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	<title>Archives des quartiers populaires &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Tribune. À Bamako, l’archipel invisible des veilleurs de nuit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 09:56:50 +0000</pubDate>
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<p>Plongez dans le monde des sociétés de gardiennage à Bamako et découvrez leur importance pour la sécurité nocturne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À Bamako, la sécurité nocturne repose sur une armée discrète de veilleurs, vigiles et gardiens recrutés dans les marges du droit et de l’administration. Entre législation inachevée, précarité sociale et délégation tacite de missions régaliennes, cette économie invisible de la nuit révèle les recompositions profondes de l’ordre urbain et les limites de l’État face à l’extension de l’insécurité. Une analyse de&nbsp;Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire.</em></strong></p>



<p>À la tombée du jour, Bamako bascule dans une autre organisation sociale. Lorsque la majorité des habitants se replient dans les concessions, un réseau discret prend le relais : vigiles privés, gardiens d’immeubles, sentinelles de quartier, agents de sociétés de sécurité. Leur présence est devenue indispensable au fonctionnement nocturne de la capitale malienne. Pourtant, ce secteur essentiel demeure largement informel, juridiquement fragile et socialement invisible.</p>



<p>Derrière l’image rassurante du veilleur posté à un portail ou arpentant une rue poussiéreuse se cache une économie de la sécurité peu documentée, à la frontière du public et du privé, où coexistent normes juridiques, pratiques coutumières et arrangements locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-cadre-legal-qui-peine-a-structurer-le-terrain"><strong>Un cadre légal qui peine à structurer le terrain</strong></h2>



<p>Le Mali s’est pourtant doté, dès les années 1990, d’un dispositif juridique visant à encadrer les activités privées de sécurité. La loi n°96-020 du 21 février 1996 réglemente les entreprises de surveillance, de gardiennage, de transport de fonds et de protection des personnes. Elle est complétée par le décret n°96-064/P-RM du 29 février 1996 et renforcée par la loi n°2017-014 du 12 juin 2017, qui insiste sur la professionnalisation, le contrôle des sociétés et les exigences de cautionnement.</p>



<p>Ces textes posent des principes clairs : interdiction de se substituer aux forces de défense et de sécurité, limitation stricte de l’usage de la force, définition des missions autorisées, obligation de formation et de déclaration des agents.</p>



<p>Mais sur le terrain bamakois, la norme juridique se heurte à la réalité sociale. L’essentiel des veilleurs opère hors des circuits formels, recruté directement par des ménages, des commerçants ou des copropriétés, sans contrat écrit, sans assurance, sans cadre disciplinaire clair.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-economie-nocturne-fondee-sur-la-precarite"><strong>Une économie nocturne fondée sur la précarité</strong></h2>



<p>Dans les sociétés de gardiennage agréées, certains agents bénéficient d’un contrat de travail et d’horaires définis. Mais leurs rémunérations restent faibles au regard de la pénibilité du travail nocturne et de l’exposition au risque. Les heures supplémentaires sont rarement comptabilisées, les jours de repos aléatoires, les protections sociales quasi inexistantes.</p>



<p>Pour la majorité des veilleurs, l’emploi repose sur des accords verbaux. En cas d’accident, d’agression ou de litige, les recours sont limités. Les incidents sont souvent réglés à l’amiable, parfois avec l’appui informel de chefs de quartier ou de policiers de proximité. La justice formelle demeure distante, coûteuse et peu accessible.</p>



<p>Cette précarité est d’autant plus marquée que nombre de ces travailleurs sont des migrants internes, venus des zones rurales pour subvenir aux besoins de leurs familles ou financer une formation future. La nuit devient un espace de survie économique et de socialisation urbaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-securite-fondee-sur-la-proximite-plutot-que-sur-l-equipement"><strong>Une sécurité fondée sur la proximité plutôt que sur l’équipement</strong></h2>



<p>Dans les quartiers populaires, la sécurité repose moins sur les armes ou la technologie que sur la connaissance des lieux. Les sentinelles identifient les habitudes, reconnaissent les visages, repèrent les anomalies. Leur autorité ne vient pas d’un uniforme, mais d’une relation de confiance avec les habitants.</p>



<p>Les rémunérations prennent parfois la forme de dons quotidiens : quelques billets, de la nourriture, un appui ponctuel de la part des visiteurs. Car leur rémunération mensuelle tourne autour de 40 000 à 60 000 F CFA, une somme évolutive en fonction de l’ancienneté. Ce système hybride, ni totalement marchand ni totalement communautaire, transforme la sécurité en service social implicite.</p>



