<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Ousmane Sy &#8212; Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/ousmane-sy/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/ousmane-sy/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Wed, 17 Mar 2021 15:51:46 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des Ousmane Sy &#8212; Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/ousmane-sy/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>Ousmane Sy (2) : « Quoi qu’on dise, Sikasso ne ressemble pas à Kidal »</title>
		<link>https://saheltribune.com/ousmane-sy-quoi-on-dise-sikasso-ressemble-pas-kidal/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/ousmane-sy-quoi-on-dise-sikasso-ressemble-pas-kidal/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Feb 2021 14:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Accord pour la paix]]></category>
		<category><![CDATA[crise malienne]]></category>
		<category><![CDATA[décentralisation]]></category>
		<category><![CDATA[Ousmane Sy]]></category>
		<category><![CDATA[régionalisation]]></category>
		<category><![CDATA[relecture Accord pour la paix]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://saheltribune.com/?p=6345</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>En tant qu’acteur de la décentralisation et de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, l’ex-ministre des Collectivités territoriales du Mali, Ousmane&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>En tant qu’acteur de la décentralisation et de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, l’ex-ministre des Collectivités territoriales du Mali, Ousmane Sy explique les raisons du retard dans la mise en œuvre de l’Accord. À travers cette interview qu’il nous a accordée le 15&nbsp;février dernier, M. Sy donne également des précisions sur la politique de la décentralisation du Mali tout en précisant que la régionalisation est une consolidation de ce processus.</strong></p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Phileingora&nbsp;: depuis 2015, l’application de l’Accord pour la paix au Mali est au cœur des discussions. Vous faisiez partie des négociateurs de cet Accord à Alger. Comment comprendre toutes ces polémiques autour de ce document ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>Ousmane Sy&nbsp;:</strong> l’Accord est un instrument politique de gestion de crise. Il y a l’esprit de l’Accord et il y a la lettre. Ce qui justifie l’Accord se trouve dans l’esprit.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Dans cet Accord, les mouvements du Nord et le gouvernement malien se sont mis d’accord sur des principes qui se trouvaient déjà dans l’Accord préliminaire de Ouaga. Cet Accord préliminaire était un appel à l’union de tous les Maliens afin de mettre en place des institutions susceptibles de mieux gérer le pays et résoudre les différents problèmes dont le pays souffrait.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Les fondamentaux de l’Accord demandent le respect de certaines lignes rouges&nbsp;comme l’intégrité du territoire, la laïcité, l’unité nationale, la souveraineté de l’État malien ainsi que sa forme républicaine, le rejet de la violence, le recours au dialogue et à la négociation comme moyen de résolution des différends. L’esprit vise surtout à restaurer la confiance.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La lettre de l’Accord concerne surtout les actions qui ont été prévues ainsi que la façon dont le texte a été écrit et comment on compte procéder à sa mise en œuvre. Des modalités ont été prévues par le document lui-même pour modifier cette lettre.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Certains Maliens estiment que la mise en œuvre de l’Accord ne conduira qu’à un fédéralisme au Mali. Que pourriez-vous donner comme précision sur ce point ?&nbsp;</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">En tant que document politique, je ne vois pas de grandes difficultés dans l’Accord et sa conduite. Seulement ce que j’ai constaté, c’est que lorsque l’Accord a été signé, sa gestion a été bâclée.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Ni le gouvernement ni les mouvements n’ont écrit l’Accord. C’est la médiation. Après l’avoir écrit, elle a remis l’avant-projet aux deux parties pour des observations. Les représentants du gouvernement malien sont revenus avec l’avant-projet. Des rencontres ont eu lieu dans toutes les régions ainsi que dans le district de Bamako afin de prendre l’avis des citoyens maliens.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Beaucoup d’observations ont été faites. L’équipe gouvernementale est retournée avec au moins quatorze pages d’observations. Au deuxième jour des négociations à Alger, il a été demandé à l’équipe gouvernementale de parapher l’Accord. Or, s’il y avait eu accord entre les parties, il revenait en principe aux mouvements de parapher en premier lieu le document.