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	<title>Archives des radicalisation | Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des radicalisation | Sahel Tribune</title>
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		<title>[Tribune] Comment les groupes armés recrutent et endoctrinent les enfants au Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À travers le roman Enfant des ruines de Fousseni Togola, cette tribune analyse les mécanismes d’endoctrinement utilisés par les groupes armés au Sahel pour transformer des enfants en combattants et kamikazes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Sahel, des milliers d&rsquo;enfants sont transformés en soldats non par vocation, mais par une mécanique de conditionnement méthodique. Entre lavage de cerveau religieux, isolement familial et privation sensorielle, les groupes armés ont perfectionné l&rsquo;art de détruire un sujet pour en forger une arme. Un roman récent, Enfant des ruines de Fousseni Togola, en restitue la logique de l&rsquo;intérieur — et interpelle notre philosophie politique.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Seydou grandit dans un foyer aimant de Bamako. Son père lui lit des légendes du Mali, l&#8217;emmène à Tombouctou voir la mosquée Djingareyber, lui apprend la patience et le sens du monde. Sa mère lui enseigne les limites du savoir et la grâce de l&rsquo;attente. Il est, écrit Fousseni Togola dans <em><a href="https://amzn.to/44fL33o" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Enfant des ruines</a> </em>(L&rsquo;Harmattan, 2025), « <em>le plus heureux des enfants de son village </em>». Cette félicité n&rsquo;est pas un détail romanesque : elle est la condition même de la tragédie à venir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Seydou, ou l&rsquo;innocence comme matière première</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément cet enfant-là — curieux, instruit, attaché à ses parents, enraciné dans une transmission vivante — que la guerre va saisir, broyer, remodeler. La brutalité des groupes armés sahéliens ne cible pas l&rsquo;ignorant par hasard. Elle cible l&rsquo;enfant formé, celui dont la conscience est encore assez souple pour être réorientée, assez pleine pour être vidée et remplie d&rsquo;autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce paradoxe est au cœur du roman : plus Seydou est intelligent, plus il devient vulnérable à l&rsquo;endoctrinement. Son aptitude à apprendre rapidement, sa capacité d&rsquo;observation, sa discrétion — autant de qualités que ses instructeurs terroristes repèrent et retournent contre lui. «&nbsp;<em>Ce garçon a un cœur de feu,&nbsp;</em>murmure l&rsquo;un des mentors<em>. Il est silencieux, mais il observe. Ce sont ceux-là qui deviennent les plus redoutables.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;endoctrinement ne fabrique pas des soldats à partir de rien. Il fabrique des soldats à partir du meilleur de l&rsquo;enfance — sa curiosité, sa loyauté, sa soif d&rsquo;appartenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La machine : déshumanisation méthodique et remplacement d&rsquo;identité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman de Togola constitue un document rare : une radiographie de l&rsquo;intérieur du conditionnement terroriste au Sahel. Ce que Seydou traverse n&rsquo;est pas la violence brute et désorganisée que l&rsquo;on imagine parfois. C&rsquo;est un protocole. Une ingénierie de la destruction du sujet suivie d&rsquo;une reconstruction planifiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier étage : l&rsquo;isolement. Dès son intégration dans le groupe armé, Seydou est coupé de tout lien avec son passé. Plus de famille, plus de nom, plus de village. Cette destruction des attaches n&rsquo;est pas accessoire — elle est la condition sine qua non du lavage de cerveau. <a href="https://amzn.to/43Gd4Rz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Erving Goffman</a>, dans ses travaux sur les <a href="https://www.ethnographiques.org/2023/Amiotte-Suchet_Higelin-Cruz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">institutions totalisantes</a>, avait décrit ce mécanisme : priver un sujet de tous ses marqueurs identitaires pour le rendre entièrement dépendant de la nouvelle institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième étage : la privation sensorielle et physique. Lever avant l&rsquo;aube, entraînements épuisants, privation de nourriture pour les récalcitrants, privation de sommeil. Ces techniques ne sont pas propres au terrorisme sahélien — elles figurent dans tous les manuels de déconditionnement psychologique, des sectes aux régimes totalitaires. Leur effet est documenté : elles réduisent la capacité critique, augmentent la suggestibilité, créent une dépendance physiologique envers l&rsquo;institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième étage : la substitution identitaire. À Seydou, enfant, on substitue Scorpion 11, combattant. À la foi transmise par un père respectueux, on substitue une idéologie guerrière qui utilise les mêmes mots — Dieu, paradis, sacrifice — mais les vide de leur sens originel pour les remplir de violence. «&nbsp;<em>On lui enseigna des textes sacrés,&nbsp;</em>écrit Togola<em>, mais toujours interprétés selon une vision radicale.