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	<title>Archives des putsch &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Présidentielle en Guinée : Mamadi Doumbouya en route vers une victoire écrasante</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 22:57:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez les résultats partiels de la présidentielle en Guinée et l'ascension du général Mamadi Doumbouya.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>À 41 ans, le général Mamadi Doumbouya s’impose sans surprise dans les urnes, quatre ans après avoir pris le pouvoir, en renversant Alpha Condé. Porté par une participation record et un appareil d’État maîtrisé, l’ex-chef des forces spéciales guinéennes transforme l’essai : de président de la transition à président élu. Mais derrière cette victoire partielle triomphale, une question demeure — comment gouverner un pays fatigué par les transitions, les exclusions et les promesses non tenues ?</em></strong></p>



<p>« <em>On n’organise pas les élections pour les perdre</em> », lançait jadis Pascal Lissouba. La formule, à la fois lucide et cruelle, résonne encore comme un écho ironique dans bien des capitales d’Afrique francophone. Car derrière les discours sur la démocratie rénovée et les scrutins solennellement célébrés, persiste une réalité plus ambivalente : celle d’élections où la compétition rime souvent avec conservation du pouvoir, et où la promesse de l’alternance se heurte à la pratique d’un autoritarisme réinventé. Dès lors, une question s’impose : ces scrutins, censés être l’expression la plus noble de la souveraineté populaire, sont-ils vraiment des instruments de liberté politique, ou les paravents sophistiqués d’un pouvoir verrouillé ?</p>



<p>Les résultats partiels de l’élection présidentielle du 28 décembre confirment ce que beaucoup anticipaient : le général Mamadi Doumbouya, président de la transition depuis 2021, s’achemine vers une victoire écrasante. Les chiffres publiés progressivement depuis lundi par la Direction générale des élections (DGE) le placent largement en tête face à huit concurrents peu connus, dans un scrutin marqué par l’absence des principaux opposants politiques.</p>



<p>Selon la DGE, le général Doumbouya, 41 ans, candidat indépendant, arrive en tête dans huit des treize communes de Conakry, et domine également les premières tendances dans plusieurs régions du pays. Le dépouillement complet n’est pas encore achevé, mais tout indique que le chef de la transition obtiendra une majorité écrasante, qui transformerait ainsi son autorité militaire en légitimité électorale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-election-a-forte-participation-malgre-le-boycott"><strong>Une élection à forte participation, malgré le boycott</strong></h2>



<p>Organisée plus de quatre ans après le coup d’État du 5 septembre 2021, qui avait renversé le président Alpha Condé, cette présidentielle devait marquer la fin officielle de la transition. Malgré les appels au boycott d’une partie de l’opposition, le taux de participation a atteint 85 %, selon la présidente de la DGE, Djénabou Touré — un chiffre élevé qui témoigne d’une mobilisation populaire significative, notamment dans les zones rurales et minières.</p>



<p>La plupart des ténors politiques, dont Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré ou Alpha Condé, étaient absents du scrutin, empêchés de se présenter pour des raisons juridiques, d’âge ou d’exil. Ce contexte a largement facilité la victoire du chef de la transition, qui s’est présenté comme le candidat de la stabilité et de la souveraineté retrouvée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-scrutin-salue-par-l-union-africaine"><strong>Un scrutin salué par l’Union africaine</strong></h2>



<p>Malgré un paysage politique verrouillé, plusieurs missions d’observation, dont celle de l’Union africaine (UA), ont salué le caractère «&nbsp;<em>globalement crédible et pacifique&nbsp;»</em> du scrutin. Aucune violence majeure n’a été signalée, et les observateurs ont relevé la bonne organisation technique des bureaux de vote, malgré quelques retards logistiques et un manque de pluralisme réel.</p>



<p>La CEDEAO, qui avait suivi de près la transition guinéenne, a de son côté insisté sur la nécessité de «<em>&nbsp;préserver l’esprit de réconciliation nationale</em>&nbsp;» et d’assurer une inclusion politique durable dans la phase post-électorale.</p>



<p>Mais derrière la célébration, les défis s’annoncent considérables : relancer l’économie minière, diversifier les revenus publics, lutter contre la corruption et restaurer la confiance d’une population qui attend des résultats tangibles. Pour le général-président, désormais homme fort élu, le temps de la légitimation est passé. Celui de la gouvernance commence.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin : Talon sous escorte régionale</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 23:56:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Comprenez le coup d'État au Bénin et la réaction de la CEDEAO pour maintenir la stabilité en Afrique de l'Ouest après la crise.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em><strong><em>En ordonnant le déploiement immédiat d’une force régionale pour soutenir le président Patrice Talon après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, la CEDEAO veut éviter qu’un nouveau domino ne tombe dans la région. Mais derrière cette démonstration de fermeté se joue une autre bataille : celle de la survie du dernier régime civil encore debout dans une Afrique de l’Ouest gagnée par la tentation des ruptures militaires. À Cotonou, le vent du Sahel a soufflé — et même s’il a été contenu, il a révélé l’essoufflement d’un modèle démocratique à bout de souffle.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>La riposte a été immédiate. Moins de vingt-quatre heures après la tentative de&nbsp;changement de pouvoir&nbsp;manquée contre le président Patrice Talon, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a sorti la carte de la fermeté. Dans un communiqué publié ce dimanche soir à Abuja, l’organisation régionale a ordonné le&nbsp;déploiement «&nbsp;<em>immédiat&nbsp;</em>» d’éléments de la Force en attente&nbsp;sur le territoire béninois, afin de soutenir le gouvernement et de préserver «&nbsp;<em>l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale</em>&nbsp;» du pays.</p>



<p>Selon le texte signé par la Commission de la CEDEAO, la décision découle de l’article 25(e) du protocole de 1999, relatif au mécanisme de prévention et de maintien de la paix. Après consultations entre les chefs d’État et de gouvernement, Abuja a donc activé la clause de défense collective, transformant le Bénin en nouvelle ligne rouge du dispositif sécuritaire ouest-africain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-coalition-sous-banniere-nigeriane"><strong>Une coalition sous bannière nigériane</strong><strong></strong></h3>



<p>La force régionale sera composée de troupes venues du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone — les quatre piliers militaires du dispositif CEDEAO. Ce contingent, qui pourrait être déployé «&nbsp;<em>dans les prochaines heures</em>&nbsp;», aura pour mission de&nbsp;sécuriser Cotonou, les infrastructures stratégiques et les institutions républicaines, tandis que l’armée béninoise poursuit ses opérations contre les&nbsp;auteurs de la tentative de changement de régime&nbsp;retranchés dans la zone portuaire.</p>



<p>En clair, Abuja ne veut pas d’un nouveau «&nbsp;<em>cas malien&nbsp;</em>» au cœur du Golfe de Guinée. Depuis le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en janvier 2024, l’organisation voit dans le Bénin un&nbsp;dernier bastion du modèle civil et libéral&nbsp;qu’elle entend préserver à tout prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-reaction-de-survie-regionale"><strong>Une réaction de survie régionale</strong><strong></strong></h3>



<p>Derrière la rhétorique juridique et protocolaire, cette décision traduit une peur : celle d’une&nbsp;contagion&nbsp;qui a déjà gagné la moitié du continent. Le spectre d’un basculement du Bénin dans le camp des&nbsp;pouvoirs militaires&nbsp;du Sahel hante les chancelleries d’Abuja, d’Accra,&nbsp;d’Abidjan, voire de la France. Le président nigérian Bola Tinubu, actuel président en exercice de la CEDEAO, l’a d’ailleurs martelé : «&nbsp;<em>Le Bénin ne tombera pas.</em>&nbsp;»</p>