<p>Cette logique explique aussi la tolérance dont bénéficient certains veilleurs non déclarés. Ils occupent un vide laissé par l’insuffisance des effectifs policiers et par l’extension urbaine rapide de Bamako.</p>



<p>Devant des banques,&nbsp;les stations-service&nbsp;et les institutions sensibles, les agents sont intégrés dans des dispositifs plus structurés. Ils portent des uniformes, disposent parfois de moyens de communication et travaillent en coordination indirecte avec les forces publiques.</p>



<p>Dans ces espaces, la frontière entre sécurité privée et sécurité publique devient poreuse. Si la loi interdit toute substitution aux forces de l’État, la pratique quotidienne révèle une délégation tacite de certaines fonctions de surveillance.</p>



<p>Ce phénomène pose une question centrale : qui assure réellement la sécurité nocturne de la ville ? L’État, les sociétés privées ou les communautés locales ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-regulation-necessaire"><strong>Vers une régulation nécessaire</strong></h2>



<p>Le maillage nocturne repose sur une chaîne d’alerte informelle : un veilleur prévient un voisin, qui contacte un responsable de quartier, avant d’alerter éventuellement la police. Ce circuit parallèle, fondé sur l’expérience et la rapidité, permet souvent de prévenir des cambriolages ou des agressions.</p>



<p>Ce système, bien que fragile, participe à la stabilité urbaine. Il produit de la dissuasion, du renseignement de proximité et une présence humaine continue dans l’espace public nocturne.</p>



<p>La multiplication des veilleurs de nuit traduit moins une dérive qu’une réponse sociale à l’insécurité et au chômage. Elle révèle l’émergence d’un secteur de sous-traitance diffuse de la sécurité, sans véritable politique publique d’intégration.</p>



<p>Sa régulation pourrait constituer un levier stratégique : formalisation des contrats, formation minimale des agents, reconnaissance juridique et intégration dans des dispositifs locaux de prévention. À défaut, ce secteur continuera de fonctionner dans une zone grise, exposée aux abus, aux dérives et aux récupérations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-nuit-devient-un-miroir-des-fragilites-de-l-etat"><strong>Quand la nuit devient un miroir des fragilités de l’État</strong></h2>



<p>À Bamako, la nuit tient grâce à ceux qui veillent sans bruit. Mais cette réalité met en lumière une fragilité plus large : l’incapacité partielle de l’État à assurer seul la sécurité urbaine et à structurer un secteur devenu indispensable.</p>



<p>Les veilleurs de nuit ne sont pas seulement des gardiens de portails. Ils sont les acteurs d’un compromis social entre insécurité, pauvreté et solidarité locale. Leur invisibilité institutionnelle contraste avec leur centralité fonctionnelle.</p>



<p>Dans l’ombre des rues mal éclairées, ils incarnent une vérité politique : la sécurité n’est plus uniquement une affaire d’uniformes, mais un système composite où se mêlent droit, nécessité et pratiques sociales.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Les grins à Bamako : institutions sociales entre héritage culturel et enjeux contemporains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 08:15:07 +0000</pubDate>
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<p>Les grins à Bamako : une institution sociale révélatrice des liens de solidarité et des enjeux identitaires des jeunes Maliens.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Dans les rues de Bamako, il suffit de faire quelques pas dans n’importe quel quartier populaire pour entendre le cliquetis des petites théières, le rire franc des jeunes et le murmure continu des discussions passionnées. Les grins, ces rassemblements informels autour du thé, sont devenus une véritable institution dans la capitale malienne. Espace de parole et de convivialité pour certains, fabrique silencieuse du chômage pour d’autres, le grin reste un phénomène complexe, révélateur des contradictions d’une jeunesse bamakoise en quête d’identité et de repères.</em></strong></p>



<p>Les&nbsp;<em>grins</em>, ces cercles de discussion informels autour du thé, sont l’une des plus anciennes et vivaces institutions sociales du Mali. Leur origine remonte aux rites d’initiation traditionnels, notamment la circoncision collective, qui venaient renforcer entre jeunes des liens de solidarité existante de façon plus durable. Dans les milieux peuls, on les appelait le «&nbsp;<em>Waldé</em>&nbsp;», tandis que dans le milieu bambara, ils recevaient l’appellation de « <em>ton</em> ».&nbsp;</p>



