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	<title>Archives des précarité sociale &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Exploitation minière au Mali : l’enfer des mines artisanales raconté par un employé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 09:15:36 +0000</pubDate>
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<p>L'exploitation minière artisanale au Mali attire de nombreux jeunes. Explorez les défis et les réalités de cette ruée vers l'or.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Depuis quelques années, l</em></strong>’<strong><em>exploitation minière a pris de l</em></strong>’<strong><em>ampleur au Mali. Ce phénomène a entraîné une ruée vers les localités dont le sous-sol est susceptible de regorger de minerais, notamment l</em></strong>’<strong><em>or. Beaucoup de jeunes hommes et femmes migrent vers ces zones pour en chercher. Peu d</em></strong>’<strong><em>entre eux y gagnent réellement leur vie, malgré un travail effectué dans des conditions d</em></strong>’<strong><em>enfer. Un jeune employé rencontré dans le village de Prokoto en témoigne.</em></strong></p>



<p>Au Mali, il existe trois types de mines : les mines industrielles, les mines semi-industrielles et les mines artisanales. Le premier type, au nombre de quatorze, est tenu par de grandes compagnies internationales en collaboration avec l’État. Les mines semi-industrielles utilisent des matériels et outils classiques et sont majoritairement exploitées par des expatriés, notamment des Chinois. Quant aux mines artisanales, elles appartiennent à des nationaux qui utilisent des moyens rudimentaires et emploient toute catégorie de personnes, sans qualification professionnelle en la matière.</p>



<p>Malheureusement, beaucoup de jeunes se retrouvent dans ces mines artisanales, travaillant dans des conditions très dures dépassant l’entendement humain. Les horaires légaux de travail, le montant légal des salaires, la prise en charge sécuritaire et sanitaire, entre autres, ne sont jamais respectés.</p>



<p>Pour corroborer cet état de fait, A.K., un employé, se met à table. Ayant quitté son travail de tailleur dans son village de Somo, dans le cercle de San, notre interlocuteur s’est retrouvé dans une mine artisanale à Prokoto, un village situé à 17 km de la mine industrielle de Sadiola, elle-même située à 80 km de Kayes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-ami-qui-m-a-fait-miroiter-le-reve-d-etre-riche"><strong>Un ami qui m</strong>’<strong>a fait miroiter le rêve d’être riche</strong></h2>



<p>« <em>J</em>’<em>ai séjourné à Bamako pendant près de quatre ans pour apprendre le métier de tailleur. Après avoir acquis des connaissances dans ce métier, mon oncle chez qui je logeais m</em>’<em>a acheté une machine à coudre et m</em>’<em>a demandé d</em>’<em>aller l</em>’<em>installer au village</em> », nous dit A.K. dès l’entame de notre entretien.</p>



<p>Au village, le jeune A.K., âgé d’une trentaine d’années, avait acquis une notoriété en qualité de tailleur, car il était pratiquement le seul. Deux ans plus tard, après son retour au village, il décide de rassembler toutes ses économies pour se rendre à Prokoto, une zone minière.</p>



<p>« <em>C</em>’<em>est un ami originaire d</em>’<em>un village voisin du mien qui m</em>’<em>a entraîné dans cette aventure. De retour des mines, cet ami venait souvent discuter dans mon atelier. Il m</em>’<em>a fait rêver : il avait construit une nouvelle maison pour sa famille, acheté des bœufs de labour pour son père et possédait une grosse mobylette </em>“<em>Sanili”. Quelques temps après, il est malheureusement décédé suite à une maladie dont personne ne connaît l</em>’<em>origine</em> », raconte A.K.</p>



<p>Arrivé sur place après un périple périlleux et coûteux, le jeune tailleur dépose ses valises à Prokoto. Auparavant, il avait séjourné à Kayes chez une connaissance. C’est au cours de ce séjour qu’il croise un recruteur pour une mine artisanale, par l’intermédiaire d’une personne fréquentant la famille de son logeur.</p>



<p>Deux jours après, il quitte Kayes pour Sadiola sans aviser son hôte. Là, il passe une nuit avant de se rendre au village, embarqué sur une moto-taxi assurant le trajet Sadiola–Prokoto.</p>