<p>Mais cette posture de fermeté a un revers. Dans les rues de Cotonou et sur les réseaux sociaux ouest-africains, certains dénoncent une «&nbsp;<em>militarisation de la diplomatie&nbsp;</em>» et un deux-poids-deux-mesures criant. Là où la CEDEAO s’est montrée impuissante face&nbsp;au cas de la Guinée Bisseau, elle déploie aujourd’hui des troupes pour sauver un président affaibli par la fin de son mandat et la fragmentation de son propre camp.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-talon-l-ultime-rempart-ou-le-symbole-d-un-systeme-a-bout-de-souffle"><strong>Talon, l’ultime rempart ou le symbole d’un système à bout de souffle ?</strong><strong></strong></h3>



<p>L’ironie est cruelle. Patrice Talon, chantre autoproclamé de la «&nbsp;<em>Rupture&nbsp;</em>», se retrouve désormais&nbsp;protégé par la vieille garde régionale&nbsp;qu’il avait pourtant défiée sur plusieurs dossiers économiques et institutionnels. À Abuja, à Accra comme à Abidjan, on défend un allié. À Cotonou, beaucoup y voient plutôt la consolidation d’un régime de plus en plus verrouillé, où la succession s’est transformée en bombe à retardement.</p>



<p>La CEDEAO veut croire qu’elle défend la démocratie. Mais en s’érigeant en gendarme d’un ordre vacillant, elle protège avant tout un modèle à bout de souffle — celui des démocraties verrouillées post-conférences nationales, où les urnes n’ont plus la force d’apaiser, et où les casernes finissent toujours par s’inviter au débat politique.</p>



<p><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Madagascar : le pouvoir se dit “debout”, mais chancelle sur ses appuis</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Oct 2025 17:46:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À Madagascar, la situation est confuse avec des mutineries militaires et une lutte pour le pouvoir à Antananarivo.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>À Antananarivo, le pouvoir malgache tente de reprendre la main après une journée de confusion et de rumeurs. Pendant que des militaires mutins proclament la “prise du pouvoir”, la présidence assure que tout va bien. L’orchestre continue de jouer, même si le bateau tangue.</em></strong></p>



<p>Ce samedi 11 octobre 2025, Madagascar a connu l’un de ces jours où l’histoire hésite entre tragédie et comédie politique. En fin de matinée, des soldats du CAPSAT — le Corps d’administration des personnels et services de l’armée de terre —, déjà entrés dans la légende pour leurs mutineries passées, annoncent qu’ils “<em>prennent leurs responsabilités</em>” et déclarent le pouvoir “<em>dissous</em>”. Dans la foulée, ils instaurent un couvre-feu et appellent la population à “<em>rester chez elle</em>”, ce qui, à Antananarivo, signifie généralement descendre dans la rue.</p>



<p>Quelques heures plus tard, alors que la place du 13-Mai, symbole historique des révoltes malgaches, est envahie par une foule euphorique scandant la fin du régime, la présidence de la République sort enfin de son silence. Le message ? Non, le président Andry Rajoelina n’a pas fui. Oui, il est “<em>au pays</em>”. Et mieux encore : il “<em>coordonne les affaires nationales</em>” aux côtés de son Premier ministre, le général Fortunat Ruphin Zafisambo. Un communiqué à la tonalité plus rassurante que crédible, dans un pays où les démentis officiels précèdent souvent les ruptures de régime.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-premier-ministre-en-funambule"><strong>Un Premier ministre en funambule</strong></h3>



<p>Apparu à la télévision nationale, le général Zafisambo — raide comme un porte-drapeau — s’est voulu rassembleur : “<em>Le pouvoir en place se tient debout et est prêt à écouter toutes les factions, qu’il s’agisse des jeunes, des syndicats ou des militaires.”</em></p>



<p>Un ton mesuré, presque apaisé, loin du lexique martial habituel. Comme s’il voulait convaincre que l’on peut encore dialoguer quand les fusils parlent. Le Premier ministre a même rappelé qu’une concertation nationale, sous l’égide du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM), est “<em>en cours de préparation”</em>. Une manière de dire que la religion, une fois de plus, sert de planche de salut politique à un État dévissé.</p>



<p>Signe de lucidité ou aveu d’impuissance, Zafisambo a lancé un appel à ne pas “<em>laisser les forces armées s’entretuer</em>”. Une phrase lourde de sens, car elle trahit ce que tout le monde sait : le pouvoir ne contrôle plus totalement ses propres troupes.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-presidence-sur-le-fil"><strong>Une présidence sur le fil</strong></h3>



<p>Rajoelina, l’homme de 2009 qui s’était hissé au pouvoir en renversant Marc Ravalomanana avec l’appui de ce même CAPSAT, est désormais rattrapé par sa propre histoire. Ironie du sort : ceux qui l’avaient jadis propulsé pourraient bien aujourd’hui le renverser.</p>



<p>Derrière le vernis des communiqués et les discours d’apaisement, la réalité malgache demeure brutale : une armée fracturée, une population épuisée, un président contesté, et une économie asphyxiée. Le tout sur fond de colère sociale nourrie par la pauvreté et les coupures d’électricité, dans un pays où les illusions de stabilité ne durent jamais plus qu’un cycle électoral.</p>



<p>Pour l’heure, Antananarivo retient son souffle. Le pouvoir dit qu’il “<em>se tient debout</em>”, mais à Madagascar, on sait depuis longtemps que la verticalité politique est un sport de déséquilibriste.</p>



<p>Entre démentis officiels et rumeurs virales, le flou règne, et c’est peut-être cela, le vrai pouvoir du moment : la confusion. Car à Madagascar, comme souvent, les crises politiques ne s’achèvent pas — elles changent simplement d’acteurs.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crise politique au Niger : le Conseil Paix et Sécurité demande la coopération des militaires au pouvoir avec la Cédéao et l’UA </title>
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		<pubDate>Tue, 22 Aug 2023 12:21:27 +0000</pubDate>
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<p>Dans un communiqué, ce 22 aout 2023, le Conseil Paix et Sécurité de l’Union africaine (UA) déclare prendre note de la décision de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) de déployer une force en attente au Niger.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Dans un communiqué, ce 22&nbsp;aout 2023, le Conseil Paix et Sécurité de l’Union africaine (UA) déclare prendre note de la décision de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) de déployer une force en attente au Niger. Il demande toutefois une évaluation des implications économiques, sociales et sécuritaires de ce déploiement. Le CPS décide de suspendre le Niger de toutes les activités de l’UA « jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel ». Ce en raison du coup d’État intervenu dans ce pays le 26&nbsp;juillet dernier. Il met en garde contre toute ingérence.&nbsp;</strong></p>



<p>Le Conseil Paix et Sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) souffle dans la même trompette que les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique (Cédéao) sur la crise politique au Niger. Dans le <a href="https://www.peaceau.org/uploads/1168.comm-fr.pdf">communiqué final </a>de sa réunion du lundi 14 aout à propos de cette situation politique, publié ce 24 aout 2023, le CPS s’aligne derrière les décisions imposées par la Cédéao après le coup d’État du 26 juillet au Niger qui a renversé le président Mohamed Bazoum.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Mettre pleinement en œuvre les sanctions imposées et approuvées&nbsp;</strong></h3>