<p>Cette dynamique s’est prolongée à travers les « <em>tons</em> » du royaume de Ségou, véritables associations de jeunes encadrées par l’autorité coutumière et investie de fonctions communautaires, sociales et parfois militaires. Enracinés dans les principes de fraternité, de palabre et de discipline collective, les grins ont toujours joué un rôle structurant dans la socialisation des jeunes Maliens.</p>



<p>Avec l’urbanisation et l’ouverture culturelle des années&nbsp;1960, et même bien avant depuis les années&nbsp;1914, avec l’engagement obligation des Africains auprès de la France lors de la Première Guerre mondiale, les grins ont subi un véritable coup. A cela venait s’ajouter l’école française. Influencés ainsi par l’école, la musique, les soirées dansantes, les comportements du blanc, et l’habitude de « <em>prendre le thé</em> », ils sont devenus de véritables espaces de débats, d’entraide et d’intégration.&nbsp;&nbsp;Aujourd’hui encore, bien que confrontés à de nouveaux défis comme la distraction numérique ou la superficialité de certains échanges, ils demeurent des lieux de cohésion sociale, ouverts à toutes les origines ethniques et sociales.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-echanger-l-actualite-du-pays-et-du-monde-entier"><strong>Échanger l’actualité du pays et du monde entier</strong><strong></strong></h2>



<p>Le grin continue donc d’occuper une place centrale dans la vie sociale des jeunes, à Bamako. Du lever au coucher du soleil, ces petits cercles se forment et se défont au coin des rues, devant les kiosques, ou dans les cours des maisons. Garçons, souvent accompagnés de jeunes filles, y parle de tout, notamment de la politique, du football, des petites affaires du quartier, des problèmes familiaux ou des rêves d’ailleurs.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;<em>Le grin, c’est avant tout un espace de respiration</em>&nbsp;», explique Aboubacar Sidiki Sogoba, un jeune diplômé sans emploi rencontré à Magnambougou. Théière fumante entre les mains, il décrit ces regroupements comme des lieux où l’on se libère du poids du quotidien. «&nbsp;<em>Tout dépend de l’usage qu’on en fait. Quand on échange sur des opportunités, qu’on parle de projets ou qu’on s’informe, ça peut vraiment nous ouvrir l’esprit. Mais quand c’est juste pour tuer le temps, ça devient vite un cercle vicieux</em>&nbsp;», déclare-t-il.</p>



<p>Pour Moumine Sidibé, étudiant en lettres modernes et fidèle participant d’un grin à Sébénicoro, c’est surtout «&nbsp;<em>un moment de partage</em>&nbsp;». «&nbsp;<em>Je viens au grin pour discuter, échanger l’actualité du pays et du monde entier. Ce n’est pas qu’on n’a rien à faire, mais c’est aussi un moyen de rester connecté, de savoir ce qui se passe&nbsp;</em>», nous raconte Sidibé.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-solidarite-et-perte-de-temps"><strong>Entre solidarité et perte de temps</strong></h2>



<p>Mais la frontière entre espace d’éveil et perte de temps reste mince. Dans la capitale malienne, nombreux sont ceux qui reconnaissent que ces regroupements peuvent aussi devenir un piège, où le temps s’écoule sans projet concret. «&nbsp;<em>Si tu n’y fais pas attention, tu peux passer des journées entières à discuter, sans rien construire</em>&nbsp;», admet Aboubacar Maiga, ajoutant que, «&nbsp;<em>le grin devient alors une zone de confort, qui te tient loin de la recherche active d’un emploi ou d’une formation</em>&nbsp;».</p>



<p>Pourtant, certains y trouvent aussi des opportunités inattendues. «&nbsp;<em>Même si tu as déjà un travail, au grin quelqu’un peut te proposer un boulot plus intéressant</em>&nbsp;», raconte Moumine qui estime que ces rencontres, parfois anodines, peuvent déboucher sur des petits jobs, des collaborations ou même des projets associatifs.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-regard-des-anciens"><strong>Le regard des anciens</strong></h2>



<p>Dans le quartier de Sébénicoro, Mahamadou Sangaré, notable respecté, observe le phénomène avec un mélange de bienveillance et de prudence. «&nbsp;<em>Les grins jouent un double rôle&nbsp;</em>», analyse-t-il. «&nbsp;<em>D’un côté, ce sont des lieux de dialogue et de solidarité entre jeunes. Mais de l’autre, dans certains quartiers, ils deviennent aussi des espaces où on perd son temps, sans activité productive. L’évolution dépend du contexte et surtout de l’encadrement</em>&nbsp;», souligne-t-il.</p>