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Religion instrumentalisée vs foi authentique : la distinction que Fanon anticipait</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le roman de Togola rejoint une tradition philosophique africaine dont Frantz Fanon reste la figure centrale. Dans <em><a href="https://amzn.to/4ehZcD8" target="_blank" rel="noreferrer noopener sponsored nofollow">Les Damnés de la Terre</a></em> (1961), Fanon avait analysé la façon dont le colonialisme utilisait les catégories culturelles et religieuses autochtones pour mieux les retourner contre les colonisés. La religion, dans ce cadre, n&rsquo;est pas un horizon de sens : c&rsquo;est un instrument de domination réinvesti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les groupes armés sahéliens opèrent selon la même logique, mais en sens inverse. Ils ne colonisent pas au nom de la modernité — ils prétendent résister à la modernité au nom de la religion. Mais le mécanisme est identique : ils s&#8217;emparent d&rsquo;une forme symbolique (l&rsquo;islam, la barbe, le jihad, le paradis) pour la vider de sa substance morale et la remplir d&rsquo;une idéologie de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seydou comprend confusément cette falsification. Il se souvient des paroles de son père — «&nbsp;<em>la foi est une source de paix, de respect et de compassion</em>&nbsp;» — et sent qu&rsquo;elles contredisent ce qu&rsquo;on lui enseigne. Mais il ne peut le dire. Exprimer un doute, c&rsquo;est trahir. Et trahir, c&rsquo;est mourir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Paul Sartre, dans sa préface aux&nbsp;<em>Damnés de la Terre</em>, posait la question de la violence comme réponse à la violence coloniale. Mais il y a ici une différence fondamentale : la violence terroriste au Sahel n&rsquo;est pas une réponse à une domination extérieure — elle s&rsquo;exerce d&rsquo;abord contre les populations africaines elles-mêmes, contre des Seydou qui n&rsquo;ont rien demandé, dont les villages sont pillés, les familles massacrées, les esprits volés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les groupes armés du Sahel détruisent en premier, ce n&rsquo;est pas un État ou une armée. C&rsquo;est un enfant. C&rsquo;est sa mémoire, son nom, ses morts.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois voies d&rsquo;entrée dans les groupes armés : sociologie d&rsquo;un recrutement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman de Togola est aussi un document sociologique. Il identifie avec précision trois voies d&rsquo;entrée dans les groupes armés, que les rapports humanitaires confirment sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première est l&rsquo;enlèvement brutal — c&rsquo;est celle de Seydou. Orphelin, maltraité par ses oncles, il rejoint le groupe non par conviction mais par désespoir de survie. «&nbsp;<em>Il ne me reste plus rien,&nbsp;</em>murmure-t-il<em>. Mon village est détruit, ma famille est partie.</em>&nbsp;» Cette voie est la plus documentée, mais peut-être la moins représentative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième est la tromperie économique. Des proxénètes promettent du travail, de l&rsquo;argent, un avenir. Ils recrutent des jeunes ruraux dont l&rsquo;État a abandonné les villages, dont les familles meurent de faim, dont les écoles ont fermé sous les coups des groupes armés eux-mêmes. La spirale est diabolique : les terroristes détruisent les conditions de vie pour recruter dans la misère qu&rsquo;ils ont produite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième est l&rsquo;engagement volontaire par colère politique. Des jeunes «&nbsp;<em>rongés par le ressentiment</em>&nbsp;», écrit Togola, «&nbsp;<em>blâmaient l&rsquo;État pour leur situation précaire, leur incapacité à trouver un emploi</em>&nbsp;». Cette voie est peut-être la plus inquiétante : elle révèle que l&rsquo;endoctrinement ne commence pas dans les camps militaires terroristes, mais du sentiment d&rsquo;abandon structurel des États envers leurs propres jeunesses.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que cela exige de nous — et des États</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lire&nbsp;<em>Enfant des ruines</em>&nbsp;n&rsquo;est pas un exercice littéraire. C&rsquo;est une interpellation politique. Le roman de Fousseni Togola pose une question que ni les gouvernements sahéliens, ni leurs partenaires occidentaux, ni les organisations humanitaires ne peuvent esquiver : que faisons-nous de ces enfants après ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) existent. Mais ils sont chroniquement sous-financés, conçus sur des modèles occidentaux inadaptés aux réalités sahéliennes, et souvent perçus par les communautés d&rsquo;accueil comme une récompense accordée à ceux qui ont commis les pires atrocités. Seydou, une fois libéré, ne pourra pas simplement «&nbsp;<em>rentrer chez lui</em>&nbsp;» — il n&rsquo;a plus de chez-lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus profondément, le roman pose la question de la transmission. Ce qui a failli sauver Seydou — cette «&nbsp;<em>petite voix</em>&nbsp;» intérieure qui murmurait que la haine n&rsquo;était pas sa vocation — c&rsquo;est