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	<title>Archives des Nollywood &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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		<title>Culture et développement : pourquoi investir dans la culture est essentiel à la croissance économique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La culture n’est pas un luxe réservé aux pays développés. Industries créatives, cohésion sociale, éducation et innovation : pourquoi la culture constitue un levier essentiel du développement économique et durable.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La culture n&rsquo;est pas un luxe que les pays pauvres s&rsquo;offriront une fois riches. C&rsquo;est une condition du développement lui-même — et les politiques qui l&rsquo;ignorent en paient le prix.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une erreur de séquençage profondément ancrée dans la pensée du développement : la culture viendrait après. D&rsquo;abord l&rsquo;économie, les infrastructures, la santé, l&rsquo;éducation — puis, une fois ces fondements assurés, on s&rsquo;occupera des musées, des festivals et des traditions. Cette logique, apparemment raisonnable, a conduit des décennies de politiques publiques à traiter la culture comme une variable résiduelle, le dernier poste du budget quand tout le reste est financé. Elle a surtout produit des résultats décevants, car elle repose sur une incompréhension fondamentale : la culture n&rsquo;est pas le vernis du développement. Elle en est la matrice.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le malentendu originel : culture versus économie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La confusion naît d&rsquo;une définition trop étroite de la culture, réduite à ses manifestations spectaculaires — arts, patrimoine, festivités. Dans cette acception restrictive, elle apparaît effectivement comme un supplément d&rsquo;âme, agréable mais accessoire. Mais la culture, dans son sens anthropologique, désigne quelque chose de bien plus structurant : l&rsquo;ensemble des valeurs, des normes, des représentations et des pratiques qui organisent la vie collective et orientent les comportements économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or ces dimensions culturelles conditionnent directement les capacités de développement d&rsquo;une société. La confiance interpersonnelle — ou son absence — détermine les possibilités de coopération économique et d&rsquo;entrepreneuriat collectif. Les représentations du temps, de la réussite et de l&rsquo;accumulation façonnent les comportements d&rsquo;épargne et d&rsquo;investissement. Le rapport à l&rsquo;autorité et à la légitimité influence l&rsquo;efficacité des institutions publiques. Ignorer ces réalités au nom d&rsquo;une prétendue neutralité économique ne les fait pas disparaître : cela condamne simplement les politiques de développement à buter contre des résistances qu&rsquo;elles ne comprennent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée par l&rsquo;UNESCO en 2005 et ratifiée par plus de cent cinquante États, reconnaît explicitement la double nature des biens culturels : à la fois porteurs de valeurs et biens économiques. Elle engage les États signataires à intégrer la culture dans leurs stratégies de développement durable — un engagement dont l&rsquo;application reste inégale, faute de mécanismes contraignants et de ressources dédiées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les industries créatives apportent vraiment</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Laissons de côté un instant l&rsquo;argument anthropologique pour nous concentrer sur ce que les économistes nomment les industries créatives et culturelles — musique, cinéma, arts vivants, artisanat, design, mode, jeux vidéo, édition. Dans les pays où elles ont été soutenues par des politiques publiques cohérentes, ces industries ont démontré une capacité remarquable à générer de la valeur économique, des emplois et du rayonnement international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas de Nollywood est devenu une référence : l&rsquo;industrie cinématographique nigériane, essentiellement privée et peu soutenue par l&rsquo;État dans ses premières années, représente aujourd&rsquo;hui plusieurs milliards de dollars de revenus annuels et constitue le second employeur formel du pays. La musique afrobeats génère des revenus de droits et de concert en forte croissance. La mode africaine contemporaine, portée par des créateurs comme Imane Ayissi ou Sindiso Khumalo, accède aux marchés mondiaux et renforce la puissance douce du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces succès ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent d&rsquo;un écosystème — même imparfait, même insuffisamment soutenu — dans lequel des entrepreneurs culturels ont pu prendre des risques, expérimenter, échouer et recommencer. Ce que les politiques publiques peuvent faire, c&rsquo;est améliorer cet écosystème : former, financer, protéger la propriété intellectuelle, ouvrir les marchés, créer des infrastructures de diffusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un État qui investit dans sa culture n&rsquo;offre pas un cadeau à ses artistes. Il construit une infrastructure de la confiance collective, sans laquelle aucune politique de développement ne peut tenir dans la durée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les cinq piliers d&rsquo;une politique culturelle au service du développement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une politique culturelle orientée vers le développement ? Elle suppose, selon moi, cinq dimensions indissociables :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L&rsquo;éducation culturelle dès le plus jeune âge — intégrer les arts, la littérature et les langues nationales dans les curricula scolaires, non comme ornements mais comme vecteurs de formation de l&rsquo;esprit critique et du sens civique.</li>



