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	<title>Archives des prostitution &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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		<title>[Enquête] Migration et proxénétisme au Mali: elles ont échappé à l&#8217;enfer !</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Dec 2020 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquête]]></category>
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<p>Vendues contre leur gré, des migrantes ont réussi à s’échapper des griffes des réseaux criminels de proxénétisme. Désormais libres, ces survivantes livrent des témoignages poignants de leur traversée du désert.&#160;&#160;&#160;&#160;&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong>Vendues contre leur gré, des migrantes ont réussi à s’échapper des griffes des réseaux criminels de proxénétisme. Désormais libres, ces survivantes livrent des témoignages poignants de leur traversée du désert.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p>Le Bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Mali a eu à traiter en 2017, 260 cas de jeunes filles victimes d’exploitation sexuelle dont 238 originaires du Nigéria. En 2018, l’Organisation a assisté 188 femmes victimes de traite. Une aide qui s’est élargie à plus de 500 femmes en 2019. L’intervention de l’OIM, explique un agent de son l’Unité de Protection, consiste à fournir à ces femmes et filles un abri, de la nourriture, des vêtements, des soins médicaux et psychosociaux sans oublier le retour dans leurs pays pour celles qui souhaitent.</p>



<p>De janvier à août 2020, les centres d’hébergement de l’Association Jeunesse et Développement du Mali (AJDM), une association très active dans le domaine de la Protection des enfants vulnérables (filles migrantes, vendeuses ambulantes et aides ménagères) ont accueilli 1.104 femmes victimes d’exploitation sexuelle. D’après Soumah Doumbia, responsable à l’AJDM, ces femmes viennent de la Centrafrique, de la Sierre Leone, du Libéria, du Cameroun, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry, de la Gambie et du Nigeria.</p>



<p>Face à ce fléau, l’association War Against Human Traffinking (WATH) s’active. Spécialisée dans la lutte contre le trafic des humains, elle intervient exclusivement lorsqu’il s’agit de migrantes victimes de trafic, notamment celles enrôlées par les réseaux de proxénétisme.</p>



<p>Selon son Président, Amara Cissé, la WATH a procédé, en 2019, au rapatriement de 324 filles et sauvé plus de 1.000 filles victimes de réseaux de proxénétisme. En janvier 2020, 64 femmes ont été rapatriées avec le concours de l’OIM contre 109 au mois de juillet, suite à l’ouverture des frontières. Actuellement, selon Amara Cissé, 20 victimes de réseaux de proxénétisme sont en attente d’être rapatriés par l’association.</p>



<p>Le dernier départ organisé par WATH a eu lieu le 9 octobre dernier et concerne 3 jeunes filles nigérianes rapatriées par voie terrestre. <em>«Le départ est volontaire»</em> fait savoir le Président de WATH en reconnaissant un ralentissement dans les activités notamment le retour des victimes vers leurs pays du fait de la Covid 19. Le dénominateur commun de toutes ces jeunes filles est qu’elles ont tirées des griffes des individus qui les obligeaient à se vendre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="768" height="1024" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/12/Migration-et-proxenetisme-OK-2-768x1024.jpg" alt="Migration et proxénétisme" class="wp-image-5168" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/12/Migration-et-proxenetisme-OK-2-768x1024.jpg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/12/Migration-et-proxenetisme-OK-2-600x800.jpg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/12/Migration-et-proxenetisme-OK-2-225x300.jpg 225w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/12/Migration-et-proxenetisme-OK-2.jpg 810w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Image d&rsquo;illustration. Une Jeune fille victime de trafic d&rsquo;êtres humains échappe à ses géôliers grâce à l&rsquo;OIM. Crédit photo: Chacka Doumbia</figcaption></figure>



<p>Tout comme les 64 migrantes victimes de traite et de trafic d’être humain secourues par le Bureau national de l’Interpol du Mali sur plusieurs sites miniers et des domiciles. C’était du 3 au 11 octobre 2019. Cette opération a été baptisée «Horonya» qui signifie en langue nationale (bambara, Ndlr) «&nbsp;Liberté&nbsp;». Selon un communiqué de presse publié par le Siège de l’Interpol basé à Lyon, en France, «&nbsp;des femmes et des filles ont été délivrées de l’exploitation sexuelle et du travail forcé dans le secteur minier&nbsp;».</p>



<p>Ayant participé à cette opération en qualité de chef de la recherche de la Brigade chargée de la protection de l’enfance et des mœurs, le commandant de police Souleymane Niampougui nous a raconté le cas d’un couple burkinabé proxénète, propriétaire d’un bar sur un site d’orpaillage dans le cercle de Kangaba vers la frontière guinéenne. Piégées par ce couple, trois filles burkinabés leur devait chacune la somme d’un million de FCFA. Au moment de l’opération d’arrestation des proxénètes, explique l’officier de police judiciaire, la première fille avait déjà payé 800.&nbsp;000 FCFA, la deuxième 550.&nbsp;000 FCFA et la troisième 625.&nbsp;000 FCFA.&nbsp;</p>



<p>Vendues contre leur gré, les migrantes sont de plus en plus nombreuses à s’échapper des griffes des réseaux criminels de proxénétisme. Ces survivantes donnent des témoignages poignants sur leur traversée du désert.</p>



<p>La promesse de Precious d’obtenir un emploi bien rémunéré au Mali en quittant son Nigéria natal s’est transformée en exploitation sexuelle. Elle a été contrainte de se livrer aux hommes pendant un an, dans des hôtels. Arrêtée par une patrouille de la police malienne, elle appela en vain sa patronne qui refusa de venir à son secours. Après quelques heures de garde à vue, elle a été hébergée à l’AJDM dans le cadre d’un partenariat avec l’OIM qui a organisé son retour au pays.</p>