<p>Pour cet homme d’expérience, il ne s’agit pas de condamner le grin, mais plutôt de réfléchir à la manière de le transformer. «&nbsp;<em>Si on organise des activités éducatives ou professionnelles au sein des grins comme des formations, des débats citoyens ou des ateliers, ils peuvent devenir de vrais leviers pour l’insertion des jeunes</em>», propose le notable Sangaré.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-transformer-le-grin-en-tremplin"><strong>Transformer le grin en tremplin</strong></h2>



<p>La solution, selon M. Sangaré, réside dans l’action concrète. «&nbsp;<em>Former les membres du grin à faire quelque chose de productif, ou même transformer certains grins en coopératives dans l’agriculture, l’artisanat ou les services&nbsp;</em>», indique-t-il, insistant que ces idées sont déjà timidement expérimentées dans certains quartiers périphériques de Bamako, mais elles restent encore marginales.</p>



<p>À Bamako, le grin est donc à la fois un miroir et un symptôme des difficultés de la jeunesse, notamment le chômage massif, le manque d’opportunités et le besoin vital de solidarité. Il incarne ce paradoxe dans un espace où l’on se sent libre, mais où le risque de s’enfermer existe aussi.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-defi-pour-la-jeunesse-bamakoise"><strong>Un défi pour la jeunesse bamakoise</strong></h2>



<p>À l’heure où le chômage des jeunes reste l’un des défis majeurs du Mali, le grin pourrait bien devenir, selon l’attitude de ses membres et le soutien des acteurs locaux, soit un moteur d’espoir, soit un frein invisible. «&nbsp;<em>Le grin n’est pas le problème en soi, conclut Aboubacar, c’est ce qu’on en fait qui compte</em>&nbsp;». En effet, il y en a qui ne se retrouvent au grin que durant la nuit. Après une journée chargée, ils se retrouvent au grin pour se dévoiler entre camarade avant de rejoindre le lit.&nbsp;</p>



<p>Et sous le soleil de Bamako, entre deux gorgées de thé amer, l’espoir d’une jeunesse qui refuse de choisir entre liberté et avenir continue de se construire, grin après grin.</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Vacances scolaires au Mali : comment les familles occupent leurs enfants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 09:18:53 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment les familles maliennes organisent les vacances scolaires au Mali pour enrichir l'expérience de leurs enfants.</p>
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<p><strong><em>À l’approche des vacances scolaires, les familles maliennes s’organisent selon leurs réalités pour occuper utilement leurs enfants. Entre départs en milieu rural, cours de soutien, activités sportives ou apprentissage de l’informatique, chacun cherche la formule la mieux adaptée à son cadre de vie et à son budget. Les initiatives locales se multiplient pour encadrer les jeunes et éviter l’oisiveté. Ce reportage propose un regard sur la diversité des stratégies adoptées par les parents, entre exigences éducatives, contraintes économiques et volonté de préserver les repères sociaux et familiaux.</em></strong></p>



<p>Dans la chaleur de l’après-midi à Bacodjicoroni, Assitan Traoré nous explique qu’elle préfère envoyer ses trois enfants chez leur grand-mère à Dioïla pour les vacances. « <em>Là-bas, ils vont apprendre à s’occuper d’eux-mêmes, à connaître leur culture et surtout à fuir les mauvaises fréquentations de Bamako</em> », confie-t-elle. Ce choix est aussi dicté par les contraintes économiques. « <em>Payer un centre de loisirs, ce n’est pas à la portée de tout le monde</em> », ajoute Assitan.</p>



<p>Comme elle, beaucoup de familles maliennes voient dans les vacances scolaires une opportunité de renouer les enfants avec les réalités rurales, les coutumes familiales et les grands-parents, tout en réduisant les frais d’encadrement en ville. C’est le cas aussi de Maouloud Arby, habitant de Tiebani, qui envoie chaque année ses enfants à Tombouctou pour leur permettre de découvrir une ville riche en histoire et en culture. « <em>C’est une expérience unique où ils peuvent mieux comprendre leurs racines, passer du temps avec leurs cousins, et s’immerger dans un environnement chargé de traditions et de patrimoine</em> », explique-t-il.</p>



