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	<title>Archives des présidence tournante &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>UEMOA : De Lomé à Cotonou, la bataille discrète pour sauver l’union monétaire ouest-africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 20:50:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Analyse des démarches pour sauver l'UEMOA : comment les dirigeants tentent de maintenir l'unité financière en ces temps difficiles.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sous pression depuis la création de l’Alliance des États du Sahel, l’Union économique et monétaire ouest-africaine tente de résister à la désintégration silencieuse. À Cotonou, les présidents Talon et Faye ont esquissé un sursaut diplomatique pour sauver ce qui peut l’être d’une union monétaire en perte de cohésion, fragilisée par les tensions politiques et le retrait progressif du Mali, du Burkina Faso et du Niger.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des photos qui trompent leur monde. Celle prise à Cotonou, ce mardi, montrant les présidents Bassirou Diomaye Faye et Patrice Talon souriants, presque fraternels, en est une. Car derrière les accolades protocolaires et les discours à fleuret moucheté, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) traverse une zone de turbulence qu’aucun euphémisme ne saurait masquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Union fracturée, monnaie fragilisée, confiance fissurée. Depuis que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont claqué la porte de la CEDEAO pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES), c’est tout l’édifice ouest-africain qui vacille, y compris son pilier monétaire, pourtant longtemps présenté comme l’un des plus stables du continent.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-cotonou-tentative-de-reanimation-politique"><strong>Cotonou, tentative de réanimation politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nous avons convenu […] d’entreprendre des démarches pour travailler à redynamiser l’organisation</em>&nbsp;», a sobrement déclaré Bassirou Diomaye Faye à la sortie de son entretien avec Talon. Traduction : l’UEMOA est à bout de souffle, et les chefs d’État qui y croient encore — ou veulent y croire — cherchent à lui éviter une implosion par défaut d’adhésion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est limpide. Sans la participation pleine et entière des trois pays sahéliens, l’Union perd sa cohérence géographique, sa pertinence politique et peut-être, demain, sa base monétaire. La récente gifle symbolique infligée par le trio sahélien, qui a quitté avec fracas la session du Conseil des ministres de l’UEMOA tenue à Lomé, en dit long. Motif : l’absence de consensus sur la présidence tournante, que le Burkina Faso revendiquait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un désaccord de façade ? Non. Un bras de fer sur fond de guerre d’influences, de souverainetés contrariées et de rancunes géopolitiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-le-franc-cfa-devient-suspect"><strong>Quand le franc CFA devient suspect</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Officiellement, Mali, Niger et Burkina sont toujours membres de l’UEMOA. Mais leur présence devient de plus en plus théorique, voire hostile. Le projet, non dissimulé, de création d’une monnaie sahélienne autonome, conjugué à des accusations répétées contre le Bénin et la Côte d’Ivoire de «&nbsp;<em>tentative de déstabilisation</em>&nbsp;» (que ces derniers réfutent fermement), fait planer un doute sur la survie même du cadre actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le franc CFA, jadis ciment de stabilité, devient soupçonné de loyauté étrangère. Et dans un contexte où les pays de l’AES ont tourné le dos à la France pour se rapprocher ostensiblement de Moscou, de la Chine, de la Türkiye, la monnaie commune apparaît à leurs yeux comme un vestige d’un ordre qu’ils contestent désormais sur tous les plans.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mediation-ou-dernier-sursaut"><strong>Médiation ou dernier sursaut ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet 2024, Bassirou Diomaye Faye avait été désigné médiateur par la CEDEAO pour ramener les trois pays dans le giron communautaire. Un an plus tard, il tente à nouveau, aux côtés de Talon, de raviver la flamme communautaire. Mais la tâche ressemble désormais moins à une médiation qu’à un exorcisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car ce qui se joue ici dépasse l’arithmétique institutionnelle. C’est la redéfinition même de l’espace ouest-africain qui est en cours, entre ceux qui croient encore à l’intégration régionale telle qu’elle fut conçue dans les années 1990, et ceux qui entendent la refonder, sur d’autres bases, d’autres alliances, d’autres souverainetés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’UEMOA, à force de compromis, de silences et de diplomatie d’équilibriste, a longtemps tenu. Mais aujourd’hui, ce sont les fondations mêmes qui craquent : la monnaie, la confiance, la réciprocité. La photo de Cotonou restera peut-être celle d’un dernier sursaut. À moins qu’elle ne devienne, dans quelque temps, l’image de l’acte manqué d’une union qui aura su survivre aux crises économiques… mais pas aux fractures politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’UEMOA a dit non. L’histoire, elle, pourrait dire autrement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Analyse des relations tendues entre l'UEMOA et l'AES, marquées par la présidence controversée du Conseil des ministres.