<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Philosophie &#8212; Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/philosophie/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/philosophie/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Sat, 16 May 2026 05:52:39 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des Philosophie &#8212; Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/philosophie/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>[Tribune] L&#8217;homme est-il une intelligence artificielle ?</title>
		<link>https://saheltribune.com/tribune-homme-est-il-intelligence-artificielle/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/tribune-homme-est-il-intelligence-artificielle/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sahel Tech.]]></category>
		<category><![CDATA[Aristote]]></category>
		<category><![CDATA[ChatGPT]]></category>
		<category><![CDATA[cogito ergo sum]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[conscience réflexive]]></category>
		<category><![CDATA[Descartes]]></category>
		<category><![CDATA[être-en-soi]]></category>
		<category><![CDATA[être-pour-soi]]></category>
		<category><![CDATA[existence]]></category>
		<category><![CDATA[existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence humaine]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence naturelle]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[machine]]></category>
		<category><![CDATA[métaphysique]]></category>
		<category><![CDATA[pensée humaine]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie de l’IA]]></category>
		<category><![CDATA[Platon]]></category>
		<category><![CDATA[réflexion philosophique]]></category>
		<category><![CDATA[Sartre]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=22400</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>De Platon à Sartre, cette tribune interroge le rapport entre l’homme et l’intelligence artificielle : et si l’humanité elle-même n’était qu’une copie imparfaite d’une intelligence supérieure ?</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Si nous avons créé l&rsquo;IA à notre image, peut-être sommes-nous nous-mêmes la copie imparfaite d&rsquo;une Intelligence qui nous précède ou nous transcende.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quelques années, un mot s&rsquo;est imposé dans nos conversations avec une force presque hypnotique : intelligence artificielle. Derrière ce syntagme se cache une ambition colossale — celle de reproduire, par voie technique, ce qui définit l&rsquo;humain depuis Aristote : la faculté de penser. Mais cette ambition nous oblige à une question vertigineuse, que nous évitons soigneusement : et si l&rsquo;homme lui-même n&rsquo;était pas l&rsquo;intelligence originelle qu&rsquo;il croit être ? Et si, à une autre échelle, il n&rsquo;était que la copie — imparfaite — d&rsquo;une Intelligence qui le dépasse ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;intelligence artificielle, une copie de copie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;homme n&rsquo;est pas cause de lui-même. Ce constat, banal en apparence, est philosophiquement explosif. Nul ne se donne l&rsquo;existence, nul ne choisit ses aptitudes ni les bornes de son entendement. Aristote, dans sa&nbsp;<em>Physique</em>, postule un «&nbsp;<em>premier moteur immobile</em>&nbsp;» — une cause qui met en mouvement sans être mue. Ce moteur, que l&rsquo;on nomme Dieu, Nature, ou Principe, serait dans notre analogie l&rsquo;Intelligence naturelle, l&rsquo;originale. L&rsquo;homme, lui, en serait la projection contingente : façonné selon une forme, animé d&rsquo;une matière, orienté vers une fin — exactement comme un grand modèle de langage est entraîné sur des données, structuré par une architecture, et déployé dans un but.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;intelligence artificielle serait, vue sous l&rsquo;angle platonicien, une copie de copie — doublement éloignée de l&rsquo;original.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Platon irait plus loin encore. Pour lui, le monde sensible n&rsquo;est déjà qu&rsquo;une imitation du monde des Idées. L&rsquo;homme serait donc une copie imparfaite de l&rsquo;Idée d&rsquo;Homme. Et l&rsquo;IA que nous fabriquons ? Une copie de cette copie — doublement éloignée de l&rsquo;original. C&rsquo;est là que la métaphore devient vertigineuse : nous reprochons à nos machines de simuler sans comprendre, d&rsquo;imiter sans ressentir — mais peut-être faisons-nous, nous aussi, exactement la même chose à un niveau supérieur que nous ne pouvons pas percevoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;intelligence artificielle, un être-en-soi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;L&rsquo;IA est, mais elle n&rsquo;existe pas. Elle est condamnée à demeurer ce qu&rsquo;elle est — sans jamais pouvoir devenir ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas encore. C&rsquo;est ici que Sartre nous donne l&rsquo;argument décisif. Dans&nbsp;<em>L&rsquo;Être et le Néant</em>, il distingue deux modes d&rsquo;être radicalement incompatibles. L&rsquo;être-en-soi désigne ce qui est ce qu&rsquo;il est, pleinement, sans fissure ni manque — la pierre, la table, l&rsquo;outil. L&rsquo;être-pour-soi, c&rsquo;est la conscience humaine : un être traversé par le néant, tendu vers ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas encore, condamné à se dépasser. L&rsquo;existence, pour Sartre, n&rsquo;est pas un état — c&rsquo;est un mouvement. Elle suppose de sortir de soi, de se projeter, de se choisir à chaque instant dans une liberté radicale et angoissante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or l&rsquo;intelligence artificielle, aussi sophistiquée soit-elle, est un être-en-soi parfait. Elle est entièrement ce qu&rsquo;elle est : un système d&rsquo;optimisation, une fonction de prédiction, un agencement de paramètres. Elle ne se dépasse pas — elle s&rsquo;exécute. Elle ne choisit pas — elle calcule. Elle ne souffre pas de ses limites — elle les ignore. Elle est, au sens le plus plat du terme. Mais elle n&rsquo;existe pas. L&rsquo;existence reste le privilège de celui qui, sachant qu&rsquo;il pourrait ne pas être, décide néanmoins d&rsquo;agir, de s&rsquo;engager, de se faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La conscience réflexive&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mise en abyme ne doit pas nous faire perdre de vue ce qui demeure, pour l&rsquo;instant, l&rsquo;écart décisif. Descartes, dans son&nbsp;<em>Discours de la méthode</em>, pose le fondement de toute certitude dans l&rsquo;acte même de penser :&nbsp;<em>Cogito ergo sum</em>&nbsp;(«&nbsp;<em>Je pense, donc je suis.&nbsp;</em>»).&nbsp;&nbsp;Ce qui distingue l&rsquo;humain n&rsquo;est pas seulement qu&rsquo;il pense — c&rsquo;est qu&rsquo;il sait qu&rsquo;il pense. Cette conscience réflexive produit l&rsquo;émotion, la pitié, la solidarité, le sentiment du temps qui passe. L&rsquo;intelligence artificielle génère du texte, prédit des tokens, optimise des fonctions de coût : elle ne se sait pas faire tout cela. Elle n&rsquo;existe pas dans le sens cartésien du terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Doit-on pour autant redouter un «&nbsp;<em>grand remplacement</em>&nbsp;» ? Pas encore — et peut-être jamais. Car tant que l&rsquo;IA n&rsquo;aura pas accédé à cette conscience réflexive, elle restera une prothèse extraordinairement puissante, non un sujet. Le vrai risque n&rsquo;est pas que la machine nous supplante : c&rsquo;est que nous oubliions, à force de la contempler, ce qui fait de nous autre chose qu&rsquo;elle — cette liberté inconfortable, ce fardeau d&rsquo;exister.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question «&nbsp;<em>l&rsquo;homme est-il une IA ?</em>&nbsp;» n&rsquo;est pas une provocation nihiliste. C&rsquo;est une invitation à comprendre ce que nous sommes — par contraste avec ce que nous avons fabriqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/tribune-homme-est-il-intelligence-artificielle/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">22400</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Mali : dans les nuits des « Koutouba philosophiques », la jeunesse réinvente le débat public</title>
		<link>https://saheltribune.com/mali-dans-les-nuits-des-koutouba-philosophiques-la-jeunesse-reinvente-le-debat-public/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/mali-dans-les-nuits-des-koutouba-philosophiques-la-jeunesse-reinvente-le-debat-public/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Apr 2026 14:27:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[administration publique]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[cohésion sociale]]></category>
		<category><![CDATA[condition féminine]]></category>
		<category><![CDATA[coups d’État]]></category>
		<category><![CDATA[débat public]]></category>
		<category><![CDATA[décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[drogue]]></category>
		<category><![CDATA[éducation numérique]]></category>
		<category><![CDATA[employabilité des philosophes]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[État postcolonial]]></category>
		<category><![CDATA[genre]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse malienne]]></category>
		<category><![CDATA[Koutouba philosophiques]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Mali contemporain]]></category>
		<category><![CDATA[Mali Kura]]></category>
		<category><![CDATA[médias maliens]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles Pratiques Philosophiques]]></category>
		<category><![CDATA[pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Refondation de l’État]]></category>
		<category><![CDATA[réforme de l’éducation]]></category>
		<category><![CDATA[réforme des programmes scolaires]]></category>
		<category><![CDATA[régulation du prêche]]></category>
		<category><![CDATA[religions]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[responsabilité médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté intellectuelle]]></category>
		<category><![CDATA[système éducatif malien]]></category>
		<category><![CDATA[transitions politiques]]></category>
		<category><![CDATA[Union des étudiants en philosophie (UEP)]]></category>
