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	<title>Archives des politique éducative Mali &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des politique éducative Mali &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Université à Koulikoro : le Mali poursuit sa stratégie de décentralisation du savoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali accélère la régionalisation de l’enseignement supérieur avec de nouvelles universités à Koulikoro, Kayes, Sikasso, Gao ou Tombouctou afin de rapprocher la formation des jeunes et soutenir le développement régional.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Conseil des ministres a adopté mercredi un décret affectant une parcelle de 100 hectares à Didiéni, dans la région de Koulikoro, pour la construction d&rsquo;une nouvelle université. Une décision qui s&rsquo;inscrit dans une politique systématique de régionalisation de l&rsquo;enseignement supérieur, engagée depuis 2022 par les autorités de la Transition.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En moins de quatre ans, le Mali aura posé les fondations juridiques et foncières de sept universités régionales, du désert de Tombouctou aux plaines du Kénédougou. Mercredi 20 mai, le Conseil des ministres réuni à Koulouba sous la présidence du Général d&rsquo;Armée Assimi Goïta a adopté un nouveau décret d&rsquo;affectation, attribuant au ministère de l&rsquo;Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique une parcelle de 100 hectares 49 ares à Didiéni, commune rurale du Cercle de Kolokani, dans la région de Koulikoro. Objectif : y construire une université destinée à «&nbsp;<em>accroître les offres de formation en tenant compte des potentialités de la Région et des besoins du marché du travail</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce décret est le dernier jalon d&rsquo;une initiative présidentielle d&rsquo;envergure qui constitue l&rsquo;une des réformes structurelles majeures du «&nbsp;<em>Mali Kura</em>&nbsp;» —promise par Assimi Goïta depuis son arrivée au pouvoir en 2021.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un maillage universitaire inédit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chantier a débuté en juillet 2022, lorsque le gouvernement malien a adopté simultanément trois lois portant création de l&rsquo;Université de Sikasso, de l&rsquo;Université de Gao et de l&rsquo;Université de Tombouctou. Pour l’une des rares fois dans l&rsquo;histoire du pays, des établissements d&rsquo;enseignement supérieur public allaient voir le jour hors de Bamako, où sont historiquement concentrées les grandes universités maliennes — l&rsquo;Université des Sciences sociales et de Gestion (USSGB), l&rsquo;Université des Lettres et des Sciences humaines (ULSHB) ou encore l&rsquo;École nationale d&rsquo;ingénieurs Abderhamane Baba Touré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plus avancée à ce jour est l&rsquo;Université de Sikasso, dont la première pierre a été officiellement posée le 22 juin 2024 par le chef de l&rsquo;État lors de sa première visite officielle dans la capitale du Kénédougou. Bâtie sur une superficie de 400 hectares dans la commune de Gongasso, à 40 kilomètres de la ville, elle doit accueillir 8 facultés et 5 instituts, un campus numérisé, un internat pour 20 000 étudiants et des logements pour 700 professeurs. Son coût de réalisation est estimé à 133,24 milliards de francs CFA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En février 2025, une ordonnance a créé l&rsquo;Université polytechnique de Bandiagara, dans la région de Mopti, avant que la loi portant création de l&rsquo;Université de Kayes ne soit adoptée en juin 2025. Pour cette dernière, le Conseil des ministres du 23 avril 2026 a affecté au ministère de l&rsquo;Enseignement supérieur une parcelle de 200 hectares à Diyala, dans la commune rurale de Liberté Dembaya, destinée à accueillir le futur campus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le décret du 20 mai concernant Koulikoro, le Mali compte désormais sept universités régionales en cours de création ou de planification : Sikasso, Gao, Tombouctou, Bandiagara, Kayes, et à présent Koulikoro — sans compter les structures partielles déjà opérationnelles, comme l&rsquo;Institut universitaire de développement rural de Sikasso, dont les activités ont été lancées dès janvier 2024 dans des locaux provisoires en ville, le temps que le campus définitif soit achevé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Désenclaver par le savoir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La logique qui sous-tend cette politique est à la fois démographique et économique. Le Mali compte plus de 23 millions d&rsquo;habitants, dont une majorité vit en dehors de Bamako. Les bacheliers des régions éloignées — Kayes à l&rsquo;ouest, Gao et Tombouctou au nord — devaient jusqu&rsquo;ici rejoindre la capitale pour accéder à l&rsquo;enseignement supérieur public, engendrant des coûts prohibitifs pour de nombreuses familles et une pression croissante sur les campus bamakois, notoirement surchargés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enseignement