<p>Agée de 17 ans, Esther a mordu à l’hameçon d’un homme qui l’a convaincu d’abandonner son travail de coiffeuse au Nigéria pour un meilleur job à Bamako. Sur place, elle découvre la supercherie. La mineure doit se prostituer au compte d’un homme. Déterminée à retrouver sa dignité, elle parvient à s’échapper avec d’autres filles. <em>«Je voudrais retourner à l&rsquo;école et commencer de nouveaux projets au Nigeria»,</em> déclare-t-elle.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>«N’essayez pas le voyage que j’ai effectué»</strong></h3>



<p>Patience a accepté les offres d’un recruteur qui se faisait appeler Joy. Elle va alors transiter par Cotonou, au Bénin, en compagnie de 6 autres filles avant de rejoindre Kokoyo, un site aurifère situé dans la région de Kayes, au nord-ouest du pays. Selon les explications du proxénète, les mineures, dont Patience, devaient aller à Dubaï pour un «emploi de rêve&nbsp;». A leur arrivée, elles découvrent qu’elles vont devoir se prostituer.</p>



<p>Au bout de cinq (5) jours de travail, Patience parviendra à s’échapper en compagnie de trois autres filles, la peur au ventre. <em>«Si Madame connaît notre plan d&rsquo;évasion, elle nous tuera probablement» </em>souligne-elle avant d’y parvenir. Dans leur fuite, ces jeunes migrantes ont reçu le précieux appui d’une association villageoise &nbsp;appelée «Tomboloma» qui assure la police sur des sites d’orpaillage.</p>



<p>Après avoir erré à Bamako, la capitale malienne, les quatre filles vont retrouver l’Ambassade du Nigéria où elles seront prises en charge par l’OIM. Très contente d’avoir aujourd’hui retrouver son honneur et sa dignité, Patience conseille ses sœurs qui veulent tenter l’aventure&nbsp;: <em>«Mon conseil pour les filles est qu’il n’y a pas de meilleur endroit comme la maison. N’essayez pas le voyage que j’ai effectué. J’ai été exploitée par des gens. Ils m’ont forcée à faire des choses que je n’aime pas. Heureusement, je suis de retour à la maison en sécurité».</em></p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>«Le plus important est que je sois toujours vivante»</strong></h3>



<p>Agée de 18 ans, Micha, étudiante dans une école de danse, a cru en une promesse d’un emploi rémunéré à 400.&nbsp;000 FCFA par mois. Séduite par un tel salaire mensuel, cette orpheline de mère, abandonnée par son père, n’a pas hésité à quitter sa sœur et sa grand’mère. Elle a quitté Lagos pour transiter par Cotonou. Micha a croisé le chemin de Loveth, une de ses compatriotes. Les deux filles vont alors recevoir une forte somme d’argent destinée à faciliter leur voyage de la part de leur patronne.</p>



<p>Micha et Loveth continuent leur périple jusqu’à Kéniéba, une zone aurifère de la région de Kayes où elles seront remises à une femme, gérante de bar. Surprise&nbsp;! Leur tutrice dévoile les dessous de leur voyage. En lieu et place d’un emploi bien rémunéré, elles doivent faire la prostitution pour payer la bagatelle de 2 millions FCFA à celle que tout le monde appelle ‘’Madame’’. Les jeunes filles refusent de céder. Elles sont alors enfermées pendant presque une semaine, subissant des brimades et autres privations, y compris de nourritures. Forcées ensuite de se prostituer avec une obligation de résultats, chacune doit faire une recette journalière d’au moins 20.&nbsp;000 FCFA.</p>



<p>Dans ce cycle de prostitution, Loveth tombe enceinte. Sa patronne décide qu’elle avorte et fixe la date. Avant le jour J, Loveth et son amie s’échappent pour venir à Bamako et se cachent dans un endroit sûr dans la ville minière pour ne pas être rattrapées par les hommes de «Madame» lancés à leurs trousses. Après tant de difficultés, elles sont recueillies par le Consulat du Nigeria et prises en charge par l’OIM. Avec courage, elles racontent leurs histoires. <em>«Je vis une vie libre depuis que l&rsquo;ambassade du Nigéria m&rsquo;a amenée dans ce centre. Je suis tellement reconnaissante aujourd&rsquo;hui pour l&rsquo;aide et l&rsquo;assistance que j&rsquo;ai reçues&nbsp;! Le plus important est que je sois toujours vivante. J&rsquo;espère rentrer très bientôt chez moi, et j&rsquo;aimerais empêcher d&rsquo;autres filles d’aller en aventure dans un pays inconnu, sans repère. Je veux retourner à l&rsquo;école, mais je veux commencer par une entreprise», </em>confie Micha aux agents de l’Unité de protection de l’OIM<strong>.&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>«Je ne suis pas prête à exercer ce métier» &nbsp;</strong></h3>



<p>Ogome Bella a été sollicitée par un jeune homme du nom de N’Galama pour un travail au Mali. Elle effectue le voyage avec sa copine du nom de Junior. Le nommé N’Galama confie alors les deux filles à une autre personne Omo Yoroba qui les conduit à Diboli, une ville malienne frontalière avec le Sénégal. «<em>Après les salutations et présentations, Omo Yoroba a remis nos documents de voyage à notre logeuse. Au cours de nos échanges, la dame Fina nous a fait savoir que nous sommes venues dans le cadre de la prostitution et que nous devrons chacune payer la somme d’un million cinq cent milles francs (1&nbsp;500&nbsp;000 FCFA)&nbsp;</em>», raconte la pauvre Ogome. Elle ajoute&nbsp;: «<em>Ne pouvant rien faire, j’ai accepté et j’ai commencé à travailler le même jour»</em>.</p>