<p>Tout en affirmant son soutien à la décision de la Cédéao d’imposer des sanctions, le CPS exhorte tous les États membres de l’UA et de la communauté internationale, y compris les partenaires bilatéraux et multilatéraux, « <em>à rejeter ce changement anticonstitutionnel de gouvernement et à s’abstenir de toute action susceptible de conférer une légitimité au régime illégal du Niger</em> ». Toutefois, le CPS exhorte la Cédéao à une application progressive de ses mesures punitives en vue de minimiser leurs effets disproportionnés sur les Nigériens.&nbsp;</p>



<p>Le <a href="https://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-1168e-reunion-du-cps-tenue-le-14-aout-2023-sur-l-expose-actualise-de-la-situation-au-niger">Conseil Paix et Sécurité de l’UA</a> demande de compiler et de soumettre « <em>d’urgence la liste des membres de la junte militaire et de leurs soutiens militaires et civils, y compris ceux qui sont impliqués dans la violation des droits fondamentaux du Président Bazoum et d’autres détenus, en vue de sanctions ciblées et de l’application de mesures punitives individuelles</em> ». Il exhorte les États membres de la Cédéao à mettre pleinement en œuvre les sanctions imposées par l’organisation ouest-africaine et approuvées par le CPS.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>« Rétablissement pacifique et rapide de l’ordre constitutionnel »</strong></h3>



<p>Enfin, le Conseil Paix et Sécurité de <a href="https://saheltribune.com/intervention-militaire-au-niger-lua-se-dissocie-de-la-cedeao/">l’Union africaine</a> rejette toute « <em>ingérence extérieure d’un acteur ou d’un pays extérieur au Continent dans les questions de paix et de sécurité en Afrique</em> ». Il met en garde également contre l’engagement de « <em>sociétés militaires privées sur le continent, conformément à la Convention de l’OUA de 1977 pour l’élimination du mercenariat en Afrique</em> ».  </p>



<p>Tout en invitant les militaires au pouvoir au Niger à « <em>coopérer avec la CEDEAO et l’UA en vue d’un rétablissement pacifique et rapide de l’ordre constitutionnel </em>», le CPS exhorte ces hommes en kakis à placer les intérêts suprêmes du Niger et de son peuple au-dessus de tout, et « <em>de retourner immédiatement et sans condition dans les casernes et de se soumettre aux autorités civiles conformément à la Constitution du Niger</em> ». &nbsp;</p>



<p><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Niger : le putsch de trop</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 17:31:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l&#039;ouest]]></category>
		<category><![CDATA[armée]]></category>
		<category><![CDATA[communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)]]></category>
		<category><![CDATA[putsch]]></category>
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<p>Largement sous-estimés, les enjeux du quatrième putsch en Afrique de l’Ouest en deux ans (après le Mali, la Guinée et le Burkina Faso) sont, en effet, majeurs pour le Niger, pour la région et au-delà.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p>Le putsch qui a eu lieu au Niger le 26&nbsp;juillet 2023 n’est pas un putsch de plus mais le putsch de trop, qui donne lieu à une partie de poker entre la CEDEAO et la junte au pouvoir.</p>



<p>Largement sous-estimés, les enjeux du quatrième putsch en Afrique de l’Ouest en deux ans (après le <a href="https://theconversation.com/mali-un-coup-detat-dans-le-coup-detat-161594">Mali</a>, la <a href="https://theconversation.com/guinee-un-coup-detat-previsible-167937">Guinée</a> et le <a href="https://theconversation.com/apres-le-mali-le-burkina-avis-de-tempete-pour-la-france-au-sahel-192535">Burkina Faso</a>) sont, en effet, majeurs pour le Niger, pour la région et au-delà.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un putsch de rentiers</strong></h3>



<p>Selon les putschistes, c’est la dégradation de la situation sécuritaire <a href="https://www.lesahel.org/declaration-du-conseil-national-pour-la-sauvegarde-de-la-patrie-cnsp-le-general-de-brigade-tiani-abdourahamane/">qui les aurait incités à prendre le pouvoir</a>. Or, à l’inverse du Mali et du Burkina Faso, le Niger n’est pas en partie conquis par les groupes djihadistes. Menacé par Boko Haram au sud dans la région de Diffa et par les groupes armés affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique à l’ouest dans les régions de Tillabéri et Tahoua, le pays n’a pas connu d’attaques majeures cette année. En fait, <a href="https://www.lepoint.fr/monde/niger-17-soldats-tues-par-des-djihadistes-a-la-frontiere-avec-le-burkina-faso-16-08-2023-2531772_24.php">l’embuscade dans laquelle est tombée l’armée nigérienne dans la région de Tillabéri</a> le 13&nbsp;août – soit quinze jours après le putsch –, qui a fait 17 morts parmi les militaires, est la première attaque d’envergure depuis plusieurs mois.</p>



<p>De même, à l’inverse du Mali et du Burkina Faso, les putschistes n’incarnent pas une nouvelle génération montante et insatisfaite au sein de l’armée. Âgé de 59&nbsp;ans, le principal auteur du coup d’État, le <a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/niger/coup-d-etat-au-niger-qui-est-le-general-tiani-le-nouveau-dirigeant-autoproclame-a-la-tete-du-pays_5978501.html">général Tiani</a>, était le chef de la garde présidentielle depuis 2011, tandis que le numéro 2 de la junte, le <a href="https://www.letemps.ch/monde/figure-de-la-junte-nigerienne-le-general-mody-est-arrive-a-bamako">général Mody</a>, a 60&nbsp;ans et était le chef d’état-major des armées de 2020 à <a href="https://www.jeuneafrique.com/1432591/politique/au-niger-le-president-bazoum-nomme-un-nouveau-chef-des-armees/">avril 2023</a>. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Qui est Abdourahamane Tiani, le général qui a pris le pouvoir au Niger ? • FRANCE 24" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/tZg1W6dZhKY?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption class="wp-element-caption">Qui est Abdourahamane Tiani, le général qui a pris le pouvoir au Niger&nbsp;? France 24, 29&nbsp;juillet 2023.</figcaption></figure>



<p>La motivation des putschistes semble davantage liée à leur sort personnel qu’à la politique sécuritaire du pays, et reflète les tensions préexistantes entre le président Bazoum et une partie de la hiérarchie militaire. Outre le fait que, le 31&nbsp;mars 2021, à la veille de son investiture, une <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/03/31/niger-une-tentative-de-coup-d-etat-dejouee-deux-jours-avant-l-investiture-du-nouveau-president_6075171_3212.html">tentative de coup d’État</a> avait failli l’empêcher d’accéder au pouvoir, le président Bazoum avait récemment procédé à des changements parmi ses sécurocrates.</p>



<p>Le haut commandant de la gendarmerie et le chef d’état-major général des armées ont été remplacés en mars 2023 et six généraux ont été mis à la retraite. Le remplacement du général Tiani et la restructuration de la garde présidentielle étaient à l’ordre du jour du conseil des ministres du 27&nbsp;juillet 2023. Or le putsch a eu lieu le 26 et c’est le 28&nbsp;juillet, après deux jours de tractations au sein de l’armée, que le général Tiani a pris la tête du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).</p>



