieurs penseurs critiques du modèle représentatif hérité des indépendances africaines.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-nbsp-facade-democratique"><strong>La&nbsp;façade démocratique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que les puristes crient au viol de la démocratie n’étonnera personne. Car, en théorie, le multipartisme est sacré. Il incarne cette belle idée selon laquelle la <a href="https://saheltribune.com/billet-dhumeur-senegal-lalternance-mais-a-quel-prix/">pluralité des partis </a>offre au citoyen un choix éclairé, assure l’alternance, stimule la critique et protège les libertés publiques. C’est le crédo de toutes les constitutions modernes depuis la fin des régimes à parti unique, celui de l’Afrique des conférences nationales du début des années 90. Sauf que, dans la réalité malienne, cette pluralité s’est transformée en foire d’empoigne, avec plus de 200 partis dont la plupart sont sans ancrage, sans projet, sans militants, mais souvent dotés de financements publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, naguère présenté comme l’un des pionniers du pluralisme en Afrique de l’Ouest depuis la <a href="https://saheltribune.com/mars-1991-mars-2021-30-ans-de-democratie-toujours-anime-par-le-desir-du-changement/">révolution démocratique de 1991</a>, croulait dès lors le poids d’une prolifération incontrôlée de partis, souvent sans autre projet que de quémander subventions et strapontins. La scène politique malienne était devenue ce que Castoriadis dénonçait dans <a href="https://www.seuil.com/ouvrage/la-montee-de-l-insignifiance-les-carrefours-du-labyrinthe-cornelius-castoriadis/9782020285759" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>La montée de l’insignifiance</em></a> : une façade démocratique où les partis existent, non pour représenter les citoyens, mais pour préserver des clientélismes, verrouiller les institutions, et entretenir une illusion de pluralisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En abrogeant ces textes, les autorités maliennes de la transition, dirigées par le général Assimi Goïta ouvrent une nouvelle page. Fini les partis d’apparat, place à une refondation politique « <em>assainie</em> », où les forces appelées à émerger devront incarner de véritables projets de société. Derrière cet engagement républicain, certains verront certes une stratégie de verrouillage du pouvoir, pourtant il s’agit bien d’une purge salutaire face à l’impasse d’un multipartisme qui, depuis des décennies, servait plus les ambitions personnelles que l’intérêt général.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-critique-du-multipartisme-comme-facteur-d-instabilite"><strong>La critique du multipartisme comme facteur d’instabilité</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que le diagnostic n’est pas propre au Mali. La critique du multipartisme comme facteur d’instabilité n’a jamais cessé d’habiter les réflexions des plus grands penseurs. En Europe, Hannah Arendt dénonçait déjà en 1951, dans <a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2024/12/28/sur-les-origines-du-totalitarisme-le-message-dhannah-arendt/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Les Origines du totalitarisme</em></a>, la cacophonie des régimes multipartites continentaux, louant au contraire la stabilité offerte par les systèmes bipartisans comme celui des États-Unis ou du Royaume-Uni. Selon elle, la guerre des clans partisans prépare toujours le terrain à des ruptures autoritaires, lorsqu’un « <em>homme providentiel</em> » vient se poser en sauveur face au désordre des élites, comme l’on l’a vu en 20 213 avec <a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve/1754" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’élection d’Ibrahim Boubacar Kéïta au Mali</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus près de nous, Isidore Mfuamba Mulumba et Kalala Ilunga Matthiesen, dans leur <a href="https://www.nomos-elibrary.de/de/10.5771/2363-6262-2020-1-112/le-multipartisme-democratique-au-congo-est-une-valeur-democratique-ou-un-desordre-politique-jahrgang-7-2020-heft-1?page=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude sur la République démocratique du Congo</a>, n’hésitent pas à qualifier le multipartisme congolais d’« <em>anarchique</em> », alimentant conflits ethniques, manipulations identitaires et délitement de l’État. En Côte d’Ivoire, après l’euphorie du retour au multipartisme en 1990, le pays a sombré dans les divisions, la rébellion, les crises post-électorales sanglantes. Là aussi, l’illusion démocratique a volé en éclats sous les coups de boutoir des ambitions démesurées et des manipulations politiciennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali est-il à l’abri de ce scénario ? Rien n’est moins sûr. Car depuis des décennies, on assiste à la prolifération de partis inutiles. Aujourd’hui, le discours officiel justifie la suspension des partis par la nécessité de « <em>sauver la nation</em> » des forces centrifuges qui minent son unité.