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	<title>Archives des pénurie d’essence &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des pénurie d’essence &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Pénurie de carburant : l’épreuve, condition de la renaissance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Oct 2025 12:55:31 +0000</pubDate>
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<p>Explorez comment l'adaptation de Darwin à la crise malienne exhorte à transformer   l'adversité en opportunité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Étouffé par le blocus des groupes armés qui ciblent les camions-citernes et paralysent l’approvisionnement en carburant, le Mali traverse l’une des crises économiques les plus éprouvantes de son histoire récente. Pourtant, au cœur de cette épreuve, une leçon de Charles Darwin résonne : celle de l’adaptation. Comme les espèces confrontées à des bouleversements brutaux, les nations aussi doivent évoluer pour survivre. Dans cette période de pénurie et d’incertitude, le peuple malien doit apprendre à transformer la contrainte en moteur, la crise en mutation. La douleur du présent n’est souvent que le prix de l’évolution vers un avenir plus fort.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au blocus des camions-citernes et à la pénurie d’essence orchestrée par les groupes armés avec le soutien des partisans du chaos contrôlé, l’on tente d’asphyxier le Mali, en s’attaquant à son économie. Un complot qui intervient à un moment où l’économie malienne amorçait une croissance exponentielle «&nbsp;<em>de l’ordre de 6% en 2025 contre un déficit budgétaire de -2,7% attendu</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais dans cette épreuve, une leçon s’impose : celle de Charles Darwin. Car dans la nature comme dans l’histoire des peuples, ce ne sont ni les plus forts ni les plus riches qui survivent, mais les plus capables d’adaptation. Cela est d’autant plus clair que «&nbsp;<em>Depuis 2020, notre</em>&nbsp;[le Mali]&nbsp;<em>économie fait preuve d’une grande capacité d’adaptation et de résilience malgré les contraintes sécuritaires et géopolitiques.</em>&nbsp;», avait déclaré le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, dans son adresse à la nation, à l’occasion du 22 septembre 2025.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-theorie-de-la-survie-appliquee-au-sahel"><strong>La théorie de la survie appliquée au Sahel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali traverse aujourd’hui une crise d’une intensité rare, où le carburant est devenu symbole de survie. Les files interminables devant les stations-service, les moteurs à l’arrêt, les chauffeurs dormant dans leurs camions, les familles piégées dans la chaleur des villes paralysées — tout cela compose l’image d’un pays que l’on tente de mettre à genoux par l’arme la plus moderne du terrorisme et de ses sponsors étatiques étrangers : l’asphyxie économique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En agissant, les acteurs pensent faire du mal aux autorités de la transition, en s’en prenant au peuple, qu’ils prétendent défendre contre le pouvoir en place, alors qu’en réalité ils visent que leurs intérêts géostratégiques au Mali, notamment la dilapidation des ressources du Mali. A ce niveau, il est important de rappeler des faits.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, troisième producteur d’or d’Afrique, a engagé depuis 2023 une réforme ambitieuse de son Code minier pour reprendre le contrôle de ses ressources naturelles et accroître les retombées économiques nationales. Portée par la volonté du gouvernement de transition de faire en sorte que «&nbsp;<em>l’or brille pour les Maliens</em>&nbsp;», cette réforme a relevé la part de l’État dans les projets miniers à 35 %, instauré des obligations de transformation locale et mis fin à de nombreuses exonérations fiscales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une loi complémentaire sur le contenu local impose en outre aux compagnies étrangères de privilégier les fournisseurs, les employés et les capitaux maliens. Si ces mesures visent une souveraineté économique accrue, elles ont provoqué de fortes tensions avec les multinationales, notamment Barrick Gold, accusée d’arriérés fiscaux et de blanchiment. Ce qui a aboutit à des saisies d’or et à des suspensions d’activités. Grâce à ces réformes, les recettes minières sont en hausse. C’est aussi cette réussite du pays sans l’appui des partenaires sanguinaires, qui se nourrissaient du sang du pays tels des sangsues, qui a créé des jaloux parmi eux. Du coup, ils ont finit par s’allier au diable pour tenter d’annihiler tous les efforts du pays.