<p>Après trois mois à Diboli, elle est transférée à Kayes pour être confiée à Sofia. «<em>Trois mois après, Fina suite au décès de sa mère, en partant au Nigéria, m’a amenée à Kayes chez Sofia à qui, je devrais continuer à verser régulièrement son argent jusqu’à épuisement du montant. Dès lors, je suis logée chez Sofia et chaque soir, je vais à l’auberge Tounka pour mener mes activités comme les autres filles nigérianes</em>. <em>Mes documents de voyage se trouvent avec la patronne Fina qui est actuellement au Nigéria. Je veux seulement mes documents de voyage et mon transport pour retourner au Nigéria car je ne suis pas prête à exercer ce métier</em> », confie Ogome au Commissariat de Police du 1<sup>er</sup> arrondissement de Kayes.</p>



<p>De toutes celles-ci, le cas de Mimido est le plus préoccupant. Elle a été vendue à une dame par un homme du nom d’Akimi sans autre précision de sa part. Pendant un an, elle s’est prostituée sur un site d’orpaillage à Farako au sud du Mali et reversait l’argent à sa patronne. Laquelle n’hésitera pas à l’abandonner quand elle tomba malade. Complètement défigurée aujourd’hui, Mimido suit un traitement grâce à l’association WATH qui a, par ailleurs, lancé une procédure de recherche pour parvenir à l’arrestation de son ancienne patronne. Quand elle manipule son téléphone pour nous montrer quelques photos avant son voyage au Mali, la jeune dame, ravagée par la tristesse et la déception, ne peut s’empêcher de verser des larmes.</p>



<p><em>«Nous récupérons les filles dans un état mental lamentable»</em>, explique Amara Cissé. Le responsable de WATH déplore également les cas de grossesses non désirées&nbsp;: <em>«Au cours de cette année, quatre filles ont accouché dans notre centre…. elles tombent enceinte sans se rendre compte. On a des bébés qui grandissent ici ».</em></p>



<p>Ancien responsable de la Communication et de Plaidoyer d’Aracem (Association des refoulés d’Afrique centrale au Mali), Pierre Yossa est actuellement consultant en migration et Président du Groupe de recherche et d’actions sur les migrations (GRAM, Ndlr).</p>



<p>Sur 10 filles victimes d’exploitation sexuelle, neuf (9) présentent des signes de traumatisme, selon Pierre Yossa. <em>«Même s’ils ne sont pas visibles, ces signes peuvent se révéler dans quelques années»,</em> indique-t-il. Les enfants constituent des victimes collatérales, a fait savoir le consultant en migration. A l’en croire, ces filles n’ont qu’un seul souhait&nbsp;: retrouver une vie normale.&nbsp;</p>



<p><strong>Chiaka Doumbia</strong></p>



<p><strong>Source&nbsp;: Le Challenger</strong></p>



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<p><strong>Encadré&nbsp;: la miraculée Morgan</strong></p>



<p><strong><em>Morgan S. est une miraculée qui a réussi à s’échapper des griffes des proxénètes qui voulaient la contraindre à la prostitution au Mali. Elle a été prise en charge par l’OIM-Mali à travers son Unité de Protection.</em></strong></p>



<p>Agée de 30 ans, elle est de nationalité nigériane. Morgan S était à la recherche d’une meilleure condition de vie quand elle est approchée par une dame qui accepte de financer son voyage sur Bamako pour travailler dans un salon de beauté avec un salaire mensuel variant entre 300&nbsp;000 et 400&nbsp;000 FCFA.</p>



<p>A sa grande surprise, elle ne s’arrête pas à Bamako. Car, dans la capitale, elles prennent la direction de Kayes en compagnie de 3 autres filles et d’un homme. Déboussolée, elle pose la question à son accompagnateur&nbsp;: <em>«&nbsp;Pourquoi on ne reste pas à Bamako&nbsp;?</em>&nbsp;» L’homme lui répond&nbsp;: «&nbsp;<em>ma mission est de vous escorter à Kayes</em>».</p>



<p>A ce moment précis, la déception apparut sur le visage de celle qui rêvait de bosser dans un salon de beauté dans la ville des trois caïmans. Cette déception sera encore plus grande lorsqu’elle sera déposée dans un petit bâtiment isolé sur un site d’orpaillage artisanal. Là se trouvaient d’autres jeunes filles. Elle donne des détails : <em>«Une dame nous a accueillies et nous a expliqué à chacune qu’on devait se prostituer pour rembourser les frais de voyage (1. 200. 000 FCFA) qu’elle avait déboursés pour nous transporter au Mali. J’ai immédiatement décliné l’offre et 3 personnes m’ont frappée à coups de fouet. Les autres filles avaient trop peur et ont accepté la proposition de la dame. J’ai répondu que j’avais ma dignité à respecter. Elle a alors confisqué mon passeport et ne me donnait ni à boire ni à manger. Quelques filles m’aidaient à me nourrir. Grâce à cette solidarité, j’ai pu reprendre des forces et j’ai décidé de quitter les lieux».</em></p>



<p>Morgan S a bravé les menaces de la proxénète en prenant la fuite. Dans sa fuite, elle a été recueillie par un cultivateur qui accepta de l’héberger. Elle y passa un mois à aider les femmes dans leurs travaux ménagers avant de rejoindre la capitale malienne. Très attachée à la religion, elle souligne&nbsp;: <em>«&nbsp;Je suis une femme et c’est au plus profond de mon désespoir et de ma peine que j’ai pu trouver la force pour m’extirper de cette situation et dire non à la prostitution. Je n’accepterai jamais en tant que femme que mon corps soit exploité au profit d’autrui et à des fins commerciales».</em></p>



