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	<title>Archives des ONUDC &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>L’économie de la violence : comment le terrorisme s’enracine dans l’or du Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 09:24:26 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment l'économie de la violence structure le terrorisme au Sahel et affecte la souveraineté économique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au-delà de la dimension sécuritaire, le terrorisme au Sahel s’enracine dans une véritable économie politique de la violence. En articulant exploitation aurifère illégale, trafics transnationaux et manipulation des fragilités sociales, il s’impose comme un système économique à part entière. Pour Mikaïlou Cissé, cette dynamique met à nu les ressorts d’une prédation organisée et souligne la pertinence de la réponse stratégique portée par l’Alliance des États du Sahel, fondée sur la reconquête de la souveraineté économique et politique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme s’inscrit avant tout dans une économie politique de la violence, structurée autour de l’exploitation illégale des ressources minières et humaines ainsi que de leur intégration dans des circuits de production économique et financiers transnationaux. L’exploitation de l’homme et de la méthode artisanale d’extraction d’or constituent l’un des leviers principaux de financement des groupes armés terroristes, comme le soulignent les rapports de l’ONU et du GIABA (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest). L’analyse de ces mécanismes révèle l’exploitation et l’instrumentalisation des populations locales, l’ambiguïté de certains acteurs extérieurs et la pertinence de la réponse stratégique de l’Alliance des États du Sahel (AES), créée le 16 septembre 2026.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-or-moteur-invisible-du-terrorisme-sahelien"><strong>L’or, moteur invisible du terrorisme sahélien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dissimulées sous un discours religieux islamisant, les activités des groupes armés terroristes se concentrent dans les zones d’exploitation minière des pays exportateurs d’or vers les États du Golfe. Ces espaces, riches en ressources humaines et minières et marqués par une économie informelle dominante, offrent un terrain idéal à l’implantation durable de réseaux criminels autour de l’exploitation aurifère. Le Sahel illustre parfaitement ce phénomène, qui s’y implante et s’y amplifie, selon les analyses de l’Institute for Security Studies (ISS).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces territoires, les ressources minières représentent la principale source de revenus pour une jeunesse dépourvue d’alternatives économiques. Les groupes terroristes exploitent cette vulnérabilité selon une double logique : mobilisation des jeunes comme main-d’œuvre pour les opérations de déstabilisation armée, et comme producteurs directs de richesses via l’extraction aurifère. Les prélèvements imposés sur les revenus miniers, conjugués à la mainmise sur les circuits de commercialisation de l’or, assurent un financement structuré des activités terroristes au Sahel et sur l’ensemble du continent africain, comme documenté dans le rapport 2023 de Global Financial Integrity sur les flux illicites.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-circuits-financiers-opaques-et-les-responsabilites-exterieures"><strong>Les circuits financiers opaques et les responsabilités extérieures</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de proposer une organisation sociale ou politique crédible, le terrorisme se révèle une pure entreprise de prédation économique et de destruction de lien républicain. Refuser cette réalité relève de la mauvaise foi, au sens sartrien du terme. Ceux qui attisent le conflit en subissent les effets les plus dévastateurs : la violence terroriste engendre une spirale où tous ses acteurs deviennent des cibles légitimes, y compris la religion musulmane qu’elle prétend défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays du Golfe occupent une place centrale, souvent indirecte et présumée, dans cette économie du terrorisme. Bénéficiaires allégués des flux d’or issus de l’orpaillage artisanal en Afrique de l’Ouest, selon un rapport ONU de 2024, ils exploitent potentiellement les failles des législations nationales et des mécanismes de traçabilité pour intégrer ces ressources à leurs circuits commerciaux. Les rapports du Groupe d’action financière (GAFI) sur les flux financiers le soulignent explicitement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-trafics-illicites-comme-matrice-logistique-du-terrorisme"><strong>Les trafics illicites comme matrice logistique du terrorisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les discours de leaders religieux controversés entretiennent une ambiguïté qui banalise les ressorts du terrorisme sans le soutenir ouvertement. Les Émirats arabes unis incarnent cette ambivalence : engagés dans des opérations antiterroristes en Somalie, en Libye ou au Soudan, ils combinent cette posture à des repositionnements stratégiques, coexistant avec des intérêts économiques liés aux économies de guerre. Le départ précipité de certaines forces en Somalie en est une illustration éloquente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme s’alimente aussi d’un ensemble de trafics illicites interconnectés – appareils électroniques, produits pharmaceutiques, marché noir du carburant pour la mobilité et les transports. Ces circuits forment une infrastructure économique essentielle, avec un contrôle croissant des voies d’interconnexion par les groupes armés, comme relevé dans les bulletins de l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime).</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-reponse-strategique-de-l-alliance-des-etats-du-sahel"><strong>La réponse stratégique de l’Alliance des États du Sahel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toute stratégie antiterroriste limitée à l’action militaire et politique, sans viser les circuits de financement, reste incomplète. La neutralisation durable des groupes suppose l’anéantissement simultané de leurs bases armées, de leurs ressources humaines et de leurs sources financières. L’analyse des flux issus de l’orpaillage artisanal s’impose ainsi comme une clé stratégique majeure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, l’AES intègre pleinement la dimension économique à sa stratégie globale, forgée par l’expérience de ses pères fondateurs et les réalités du terrain. Au-delà d’une réponse sécuritaire classique, elle vise la reconquête de la souveraineté territoriale, économique et politique. Le contrôle des sites d’orpaillage par les forces armées maliennes en est l’illustration. Il prive les terroristes de leurs ressources financières tout en affirmant l’autorité étatique, avec des résultats concrets rapportés par l’état-major malien en 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terrorisme est un phénomène systémique, articulant économie informelle et intérêts géopolitiques transnationaux. L’orpaillage artisanal au Sahel, au cœur de cette dynamique, appelle une réponse globale. En combinant lutte militaire et démantèlement des circuits économiques, l’AES trace une rupture stratégique fondée sur la restauration de la souveraineté et la réappropriation des ressources nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Stupéfiants : comment les aéroports maliens sont devenus un maillon clé de la lutte antidrogue dans le Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Analyse approfondie de la lutte contre les stupéfiants aux aéroports du Mali dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Bamako comme à Gao ou Mopti, les aéroports du Mali s’érigent peu à peu en digues face aux vagues de cocaïne qui inondent l’Afrique de l’Ouest. Appuyée par ses partenaires internationaux, la cellule antidrogue malienne s’organise – entre saisies record, innovations technologiques et failles persistantes.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bamako-Sénou. 12 juillet 2025. Une chaleur lourde pèse sur les pistes. Dans un coin discret du terminal, la tension monte : des valises suspectes, un chien qui marque, des douaniers qui s’activent. Résultat : 4,2 kg de cocaïne pure extraits de doubles fonds. Le passager venait de São Paulo, via Casablanca.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une saisie presque routinière désormais, tant le Mali s’est imposé comme un point de passage stratégique dans la géographie mouvante du narcotrafic ouest-africain. Longtemps vu comme simple zone de transit terrestre entre les ports du Golfe de Guinée et les routes sahariennes, le pays joue aujourd’hui un rôle central dans le trafic par voie aérienne, via ses aéroports.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-hubs-sous-haute-surveillance"><strong>Des hubs sous haute surveillance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour faire face à cette menace, le gouvernement malien, avec la vision éclairé du PDG des aéroports du Mali, le Colonel Lassana Togola, a renforcé depuis plusieurs années sa stratégie aéroportuaire antidrogue. À la manœuvre : l’Office central des stupéfiants (OCS), dont l’antenne installée à Bamako-Sénou, la Cellule aéroportuaire anti-trafics (CAAT), est désormais interconnectée aux systèmes de renseignement d’INTERPOL et à la base CENcomm de l’OMD. Bamako fait aussi partie du programme AIRCOP de l’ONU, qui relie 41 aéroports africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dispositif a permis des résultats notables : près de 3 tonnes de drogue saisies entre 2024 et 2025, dont un record de 2 418 kg de cocaïne découverts dans une cargaison aérienne fin 2024. À cela s’ajoutent plusieurs opérations plus modestes mais révélatrices, comme l’interception de 12 kg dissimulés dans des valises à double fond en juillet 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique est appuyée par une collaboration active avec le personnel aéroportuaire, à l’origine de 17 % des saisies effectuées au cours de l’année, grâce à des signalements internes. Pour renforcer le maillage du territoire, six aéroports nationaux sont désormais dotés d’antennes de l’Office Central des Stupéfiants (OCS), tandis qu’un chenil cynotechnique a été mis en service en partenariat avec l’Allemagne, apportant une capacité opérationnelle supplémentaire dans la détection des substances prohibées.