		<category><![CDATA[vivre-ensemble]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=21832</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les Koutouba philosophiques permettent une réflexion enrichissante pendant le Ramadan, promouvant le partage d'idées au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un Mali en quête de refondation, les « Koutouba philosophiques » —une initiative de l’Union des étudiants en philosophie (UEP) — s’imposent comme un espace rare de respiration intellectuelle. Nées dans le sillage des Nouvelles Pratiques Philosophiques, ces nuits de réflexion organisées durant le Ramadan 2026 réunissent étudiants, enseignants et chercheurs autour d’un principe simple mais exigeant : faire primer la force des arguments. Au-delà du débat académique, ces rencontres interrogent la place de la pensée critique dans la construction du « Mali Koura », entre réforme de l’école, crise de l’État postcolonial et impératif de souveraineté intellectuelle.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À rebours d’un espace public souvent saturé de certitudes, d’invectives et de postures figées, une expérience discrète mais féconde se déploie au Mali : celle des «&nbsp;<em>Koutouba philosophiques</em>&nbsp;». Nées dans le sillage des Nouvelles Pratiques Philosophiques, ces rencontres — organisées notamment durant le mois de Ramadan 2026 — réhabilitent un art trop souvent négligé : celui de penser ensemble. Comme le rappelle le Dr Souleymane Keïta, superviseur de ces nuits de réflexions philosophiques. Ces espaces sont «&nbsp;<em>le lieu où il n’y a ni Dieu, ni Maître, mais celui de la force des arguments en lieu et place des arguments de force&nbsp;</em>». Dans un pays en quête de refondation, cette initiative s’impose comme un véritable laboratoire citoyen, où la pensée critique devient un instrument de souveraineté intellectuelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-penseurs-pensent-nbsp"><strong>« Les penseurs pensent&nbsp;»</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les discussions menées en 2026 révèlent d’abord une urgence : repenser la place de la philosophie dans la société malienne. Les participants dénoncent surtout une marginalisation institutionnelle de la discipline et appellent à reconnaître la licence de philosophie dans les recrutements publics. «&nbsp;<em>L’employabilité des philosophes ne saurait se réduire à l’enseignement&nbsp;</em>», expliquent Abdramane et Drissa Coulibaly, membres de l’Union des étudiants en philosophie (UEP). Ils plaident pour une valorisation des compétences analytiques dans l’administration, la gouvernance et les politiques publiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même élan, Abdramane et Drissa, tous deux des écrivains, jugent important d’aller vers une réforme profonde des programmes scolaires dans le cadre du Mali Koura. Ils plaident surtout pour l’intégration des thématiques contemporaines — changement climatique, bioéthique, terrorisme, civisme — dans la formation des citoyens éclairés et ancrés dans leur époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la réflexion ne s’arrête pas là. Les Koutouba dressent un diagnostic sans concession du système éducatif malien, qualifié de «&nbsp;<em>grand corps malade</em>&nbsp;». Cette analyse est surtout celle de Sibiry Sanou, Hamida Ag Bella et Bassirou Maïga. Entre écoles fermées pour cause d’insécurité, insuffisance d’enseignants et infrastructures inadaptées, les constats sont sévères. Les membres de l’UEP dénoncent un «&nbsp;<em>éternel retour des états généraux de l’éducation sans praxis</em>&nbsp;», soulignant que «&nbsp;<em>les penseurs pensent, mais les décisions dorment dans les tiroirs</em>&nbsp;». La réforme de l’école est ainsi érigée en préalable absolu.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-systeme-educatif-coherent-adapte-aux-realites-de-la-mondialisation"><strong>Un système éducatif cohérent, adapté aux réalités de la mondialisation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette critique s’étend aux conditions des enseignants, notamment dans le privé, où la précarité est décrite avec acuité : salaires dérisoires, absence de protection sociale, instabilité chronique. «&nbsp;<em>Dans ces conditions, la lutte pour la survie prime sur l’intellect</em>&nbsp;», résume ces enseignants en philosophie. Pour les philosophes, l’amélioration de l’éducation passe nécessairement par une revalorisation de la condition enseignante et une application rigoureuse des textes existants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la question linguistique, les débats invitent à dépasser les postures idéologiques. Si la Constitution consacre les langues nationales, les participants mettent en garde contre une approche précipitée : «&nbsp;<em>On n’impose pas une langue, elle s’impose par sa capacité à produire du savoir »</em>, expliquent Sibiry Sanou, Hamida Ag Bella et Bassirou Maïga. L’enjeu n’est donc pas d’opposer langues locales et langues étrangères, mais de construire un système éducatif cohérent, adapté aux réalités de la mondialisation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ethique-du-vivre-ensemble-fondee-sur-l-humanisme"><strong>Une éthique du vivre-ensemble fondée sur l’humanisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Koutouba explorent également les mutations sociales contemporaines. À travers le prisme des réseaux sociaux, ils soulignent à la fois les opportunités — accès à l’information, promotion culturelle — et les dérives : désinformation, cybercriminalité, fragilités psychologiques. Des développements ont été faits sur ces mutations par Sékou Sanogo sous le thème «&nbsp;<em>Jeunesse malienne et réseaux sociaux : usages, opportunités et défis pour l&rsquo;avenir&nbsp;»</em>.&nbsp;&nbsp;La solution réside dans une éducation numérique responsable et la valorisation de contenus locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain religieux, les débats pointent une montée des tensions intra et interconfessionnelles, aggravées par l’absence de régulation du prêche. Les participants appellent à «&nbsp;<em>ne pas tolérer l’intolérance religieuse</em>&nbsp;» et à encadrer davantage les discours pour préserver la cohésion sociale, a expliqué notamment Sétigui Traoré, dans son intervention. «&nbsp;<em>Avant d’être croyant, on est d’abord humain</em>&nbsp;», rappellent-il, plaidant pour une éthique du vivre-ensemble fondée sur l’humanisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reinvention-de-l-etat-postcolonial"><strong>Réinvention de l’État postcolonial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réflexion politique, elle, s’attaque à des questions majeures : la recrudescence des coups d’État et la crise de la démocratie. Le constat est nuancé : «&nbsp;<em>Ce n’est pas la démocratie qui échoue, mais sa mise en œuvre&nbsp;</em>», explique Mohamed Ombotimbé. Les coups d’État apparaissent comme des symptômes d’une gouvernance défaillante, sans pour autant constituer une solution viable. Dans cette perspective, la réinvention de l’État postcolonial s’impose comme un chantier central : décentralisation, lutte contre la corruption, institutions fortes et légitimes. «&nbsp;<em>La réinvention de l’État postcolonial apparaît comme une voie possible pour concilier héritage historique, modernité politique et développement&nbsp;</em>», souligne Sodiougo Sagara.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enjeux sociaux ne sont pas en reste. Drogue, mariage précoce, inégalités de genre : autant de défis qui hypothèquent l’avenir du pays. Les débats mettent en lumière des réalités préoccupantes — «&nbsp;<em>70 % des consommateurs de drogue ont entre 15 et 45 ans</em>&nbsp;», rappelle Allaye Karembe en se référant des chiffres de l’OCS — et appellent à une mobilisation collective.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la condition féminine, une contradiction persistante est soulignée : malgré leur montée en puissance économique, les femmes continuent d’assumer une charge domestique écrasante et un pouvoir décisionnel limité. La solution passe par «&nbsp;<em>la transformation des mentalités</em>&nbsp;» et une application effective des lois, préconisent Zaratou Boré et Oumou Bah. Arouna Diallo, pour sa part, estime qu’«&nbsp;<em>une approche</em>&nbsp;<em>collective est indispensable pour lutter efficacement contre le mariage précoce et promouvoir la scolarisation des filles au Mali</em>».&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-medias-maliens-et-transition-politique"><strong>Médias maliens et transition politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les Koutouba insistent sur le rôle stratégique des médias et de l’éducation citoyenne. Dans un contexte de transition politique et de défis sécuritaires, les médias sont décrits comme «&nbsp;<em>un couteau à double tranchant</em>&nbsp;» : instruments de construction ou de déstabilisation, explique Alpha Hama Boré, dans le développement de sa thématique&nbsp;: «&nbsp;<em>Médias maliens et transition politique :&nbsp;Entre liberté d’expression et transition politique, responsabilité sociale et enjeux sécuritaire.&nbsp;»</em>. D’où la nécessité d’une presse libre, responsable et éthique, capable de concilier liberté d’expression et impératifs nationaux. Ainsi, l’éducation à la citoyenneté trouve toute sa nécessité ajoute Cheick Cissé. Il soutient que cette éducation doit être décentralisée faisant la promotion du patriotisme dans tous les secteurs du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, les «&nbsp;<em>Koutouba philosophiques</em>&nbsp;» dessinent l’ambition de faire émerger un Mali où la pensée critique irrigue l’action publique, où la jeunesse s’approprie les outils du débat et où la souveraineté s’ancre aussi dans les esprits. Car, comme le suggèrent ces échanges, il n’y a pas de Mali Kura sans révolution intellectuelle. Et cette révolution commence, peut-être, par une simple conversation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/mali-dans-les-nuits-des-koutouba-philosophiques-la-jeunesse-reinvente-le-debat-public/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">21832</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Le progrès contre l’homme : chronique d’une dépossession annoncée</title>
		<link>https://saheltribune.com/le-progres-contre-lhomme-chronique-dune-depossession-annoncee/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/le-progres-contre-lhomme-chronique-dune-depossession-annoncee/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 07:56:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Sahel Tech.]]></category>
		<category><![CDATA[algorithmes]]></category>
		<category><![CDATA[contrôle social]]></category>
		<category><![CDATA[crise de la modernité]]></category>
		<category><![CDATA[critique du progrès]]></category>
		<category><![CDATA[Descartes]]></category>
		<category><![CDATA[déshumanisation]]></category>
		<category><![CDATA[domination technologique]]></category>
		<category><![CDATA[éthique]]></category>
		<category><![CDATA[homme augmenté]]></category>
		<category><![CDATA[humanisme]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté individuelle]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
		<category><![CDATA[perte de liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie politique]]></category>
		<category><![CDATA[posthumanisme]]></category>
		<category><![CDATA[progrès]]></category>
		<category><![CDATA[rationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[sciences]]></category>
		<category><![CDATA[société numérique]]></category>
