<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Nigeria &#8212; Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/nigeria-2/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/nigeria-2/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Tue, 17 Feb 2026 15:31:00 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des Nigeria &#8212; Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/nigeria-2/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>L’Afrique accélère son projet de banque centrale et de monnaie communes</title>
		<link>https://saheltribune.com/lafrique-accelere-son-projet-de-banque-centrale-et-de-monnaie-communes/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/lafrique-accelere-son-projet-de-banque-centrale-et-de-monnaie-communes/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 15:30:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Abuja]]></category>
		<category><![CDATA[architecture financière]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale africaine]]></category>
		<category><![CDATA[commerce intra-africain]]></category>
		<category><![CDATA[convergence économique]]></category>
		<category><![CDATA[coopération régionale]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Institut monétaire africain]]></category>
		<category><![CDATA[institutions financières]]></category>
		<category><![CDATA[intégration économique]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie unique]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[panafricanisme]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[réforme monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté financière]]></category>
		<category><![CDATA[Union africaine]]></category>
		<category><![CDATA[union monétaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=21296</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L'Union africaine avance vers une banque centrale et des monnaies communes africaines malgré les défis économiques persistants.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>L’intégration financière du continent franchit une nouvelle étape. L’Union africaine accélère la mise en place d’institutions monétaires communes, malgré des obstacles économiques persistants.</em></strong></p>



<p>Réunie en février pour sa 39ᵉ session, l’Union africaine a validé l’adhésion permanente du Nigeria au conseil d’administration de l’Institut monétaire africain (AMI). La structure appelée à préparer la création de la future Banque centrale africaine. Selon l’agence African Initiative, l’annonce a été faite par le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Olayemi Cardoso, qui a salué une « <em>étape majeure</em> » vers l’intégration financière continentale.</p>



<p>Selon lui, l’AMI doit servir d’organe transitoire avant l’installation de l’institution monétaire panafricaine, dont le siège est prévu à Abuja. Le responsable nigérian estime que cette décision « <em>positionne le pays comme l’épicentre de l’union monétaire africaine en cours de formation </em>», soulignant l’importance stratégique de cette implantation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-ambition-ancienne-relancee-par-etapes"><strong>Une ambition ancienne, relancée par étapes</strong></h2>



<p>Le projet de monnaie unique africaine ne date pas d’hier. Il remonte au traité d’Abuja de 1991, qui fixait un calendrier progressif pour bâtir une communauté économique continentale. Depuis la création de l’UA en 2002, l’idée d’une devise commune – souvent surnommée « <em>afro</em> » – constitue l’ultime phase du processus d’intégration, censée remplacer les monnaies nationales et réduire les dépendances héritées de l’histoire coloniale.</p>



<p>Dans les années 2000, l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi s’était imposé comme l’un des plus fervents promoteurs de cette ambition. Il défendait notamment un projet de dinar adossé à l’or pour renforcer la souveraineté financière du continent. Malgré cet activisme politique, l’initiative n’a jamais franchi le cap décisif.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-obstacles-structurels"><strong>Obstacles structurels</strong></h2>



<p>Plusieurs facteurs expliquent ces retards répétés. Les économies africaines présentent des niveaux de développement très disparates. Ce qui complique l’adoption de critères communs en matière d’inflation, de dette ou de déficit budgétaire — conditions indispensables à toute union monétaire. À cela s’ajoute l’absence, jusqu’ici, d’une institution centrale capable de coordonner les politiques monétaires à l’échelle continentale.</p>



<p>L’AMI est précisément conçu pour combler ce vide institutionnel en harmonisant les cadres réglementaires, en renforçant la coopération entre banques centrales nationales et en préparant les mécanismes techniques nécessaires à une monnaie unique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-pari-politique-autant-qu-economique"><strong>Un pari politique autant qu’économique</strong></h2>



<p>Pour ses promoteurs, l’enjeu dépasse la seule question monétaire. Une banque centrale africaine et une devise commune pourraient renforcer les échanges intra-africains, stabiliser les marchés financiers régionaux et accroître l’autonomie stratégique du continent face aux fluctuations monétaires internationales.</p>