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-technologie-flair-et-cooperation"><strong>Technologie, flair et coopération</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour détecter ces cargaisons, le Mali mise sur une combinaison d’outils classiques et innovants. Des chiens dressés par la police fédérale allemande, des scanners RX de dernière génération financés par l’Union européenne, et même un algorithme d’intelligence artificielle, testé depuis avril 2025, capable de repérer des densités suspectes dans les bagages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce système est appuyé par un réseau national d’antennes OCS déployées dans les aéroports secondaires (Mopti, Gao, Kayes), encore loin de disposer des mêmes moyens que la capitale mais intégrés à l’architecture générale. Mopti, par exemple, ne dispose pour le moment que d’un scanner mobile partagé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-guerre-sous-pression"><strong>Une guerre sous pression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car les vulnérabilités sont encore nombreuses. Pressions logistiques, manque de personnel, corruption à bas niveau, attaques sécuritaires : les aéroports du Nord, situés dans des zones instables, restent les maillons faibles de la chaîne. En 2024, des incursions djihadistes à proximité de la base aérienne de Bamako ont même provoqué la suspension temporaire de plusieurs vols.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le crime, lui, s’adapte. Valises piégées, fret maquillé, mules ingestées : les trafiquants professionnalisent leurs méthodes, parfois à un rythme plus rapide que celui des contrôles. Selon plusieurs sources, des réseaux liés à des groupes armés opérant dans le centre et le nord du pays utiliseraient les recettes du trafic pour financer leurs opérations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-dimension-geopolitique"><strong>Une dimension géopolitique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les saisies spectaculaires, c’est aussi une guerre géopolitique qui se joue, entre États africains, agences internationales et cartels transcontinentaux. Bamako entend faire des aéroports maliens des zones franches de confiance, alors que la région se débat avec une instabilité chronique. La prochaine phase prévoit l’intégration de Gao et Tombouctou dans AIRCOP, l’élargissement de la loi sur les données passagers (PNR) à toutes les compagnies, et l’usage de la blockchain pour sécuriser les chaînes de preuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif affiché : transformer chaque aérogare en sentinelle digitale et opérationnelle contre le trafic international, dans un pays où la frontière entre économie parallèle, sécurité et souveraineté est plus floue que jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juin 2025, les autorités maliennes ont procédé à l&rsquo;incinération de 128 tonnes de drogues diverses, saisies au cours de 2024,&nbsp;&nbsp;à Bamako. Toute chose qui illustre l’ampleur des efforts engagés dans la lutte contre le trafic illicite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Drogue : le Mali brûle ses démons</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 12:43:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>En  juin 2025, le Mali incinère 128 tonnes de drogues saisies pour montrer sa détermination contre le narco-trafic.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En incinérant 128&nbsp;tonnes de drogues saisies en une année, Bamako ne s’est pas contentée d’un simple geste symbolique. À l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le Mali a voulu marquer les esprits et affirmer sa détermination à ne plus être l’un des maillons faibles du narco-corridor ouest-africain. Derrière la fumée des stupéfiants brûlés, c’est toute une stratégie de reconquête de souveraineté sécuritaire et sociale qui se dessine.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’initiative de l’Office central des stupéfiants (OCS), appuyé par le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’ONUDC (ROSEN), cette journée n’a pas été qu’un moment de communication institutionnelle. Le feu mis aux saisies spectaculaires — cocaïne, cannabis, héroïne, crack, tramadol, diazépam, produits pharmaceutiques contrefaits, protoxyde d’azote, chichas et arômes — a tenu de l’acte politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre juin 2024 et juin 2025, ce sont précisément 127,9&nbsp;tonnes de produits prohibés qui ont été interceptées par les forces de sécurité maliennes — un chiffre inédit, reflet d’un volontarisme affiché mais aussi d’une réalité inquiétante&nbsp;: celle de la montée en puissance du Mali dans les corridors du trafic international.