<p>Ses conseils aux parents et aux jeunes filles&nbsp;: «<em>Chères mères et sœurs, ne laissez pas vos enfants sortir ou fréquenter des inconnus. Pensez à mettre l’accent sur leur éducation. Ne soyez pas tentés de donner vos enfants à des employeurs mal intentionnés sous le prétexte de la pauvreté, elles seront exposées à plusieurs types de dangers. Gardez vos enfants auprès de vous et protégez-les, mettez tout en œuvre pour garantir leur croissance dans un environnement sain et sécurisé</em>».</p>



<p><strong>C D</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-luminous-vivid-orange-background-color has-luminous-vivid-orange-color is-style-wide"/>



<p><strong><u>Note de la rédaction</u></strong></p>



<p>Cet article est la deuxième partie d’une vaste enquête sur les réseaux de prostitution de femmes migrantes au Mali, réalisée dans le cadre du projet <em>«Autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la communication&nbsp;».</em> Mis en œuvre par l’UNESCO dans huit pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre&nbsp;(le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée-Conakry, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Sénégal), ce projet est financé par le ministère italien des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) et l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS). Il&nbsp; vise à donner aux jeunes garçons et filles les moyens de prendre des décisions éclairées sur les questions migratoires grâce à un meilleur accès à une information de qualité. En conséquence, le projet contribue à renforcer la capacité des professionnels des médias de la sous-région à rendre compte de la migration tout en promouvant des normes et bonnes pratiques en matière de droits de l&rsquo;homme et des approches sexospécifiques et inclusives en matière de couverture de la migration dans les pays ciblés.</p>



<p>L’enquête est l’aboutissement d’un parcours de formation sur les techniques de journalisme d’investigation en lien avec la migration, qui a bénéficié à plus d’une centaine de journalistes, et d’un appui au travail de terrain. Cette initiative rentre par ailleurs dans le cadre du «<em>Plan d’Action des Nations-Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité</em>&nbsp;», mis en œuvre par l’UNESCO.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Enquête] Migration et proxénétisme : un piège invisible pour des chercheuses d’emplois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Oct 2020 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquête]]></category>
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<p>Déguisés en entreprises sans histoire, des réseaux de proxénétisme leur promettaient des emplois bien rémunérés. Privées de leurs documents de voyage (carte d’identité, carte consulaire ou passeport) et prises au&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong>Déguisés en entreprises sans histoire, des réseaux de proxénétisme leur promettaient des emplois bien rémunérés. Privées de leurs documents de voyage (carte d’identité, carte consulaire ou passeport) et prises au piège par leurs bourreaux, des migrantes sont obligées de «se vendre». Elles passent des nuits infernales pour payer d’importantes sommes, afin de recouvrer la liberté. Rêves brisés des piégées !</strong></p>



<p>Les vagues migratoires sont de plus en plus féminines depuis une dizaine d’années, selon Dr Fodié Tandjigora, chef de département d’études et de recherche de la Sociologie et de l’anthropologie à la Faculté des Sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), par ailleurs chercheur associé à l’Unité de Recherche Migrations et Sociétés (URMIS). «Autrefois, il était très rare et même inexistant de voir les femmes sur les routes migratoires clandestines. On en voit de plus en plus, parce qu’il y a de plus en plus de femmes qui trouvent leur salut dans la migration», nous confie l’universitaire qui fait sa thèse de doctorat en sociologie des migrations et relations interethniques.</p>



<p>Parmi les femmes qui prennent le chemin migratoire, Dr Fodié Tandjigora distingue celles qui partent dans le cadre du regroupement familial, de celles qui migrent à titre individuel espérant se bâtir un avenir meilleur et prendre en charge leurs parents. Il note une certaine fragilité des candidates à la migration clandestine, lesquelles subissent des exactions sexuelles et autres extorsions de fonds notamment «aux points de stationnement de migrants».</p>



<p>Oumar Coulibaly, Président de l’association «Niéta» des migrants de retour de Kéniéroba, un village situé à 12 km de la ville de Kita, est conscient des dangers de proxénétisme qui guettent la gent féminine sur les routes migratoires.&nbsp;</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Existence de réseaux de traite et de prostitution sur les sites d’orpaillage&nbsp;</strong></h3>



<p>L’Agence nigériane de lutte contre la traite des personnes (NAPTIP) estimait, en janvier 2019, que près de 20. 000 jeunes filles nigérianes ont été piégées au Mali par des réseaux de prostitution. Dans l’étude «Les fièvres de l’or au Mali. Profils et dynamiques migratoires dans les régions de Sikasso et Kayes », le Bureau de Bamako de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) note que « certains éléments sont apparus concernant l’existence de réseaux de traite et de prostitution sur les sites d’orpaillage ».</p>



<p>Ces réseaux demeurent très actifs. Très organisés, ils parviennent sans grande difficulté à convaincre de nombreuses femmes en leur miroitant un emploi bien rémunéré. Privées de leurs documents de voyage (carte d’identité, carte consulaire, ou passeport) et coincées entre les murs de passage, ces migrantes sont obligées de «se vendre ».</p>



<p>On en voit, comme celles de la mini villa appelée « Princesse » du quartier Bencounda de la commune urbaine de Kayes, une ville située à 618 km de Bamako. Perdu dans les ténèbres, le bâtiment ne porte aucun signe pouvant orienter les visiteurs. La nuit, la patronne monte la garde. Assise sur une chaise devant la porte, elle répond aux salutations de nombreux visiteurs. Elle surveille les entrées et les sorties. Une fois que le visiteur franchit la porte, il est approché par de jeunes filles. Le maître mot, c’est «le travail». «Veux-tu travailler ?». «Vient, on va travailler», lancent-elles au milieu de jeu de lumières qui éclairent le bâtiment.&nbsp;</p>