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>C’est un bras de fer de ceux qui changent la géographie politique d’un continent. D’un côté, le formalisme feutré de Lomé, ses tapis rouges et ses discours calibrés, drapés dans la rhétorique de la légalité communautaire. De l’autre, la colère froide de Ouagadougou, la morgue souverainiste de Bamako, la raideur stratégique de Niamey. Entre les deux, un micro-déclencheur : la présidence tournante du Conseil des ministres de l’UEMOA… refusée au Burkina Faso.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence le 11 juillet 2025. Une date qui s’ajoutera sans doute aux annales des rendez-vous manqués de l’intégration ouest-africaine. Ce jour-là, à Lomé, les délégations des trois pays de l’AES (Mali, Burkina, Niger) claquent la porte d’une réunion du Conseil des ministres de l’UEMOA, furieuses d’un camouflet qu’elles jugent doublement injuste : contre le droit et contre leur dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le texte est clair comme l’eau d’un puits de brousse. L’article 11 du traité de l’Union prévoit que la présidence du Conseil revient à tour de rôle aux ministres des Finances des États membres. Après le Bénin, c’était au Burkina Faso, naturellement. Sauf que la rotation a soudainement buté sur un veto. Celui du président ivoirien Alassane Ouattara, chef d’orchestre discret mais implacable d’un rejet assumé : pas de présidence pour un pays dirigé par un militaire en treillis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument ? Une organisation monétaire ne saurait confier sa tête à un État dont le gouvernement est issu d’un coup de force, où les urnes ont cédé la place aux kalachnikovs, et où les institutions de la démocratie dorment encore sous la poussière. La réalité ? Une défiance profonde, géopolitique, presque civilisationnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ce-que-ouattara-redoute-ce-que-traore-incarne"><strong>Ce que Ouattara redoute, ce que Traoré incarne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas uniquement de Traoré, de Tiani ou de Goïta. Il s’agit d’une lecture du monde. Pour Ouattara, comme pour Macky Sall hier ou Patrice Talon demain, l’avenir passe par les institutions héritées de Bretton Woods, par les partenariats de Washington, par l’ancrage à l’euro. Pour le triumvirat de l’AES, l’horizon est ailleurs : Moscou, Pékin, et surtout eux-mêmes. Un souverainisme radical, aux accents panafricanistes, qui se veut rupture autant que revanche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue, c’est donc bien plus qu’une querelle de procédure. L’UEMOA est aujourd’hui le dernier trait d’union entre deux visions du continent. La CEDEAO a déjà éclaté, emportée par les sanctions, les ressentiments et les ruptures. L’UEMOA tenait encore, portée par la BCEAO, cimentée par le franc CFA, sanctuarisée par l’économie. Elle tangue désormais.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-monnaie-dernier-bastion-ou-premier-champ-de-bataille"><strong>La monnaie, dernier bastion ou premier champ de bataille ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les signaux étaient déjà là. Le général Tiani au Niger qui fustige une monnaie coloniale. Le capitaine Traoré qui promet de «&nbsp;<em>briser les chaînes</em>&nbsp;» de l’asservissement monétaire. Le colonel Goïta qui parle de créer une devise propre, ancrée dans l’autodétermination. Trois pays, un même cri : la souveraineté ne sera complète que lorsqu’elle sera également monétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais voilà : quitter le franc CFA, c’est plonger dans l’inconnu. C’est renoncer au «&nbsp;<em>pot commun</em>&nbsp;» de la BCEAO, aux taux bonifiés du marché régional, aux transferts massifs des diasporas depuis Abidjan ou Dakar. C’est prendre le risque d’une instabilité, d’une inflation, d’un isolement économique. En un mot : c’est faire le saut sans parachute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, pour les chefs de l’AES, il s’agit d’un pari existentiel. Le refus du Burkina Faso à la présidence du Conseil des ministres de l’UEMOA ne serait que la goutte de trop dans un vase rempli d’humiliations perçues, de condescendance diplomatique et de marginalisation politique. L’heure, pour eux, n’est plus à l’intégration. Elle est à la recomposition.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-l-implosion-ou-la-metamorphose"><strong>Vers l’implosion ou la métamorphose ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choc du 11 juillet 2025 est peut-être le prélude à une rupture définitive. Car si l’UEMOA refuse ses textes au nom de principes flous, que reste-t-il de son autorité ? Et si l’AES transforme le ressentiment en agenda monétaire alternatif, que restera-t-il du CFA demain ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus grave encore ; cette crise révèle l’échec d’un langage commun en Afrique de l’Ouest. Entre ceux qui jurent par la stabilité et ceux qui revendiquent la rupture, entre les républicains institutionnels et les révolutionnaires militaires, il n’y a plus même syntaxe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rotation bloquée du Burkina Faso n’est qu’un symbole. Mais comme souvent dans l’histoire, les symboles précèdent les tremblements de terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique de l’Ouest change de logiciel. Et chacun cherche encore sa place dans ce nouveau code.