<p>Le refus d’accepter la remise en cause de leur position dans la hiérarchie militaire illustre la montée en puissance politique et financière des sécurocrates sahéliens – montée en puissance qui est un effet collatéral de cette guerre contre le djihadisme qui dure déjà depuis dix ans et dont les effets néfastes apparaissent progressivement. Parmi ces effets figure l’explosion des budgets militaires. Selon le Stockholm International Peace and Research Institute, qui fait référence en la matière, les dépenses militaires du Niger sont passées de 39 à 151&nbsp;milliards de francs CFA de 2011 à 2022. Elles ont donc <a href="https://milex.sipri.org/sipri">presque quadruplé en dix ans</a>. Au Mali, pendant la même période, elles sont passées de 76 à 321&nbsp;milliards de francs CFA.</p>



<p>Or la gestion des budgets militaires est entachée de corruption. Réalisé en février 2020, un <a href="https://www.jeuneafrique.com/988350/politique/niger-ce-que-contient-laudit-du-ministere-de-la-defense/">audit</a> mené par l’inspection générale des armées sur les commandes passées par le ministère nigérien de la Défense avait révélé un détournement de 76&nbsp;milliards de francs CFA entre 2014 et 2019. Ces détournements étaient surtout organisés dans le cadre des achats d’armes&nbsp;: une grande partie du matériel militaire fourni par des entreprises étrangères, notamment russes, était sujet à des surfacturations, de faux appels d’offres ou <a href="https://www.occrp.org/en/investigations/notorious-arms-dealer-hijacked-nigers-budget-and-bought-arms-from-russia">n’était parfois tout simplement pas livrée</a>.</p>



<p>Malgré les révélations accablantes de cet audit, les sanctions sont restées cosmétiques et les personnalités impliquées dans ce scandale n’ont pas été poursuivies. L’ampleur de la rente sécuritaire créée par la guerre contre le djihadisme est une des raisons non dites de la montée en puissance des sécurocrates au Sahel et de l’épidémie de juntes militaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest au pied du mur</strong></h3>



<p>L’Afrique de l’Ouest connaît une véritable épidémie de putschs. Le Niger, nous l’avons dit, est le quatrième pays touché en trois ans&nbsp;: le Mali a ouvert le bal en 2020 suivi par la Guinée en 2021 et le Burkina Faso par deux fois en 2022. Quatre présidents élus (Ibrahim Boubacar Keïta, Alpha Condé, Roch Kaboré et Mohamed Bazoum) ont été destitués par des hommes en uniformes.</p>



<p>En tant qu’organisation chargée de la paix et de la sécurité dans la région, la <a href="https://www.lefigaro.fr/international/qu-est-ce-que-la-cedeao-qui-menace-d-intervenir-au-niger-20230807">Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)</a> joue son va-tout. Impuissante face aux trois coups d’État précédents, surprise par ce quatrième putsch, la CEDEAO se trouve maintenant face à une menace existentielle pour les régimes politiques de la région qui se disent démocratiques. Selon la <a href="https://www.bfmtv.com/international/afrique/coup-d-etat-au-niger-qu-est-ce-que-la-cedeao-cette-organisation-qui-pourrait-intervenir-militairement_AD-202308060306.html">ministre sénégalaise des Affaires étrangères</a>, il s’agit bien pour la CEDEAO du «&nbsp;coup (d’État) de trop&nbsp;». L’organisation régionale a donc <a href="https://ecowas.int/communique-final-sommet-extraordinaire-de-la-conference-des-chefs-detat-et-de-gouvernement-de-la-cedeao-sur-la-situation-politique-au-niger/?lang=fr">réagi en force</a> à ce quatrième putsch&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/08/07/niger-l-ultimatum-fixe-par-la-cedeao-est-arrive-a-son-terme-l-espace-aerien-du-pays-ferme-face-a-la-menace-d-intervention_6184661_3212.html">Ultimatum</a> d’une semaine aux putschistes pour rendre le pouvoir au président Bazoum.</li>



<li>Train complet de <a href="https://www.trtfrancais.com/actualites/niger-les-sanctions-economiques-se-font-ressentir-deja-14331542">sanctions économiques et financières</a> (fermeture des frontières terrestres et aériennes, gel des avoirs de la République du Niger dans les banques centrales de la CEDEAO, suspension des transactions commerciales et financières entre les États membres de la CEDEAO et le Niger, gel de toutes les transactions de service, etc.).</li>



<li>Et surtout, menace inédite d’une intervention militaire qui fait écho à la <a href="https://afrimag.net/la-cedeao-va-se-doter-dune-force-anti-putsch/">création d’une force anti-putsch annoncée en 2022</a>.</li>
</ul>



<p>Mais loin de reculer, la junte nigérienne a surenchéri en nommant un premier ministre, en <a href="https://www.20minutes.fr/monde/niger/4048926-20230814-coup-etat-niger-junte-veut-poursuivre-president-elu-bazoum-haute-trahison">accusant le président Bazoum de haute trahison</a> et en se rapprochant des trois autres régimes putschistes. Ce rapprochement a conduit à une déclaration de solidarité belliqueuse des juntes malienne et burkinabé qui considèrent qu’une intervention militaire de la CEDEAO au Niger serait <a href="https://www.lesahel.org/communique-conjoint-n001-du-burkina-faso-et-de-la-republique-du-mali-soutien-ferme-du-burkina-faso-et-du-mali-au-peuple-nigerien-et-au-cnsp/">«&nbsp;une déclaration de guerre&nbsp;»</a>.</p>



<p>L’organisation régionale est donc à présent scindée en deux blocs antagoniques – les régimes civils et les juntes – qui sont entrés dans une logique d’escalade. La rhétorique belliciste de ces dernières semaines évoquant une guerre régionale fait partie de la partie de poker qui se déroule entre la junte et la CEDEAO et dont l’issue définira les perdants et les gagnants de cette crise.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le basculement géostratégique du Sahel</strong></h3>



<p>Alors que le général Tiani <a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230819-niger-le-g%C3%A9n%C3%A9ral-tiani-convoque-un-dialogue-national-inclusif">annonce son intention de rester au moins trois ans au pouvoir</a>, les enjeux de cette crise sont majeurs pour ses acteurs proches et lointains.</p>



<p>Les putschistes nigériens jouent bien sûr leur avenir personnel, tout comme les présidents élus de la CEDEAO. Ces derniers savent que ce n’est plus leur crédibilité qui est en cause, mais leur avenir. Après avoir échoué face à trois coups d’État, leur impuissance pourrait donner des idées à certains de leurs propres militaires, qui suivent de près l’irrésistible ascension des juntes. Quant aux putschistes déjà au pouvoir dans les pays voisins, la confirmation de l’installation au Niger d’une nouvelle junte viendrait les conforter et serait célébrée comme une nouvelle étape du retour des militaires au pouvoir en Afrique de l’Ouest.</p>



<p>Dans un retournement de l’histoire particulièrement ironique, la démocratisation de l’Afrique de l’Ouest, engagée au début des années&nbsp;1990, s’achèverait par une remilitarisation du pouvoir. Comme la première démocratisation dans les années&nbsp;1960, la seconde démocratisation se solderait par un échec. La lutte entre les démocraties et les autoritarismes se joue aussi au Niger.</p>



<p>Pour l’Europe et les États-Unis, les enjeux sont aussi considérables, bien qu’encore sous-estimés. Leur opposition au coup d’État leur vaut d’être vilipendés par les putschistes&nbsp;; c’est tout particulièrement le cas de la France, de nouveau utilisée par ses partenaires africains d’hier comme le bouc émissaire parfait. Le Niger est le <a href="https://www.france24.com/fr/vid%C3%A9o/20230728-quelles-sont-les-forces-occidentales-pr%C3%A9sentes-au-niger">dernier bastion de la présence militaire occidentale dans le cadre de la lutte contre le djihadisme au Sahel</a>.</p>