<p>De teint noir et de taille moyenne, Nathalie est l’une de ces nombreuses jeunes filles, victime de cette sorte d’exploitation. Elle «bosse» pour le compte de l’une de ses compatriotes. «Je suis arrivée au Mali, il y a neuf (9) mois », nous confie Nathalie en comptant avec ses doigts la durée de son séjour. Par contre, souligne-t-elle, il y a des filles qui sont là depuis trois (3) mois seulement. A l’image d’autres jeunes filles, Nathalie ne sort pas de la maison. «Je travaille ici et je dors ici. Je n’ai aucun contact avec l’extérieur », confie-t-elle. Mon tarif, détaille Nathalie, varie entre 2000 FCFA (moins de 4 dollars) et 5000 FCFA (9 dollars) en fonction de la « position » voulue par le client. « Ma patronne me remet 3 000 FCFA par jour pour la nourriture et la carte de crédit », ajoute Nathalie.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Nathalie : «pas facile de se regarder dans le miroir»</strong></h3>



<p>Pour recouvrer sa liberté, elle doit payer à sa patronne la somme d’un million cinq cent milles (1. 500. 000) F CFA (2. 712 dollars). «Je n’ai pas fini de rembourser ma patronne. Je lui dois 1. 500. 000 FCFA. Je suis piégée dans ce travail mais je suis obligée de me livrer à plusieurs hommes par jour pour rembourser ma patronne. Ce n’est pas facile de se regarder dans le miroir, mais il faut être forte pour s’en sortir et retourner un jour au pays», lance-t-elle.</p>



<p>Diamord figure parmi un groupe de jeunes filles nigérianes enrôlées par une certaine Sofia John, gérante de l’auberge Tounka. La jeune dame de 23 ans doit rembourser la somme d’un million de FCFA à celle qui aurait financé son voyage. «Après des échanges, elle m’a dit que je dois payer un million et cette somme représente mon transport, ma nourriture et mon hébergement », souligne une autre, Keyne. Dès son arrivée, Princesse a commencé à faire la prostitution pour payer une recette journalière à sa patronne. 1. 000 000 F CFA, c’est aussi le prix de sa liberté. Tout comme Jesura qui a voyagé en compagnie de deux autres personnes. A leur arrivée, la proxénète a envoyé quelqu’un les chercher à la Gare. Elles n’ont eu d’autres choix que de vendre leurs corps. Angèle a quitté courant janvier 2017 son Nigéria natal pour Kayes. « Quand je suis arrivée, après des explications, j’ai commencé à travailler à son compte pour pouvoir rembourser les dépenses effectuées par la dame Sophia », souligne-t-elle. Comme Angèle, elles ont toutes été maintenues par la force dans cet univers impitoyable, jusqu’à l’interpellation de leur «Maman» (comprenez la proxénète, ndlr) par la Police.</p>



<p>De l’autre rive du fleuve Sénégal, qui traverse la ville plus précisément au quartier Kayes-n’di, «Mamie Bar», dont la promotrice est une nigériane répondant au nom de Beatrice, est un lieu prisé. De jeunes filles sont à l’affût et proposent automatiquement leurs services à tout visiteur. Les hommes désignent avec un signe de doigts la fille qu’ils préfèrent. Certaines s’éclipsent avec des clients tandis que d’autres dansent au son de la musique. Quelques «gros bras» assurent la sécurité des lieux et effectuent des va et vient à l’intérieur du bar. Au même moment, la serveuse s’affaire à apporter les commandes des clients. Les tables sont ornées de canettes et de bouteilles dont certains sont déjà vides. « Je suis au Mali depuis trois ans. Je travaille ici », nous confie une jeune fille mince et courte de taille qui s’exprime en peu de mots, en bambara et en français.</p>



<p>16 mars 2020, 01h 25 mn. La vieille dame pénètre dans le maquis. Les filles courent pour l’accueillir. L’une après l’autre s’accroupit sous son pied pour la saluer. Une récupère son sac en main tandis qu’une autre s’affaire à mettre ses chaises à leurs places. Elle pénètre à l’intérieur et ne sortira pas en notre présence. Selon des explications fournies par un habitué des lieux, elle s’assoit à côté de l’entrée principale donnant accès aux chambres entre quelques gros récipients de couleur bleue contenant de l’eau. De cette position, la «Mamie» dispose d’une vue royale sur l’entrée principale du bar ainsi que celles donnant accès aux chambres de passe. «Mamie» est l’une des femmes les plus puissantes et influentes de la communauté nigériane locale.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>« Je ne suis pas&nbsp; prête à souffrir encore »</strong></h3>



<p>Mince de corpulence, Assa faisait partie d’un groupe de jeunes filles à qui «une grande sœur» a fait miroiter de belles choses en les jetant sur le chemin de la migration. «Quand je venais à Bamako pour la première fois, j’étais loin d’imaginer de tomber dans ce travail», explique-t-elle en secouant la tête. Sa nuit commence à 19h et se termine à 5h. «Toutes les nuits ne sont pas pareilles. Souvent, on peut avoir un seul client», souligne-t-elle en précisant qu’elle peut avoir par nuit 40. 000, jusqu’à 70. 000 FCFA. C’est surtout vers les 20 au 30 du mois qu’il y a une grande affluence des clients. Selon Assa, «c’est un travail de merde». Jusque-là, elle résiste à la pression de sa grande sœur dont le désir est de la voir continuer le chemin. «J’ai de nombreuses copines qui sont rentrées en Europe. Ma grande sœur à qui je dois de l’argent me pousse à aller au Maroc pour tenter de rentrer en Europe. Je ne suis pas prête à souffrir encore».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/10/Migration-et-prox-Car-2-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-4690" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/10/Migration-et-prox-Car-2-768x1024.jpg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/10/Migration-et-prox-Car-2-600x800.jpg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/10/Migration-et-prox-Car-2-225x300.jpg 225w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/10/Migration-et-prox-Car-2.jpg 810w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p>Assa a un autre projet et conseille toutes celles qui veulent se lancer dans une telle aventure : «mon projet est de tout mettre en œuvre pour réunir la somme d’un million de F CFA et faire le commerce. Ainsi, je mettrais fin à cette vie qui m’enlève ma dignité et mon honneur de femme. Je ne conseille à aucune femme de quitter son pays et de faire comme moi ».</p>