<p>Mais la réussite du projet dépendra largement de la volonté politique des États membres, appelés à concilier souveraineté nationale et intégration régionale. L’adhésion du Nigeria — première économie d’Afrique — au cœur du dispositif est perçue comme un signal fort. Reste à savoir si cette impulsion suffira à transformer un vieux rêve panafricain en réalité institutionnelle.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/lafrique-accelere-son-projet-de-banque-centrale-et-de-monnaie-communes/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">21296</post-id>	</item>
		<item>
		<title>CAN Maroc 2025 : l’édition la plus catastrophique de l’histoire</title>
		<link>https://saheltribune.com/can-maroc-2025-ledition-la-plus-catastrophique-de-lhistoire/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/can-maroc-2025-ledition-la-plus-catastrophique-de-lhistoire/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2026 14:40:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[arbitrage africain]]></category>
		<category><![CDATA[CAF]]></category>
		<category><![CDATA[CAN 2025]]></category>
		<category><![CDATA[cartons jaunes]]></category>
		<category><![CDATA[cartons rouges]]></category>
		<category><![CDATA[chaos institutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe d’Afrique des Nations]]></category>
		<category><![CDATA[crédibilité sportive]]></category>
		<category><![CDATA[crise de la CAF]]></category>
		<category><![CDATA[crise du football africain]]></category>
		<category><![CDATA[désinformation sportive]]></category>
		<category><![CDATA[désorganisation]]></category>
		<category><![CDATA[discipline sportive]]></category>
		<category><![CDATA[fiasco organisationnel]]></category>
		<category><![CDATA[finale CAN 2025]]></category>
		<category><![CDATA[football africain]]></category>
		<category><![CDATA[football marocain]]></category>
		<category><![CDATA[football sénégalais]]></category>
		<category><![CDATA[image du football africain]]></category>
		<category><![CDATA[injustice sportive]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc 2025]]></category>
		<category><![CDATA[Ndala Ngambo]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[polémiques arbitrales]]></category>
		<category><![CDATA[réformes arbitrales]]></category>
		<category><![CDATA[scandales CAN]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
		<category><![CDATA[sport et gouvernance]]></category>
		<category><![CDATA[transparence du sport]]></category>
		<category><![CDATA[VAR]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20916</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La CAN Maroc 2025 devait célébrer le football africain, mais elle est devenue un symbole de chaos et de dysfonctionnements.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>La Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, devait être une vitrine du football africain. Pendant 29 jours, le continent espérait une édition exemplaire, portée par des infrastructures modernes et une organisation ambitieuse. Pourtant, cette CAN restera dans les mémoires comme la plus catastrophique de l’histoire, non pas par manque de spectacle, mais par l’accumulation de polémiques et de dysfonctionnements institutionnels.  </em></strong></p>



<p>Le contraste entre les promesses et la réalité a été brutal. L’événement, censé incarner l’ambition africaine, a révélé les fragilités de la CAF et l’incapacité à garantir une compétition crédible. Les polémiques arbitrales, l’usage incohérent de la VAR et les contestations incessantes ont transformé ce rendez-vous en un symbole de chaos. Loin d’unir, cette édition a laissé un héritage amer et controversé, éclipsant le sacre du Sénégal. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-fiasco-organisationnel"><strong>Un fiasco organisationnel</strong><strong></strong></h2>



<p>Jamais une CAN n’avait été autant marquée par les polémiques arbitrales. Dès la phase de groupes, le Mali et l’Algérie ont subi des décisions contestées qui ont alimenté un sentiment d’injustice. La VAR, censée être un outil de transparence, a été utilisée de manière incohérente, renforçant les soupçons de partialité. Les supporters ont dénoncé une compétition biaisée, où l’équité semblait absente. Ces erreurs répétées ont fragilisé la crédibilité du tournoi et nourri la colère des acteurs. &nbsp;</p>



<p>La finale Sénégal–Maroc a cristallisé cette crise. Les Lions de la Teranga ont remporté le titre 1-0 grâce à leur rigueur tactique, mais l’arbitre Ndala Ngambo a éclipsé l’événement. Décisions incohérentes, cartons distribués sans logique et fautes marocaines ignorées ont nourri un sentiment d’indécence. Le chaos final, marqué par la sortie temporaire des Sénégalais, a symbolisé l’effondrement de la crédibilité arbitrale. Ce sacre historique, au lieu d’unir, a révélé l’urgence d’une réforme profonde. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-crise-arbitrale-sans-precedent"><strong>Une crise arbitrale sans précédent</strong><strong></strong></h2>



<p>Sur le plan sportif, la CAN 2025 a pourtant battu des records. Avec 121 buts inscrits en 52 matchs, soit une moyenne de 2,33 par rencontre, elle est devenue la plus prolifique de l’histoire. Les pelouses de qualité et les stratégies audacieuses des entraîneurs ont favorisé un football offensif et spectaculaire. Mais ce feu d’artifice a été éclipsé par les polémiques. Les cartons distribués en masse ont accentué l’image d’un tournoi indiscipliné et chaotique. &nbsp;</p>