précisément ce que ses parents lui avaient transmis. Les récits du soir, les visites à Tombouctou, les discussions sur la mort et la liberté, les leçons de politesse et de respect. La transmission familiale, culturelle, intellectuelle, est la première ligne de défense contre l&rsquo;endoctrinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être là la leçon la plus décisive de ce roman : l&rsquo;obscurantisme ne se combat pas seulement avec des armes. Il se combat avec des écoles ouvertes, des familles protégées, des États qui tiennent leurs promesses envers leurs enfants. Au Sahel comme ailleurs, un enfant qui sait qui il est résiste mieux à ceux qui veulent lui voler son identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://saheltribune.com/enfants-ruines-cri-despoir-face-a-lhorreur-conflits-armes/&amp;ved=2ahUKEwjF87XmiZOVAxXpMYYAHSCOA5wQFnoECBoQAQ&amp;usg=AOvVaw2RnOuxBAwsHkw58yK_TSmQ">résilience de Seydou</a>&nbsp;ne vient pas de lui seul. Elle vient de ce que ses parents ont planté en lui avant que la guerre n&rsquo;arrive. C&rsquo;est cela, la vraie souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé, auteur de <a href="https://amzn.to/4eG1Bqi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour une paix rationnelle</a>. </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« N’té-N’tala » : et si la lutte contre le terrorisme se jouait d’abord dans les esprits ?</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 12:36:31 +0000</pubDate>
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<p>L'initiative « N’té-N’tala » vise à déconstruire les récits extrémistes et à redonner espoir à la jeunesse au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Face à la persistance de la menace terroriste, depuis plus d’une décennie, une nouvelle voix s’élève au Mali, portée par la jeunesse elle-même. À travers le slogan « Non, je ne suis pas dedans (N’té-N’tala) », une initiative citoyenne entend déconstruire les récits extrémistes et offrir des alternatives concrètes à une génération exposée aux risques de radicalisation.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Je suis jeune comme vous. Si j’échoue, c’est toute la jeunesse qui aura échoué</em> ». Cette déclaration du président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, en 2021, résonne encore dans la tête de la jeunesse malienne. Face à l’insécurité, dont la lutte constitue la priorité numéro un des autorités maliennes, la jeunesse ne souhaite plus rester les bras croisés. « <em>La jeunesse ne vous laissera pas échouer, monsieur le président </em>», semble désormais dire en substance cette jeunesse de plus en plus engagée pour le retour de la paix. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte sécuritaire toujours fragile, la lutte contre le terrorisme au Mali ne se joue plus uniquement sur le terrain militaire. Elle s’étend désormais à un autre front, tout aussi décisif : celui des esprits. Face à cette guerre cognitive, la jeunesse s’implique à travers l’initiative citoyenne « <em>Non, je ne suis pas dedans (N’té-N’tala) »,</em>&nbsp;un mouvement de sensibilisation destiné à dissuader les jeunes de rejoindre les groupes extrémistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-deconstruire-les-recits-de-la-radicalisation"><strong>Déconstruire les récits de la radicalisation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Portée par des acteurs de la société civile, cette campagne cible en priorité les jeunes de 15 à 35 ans, notamment dans les zones les plus exposées à l’influence des groupes armés. Elle s’inscrit en appui aux efforts des Forces armées maliennes, en agissant en amont, là où se construisent les choix individuels.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de l’initiative, c’est la conviction que le terrorisme prospère sur la manipulation. Les groupes extrémistes exploitent les frustrations sociales, les vulnérabilités économiques et les aspirations identitaires pour recruter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers « <em>N’té-N’tala</em> », les initiateurs entendent déconstruire ces discours en mettant en lumière les mensonges qui les sous-tendent. Promesses de richesse, d’honneur ou de justice sociale. Autant d’arguments qui, une fois confrontés à la réalité, se révèlent illusoires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rehabiliter-les-valeurs-du-vivre-ensemble"><strong>Réhabiliter les valeurs du vivre-ensemble</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La campagne insiste ainsi sur la nécessité de développer un esprit critique chez les jeunes, afin qu’ils puissent identifier et rejeter les tentatives d’endoctrinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la déconstruction, l’initiative s’appuie sur un socle de valeurs profondément ancrées dans la société malienne : le « <em>Maaya</em> » (humanisme) et le « <em>Dambé</em> » (dignité).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays marqué par une riche diversité culturelle, « <em>N’té-N’tala</em> » promeut la tolérance, la solidarité et la cohésion sociale comme remparts contre l’extrémisme. Il s’agit de rappeler que l’identité malienne s’est historiquement construite sur le dialogue et le vivre-ensemble, à rebours des logiques de violence et d’exclusion.