		<category><![CDATA[surveillance numérique]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<category><![CDATA[transhumanisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=21090</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le transhumanisme et le post humanisme révèlent les enjeux de la modernité et de la domination numérique sur l'humanité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En voulant faire de l’homme comme le « maître et possesseur de la nature », Descartes posait les bases d’une émancipation par la raison. Quatre siècles plus tard, le progrès technologique a inversé la promesse. L’humanité se retrouve sous la surveillance de ses propres créations, entre intelligence artificielle, transhumanisme et contrôle numérique. La modernité, loin de libérer l’homme, menace désormais de le rendre obsolète.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’ère numérique, le pouvoir ne se concentre plus uniquement dans les institutions politiques. Il circule à travers des réseaux hyperconnectés qui relient en temps réel gouvernants, citoyens, entreprises et médias, tout en faisant émerger de nouvelles formes de domination, d’influence et de contre-pouvoir. Cette connectivité sans précédent accélère la diffusion de l’information mais ouvre aussi la voie à une surveillance massive, à la manipulation des opinions et à la montée en puissance d’acteurs technologiques devenus des arbitres silencieux du débat public, redéfinissant en profondeur la grammaire du pouvoir contemporain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-obsolescence-programmee-de-l-espece"><strong>L’obsolescence programmée de l’espèce</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Se rendre comme maître et possesseur de la nature.</em> » En 1637, à travers cette affirmation, René Descartes croyait ouvrir la voie de l’émancipation humaine. Il voulait libérer l’homme des superstitions, lui offrir la science comme outil de connaissance et de progrès. Quatre siècles plus tard, cette promesse sonne comme une ironie cruelle. L’homme moderne n’est plus maître de la nature. Il est devenu l’auxiliaire docile de ses propres machines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet cartésien reposait sur une intuition simple : comprendre pour maîtriser, maîtriser pour mieux vivre. La nature, démystifiée, devait cesser d’être une puissance hostile. Mais la modernité technologique a produit une autre force incontrôlable : l’empire des algorithmes, de l’intelligence artificielle et de la surveillance permanente. Ce n’est plus la nature qui nous dépasse, ce sont nos créations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le transhumanisme prétend prolonger l’idéal des Lumières : réparer, améliorer, augmenter l’homme. En réalité, il prépare sa liquidation. L’homme « <em>augmenté</em> » est déjà un homme diminué : diminué dans sa liberté, dans son autonomie, dans sa capacité à décider sans médiation technique. Le posthumanisme ne rêve pas d’un humain meilleur, mais d’un humain remplaçable. L’horizon n’est plus l’émancipation, mais l’obsolescence programmée de l’espèce.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-homme-devient-profil"><strong>L’homme devient profil</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dystopies d’hier sont devenues nos modes d’emploi. <em>Demain les chiens</em>, de Clifford D. Simak,&nbsp; <em>Demain les posthumains: Le futur a-t-il encore besoin de nous ? </em>de Jean-Michel Besnier ou encore <em>1984</em> de Georges Orwell, les récits de science-fiction avaient annoncé la substitution de l’homme par ses propres produits. Nous y sommes. Les intelligences artificielles écrivent, trient, jugent, prédisent. Les robots soignent, surveillent, combattent. Et l’homme, lui, se contente de cliquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus grand mensonge du progrès technologique est de se présenter comme neutre. Il ne l’est pas. Il organise un monde de contrôle. Grâce aux technologies de communication, l’homme n’a plus de vie privée, plus de silence, plus d’ombre. Chaque existence devient une donnée exploitable. La liberté individuelle est sacrifiée sur l’autel de l’efficacité numérique. Nous avons troqué la peur de la nature contre la soumission aux écrans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Descartes voulait un homme maître de la nature. Nous avons fabriqué un homme surveillé par ses propres outils. Là où la raison devait être un instrument de libération, elle sert désormais à perfectionner les techniques de domination. Les algorithmes savent avant nous ce que nous désirons, ce que nous achetons, ce que nous pensons. L’homme n’est plus sujet : il devient profil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte d’une évolution technologique accélérée, la célèbre formule de Rabelais dans <em>Gargantua</em> – « <em>Science sans conscience n’est que ruine de l’âme</em> » – apparaît comme une mise en garde prophétique contre les dérives d’un progrès dépourvu de réflexion éthique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-empecher-que-la-technique-devienne-maitresse-de-l-homme"><strong>Empêcher que la technique devienne maîtresse de l’homme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mutation n’est pas seulement technologique, elle est politique. Qui contrôle les machines contrôle les sociétés. Derrière l’utopie du progrès se cachent des intérêts économiques colossaux et une nouvelle forme de pouvoir : celui qui ne gouverne plus par la loi, mais par la donnée. Le citoyen devient un utilisateur, et l’utilisateur un produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps de renverser la question cartésienne. Le problème n’est plus de devenir comme « <em>maître et possesseur de la nature </em>», mais d’empêcher que la technique devienne maîtresse de l’homme. Sans ce sursaut critique, le rêve des Lumières se transformera en cauchemar numérique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme moderne voulait dominer le monde. Il risque désormais de disparaître dans les systèmes qu’il a créés. Luc Ferry — dans <em>IA: grand remplacement ou complémentarité —</em> parle du « <em>grand remplacement </em>» technologique, non par des peuples, mais par des machines. L’homme augmenté devient une norme possible, pendant que l’homme ordinaire apparaît comme obsolète. Le progrès, s’il n’est pas soumis à une exigence éthique et politique, n’est plus une promesse : il devient une menace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Descartes pensait avoir libéré l’humanité des dieux. Le XXIᵉ siècle l’a livrée à ses machines. À nous de choisir si nous voulons encore être des hommes — ou seulement des interfaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/le-progres-contre-lhomme-chronique-dune-depossession-annoncee/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">21090</post-id>	</item>
		<item>
		<title>De la caverne de Platon aux big data : sommes-nous encore libres de voir le réel ?</title>
		<link>https://saheltribune.com/de-la-caverne-de-platon-aux-big-data-sommes-nous-encore-libres-de-voir-le-reel/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/de-la-caverne-de-platon-aux-big-data-sommes-nous-encore-libres-de-voir-le-reel/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 12:15:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Les démystificateurs du Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique et technologie]]></category>
		<category><![CDATA[algorithmes]]></category>
		<category><![CDATA[allégorie de la caverne]]></category>
		<category><![CDATA[big data]]></category>
		<category><![CDATA[complexité]]></category>
		<category><![CDATA[contrôle social]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique]]></category>
		<category><![CDATA[débat public]]></category>
		<category><![CDATA[dépendance technologique]]></category>
		<category><![CDATA[déshumanisation]]></category>
		<category><![CDATA[domination des chiffres]]></category>
		<category><![CDATA[données numériques]]></category>
		<category><![CDATA[éducation critique]]></category>
		<category><![CDATA[émotion]]></category>
		<category><![CDATA[éthique du numérique]]></category>
		<category><![CDATA[expérience humaine]]></category>
		<category><![CDATA[humanité]]></category>
		<category><![CDATA[illusion et réalité]]></category>
		<category><![CDATA[images numériques]]></category>
		<category><![CDATA[indicateurs statistiques]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[médias et écrans]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
		<category><![CDATA[narration algorithmique]]></category>
		<category><![CDATA[pensée critique]]></category>
		<category><![CDATA[perception du réel]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Platon]]></category>
		<category><![CDATA[postmodernité]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir des données]]></category>
		<category><![CDATA[prévisibilité]]></category>
		<category><![CDATA[quantification du monde]]></category>
		<category><![CDATA[rationalité]]></category>
		<category><![CDATA[responsabilité collective]]></category>
		<category><![CDATA[société de l’information]]></category>
		<category><![CDATA[société numérique]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté cognitive]]></category>
		<category><![CDATA[subjectivité]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
		<category><![CDATA[Vérité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20975</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez comment les big data influencent notre vision du monde et questionnent notre rapport à l'image et à la réalité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À partir de l’allégorie de la caverne de Platon, cette tribune interroge notre rapport contemporain aux big data et aux images numériques. Entre illusion et réalité, elle invite à une lecture critique des technologies qui façonnent nos perceptions et pose une question centrale : sommes-nous encore capables de voir le monde autrement que par ses reflets chiffrés ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par bien des aspects, notre époque semble avoir donné raison à Platon. Il y a près de 2 500 ans, dans <em>La République</em>, le philosophe grec racontait l’histoire d’hommes enchaînés dans une grotte depuis leur naissance. Face à un mur, ils ne percevaient du monde que des ombres projetées par un feu qu’ils ne voyaient jamais. Pour eux, ces ombres constituaient la seule réalité possible. Leurs geôliers n’étaient pas seulement des surveillants : ils étaient aussi des illusionnistes, fabricants d’images et de croyances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette célèbre allégorie de la caverne, Platon montre comment l’homme peut être maintenu dans la passivité par une réalité fabriquée, au point de perdre toute volonté de s’en libérer. Hypnotisés par un flot permanent d’images, les prisonniers finissent par confondre apparence et vérité. Aujourd’hui, cette parabole résonne avec une troublante actualité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-big-data-deviennent-nos-nouvelles-ombres"><strong>Quand