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-darwin-la-science-de-la-patience"><strong>Darwin, la science de la patience</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette tentative de suffocation, une vérité darwinienne s’impose : la vie ne disparaît jamais, elle s’adapte. Comme les espèces confrontées à un changement brutal de leur environnement, les Maliens, eux aussi, doivent apprendre à évoluer, à inventer, à survivre différemment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Darwin ne parlait pas de la guerre, encore moins des ruptures d’approvisionnement. Il observait la lenteur des mutations, les transitions forcées, les adaptations douloureuses mais nécessaires. Ses travaux sur l’évolution enseignent une loi universelle : tout organisme doit endurer une phase de déséquilibre avant de retrouver la stabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que vit aujourd’hui le Mali s’inscrit dans cette dynamique. Après des décennies de dépendance énergétique, le blocus actuel révèle les failles d’un modèle économique basé sur l’importation. Il oblige le pays à chercher d’autres voies, d’autres sources d’énergie, d’autres équilibres. Ce moment de crise n’est pas la fin, c’est la mutation, c’est la preuve de la marche inébranlable du Mali vers sa pleine et entière souveraineté. «&nbsp;<em>La voie que nous avons empruntée sera certes semé d’embûches. Mais c’est un chemin de non-retour.</em>&nbsp;», rassure généralement le président Goïta dans ses discours.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-epreuve-comme-etape-vitale"><strong>L’épreuve comme étape vitale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les groupes armés ont voulu étouffer un État en refondation. Mais, sans le savoir, ils accélèrent sa transformation. Dans les capitales sahéliennes, on redécouvre les transports collectifs, on repense la mobilité, on parle enfin de solaire, de biocarburants, de circuits locaux. Comme dans la nature, la contrainte devient le moteur de l’évolution. Le désespoir, s’il est maîtrisé, devient une énergie nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car Darwin, au fond, n’enseignait pas le fatalisme, mais la résistance par la plasticité. Celle par laquelle des êtres et des nations sont capables de se réinventer sous la pression du réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque être, chaque peuple traverse sa phase d’étouffement, ce moment où tout semble se refermer. Mais l’histoire montre que ces crises sont les matrices du renouveau. Le Mali, par son courage et sa mémoire, saura faire de cette pénurie non pas une impasse, mais une transition — de la dépendance à l’autonomie, du désordre à la refondation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Darwin aurait reconnu dans cette épreuve le plus beau des laboratoires : celui où l’homme, confronté à l’adversité, découvre qu’il n’est pas condamné à subir, mais à évoluer en s’adaptant aux vicissitudes de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’évolution, disait Darwin, n’est pas un choix, mais une nécessité. Le Mali n’échappe pas à cette loi naturelle. Il doit transformer la douleur en intelligence, la crise en opportunité, la pénurie en innovation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre la survie et le renoncement, le pays choisira la première. Et dans ce combat silencieux, il prouvera au monde que la véritable force d’un peuple ne réside pas dans l’abondance, mais dans sa capacité à renaître de la contrainte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crise des hydrocarbures : le gouvernement malien renforce les mesures pour soulager les populations</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 10:11:54 +0000</pubDate>
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<p>La crise des hydrocarbures au Mali nécessite une action immédiate. Apprenez comment le gouvernement prévoit de gérer cette situation.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Comité interministériel de Gestion de Crises et Catastrophes s’est réuni ce mardi&nbsp;14&nbsp;octobre 2025, à Bamako sous la présidence du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga. Cette session, tenue à la Primature, avait pour unique objectif le suivi des axes stratégiques du plan d’action adopté par le gouvernement face à la crise des hydrocarbures qui affecte actuellement le pays.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs semaines, le Mali connaît une tension persistante dans la distribution du carburant. Des files interminables de véhicules devant les stations-service et une hausse du prix du litre sur le marché parallèle traduisent l’ampleur du problème. Conscient de la gravité de la situation, le gouvernement a décidé d’activer son plan d’action hautement stratégique, articulé sur trois niveaux&nbsp;: le court, le moyen et le long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif est d’assurer un approvisionnement régulier du pays en produits pétroliers et mettre fin aux difficultés qui pèsent sur les ménages, les transporteurs et les opérateurs économiques. Selon les services de la Primature, ce plan repose sur une approche multisectorielle impliquant les ministères concernés, les forces de sécurité, les opérateurs du secteur et les partenaires techniques.