<p>Après son expulsion du Mali et du Burkina Faso, l’armée française risque d’être complètement expulsée du champ de bataille sahélien, les <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/08/12/au-niger-le-sort-des-forces-francaises-en-suspens_6185211_3212.html">putschistes ayant exigé son départ d’ici septembre</a>. Même si les putschistes s’en prennent en priorité à la France, ce risque d’expulsion plane aussi sur les <a href="https://responsiblestatecraft.org/2023/08/17/what-will-happen-to-us-troops-stationed-in-niger-if-the-region-explodes/">troupes européennes et américaines stationnées au Niger</a>. En ce sens, l’avenir de la guerre contre le djihadisme sahélien se joue au Niger.</p>



<p>En outre, le rapprochement immédiat <a href="https://www.bbc.com/afrique/region-66428370">avec les juntes voisines</a> et <a href="https://sahelien.com/situation-au-niger-assimi-goita-et-vladimir-poutine-se-sont-entretenus-par-telephone">leurs amis russes</a> augure une réorganisation régionale des alliances. Grâce à un jeu de dominos parfait, un Sahel hostile aux intérêts occidentaux et prêt à explorer tous les partenariats alternatifs sur le marché de l’aide (pas seulement russe mais aussi arabe, chinois, etc.) est en train d’être créé. À ce titre, les similitudes du schéma des coups d’État entre Bamako, Ouagadougou et Niamey ne peuvent qu’interroger&nbsp;: même justification sécuritaire, même posture anti-française, <a href="https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/le-vrai-du-faux-coup-d-etat-au-niger-trois-fausses-informations-qui-circulent-sur-les-reseaux-sociaux-autour-de-la-situation-dans-le-pays_5963384.html">même campagne de désinformation sur les réseaux sociaux</a> et même <a href="https://www.lefigaro.fr/international/niger-ce-que-revele-l-apparition-des-drapeaux-russes-en-marge-du-coup-d-etat-20230801">appel à la Russie</a>. Le Sahel devient un nouvel exemple de la perte d’influence des États-Unis et de l’Europe sur la scène internationale et du déclassement de la France, qui fait figure de grand perdant. En ce sens, la guerre d’influence entre grandes puissances se joue aussi au Niger.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/thierry-vircoulon-309557">Thierry Vircoulon</a>, Coordinateur de l&rsquo;Observatoire pour l&rsquo;Afrique centrale et australe de l&rsquo;Institut Français des Relations Internationales, membre du Groupe de Recherche sur l&rsquo;Eugénisme et le Racisme, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-paris-cite-4263">Université Paris Cité</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/niger-le-putsch-de-trop-211846">article original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/211846/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade" />
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Opérations de perquisition à Niamey : le parti de Bazoum accuse les militaires au pouvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Camara]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Aug 2023 09:06:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Bazoum]]></category>
		<category><![CDATA[Coup d&#039;État]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Niger]]></category>
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		<category><![CDATA[Pnds-Tarya]]></category>
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		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
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<p>Le parti de Mohamed Bazoum, le Pnds-Tarya a dénoncé et condamné, ce qu’il appelle une « dérive totalitaire » d’une frange de forces de défense et de sécurité en « milice privée ». </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Le parti de Mohamed Bazoum, le Pnds-Tarya a dénoncé et condamné, ce qu’il appelle une « dérive totalitaire » d’une frange de forces de défense et de sécurité en « milice privée ». Le 19 aout dernier, le comité exécutif du parti a tenu les militaires au pouvoir pour responsables des « vols à main armée, des cambriolages qualifiés de perquisitions inappropriées » dans plusieurs domiciles des responsables du parti. </strong></p>



<p>Le parti politique qui a dirigé le Niger pendant dix ans, le Pnds-Tarya annonce dans un communiqué que le pays a « été attaqué 11&nbsp;fois par les terroristes en moins de trois semaines ». Les positions militaires stratégiques du pays ont été victimes d’embuscades terroristes, notamment dans les localités de Boni, Sanam, Méhana, Sanadji etc., précise le parti de Bazoum, le président déchu entre les mains de ses tombeurs.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>« Campagne de vandalisme »</strong></h3>



<p>Le comité exécutif du Pnds-Tarya justifie cette multiplication des attaques terroristes par l’abandon du théâtre des opérations par les militaires pour les besoins de sécurisation des auteurs du putsch du 26&nbsp;juillet. Des militaires que le parti accuse aussi de s’être transformés en pilleurs des domiciles privés. « <em>Plusieurs séries de cambriolages, de viols à main armée que certains qualifient de façon inappropriée de perquisitions, certaines avec effractions ont été commises dans la nuit du 17 au 18&nbsp;aout 2023 dans plusieurs domiciles des responsables et militants du&nbsp;</em>Pnds-Tarya », peut-on lire dans le communiqué.</p>



<p>Le parti de Mohamed Bazoum qui, déplore jusqu’à présent sa « séquestration anti-républicaine » par les tenants du pouvoir, annonce observer des « <em>séries de campagne de vandalisme</em> » dans certains carrefours de la capitale nigérienne, Niamey.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La cohésion sociale et l’unité nationale&nbsp;</strong></h3>



<p>Une campagne qui serait autorisée et supervisée par les « <em>nervis d’otages qui voient en ces dépiquant des alliés objectifs dans leur œuvre de destruction de la cohésion sociale et de la remise en cause de l’unité nationale</em> » développent les responsables du Pnds-Tarya.</p>



<p>Selon le Comité exécutif du parti, plusieurs « <em>biens ont été subtilisés et emportés</em> », au-delà des dommages psychologies, des angoisses et d’autres traumatismes engendrés aux familles de victimes de ces violations par des hommes « <em>armés en uniforme</em> ».&nbsp;</p>



<p>En plus de dénoncer et de condamner cette manœuvre, qui fait d’une frange des forces de défense et de sécurité une « <em>milice privée</em> », le comité exécutif du Pnds-Tarya tient pour responsables de ces « <em>atrocités</em> » les auteurs du coup d’État du 26 juillet dernier, réunis au sein du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). </p>



<p>Les auteurs de ce coup d’État ont annoncé, le 13 août dernier, leur intention de poursuivre le président nigérien pour « <em>haute trahison</em> » et « <em>atteinte à la sûreté </em>» du pays.</p>



<p><strong>Mohamed Camara&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Tribune] Niger : Mohamed Bazoum, souffre-douleur du fourvoiement de la Cédéao </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2023 11:16:34 +0000</pubDate>
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<p>Depuis quelques jours, les conditions de détention du président déchu, Mohamed Bazoum, défraient la chronique. Cet ancien chef d’État du Niger n’aurait plus accès à l’électricité et le groupe électrogène de secours qui avait été mis à sa disposition aurait aussi été coupé. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong>Les premières heures du coup d’État du 26&nbsp;juillet 2023 ont été les seuls moments paisibles de la vie de l’ancien président du Niger. Ces derniers jours, la détérioration de sa condition de détention est largement évoquée. Mohamed Bazoum est victime du fourvoiement de la Cédéao qui s’est engagée dans un bras de fer intenable avec les militaires qui ont pris le pouvoir dans la sous-région.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p>Depuis quelques jours, les conditions de détention du président déchu, Mohamed Bazoum, défraient la chronique. Cet ancien chef d’État du Niger n’aurait plus accès à l’électricité et le groupe électrogène de secours qui avait été mis à sa disposition aurait aussi été coupé. Du coup, l’oligarque, qui vivait au-dessus des réalités quotidiennes de sa population n’aurait plus de nourriture fraiche, mais seulement « <em>des stocks de céréales et du riz. Il a aussi un stock d’eau minérale qu’il rationne, dans cette maison barricadée transformée en prison </em>», souligne Rhissa Ag Boula, ministre et conseiller des présidents Mahamadou Issoufou et Mohamed Bazoum, rencontré à Paris, par Le Monde, le 11&nbsp;aout dernier. Quelle honte pour ces dirigeants des pays pauvres d’Afrique !&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Sanctions contre Bazoum et le peuple nigérien&nbsp;</strong></h3>