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-chemin-est-etroit-mais-il-est-encore-ouvert"><strong>Le chemin est étroit, mais il est encore ouvert</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, il est légitime de s’interroger&nbsp;: qui définira demain les règles du jeu ? Quel cadre juridique garantira que les futures forces politiques ne soient pas des forces déstabilisatrices ? Quelle place sera faite à la critique, au débat contradictoire, à l’alternance véritable ? Autant de questions qui restent, à ce jour, sans réponse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, le Mali se trouve sur la voie d’une réforme salutaire. Cette refondation devient une vraie opportunité de repenser un système politique délégitimé, d’assainir le jeu démocratique pour le rendre plus responsable, plus proche des attentes populaires.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pari est risqué, mais il est aussi historique. Le peuple malien, qui a trop souvent été pris en otage par une classe politique plus prompte à se partager les miettes qu’à porter une vision nationale, mérite mieux qu’un simple replâtrage institutionnel. Il mérite une démocratie refondée sur des bases solides&nbsp;: la responsabilité, la clarté des projets, l’exigence d’un vrai contrat social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à une anarchie multipartite, le Mali tente d’inventer sa propre voie. Une démocratie de reconstruction, exigeante, patiente, mais véritable. Le chemin est étroit, mais il est encore ouvert.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Doha : la paix en trompe-l’œil entre Kinshasa et Kigali ?</title>
		<link>https://saheltribune.com/doha-la-paix-en-trompe-loeil-entre-kinshasa-et-kigali/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Mar 2025 04:55:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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<p>À Doha, le Qatar s’impose en médiateur entre Kinshasa et Kigali, mais derrière les promesses diplomatiques, la paix dans l’Est congolais reste un mirage.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Doha, le Qatar s’impose en médiateur entre Kinshasa et Kigali, mais derrière les promesses diplomatiques, la paix dans l’Est congolais reste un mirage.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement, c’était un sommet «&nbsp;<em>historique</em>&nbsp;». Un rendez-vous trilatéral inédit entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et l’émir du Qatar. Une rencontre organisée sous les dorures de Doha pour apaiser les tensions dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Officieusement, c’était un exercice de style, une énième tentative de dialogue entre deux adversaires que tout oppose, sauf l’impérieuse nécessité de sauver la face.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière le sourire de rigueur et les poignées de main fermes, la méfiance restait palpable. Pour un familier des négociations de Luanda et de Nairobi, on doit savoir que cette rencontre n’est qu’une mise en scène diplomatique bien huilée, mais au fond, personne n’est dupe. Et pour cause : en une décennie, combien d’accords, de cessez-le-feu et de «&nbsp;<em>feuilles de route</em>&nbsp;» ont été signés, avant d’être réduits en cendres par le fracas des armes dans le Kivu ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le Qatar, nouveau faiseur de paix ou simple figurant ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de Doha comme cadre de discussion intrigue. Que vient faire le Qatar, habitué aux médiations au Darfour et aux tractations entre talibans et Occidentaux, dans un conflit enraciné depuis plus de 25 ans dans les Grands Lacs ? Tout observateur averti de la scène diplomatique dans cette région devra voir derrière cette tentative la volonté pour l’émirat de s’imposer comme un acteur global, capable de peser autant en Afghanistan qu’en Afrique centrale. Doha a l’argent, la neutralité apparente, et surtout l’oreille de Kagamé, qui a su habilement tisser des liens avec le Golfe ces dernières années.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette opération est doublement stratégique. Elle renforce son influence en Afrique tout en offrant à son allié rwandais une tribune pour négocier sans passer par les circuits traditionnels, tenus par l’Occident.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Kagamé sous pression, Tshisekedi en quête de crédibilité</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Paul Kagamé, lui, joue une partition plus délicate. Longtemps perçu comme l’homme fort intouchable de l’Afrique de l’Est, il fait face à une pression internationale croissante sur son soutien présumé au M23. Washington, qui fermait autrefois les yeux sur ses manœuvres régionales, a haussé le ton. Même Paris, pourtant longtemps conciliant, a envoyé des signaux d’agacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rwanda est à un tournant. S’il continue de jouer avec le feu dans l’Est du Congo, il risque de s’isoler diplomatiquement, mais s’il lâche le M23, il perd un levier stratégique. Kagame, fidèle à sa méthode, tente donc de manœuvrer sans rien céder, tout en maintenant une posture de chef d’État rationnel, soucieux de stabilité régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Félix Tshisekedi sait que le temps joue contre lui. Réélu après un scrutin contesté, il doit prouver qu’il peut sécuriser l’Est du pays, là où Kabila avant lui a échoué. Son pari : montrer que la diplomatie peut encore l’emporter sur les armes. Mais dans les couloirs feutrés de la présidence congolaise, l’incertitude domine. L’on estime que ce n’est pas la première fois que Kigali promet un cessez-le-feu, et chaque fois, ils reviennent par une autre porte.