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-axes-strategiques-pour-une-reponse-durable"><strong>Des axes stratégiques pour une réponse durable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan d’action du gouvernement s’articule autour de plusieurs volets. Le premier concerne la coordination et la concertation entre les acteurs afin d’éviter les chevauchements de responsabilités et d’améliorer la réactivité dans la prise de décision. Le second axe met l’accent sur la sécurisation des convois et des infrastructures critiques, un enjeu majeur compte tenu de la situation sécuritaire dans certaines zones du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième volet porte sur l’approvisionnement et la distribution du carburant. Le gouvernement prévoit la construction de nouvelles capacités de stockage afin d’accroître l’autonomie énergétique du pays. Des stocks dynamiques seront également constitués pour faire face aux fluctuations du marché international. Par ailleurs, des équipes de contrôle seront déployées pour veiller à la transparence dans la chaîne de distribution.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-appui-aux-operateurs-economiques-au-coeur-du-dispositif"><strong>L’appui aux opérateurs économiques au cœur du dispositif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour garantir la continuité des activités économiques, l’État a décidé d’accompagner les opérateurs du secteur énergétique à travers des mesures d’allègement fiscal et douanier. Ces facilités visent à réduire les coûts d’importation et à encourager la régularité des livraisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan diplomatique, des discussions sont en cours avec les pays disposant de ports maritimes par lesquels transitent les hydrocarbures destinés au Mali. L’objectif est de sécuriser les corridors d’approvisionnement et d’éviter les retards liés à la logistique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les premières analyses du CIGCC, les principales causes de la crise actuelle sont la rétention de stocks par certains opérateurs et la prolifération de circuits parallèles de distribution. Ces pratiques illégales perturbent la régularité du marché et privent l’État de ressources importantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-mesures-d-urgence-pour-restaurer-la-normalite"><strong>Des mesures d’urgence pour restaurer la normalité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces constats, le gouvernement a décidé de passer à la vitesse supérieure. Un projet d’arrêté interministériel est en préparation afin d’autoriser l’ouverture des stations-service 24 heures sur 24. Cette mesure, si elle est adoptée, devrait contribuer à désengorger les stations et à améliorer l’accès des citoyens au carburant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, un dispositif de convoyage sécurisé des camions-citernes vers Bamako est en cours d’organisation. Ce mécanisme permettra de garantir la disponibilité du carburant dans la capitale et dans les grandes villes du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement envisage également de démanteler les réseaux de distribution illégale à travers une opération coordonnée entre les services de sécurité, les douanes et le ministère du Commerce. Un système de balisage des circuits officiels sera mis en place afin de mieux contrôler la traçabilité du carburant et d’empêcher les détournements.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-engagement-gouvernemental-reaffirme"><strong>Un engagement gouvernemental réaffirmé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En présidant cette réunion du CIGCC, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a insisté sur la nécessité d’une action concertée, rigoureuse et transparente. Il a rappelé que le gouvernement reste pleinement engagé à trouver des solutions durables à cette crise qui affecte la vie quotidienne des Maliens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les populations, quant à elles, espèrent que ces mesures se traduiront rapidement par une amélioration visible de la situation sur le terrain. Si la mobilisation de l’État est bien réelle, la réussite de ce plan dépendra de la coopération de tous les acteurs et de la vigilance des autorités dans l’application des décisions prises.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le carburant, nouvelle arme des guerres hybrides en Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 09:21:35 +0000</pubDate>