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Le fait que la partie gouvernementale ait signé en premier a conduit celle-ci à courir derrière les mouvements afin d’obtenir leur signature. La Plateforme, quant à elle, a également signé le document juste après le gouvernement. Mais la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) avait fait des exigences. Ce qui a amené le gouvernement à l’élaboration d’un petit document, parallèle à l’Accord, afin de répondre aux exigences de la CMA. L’Accord pour la paix est donc un document de négociation non abouti.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Comment expliquer alors les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du document ?&nbsp;</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Une fois que le document a été paraphé, le gouvernement malien ne l’a pas partagé avec les autres acteurs clés du pays. Il n’a jamais été soumis à l’Assemblée nationale. Il devrait être expliqué afin que les députés s’approprient de son contenu. Il devrait être expliqué au Conseil économique et social. Le gouvernement devrait constituer une équipe pour aller dans les régions rencontrer toutes les catégories socio-professionnelles et politiques pour discuter de l’Accord. Mais cela n’a pas été fait.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Pour l’opinion publique malienne, l’Accord est juste un document entre le gouvernement, les mouvements et les partenaires extérieurs. Certains Maliens pensent même que l’Accord est un document des étrangers et qui ne concerne que le Nord. Or, il concerne tout le Mali. Tous les changements politiques, institutionnels, militaires prévus dans ce document concernent toutes les régions du Mali.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous donner plus de précisions sur ce point ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Aujourd’hui tout le monde parle de réformes politiques et institutionnelles. Toutes ces réformes sont dans l’Accord qui les a d’ailleurs reconduites.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">L’Accord parle de la décentralisation, de la régionalisation. Tous ces points ont été discutés au Mali avant la signature de ce document. En 2011, ATT a organisé le Forum sur la décentralisation. Ce forum a recommandé d’aller à la régionalisation pour approfondir la décentralisation. Cette décentralisation a été conçue en deux étapes en 1993&nbsp;: la communalisation et la régionalisation.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Il fallait commencer par cette explication politique afin de permettre aux Maliens de comprendre le contenu de l’Accord. Ce manque d’explication a créé une véritable confusion ayant conduit au rejet du document par la plupart des Maliens.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Certains Maliens pensent que la régionalisation est une faille de la politique de la décentralisation. Qu’en dites-vous ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Ce n’est pas une faille. C’est au contraire un approfondissement de la décentralisation. La décentralisation a trois grands objectifs&nbsp;: approfondir la démocratie, installer les services publics de base à proximité des populations et le développement des territoires. Puisqu’il s’agit d’une réforme qui se fait dans la durée, il faut le faire dans la progression.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Quand on construit un édifice, on commence par le soubassement qu’on teste avant de passer à la construction en étage. Un véritable débat a eu lieu en 1993 sur la création des communes sur toute l’étendue du territoire national. Un débat qui a conduit à la loi de création des communes. Cette communalisation était le soubassement de la décentralisation.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Et quelle était la suite ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La prochaine phase est celle du développement territorial qui est la régionalisation. Parce que nous nous sommes rendu compte que chaque région du Mali renferme des potentialités. Pour tirer profit de celles-ci, il fallait responsabiliser des acteurs qui sont de ces territoires et créer de la richesse et de l’emploi.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La région est le niveau de mise en cohérence et d’organisation du territoire.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>La régionalisation est vue également comme une volonté d’instauration d’une République fédérale au Mali. Que répondez-vous ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Il n’y a rien qui menace l’intégrité du territoire dans la régionalisation. Au contraire, elle a pour mission de construire un développement territorial solidaire. Chaque région sera développée selon les potentialités qu’elle renferme en complémentarité avec l’ensemble des régions.