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-pays-carrefour-un-pays-cible"><strong>Un pays carrefour, un pays cible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car le Mali n’est pas seulement une victime, il est devenu, depuis une décennie, un point de transit stratégique pour les réseaux qui relient l’Amérique latine à l’Europe en passant par le Sahel. Ces flux toxiques s’imbriquent dans les fragilités structurelles du pays&nbsp;: porosité des frontières, zones d’instabilité chronique, corruption diffuse. Mais la donne est peut-être en train de changer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le soutien logistique et technique de l’ONU, l’OCS et ses partenaires — Police nationale, Gendarmerie, Douanes — semblent mieux armés pour répondre à l’ampleur du défi. L’arsenal juridique a été renforcé, des cellules régionales ont vu le jour, des opérations conjointes sont menées dans les grandes agglomérations comme dans les points de passage ruraux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-jeunesse-ciblee-une-societe-vulnerable"><strong>Une jeunesse ciblée, une société vulnérable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix du 26&nbsp;juin ne doit rien au hasard. En alignement avec les Nations unies, le Mali entend mettre en lumière les ravages sociaux causés par l’usage croissant de drogues dites « <em>de rue</em> ». Tramadol, crack, protoxyde d’azote — ces substances, parfois vendues en pharmacie ou en ligne, font des ravages parmi les jeunes urbains, proies faciles dans un contexte d’oisiveté, de chômage et de vulnérabilité psychologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le trafic, quant à lui, s’est technicisé&nbsp;: réseaux sociaux, messageries cryptées, logistique low cost… Les narcotrafiquants se sont modernisés plus vite que certains services de l’État. Et c’est justement contre cette asymétrie que les autorités veulent se dresser.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-guerre-d-usure-mais-pas-impossible"><strong>Une guerre d’usure, mais pas impossible</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les discours, une constante&nbsp;: la volonté de ne plus subir. Dans les actes, une série de signaux faibles, mais cohérents. L’incinération de ce 26&nbsp;juin n’est pas un aboutissement, c’est un marqueur. Il signifie que le Mali refuse d’être le ventre mou de la guerre contre la drogue en Afrique de l’Ouest. Il montre aussi que, dans l’ombre des grandes batailles diplomatiques et sécuritaires, un autre front s’est ouvert&nbsp;: celui de la souveraineté sociale et morale, dans un pays où la fragilité des jeunes est un enjeu de stabilité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’augmentation de la traite des êtres humains dans le monde inquiète l’ONUDC</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Feb 2021 14:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La pandémie de la covid-19 a contribué à l’aggravation du trafic d’êtres humains dans le monde. Dans un nouveau rapport, l’ONUDC présente « une image globale des tendances et des flux&#8230;</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La pandémie de la covid-19 a contribué à l’aggravation du trafic d’êtres humains dans le monde. Dans un nouveau rapport, l’ONUDC présente « <em>une image globale des tendances et des flux de la traite</em> » ainsi que des analyses régionales détaillées et des profils de pays. Plusieurs recommandations sont également formulées afin de contrôler le phénomène.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Extrême pauvreté, chômage et changement des normes sociales, voilà des phénomènes, aggravés par la pandémie de la covid-19, et dont les trafiquants d’êtres humains ont su exploiter ces dernières années. Dans son nouveau <a href="https://www.unodc.org/unodc/data-and-analysis/glotip.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport</a> mondial&nbsp;2020 sur la traite des personnes, l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime (ONUDC) déplore cette augmentation de la traite des personnes au cours des 15 dernières années. &nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color wp-block-heading"><strong>« Près de 50 000 victimes de la traite »</strong></h3></amp-fit-text>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Angela Me, chef du Service de la recherche et de l’analyse des tendances à l’ONUDC, « <em>la traite des personnes est beaucoup plus proche de la vie de chacun et nous ne savons peut-être pas que nous utilisons des services d’exploitation</em> ». &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si au cours de la période en revue, le nombre de femmes victimes de cette pratique a chuté de plus de 70&nbsp;% à moins de 50&nbsp;% en 2018, il est à noter qu’une augmentation de près de 10 à 20&nbsp;% a été enregistrée du côté des hommes. En 2018, « <em>près de 50 000 victimes de la traite des êtres humains ont été détectées et signalées par 148 pays »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants, notamment les filles, restent les plus grosses victimes de cette pratique dans le monde. Ils sont utilisés pour des travaux forcés ou pour des fins d’exploitation sexuelle. « <em>La&nbsp;part&nbsp;des enfants parmi les victimes de la traite détectées a triplé tandis que la part des garçons a été multipliée par cinq au cours des 15 dernières années</em> », explique l’ONUDC dans un <a href="https://www.unodc.org/unodc/press/releases/2021/February/share-of-children-among-trafficking-victims-increases--boys-five-times-covid-19-seen-worsening-overall-trend-in-human-trafficking--says-unodc-report.