<p>Une chose est de dénoncer les conditions de séquestration d’un ancien président et sa famille, une autre est de situer les responsabilités. Surtout lorsqu’il est clairement indiqué qu’aux premières heures de leur séjour, les otages bénéficiaient de toutes les grâces de leurs ravisseurs. Alors qu’est-ce qui a pu changer aussi rapidement au fil du temps ?</p>



<p>À moins que l’on veuille faire porter le chapeau aux militaires qui ont pris le pouvoir au Niger, sinon il est évident que ce durcissement des conditions de détention de Mohamed Bazoum et sa famille est intervenu, en réponse aux sanctions imposées le 30&nbsp;juillet par la Cédéao pour tenter de faire plier de force les nouvelles autorités.&nbsp;</p>



<p>Les chefs d’État de cette organisation ouest-africaine, dans leur fourvoiement, font donc resserrer l’étau autour de leur ancien homologue Mohamed Bazoum. Pourtant, depuis la crise politique au Mali et au Burkina Faso, il avait été clairement constaté que les sanctions qu’impose cette organisation ne touchent nullement les seuls auteurs du coup d’État. À travers la fermeture des frontières, ces sanctions plongent tout le pays et par ricochet les populations, dans des souffrances inouïes.&nbsp;</p>



<p>Certes, l’on pourrait penser que l’objectif dans une telle situation est de faire révolter le peuple contre les militaires au pouvoir. Mais là, il s’agit d’une grande erreur d’appréciation. Car les contextes ont changé. La Cédéao, autrice des sanctions, a perdu toute sa crédibilité aux yeux des peuples africains. Elle est vue comme une organisation au service de certaines oligarchies occidentales. Des pays dont le départ est le rêve pressant du peuple d’Afrique de l’Ouest.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Rationaliser les sanctions&nbsp;</strong></h3>



<p>Ce sentiment antipolitique occidentale en Afrique est alors pour les nouveaux hommes forts de ces pays une heureuse occasion pour maintenir leur suprématie. C’est pourquoi si les chefs d’État de la Cédéao cherchent réellement à rendre service à leur complice du Niger, ils doivent sortir de leur attitude de guérilléros qui ne pourrait conduire à la longue qu’à envoyer de paisibles citoyens, mais aussi l’ancien président Bazoum à la boucherie. Car pour rien au monde, les auteurs du coup d’État ne libèreront ces otages dans ce contexte de bras de fer avec son lot de menace d’intervention militaire.&nbsp;</p>



<p>La détérioration des conditions de vie ou de santé des présidents déchus fait voir tout le fossé entre ces hommes et leurs populations. Les citoyens supportent des délestages toute l’année, certains n’ont même pas accès à l’électricité, mais vivent bien parce que l’urgent pour la plupart d’entre eux demeure l’alimentation. Mais voir que dans de tels pays en développement, les chefs d’État ne peuvent pas supporter la chaleur pendant quelques jours, ne peuvent vivre que d’aliments frais, est plus que révoltant.&nbsp;</p>



<p>Ces coups d’État devraient amener toute la classe politique à mieux réfléchir sur ces aspects. À la Cédéao de mieux rationaliser ses sanctions, qui frappent également les présidents déchus, mais aussi entravent la voie des négociations.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Ballan Diakité, Politologue-chercheur : La Cédéao « n’a pas actuellement les moyens nécessaires pour une intervention militaire au Niger »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2023 22:33:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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<p>En plus d’une décennie de crise sécuritaire, les pays de la région ouest-africaine, notamment ceux du Sahel sont confrontés ces dernières années, à une série de coups d’États. Pour évoquer les sujets brulants de cette région, Sahel Kunafoni s’est entretenu avec Ballan Diakité. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong>En plus d’une décennie de crise sécuritaire, les pays de la région ouest-africaine, notamment ceux du Sahel sont confrontés ces dernières années, à une série de coups d’États. Pour évoquer les sujets brulants de cette région, Sahel Kunafoni s’est entretenu avec Ballan Diakité. Il est Politologue-chercheur. Dans cet entretien exclusif, M. Diakité propose entre autres une recette afin de mettre fin à la crise de confiance entre la classe politique et la société civile africaine. Il s’agit d’un mécanisme permettant de stopper cette vague de coups d’État qui se propage comme un virus. Monsieur Diakité invite tout de même la Cédéao à opter pour l’option diplomatique par rapport à la situation actuelle du Niger. Nous vous invitons à lire l’intégralité de notre entretien.</strong></p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Sahel Kunafoni</strong>&nbsp;<strong>: depuis 2020, la région ouest-africaine est confrontée à une série de coups d’État, dont le dernier remonte au 26 juillet dernier, au Niger. S’agit-il d’un effet de mode ou des méfaits de la crise sécuritaire combinés à la mauvaise gouvernance ?</strong></h5>



<p><strong>Ballan Diakité</strong>&nbsp;: je dirais que ce sont les deux, en même temps. Parce qu’on sait bien évidemment que depuis presque dix ans, le Sahel est confronté à une crise sécuritaire. Et quand on parle du Sahel, on touche principalement au Mali, au Burkina Faso, également au Niger, qui sont les trois pays frontaliers de Liptako gourma. En effet, je pense que les coups d’État relèvent bien évidemment de cette crise sécuritaire qui est là et que nos États ont du mal à gérer. Mais au-delà de cela, je dirais que c’est aussi devenu un effet de mode. Parce qu’on a vu que le cas malien a provoqué bien évidemment des effets domino dans la mesure où les pays voisins ont remarqué que la Cédéao est dans l’incapacité aujourd’hui, tel que cette organisation elle-même est organisée et fonctionne.</p>



<p>Aujourd’hui, la Cédéao n’a pas nécessairement tous les moyens d’empêcher à ce qu’un coup d’État survient dans un pays membre. Le cas malien a montré bien évidemment que la Cédéao dans ses mécanismes de riposte face à des coups d’État est très limitée. Je dirais que c’est à la fois un effet de mode et aussi bien évidemment les conséquences de cette crise sécuritaire liée au terrorisme que nos États ont du mal à gérer. Et le fait que c’est un effet de mode est lié à l’incapacité de la Cédéao de faire face aux défis démocratiques en Afrique de l’Ouest. Mais au-delà de cela, on peut aussi dire que ces coups d’État surviennent parce que le Sahel est devenu aujourd’hui un enjeu international compte tenu du nouvel ordre qui est en train de se mettre en place. Les États ouest-africains, en tout cas, les leadeurs ont compris que beaucoup de choses peuvent se passer en Afrique, notamment au Sahel, qui est devenu un enjeu géopolitique. Donc, tous ces mouvements font qu’il y a bien évidemment ces coups d’État, qui peuvent s’expliquer effectivement par cet enjeu géopolitique auquel fait face le Sahel actuellement.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Ces coups d’État ne sont-ils pas aussi une preuve de désuétude de ces classes politiques qui parlent plus que n’agissent ?</strong></h5>