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un cessez-le-feu, et après ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">À Doha, les trois dirigeants ont réaffirmé leur attachement aux processus de Luanda et de Nairobi, désormais fusionnés, et promis un cessez-le-feu «&nbsp;<em>immédiat et inconditionnel</em>&nbsp;». En théorie, cela signifie la fin des hostilités. En pratique, personne ne mise sur une désescalade rapide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, les rebelles du M23 continuent d’occuper des positions stratégiques, tandis que l’armée congolaise, épaulée par des troupes burundaises, se prépare à une reprise des combats. Les chefs d’État peuvent donc bien signer tous les accords du monde, mais sans rapport de forces crédible, ça ne changera rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, Doha a-t-il accouché d’une vraie dynamique de paix, ou simplement d’un sursis diplomatique ? La question reste ouverte. Le Qatar a démontré son influence croissante, Kagamé a joué la montre, Tshisekedi a obtenu un répit politique. Mais au-delà des salons climatisés de l’émirat, la vraie réponse viendra des collines du Kivu, où la guerre, elle, n’a pas attendu les accords de Doha pour poursuivre sa route.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Face au M23, Kinshasa cherche-t-il un soutien au Mali ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Feb 2025 14:26:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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<p>En pleine recomposition des équilibres régionaux, le Mali s’invite dans la crise congolaise. Le vendredi 21 février 2025, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a reçu un émissaire spécial de Kinshasa, porteur d’un message du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En pleine recomposition des équilibres régionaux, le Mali s’invite dans la crise congolaise. Le vendredi 21&nbsp;février 2025, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a reçu un émissaire spécial de Kinshasa, porteur d’un message du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Cette visite diplomatique ne doit rien au hasard, alors que RDC est en proie à une nouvelle flambée de violence dans le Nord-Kivu, théâtre du bras de fer entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23, soutenue par Kigali selon Kinshasa.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la tête de la délégation congolaise, Constant Mutamba Tungunga, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, accompagné de Christophe Muzunga, Ambassadeur de la RDC au Mali (avec résidence à Dakar), et de Talubulu Tshis Osibowa Godfrey, Conseiller. Côté malien, Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, observait avec attention. L’audience fut brève, les discussions feutrées, mais le message clair&nbsp;: la situation à l’Est de la RDC inquiète et appelle à une implication accrue des alliés du continent.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi Bamako ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Que vient chercher Kinshasa dans la capitale malienne ? Une médiation ? Une alliance ? Un soutien symbolique ? Difficile à dire. Quoi qu’il en soit, le Mali n’a jamais eu de prétentions de grand médiateur africain. Ce n’est ni l’Algérie, ni l’Angola, encore moins le Rwanda, dont la machine diplomatique est autrement plus affûtée. Pourtant, la sollicitation congolaise pourrait témoigner d’un changement subtil dans les dynamiques régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Bamako n’a pas d’expérience en matière de résolution de conflits internationaux, il peut compter sur plusieurs atouts&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f539.png" alt="🔹" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />&nbsp;Une légitimité régionale grandissante, notamment depuis son rapprochement avec le Niger et le Burkina Faso sous la bannière de l’Alliance des États du Sahel (AES), structure, affranchie des tutelles occidentales et capable de peser sur les grandes questions africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f539.png" alt="🔹" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />&nbsp;Une solide expérience du dialogue avec les groupes armés, issue de plusieurs décennies de gestion de rébellions dans le Nord du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f539.png" alt="🔹" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />&nbsp;Une société civile active et un savoir-faire en matière de consolidation de la paix, qui pourraient être mis à contribution dans un processus de réconciliation élargi en RDC.