supérieur malien bénéficiera, selon les autorités, de la création d&rsquo;universités régionales et de centres d&rsquo;intelligence artificielle, dans le cadre d&rsquo;une réforme plus large du système éducatif. Les États généraux de l&rsquo;éducation, dont le rapport a été remis au président Goïta en mars 2024, ont confirmé cette orientation, préconisant une décentralisation profonde des opportunités de formation sur l&rsquo;ensemble du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque université est conçue pour s&rsquo;articuler avec les ressources et les besoins spécifiques de sa région. Celle de Koulikoro devra ainsi valoriser les «&nbsp;<em>potentialités</em>&nbsp;» d&rsquo;une région connue pour son agriculture, son élevage et sa proximité avec le fleuve Niger. Celle de Kayes devait répondre aux besoins d&rsquo;une région minière, frontalière du Sénégal et de la Mauritanie, dont les populations entretiennent traditionnellement de forts liens avec la diaspora malienne en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réforme dans l&rsquo;ADN du « Mali Kura »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des chiffres, la politique de régionalisation universitaire est devenue l&rsquo;un des symboles les plus visibles de la stratégie de légitimation intérieure des autorités de la Transition. En portant l&rsquo;université hors de Bamako, le général d’armée Assimi Goïta envoie un signal fort aux populations des régions historiquement marginalisées dans l&rsquo;accès aux services de l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour de nombreux observateurs, la création de ces universités régionales constitue un signal fort adressé à la jeunesse malienne : celui d&rsquo;un État qui prépare l&rsquo;avenir par le savoir. Une lecture que les autorités de Bamako cultivent soigneusement. Le président Goïta a toujours fait savoir que cette transition est celle de la jeunesse. Pour l’avenement du Mali Kura, il faut le Maliden kura. Celui-ci ne pourrait voir le jour qu’à travers une formation adaptée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Former des citoyens ou reproduire des sujets ? L&#8217;éducation civique au Mali, enjeu de souveraineté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, la réforme de l’éducation civique est devenue un enjeu politique majeur. Entre héritage colonial, promotion des langues nationales et lutte contre l’extrémisme, l’école se retrouve au cœur du projet de refondation nationale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un pays traversé par des crises institutionnelles profondes et des ingérences extérieures répétées, la question de ce que l&rsquo;on enseigne à l&rsquo;école — et au nom de quoi — est devenue un acte politique majeur.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe, dans chaque nation, un moment où l&rsquo;école cesse d&rsquo;être un simple outil d&rsquo;alphabétisation pour devenir le lieu où se joue la définition même du peuple. Le Mali vit aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un de ces moments. Depuis les coups d&rsquo;État de 2020 et 2021, depuis la rupture avec la France et le recentrage souverainiste du régime de transition, une question traverse les couloirs des ministères, les amphithéâtres universitaires et les classes de quartier : que doit-on enseigner aux Maliens pour qu&rsquo;ils se pensent Maliens — et pas seulement des administrés ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l&rsquo;éducation civique n&rsquo;est jamais innocente. Partout dans le monde, les programmes scolaires sont des terrains de bataille idéologique. Mais au Mali, elle prend une résonance particulière, car elle croise plusieurs fractures simultanées : une crise de légitimité de l&rsquo;État, une défiance profonde envers les institutions héritées de la colonisation, une jeunesse démographiquement écrasante et une pression des puissances étrangères — anciennes comme nouvelles — pour modeler à leur avantage la conscience politique malienne.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="219" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1024x219.png" alt="Statistique du taux d'alphabétisation au Mali." class="wp-image-22370" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1024x219.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-300x64.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-768x164.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-1170x250.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-585x125.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image-600x128.