<p>L’incapacité des leadeurs politiques à répondre favorablement aux demandes sociales ne doit pas être une excuse pour faire un coup d’État. Je pense que ces coups d’État sont beaucoup plus liés au contexte géopolitique et le contexte international actuel. Sinon je ne crois pas vraiment qu’ils soient liés au fait que les hommes politiques n’agissent pas. C’est vrai que nos attentes ne sont pas satisfaites à la hauteur de souhait quand on est citoyen. Mais cela ne veut pas dire que ceux qui sont au-devant des affaires ne travaillent pas du tout. Ce n’est pas du tout cela. Et même si c’était le cas, dans un régime démocratique, je pense qu’il y a des voies (élections, les pétitions, les référendums) qui peuvent être mises en œuvre afin de permettre aux citoyens de faire prévaloir leur sentiment en ce qui concerne la gestion des affaires publiques sans que l’on passe bien évidemment par des coups d’État. Donc à mon avis, les coups d’État ne peuvent pas se justifier par l’inaction des hommes politiques, surtout dans un régime démocratique.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Quel regard portez-vous sur le rapprochement actuel du Mali au Burkina Faso et au Niger, trois pays sahéliens profondément affectés par le terrorisme ?</strong></h5>



<p>C’est vrai que ces derniers temps, on voit bien évidemment que le Mali, le Burkina Faso et le Niger se rapprochent. Mais on a vu l’axe Bamako-Conakry-Ouaga se développer d’abord. Et il y avait un dynamisme réel pour permettre à ces trois pays de coopérer dans plusieurs domaines, notamment la sécurité et le développement économique. Aujourd’hui, avec le coup d’État au Niger, il y a effectivement un réel rapprochement qui s’explique d’abord par l’uniforme. Parce que n’oublions pas qu’au Mali, en Guinée, au Burkina Faso comme au Niger actuellement, ce sont des militaires qui sont au pouvoir. Donc ce rapprochement s’explique d’abord par l’uniforme que les autorités des quatre pays partagent en commun. Deuxième élément, c’est que ce rapprochement entre ces pays s’explique aussi par la volonté de l’ensemble de ces États de former un bloc commun face d’une part à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et aussi à toutes les puissances étrangères qui ne sont pas vraiment dans leur dynamique. À mon avis, c’est la volonté de constituer un bloc commun et résister ensemble face aux attaques qui peuvent venir de l’étranger tant diplomatique que militaire que ces pays-là sont en train de renforcer leurs liens.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Le dernier coup d’État au Niger a fait couler beaucoup d’encre au point que la Cédéao envisagerait une intervention militaire dans ce pays en vue de rétablir l’ordre constitutionnel. Quelle appréciation faites-vous de cette décision de la Cédéao ? En cas d’intervention militaire dans la région ouest-africaine, à quelles conséquences faut-il s’attendre ?</strong></h5>



<p><a></a>Je pense que la Cédéao est beaucoup plus dans la posture d’intimider les autorités actuelles du Niger, de sorte que le président déchu, Mohamed Bazoum puisse recouvrer la liberté et être relâché des mains de ceux qui font de lui un prisonnier actuellement. À mon avis, la Cédéao est beaucoup plus dans une logique d’intimidation qu’autre chose. Elle n’a pas actuellement les moyens nécessaires pour une intervention militaire au Niger. N’oublions pas que la même question avait été soulevée depuis le coup d’État au Mali. La Cédéao avait menacé d’activer ses forces en attente pour imposer l’ordre constitutionnel au Mali. Mais depuis lors, jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’avancée sur cette question au niveau de la Cédéao. L’effectivité de cette force n’a pas été réellement concrétisée dans les faits.&nbsp;</p>



<p><a></a>Aujourd’hui, la Cédéao dépend d’ailleurs beaucoup plus de la contribution des États membres et également des financements qui peuvent venir des puissances étrangères, notamment de l’Union européenne et de la France. De ce fait, la Cédéao n’a pas une certaine autonomie ni financièrement ni militairement encore moins sur le plan de la logistique pour faire une intervention militaire actuellement au Niger.</p>



<p>Par ailleurs, ce serait aussi une très mauvaise chose de faire une intervention militaire au Niger dans la mesure où le Niger reste quand même un pays indépendant et souverain, même si la notion de souveraineté est à relativiser. De ce fait, la Cédéao peut prendre la décision de suspendre le Niger de toutes ses instances. Mais de là, faire une intervention militaire, ce serait une ingérence flagrante dans les affaires intérieures du Niger. Ce qu’il y a lieu de faire, c’est de prioriser la diplomatie et d’éviter de mettre de l’huile sur le feu. Parce qu’on sait bien évidemment qu’il y a beaucoup de mouvements dans le Sahel actuellement, la lutte contre le terrorisme, les menaces de faim et puis l’insécurité et les défis de démocratie. S’il faut à ces défis ajouter aussi une guerre régionale, je pense que ça va être très désastreux d’autant plus que le Mali et le Burkina Faso ont fait entendre que toute intervention militaire s’assimilerait à une déclaration de guerre. Cela veut dire que ces deux pays sont quand même prêts à mettre en œuvre tous les moyens pour apporter leur soutien aux autorités actuelles du Niger. Donc la Cédéao doit être beaucoup plus une organisation d’intégration, de communion entre les pays, mais pas un facteur de déstabilisation ou de destruction d’un pays.</p>



<p>À mon avis, une intervention militaire n’est pas une décision sage qu’il faudrait encourager. Il faut plutôt encourager la diplomatie et ensuite renforcer les mécanismes de prévention des crises de la Cédéao et renforcer cette Cédéao en termes de moyens et d’indépendance financière. Il faut aussi cultiver la culture de la démocratie et de l’alternance dans les différents pays de la Cédéao. Je pense que cela serait beaucoup plus profitable pour la Cédéao que de faire une intervention militaire à ce jour.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Comment faire aujourd’hui pour stopper cette vague de coup d’État qui se propage comme un virus ? Jusqu’où ce phénomène pourrait s’étendre ?</strong></h5>



<p>Quand il y a coup d’État dans un pays, cela veut dire déjà qu’il y a un problème, qui peut être un problème majeur comme mineur. Ces vagues de coup d’État nous interpellent sur le modèle de démocratie que nous avons en Afrique, qui est un modèle importé de l’extérieur. La démocratie électoraliste que nous avons importée de l’Europe a du mal même à fonctionner aujourd’hui en Europe. Donc quand on pense que la démocratie est uniquement la possibilité pour les citoyens de mettre un bulletin dans l’urne pour voter pour un candidat ou contre un candidat, on n’a rien compris dans la démocratie. La démocratie, c’est un travail de tous les jours. Il faudrait que les citoyens eux-mêmes se sentent concernés par la chose publique et que les dirigeants et/ou les élus se sentent dans l’obligation de redevabilité envers les citoyens. Ce sont ces choses-là qui manquent chez nous en Afrique. C’est un premier élément qui peut expliquer ces coups d’État. C’est-à-dire les défis de démocratie. </p>