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Nous avons un pays divers. Cette diversité est un héritage, puisque notre territoire à une longue histoire. Ce que l’on appelle la nation malienne aujourd’hui remonte aux grands empires et aux royaumes qui ont suivi.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Que voulez-vous dire par là ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Quand vous rentrez dans l’histoire, ces empires dont on est si fier (l’empire du Ghana, l’empire Songhay, l’empire du Mali) étaient des fédérations de royaumes. Mais cela n’a pas empêché ces empires de gérer leur espace pendant des siècles et de regrouper les gens.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Quand on regarde également l’organisation et la gestion pratique des royaumes qui ont suivi ces empires, on se rend compte qu’ils n’étaient pas gérés de façon centralisée. Les provinces qui étaient dans le royaume bambara de Ségou étaient gérées de façon autonome.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">De ces empires et royaumes, il en a résulté une nation diverse, mais unie parce que chacun est respecté dans son identité et des règles ont été mises en place pour éviter que nos identités s’opposent.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Notre spécificité est que nous avons aussi un pays qui va du Sahara à la forêt. Donc, quoi qu’on dise, Sikasso ne ressemble pas à Kidal. On ne peut pas gérer ces deux régions de la même façon. Chose que nos États n’ont jamais su comprendre. Une situation qui explique également les crises à répétition que nous connaissons.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Mais ce que je reproche aux politiques, c’est le manque de travail politique d’explication. La politique n’est pas seulement d’accéder au pouvoir et de l’exercer. C’est aussi aller devant les gens pour expliquer les choix que nous faisons. Mais nos politiques n’ont pas ce courage. Or quand on décide de faire la politique, on décide d’assumer des responsabilités.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Le pire dans tout cela est que les gens sont allés faire des choses au nom de l’Accord.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>De quoi voulez-vous parler ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Un des grands problèmes aujourd’hui, c’est le découpage administratif et électoral. Les gens le mettent au compte de l’Accord alors que ce n’est pas le cas. Ce découpage n’a rien à voir avec l’Accord.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>D’où vient alors cette initiative ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Elle vient d’une mauvaise gestion du gouvernement. Les régions en question ont été créées par ATT, qui à l’époque avait des difficultés. Parce qu’ils ont créé des régions en donnant cinq ans au gouvernement pour leur mise en place.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Ils avaient dû oublier qu’on ne crée pas des régions à main levée. Dans le projet de la décentralisation, il était prévu la mise en place des communes et du haut conseil des collectivités. Les communes allaient discuter entre elles sous la supervision du haut conseil des collectivités, qui sont des élus des communes, afin de composer les nouvelles régions. Ces régions allaient ainsi être issues de débats comme ce fut le cas des communes.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">L’autre point&nbsp;: les autorités intérimaires. Dans l’Annexe de l’Accord pour la paix, il est indiqué qu’avant la mise en œuvre des réformes prévues par l’Accord, dans les zones où toutes les administrations sont parties, il fallait mettre en place des autorités intérimaires en attendant qu’on puisse organiser des élections.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Comment parvenir à corriger ces confusions qui contribuent à la crise actuelle que traverse le pays ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La seule façon pour corriger ce problème, c’est la mise en place d’une autre forme de gestion. La décentralisation aidait à cela. Le fond de la décentralisation, c’est la réconciliation de l’État avec les communautés.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Aussi longtemps que l’État n’est pas réconcilié avec les communautés, on crée des possibilités de crises. Des failles que d’autres vont exploiter.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Il faut que l’État soit l’affaire des communautés. En ce moment, celles-ci vont se lever pour le défendre. Mais si l’État donne l’impression de faire l’affaire d’autres personnes, les communautés se montreront indifférentes, passives, non respectueuses des exigences de l’État ou pire prendront des armes pour se révolter.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">D’autres personnes peuvent exploiter cette faille entre l’État et les communautés pour leur propre projet. C’est pourquoi dans certaines parties de la région de Mopti, les djihadistes ont plus l’oreille des communautés que l’État. Parce que les communautés n’ont pas confiance à l’État pour la simple raison qu’elles estiment qu’il n’est pas à leur service ou pire les exploite.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>Réalisée par Fousseni Togola</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/ousmane-sy-quoi-on-dise-sikasso-ressemble-pas-kidal/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">6345</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Ousmane Sy (1) : « Le pouvoir n’est valide que lorsqu’il y a un pays »</title>