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-montrer-les-consequences-reelles-du-terrorisme"><strong>Montrer les conséquences réelles du terrorisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des axes majeurs de la campagne consiste à exposer les conséquences concrètes du terrorisme sur les individus et les communautés. Derrière les discours idéologiques se cachent des réalités brutales : pertes humaines, déplacements de populations, destruction des infrastructures, traumatisme psychologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mettant en avant ces impacts, « <em>N’te-N’tala »</em>&nbsp;cherche à briser toute forme de fascination ou de banalisation de la violence. Le message est de faire comprendre que rejoindre un groupe terroriste, c’est participer à la destruction de sa propre société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais sensibiliser ne suffit pas. Encore faut-il proposer des perspectives. Consciente de cet enjeu, l’initiative met en avant des alternatives positives : accès à l’éducation, insertion professionnelle, engagement communautaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-slogan-comme-acte-d-engagement"><strong>Un slogan comme acte d’engagement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif est de redonner aux jeunes des raisons d’espérer et de s’investir dans des trajectoires constructives. Dans un contexte où le chômage et le manque d’opportunités alimentent les frustrations, ces alternatives constituent un levier essentiel de prévention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Non, je ne suis pas dedans (N’té-N’tala) »</em>&nbsp;n’est pas qu’un simple slogan. Il s’agit d’une déclaration d’intention, d’un acte de résistance individuelle face à la pression des groupes extrémistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En affirmant leur refus, les jeunes deviennent acteurs de leur propre protection, mais aussi de celle de leur communauté. Le slogan incarne ainsi une prise de position claire : celle d’une jeunesse qui choisit la paix plutôt que la violence.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-bataille-decisive-pour-l-avenir"><strong>Une bataille décisive pour l’avenir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays confronté à des défis sécuritaires complexes, l’émergence d’initiatives citoyennes comme « <em>N’té-N’tala »</em>témoigne d’une évolution des stratégies de lutte contre le terrorisme. Elle souligne que la réponse ne peut être uniquement militaire, mais doit également être sociale, culturelle et éducative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mobilisant la jeunesse autour d’un message simple et puissant, cette initiative ouvre une nouvelle voie : celle d’une résistance par la conscience et l’engagement. Car, au-delà des armes, c’est bien dans les esprits que se joue l’avenir du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sahel : au-delà du djihadisme, la bataille des puissances</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 08:22:22 +0000</pubDate>
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<p>Le Sahel traverse une crise sans précédent où le terrorisme devient un outil géopolitique. Au Mali, la lutte pour la souveraineté et la dignité nationale redéfinit le destin de toute une région.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au-delà des affrontements armés, le Sahel livre une bataille existentielle : celle de sa souveraineté et de son récit. Derrière le voile du terrorisme, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, décrypte une guerre d’influence où se mêlent intérêts géostratégiques, manipulations idéologiques et luttes internes pour le contrôle des ressources. Entre fracture et résilience, le Mali et ses voisins cherchent à reconquérir non seulement leurs territoires, mais aussi leur dignité républicaine.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel est aujourd’hui le théâtre d’une crise profonde qui n’est ni le fruit du hasard ni une fatalité inscrite dans son histoire. Le terrorisme qui s’y déploie depuis plus d’une décennie dépasse largement le cadre d’un phénomène local, spontané ou strictement religieux. Il s’agit d’un outil politique, savamment conçu et entretenu, visant à affaiblir les États, fracturer les sociétés et maintenir cette région stratégique dans un état d’instabilité chronique. L’explosion de violences au Mali, au Nigeria, en Somalie, au Congo ou au Mozambique traduit moins une contagion idéologique qu’un mécanisme géopolitique qui façonne le destin des peuples à leur insu.