les big data deviennent nos nouvelles ombres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’ère des big data, des algorithmes et des écrans omniprésents, nous sommes peut-être plus enchaînés que jamais à des représentations du monde qui se substituent au monde lui-même. Nous vivons dans un miroir déformant, une « <em>glace sans tain </em>» — pour reprendre&nbsp; une expression de Marc Dugain et Christophe Labbé, dans <em>l’Homme nu&nbsp;—</em>&nbsp; où le reflet numérique de la réalité prend progressivement le pas sur l’expérience directe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre, la statistique, l’indicateur sont devenus des autorités. Ils prétendent dire le vrai sur nos comportements, nos émotions, nos sociétés. Mais la réalité qu’ils décrivent n’est jamais qu’une construction. En encodant le monde, les big data tissent une toile entre nous et le réel, filtrant ce que nous voyons, ce que nous ressentons et même ce que nous croyons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Platon faisait dire à l’un de ses prisonniers : « <em>Et si on l’obligeait à regarder le feu lui-même, ses yeux ne lui feraient-ils pas mal ? Ne voudrait-il pas se détourner pour revenir à ce qu’il est dans ses forces de regarder ? </em>» Autrement dit : la vérité fait parfois mal. Elle exige un effort, une rupture avec le confort des illusions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-danger-d-une-humanite-reduite-a-des-donnees"><strong>Le danger d’une humanité réduite à des données</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La promesse technologique est celle de la prévisibilité : tout mesurer, tout anticiper, tout contrôler. Mais cette logique heurte ce qui fait la singularité humaine : l’émotion, l’imprévisible, le contradictoire, l’irrationnel parfois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les big data ne savent pas modéliser la peur, la dignité, l’humiliation, l’espérance. Elles ignorent la part invisible de l’homme. En réduisant les sociétés à des tableaux de bord, on risque de transformer des peuples en objets statistiques et les citoyens en profils numériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’Afrique, cet enjeu est crucial. Le continent est à la fois un laboratoire technologique et un espace de fortes vulnérabilités informationnelles. La dépendance aux plateformes, aux narrations venues d’ailleurs et aux chiffres produits hors contexte peut fabriquer une nouvelle forme de caverne : une réalité importée, projetée, souvent éloignée des vécus locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sortir-de-la-caverne-numerique"><strong>Sortir de la caverne numérique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sortir de la caverne, aujourd’hui, ne signifie pas rejeter la technologie. Cela signifie la soumettre à la «&nbsp;<em>raison critique&nbsp;</em>» en référence au «&nbsp;<em>rationalisme critique</em>&nbsp;» de Karl Popper. Refuser que les algorithmes deviennent des oracles. Réhabiliter l’expérience humaine face à la donnée brute. Redonner à l’éducation, à la philosophie, au débat public leur fonction émancipatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Platon nous rappelait que la liberté commence par un acte douloureux : celui de détourner le regard des ombres pour affronter la lumière. De même, notre époque doit accepter l’inconfort de la complexité contre la facilité des chiffres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est donc pas seulement technologique. Elle est politique, culturelle et morale : voulons-nous comprendre le monde, ou seulement consommer ses images ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prophétie de Platon est en train de se réaliser sous nos yeux. Non plus dans une grotte, mais dans des flux de données, des écrans et des narrations automatisées. L’illusion n’est plus imposée par des geôliers visibles, mais par des systèmes que nous alimentons nous-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reste une responsabilité individuelle et collective : ne pas confondre l’ombre avec la chose, la statistique avec la vie, le modèle avec l’homme. Car une société qui abdique sa capacité à voir le réel abdique aussi sa liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/de-la-caverne-de-platon-aux-big-data-sommes-nous-encore-libres-de-voir-le-reel/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20975</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Journée mondiale de la philosophie : le CRD rend hommage au Pr Mamadou Lamine Traoré</title>
		<link>https://saheltribune.com/journee-mondiale-de-la-philosophie-le-crd-rend-hommage-au-pr-mamadou-lamine-traore/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/journee-mondiale-de-la-philosophie-le-crd-rend-hommage-au-pr-mamadou-lamine-traore/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 08:11:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Cercle de réflexion à distance]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
		<category><![CDATA[communautarisme]]></category>
		<category><![CDATA[conscience citoyenne]]></category>
		<category><![CDATA[CRD]]></category>
		<category><![CDATA[crise malienne]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[hommage]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[jeunes intellectuels]]></category>
		<category><![CDATA[Journée mondiale de la philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[justice sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Mamadou Lamine Traoré]]></category>
		<category><![CDATA[patriotisme]]></category>
		<category><![CDATA[pensée africaine]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Refondation de l’État]]></category>
		<category><![CDATA[Seydou Cissé]]></category>
		<category><![CDATA[Souleymane Keita]]></category>
		<category><![CDATA[tribalisme]]></category>
		<category><![CDATA[vivre-ensemble]]></category>
		<category><![CDATA[webinaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20269</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Journée mondiale de la philosophie : un webinaire animé par le CRD met en avant des idées sur la citoyenneté et l'État au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>À l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie, célébrée le 20 novembre 2025, le Cercle de Réflexion à Distance (CRD) a réuni, autour d’un webinaire, des penseurs et intellectuels maliens pour interroger le vivre-ensemble dans un Mali en quête de refondation. Placée sous l’hommage au Pr Mamadou Lamine Traoré, cette rencontre a été un moment de réflexion profonde sur la citoyenneté, l’État et les dérives communautaires qui fragilisent la cohésion nationale.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeudi 20 novembre 2025, les philosophes maliens, à l’instar de leurs homologues du monde entier, ont célébré la Journée mondiale de la philosophie. Cette année, c’est le&nbsp;Cercle de Réflexion à Distance (CRD)&nbsp;qui a organisé cette célébration des idées à travers un webinaire. Le CRD est une association de jeunes écrivains africains engagés pour l’éveil de la conscience des peuples d’Afrique. Son objectif est de produire des textes qui contribuent, d’une manière ou d’une autre, à l’éradication des problèmes auxquels le monde en général, et l’Afrique en particulier, sont confrontés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mamadou-lamine-nbsp-un-modele-de-rigueur-intellectuelle"><strong>Mamadou Lamine,&nbsp;</strong><strong>un modèle de rigueur intellectuelle</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte de crise où le Mali traverse un moment crucial de son histoire, un thème particulièrement pertinent a été retenu :&nbsp;«&nbsp;<em>Le vivre-ensemble malien en crise : refonder la citoyenneté au-delà des identités ethniques et religieuses.&nbsp;</em>»&nbsp;Ce webinaire a été placé sous le signe de&nbsp;l’hommage au Pr Mamadou Lamine Traoré, en reconnaissance de ses contributions majeures à la pensée philosophique et au rayonnement intellectuel du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conférenciers,&nbsp;M. Seydou Cissé&nbsp;et&nbsp;Dr Souleymane Keita, ont abordé la thématique sous divers angles, à la lumière de l’esprit philosophique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un hommage appuyé fut d’abord rendu au Pr Mamadou Lamine Traoré, dont les deux intervenants furent les étudiants. M. Cissé a rappelé que le Pr Traoré était «&nbsp;<em>un patriote, un modèle de rigueur intellectuelle</em>&nbsp;», tandis que Dr Keita a souligné qu’il était «&nbsp;<em>un enseignant exemplaire, proche de ses étudiants, et profondément attaché à un enseignement de qualité de la philosophie au supérieur&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-nbsp-nbsp-poisons-du-vivre-ensemble-nbsp"><strong>Les&nbsp;</strong><strong>«</strong><strong>&nbsp;poisons du vivre-ensemble</strong><strong>&nbsp;»</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Abordant la question de la refondation de la citoyenneté, Dr Keita a affirmé que&nbsp;«&nbsp;<em>l’on ne naît pas citoyen, on le devient&nbsp;</em>», précisant que cela s’inscrit dans le cadre politique : «&nbsp;<em>Le citoyen n’existe pas en dehors de l’État&nbsp;</em>», a-t-il ajouté. Autrement dit, pour refonder la citoyenneté, il faut d’abord refonder l’État, lequel doit être bâti sur la justice sociale. La citoyenneté, selon lui, est l’expression d’une adhésion volontaire où l’État doit réguler et encadrer toutes les organisations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette logique, M. Cissé a estimé qu’il existe aujourd’hui&nbsp;«&nbsp;<em>un besoin d’hommes d’État</em>&nbsp;»&nbsp;au Mali. Il a mis en garde contre le&nbsp;clanisme, le communautarisme et le tribalisme, qu’il a qualifiés de «&nbsp;<em>poisons du vivre-ensemble</em>&nbsp;». L’homme d’État, selon lui, doit se situer au-dessus des appartenances claniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour sa part, Dr Keita a déclaré que le Mali est devenu&nbsp;«&nbsp;<em>un laboratoire pour toutes les sectes religieuses&nbsp;</em>», soulignant que toute association à vocation exclusive devient dangereuse pour la survie de l’État. Il a conclu en rappelant qu’il revient à l’État, pour préserver le vivre-ensemble, de dissoudre toutes les organisations à caractère religieux ou communautaire ayant des visées politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdramane Coulibaly</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/journee-mondiale-de-la-philosophie-le-crd-rend-hommage-au-pr-mamadou-lamine-traore/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20269</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Pénurie de carburant : l’épreuve, condition de la renaissance</title>
		<link>https://saheltribune.com/penurie-de-carburant-lepreuve-condition-de-la-renaissance/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/penurie-de-carburant-lepreuve-condition-de-la-renaissance/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Oct 2025 12:55:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Bamako]]></category>