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/image.png 1468w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Statistique du taux d&rsquo;alphabétisation au Mali. ©Image générée par IA. </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;héritage colonial, une blessure encore ouverte dans les programmes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;école malienne, dans sa structure profonde, reste largement un héritage de l&rsquo;administration coloniale française. Les programmes, les manuels, les examens, la langue d&rsquo;enseignement : tout ou presque a été pensé, à l&rsquo;origine, pour former des auxiliaires de l&#8217;empire, pas des citoyens d&rsquo;une République souveraine. Indépendance proclamée en 1960, cette architecture n&rsquo;a été que partiellement réformée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La langue française, imposée comme vecteur exclusif de l&rsquo;instruction officielle, est symptomatique de cette persistance. Dans un pays où le bambara est parlé par plus de la moitié de la population, où le peul, le dogon, le soninké et le songhaï structurent des millions de vies, l&rsquo;enseignement exclusivement en français constitue, pour beaucoup d&rsquo;enfants ruraux, une première forme d&rsquo;exclusion. On leur enseigne la citoyenneté dans une langue qui n&rsquo;est pas celle de leur foyer, de leurs rêves, de leur rapport au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le&nbsp;Pédagogue éducateur et penseur suisse, pionnier de la pédagogie&nbsp;moderne, Johann Heinrich (Jean-Henri) Pestalozzi,&nbsp;«&nbsp;<em>On aura beau faire des lois meilleures, dit-il, ce ne sera point assez ; l’avenir des nations est dans les écoles ; ce sont les écoles qu’il faut réformer.</em>&nbsp;». Cette&nbsp;phrase était inscrite au fronton de l’école «&nbsp;<em>Jules Ferry</em>&nbsp;» de Batna en Algérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des expériences pédagogiques novatrices tentent de corriger cette trajectoire. Depuis les années 1990, des écoles dites «&nbsp;<em>communautaires</em>&nbsp;» ou «&nbsp;<em>à curriculum convergent</em>&nbsp;» intègrent les langues nationales dans les premières années d&rsquo;apprentissage, avant d&rsquo;introduire le français progressivement. Les résultats, documentés par plusieurs études, sont probants : meilleure compréhension, taux de déperdition scolaire réduit, sentiment d&rsquo;appartenance renforcé. Mais ces programmes restent marginaux, insuffisamment financés, souvent dépendants de bailleurs étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Un peuple qui perd sa langue devient colonisé par le ou les pays de la langue qu&rsquo;il a adoptée</em> », a déclaré Montesquieu, pour souligner la place centrale que joue la langue dans la décolonisation des esprits et dans la quête de la souveraineté.Conscientes de cet état de fait, les autorités maliennes de la transition ont accordé une place considérable aux langues nationales élevées au rang de langues officielles tandis que le français est relégué au rang de langue de travail. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que transmettre ? La bataille des valeurs nationales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la langue, c&rsquo;est le contenu même de l&rsquo;éducation civique qui est en débat. Quelles valeurs nationales enseigner ? Sur quelles références morales et historiques fonder le sentiment d&rsquo;appartenance à la République du Mali ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des décennies, les manuels scolaires maliens ont reproduit un récit national construit autour de quelques grandes figures — Soundiata Kéïta, fondateur de l&#8217;empire du Mali au XIIIe siècle ; Modibo Kéïta, premier président de la République — et d&rsquo;un panthéon républicain importé de la tradition jacobine française : liberté, égalité, fraternité. Ces valeurs ne sont pas sans fondement dans l&rsquo;histoire malienne, mais elles peinent à dialoguer avec les réalités vécues, notamment les solidarités communautaires, les hiérarchies sociales, les pratiques religieuses qui structurent profondément la vie quotidienne.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question se pose avec une acuité particulière dans le contexte sécuritaire actuel. Les groupes armés terroristes qui sévissent dans le nord et le centre du pays ont développé leur propre offre éducative — écoles coraniques radicalisées, endoctrinement des jeunes désœuvrés. Former à la citoyenneté est aussi, dans ce contexte, un acte de résistance contre la propagande des groupes extrémistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les régions de Mopti, Ségou, Gao et Ménaka, des centaines d&rsquo;écoles publiques ont été fermées ou abandonnées depuis 2012 sous la pression des groupes armés. UNICEF estimait en 2024 que plus de 1,2 million d&rsquo;enfants maliens se trouvaient privés d&rsquo;accès à l&rsquo;éducation du fait des violences. Le vide ainsi créé est souvent comblé par des structures confessionnelles radicales qui offrent gîte, couvert et un récit identitaire aux jeunes les plus vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes de la transition ont entamé une réforme profonde dans ce sens en interdisant en 2025 l’enseignement de la Révolution française de 1789 dans les écoles maliennes. Aussi faut-il rappeler que le but recherché derrière le Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) est précisément la revalorisation de l’éducation civique et morale dans les établissements scolaires.