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un rôle limité mais stratégique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali peut-il réellement peser dans la crise congolaise ? Peu probable. Il est clair que Bamako ne dispose ni des leviers financiers, ni de l’influence diplomatique d’un poids lourd africain. De même, son armée, déjà mobilisée sur plusieurs fronts internes, n’a ni les moyens ni l’intérêt stratégique d’un engagement militaire en RDC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’à cela ne tienne, le Mali peut bien se positionner comme un interlocuteur crédible, loin des influences traditionnelles qui polarisent le dossier congolais. Son indépendance vis-à-vis des puissances occidentales et des acteurs sous-régionaux habituels en fait un allié potentiel pour Kinshasa, soucieux de diversifier ses appuis dans un contexte où l’Union africaine et la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) peinent à imposer un règlement durable au conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, Bamako devra avancer avec prudence. Jouer le médiateur implique une neutralité difficile à tenir dans une crise où les alliances et les inimitiés se tissent en coulisses. Un faux pas, et le Mali pourrait se retrouver pris dans un jeu géopolitique qui le dépasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapprochement entre Bamako et Kinshasa s’inscrit dans une Afrique en mutation. Les alliances traditionnelles vacillent, les puissances émergentes cherchent à redéfinir les équilibres régionaux. Dans ce contexte, voir le Mali s’affirmer — même timidement — comme un acteur de la diplomatie continentale témoigne d’un changement de paradigme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pari malien en RDC sera-t-il gagnant ? Trop tôt pour le dire. Mais une chose est sûre&nbsp;: Bamako n’entend plus rester spectateur des grandes manœuvres africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Analyse. Rwanda, M23, puissances occidentales : qui veut vraiment la paix en RDC ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Feb 2025 14:45:43 +0000</pubDate>
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<p>Derrière ces prises de territoire, derrière ces centaines de milliers de déplacés supplémentaires, se cache une réalité plus vaste : celle d’une guerre qui dépasse la seule RDC.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’histoire nous enseigne que l’instabilité d’un territoire est rarement le fruit du hasard. Elle est toujours le symptôme d’un jeu plus vaste, orchestré par des intérêts multiples, locaux et étrangers, visibles et invisibles. Ce qui se joue aujourd’hui dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ne fait pas exception.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le M23, ce groupe armé dont l’écho résonne depuis plus d’une décennie, refait surface avec une brutalité renouvelée. En quelques mois, il s’est emparé de positions stratégiques, rendant l’avenir de cette région plus incertain encore. À Goma, à Bukavu, l’insécurité est devenue la norme. Pourtant, derrière ces prises de territoire, derrière ces centaines de milliers de déplacés supplémentaires, se cache une réalité plus vaste&nbsp;: celle d’une guerre qui dépasse la seule RDC.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un conflit géopolitique aux ramifications profondes</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rwanda est pointé du doigt. Un rapport des Nations unies, publié en janvier 2025, évoque la présence de 4 000&nbsp;soldats rwandais dans le Kivu, en appui au M23. Kigali, comme toujours, dément ces allégations. Mais les preuves s’accumulent&nbsp;: images satellites, témoignages, vidéos. Alors pourquoi cet appui militaire ? Pourquoi ce soutien persistant au M23 ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire récente offre une explication. Pour le Rwanda, l’instabilité de l’est congolais n’est pas un accident. C’est un levier stratégique. En affaiblissant l’État congolais, Kigali s’assure une influence durable sur cette région riche en minerais, enjeu central des rivalités économiques et politiques. Et il n’est pas seul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’implication de puissances extérieures n’est pas une hypothèse, mais une certitude. Depuis l’époque coloniale, la RDC est un terrain de jeu des grandes puissances. Aujourd’hui encore, derrière les conflits locaux, se cachent des stratégies globales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines nations occidentales, tout en condamnant publiquement le conflit, ménagent Kigali. Pourquoi ? Parce que le Rwanda est devenu un partenaire stratégique pour plusieurs États. Des accords comme celui du Royaume-Uni, visant à y envoyer ses demandeurs d’asile, illustrent cette indulgence. Une posture qui laisse à penser que l’instabilité de la RDC profite à certains, qui y voient une opportunité d’accès aux ressources naturelles et un moyen de maintenir le continent africain divisé.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les dangers d’une escalade incontrôlable</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences de cette guerre ne se limitent pas à l’est de la RDC. Elles pourraient se propager bien au-delà, menaçant la stabilité de toute la région des Grands Lacs. Trois risques majeurs se dessinent et nécessitent une attention urgente.