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>À Malabo, l’union se décompose : autopsie d’une crise diplomatique africaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Jun 2025 17:41:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le retrait du Rwanda de la CEEAC met en lumière l'impuissance des organisations africaines face aux rivalités géopolitiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Malabo, le sommet qui devait acter une transition ordinaire à la tête de la CEEAC s’est transformé en scène de rupture. Le Rwanda, privé de la présidence tournante, claque la porte. En toile de fond : le conflit rwandais-congolais, désormais transporté dans l’arène diplomatique. Et une question : que reste-t-il de l’intégration régionale quand les États règlent leurs comptes à ciel ouvert ?</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 juin 2025, Kigali a claqué la porte. En refusant de transmettre la présidence tournante de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) au Rwanda, les chefs d’État réunis à Malabo ont provoqué une crise diplomatique d’une ampleur inédite dans l’histoire de cette organisation créée en 1983. Derrière le prétexte institutionnel, c’est un contentieux plus profond, plus ancien, plus explosif – celui entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) – qui a refait surface, projetant son ombre sur l’intégration régionale tout entière.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quand-kinshasa-bloque-kigali"><strong>Quand Kinshasa bloque Kigali</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne devait s’agir que d’une formalité. Une transmission de témoin, en somme : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la Guinée équatoriale, cédant la présidence tournante de la CEEAC à son homologue rwandais, Paul Kagame. Mais à Malabo, rien ne s’est passé comme prévu. Le Burundi s’y est opposé. La RDC a haussé le ton. Résultat : statu quo prolongé. Obiang reste président. Kagame s’éclipse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les coulisses du sommet, les mots ont fusé. Un commissaire de la CEEAC confie : «&nbsp;<em>C’était électrique. Le ministre rwandais voulait comprendre pourquoi cette transmission lui était refusée. Celui de la RDC a répondu que ses autorités ne pouvaient pas accepter d’avoir à se rendre au Rwanda tant que ce pays menait une agression contre leur territoire&nbsp;</em>». Ambiance.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-kigali-denonce-kinshasa-persiste"><strong>Kigali dénonce, Kinshasa persiste</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué au vitriol publié le 8 juin au matin, le ministère rwandais des Affaires étrangères accuse : «&nbsp;<em>La CEEAC a été instrumentalisée par la RDC. Le droit du Rwanda à assumer la présidence tournante a été sciemment bafoué pour permettre à Kinshasa d’imposer sa volonté.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pilule est d’autant plus amère à Kigali que ce n’est pas la première fois que le Rwanda se sent marginalisé. En 2023 déjà, lors d’un sommet tenu à Kinshasa, Kigali avait été exclu des débats. La scène se rejoue, cette fois à Malabo. Et cette fois, Kigali préfère se retirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté congolais, la réponse n’a pas tardé. Selon la présidence de la RDC, «&nbsp;<em>les chefs d’État de la CEEAC ont reconnu l’agression rwandaise et ont appelé Kigali à retirer ses troupes de l’est de la RDC&nbsp;</em>». Le ton est sans appel. Pour Félix Tshisekedi, aucun dialogue n’est possible tant que le Rwanda est perçu comme fauteur de guerre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-organisation-prise-en-otage"><strong>Une organisation prise en otage</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du conflit bilatéral, c’est toute la crédibilité de la CEEAC qui vacille. L’organisation, qui se voulait un espace de coopération économique, de dialogue politique, de développement solidaire, devient la scène d’un duel. L’épisode de Malabo donne à voir une structure régionale paralysée, incapable de faire respecter ses propres règles, à commencer par celle de la rotation de sa présidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ironie du sort : au même moment, les chefs d’État valident le lancement d’une zone de libre-échange régionale, prévue pour le 30 août 2025. Mais comment bâtir une union économique quand un de ses membres les plus dynamiques – le Rwanda – est exclu du cercle ?</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-precedent-sahelien"><strong>Le précédent sahélien</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui se joue ici dépasse le cas d’école. La crise que traverse la CEEAC résonne avec celle que vit la CEDEAO à l’ouest, où le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont claqué la porte pour fonder leur propre organisation, la Confédération des États du sahel. L’Afrique régionale se fragmente. L’unité continentale, tant prônée par l’Union africaine, se heurte à la realpolitik des capitales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette érosion institutionnelle, la CEEAC devra choisir : réforme ou délitement. Le retrait du Rwanda n’est pas anodin. Kigali est un poids lourd stratégique, diplomatique et économique. L’écarter revient à se priver d’un partenaire de premier plan. Mais le garder, aux yeux de Kinshasa, c’est adouber un agresseur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le divorce rwandais révèle les limites du multilatéralisme à l’africaine quand les intérêts nationaux prennent le pas sur les ambitions communautaires. Ce n’est pas seulement la présidence tournante qui a été confisquée à Malabo. C’est l’idée même de solidarité régionale qui a volé en éclats. Et à mesure que les fractures s’accentuent, c’est l’Afrique centrale tout entière qui s’enfonce dans une instabilité institutionnelle durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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