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-souverainete-condition-premiere-de-la-victoire-sahelienne">La souveraineté, condition première de la victoire sahélienne</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités sahéliennes en ont compris l’enjeu. Le président nigérien Abdouramane Tiani a souligné que la lutte actuelle est «&nbsp;<em>une guerre existentielle</em>&nbsp;», bien au-delà d’un simple affrontement militaire. Il s’agit d’un combat pour que les peuples du Sahel puissent enfin jouir librement de leurs ressources et de leur souveraineté. Au Mali, cette conviction est partagée par la diplomatie et les forces armées. Aucune victoire durable ne sera possible sans une souveraineté pleine et entière — c’est-à-dire un État capable de se défendre, de décider ses stratégies et de diriger son propre destin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme prospère sur les failles profondes de la gouvernance. Là où les contradictions internes ne sont pas résolues et où les ressources naturelles sont mal exploitées ou captées par des réseaux opaques, la violence s’installe. Elle n’est que rarement un choix idéologique à part entière&nbsp;; elle devient surtout un marché lucratif pour trafiquants, milices politico-identitaires et entreprises clandestines qui voient dans le chaos une source de prospérité. Sous le masque d’une «&nbsp;<em>guerre sainte</em>&nbsp;», ces groupes défendent avant tout des intérêts économiques, géostratégiques et des agendas qui n’ont rien de religieux.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-islam-instrumentalise-une-trahison-spirituelle-et-culturelle">L’islam instrumentalisé : une trahison spirituelle et culturelle</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’instrumentalisation de l’islam est au cœur de cette stratégie. Les groupes terroristes utilisent un vocabulaire moral et religieux qu’ils ne respectent jamais. Leur prétendue rigueur n’est qu’une façade destinée à intimider et séduire une jeunesse en quête de repères. Les premières victimes sont les musulmans eux-mêmes&nbsp;: hommes, femmes et enfants pris en otage par une doctrine sans racines locales, étrangère aux traditions sahéliennes. Tombouctou incarne tristement cette contradiction&nbsp;: cité phare de la civilisation islamique, elle a été profanée par des insurgés se réclamant de la foi qu’ils trahissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même la question du voile au Mali illustre ce décalage. Pendant des siècles, les femmes musulmanes du pays ont intégré cette pratique dans un rapport culturel et spirituel authentique, libre de contraintes dogmatiques imposées. Aujourd’hui, des pressions radicales tentent d’imposer un modèle étranger à la réalité sociale locale, ignorant l’histoire et l’enracinement progressif de l’islam au Mali. Cette rupture montre que les groupes armés ne véhiculent aucune tradition, mais une idéologie hostile à la vie même des sociétés qu’ils prétendent défendre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-terrorisme-ennemi-de-la-republique">Le terrorisme, ennemi de la République</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des dimensions morale et culturelle, le projet terroriste cible prioritairement l’espace rural, pilier de l’économie sahélienne. Partout où avance le terrorisme, c’est la désertification humaine qui s’installe&nbsp;: villages vidés, champs abandonnés, pasteurs forcés à l’exil, marchés fermés. Ce phénomène n’est pas accidentel, mais méthodique&nbsp;: les campagnes deviennent des zones sanctuarisées, hors contrôle étatique, où s’imposent les groupes armés qui prélèvent la dîme, imposent leur loi et recrutent la jeunesse privée d’avenir. En détruisant la ruralité, ils menacent la continuité même de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme est anti-républicain par essence&nbsp;: il s’attaque à la dignité, aux droits, à l’égalité et au pluralisme — piliers de l’idéal républicain sahélien. Là où la République veut garantir la liberté, il instaure la peur&nbsp;; là où l’État cherche à rassembler, il divise&nbsp;; là où les sociétés veulent dialoguer, il impose le silence. Mais ce projet ne survivrait pas sans les acteurs «&nbsp;<em>arépublicains&nbsp;</em>»&nbsp;: entrepreneurs de violence, trafiquants transfrontaliers, intermédiaires économiques, notables déchus, certains responsables locaux ambigus voire des puissances étrangères qui tirent profit du chaos. Ces facilitateurs, qui ne sont pas terroristes de profession, nourrissent et entretiennent le désordre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-reprendre-le-controle-du-recit-national">Reprendre le contrôle du récit national</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une lutte véritable contre ce fléau ne saurait être superficielle ou ambiguë. Elle doit être sincère avant d’être médiatisée, active plutôt qu’affichée. Les États sahéliens ne demandent pas une simple assistance sécuritaire, mais une reconnaissance claire de leur droit souverain&nbsp;: celui de se défendre, de choisir leurs alliances et de rompre avec des tutelles paternalistes. La souveraineté reste la principale arme contre le terrorisme. Un État qui ne maîtrise pas sa politique sécuritaire perd le contrôle de son territoire, de ses ressources et de son avenir. Sans cela, il est voué à sombrer, comme l’avait prévu la situation malienne avant la mobilisation populaire et militaire remarquablement résiliente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce combat, la communication stratégique est cruciale. Donner la parole au chaos, c’est nourrir ce même chaos. Les États doivent reprendre le contrôle du récit national. La victoire contre le terrorisme est autant psychologique que militaire. Elle exige une unité nationale forte, une cohésion des institutions, une mobilisation citoyenne autour des valeurs républicaines, et le renforcement des capacités étatiques, notamment dans les campagnes. La souveraineté ne doit pas rester un simple slogan, mais