<p>À Sebenicoro, Amadou Sidibé, fonctionnaire de la santé, partage cette préoccupation. Lui a préféré inscrire ses deux garçons à des cours de soutien organisés par un enseignant du quartier. « <em>Les enfants oublient vite. Mieux vaut qu’ils consolident leurs bases en maths et en français</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-cours-de-soutien-et-initiatives-communautaires"><strong>Cours de soutien et initiatives communautaires</strong></h2>



<p>Dans ce quartier populaire, les initiatives communautaires se multiplient. Certains jeunes diplômés organisent des séances de renforcement scolaire à prix modique ou animent des clubs de lecture dans les concessions. C’est le cas de Mahamadou Sangaré, diplômé en lettres modernes, qui regroupe chaque matin une quinzaine d’enfants dans la cour de sa maison pour des révisions. « <em>On ne peut pas se croiser les bras pendant trois mois et attendre la rentrée </em>», explique-t-il.</p>



<p>Au quartier Golf, les réalités sont un peu différentes. Plus résidentiel et abritant une classe moyenne, ce quartier voit fleurir des initiatives privées, notamment des colonies de vacances, des stages de football et des ateliers d’informatique. Mariam Keïta, mère de deux enfants scolarisés dans une école privée, explique&nbsp;: « <em>J’ai voulu profiter de ces opportunités pour que mes enfants découvrent de nouvelles activités et développent leurs talents en dehors de l’école. Cet été, ma fille et mon fils prendront des cours en informatique ici à Bamako</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vacances-educatives-et-gestion-du-budget-familial"><strong>Vacances éducatives et gestion du budget familial</strong></h2>



<p>Pour Mariam, les vacances doivent aussi être des moments d’apprentissage autrement. « <em>L’école ne fait pas tout. Ces expériences renforcent leur confiance, leur curiosité, et les occupent utilement</em> ».&nbsp;</p>



<p>Ce compromis reflète la réalité de nombreux ménages maliens cette année&nbsp;: la flambée du coût de la vie impose des arbitrages. À cela s’ajoute le souci de sécurité. « <em>Les enfants ne peuvent plus se promener n’importe où. Il faut toujours les surveiller ou s’assurer qu’ils sont dans un cadre encadré</em> », indique Awa Dembélé, habitante de Bacodjicoroni.</p>



<p>Pour certains parents, les vacances sont aussi l’occasion d’initier leurs enfants aux responsabilités. Dans une concession de Sebenicoro, on retrouve Aïssata Diarra, 13&nbsp;ans, en train de vendre de l’eau glacée au bord de la route. Elle aide sa mère, vendeuse ambulante, durant l’été. « <em>Ça l’occupe et elle apprend à gérer l’argent</em> », dit sa mère, Fanta Diarra, qui assume pleinement ce choix. Loin d’être une exception, cette implication des enfants dans les activités économiques familiales est une pratique courante pendant les vacances, surtout dans les quartiers populaires.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-initiatives-locales-pour-des-vacances-culturelles"><strong>Des initiatives locales pour des vacances culturelles</strong></h2>



<p>Modibo Coulibaly, entraîneur de football dans le quartier de Tiebani et acteur de cette initiative communautaire, souligne l’importance de telles activités. « <em>L’objectif est d’offrir aux enfants un cadre sain et encadré pour se distraire. Il faut éviter qu’ils passent leurs journées scotchées aux téléphones ou livrés à eux-mêmes dans la rue</em> ».&nbsp;</p>



<p>Cette dimension culturelle des vacances n’est pas négligeable. Elle permet de transmettre des valeurs essentielles en dehors du cadre scolaire. Il faut aussi noter que malgré la diversité des approches, une constante demeure, notamment le souci de bien encadrer les enfants et d’occuper utilement leur temps libre. « <em>C’est un défi chaque année </em>», résume Aminata Maïga, mère de cinq enfants à Sebenicoro. « <em>Mais on fait de notre mieux, selon nos moyens, pour qu’ils passent de bonnes vacances sans dérives </em>».</p>



<p>Ainsi, dans ces différents quartiers de Bamako, les préparatifs des vacances scolaires traduisent une diversité d’initiatives et une ingéniosité remarquable des familles maliennes. Entre rattrapages scolaires, voyage chez les parents, activités culturelles, ou petits boulots d’appoint, chacun trouve une formule adaptée à son contexte. Les vacances ne sont pas un luxe, mais un moment stratégique pour préparer les enfants à affronter la prochaine rentrée scolaire et la vie.</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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