<p>Sur place, il appelle par téléphone la personne indiquée par le recruteur, qui vient à sa rencontre.</p>



<p>« <em>C’était un mercredi aux environs de 15 heures que mon futur patron est venu me chercher. Après les salutations d</em>’<em>usage, il m</em>’<em>embarque sur une grosse moto à destination d</em>’<em>une colline où se trouve la mine artisanale. Et ce même jour, j</em>’<em>ai commencé à travailler sans avoir au préalable discuté des conditions de travail (salaire, avantages, sécurité, etc.) </em>», indique-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-horaires-de-travail-insoutenables"><strong>Des horaires de travail insoutenables</strong></h2>



<p>A.K. affirme que sa toute première journée de travail a consisté à transporter, à l’aide d’une brouette et d’une pelle, de la boue issue de la carrière d’un endroit à un autre distant d’environ 600 mètres.</p>



<p>« <em>Même la nuit tombée, je continuais à travailler avant d’être autorisé par le chef d’équipe à prendre une pause d</em>’<em>une demi-heure, au cours de laquelle il m</em>’<em>a offert à manger et à boire en compagnie des autres employés, qui sont au nombre de douze</em> », raconte-t-il d’une voix cassée.</p>



<p>D’après lui, les employés présents étaient méconnaissables tant ils transpiraient et étaient couverts de boue et de poussière. Il poursuit en précisant qu’ils avaient le torse nu.</p>



<p>Aux environs de 2 heures du matin, leur équipe a été remplacée par une autre, et le chef d’équipe leur a donné rendez-vous pour le matin à 6 heures. Ainsi, dit-il, ils ont regagné les hangars en bois couverts de bâches en plastique noir servant de dortoirs.</p>



<p>« <em>Nous dormons à même le sol sur des bâches noires, souvent à quatre voire cinq sur un espace d</em>’<em>au moins 10 m²</em> », souligne A.K.</p>



<p>Le lendemain, avant de partir à la carrière, le patron est venu lui remettre son emploi du temps : travailler pendant une semaine, y compris le dimanche et les jours fériés, de 6 heures à 18 heures, puis la semaine suivante de 18 heures à 6 heures du matin.</p>



<p>« <em>Depuis bientôt deux ans, je vis dans ces conditions infernales de travail, tout comme les autres employés parmi lesquels figurent des étrangers originaires du Burkina Faso, du Togo et même du Bénin</em> », ajoute-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-remunerations-au-compte-goutte"><strong>Des rémunérations au compte-goutte</strong></h2>



<p>Une semaine après avoir commencé à travailler, A.K. ose demander au chef d’équipe les conditions salariales. En réponse, celui-ci lui rétorque qu’il ne gère pas cette question et qu’il doit attendre le patron.</p>



<p>Deux jours passent. Une nuit, lors du passage du patron venu voir un employé malade, A.K. l’interpelle. Celui-ci lui répond violemment : « <em>La nourriture et l</em>’<em>eau que toi et les autres consommez sont prises en charge par moi. </em>»</p>



<p>Après cette menace, le patron l’invite à s’écarter du regard des autres. « I<em>ci, les rémunérations se font sur la base de ce que l</em>’<em>on gagne comme pépites d</em>’<em>or. À chaque minerai obtenu, la moitié revient aux employés et l</em>’<em>autre moitié à moi-même. </em>»</p>



<p>En entendant ces propos, le jeune tailleur confie qu’il a failli faire une crise. Sentant sa désolation, le patron lui dit toutefois qu’il peut lui prêter, de temps en temps, de l’argent à rembourser chaque fois qu’il y aura des pépites d’or.</p>



<p>« <em>Depuis mon arrivée, nous avons obtenu de l</em>’<em>or au moins trois fois. Malheureusement, une grande partie de ce que j</em>’<em>ai gagné comme rémunération a servi à rembourser les dettes du patron</em> », affirme A.K.</p>



<p>Il explique qu’il ne peut pas rentrer au village avec une économie qui dépasse à peine ce qu’il gagnait lorsqu’il était tailleur.</p>