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<p>Examinez comment la pénurie du carburant en Afrique devient une arme dans le conflit et affecte les gouvernements.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>De Maiduguri à Bamako, les groupes armés ont compris qu’un État s’étouffe plus sûrement par la soif d’essence que sous le feu des armes. Face à la pénurie, chaque gouvernement africain invente sa riposte : entre escortes, innovations locales et quête d’une souveraineté énergétique retrouvée.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En juin 2025, depuis Moscou, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, avertissait : «&nbsp;<em>La guerre que nous menons est une épreuve de longue haleine. Elle ne se gagnera ni en un an, ni en deux… mais il faut tenir bon.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-guerre-se-mene-a-la-pompe"><strong>Quand la guerre se mène à la pompe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un an plus tôt, à Sikasso, il avait détaillé les nouvelles formes de menace : le terrorisme armé, le terrorisme communicationnel et le terrorisme économique. C’est ce dernier qui, aujourd’hui, frappe au cœur du Mali, à travers l’instrumentalisation de la pénurie d’essence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les longues files devant les stations-service de Bamako et de certaines capitales régionales ne sont plus le simple signe d’un dérèglement logistique. Elles traduisent une guerre silencieuse où le carburant devient une arme stratégique. Depuis plusieurs semaines, les convois reliant les ports d’approvisionnement au centre du pays subissent des attaques répétées. Résultat : blocus partiel, flambée des prix, et tentatives de déstabilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le peuple malien ne s’y trompe pas. Il sait que derrière ces manœuvres se cachent les parrains étatiques étrangers du terrorisme, nostalgiques d’un ordre ancien. Et face à cette guerre hybride, l’État malien s’appuie sur les principes de la nouvelle Constitution : respect de la souveraineté, choix du peuple et défense de ses intérêts vitaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-precedent-nigerian-boko-haram-et-la-guerre-des-reservoirs"><strong>Le précédent nigérian : Boko Haram et la guerre des réservoirs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au nord du Nigeria, Boko Haram a très tôt compris que le carburant est la sève de l’État moderne. Dès 2015, le groupe interceptait les camions-citernes, volait le pétrole et le revendait au marché noir. Interpol le rappelle : «&nbsp;<em>Le financement terroriste s’appuie sur la fraude, le rapt, le commerce illicite de pétrole, de charbon ou d’or.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences furent désastreuses : hôpitaux paralysés, forces armées immobilisées, économie locale asphyxiée. Abuja répondit par la militarisation des routes, l’escorte des convois et la coopération avec le Tchad et le Niger. Le pétrole devint, littéralement, l’or noir du conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-en-centrafrique-le-carburant-comme-instrument-de-chantage"><strong>En Centrafrique, le carburant comme instrument de chantage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Bangui, en 2021, les rebelles de la CPC bloquaient les corridors venant du Cameroun. La capitale suffoquait : plus d’essence, plus d’électricité, plus de transport.<br>Le président Touadéra réagit en confiant la sécurisation des convois aux forces russes de Wagner. Brutale, mais efficace, cette stratégie fit du carburant un symbole de souveraineté retrouvée. Elle permit à Bangui de diversifier ses approvisionnements et de rompre sa dépendance vis-à-vis de Douala.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-somalie-yemen-l-energie-comme-levier-de-domination"><strong>Somalie, Yémen : l’énergie comme levier de domination</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Somalie, les milices d’Al-Shabaab taxent le diesel, financent leurs opérations et étranglent Mogadiscio. Au Yémen, la coalition saoudienne a transformé le pétrole en arme de siège, privant des millions d’habitants d’électricité et de soins.<br>Face à ce blocus, les Houthis ont réinventé leur économie : véhicules au gaz, cuiseurs solaires, réseaux parallèles d’approvisionnement. L’énergie, là encore, devient un instrument de pouvoir politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cas-malien-entre-sabotage-et-resistance"><strong>Le cas malien : entre sabotage et résistance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, cette guerre invisible prend une tournure géopolitique. Les groupes armés, soutenus par des puissances étrangères hostiles à la Confédération des États du Sahel (AES), née en juillet 2024, contrôlent certains corridors, sabotent les routes et visent à épuiser la Transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bamako a choisi la riposte souveraine : ouverture de corridors alternatifs, sécurisation militaire des transports essentiels, constitution de stocks stratégiques et investissement dans les énergies locales — notamment le solaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La logique est de transformer la pénurie en tremplin vers la souveraineté énergétique. Comme l’a si bien dit le président devant la communauté malienne en Russie, «&nbsp;<em>il faut savoir transformer les défis en opportunité&nbsp;</em>». C’est pourquoi cette crise pourrait voir émerger au Mali, dans le secteur du transport notamment, de nouvelles initiatives pour que plus jamais de telles situations ne se reproduisent.