<br>La crise congolaise menace de s’étendre aux pays voisins, notamment au Burundi. Si le conflit continue de s’intensifier, il risque de provoquer un effet domino, alimentant des tensions déjà existantes et créant une situation de chaos généralisé. La région des Grands Lacs, déjà marquée par des conflits récurrents, pourrait ainsi sombrer dans une instabilité prolongée, compromettant les efforts de paix et de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres sont accablants. Plus de six millions de morts en trois décennies. À cela s’ajoutent des millions de déplacés, contraints de fuir l’insécurité et la violence. Les populations civiles, principales victimes de ce conflit, sont laissées à elles-mêmes, exposées aux violations des droits humains, à la famine et aux maladies. L’indifférence de la communauté internationale ne fait qu’aggraver la tragédie, transformant cette crise en l’une des pires catastrophes humanitaires du XXIᵉ siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque conflit interne en Afrique devient une opportunité pour les puissances extérieures. En exploitant ces divisions, certains acteurs étrangers parviennent à asseoir leur influence et à tirer profit des richesses naturelles du continent. L’histoire l’a montré à maintes reprises : un continent divisé est un continent vulnérable. Tant que l’Afrique restera fragmentée, elle restera une proie facile pour ceux qui cherchent à la piller et à manipuler ses dirigeants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces menaces, il est impératif que des solutions durables soient mises en place pour éviter une déstabilisation irréversible de la région et du continent tout entier.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Face à l’urgence, une diplomatie sous pression</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Des initiatives émergent. Mardi&nbsp;18&nbsp;février 2025, Didier Mazenga Mukanzu, envoyé spécial du Président Tshisekedi, s’est rendu au Tchad pour solliciter une aide militaire. Un signe que Kinshasa cherche des appuis régionaux. Mais ces démarches suffiront-elles ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps presse. Plus l’incertitude dure, plus le rapport de force se déséquilibre. L’absence d’une réaction forte de la communauté internationale, notamment africaine, pourrait condamner la RDC à une instabilité chronique, où les groupes armés, soutenus ou tolérés par des États étrangers, poursuivront leur entreprise de destruction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La RDC est un symbole. Un territoire immensément riche, pillé depuis des siècles. Un pays au potentiel extraordinaire, condamné à l’instabilité par ceux qui y trouvent un intérêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette réalité, une seule réponse est possible&nbsp;: une solidarité africaine sans faille. Ni l’ONU, ni les grandes puissances ne viendront régler cette crise. Seuls les Africains peuvent reprendre en main leur destin. Cela passe par un réveil diplomatique, une coordination militaire, une réaffirmation de la souveraineté continentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le M23 ne serait qu’un détail insignifiant si le continent cessait d’être spectateur de sa propre histoire. La question n’est pas de savoir si la RDC peut se relever, mais si l’Afrique est prête à l’y aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Edito] Goma ou l’éternel recommencement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Feb 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La chute de Goma, le 28 janvier, sonne comme un énième acte d’un drame dont les spectateurs fatigués connaissent déjà l’issue. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">À quoi cette guerre est-elle de nom ? Une rébellion, un conflit ethnique, un affrontement géopolitique ? Ou bien une sempiternelle tragédie congolaise, répétant inlassablement le cycle des guerres, des alliances troubles et des condamnations diplomatiques sans lendemain ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chute de Goma, le 28&nbsp;janvier, sonne comme un énième acte d’un drame dont les spectateurs fatigués connaissent déjà l’issue. Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, tiennent désormais les points stratégiques de la ville, tandis que la RDC, abandonnée à sa solitude diplomatique, multiplie les appels à l’aide. Le Conseil de sécurité de l’ONU condamne, l’Union africaine dénonce, mais personne ne bouge. Les mêmes communiqués creux, la même indignation de circonstance, le même silence assourdissant des grandes puissances qui, à défaut d’agir, préfèrent gérer leurs intérêts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Félix Tshisekedi, lui, tente de garder la face. Après avoir présidé une réunion de crise, il a remplacé son gouverneur militaire du Nord-Kivu, sans que cela ne change quoi que ce soit au rapport de force. L’armée congolaise recule, mal équipée, désorganisée, face à une insurrection mieux préparée, mieux formée, et surtout, appuyée par un voisin dont le cynisme stratégique n’a d’égal que l’impunité dont il jouit. « <em>Jusqu’à quand le Rwanda abusera-t-il de votre respect et de votre autorité ? </em>», s’est indignée Thérèse Kayikwamba Wagner à l’ONU. La réponse est tristement évidente&nbsp;: aussi longtemps que personne n’aura la volonté de l’arrêter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce conflit n’est-il que le miroir des antagonismes entre Africains ? N’est-il pas une honte pour toute l’Afrique de voir, au moment où certains dirigeants prônent le panafricanisme et réclament la souveraineté du continent, que des pays s’affrontent encore pour des intérêts mesquins ? Où sont passés les discours enflammés sur la fraternité africaine, sur la nécessité de briser les chaînes du néocolonialisme, quand ce sont des armées africaines qui se livrent à la destruction de leurs propres peuples ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que les chancelleries tergiversent et que Kinshasa tempête, la population de Goma, elle, paie le prix du chaos. Pillages, exécutions, détentions arbitraires&nbsp;: le règne de la terreur s’installe, et avec lui, la perspective d’une nouvelle tragédie humanitaire. Déjà, plus de 4 000&nbsp;détenus ont fui la prison de Goma, et les bases de la Monusco, sous-équipées, deviennent des forteresses assiégées. Les diplomates étrangers évacuent, les compagnies aériennes suspendent leurs vols, tandis que la colère gronde dans la rue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goma tombe, encore. Comme en 2012, comme hier, comme peut-être demain. L’Histoire bégaie, et personne, semble-t-il, n’a l’intention de l’arrêter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bakary Fomba </strong></p>
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		<title>« Africa Outlook 2024 » : l&#8217;Afrique en tête de la croissance mondiale en 2024</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Nov 2023 13:34:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Africa Outlook 2024]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique subsaharienne]]></category>
		<category><![CDATA[croissance économique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>En 2024, l'Afrique s'apprête à prendre la tête du peloton économique mondial, avec douze pays du continent prévus pour figurer parmi les vingt économies à la croissance la plus rapide, révèle le rapport « Africa Outlook 2024 » publié par The Economist Intelligence Unit.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 2024, l&rsquo;Afrique s&rsquo;apprête à prendre la tête du peloton économique mondial, avec douze pays du continent prévus pour figurer parmi les vingt économies à la croissance la plus rapide, révèle le rapport «&nbsp;<em>Africa Outlook 2024</em>&nbsp;» publié par The Economist Intelligence Unit.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les prévisions, tous les pays africains devraient afficher une <a href="https://fr.sputniknews.africa/20231130/ces-12-pays-africains-seront-dans-le-top-20-des-pays-a-la-plus-forte-croissance-economique-en-2024-1063865908.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">croissance économique positive</a>, à l&rsquo;exception notable du Soudan et de la Guinée équatoriale. Douze économies africaines devraient même enregistrer des taux de croissance impressionnants allant de 6% à 10%, propulsant ainsi la région à la deuxième place mondiale en termes de dynamisme économique. Le PIB africain global devrait croître de 3,2%, une nette augmentation par rapport à la croissance de 2,6% enregistrée en 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pays qui mèneront cette charge économique sont le Sénégal, la Mauritanie, la Libye, le Rwanda, la Côte d&rsquo;Ivoire, la République démocratique du Congo, le Bénin, l&rsquo;Ouganda, l&rsquo;Éthiopie, le Mozambique, le Togo et la Tanzanie, selon les données du <a href="https://www.eiu.com/n/campaigns/africas-operational-risk-outlook-aug-2023-registration-confirmation" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport</a>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les moteurs de cette croissance économique mondiale</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En tête de ce classement, le Sénégal devrait afficher une croissance frôlant les 10%, se hissant ainsi à la troisième place mondiale. La Mauritanie et la Libye compléteront le podium continental avec des taux de croissance avoisinant les 7,5%.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les moteurs de cette <a href="https://saheltribune.com/perspectives-economiques-en-afrique-subsaharienne-la-croissance-devrait-atteindre-36-en-2023/">dynamique économique</a> résident notamment en Afrique de l&rsquo;Est, englobant des pays tels que l&rsquo;Éthiopie, le Kenya, l&rsquo;Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie et la RDC. Le secteur des services, en plein essor, propulse cette région en tant que zone la plus dynamique du continent. Parallèlement, les pays riches en ressources et principaux exportateurs de matières premières continueront à prospérer grâce à la concurrence intense et aux prix élevés des hydrocarbures ainsi que des produits issus des secteurs minier et agricole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport souligne également que des investissements substantiels continueront d&rsquo;affluer dans les entreprises africaines du secteur de l&rsquo;énergie, ainsi que dans les minerais et les métaux essentiels à la transition énergétique et à la transformation numérique à l&rsquo;échelle mondiale. Cette projection encourageante positionne l&rsquo;Afrique comme l&rsquo;un des moteurs de la <a href="https://saheltribune.com/afrique-subsaharienne-perspectives-economiques-ameliorent-mais-il-reste-encore-defis-relever/">croissance économique mondiale</a> pour l&rsquo;année à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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