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	<title>Archives des Nouakchott &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali-Mauritanie : Assimi Goïta et Ghazouani amorcent-ils un rapprochement sécuritaire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Après plusieurs mois de crise diplomatique, le ministre mauritanien de la Défense a remis un message personnel du président Ghazouani à Assimi Goïta. Un geste qui intervient dans un contexte de lutte renforcée contre le terrorisme au Sahel et de tensions persistantes entre Bamako et Nouakchott.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce lundi 15 juin, le ministre mauritanien de la Défense a remis à Assimi Goïta un message personnel du président Ghazouani. Un geste diplomatique qui intervient après des mois de crises sévères entre les deux capitales, dans un contexte de pression maximale contre les groupes terroristes au Sahel. Ce rapprochement est-il une réconciliation ou un répit calculé ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a moins de trois mois, les deux pays échangeaient des communiqués d&rsquo;une virulence peu commune entre voisins. Le 15 mars 2026, l&rsquo;état-major malien annonçait publiquement que deux soldats des FAMa, enlevés par des groupes terroristes, avaient réussi à s&rsquo;exfiltrer d&rsquo;un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien — insinuant que le JNIM détenait des otages en Mauritanie. Nouakchott répondait avec «&nbsp;<em>stupéfaction et indignation</em>&nbsp;», qualifiant ces accusations de «&nbsp;<em>totalement infondées et profondément offensantes</em>&nbsp;». Ce lundi 15 juin 2026, c&rsquo;est le ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, qui se présente à la présidence malienne, porteur d&rsquo;un message personnel du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à son homologue de la Transition. Le contraste est saisissant. Mais entre ces deux moments, il y a eu le 25 avril.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une frontière de 2 000 kilomètres, un contentieux sans fond</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre cette visite, il faut d&rsquo;abord mesurer la profondeur du fossé qui s&rsquo;est creusé entre Bamako et Nouakchott depuis l&rsquo;arrivée au pouvoir du général d’armée Assimi Goïta. Les deux pays partagent plus de 2 000 kilomètres de frontière désertique — une ligne théorique, poreuse, que les populations traversent depuis des siècles pour commercer, faire paître leurs troupeaux et nouer des liens familiaux. C&rsquo;est aussi une ligne que les groupes armés terroristes utilisent comme couloir de transit, de repli et de ravitaillement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, Bamako accuse Nouakchott de tolérer, sinon de faciliter, cette utilisation de son territoire. Les autorités maliennes de la transition sont persuadées «&nbsp;<em>que la Mauritanie est une base arrière des jihadistes&nbsp;</em>», confiait à l&rsquo;AFP en avril 2026 un diplomate malien qui été en poste à Nouakchott. Les accusations portent sur plusieurs registres : la libération présumée de cadres terroristes par les autorités mauritaniennes qui auraient ensuite rejoint les réseaux du JNIM, la circulation de flux logistiques depuis le sol mauritanien vers les bases djihadistes en territoire malien, et le blanchiment du bétail volé aux éleveurs maliens par le JNIM via des circuits commerciaux mauritaniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nouakchott, de son côté, oppose des démentis catégoriques : le camp de M&rsquo;Berra, qui accueille des dizaines de milliers de Maliens sous la supervision du HCR, fait l&rsquo;objet d&rsquo;un suivi permanent et ne saurait servir de base arrière ou de lieu de détention pour des groupes terroristes. La Mauritanie a même, en mars 2026, adopté une posture d&rsquo;offensive diplomatique en proposant d&rsquo;accueillir une commission d&rsquo;enquête malienne, ou de l&rsquo;Alliance des États du Sahel, pour répondre aux accusations de Bamako.