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-laboratoire-d-une-guerre-energetique-mondiale"><strong>L’Afrique, laboratoire d’une guerre énergétique mondiale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ces crises locales, c’est une recomposition mondiale de l’énergie qui s’opère. Les grandes puissances, au nom de la transition «&nbsp;<em>verte</em>&nbsp;», imposent leurs standards et leurs dépendances. Pendant que les États-Unis exportent leur gaz liquéfié, l’Europe pousse ses biocarburants, et la Chine contrôle 77 % de la production mondiale de batteries.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais sur le continent, un autre récit s’écrit. Des mini-raffineries nigérianes aux corridors sahéliens, en passant par les fermes solaires du Soudan, l’Afrique expérimente sa propre autonomie énergétique. Une lente marche vers l’indépendance — arrachée, plus que concédée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car au fond, cette guerre du carburant raconte la même histoire : celle d’un continent qui apprend, dans la douleur, que l’autonomie énergétique précède l’autonomie politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, chaque litre d’essence n’est plus seulement une ressource, c’est un symbole de souveraineté. On tient un peuple par ses réservoirs mieux que par ses chaînes. Au Mali, cette phrase n’a jamais sonné aussi juste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali: la géopolitique cachée derrière la pénurie d’essence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 10:14:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La pénurie d'essence au Mali dépasse le manque de carburant, elle met en lumière une guerre silencieuse entre puissances.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, la pénurie d’essence dépasse le simple manque de carburant. Elle révèle une guerre silencieuse où les flux énergétiques deviennent armes de pression et leviers d’influence. Derrière les stations asséchées et les files d’attente à Bamako ainsi dans des capitales régionales se joue une bataille géopolitique mondiale entre puissances concurrentes, transition énergétique imposée et quête de souveraineté africaine.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le souligne Jacques Attali, « <em>certaines choses crèvent les yeux sans qu’on y attache de l’importance, sauf quand il est trop tard. Ainsi des pénuries. </em>» Le monde traverse une crise systémique. Les pénuries, devenues un fait global, ne sont plus seulement la conséquence de catastrophes naturelles, mais aussi le produit de manœuvres géopolitiques visant à affaiblir des États jugés trop indépendants. Le Mali n’échappe pas à cette logique.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-arme-invisible-d-une-guerre-hybride"><strong>L’arme invisible d’une guerre hybride</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les files interminables devant les stations-service de Bamako et des capitales régionales, c’est une véritable bataille géopolitique qui se joue&nbsp;: celle des corridors, des influences et des marchés. La pénurie d’essence que subit le Mali depuis plusieurs semaines dépasse le simple dysfonctionnement logistique. Elle s’inscrit dans une guerre silencieuse où l’énergie devient une arme de déstabilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la rupture politique avec Paris et la réorientation stratégique vers Moscou et Pékin, le Mali n’importe plus seulement du pétrole, mais sa souveraineté énergétique. Et cette quête dérange. Les attaques contre les convois, les blocages aux frontières ou les surcoûts imposés sur les transits ne relèvent pas du hasard. Ils traduisent une volonté de nuire à la stabilité d’un État en pleine redéfinition de son indépendance. Les terroristes, dans ce scénario, ne sont que les pions visibles d’intérêts étrangers.