		<link>https://saheltribune.com/ousmane-sy-pouvoir-nest-valide-lorsquil-y-a-pays/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/ousmane-sy-pouvoir-nest-valide-lorsquil-y-a-pays/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Feb 2021 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[crise malienne]]></category>
		<category><![CDATA[crise sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[G5 Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Ousmane Sy]]></category>
		<category><![CDATA[réformes politiques et institutionnelles]]></category>
		<category><![CDATA[solution à la crise malienne]]></category>
		<category><![CDATA[transition politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://saheltribune.com/?p=6319</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Ousmane Sy a occupé des postes ministériels au Mali, dont l’Administration territoriale. Cet acteur de la politique de la décentralisation au Mali nous indique dans cette interview, qu’il nous a&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>Ousmane Sy a occupé des postes ministériels au Mali, dont l’Administration territoriale. Cet acteur de la politique de la décentralisation au Mali nous indique dans cette interview, qu’il nous a accordée le 15&nbsp;février 2021, sa vision du G5 Sahel, de la crise malienne ainsi que des risques que court le Mali en tant qu’État.</strong></p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Phileingora&nbsp;: le Tchad a accueilli, les 15 et 16&nbsp;février dernier, le sommet du G5 Sahel. Quelle analyse faites-vous du G5 dans la résolution de la crise dans cette région ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>Ousmane Sy&nbsp;: </strong>au début, le G5 était une approche essentiellement militaire. Cette approche a été accompagnée plus tard par une approche du développement.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Quand le G5 Sahel a été mis en place, je l’ai beaucoup interrogé parce que je me sentais gêné par ce concept derrière lequel je sentais une volonté de l’État français de prendre une initiative à la place des pays du Sahel. En plus, je n’ai jamais compris pourquoi le Sénégal, en tant que pays sahélien, ne fait pas partie de ce groupement.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">J’ai beaucoup interrogé au Mali aussi qu’à l’extérieur sur cette absence sénégalaise. Mais je n’ai obtenu aucune réponse convaincante. Du coup, je soupçonne une volonté de séparer le Sénégal des autres pays du sahel.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Pensez-vous donc que le G5 est aussi un instrument de la France ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Bien sûr que oui. Pour moi, le G5 Sahel est un instrument de plus pour la France non seulement pour se maintenir en Afrique, mais aussi pour ses besoins de protection personnelle.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>De protection personnelle ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La France aussi bien que l’Europe est très préoccupée aujourd’hui par deux questions fondamentales&nbsp;: le djihadisme et la migration. Voyant les difficultés que nous avons à gérer ces problèmes au Mali, la France anticipe pour venir les gérer à notre place de peur d’être touchée par les effets de ces crises.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Je mets le G5 Sahel et tout ce qui a suivi dans le cadre de la géopolitique. Toutefois, cela ne m’amène pas à dire que c’est la France qui constitue notre problème. Car si elle vient chez nous pour faire sa politique, c’est que nous avons été incapables de faire notre politique. Aussi longtemps que nous serons incapables de définir nos propres intérêts et de rencontrer la France avec ces intérêts, nous allons être des victimes.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Donc le G5 Sahel ne pourra pas apporter de solution à la crise malienne&nbsp;ou sahélienne ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La solution à la crise malienne est au Mali. La solution à la crise du sahel est au sahel. Les réponses sont sahéliennes, elles sont maliennes. Elles ne peuvent pas venir de la France. Si la France apporte des réponses, c’est d’abord dans ses propres intérêts.