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">communiqué</a> du 2&nbsp;février 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nouveau rapport explique que 50&nbsp;% des victimes de la traite détectées ont été soumises à des exploitations sexuelles, 38&nbsp;% à des travaux forcés, 6&nbsp;% à des activités criminelles forcées, tandis que 1&nbsp;% ont été contraintes à la mendicité et d’autres à des mariages forcés, des prélèvements d’organes, etc.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Comprendre cette hausse du trafic</strong></h3></amp-fit-text>



<p class="wp-block-paragraph">Cette augmentation du trafic des enfants peut s’expliquer, selon Mme Me par « <em>les pratiques culturelles largement acceptées dans certains pays, par exemple, éloigner les enfants de la famille, même lorsqu’ils sont relativement jeunes, pour être pris en charge par des parents en ville ou par des amis connus</em> ». Des situations qui exposent le plus souvent les enfants, « <em>car les membres de la famille peuvent se révéler des trafiquants</em> ». Dans les pays à faibles revenus, c’est surtout le chômage et l’extrême pauvreté qui expliquent surtout le travail forcé des enfants, voire l’exploitation sexuelle des filles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ghada Waly, directrice exécutive de l’ONUDC, a rappelé au cours de l’événement de lancement de la publication de ce rapport que <em>« la Banque mondiale estime que jusqu’à 164 millions de personnes ont été poussés dans l’extrême pauvreté en 2020, les femmes perdant leur emploi plus rapidement que les hommes pendant la pandémie</em> ».&nbsp;</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Le réseau des trafiquants</strong></h3></amp-fit-text>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de tous ces aspects, l’utilisation de l’internet peut expliquer cette hausse de la traite des personnes. « <em>Alors que la pandémie&nbsp;COVID-19 continue de pousser le monde vers une transformation numérique, les trafiquants ont adapté leurs stratégies de “chasse” prédatrice</em> », précise l’ONUDC. À travers les réseaux sociaux et les sites de recrutement, les criminels peuvent facilement atteindre leurs cibles, explique-t-on.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Près de 64 et 62&nbsp;% des personnes poursuivies et condamnées pour cette pratique sont des hommes. Ils peuvent être membres de « <em>groupes criminels organisés, qui trafiquent la grande majorité des victimes, vers des individus agissant seuls ou en petits groupes sur une base opportuniste </em>». Les victimes qui constituent leurs marchandises sont livrées pour des dizaines de dollars américains à des dizaines de milliers, explique ce rapport.</p>



<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80"><h3 class="has-black-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Promouvoir une approche à plusieurs volets</strong></h3></amp-fit-text>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, Angela Me invite à un changement de considération sur cette pratique. Elle souligne la nécessité de la considérer comme un crime qui nécessite non seulement une réponse du système de justice pénale, mais aussi la fourniture de services sociaux, le renforcement du système éducatif et la diffusion de bonnes informations par le biais de campagnes de sensibilisation. « <em>Seule une approche à plusieurs volets peut protéger les victimes potentielles et garantir le droit de chacun de vivre à l’abri de toutes les formes de traite des personnes</em> », explique l’ONUDC dans un <a href="https://www.unodc.org/unodc/frontpage/2021/February/amid-covid-19-pandemic--trafficking-in-persons-is-closer-to-everyones-life.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">communiqué</a> du 3&nbsp;février 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport&nbsp;est le cinquième du genre mandaté par l’Assemblée générale de l’ONU dans le cadre de son Plan d’action mondiale&nbsp;2010 pour lutter contre la traite des personnes. Ce rapport couvre 148 pays et « <em>donne un aperçu des tendances et des flux de la traite des personnes aux niveaux mondial, régional et national, sur la base principalement des cas de traite détectés entre 2016 et 2019 </em>». Ce genre de rapport&nbsp;est produit par l’ONUDC tous les deux ans.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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