<p>Olivia a quitté son pays pour l’Algérie en transitant par le Nigéria et le Niger avant de se retrouver au Mali suite à un rapatriement. « Je suis passée par le Niger. Nous avons fait deux semaines. Ça n’a pas été du tout facile. C’est un film qui commence au Niger. On est monté dans une voiture 4&#215;4 pour traverser le désert. En plein désert, on dépose les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Et on nous viole, nous les femmes. C’est un grand viol. Ce sont trois hommes qui te passent dessus. Tu es à leur disposition. Ils abusent de toi de toutes les manières sans que tu ne pipes mot au risque de laisser ta vie. Je n’aime pas trop parler de ces histoires. Ce sont des souvenirs traumatisants », souligne-t-elle en balayant son visage avec sa main avant de tourner brusquement son regard.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>« Je ne peux&nbsp; pas conseiller à une fille de faire ce que je suis entrain de faire »</strong></h3>



<p>Selon Olivia, elles étaient 12 jeunes filles dans un convoi d’une quarantaine de personnes. Nadège et Pamela ont péri lors de la traversée de la Méditerranée. Par contre, raconte-t-elle, les autres ont regagné l’Europe. Elle ne préfère pas s’attarder sur son séjour algérien marqué par la vie dans les ghettos avec son corollaire de menaces.</p>



<p>A son arrivée à Bamako, elle a travaillé pendant deux mois dans un restaurant avant de replonger dans l’univers infernal de la prostitution. Si Olivia négocie au prix fort, elle est souvent obligée de prendre les 2 000 et 3 000 F CFA. « Si tu refuses les 2000 et 3000, tu vas manger quoi ? Il y a des jours où tu trouves beaucoup de sous mais il y a aussi des jours où tu ne gagnes pas un 1 franc alors que tu es dehors jusqu’à 5 heures du matin. Voilà, on a fermé pour raison de coronavirus. On est à la maison depuis un mois. Depuis ce matin (l’entretien a eu lieu vers 13 heures, Ndlr), je n’ai rien mangé.&nbsp; Il n’ya rien de facile, même pas la prostitution. Je ne peux pas conseiller à quelqu’une de faire ce que je suis entrain de faire. Ce n’est pas un métier. C’est un métier sale. Ça m’affecte. Si je trouve un endroit ou un appui pour faire la restauration, je vais abandonner », affirme Olivia.</p>



<p>Commandant de Police Souleymane Niampougui est officier de Police judiciaire à la Brigade de répression du trafic de migrants et de la traite des être humains, une unité spécialisée de la direction de la police judiciaire de la Direction générale de la Police nationale. Auparavant, il a servi à la Brigade chargée de la protection des mœurs et de l’enfance. Selon lui, les jeunes filles peuvent coucher au moins avec dix (10) hommes par nuit. «Même quand ces filles sont en règle, elles sont obligées de coucher avec les hommes », souligne l’officier de Police judiciaire.</p>



<p>De teint clair, Chacha a mordu la promesse de travailler dans un salon de coiffure d’un homme à Bamako. A son arrivée, elle est accueillie par une dame. Cette dernière l’a confiée à une autre qui l’a amenée à Kayes. « C’est quelqu’un qui m’a amenée en disant que je vais travailler dans un salon de coiffure. J’ai été accueillie par une femme nigériane. Je voulais retourner mais la dame a refusé en exigeant le remboursement d’une somme de 1. 500. 000 FCFA. Cette dernière m’a remise à une autre femme qui m’a amenée à Kayes. J’ai fait un an à Kayes. Chaque fois je payais, la femme refusait de mentionner le paiement dans le cahier, elle me maltraitait. C’est pourquoi j’ai fui », détaille-t-elle.</p>



<p>Après cet épisode, Chacha a trouvé refuge dans la capitale malienne auprès d’un homme avec qui elle a eu un enfant qui a aujourd’hui 5 mois. « Il me faut assez d’argent pour retourner au pays afin de ne pas dépendre des parents. Elle a déjà un autre enfant âgé de 5 ans au pays. Mon souhait est de sortir de ça pour faire un travail noble», plaide-t-elle.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>« Je suis souillée depuis que je suis au Mali »</strong></h3>



<p>On la surnomme Aïcha. Elle entame sa deuxième année au Mali. «Je suis en transit. Je veux continuer sur la Tunisie », souligne-t-elle au cours d’un entretien dans les locaux de l’Association des Refoulés d’Afrique Centrale au Mali (Aracem). «Je suis dans l’enfer. C’est le coït contre l’argent. Tu donnes ton coït et on te donne de l’argent. Dès que quelqu’un te dit bonjour, il te demande combien. C’est un métier risquant et salissant. C’est un métier salissant. C’est un métier qui te fait perdre ta dignité. C’est un métier qui te donne le dégoût de toi-même », souligne-t-elle en versant des larmes.</p>



<p>Elle enlève ses lunettes pour essuyer ses larmes avec une voix tremblante. «Je suis souillée depuis que je suis au Mali. Je suis sale même si je reste toute la journée sous la douche. Je ne veux pas ça », nous confie-t-elle en sanglots en tournant le regard de l’autre côté de la salle. Elle reprend ses esprits et se plonge dans ses souvenirs de violences. «Les hommes ne nous respectent pas. D’autres nous étranglent. Ils te font mal. Ils nous obligent de coucher avec eux sans préservatif », explique Aïcha. «Une nuit, raconte-t-elle, j’ai échappé à une attaque au couteau d’un client qui m’a fait déplacer».</p>