redevenir une exigence morale et politique concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel n’est donc pas condamné à l’instabilité. Ses peuples ont prouvé leur capacité de résistance, de renaissance et leur aspiration profonde à vivre dignement. Le terrorisme, aussi violent soit-il, n’est qu’un épisode transitoire dans l’histoire longue de nations forgées par la lutte, la foi et la culture. Ce qui se joue aujourd’hui au Mali n’est pas seulement une question de sécurité, mais bien une bataille pour la dignité républicaine, la souveraineté politique et la possibilité même de décider librement de leur avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Face aux défaites, le JNIM se réfugie dans la désinformation et la guerre psychologique</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Oct 2025 14:35:59 +0000</pubDate>
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<p>Le Mali dénonce la propagande du JNIM : après ses défaites militaires, le groupe terroriste se replie sur la manipulation psychologique et la peur.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le porte-parole du JNIM tente, Bina Diarra, dans deux nouvelles vidéos, publiées le 17 octobre 2025, d’imposer ses diktats non seulement à la société Diarra Transport mais aussi à l’État malien sous couvert de « pardon » et de « charia », il est important de faire voir derrière ces sorties sur les réseaux sociaux, une opération de propagande et de manipulation psychologique. À court d’arguments militaires, le groupe terroriste cherche désormais à semer la peur, à diviser les communautés et à affaiblir la confiance entre l’État et les citoyens. Mais le Mali, uni et lucide, ne se laissera pas piéger. La souveraineté ne se négocie pas avec les marchands de chaos.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis vendredi 17 octobre 2025, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et dans certaines messageries privées tentent de relayer les propos de Bina Diarra, se présentant comme «&nbsp;<em>porte-parole du JNIM</em>&nbsp;», un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda. Sous des airs de prêche et de dialogue, cette communication n’est rien d’autre qu’une opération psychologique soigneusement calibrée, visant à tromper l’opinion, diviser la société et semer la peur dans un moment où le Mali consolide sa stabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-strategie-du-jnim-seduire-pour-diviser"><strong>La stratégie du JNIM : séduire pour diviser</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les propos de Bina Diarra n’ont rien d’une main tendue ni d’une déclaration de paix. Ils s’inscrivent dans une logique de manipulation narrative, typique des organisations terroristes acculées. Les groupes armés terroristes ont mordu la poussière dans la guerre malsaine qu’ils ont imposés au Mali avec le soutien de leurs sponsors étatiques étrangers. Le sahel, notamment le Mali, est victime d’une guerre par procuration basée sur le chaos contrôlé mené par les groupes armés terroristes pour le compte des sponsors occidentaux. Dans leurs derniers gestes désespérés, l’objectif n’est plus de combattre militairement, mais de tenter de gagner la guerre psychologique en essayant de paraître légitimes, moralement supérieurs, ou en quête de justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En déclarant avoir «&nbsp;<em>pardonné</em>&nbsp;» la société&nbsp;<em>Diarra Transport</em>&nbsp;ou en imposant des conditions aussi absurdes que «&nbsp;<em>le port obligatoire du voile pour toutes les femmes</em>&nbsp;», le&nbsp;JNIM&nbsp;tente une fois de plus d’imposer son idéologie à travers la peur et la culpabilité, sous couvert d’un discours religieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais une question demeure :&nbsp;par quelle voie cette société de transport a-t-elle pu entrer en contact avec un groupe terroriste, sans passer par les autorités compétentes de l’État, qui étaient pourtant les seules habilitées à lui apporter assistance et protection ? Faut-il voir dans cette démarche une forme de&nbsp;complicité tacite&nbsp;ou une mise en scène maladroite, destinée à donner l’impression d’un soulagement retrouvé ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu’il en soit,&nbsp;l’État n’a pas dit son dernier mot.&nbsp;L’intensification récente des opérations de sécurisation et d’escorte en témoigne clairement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout semble indiquer que la société a bel et bien communiqué avec le JNIM. Au lieu de publier un démenti formel, la direction de&nbsp;<em>Diarra Transport</em>&nbsp;s’est contentée d’un bref message annonçant la reprise de ses activités dès le lundi suivant. Une vidéo de réjouissance a même été diffusée avant d’être précipitamment retirée,&nbsp;le mal était déjà fait.&nbsp;Ce geste a été perçu comme un véritable affront aux efforts de la République.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que&nbsp;<em>Diarra Transport</em>&nbsp;doit comprendre, c’est que la déclaration du JNIM n’est nullement un signe de pardon, mais bien une tentative de&nbsp;récupération symbolique, visant à utiliser l’entreprise comme instrument de propagande.