<p>Deuxième élément, c’est surtout la fragilité de nos institutions. Il y a autant de coups d’État parce que nos institutions sont très fragiles. Et puis seule l’Armée reste, en tout cas en Afrique francophone, la seule institution la mieux structurée de toutes les autres institutions de la République.Il faut donc renforcer les institutions, et quand on parle des institutions, ce n’est pas seulement le gouvernement, le parlement ou les mairies. Les institutions, c’est aussi les lois. Il faut prendre des bonnes lois, des lois qui vont dans le sens de l’intérêt supérieur de la Nation et non de l’intérêt de ceux qui gouvernement aujourd’hui, qui sont en réalité des gens qui sont de passage. Parce que les hommes passent, l’État demeure. Et face à cette réalité, il est important que les lois que l’on prenne dans nos pays soient le reflet d’un souci de préservation de l’intérêt supérieur de la Nation que toute autre chose.&nbsp;</p>



<p>Troisièmement, il y a le fait que dans les pays, notamment francophones, il y a toujours ce mimétisme que nous avons de la France. On a imité tellement la France, tant dans notre façon de faire de la politique que dans notre façon de gouverner, qu’on s’est retrouvé finalement à imiter la cinquième République française.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Si les politiques doivent changer de discours aujourd’hui pour regagner la confiance des citoyens, quelle voie devraient-ils emprunter ?</strong></h5>



<p>C’est vrai qu’il y a une grande rupture aujourd’hui entre la classe politique et les citoyens. Cette rupture politique a finalement généré une crise de confiance entre les hommes politiques et la société civile. Je pense que pour résoudre ce problème de crise de confiance, il faudra à long terme miser sur l’éducation. Mais à court terme, il faut exiger des partis politiques de jouer pleinement leur rôle en termes d’éducation politique des citoyens.&nbsp;</p>



<p>Les partis politiques ne peuvent pas éternellement bénéficier de la subvention de l’État, laquelle est généreuse par les impôts que les citoyens payent sans pour autant assumer leur rôle d’éducation politique des citoyens. Chaque parti politique qui ne fait pas de formation politique à l’endroit des citoyens ne doit pas bénéficier de subvention de l’État. C’est ce qu’il faut faire à court terme. Il faut aussi permettre à chaque candidat, que ce soit lors des élections présidentielles ou municipales, de présenter un programme de développement social et économique pour sa localité, de sorte que les citoyens puissent apprécier bien évidemment le contenu de leurs programmes.</p>



<p>Les programmes ne doivent pas être désormais dissimulés derrière de beaux discours. Il faut amener les hommes politiques à présenter des programmes de développement économique et social avant de se présenter ou lorsqu’ils se présentent comme candidats aux élections. Ceci va nous permettre de sortir de cette crise de confiance qui caractérise la relation entre les hommes politiques et les populations. Il faut également sensibiliser les citoyens sur leur rôle, leur devoir dans l’espace public et dans la vie politique de façon générale. Ces sensibilisations doivent se faire dans toutes les langues qui sont parlées et entendues dans nos différents pays.&nbsp;</p>



<p>Je pense qu’avec la sensibilisation, l’éducation, la formation politique des partis politiques, l’obligation pour les partis politiques de présenter des programmes électoraux on pourra bien évidemment répondre efficacement à cette crise de confiance entre les hommes politiques et la société civile.</p>



<p><strong>Propos recueillis et retranscrits par Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Niger : la Cedeao maintient son option militaire malgré des incertitudes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Camara]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2023 20:26:48 +0000</pubDate>
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<p>Les chefs d’État de l’organisation ouest-africaine ont une fois de plus maintenu l’option d’une intervention militaire au Niger, ce 10 aout à Abuja</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong>À l’issu de son deuxième sommet, au moins d’un mois, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ce 10 aout à Abuja, maintient une fois de plus l&rsquo;option militaire pour le retour à l’ordre constitutionnel au Niger. Même si elle garde jusqu’à présent un œil vigilant sur la voie d’une résolution pacifique de cette crise nigérienne.&nbsp;</strong></p>



<p>Les chefs d’État de l’organisation ouest-africaine ont une fois de plus maintenu l’option d’une intervention militaire au Niger, ce 10 aout à Abuja. La Cedeao se dit prête à déployer «<em>&nbsp;immédiatement</em>&nbsp;» sa force d’attente au Niger contre les putschistes du CNSP, pour «<em>&nbsp;restaurer l’ordre constitutionnel</em>&nbsp;». Elle met en garde tout État membre qui s’hasarderait à enfreindre cette décision commune. En outre, elle exhorte le soutien des Nations-Unies, et la validation de ces démarches par l’Union africaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un œil vigilant sur une résolution pacifique&nbsp;</strong></h3>



<p>&nbsp;Le sommet extraordinaire de ce jour de la Cedeao a décidé de renforcer les sanctions contre les mutins. Tout en ordonnant aux chefs d’Etat-major d’activer immédiatement le déploiement des forces en attente. Mais Bola Tinubu, le président en exercice de l’organisation et le président de la Commission de la Cedeao insistent que l’organisation a toujours voulu gérer cette crise par l’option diplomatique. Les chefs d’Etat affirment également de garder un œil vigilant sur une «&nbsp;<em>résolution pacifique</em>&nbsp;» de cette crise si les conditions sont réunies. Alors que les premières tentatives de négociations avec le CNSP se sont conclues par un échec croissant, notamment, celles menées par la diplomatie américaine le week-end dernier.</p>



<p>À ce stade, aucune autre médiation n’a été annoncée dans les jours à venir à la fin du sommet.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Cette ligne dure militaire de l’organisation, portée par son président en exercice, Bola Tinubu, qui est aussi le président fédéral du Nigeria, réitère la mobilisation de ses troupes nigérianes. Les troupes sénégalaises semblent aussi en position d’intervenir, selon les annonces à l’issue de cette réunion.&nbsp;</p>



<p>À signaler qu’activer «&nbsp;<em>immédiatement</em>&nbsp;» les forces en attente de la Cedeao n’est pas synonyme d’une intervention immédiate. Selon les experts, l’organisation a besoin d’une validation de l’UA pour l’intervention de ses forces. Aussi, un aval du Conseil de Sécurité est nécessaire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>Mohamed Camara</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Coup d’État au Niger : la Cédéao active sa force d’intervention</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2023 20:00:23 +0000</pubDate>
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<p>La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a tenu à Abuja, au Nigéria, un sommet extraordinaire consacré à la réponse au putsch perpétré au Niger le 26 juillet 2023. Suite à ce sommet crucial, les chefs d’État de la Cédéao ont décidé d’activer et de déployer la « force en attente » de l’Organisation régionale en vue de la restauration de l’ordre constitutionnel au Niger.</p>
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<p><strong>Ce jeudi 10 aout 2023, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a tenu à Abuja, au Nigéria, un sommet extraordinaire consacré à la réponse au putsch perpétré au Niger le 26 juillet 2023. Suite à ce sommet crucial, les chefs d’État de la Cédéao ont décidé d’activer et de déployer la «&nbsp;force en attente&nbsp;» de l’Organisation régionale en vue de la restauration de l’ordre constitutionnel au Niger.</strong></p>



<p>Tout en affirmant qu’elle garde sur la table toutes les options pour la «&nbsp;résolution pacifique&nbsp;» de cette crise, la Cédéao ne précise pas pour autant les pays concernés par cette mobilisation des forces armées. Il ne s’agit donc pas d’une opération militaire immédiate contre les putschistes ayant renversé le 26 juillet dernier, Mohammad Bazoum.</p>



<p>Il d’agit d’un second sommet de la Cédéao, consacré à la situation au Niger, depuis le coup d’État du 26 juillet dernier.</p>



<p><strong>La Rédaction</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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