<p>Ces violences sont récurrentes comme toutes activités criminelles, nous rappelle Dr Fodié Tandjigora. A Ségou, une ville située à 235 km de Bamako, trois filles migrantes ont subi en espace d’un an des agressions d’une rare violence dont le cas d’Ido Beauty (voir encadré, Ndlr), assommée à mort dans la nuit du 17 au 18 décembre 2019 dans un Bar à Ségou.</p>



<p>Si Ido Beauty a perdu la vie et que certaines n’ont pas encore réussi à fuir « l’enfer » pour reprendre une expression chère à Aïcha, d’autres, par contre, ont réussi à s’échapper des griffes de ceux ou celles qui les exploitaient. Elles s’appellent les survivantes.</p>



<p>A suivre !</p>



<p><strong>Chiaka Doumbia, source&nbsp;: Le Challenger</strong></p>



<hr class="wp-block-separator is-style-wide"/>



<p><strong>Encadré&nbsp;: </strong></p>



<p> <strong>Le destin tragique de Ido Beauty</strong></p>



<p>Née le 8 mai 1997 à Eképéné au Nigeria, Ido Beauty était loin d’imaginer un tel destin en quittant la terre de ses ancêtres à la recherche d’un prétendu bonheur masqué par les fausses promesses des individus sans foi ni loi.</p>



<p>Le 18 décembre dernier (2019, ndlr) vers 13 heures, le Commissariat de police du 1er arrondissement de Ségou a été informé par les soins du président de la communauté nigériane de la présence d’un corps sans vie dans une chambre du Bar dénommé Sika Motel. La Police s’est rendue sur les lieux en compagnie d’un médecin &#8211; légiste pour constater le décès et reconstituer la scène du crime.</p>



<p>Sur place, ils découvrent le corps sans vie d’Ido Beauty. Couchée sur un matelas de deux places, la jeune demoiselle de teint légèrement clair, mesurant 1, 65 m était nue à partir de son nombril, la tête orientée vers le sud et les bras allongés, le cou entouré par ses mèches, laissant couler du sang par ses narines. Selon le médecin légiste, Docteur Bagayoko, elle est morte d’une asphyxie mécanique de strangulation. Sa mort, a-t-il ajouté, remonte à 8 heures.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Les policiers de la Brigade de recherche du commissariat de Police du 1er arrondissement de Ségou exploitent les indices trouvés dans la chambre de la défunte dont les deux téléphones avaient été volés. Et c’est à partir du carton de l’un de ses téléphones que l’auteur de ce crime a été retrouvé. Grâce à la magie de la technologie, les nouveaux propriétaires de ces téléphones sont localisés et interpellés. L’arrestation de ces deux personnes a conduit les enquêteurs à l’auteur du crime, un certain Modibo Traoré, âgé de 20 ans, arrêté le 4 janvier 2020, soit deux semaines après le meurtre. Devant les enquêteurs, il avoua et donna des détails sur cette nuit fatidique.</p>



<p>Cette nuit, dit-il, il s’est rendu au Bar comme d’habitude après avoir pris une forte dose de Tramadol. N’ayant pas trouvé sa cliente préférée sur place, il explique avoir répondu aux sollicitations de sa future victime. Une fois dans la chambre, les choses ne se sont pas passées comme prévues. Quand Ido faisait dos, Modibo Traoré lui a donné un coup à la nuque. D’un coup, elle tomba sur le lit. Il s’empara des deux téléphones de sa victime. Arrivé devant la porte du Bar, il enleva les puces avant de les jeter et disparut dans la nature. Il vendit un téléphone avant de gager le second à 2. 000 FCFA.</p>



<p>Modibo Traoré séjourne actuellement à la maison centrale d’arrêt de Ségou. Après une semaine à la morgue de l’Hôpital Nianankoro Fomba de Ségou, sa victime a été inhumée sur place par ses compatriotes qui auraient pris le soin d’informer sa famille au Nigéria. Triste sort pour une jeune fille embrigadée dans une aventure par des individus sans foi ni loi.</p>



<hr class="wp-block-separator is-style-wide"/>



<p><strong>Note de la rédaction</strong></p>



<p>Cette enquête a été réalisée dans le cadre du projet «Autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la communication», mis en œuvre par l’UNESCO dans huit pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée-Conakry, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Sénégal. Financé par le Ministère italien des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) et l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), ce projet vise à donner aux jeunes garçons et filles les moyens de prendre des décisions éclairées sur les questions migratoires grâce à un meilleur accès à une information de qualité. En conséquence, le projet contribue à renforcer la capacité des professionnels des médias de la sous-région à rendre compte de la migration tout en promouvant des normes et bonnes pratiques en matière de droits de l&rsquo;homme et des approches sexospécifiques et inclusives en matière de couverture de la migration dans les pays ciblés.</p>



<p>L’enquête est l’aboutissement d’un parcours de formation sur les techniques de journalisme d’investigation en lien avec la migration, qui a bénéficié à plus d’une centaine de journalistes, et d’un appui au travail de terrain. Cette initiative rentre par ailleurs dans le cadre du <em>«Plan d’Action des Nations-Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité »,</em> mis en œuvre par l’UNESCO.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Prostituées du monde entier, unissez-vous !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Phileingora]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2020 10:56:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[hommes politiques]]></category>
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<p>je suis pour l’idée de la prostitution sexuelle qu’à celle des hommes politiques. La prostitution électorale est la plus monstrueuse et la plus nuisible au monde.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong>Les mauvais traitements ainsi que les préjugés qu’on fait subir aux prostituées ou fait&nbsp; circuler sur elles suscitent des réflexions chez Tidiani Bakary Guindo, étudiant en Master philosophie au Mali. Dans cet article, il estime que tout le monde est prostitué à sa manière et la prostitution est un métier noble.</strong></p>