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La refondation civique, projet politique ou programme scolaire ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement de transition malien a affiché, depuis 2021, une ambition de «&nbsp;<em>refondation</em>&nbsp;» nationale. Cette rhétorique irrigue désormais les discours officiels sur l&rsquo;éducation : il s&rsquo;agit de former de nouveaux citoyens maliens, fiers de leur identité, débarrassés de la «&nbsp;<em>mentalité coloniale&nbsp;</em>», capables de bâtir un État fort.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ton est donné à travers la décision du président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta de faire de la période 2026-2027 «&nbsp;<em>l’année de l’éducation et de la culture</em>&nbsp;».&nbsp;L’ambition des autorités maliennes est la formation d’«&nbsp;<em>un citoyen nouveau, patriote, compétent et responsable, capable de porter le destin du Mali avec dignité et excellence</em>&nbsp;». Mais aussi il s’agit d’engager «&nbsp;<em>un effort national déterminé pour refonder durablement notre école et investir dans le capital humain</em>&nbsp;», pour une «&nbsp;<em>prospérité partagée</em><em>&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la refondation civique par l&rsquo;école suppose un consensus sur les valeurs que l&rsquo;on souhaite transmettre. C’est toute la portée du Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV). Qui prend en compte toute la diversité du pays, composé d’une mosaïque de communautés ethniques, religieuses et régionales dont les histoires, les mémoires et les aspirations divergent parfois radicalement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une souveraineté éducative assumée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que le Mali affronte, en définitive, n&rsquo;est pas une question pédagogique mais une question philosophique et politique : de quoi est fait un peuple ? Sur quoi repose le lien national lorsque les frontières héritées de la colonisation ne correspondent à aucune réalité ethnique ou culturelle préexistante, lorsque les puissances extérieures continuent de disputer à la société malienne le droit de se définir elle-même ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse ne peut pas venir de l&rsquo;extérieur — ni des anciens colonisateurs, ni des nouveaux partenaires qui proposent simplement de substituer une dépendance à une autre. Elle doit émerger d&rsquo;un dialogue intérieur, difficile, entre toutes les composantes de la société malienne : les enseignants et les parents, les élus locaux et les chefs traditionnels, les théologiens et les philosophes laïques, les femmes et les jeunes qui portent l&rsquo;essentiel du poids de la crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Former des citoyens, au Mali comme ailleurs, c&rsquo;est parier sur l&rsquo;avenir d&rsquo;un peuple capable de se gouverner lui-même. C&rsquo;est l&rsquo;acte de souveraineté le plus profond qui soit — et sans doute le plus urgent. C’est le veste chantier ouvert par les autorités maliennes de la transition.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>ÉDITORIAL – « Du bac promo » à la promo zéro : retour sur quinze ans de faillite éducative</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 08:38:06 +0000</pubDate>
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<p>Le taux d'admission au Bac malien en 2025 n'est que de 27,48 %. Découvrez les raisons de cette baisse alarmante.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Avec un taux d’admission au bac&nbsp;2025 de seulement 27,48&nbsp;%, le système éducatif malien confirme sa descente aux enfers, entre réformes mal maîtrisées, désengagement collectif et dérives numériques non encadrées.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un chiffre, d’abord. Un seul. 27,48&nbsp;%. C’est le taux de réussite au baccalauréat malien en 2025. Un taux qui, comme ceux des années précédentes, peine à franchir le seuil des 30&nbsp;%, désormais devenu une barrière symbolique, presque mythique. À tel point qu’on pourrait croire qu’il s’agit d’un plafond de verre éducatif, gravé dans le granite de notre déclin scolaire. Pourtant, ce chiffre, aussi sec que glaçant, raconte beaucoup plus qu’un simple échec collectif. Il dit l’histoire d’un système qui ne se réforme qu’en façade, d’une pédagogie qui s’est noyée dans ses propres sigles, et d’un pays où l’école a perdu sa boussole — quand elle n’a pas tout simplement déserté le navire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-systeme-scolaire-confronte-a-des-difficultes-nbsp"><strong>Le système scolaire confronté à des difficultés&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À bien y regarder, les statistiques dessinent un paysage d’effondrement progressif&nbsp;: 38,75&nbsp;% en 2021, 25,73&nbsp;% en 2023, 27,23&nbsp;% en 2024, puis ce pâle 27,48&nbsp;% pour 2025. Autrement dit, la génération actuelle n’échoue pas par hasard. Elle hérite non seulement d’un système miné depuis plus d’une décennie, mais aussi bénéficie de la période de la lutte implacable contre la fraude dans les examens et concours. L’année&nbsp;2008 — 50&nbsp;% de réussite — fait désormais figure d’eldorado éducatif, une époque où, ironie tragique, les examens furent organisés après une année quasi blanche, avec des surveillants de fortune et un seul trimestre effectif. Preuve, s’il en fallait une, que l’apparence de rigueur ne suffit pas à produire des résultats. La détermination des élèves aussi est un facteur important.