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que de prêter le flanc à de telles manipulations,&nbsp;la société aurait gagné à s’unir aux autres acteurs du secteur, notamment les chauffeurs de citernes, pour soutenir l’État&nbsp;et contribuer à la résistance collective contre le terrorisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-guerre-des-mots-pour-masquer-la-defaite-militaire"><strong>Une guerre des mots pour masquer la défaite militaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début de la Transition dirigée par le général Assimi Goïta, les Forces armées maliennes (FAMa) infligent des revers majeurs aux groupes terroristes dans plusieurs zones du centre et du nord du pays. Les bases sont démantelées, les réseaux logistiques coupés, et les populations autrefois terrorisées commencent à reprendre confiance. Il faut souligner également le retour de l’administration dans toutes les zones jadis sous contrôle terroriste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Incapable de rivaliser sur le terrain, le JNIM tente aujourd’hui de se replier sur le champ symbolique et psychologique. Les vidéos de Bina Diarra ne sont pas des messages politiques. Ce sont des signaux de déroutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En utilisant des figures locales (donsos, commerçants, transporteurs), les terroristes cherchent à infiltrer la parole populaire pour créer la confusion. Ils veulent faire croire à une proximité avec le peuple, à une cause partagée. C’est une tactique classique de guerre asymétrique, où les civils sont transformés en boucliers ou en relais de discours pour briser le moral des populations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-art-de-la-desinformation-la-propagande-travestie-en-dialogue"><strong>L’art de la désinformation : la propagande travestie en dialogue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations terroristes ont compris l’importance des médias et des réseaux sociaux. Leur stratégie est désormais celle de la propagande déguisée en dialogue :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils emploient des termes comme «&nbsp;<em>réconciliation</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>pardon</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>équité</em>&nbsp;» pour juste tromper la vigilance. Aussi il s’agit de stratégies pour eux pour déplacer le débat du terrain militaire vers le terrain idéologique, là où l’émotion prime sur la raison. A travers ces méthodes, ils essaient de se présenter comme les garants d’une prétendue authenticité religieuse face à un État accusé d’être «&nbsp;<em>laïc</em>&nbsp;» ou «&nbsp;<em>occidental</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce récit, profondément propagandiste, ne vise pas à convaincre par la vérité, mais à fatiguer moralement les populations : faire douter, désorienter, décourager la résistance. Mais il y a un fait que Bina Diarra omet : aucune communauté malienne ne reconnaît le JNIM comme interlocuteur légitime. Les Maliens, toutes confessions confondues, ont fait le choix du vivre-ensemble, de la dignité et de la paix sous l’autorité de l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-complicite-des-plateformes-de-reseaux-sociaux-nbsp"><strong>La complicité des plateformes de réseaux sociaux&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux, devenus les nouveaux champs de bataille de la guerre psychologique, portent une lourde responsabilité dans la diffusion des messages du JNIM. En laissant circuler, sans contrôle suffisant, des vidéos de propagande terroriste, ces plateformes deviennent les complices passifs d’une entreprise de manipulation et de déstabilisation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous couvert de liberté d’expression, elles offrent une tribune mondiale aux discours de haine. Ces plateformes amplifient ainsi la peur et brouillent la vérité. Chaque partage, chaque vue, chaque commentaire transforme ces réseaux en caisses de résonance du terrorisme numérique, où l’algorithme privilégie le choc et l’émotion au détriment de la sécurité et de la paix sociale. Laisser de telles vidéos proliférer, c’est trahir le principe même de responsabilité numérique et mettre en danger des sociétés déjà fragilisées par la désinformation et la violence symbolique. Les autorités maliennes de la transition devraient donc interpeler ces plateformes (Facebook, Tik Tok, YouTube, WhatsApp, etc), à travers une plainte ou tout au moins un dialogue afin qu’elles se désolidarisent de ces groupes terroristes à travers une régulation forte empêchant la diffusion de message de haine de ces groupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le JNIM ne représente ni l’islam, ni le peuple, ni la justice. Il ne représente que la peur et la division. Derrière chaque mot de ses vidéos se cache une stratégie de désespoir, un effort ultime pour maintenir l’illusion d’un pouvoir perdu. Le Mali, lui, avance. Ses institutions se consolident, ses forces se renforcent, et sa jeunesse, consciente des enjeux, refuse désormais toute manipulation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali ne pliera pas sous la peur. Il a déjà choisi sa voie, qui est celle de la souveraineté, de la vérité et de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La faim, ce nouveau djihad</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 May 2025 06:48:30 +0000</pubDate>