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Si aujourd’hui Macron s’agite autant, c’est parce qu’il a des échéances électorales. Les Français l’interrogent sur l’intervention au Sahel. Ce qui fait que ces derniers mois, il met la pression afin de pouvoir montrer un trophée comme résultat de l’intervention de la France dans le sahel.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">D’autre part, le président français Macron essaie de trouver d’autres alternatives pour retirer l’armée française parce que la mort d’une cinquantaine de soldats français au sahel crée des problèmes au sein de l’opinion publique française.&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Puisqu’on se rapproche du débat électoral, Macron joue son mandat. Toutes les initiatives récemment prises sont beaucoup plus pour répondre aux Français qu’aux Sahéliens.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Comment comprenez-vous alors son absence au sommet du G5 Sahel&nbsp;à N’Djamena ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Je l’ai déjà dit. C’est parce qu’il répond aux Français et non aux Sahéliens. Macron n’a pas de compte à rendre aux Sahéliens, mais plutôt aux Français.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Quel est le fond de cette crise malienne et sahélienne ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Notre crise est le résultat du mauvais fonctionnement de nos États. Le fond de cette crise, c’est l’incapacité de nos États à mobiliser les communautés.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Ces communautés ont subi l’État depuis les indépendances. Aujourd’hui, l’évolution a fait de telle sorte que nous sommes dans des États de droit où on peut moins réprimer qu’auparavant. Ce qui fait que les communautés sont moins soumises. Or, nos États ne sont préparés qu’à gérer des communautés soumises. C’est cela le fond de cette crise.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Mais vous dites que la solution à ces crises est sahélienne et malienne. Quelle est cette solution ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Pour moi, au lieu d’aller chercher des secours à l’étranger, nos États devraient aller négocier avec les communautés afin de s’adapter à elle. L’État doit se réconcilier avec ces communautés, chercher l’adhésion de ces communautés en engageant une véritable négociation avec elles, tant au niveau urbain que rural. C’est cela la refondation.&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La véritable refondation consiste en l’acceptation par toutes les élites&nbsp;: politiques, sociales, militaires, administratives, d’aller s’asseoir avec les communautés et décider avec elles ce qu’est l’État malien. Cela demande une véritable négociation afin de sortir le pays de la crise. Sans cela, nous allons rester dans une répétition perpétuelle de crise.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Une répétition perpétuelle de crise, dites-vous ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Oui. De l’indépendance du Mali à nos jours, tous les dix ans, nous sommes tombés dans une crise. Ce genre de schéma ne favorise pas le développement. Car chaque crise nous ramène à la case de départ. Elle ne provoque pas de véritable changement.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Si aujourd’hui les djihadistes, Amadou Kouffa ainsi que Iyad Ag Ghaly, arrivent à chasser l’État des territoires, c’est parce que les communautés ne tiennent plus. Nous avons installé un système sans pour autant les impliquer. Elles ont donc fini par s’en détacher. Et c’est cette faille que nos adversaires, nos ennemis internes et externes exploitent contre nous.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Nous savons que le dialogue avec les djihadistes divise également les opinions. Quelle chance pour l’option militaire ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Aujourd’hui je ne parle même pas de dialogue, mais plutôt de négociation. Je ne suis pas en train d’exclure l’option militaire. Mais cette option ne doit pas être exclusive. La négociation doit précéder.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas pour moi d’aller négocier avec les djihadistes, mais plutôt avec les communautés. Ce sera en fin de compte aux communautés de chasser les djihadistes. En ce moment, la France partira d’elle-même.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Depuis près de six mois, le Mali est gouverné par un régime de transition qui devra procéder à de grandes réformes. Cette transition pourrait-elle être à la hauteur des défis ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Je pense que la Transition est un moment de refonte et de refondation. Depuis 1960, nous sommes dans les crises. Cela ne permet pas d’avoir la stabilité qui doit conduire au développement. Ce processus de développement nécessite la durée et la stabilité.&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Aujourd’hui nous sommes dans une crise profonde qui est en train de remettre en cause l’existence même de notre nation.