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que depuis 2010, l’introduction de l’approche par compétences (APC), sans formation adéquate des enseignants ni manuels adaptés, a brouillé les repères des enseignants et des élèves. L’enseignant n’est plus un transmetteur de savoir, mais un « <em>facilitateur</em> » — encore faut-il qu’il ait les moyens de faciliter quelque chose. En réalité, ce changement de paradigme pédagogique n’a jamais quitté le stade de l’expérimentation mal maîtrisée, abandonnée à des contractuels mal formés, des classes surchargées et des bibliothèques fantômes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un article publié dans la&nbsp;<em>Revue internationale d’éducation de Sèvre</em>, et qui s’intitule « <em>Les grandes réformes de l’école malienne de 1962 à 2016</em> », Seydou Loua, explique&nbsp;: « <em>les difficultés d’application de cette réforme curriculaire par l’approche par compétences sont nombreuses. Les enseignants dénoncent notamment l’insuffisance de formations adéquates, de matériels, de temps, de ressources humaines. Beaucoup d’acteurs font une confusion entre la pédagogie convergente et l’approche par compétences, car la convergence entre les langues nationales et le français n’est pas clairement élucidée. </em>»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-smartphones-les-nouveaux-tableaux-noirs"><strong>Les smartphones, les nouveaux tableaux noirs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute un effondrement silencieux de la concentration et de la motivation des élèves, happés par TikTok, Instagram et leurs dérives addictives. Les smartphones sont devenus les nouveaux tableaux noirs de cette génération, sauf que rien n’y est enseigné — si ce n’est l’art de l’oubli et de la distraction. Certains misent sur l’intelligence artificielle pour tricher plus habilement, sans même savoir l’utiliser. L’IA, au lieu d’être introduite comme un outil pédagogique structurant, est laissée à la merci des plus débrouillards. Résultat&nbsp;: on ne lit plus, on ne révise plus, on ne rêve même plus d’excellence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son mémoire intitulé&nbsp;<em>« Impacts des réseaux sociaux sur les élèves du lycée public de Niamakoro »</em>, soutenu en 2023 à l’École normale supérieure (ENSUP) de Bamako, Sidiki Konaté explique que les réseaux sociaux sont comparables à la langue d’Ésope&nbsp;: à la fois bénéfiques et néfastes. « <em>Le téléphone portable affecte souvent le bon déroulement des cours et est source de perturbations pendant les heures d’activités. Il entraîne également une distraction de l’esprit des élèves, les détournant des tâches données par l’enseignant en classe.</em> » L’utilisation des réseaux sociaux via le téléphone portable influence donc négativement le processus d’apprentissage et reste une problématique d’actualité. Une problématique pourtant rarement au cœur des recherches dans notre pays.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-fermer-les-reseaux-et-rouvrir-les-cahiers"><strong>Fermer les réseaux et rouvrir les cahiers</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À cela, une réponse collective s’impose. Non, le Mali ne manque pas de cerveaux. Il manquait d’une vision, d’un plan, et surtout d’un courage politique pour transformer le système éducatif en profondeur. Un baccalauréat qui exclut 7 élèves sur 10 est un baccalauréat qui ne joue plus son rôle d’ascenseur social, mais celui de broyeur de destinées. C’est ce que les autorités de la transition ont compris en organisant en 2024, les États généraux de l’éducation en vue d’analyser sans complaisance les maux qui minent le système éducatif malien. Le discours du ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, lors de l’ouverture de ces travaux est assez révélateur&nbsp;: « <em>L’Histoire nous apprend que, à chaque changement de la société, correspondent des changements au niveau de l’éducation. Nous devons dès lors, avec toute l’objectivité requise, examiner tous ces changements et nous y adapter pour le bonheur des enfants du Mali. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut repenser l’école avec et pour les réalités maliennes, et non pas plaquer des modèles venus d’ailleurs, sans traduction possible sur le terrain. Il faut intégrer l’IA, encadrer l’usage des smartphones, investir dans les manuels et les bibliothèques, former les enseignants à la nouvelle donne, et surtout, replacer l’effort et le mérite au centre de l’apprentissage. Il est temps de fermer les réseaux et rouvrir les cahiers. Car le vrai scandale aujourd’hui, ce n’est pas que 72&nbsp;% des candidats échouent. C’est que tout le monde s’y soit habitué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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