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-circuits-brises-du-commerce-petrolier"><strong>Les circuits brisés du commerce pétrolier</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Avant la refondation de sa diplomatie, le Mali dépendait presque exclusivement des terminaux de Dakar, Abidjan et Lomé, sous influence française. Depuis la création de la Confédération des États du Sahel (AES) en juillet 2024, Bamako réoriente ses corridors vers la Guinée, la Mauritanie, l’Algérie, et bientôt la Russie, qualifiée de partenaire « <em>sincère et fiable</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce basculement dérange. Il remet en cause un circuit économique juteux fondé sur le transit, les marges d’assurance, le raffinage et le stockage. Les résistances qui s’expriment aujourd’hui, visibles ou non, ne sont que les symptômes d’une bataille d’influence économique et politique. Le terrorisme devient dès lors une technologie de domination, un outil géopolitique au service de la reconquête des anciennes zones d’influence coloniale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-le-carburant-devient-levier-d-influence"><strong>Quand le carburant devient levier d’influence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les pénuries sont rarement neutres. Elles redéfinissent les dépendances. Plusieurs puissances cherchent déjà à imposer leurs « <em>solutions</em> » — carburants alternatifs, gaz liquéfié, biocarburants ou véhicules électriques subventionnés par des programmes dits « <em>verts</em> ». Sous couvert de transition énergétique se cache une guerre pour les futurs marchés africains de l’énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que les sociétés occidentales tentent d’écouler leurs nouveaux produits, la Russie et la Chine proposent des alternatives&nbsp;: raffineries modulaires, contrats de troc, livraisons directes. Les États-Unis, devenus premiers exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), profitent de la guerre en Ukraine pour imposer leurs livraisons à des tarifs 20 à 45&nbsp;% supérieurs à ceux du gaz russe. L’Union européenne, elle, érige ses biocarburants en modèle vertueux, tout en reconnaissant que ces substituts pourraient générer 70&nbsp;millions de tonnes de CO₂&nbsp;supplémentaires d’ici 2030. Pendant ce temps, la Chine contrôle 77&nbsp;% de la production mondiale de batteries lithium-ion et 85&nbsp;% des terres rares, lui conférant une hégémonie industrielle que l’Occident peine à contrer.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mali-laboratoire-de-la-souverainete-energetique-africaine"><strong>Le Mali, laboratoire de la souveraineté énergétique africaine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali devient ainsi un terrain d’expérimentation pour la souveraineté énergétique du Sud. Car au-delà de ses frontières, c’est toute l’Afrique qui se trouve prise dans une contradiction. On lui demande de se « <em>décarboner</em> » avant même d’avoir achevé son industrialisation. Alors qu’elle ne représente que 3 à 5&nbsp;% des émissions mondiales de CO₂, elle subit la pression pour abandonner ses ressources fossiles, pourtant vitales à son développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États sahéliens, forts d’un potentiel solaire estimé à 13,9&nbsp;milliards de kWh/an, plaident pour une transition équilibrée, où le gaz jouerait le rôle d’énergie de transition. Loin de l’utopie d’un marché « <em>vert</em> » global se dessine un ordre énergétique multipolaire, fragmenté, concurrentiel, et traversé de nouvelles lignes de fracture entre technologie, souveraineté et justice climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-penurie-ou-mutation-imposee"><strong>Pénurie ou mutation imposée ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière le discours vertueux de la transition énergétique se cache un paradoxe cruel&nbsp;: le Sud risque de subir une transition par la pénurie. Les financements internationaux pour les hydrocarbures se tarissent, alors que les infrastructures solaires ou gazières locales tardent à émerger. Le Mali, comme d’autres États africains, pourrait être contraint d’évoluer non par choix, mais par manque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour éviter ce piège, Bamako doit diversifier ses alliances, constituer des réserves crédibles et sécuriser ses corridors d’approvisionnement. L’objectif est ne plus subir, mais d’inventer une souveraineté énergétique malienne. Cela suppose également d’investir dans des transports publics d’État, des véhicules électriques alimentés par des parcs solaires nationaux, et un contrôle renforcé du secteur pétrolier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette guerre feutrée du baril, chaque litre d’essence devient un acte de souveraineté. Le Mali marche sur une ligne de crête entre résistance et adaptation, entre héritage postcolonial et autonomie nouvelle. Mais une chose est certaine&nbsp;: cette crise, loin d’être une fatalité, pourrait devenir le catalyseur d’une indépendance énergétique africaine durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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