<p>Je vous parle aujourd’hui comme parlerait un fils à sa mère, comme un frère à sa sœur, bref, comme un intime ami à sa confidente.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1602&amp;action=edit">Le goût du sang !</a></p>


<p>S’il m’était permis de décerner le prix Nobel de l’audace et de la bravoure à une catégorie de personnes, je vous en conjure que c’est à vous que je décernerais ce prix.</p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Des chambres closes consultées plus que des lieux sains</strong></h5>


<p>Les religieux prêchent beaucoup pendant la journée sur votre boulot. Ils disent que Dieu l’a interdit. Ce qui est bien beau. Pourtant, ce sont ces mêmes personnes qui partent prêcher pendant la nuit dans vos différentes chambres en cachette.</p>


<p>Vos chambres sont <a href="http://Image d'illustration. Licence: AfrikMag" target="_blank" rel="noreferrer noopener">plus consultées</a> que certaines Églises et Mosquées pour la simple et la moindre raison que les bars sont devenus des lieux de cultes sexuels. Pendant les nuits, vous souffrez. Car recevoir dix hommes costauds voire plus dans une nuit n’est pas une chose aisée.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=105&amp;action=edit">L’exploitation sexuelle, cette violence sur fond de préjugés</a></p>


<p>Par contre, je suis pour l’idée de la prostitution sexuelle qu’à celle des hommes politiques. La prostitution électorale est la plus monstrueuse et la plus nuisible au monde.</p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>De la hiérarchie des prostituées</strong></h5>


<p>Les femmes qui sont dans ces pratiques sont astreintes de vendre leur corps pour subvenir à leur besoin. Elles sont fréquentées par les chrétiens, musulmans, par les traditionalistes et nos soi-disant hommes politiques du pays.</p>


<p>Il y’a des prostituées de renom qui sont uniquement réservées aux bourgeois du Mali et des prostitués qui sont uniquement au service des prolétaires.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=810&amp;action=edit">Les femmes, ces potentialités ignorées dans la gestion des conflits</a></p>


<p>Dans « <em>Les Pensées »</em>, Pierre Dac fais ait comprendre&nbsp;: <em>« La prostitution, c’est l’armée de métier de l’amour vénal dont la discipline vénalement consentie fait la force principale ».</em></p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Une pratique générale</strong></h5>


<p>Parler d’une telle thématique me pousse à poser cette question&nbsp;: de nos jours, qui ne pratique pas la prostitution ?</p>


<p>Écoutons avec ouverture d’esprit ce passage de Théophile Gautier dans son ouvrage « <em>Mademoiselle de Maupin</em> »&nbsp;: <em>« La femme qui a un mari et un amant est une prostituée pour l’un des deux, et souvent pour tous deux ».</em></p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>La prostitution, un métier noble</strong></h5>


<p>Faire la prostitution est un acte de bravoure et ne relève pas de la faiblesse. Ces femmes ne sont pas en pannent de conscience. Car elles savent bel et bien ce qu’elles font comme métier.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=792&amp;action=edit">Journée internationale des femmes, un lieu d’évaluation</a></p>


<p>Dans certains pays, la prostitution est une profession dans la mesure où l’État fait mention sur leur carte.</p>


<p>Une prostituée n’est pas un monstre à rejeter, mais une personne à aider pour qu’un jour elle puisse être intégrée dans la société. Les prostituées tombent amoureuses et connaissent le sens de l’amour plus que certaines de nos sœurs qui passent la journée à faire des navettes entre les hommes.</p>


<p>La plupart de ces femmes font cette pratique pour de l’argent. Que dit le grand homme de lettres concernant ce phénomène ? Dans « <em>Post-scriptum de ma vie »</em>, Victor Hugo disait&nbsp;: <em>« Pas d’injures à ces malheureuses que vous coudoyez le soir dans la rue. Souvenez-vous que la plupart ont été livrées à la prostitution par la faim et se sont laissées tomber dans le ruisseau pour ne pas se jeter à la rivière ».</em></p>


<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Un monde capitaliste</strong></h5>


<p>Aucune femme ne peut perdre sa dignité ontologique au profit de la prostitution. Car la dignité ontologique est différente de celle que la société nous attribue.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=819&amp;action=edit">Accès à la santé: Chaque jour, près de 830 femmes meurent dans le monde</a></p>


<p>Dans la « <em>Théorie de l’unité universelle</em> », Charles Fourier affirmait que « <em>Dans le mariage, le mari et la femme se valent vertueusement ; et de même qu’en grammaire, deux négations valent une affirmation, on peut dire qu’en négoce conjugal, deux prostitutions valent une vertu ».</em></p>


<p>Nous vivons dans un monde capitaliste dans lequel l’homme est marchandé et rejeté comme inhumain s’il n’a pas d’argent.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=90&amp;action=edit">Le cyberharcèlement, une épine dans le pied des femmes</a></p>


<p>De nos jours, les relations n’ont aucune valeur. Les relations humaines sont centrées sur le capital et c’est pourquoi nous sommes devenus des péripatéticiens.</p>


<p>Charles Lemesle ne serait pas contre cette pratique&nbsp;: « <em>Tout mariage sans amour est la prostitution consacrée ».</em></p>


<p>Je m’en fou de ce que l’autre dira de moi après la publication de mon texte. D’ailleurs, je ne paye personne pour lire mes textes et je tiens à ma liberté d’expression tout comme le jeune religieux tient à sa religion. À chacun son problème et ainsi va la vie.</p>


<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=851&amp;action=edit">Pourquoi encourager les femmes en politique</a></p>


<p>Pour terminer, je peux haut et fort dire que chacun est prostitué à sa manière…</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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