<p>Et de conclure qu’il a été trompé par son ami : « <em>Je regrette amèrement d’être venu ici. Je conseille à tous les jeunes qui veulent s</em>’<em>aventurer dans cette voie de bien s</em>’<em>informer avant de prendre la route des zones minières </em>», nous dit A.K., la tête baissée, les larmes presque aux yeux.</p>



<p>Certes, l’orpaillage traditionnel au Mali joue un rôle socio-économique important. Il procure des revenus à de nombreuses communautés, contribuant à leur subsistance et à l’amélioration de leurs conditions de vie, tout en étant une source de revenus pour l’État. Cependant, il soulève de graves questions, notamment celle de la surexploitation silencieuse des employés, majoritairement des jeunes.</p>



<p><strong>Nianacoro&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. À Bamako, l’archipel invisible des veilleurs de nuit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 09:56:50 +0000</pubDate>
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<p>Plongez dans le monde des sociétés de gardiennage à Bamako et découvrez leur importance pour la sécurité nocturne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À Bamako, la sécurité nocturne repose sur une armée discrète de veilleurs, vigiles et gardiens recrutés dans les marges du droit et de l’administration. Entre législation inachevée, précarité sociale et délégation tacite de missions régaliennes, cette économie invisible de la nuit révèle les recompositions profondes de l’ordre urbain et les limites de l’État face à l’extension de l’insécurité. Une analyse de&nbsp;Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire.</em></strong></p>



<p>À la tombée du jour, Bamako bascule dans une autre organisation sociale. Lorsque la majorité des habitants se replient dans les concessions, un réseau discret prend le relais : vigiles privés, gardiens d’immeubles, sentinelles de quartier, agents de sociétés de sécurité. Leur présence est devenue indispensable au fonctionnement nocturne de la capitale malienne. Pourtant, ce secteur essentiel demeure largement informel, juridiquement fragile et socialement invisible.</p>



<p>Derrière l’image rassurante du veilleur posté à un portail ou arpentant une rue poussiéreuse se cache une économie de la sécurité peu documentée, à la frontière du public et du privé, où coexistent normes juridiques, pratiques coutumières et arrangements locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-cadre-legal-qui-peine-a-structurer-le-terrain"><strong>Un cadre légal qui peine à structurer le terrain</strong></h2>



<p>Le Mali s’est pourtant doté, dès les années 1990, d’un dispositif juridique visant à encadrer les activités privées de sécurité. La loi n°96-020 du 21 février 1996 réglemente les entreprises de surveillance, de gardiennage, de transport de fonds et de protection des personnes. Elle est complétée par le décret n°96-064/P-RM du 29 février 1996 et renforcée par la loi n°2017-014 du 12 juin 2017, qui insiste sur la professionnalisation, le contrôle des sociétés et les exigences de cautionnement.</p>



<p>Ces textes posent des principes clairs : interdiction de se substituer aux forces de défense et de sécurité, limitation stricte de l’usage de la force, définition des missions autorisées, obligation de formation et de déclaration des agents.</p>



<p>Mais sur le terrain bamakois, la norme juridique se heurte à la réalité sociale. L’essentiel des veilleurs opère hors des circuits formels, recruté directement par des ménages, des commerçants ou des copropriétés, sans contrat écrit, sans assurance, sans cadre disciplinaire clair.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-economie-nocturne-fondee-sur-la-precarite"><strong>Une économie nocturne fondée sur la précarité</strong></h2>



<p>Dans les sociétés de gardiennage agréées, certains agents bénéficient d’un contrat de travail et d’horaires définis. Mais leurs rémunérations restent faibles au regard de la pénibilité du travail nocturne et de l’exposition au risque. Les heures supplémentaires sont rarement comptabilisées, les jours de repos aléatoires, les protections sociales quasi inexistantes.</p>



<p>Pour la majorité des veilleurs, l’emploi repose sur des accords verbaux. En cas d’accident, d’agression ou de litige, les recours sont limités. Les incidents sont souvent réglés à l’amiable, parfois avec l’appui informel de chefs de quartier ou de policiers de proximité. La justice formelle demeure distante, coûteuse et peu accessible.</p>