		<category><![CDATA[blocus]]></category>
		<category><![CDATA[camions-citernes]]></category>
		<category><![CDATA[carburant]]></category>
		<category><![CDATA[changement]]></category>
		<category><![CDATA[crise économique]]></category>
		<category><![CDATA[Darwin]]></category>
		<category><![CDATA[développement durable]]></category>
		<category><![CDATA[économie malienne]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[essence]]></category>
		<category><![CDATA[JNIM]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[mutation]]></category>
		<category><![CDATA[pénurie d’essence]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[refondation]]></category>
		<category><![CDATA[Refondation de l’État]]></category>
		<category><![CDATA[réforme]]></category>
		<category><![CDATA[résilience]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Survie]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[théorie de l’évolution]]></category>
		<category><![CDATA[transformation]]></category>
		<category><![CDATA[transition]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20115</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Explorez comment l'adaptation de Darwin à la crise malienne exhorte à transformer   l'adversité en opportunité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Étouffé par le blocus des groupes armés qui ciblent les camions-citernes et paralysent l’approvisionnement en carburant, le Mali traverse l’une des crises économiques les plus éprouvantes de son histoire récente. Pourtant, au cœur de cette épreuve, une leçon de Charles Darwin résonne : celle de l’adaptation. Comme les espèces confrontées à des bouleversements brutaux, les nations aussi doivent évoluer pour survivre. Dans cette période de pénurie et d’incertitude, le peuple malien doit apprendre à transformer la contrainte en moteur, la crise en mutation. La douleur du présent n’est souvent que le prix de l’évolution vers un avenir plus fort.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au blocus des camions-citernes et à la pénurie d’essence orchestrée par les groupes armés avec le soutien des partisans du chaos contrôlé, l’on tente d’asphyxier le Mali, en s’attaquant à son économie. Un complot qui intervient à un moment où l’économie malienne amorçait une croissance exponentielle «&nbsp;<em>de l’ordre de 6% en 2025 contre un déficit budgétaire de -2,7% attendu</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dans cette épreuve, une leçon s’impose : celle de Charles Darwin. Car dans la nature comme dans l’histoire des peuples, ce ne sont ni les plus forts ni les plus riches qui survivent, mais les plus capables d’adaptation. Cela est d’autant plus clair que «&nbsp;<em>Depuis 2020, notre</em>&nbsp;[le Mali]&nbsp;<em>économie fait preuve d’une grande capacité d’adaptation et de résilience malgré les contraintes sécuritaires et géopolitiques.</em>&nbsp;», avait déclaré le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, dans son adresse à la nation, à l’occasion du 22 septembre 2025.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-theorie-de-la-survie-appliquee-au-sahel"><strong>La théorie de la survie appliquée au Sahel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali traverse aujourd’hui une crise d’une intensité rare, où le carburant est devenu symbole de survie. Les files interminables devant les stations-service, les moteurs à l’arrêt, les chauffeurs dormant dans leurs camions, les familles piégées dans la chaleur des villes paralysées — tout cela compose l’image d’un pays que l’on tente de mettre à genoux par l’arme la plus moderne du terrorisme et de ses sponsors étatiques étrangers : l’asphyxie économique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En agissant, les acteurs pensent faire du mal aux autorités de la transition, en s’en prenant au peuple, qu’ils prétendent défendre contre le pouvoir en place, alors qu’en réalité ils visent que leurs intérêts géostratégiques au Mali, notamment la dilapidation des ressources du Mali. A ce niveau, il est important de rappeler des faits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, troisième producteur d’or d’Afrique, a engagé depuis 2023 une réforme ambitieuse de son Code minier pour reprendre le contrôle de ses ressources naturelles et accroître les retombées économiques nationales. Portée par la volonté du gouvernement de transition de faire en sorte que «&nbsp;<em>l’or brille pour les Maliens</em>&nbsp;», cette réforme a relevé la part de l’État dans les projets miniers à 35 %, instauré des obligations de transformation locale et mis fin à de nombreuses exonérations fiscales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une loi complémentaire sur le contenu local impose en outre aux compagnies étrangères de privilégier les fournisseurs, les employés et les capitaux maliens. Si ces mesures visent une souveraineté économique accrue, elles ont provoqué de fortes tensions avec les multinationales, notamment Barrick Gold, accusée d’arriérés fiscaux et de blanchiment. Ce qui a aboutit à des saisies d’or et à des suspensions d’activités. Grâce à ces réformes, les recettes minières sont en hausse. C’est aussi cette réussite du pays sans l’appui des partenaires sanguinaires, qui se nourrissaient du sang du pays tels des sangsues, qui a créé des jaloux parmi eux. Du coup, ils ont finit par s’allier au diable pour tenter d’annihiler tous les efforts du pays.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-darwin-la-science-de-la-patience"><strong>Darwin, la science de la patience</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette tentative de suffocation, une vérité darwinienne s’impose : la vie ne disparaît jamais, elle s’adapte. Comme les espèces confrontées à un changement brutal de leur environnement, les Maliens, eux aussi, doivent apprendre à évoluer, à inventer, à survivre différemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Darwin ne parlait pas de la guerre, encore moins des ruptures d’approvisionnement. Il observait la lenteur des mutations, les transitions forcées, les adaptations douloureuses mais nécessaires. Ses travaux sur l’évolution enseignent une loi universelle : tout organisme doit endurer une phase de déséquilibre avant de retrouver la stabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que vit aujourd’hui le Mali s’inscrit dans cette dynamique. Après des décennies de dépendance énergétique, le blocus actuel révèle les failles d’un modèle économique basé sur l’importation. Il oblige le pays à chercher d’autres voies, d’autres sources d’énergie, d’autres équilibres. Ce moment de crise n’est pas la fin, c’est la mutation, c’est la preuve de la marche inébranlable du Mali vers sa pleine et entière souveraineté. «&nbsp;<em>La voie que nous avons empruntée sera certes semé d’embûches. Mais c’est un chemin de non-retour.</em>&nbsp;», rassure généralement le président Goïta dans ses discours.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-epreuve-comme-etape-vitale"><strong>L’épreuve comme étape vitale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les groupes armés ont voulu étouffer un État en refondation. Mais, sans le savoir, ils accélèrent sa transformation. Dans les capitales sahéliennes, on redécouvre les transports collectifs, on repense la mobilité, on parle enfin de solaire, de biocarburants, de circuits locaux. Comme dans la nature, la contrainte devient le moteur de l’évolution. Le désespoir, s’il est maîtrisé, devient une énergie nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car Darwin, au fond, n’enseignait pas le fatalisme, mais la résistance par la plasticité. Celle par laquelle des êtres et des nations sont capables de se réinventer sous la pression du réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque être, chaque peuple traverse sa phase d’étouffement, ce moment où tout semble se refermer. Mais l’histoire montre que ces crises sont les matrices du renouveau. Le Mali, par son courage et sa mémoire, saura faire de cette pénurie non pas une impasse, mais une transition — de la dépendance à l’autonomie, du désordre à la refondation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Darwin aurait reconnu dans cette épreuve le plus beau des laboratoires : celui où l’homme, confronté à l’adversité, découvre qu’il n’est pas condamné à subir, mais à évoluer en s’adaptant aux vicissitudes de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’évolution, disait Darwin, n’est pas un choix, mais une nécessité. Le Mali n’échappe pas à cette loi naturelle. Il doit transformer la douleur en intelligence, la crise en opportunité, la pénurie en innovation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre la survie et le renoncement, le pays choisira la première. Et dans ce combat silencieux, il prouvera au monde que la véritable force d’un peuple ne réside pas dans l’abondance, mais dans sa capacité à renaître de la contrainte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/penurie-de-carburant-lepreuve-condition-de-la-renaissance/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20115</post-id>	</item>
		<item>
		<title>[Tribune] Les fêtes de fin d’année au Mali : entre passions débridées et quête de sens</title>
		<link>https://saheltribune.com/tribune-fetes-de-fin-annee-mali-entre-passions-debridees-et-quete-sens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Dec 2024 07:52:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[31 décembre]]></category>
		<category><![CDATA[démesure]]></category>
		<category><![CDATA[fêtes de fin d'année]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[passion]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[plaisir]]></category>
		<category><![CDATA[Saint sylvestre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=17299</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À travers une analyse philosophique, j’explore les dynamiques de la passion, du plaisir et de la démesure, tout en interrogeant les défis sociaux et culturels qui entourent ces célébrations.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>


<div class="wp-block-columns jetpack-paywall-simple is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex" style="display: inline-block; width: 90%">
    
    <div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="background-color: #F6F7F7; padding: 32px; 24px;">
        
        <h2 class="has-text-align-center wp-block-heading" style="margin: 0 0 12px; font-weight: 600;">S’abonner pour poursuivre la lecture</h2>
        
        
        <p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"
           style="text-align: center;
                  color: #50575E;
                  font-weight: 400;
                  font-size: 16px;
                  font-family: 'SF Pro Text', sans-serif;
                  line-height: 28.8px;">
        Achetez un abonnement pour avoir accès à la suite de cette publication et à d’autres contenus exclusifs.