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">&nbsp;Notre pays est en train de s’émietter en de petits territoires contrôlés par des chefs de bande. Chacun se constitue son petit territoire et le gère selon ses règles. Nos communautés qui ont toujours vécu ensemble dans la cohésion, le vivre ensemble, sont en train de s’éclater.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Comment recoudre la cohésion de notre territoire ? C’est cela le véritable défi que nous devons aujourd’hui relever. Comment renouer le lien entre des communautés qui ont toujours vécu ensemble ? C’est cela aussi l’enjeu.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Donc les élections ne constituent pas pour vous un enjeu ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">L’enjeu n’est pas les élections. Pour le moment, nous avons un autre problème plus important à résoudre. La transition est normalement faite pour cela.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La transition consiste à quitter un point A pour un point B.&nbsp; C’est un temps pour mettre en place de nouveaux systèmes. Les penser d’abord pour ensuite les mettre en place. C’est une période qui demande le minimum de temps.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Quelle est la durée que vous envisagez pour cela ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Après le coup d’État du 18&nbsp;août, je voyais cette transition jusqu’en 2023. Cela donnait le temps aux organes de la transition de réfléchir avec les Maliens pour redéfinir les nouvelles bases sur lesquelles on allait reconstruire l’État malien. C’est ce qu’on a fait en 1991. La Conférence nationale a installé les bases sur lesquelles la Troisième république a démarré.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Cette transition aurait pu faire la même chose en installant les bases sur lesquelles la Quatrième république allait démarrer. Les élections allaient être organisées après avoir réussi toutes les réformes institutionnelles et politiques. Mais si on ne fait rien de tout cela, on va se précipiter d’aller aux élections sans se soucier comment les organiser dans le contexte actuel du pays, cela nous conduira à organiser des élections sur une partie du territoire en abandonnant l’autre partie.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Cela pose un véritable problème. Car ceux qui seront élus de ces élections auront difficilement l’adhésion de leur communauté.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Mais on est tellement obnubilé par l’accès au pouvoir qu’on oublie tout le reste. Or le pouvoir n’est valide que lorsqu’il y a un pays.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Tout le monde passe à côté de l’essentiel qui est de reconstruire ce pays, de le réorganiser pour que nous arrivions à le préserver dans son entité actuelle et à réunir les communautés maliennes.</p>



<h3 class="has-black-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Quels sont les dangers&nbsp;de ces crises répétitives pour le Mali ?</strong></h3>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">La situation du Mali est tellement grave à l’interne que nous constituons une menace pour nos voisins. C’est pourquoi la plupart des pays qui nous entourent sont en train de faire monter leurs militaires à nos frontières pour se protéger. Nous sommes également devenus un problème pour le monde.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Il y a donc deux schémas possibles&nbsp;: la disparition du Mali en tant qu’État ou notre mise sous tutelle directe.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Je le dis la mort dans l’âme, si les tendances actuelles se poursuivent, dans un an ou deux, nous n’aurons plus de pays et même la carte du sahel va se redessiner.&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">L’autre risque est de nous voir mis sous tutelle par les Nations unies. Si on estime que les Maliens sont incapables de résoudre cette crise, le Conseil de sécurité des Nations peut faire une résolution pour mettre le Mali sous tutelle.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Cette tutelle peut être confiée soit à une organisation comme la MINUSMA, qui va remplacer le gouvernement malien pour gérer le pays pendant une période bien déterminée. Ou encore on peut être confié à un autre pays comme la France.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph">Cette mise sous tutelle a déjà eu lieu dans certains pays. Le Cambodge a déjà été mis sous tutelle pendant un certain nombre d’années. Le Timor également.</p>



<p class="has-black-color has-text-color wp-block-paragraph"><strong>Réalisée par Fousseni Togola</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/ousmane-sy-pouvoir-nest-valide-lorsquil-y-a-pays/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">6319</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