<p>Cette précarité est d’autant plus marquée que nombre de ces travailleurs sont des migrants internes, venus des zones rurales pour subvenir aux besoins de leurs familles ou financer une formation future. La nuit devient un espace de survie économique et de socialisation urbaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-securite-fondee-sur-la-proximite-plutot-que-sur-l-equipement"><strong>Une sécurité fondée sur la proximité plutôt que sur l’équipement</strong></h2>



<p>Dans les quartiers populaires, la sécurité repose moins sur les armes ou la technologie que sur la connaissance des lieux. Les sentinelles identifient les habitudes, reconnaissent les visages, repèrent les anomalies. Leur autorité ne vient pas d’un uniforme, mais d’une relation de confiance avec les habitants.</p>



<p>Les rémunérations prennent parfois la forme de dons quotidiens : quelques billets, de la nourriture, un appui ponctuel de la part des visiteurs. Car leur rémunération mensuelle tourne autour de 40 000 à 60 000 F CFA, une somme évolutive en fonction de l’ancienneté. Ce système hybride, ni totalement marchand ni totalement communautaire, transforme la sécurité en service social implicite.</p>



<p>Cette logique explique aussi la tolérance dont bénéficient certains veilleurs non déclarés. Ils occupent un vide laissé par l’insuffisance des effectifs policiers et par l’extension urbaine rapide de Bamako.</p>



<p>Devant des banques,&nbsp;les stations-service&nbsp;et les institutions sensibles, les agents sont intégrés dans des dispositifs plus structurés. Ils portent des uniformes, disposent parfois de moyens de communication et travaillent en coordination indirecte avec les forces publiques.</p>



<p>Dans ces espaces, la frontière entre sécurité privée et sécurité publique devient poreuse. Si la loi interdit toute substitution aux forces de l’État, la pratique quotidienne révèle une délégation tacite de certaines fonctions de surveillance.</p>



<p>Ce phénomène pose une question centrale : qui assure réellement la sécurité nocturne de la ville ? L’État, les sociétés privées ou les communautés locales ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-regulation-necessaire"><strong>Vers une régulation nécessaire</strong></h2>



<p>Le maillage nocturne repose sur une chaîne d’alerte informelle : un veilleur prévient un voisin, qui contacte un responsable de quartier, avant d’alerter éventuellement la police. Ce circuit parallèle, fondé sur l’expérience et la rapidité, permet souvent de prévenir des cambriolages ou des agressions.</p>



<p>Ce système, bien que fragile, participe à la stabilité urbaine. Il produit de la dissuasion, du renseignement de proximité et une présence humaine continue dans l’espace public nocturne.</p>



<p>La multiplication des veilleurs de nuit traduit moins une dérive qu’une réponse sociale à l’insécurité et au chômage. Elle révèle l’émergence d’un secteur de sous-traitance diffuse de la sécurité, sans véritable politique publique d’intégration.</p>



<p>Sa régulation pourrait constituer un levier stratégique : formalisation des contrats, formation minimale des agents, reconnaissance juridique et intégration dans des dispositifs locaux de prévention. À défaut, ce secteur continuera de fonctionner dans une zone grise, exposée aux abus, aux dérives et aux récupérations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-nuit-devient-un-miroir-des-fragilites-de-l-etat"><strong>Quand la nuit devient un miroir des fragilités de l’État</strong></h2>



<p>À Bamako, la nuit tient grâce à ceux qui veillent sans bruit. Mais cette réalité met en lumière une fragilité plus large : l’incapacité partielle de l’État à assurer seul la sécurité urbaine et à structurer un secteur devenu indispensable.</p>



<p>Les veilleurs de nuit ne sont pas seulement des gardiens de portails. Ils sont les acteurs d’un compromis social entre insécurité, pauvreté et solidarité locale. Leur invisibilité institutionnelle contraste avec leur centralité fonctionnelle.</p>



<p>Dans l’ombre des rues mal éclairées, ils incarnent une vérité politique : la sécurité n’est plus uniquement une affaire d’uniformes, mais un système composite où se mêlent droit, nécessité et pratiques sociales.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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