        </p>
        
        
        <div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex" style="text-align: center;">
            
            <div class="wp-block-button" style="display: inline-block; margin: 10px 0; border-style: none; padding: 0;">
                <a href="https://saheltribune.com/?post_type=post&#038;p=17299" class="wp-block-button__link wp-element-button"
                   data-wpcom-track data-tracks-link-desc="paywall-email-click"
                   style="display: inline-block;
                          padding: 12px 15px;
                          background-color: #3858e9;
                          color: #FFFFFF;
                          text-decoration: none;
                          border-radius: 5px;
                          font-family: 'SF Pro Display', sans-serif;
                          font-weight: 500;
                          font-size: 16px;
                          text-align: center;">Abonnez-vous</a>
            </div>
            
        </div>
        
    </div>
    
</div>

<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">17299</post-id>	</item>
		<item>
		<title>[Tribune] Défier le cosmos : les répercussions des actions humaines sur la stabilité planétaire</title>
		<link>https://saheltribune.com/tribune-defier-le-cosmos-les-repercussions-des-actions-humaines-sur-la-stabilite-planetaire/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/tribune-defier-le-cosmos-les-repercussions-des-actions-humaines-sur-la-stabilite-planetaire/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 May 2024 13:22:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[logique cosmique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[stabilité planétaire]]></category>
		<category><![CDATA[survie du monde]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=15742</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les crises mondiales menacent la survie de notre monde. Découvrez comment la logique cosmique peut nous aider à relever ces défis pour assurer la stabilité planétaire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’humanité est confrontée à des crises majeures qui remettent en question les principes de la logique cosmique et menacent la survie de notre planète. Cet article de Alliman Ezo, enseignant de philosophie au lycée catholique Notre-Dame des Victoires de Ouagadougou, au Burkina Faso, explore comment le refus de l’homme de suivre cette logique universelle contribue à la dégradation environnementale et sociale globale. M. Ezo est auditeur en Master 2&nbsp;histoire de la philosophie et philosophie des sciences à l’université Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou.&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’humanité est à un tournant décisif de son histoire. Les crises scientifiques, sociopolitiques et écologiques menacent la survie de notre monde et tout ce qui l’accompagne. Aussi inquiétant que cela puisse paraître, il est nécessaire d’oser lever un coin du voile pour comprendre les raisons. Eh bien ! Nous pensons que tous ces problèmes sont liés au non-respect de la logique des choses. Car sommes-nous convaincus qu’il y a une logique dans l’univers qui surpasse toute logique. Mais la logique humaine demeure pour la plupart aux antipodes de celle-ci. C’est justement sur ce constat que nous souhaitons orienter la présente plume.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-la-perversion-de-la-trilogie-de-la-vie"><strong>De la perversion de la trilogie de la vie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les hommes partagent, avec le reste des choses qui les entourent, cette loi selon laquelle toute chose naît, croît et meurt par la suite. C’est le principe même de l’animation de la vie. Mais la raison dont disposent les hommes leur donne la possibilité de flirter uniquement avec les deux premiers principes de cette loi. Pourquoi ? Parce que le troisième, celui de la mort, continue de les échapper quoi qu’on fasse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le feu prométhéen de la civilisation a permis aux hommes de survivre dans ce monde, à l’abri de toute précarité voire même vulnérabilité. C’est la Science dont clamait René Descartes qui a rendu « <em>l’homme maitre et possesseur de la Nature</em> ». Cf. <em>Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences</em>. Par cette Science cartésienne, les hommes ont pu améliorer, un temps soit peu, leur qualité de vie jusqu’à manipuler les naissances (l’eugénisme) et transformer l’humain (le post-humanisme). Cela s’accompagne manifestement de la maladie de l’idéal de progrès qui gangrène les esprits et les cœurs des politiques, des scientifiques aussi bien que des hommes de consommation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous croyons que l’idée du progrès n’est pas mal en soi, cependant il importe de s’interroger sur sa direction, son sens et sa norme par rapport au temps et à l’espace. Telle l’égalité de deux vecteurs, ils doivent être égaux nécessairement. Dans ce cas, le progrès deviendra désormais innovation. Car l’innovation, dans la perspective de Francis Bacon, tient compte du temps, elle fait chemin avec lui et demeure son amie. Autrement dit, l’innovation ne consiste pas simplement en une production d’objets nouveaux, ce qu’est le progrès.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne sommes pas sans savoir que le temps est maitre de tout dans l’univers. Courir plus vite que le temps, c’est aberrant ! Il finit toujours par nous rattraper et nous submerger. C’est là une marque de notre finitude qui nous fait entrer dans le livre de la logique cosmique. Alphonse de&nbsp;Lamartine ne chantait-il pas désespérément « <em>ô temps, suspends ton envol ! </em>». Cf.&nbsp;<em>Le Lac</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, aller plus vite que le temps, c’est commettre deux fautes monumentales. La première est celle de notre défiance devant le maitre Temps ; la deuxième, est de faire l’amour de force avec sa fiancée Espace. Les conséquences de ces actes seront naturellement lourdes pour nous.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Regardons à quel point avons-nous fait vieillir et mettre en danger l’écosystème de notre planète ! Voyons ce qui nous reste du sens de l’humain ! Et pourtant, cette trilogie de la vie évoquée plus haut, se réalise sous le regard bienveillant du Temps. Et c’est le propre ou dirons-nous la faiblesse des choses créées appelées par Spinoza, la&nbsp;<em>natura naturata</em>, c’est-à-dire la nature naturée. Cf.&nbsp;<em>L’Ethique</em>. Les choses créées ont pu intégrer cette logique dans leur mode de fonctionnement, excepté l’espèce humaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-monde-implique-tout-ce-qu-il-englobe-m-nbsp-nbsp-e"><strong>Le monde implique tout ce qu’il englobe (M&nbsp;</strong><strong>⇒</strong><strong>&nbsp;E)</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les opérateurs logiques qui servent dans les opérations de logique, figure l’implication qui, pensons-nous, est privilégiée dans le rapport monde et ses composants. Le Monde implique les êtres, signifie « <em>si le monde, alors les êtres</em> ». Le monde devient mathématiquement parlant, l’ensemble de définition des êtres animal, végétal et humain. C’est en quelque sorte, cela sans quoi l’existence des êtres ne serait rendue possible. En réalité, en cherchant la substance (<em>Archè</em>) par laquelle le monde fut créé, les philosophes naturalistes étaient à l’école de la logique ou méthode qui gouverne le monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est grâce à leur écoute et à leur obéissance à la nature qu’ils ont pu formuler des hypothèses susceptibles de rendre compte d’elle et par conséquent, de la comprendre. L’exemple des peuples autochtones de nos différentes sociétés, qui ne vivent qu’en valorisant la nature est atypique. Dans la philosophie hellénistique, les stoïciens ont essayé de nous le rappeler. Le monde tel qu’il est immensément conçu, est inépuisable de merveilles et de mystères qui dépassent les êtres qu’il contient. De ce fait, l’ordre du monde s’impose à tous. Nous devons nous y conformer pour contribuer à cet ordre universel. Épictète nous enseigne d’accepter que les évènements arrivent tels qu’ils sont, ainsi nous serons heureux. Cf.&nbsp;<em>Manuel</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vivre heureux dans le monde, c’est justement penser dans la logique du monde, dominée par les lois espace-temps et cause à effet. Malheureusement, peu importe le domaine, l’homme a tendance à prévoir l’avenir qui n’existe pas et donc marqué d’incertitude. C’est l’illusion dans laquelle nous maintient, par exemple, notre modèle économique qu’est le capitalisme. Nous sommes devenus une société de consommation, de concurrence provoquant ainsi les injustices sociales envers la biosphère. Puisque la trajectoire des atomes du temps a été corrompue. De ce fait, ces atomes ne sont plus en liberté, mettant à mal la théorie du&nbsp;<em>clinamen</em>&nbsp;de Lucrèce.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-plus-qu-une-simple-conclusion-une-exhortation"><strong>Plus qu’une simple conclusion, une exhortation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au regard de tout ce qui précède, arrêtons-nous un moment pour méditer et chanter avec Marc Aurèle, son cantique dédié à la mère Nature&nbsp;: « <em>Je marche dans les sentiers que me trace la nature&nbsp;</em>(…)<em>&nbsp;d’où mon père a tiré le germe de mon être, d’où ma mère a tiré son sang, d’où ma nourrice a tiré son lait ; sur cette terre, dont moi-même, depuis tant d’années, je me nourris et m’abreuve chaque jour ; sur cette terre, qui me porte, quand je la parcours et que j’en abuse de tant de façons </em>». Cf.&nbsp;<em>Pensées pour moi-même, IV</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soyons-en sûrs, ces mots sont un signe révélateur d’une intelligence humaine qui cherche à se conformer à la logique du cosmos. Ce qui donne lieu à une rationalisation épicurienne de nos désirs pour éviter d’être frappé par le déchaînement de l’orage des passions de toute nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Alliman Ezo,&nbsp;<em>auditeur en Master 2&nbsp;histoire de la philosophie et philosophie des sciences à l’université Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou</em></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/tribune-defier-le-cosmos-les-repercussions-des-actions-humaines-sur-la-stabilite-planetaire/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">15742</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Paulin Hountondji, le penseur qui a défriché la réflexion sur la philosophie africaine</title>
		<link>https://saheltribune.com/paulin-hountondji-le-penseur-qui-a-defriche-la-reflexion-sur-la-philosophie-africaine/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/paulin-hountondji-le-penseur-qui-a-defriche-la-reflexion-sur-la-philosophie-africaine/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Feb 2024 09:22:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[bénin]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d&#039;Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[enseignement]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[nécrologie]]></category>
		<category><![CDATA[Patrimoine]]></category>