<li>Le financement public de la création — des fonds nationaux d&rsquo;aide à la création, transparents et gérés à distance du politique, permettant aux artistes de produire sans dépendre exclusivement du marché ou des financements étrangers.</li>



<li>La protection juridique des droits culturels — des régimes de propriété intellectuelle adaptés aux réalités locales, qui garantissent que les créateurs africains captent une part équitable de la valeur qu&rsquo;ils génèrent.</li>



<li>Des infrastructures culturelles décentralisées — bibliothèques, maisons de la culture, studios d&rsquo;enregistrement accessibles, salles de spectacle, hors des seules capitales, pour que la création ne soit pas un privilège urbain.</li>



<li>Une diplomatie culturelle active — utiliser la culture comme levier de politique étrangère, comme l&rsquo;ont compris depuis longtemps la France avec son réseau de centres culturels ou le Brésil avec sa politique d&rsquo;échanges artistiques.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;écueil du culturalisme : quand la culture devient alibi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut cependant nommer un danger symétrique à celui de l&rsquo;économisme : le culturalisme. Certains discours sur «&nbsp;<em>les valeurs africaines</em>&nbsp;» ou «&nbsp;<em>le génie culturel du continent</em>&nbsp;» servent parfois à justifier l&rsquo;absence de réformes institutionnelles nécessaires, à naturaliser des inégalités structurelles ou à légitimer des pouvoirs qui instrumentalisent le patrimoine à des fins purement politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une politique culturelle au service du développement ne peut pas être une politique de glorification identitaire qui dispense de gouverner. Elle doit articuler deux exigences également impérieuses : l&rsquo;enracinement — une culture qui ne connaît pas ses propres fondements ne peut pas se projeter — et l&rsquo;ouverture — une culture qui se ferme au monde cesse d&rsquo;être vivante. Ce dosage est difficile. Il suppose une classe politique capable de distinguer le patrimoine qu&rsquo;il faut protéger des traditions qu&rsquo;il faut questionner, et des institutions culturelles assez indépendantes pour le faire sans crainte.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle irremplaçable de l&rsquo;État — et ses limites</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On objectera que dans des pays où les budgets publics sont sous tension, les marges de manœuvre pour des politiques culturelles ambitieuses sont étroites. L&rsquo;objection est sérieuse. Mais elle mérite d&rsquo;être retournée : les pays qui ont sacrifié leur investissement culturel à d&rsquo;autres priorités n&rsquo;ont pas pour autant résolu leurs problèmes de développement. Ils ont simplement ajouté à leurs difficultés économiques une fragilité identitaire et sociale qui rend encore plus difficile la mobilisation collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;État n&rsquo;est pas le seul acteur possible. Les collectivités locales, les entreprises privées, les diasporas, les fondations et les organisations de la société civile peuvent tous contribuer à financer et à animer une vie culturelle. Mais l&rsquo;État reste irremplaçable pour créer le cadre juridique, éduquer les citoyens et garantir que la culture ne soit pas uniquement ce que le marché veut bien produire. Une culture entièrement soumise aux logiques marchandes cesse d&rsquo;être un bien commun pour devenir un produit — consommable, éphémère, et incapable de transmettre quoi que ce soit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n&rsquo;est pas de choisir entre développement économique et investissement culturel. C&rsquo;est de comprendre, enfin, que ces deux dimensions s&rsquo;alimentent l&rsquo;une l&rsquo;autre — ou s&rsquo;appauvrissent ensemble. Les sociétés qui sortiront renforcées des crises actuelles seront celles qui auront su préserver, avec la même rigueur, leur tissu économique et leur tissu culturel. Les autres auront de la croissance, peut-être. Mais elles n&rsquo;auront plus les ressources intérieures pour en faire quelque chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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