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La crise de mars 2026 : quand l&rsquo;état-major court-circuite la diplomatie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épisode de mars 2026 a constitué un point de rupture particulièrement aigu. C&rsquo;est l&rsquo;armée malienne qui avait publiquement porté les accusations, contournant tous les canaux diplomatiques normaux, ce qui avait suscité des interrogations sur un éventuel désaccord entre le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et l&rsquo;état-major. Cette dissonance institutionnelle — l&rsquo;uniforme parlant plus fort que la cravate — est révélatrice des tensions internes à Bamako entre une diplomatie qui cherche à ménager les voisins et un commandement militaire qui ne cache plus sa frustration face à des frontières qu&rsquo;il juge poreuses et dangereuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tension avait cependant été rapidement désamorcée. Le ministre mauritanien des Affaires étrangères avait reçu l&rsquo;ambassadeur du Mali à Nouakchott, et les deux pays avaient affiché leur volonté de calmer le jeu. Mais quelques semaines plus tard, un autre incident venait remettre de l&rsquo;huile sur le feu : une poignée de manifestants se rassemblait devant l&rsquo;ambassade de Mauritanie à Bamako, accusant la Mauritanie de servir de «&nbsp;<em>refuge</em>&nbsp;» et de «&nbsp;<em>base logistique</em>&nbsp;» aux groupes terroristes, et appelant — propos graves — à incendier les boutiques tenues par des Mauritaniens en représailles aux actions du JNIM. Nouakchott demandait au Mali d&#8217;empêcher la répétition de tels actes. Bamako ne répondait pas officiellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J&rsquo;ai transmis un message écrit de Son Excellence Ghazouani au Général Goïta, tout en rappelant la profondeur des relations d&rsquo;amitié, de fraternité et de solidarité qui fondent la communauté de destin de nos deux peuples frères. »,&nbsp;</em>a déclaré<em>&nbsp;</em>Hanana Ould Sidi, ministre mauritanien de la Défense, à sa sortie d’audience, le 15 juin 2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le 25 avril, tout change d&rsquo;échelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte déjà chargé qu&rsquo;interviennent les attaques coordonnées du 25 avril 2026. Ce jour-là, le JNIM et le Front de libération de l&rsquo;Azawad frappent simultanément Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Mopti et Kidal — une démonstration de force sans précédent dans sa simultanéité et son audace. La base de Kati, à la porte de la capitale, est visée. Et, dans cette offensive, le Mali perd l&rsquo;un de ses hommes les plus importants : le général Sadio Camara, ministre de la Défense nationale, tombe au combat à Kati. Sa mort ébranle la Transition en son cœur même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse de Bamako est immédiate et multiforme. Les autorités maliennes publient une liste de sept chefs terroristes dont les têtes sont mises à prix — jusqu&rsquo;à 2 milliards de francs CFA pour Iyad Ag Ghaly, le chef du JNIM. Des zones d&rsquo;intérêt militaire sont créées dans une trentaine de forêts classées. L&rsquo;importation des motos de gros cylindre est suspendue. Une opération d&rsquo;immatriculation nationale est lancée. Et, sur le plan diplomatique, Assimi Goïta — qui prend personnellement en main la gestion de la défense — cherche à consolider les flancs. La visite à Bamako du ministre mauritanien de la Défense, ce 15 juin, s&rsquo;inscrit dans cette logique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un message de Ghazouani : signal ou vrai tournant ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que contient le message remis par Hanana Ould Sidi ? Ni Bamako ni Nouakchott n&rsquo;en ont divulgué le contenu. Mais le geste lui-même est porteur de sens. Le rapprochement entre Nouakchott et l&rsquo;OTAN est vu d&rsquo;un mauvais œil au Mali, qui considère avec suspicion les alliances géostratégiques de ses voisins depuis son propre rapprochement avec la Russie. Envoyer son ministre de la Défense — et non des Affaires étrangères — à Bamako est une démarche résolument sécuritaire, militaire, qui adresse un message à l&rsquo;état-major autant qu&rsquo;à la présidence. C&rsquo;est dire : nous sommes conscients des enjeux, nous voulons parler d&rsquo;égal à égal sur le terrain de la défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Goïta a chargé son hôte de transmettre «&nbsp;<em>ses salutations fraternelles et ses vœux de succès&nbsp;</em>» au président Ghazouani. Des mots convenus, mais dans le contexte actuel, la convenance elle-même est un message. La guerre contre le JNIM se joue aussi sur les frontières — et une frontière de 2 000 kilomètres est difficile à sécuriser sans une véritable coopération avec des voisins. Les deux pays le savent. La question est de savoir si cette visite marque le début d&rsquo;une coopération sécuritaire substantielle, ou simplement une trêve diplomatique avant le prochain incident.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foullah D. Massé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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