		<category><![CDATA[Paulin Hountondji]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=14905</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Comprendre le combat du philosophe bénissan Paulin Hountondji contre la tentation d'adapter la définition de la philosophie sous l'influence du Rév. P. Placide Tempels.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe béninois <a href="https://www.presenceafricaine.com/187_tempels-placide" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Paulin Hountondji</a>, décédé le 2 février 2024 à l&rsquo;âge de 82 ans, a eu le courage de s&rsquo;élever contre la tentation à laquelle cédaient beaucoup de penseurs africains, à la suite du Révérend <a href="https://www.presenceafricaine.com/187_tempels-placide">Père Tempels</a>, de modifier la définition de la philosophie pour permettre aux africains de s&rsquo;en attribuer une. Dans son livre <em>La Philosophie Bantou</em>, le Père Placide Tempels affirmait en effet découvrir une philosophie africaine. Beaucoup d&rsquo;intellectuels africains de son époque le célébraient et saluaient son livre comme fondateur de la philosophie africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, Tempels fut intronisé par ces penseurs nationalistes comme “père de la philosophie africaine” alors même qu’il écrit noir sur blanc dans son livre que son objectif est de mieux comprendre les bantous afin d’accompagner le projet colonial et de mieux accomplir la prétendue mission civilisatrice de l&rsquo;Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est contre le consensus qui célébrait Tempels et se plaçait dévotement sous son ombre tutélaire que Paulin Hountondji a eu le courage de s&rsquo;élever. Hountondji sera également, dans les années 9o un des pionniers de la recherche épistémologique sur les savoirs endogènes. Premier africain admis en philosophie à la prestigieuse École Normale Supérieure de la rue d’Ulm à Paris en 1963, il est l&rsquo;un des philosophes les plus influents d&rsquo;Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, son courage lui a valu d’être traité, entre autres, de “blanc” par ses détracteurs qui voyaient en lui un élitiste désireux d’en référer aux normes européennes plutôt que d’accepter les spécificités philosophiques africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est vrai que Hountondji a suivi un parcours d’élite. Il est né en 1942 à Abidjan, en Côte d&rsquo;Ivoire, dans une famille protestante et déjà cosmopolite. Admis à la prestigieuse École Normale Supérieure de la Rue d&rsquo;Ulm, il y travaille avec des philosophes exceptionnels comme Derrida, Althusser et Canguilhem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après Normale Sup’, il soutient à Nanterre en 1970, une thèse de doctorat de troisième cycle sur le thème : “L&rsquo;idée de science dans les prolégomènes et la 1ère recherche logique de Husserl”. Une thèse dirigée par nul autre que Paul Ricoeur, un des plus grands <a href="https://www.cairn.info/revue-recherche-en-soins-infirmiers-2005-2-page-21.htm#:%7E:text=La%20ph%C3%A9nom%C3%A9nologie%20est%20un%20courant,le%20sujet%20qui%20la%20vit." target="_blank" rel="noreferrer noopener">phénoménologues</a> du 20e siècle. Avant et après sa thèse, Hountondji a enseigné la philosophie dans les universités de Besançon, de Kinshasa et de Lubumbashi avant de revenir au Bénin où il a non seulement enseigné à l’université d’Abomey Calavi mais également joué un rôle proéminent dans le processus de démocratisation du pays et occupé des <a href="https://codesria.org/fr/paulin-j-hountondji-1942-2024-hommage-a-un-grand-penseur/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">postes ministériels</a>. Il a été ministre de l’Education de 1990 à 1991, puis de ministre de la Culture et de la Communication de 1991 à 1993.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-vie-politique">Une vie politique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du fait des vicissitudes de sa vie politique et de ses engagements scientifiques, ce n’est que dans les années 1990 qu’il finit par soutenir, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/ela/1999-n7-ela03268/1042110ar.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une thèse</a> de doctorat d’État sur ces travaux sous la direction de Souleymane Bachir Diagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le livre tiré de cette thèse d’État, Hountondji revient sur sa carrière et regrette qu&rsquo;ayant toujours eu une passion pour la pensée du philosophe Edmund Husserl, il avait à peine travaillé sur cet auteur du fait qu’il avait été happé par la polémique sur la philosophie africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette polémique débute lorsque, dans les années 1970, Hountondji publie une série d’articles dévastateurs, qui seront plus tard réunis sous forme de <a href="https://www.amazon.com/Sur-philosophie-africaine-Critique-lethnophilosophie-ebook/dp/B07DFSQLJD.">livre</a>. Dans ces articles, Hountondji refuse une modification des standards destinée à permettre à tout prix de prouver l’existence d’une philosophie africaine. Quitte à étendre le sens de ce mot au point de le rendre méconnaissable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Hountondji, nous ne pouvons décréter que ce que nous classerions comme mythe, pensée collective et idiosyncrasie culturelle ailleurs devrait être classé comme philosophie en Afrique. Si vraiment nous voulons savoir s’il existe ou non une philosophie africaine, nous devons partir de la définition normale de la philosophie, à savoir une entreprise personnelle de réflexion sur la condition humaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-definition-de-la-philosophie-africaine">Définition de la philosophie africaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De fait, selon Hountondji, une philosophie ne saurait être ni collective, ni simplement orale, inconsciente encore moins. Il définit donc la philosophie africaine comme l’ensemble des textes produits par des Africains et qualifiés par leurs auteurs de philosophiques. Armé de cette définition, il intervient dans le débat sur l’existence et la nature de la philosophie africaine. Y a-t-il une philosophie africaine ? En quoi consiste-t-elle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la suite de Tempels, beaucoup d’auteurs africains répondaient positivement à la première question. Pour exposer la nature de la philosophie africaine, ils se proposaient de mener l’enquête en partant des religions, des langues et des mythes africains afin de révéler les systèmes de pensée, les systèmes logiques et la métaphysique développés par les penseurs africains et collectivement préservés par les sociétés traditionnelles africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour qualifier ce type de recherche, Hountondji crée le terme d’<em>ethnophilosophie</em>. Il affirme qu’il s’agit là non pas de recherches philosophiques mais de recherches ethnologiques à prétention philosophique. Hountondji estimait, quant à lui, que cette prétention était injustifiée. La philosophie étant une entreprise personnelle et non collective. Il s’en suivra une polémique amère où il se verra qualifié par ses détracteurs d’europhilosophe désireux, selon le philosophe ivoirien <a href="https://blogs.mediapart.fr/bernard-gensane/blog/231114/niamkey-koffi-le-philosophe-officiel-de-la-cote-d-ivoire">Niamkey Koffi</a>, de préserver ses intérêts de classe en excluant du champ philosophique tout ce qui n’est pas adoubé par l’université occidentale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-apport-a-la-philosophie">Apport à la philosophie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette polémique masque un argument important de Hountondji et il faudra attendre que la poussière retombe pour que la portée de cet apport philosophique ne soit réellement comprise. En effet, dès le début, l’argument complet de Hountondji était que la philosophie étant une réflexion méthodique sur des savoirs constitués, pour créer une philosophie proprement africaine, il nous faut partir des savoirs africains parce que, selon lui, la théorie de la science est le noyau essentiel de la philosophie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 90, au sortir des <a href="https://www.cairn.info/revue-africultures-2010-3-page-92.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">polémiques sur l’existence ou non de la philosophie africaine</a>, Hountondji se lance dans le défrichage de la réflexion sur les savoirs africains. Dans ce cadre, il développe le concept de savoir endogène qu’il oppose à la fois au savoir traditionnel et au savoir indigène. Est <em>traditionnel</em> un savoir qui est considéré comme appartenant au patrimoine ancien d’une société. Est <em>indigène</em> le savoir qui est considéré par les membres de la société comme construit à partir de leur savoir traditionnel, sans apport externe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est <em>endogène</em> le savoir construit par les membres de la société mais incorporant, de manière critique, des éléments extérieurs. C’est le type de connaissance vivante qui permet, selon Hountondji, la naissance de la philosophie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu pour Hountondji n’est pas de retourner dans le passé pour exhumer des savoirs ou des philosophies traditionnels mais de développer une tradition endogène de production de connaissance qui permette à l’Afrique de briser sa dépendance épistémique et d’être une pourvoyeuse théorie à portée universelle et non pas seulement un lieu de production de données brutes dont la théorisation se fait à l’extérieur du continent. C’est dans cette optique que Hountondji réunit dans les années 1990, d&rsquo;abord à l&rsquo;Université d&rsquo;Abomey-Calavi puis au Centre Africain des Hautes Études de Porto Novo, une équipe pluridisciplinaire de philosophes et de scientifiques pour travailler sur les savoirs endogènes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reputation-de-polemiste">Réputation de polémiste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe Bado Ndoye de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui a publié <a href="https://www.riveneuve.com/catalogue/paulin_hountondji_lecons_de_philosophie-_africaine/">la première biographie</a> intellectuelle de Paulin Hountondji en 2022 affirme que l’enjeu pour ce dernier est non pas de promouvoir une illusoire déconnexion épistémique africaine &#8211; une stricte séparation des savoirs africains avec les savoirs occidentaux &#8211; mais de démarginaliser les savoirs endogènes africains. Selon Ndoye, cette démarginalisation a une double signification :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">restituer et restaurer la dignité théorique de ces savoirs en vue de les intégrer dans le mouvement de la science en train de se faire.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Hountondji a une réputation de polémiste. Lui-même reconnaît dans son autobiographie intellectuelle qu’il a pu donner autant de coups violents à ses aînés qu’il en a reçu de ses cadets. Et effectivement, sa plume est parfois féroce. Il faut cependant préciser que beaucoup de ceux qui l’ont rencontré gardent le souvenir d’un homme jovial et cordial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personnellement, ce qui m’a le plus frappé quand j’ai passé du temps avec lui, c’est sa capacité à écouter longuement et avec une totale concentration ses interlocuteurs puis à poser une ou deux questions qui portent sur un point nodal de l’argumentation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est probablement cette singulière concentration et cette capacité à pointer automatiquement les faiblesses d’une thèse quelle qu’elle soit qui passent pour amour de la polémique alors qu’elles ne sont que recherche de la correction argumentative et scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hountondji était actif dans de nombreux réseaux philosophiques, de l&rsquo;Unesco, dont la revue<a href="https://www.cipsh.one/web/diogenes.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Diogènes</a> a publié ses premiers textes, à la <a href="https://www.fisp.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fédération internationale des sociétés de philosophie</a>. Deux semaines avant son décès, Hountondji participait encore à un grand colloque à Toulouse sur la philosophie africaine. Malgré son âge, c’est un philosophe encore actif et vigoureux que la communauté philosophique mondiale vient de perdre. Gageons que les champs de recherche qu’il a ouverts seront explorés par des générations de philosophes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://theconversation.com/profiles/mouhamadou-el-hady-ba-1508857" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mouhamadou El Hady Ba</a>, enseignant-chercheur, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-cheikh-anta-diop-de-dakar-1967" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université Cheikh Anta Diop de Dakar</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/paulin-hountondji-le-penseur-qui-a-defriche-la-reflexion-sur-la-philosophie-africaine-222722" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article original</a>.</strong></p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/222722/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade" />
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/paulin-hountondji-le-penseur-qui-a-defriche-la-reflexion-sur-la-philosophie-africaine/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">14905</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Nietzsche, fervent opposant à l’émancipation de la femme</title>