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<p>L'insécurité alimentaire dans le monde laisse des cicatrices profondes. Explorez les causes et les conséquences de cette crise.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un monde où les conflits tuent à la kalachnikov et les sécheresses à petit feu, la faim s’impose comme le détonateur silencieux des grands dérèglements. Derrière chaque chiffre froid, une colère chaude. Derrière chaque ration supprimée, une frontière qui s&rsquo;effrite. La Banque mondiale alerte, mais qui écoute encore quand le ventre vide devient un cri politique ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La crise de la faim ne menace pas seulement des vies, elle mine la stabilité des sociétés »,&nbsp;</em>affirme Axel van Trotsenburg, directeur général des opérations à la Banque mondiale. C’est plus qu’un avertissement technocratique : c’est une prophétie. Et c’est surtout une phrase qui mérite d’être lue à haute voix dans toutes les capitales qui prétendent encore croire à l’ordre mondial.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-linceuls-de-fortune"><strong>Des linceuls de fortune</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>Rapport mondial sur les crises alimentaires 2025</em>, livré en mai dans une indifférence polie, ressemble à ces diagnostics implacables que l’on lit, un sourcil levé, avant de tourner la page. Erreur. Ce rapport-là est une sirène. Un avertissement sans frais — pour l’instant. Car si la faim tue, elle fait plus encore : elle fracture les sociétés, érode les États, dissout les pactes civiques, transforme des enfants en combattants, des mères en exilées, des villages entiers en camps de fortune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">295 millions de personnes. C’est la masse critique de ceux qui, en 2024, ont plongé dans l’insécurité alimentaire aiguë. L’expression est froide. Elle dissimule des réalités brûlantes : enfants affaiblis, rations coupées, marchés à l’abandon, files d’attente pour du riz moisi, poings levés contre les convois de l’ONU, et parfois — trop souvent — des linceuls de fortune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Regardons la carte. Le Soudan est aujourd’hui le théâtre d’une famine certifiée — la première depuis 2020. En bande de Gaza, 100 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire sévère. À Haïti, au Soudan du Sud, au Mali, les zones classées «&nbsp;<em>urgence</em>&nbsp;» ou «&nbsp;<em>catastrophe</em>&nbsp;» se multiplient. Dans 36 pays, plus de 35 millions de personnes nécessitent une action immédiate. Le chiffre fait tourner les têtes, mais sur le terrain, ce sont les ventres qui grondent.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-kalachnikov-est-devenue-un-plat-du-jour"><strong>La kalachnikov est devenue un plat du jour</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, pendant que la faim progresse, les financements reculent. En Afghanistan, en RDC, au Soudan ou au Yémen, les coupes budgétaires ont paralysé l’aide alimentaire. Les Nations unies préviennent : jusqu’à 45 % de réduction. Comme si l’incendie exigeait moins d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La faim, hier conséquence, est devenue cause. Elle alimente les conflits comme le bois sec nourrit le feu. Elle pousse à la fuite, creuse les sillons de la migration, ouvre la voie aux discours extrémistes, aux vendettas intercommunautaires, aux alliances avec les seigneurs de guerre et les groupes armés. La kalachnikov est devenue un plat du jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À qui profitera ce chaos ? Aux entrepreneurs de violence, aux prophètes de l’apocalypse, à ceux qui ont compris depuis longtemps que le ventre vide est plus facile à enrôler que le cerveau nourri. Boko Haram, Al-Shabaab, les factions tribales du Soudan ou les gangs haïtiens le savent. Dans un monde où l&rsquo;on meurt de faim, l&rsquo;arme devient un outil de survie.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-djihad-du-vide"><strong>Le djihad du vide</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et que fait la planète ? Elle s’agite, puis se lasse. Elle promet, puis se retire. Les financements baissent, les promesses s’étiolent, les diplomates s’égarent dans des palabres sans suite. On dénonce, on condamne, mais on n’agit pas. La famine est une catastrophe qu’on regarde à distance, comme une série Netflix dont l’on peut encore choisir de zapper l’épisode suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Axel van Trotsenburg a dit vrai. Mais il faut aller plus loin : la faim est désormais un acteur politique. Elle redistribue les cartes, recompose les rapports de force, redessine les frontières mentales et géographiques. C’est le djihad du vide, le soulèvement du silence, le chaos du quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le XXIe siècle a un nouveau levier de guerre, ce n’est ni le pétrole, ni les minerais, ni l’intelligence artificielle. C’est la faim. Et tant que le monde civilisé la traitera comme une crise parmi d’autres, elle continuera de ronger les fondations de nos certitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
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