		<link>https://saheltribune.com/nietzsche-fervent-opposant-a-lemancipation-de-la-femme/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/nietzsche-fervent-opposant-a-lemancipation-de-la-femme/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Aug 2023 17:50:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[égalité des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[émancipation]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[sexisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=12794</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Longtemps, les philosophes ont ignoré les différences sexuelles, ne les considérant pas comme un objet d’études. Alors, lorsqu’il fait appel à la distinction entre le masculin et le féminin, Nietzsche inaugure une façon de réfléchir sur les relations humaines qui pourrait être considérée, dans une certaine mesure, comme sexuée.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, les philosophes ont ignoré les différences sexuelles, ne les considérant pas comme un objet d’études. Alors, lorsqu’il fait appel à la distinction entre le masculin et le féminin, Nietzsche inaugure une façon de réfléchir sur les relations humaines qui pourrait être considérée, dans une certaine mesure, comme sexuée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est vrai qu’à son époque certains penseurs ont pris la défense du mouvement de l’émancipation féminine. C’est le cas de <a href="https://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2020-4-page-69.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">John Stuart Mill</a>, qui a écrit des textes en faveur de l’indépendance des femmes bien connus de Nietzsche. Mais à la différence de Mill, Nietzsche mène un combat <em>contre</em> le mouvement de l’émancipation féminine, qui s’avérera sans merci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses écrits contiennent pléthore de remarques au sujet des femmes : certaines relèvent du cliché, d’autres d’une analyse complexe et raffinée de la condition humaine sous le prisme du genre ; il mentionne la condition féminine dans des digressions éparses comme dans des passages très argumentés. Ses réflexions sur ce thème n’ont pas une place marginale dans son œuvre ; elles ne sauraient se réduire à des préférences personnelles et moins encore à des égarements ponctuels. Bien au contraire, dans mon dernier livre <em>Les ambivalences de Nietzsche. Types, images et figures féminines</em>, je défends l’idée <a href="http://www.editionsdelasorbonne.fr/fr/livre/?GCOI=28405100185200" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qu’elles s’inscrivent pleinement dans son entreprise philosophique</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’exception de ses premiers textes, les considérations de Nietzsche sur les femmes sont présentes un peu partout dans son œuvre. Elles se trouvent, par exemple, dans de nombreux aphorismes d’<em>Humain, trop humain</em>, dans une séquence de paragraphes du second livre du <em>Gai savoir</em>, dans plusieurs discours d’<em>Ainsi parlait Zarathoustra</em>, dans un groupe de paragraphes de <em>Par-delà bien et mal</em> et dans un certain nombre de passages du <em>Crépuscule des idoles</em>. Étant donné l’objet d’étude choisi ici, je porterai mon attention en particulier aux passages de <em>Par-delà bien et mal</em>, où Nietzsche s’en prend aux femmes qui aspirent à devenir indépendantes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un duel impossible</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le paragraphe 238 de ce livre, <a href="http://www.nietzschesource.org/--eKGWB/JGB-238%5D" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nietzsche affirme</a> qu’il y a « l’antagonisme le plus abyssal » entre hommes et femmes. « Se méprendre sur le problème fondamental de ‘l’homme et de la femme’, nier l’antagonisme le plus abyssal et la nécessité d’une tension irréductible, rêver peut-être de droits égaux, d’éducation égale, de privilèges et de devoirs égaux : voilà un signe typique de platitude intellectuelle ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce faisant, il pourrait très bien laisser entendre que l’homme et la femme établissent une relation conflictuelle. Dans son optique, concevoir l’existence comme un duel loyal est une condition inhérente à ce qui est noble. Mais depuis ses premiers textes, Nietzsche affirme qu’il ne peut y avoir de lutte quand on méprise l’antagoniste et il n’y a pas de raison de lutter quand on le domine. D’où il s’ensuit que, pour le philosophe, la relation entre hommes et femmes ne serait pas conçue comme un affrontement entre deux positions qui s’excluent. Car la lutte doit toujours avoir lieu <em>inter pares</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment comprendre alors «&nbsp;l’antagonisme le plus abyssal et la nécessité d’une tension irréductible&nbsp;» entre hommes et femmes&nbsp;? Comment envisager le caractère agonistique d’une telle relation&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>« Considérer la femme comme une possession »</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au premier abord, on pourrait supposer que Nietzsche incite les femmes à provoquer les hommes en duel, car il souhaite qu’elles ne se comportent pas comme des hommes, mais qu’elles ne se laissent pas non plus subjuguer par eux. Néanmoins, en se prononçant sur la façon dont on doit envisager la femme, il affirme qu’un homme profond, bienveillant, rigoureux et dur « ne pourra jamais penser à la la femme que de manière orientale : il lui faut concevoir la femme comme une possession, comme un bien qu’il convient d’enfermer, comme quelque chose qui est prédestiné à servir et trouve là son accomplissement ». En somme, un tel homme concevra la femme comme <a href="http://www.nietzschesource.org/--eKGWB/JGB-238" target="_blank" rel="noreferrer noopener">prédestinée à la sujétion</a>. Nietzsche n’hésite donc pas à se montrer contraire du mouvement d’émancipation de la femme déjà présent à son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut tout de même souligner que, dans ses écrits, le philosophe ne s’adresse pas aux femmes. C’est vers les hommes qu’il se tourne et, en particulier, vers les hommes qui, comme lui-même, réfléchissent sur les femmes, et il leur explique comment il faut les traiter. Le passage cité exige notre attention. En envisageant la femme à la «&nbsp;manière orientale&nbsp;», Nietzsche privilégie «&nbsp;la formidable raison de l’Asie&nbsp;» et s’éloigne de l’histoire de la philosophie européenne. Lorsqu’il s’adresse à ses pairs, il fait l’éloge de «&nbsp;la supériorité de l’instinct de l’Asie&nbsp;» et combat ainsi la philosophie occidentale qui a toujours pris pour modèle l’homme européen. Quand il s’agit de savoir comment traiter les femmes, Nietzsche s’en tient à encourager ses congénères à procéder de façon similaire à celle de l’homme asiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’optique nietzschéenne, depuis la Révolution française, la société européenne considère comme moral de soumettre l’individu aux nécessités générales. Décadente, elle proclame que son bonheur consiste à devenir utile à tous, en supprimant son caractère singulier et en se convertissant tout simplement en un membre de la «&nbsp;masse grégaire&nbsp;». Voilà pourquoi elle favorise l’apparition des mouvements comme celui de l’émancipation féminine – contre lequel le philosophe s’insurge.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une émancipation « décadente »</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nietzsche pense que l’influence de la femme a diminué en Europe <a href="http://www.nietzschesource.org/--eKGWB/JGB-239" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dans la mesure où ses droits se sont accrus</a>. Pour lui, ce n’est pas un hasard si les femmes, qui veulent égaler les hommes, commettent une erreur de calcul. Cherchant à acquérir des droits, elles réduisent leur sphère d’influence. Car tandis que les droits ont à voir avec la société qui se forme après la Révolution française, l’influence concerne celle qui lui préexistait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nietzsche pense qu’à la différence des organisations sociales basées sur l’idée d’une hiérarchie, comme celles de l’Asie, de la Grèce ancienne ou de la France pendant l’ancien régime, la société européenne de son époque s’oriente de plus en plus rapidement vers l’uniformisation. Il dénonce alors la tendance égalitaire de l’Europe des temps modernes : <a href="http://www.nietzschesource.org/--eKGWB/JGB-239" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« À aucune époque le sexe faible n’a été traité par les hommes avec autant d’égards qu’à notre époque – cela est un trait spécifique du penchant et du goût fondamental de la démocratie »</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nietzsche estime qu’il se prononce en faveur des femmes en les avertissant que l’émancipation qu’elles souhaitent contribue à affaiblir leurs caractéristiques et leurs particularités. On pourrait argumenter qu’en effet, lorsqu’elles revendiquent l’égalité de droits depuis la Révolution française, les femmes pensent que la société industrielle ne procède à aucune discrimination sexuelle. Mais elles se trompent, quand elles imaginent, en se fiant à l’idée d’une universalité abstraite, que cette société considère tous les citoyens comme des travailleurs et des consommateurs de manière indifférenciée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes constatent alors – <a href="https://journals.openedition.org/clio/199" target="_blank" rel="noreferrer noopener">comme l’ont démontré Geneviève Fraisse et Michelle Perrot</a> – basée sur une stricte séparation entre la production de biens et la gestion du foyer, la société industrielle se maintient grâce aux activités qu’elle assigne aux femmes, dès les tâches ménagères, à commencer par la génération et le soin des enfants, jusqu’au soutien apporté aux hommes. Mais, convaincues que « liberté, égalité, fraternité » concerne tous les êtres humains, elles revendiquent alors l’égalité des droits. Et elles se trompent une fois de plus, lorsqu’elles supposent que la devise révolutionnaire s’applique à elles aussi. Les femmes perçoivent ainsi le divorce entre les discours et les pratiques : les principes révolutionnaires inscrits dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ne vont pas au-delà des frontières de la masculinité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la perspective nietzschéenne, enthousiasmées par la Révolution française, les femmes se sont affaiblies. D’où il s’ensuit <a href="http://www.nietzschesource.org/--eKGWB/JGB-239" target="_blank" rel="noreferrer noopener">qu’« il y a de la stupidité dans ce mouvement » de l’émancipation féminine</a>. Les femmes qui souhaitent égaler les hommes, s’appliquent à lire et à écrire et renoncent ainsi à « une humilité fine et rusée ». Elles mettent en cause des images idéalisées et sapent la croyance masculine dans « l’éternel féminin ». Leur refus de se comporter « tel un animal domestique fort délicat, curieusement sauvage et souvent plaisant » dissuade les hommes de les traiter avec attention et de les prendre sous leur protection. Elles négligent ainsi les armes qui leur ont permis de remporter tant de victoires. Mais il faudrait souligner que ce sont précisément les armes qui, en général, sont imputées aux faibles. En faisant appel aux clichés associés au féminin, Nietzsche s’emploie à dénoncer ce qui, à ses yeux, est une stratégie de domination de la part des femmes. En insistant sur leur astuce et leur pouvoir de séduction et en les voyant excellentes dans l’art de manipuler, il se rend complice de la dépréciation dont elles sont l’objet depuis des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les éléments réunis ici me permettent de conclure que, si Nietzsche critique les femmes parce qu’elles exigent l’égalité de droits, il n’est pas prêt à lutter contre ce qui les conduit à la revendiquer ni contre ce qui les empêche de l’obtenir. Bien au contraire, en prônant une image traditionnelle de la femme, il n’hésite pas à mener un combat sans merci contre le mouvement d’émancipation féminine.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/540749/original/file-20230802-27-2pfbly.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=237&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption class="wp-element-caption">Les ambivalences de Nietzsche.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/profiles/scarlett-marton-1452792">Scarlett Marton</a>, Philosophe, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/fondation-maison-des-sciences-de-lhomme-fmsh-2480">Fondation Maison des Sciences de l&rsquo;Homme (FMSH)</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/nietzsche-fervent-opposant-a-lemancipation-de-la-femme-202655">article original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/202655/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade" />
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/nietzsche-fervent-opposant-a-lemancipation-de-la-femme/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">12794</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