<p>Les chiffres sont accablants : 213 cartons jaunes et 8 rouges, soit environ quatre avertissements par match. Le Nigeria s’est distingué avec 17 cartons jaunes, tandis que le Mali a été l’équipe la plus sanctionnée avec trois expulsions. Des joueurs majeurs comme Amadou Haidara ou Kalidou Koulibaly ont été exclus, confirmant que l’intensité des duels basculait trop souvent vers l’excès. Le spectacle offensif, au lieu d’être célébré, a été perçu comme désordonné. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-spectacle-offensif-eclipse"><strong>Un spectacle offensif éclipsé</strong><strong></strong></h2>



<p>Au terme de 29 jours de compétition, le constat est sans appel : la CAN 2025 restera comme la plus catastrophique de l’histoire. Le sacre du Sénégal, pourtant historique, a été éclipsé par les polémiques arbitrales, les incohérences organisationnelles et les contestations incessantes. Pour la CAF, le défi est immense : réformer en profondeur l’arbitrage, restaurer la confiance des supporters et redonner au football africain la dignité qu’il mérite. &nbsp;</p>



<p>Sans ces réformes, la CAN risque de perdre son statut de vitrine du sport continental. L’édition marocaine, censée incarner l’ambition africaine, a révélé au contraire ses fragilités. Elle restera comme un avertissement sévère : sans crédibilité institutionnelle, le spectacle sportif ne suffit pas. La CAN 2025 a montré que le football africain doit se réinventer pour ne pas sombrer dans le discrédit. &nbsp;</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/can-maroc-2025-ledition-la-plus-catastrophique-de-lhistoire/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20916</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Washington renoue avec la géopolitique du muscle : le Nigeria, nouveau pivot africain du retour américain</title>
		<link>https://saheltribune.com/washington-renoue-avec-la-geopolitique-du-muscle-le-nigeria-nouveau-pivot-africain-du-retour-americain/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/washington-renoue-avec-la-geopolitique-du-muscle-le-nigeria-nouveau-pivot-africain-du-retour-americain/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 17:33:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Africom]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l’Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[influence américaine]]></category>
		<category><![CDATA[lutte antiterroriste]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[politique étrangère]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20860</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p> La livraison de matériel militaire au Nigeria marque un tournant pour les États-Unis en Afrique. En savoir plus sur cette opération.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Moins d’un an après son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump redéploie les États-Unis sur le continent africain. La livraison de matériel militaire au Nigeria et les frappes aériennes menées dans le nord du pays traduisent un repositionnement stratégique plus large, où Washington cherche à regagner du terrain face aux puissances montantes que sont la Russie et la Chine.</em></strong></p>



<p>Le 13 janvier 2026, l’Africom, le commandement des États-Unis pour l’Afrique, a confirmé la livraison de fournitures militaires « <em>essentielles</em> » aux forces nigérianes à Abuja. Une aide présentée comme un « <em>soutien aux opérations de sécurité en cours </em>» contre les groupes armés terroristes. La déclaration, sobre dans la forme, s’inscrit pourtant dans une offensive diplomatique et militaire plus vaste : celle d’un Washington décidé à redevenir un acteur central de la sécurité africaine après plusieurs années de retrait.</p>



<p>Car depuis la reprise du pouvoir par Donald Trump, en janvier 2025, la politique africaine de Washington a été repensée autour d’un axe double : sécurité et influence. Officiellement, il s’agit d’aider les États africains à « <em>combattre le terrorisme et à protéger les chrétiens persécutés </em>». Officieusement, c’est un moyen de reprendre pied sur un continent où les alliances se redessinent à grande vitesse.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-nigeria-nouvel-allie-de-premiere-ligne"><strong>Le Nigeria, nouvel allié de première ligne</strong></h2>



<p>Cette réactivation du partenariat militaire avec Abuja n’est pas anodine. Le Nigeria, première puissance démographique et économique du continent, reste un partenaire historique des États-Unis, bien que leurs relations aient connu des tensions sous la présidence Buhari.</p>



<p>Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bola Tinubu, les discussions sécuritaires se sont accélérées. L’accord de défense révisé début janvier 2026 prévoit un partage accru du renseignement, l’appui de drones américains de surveillance et la formation de plusieurs unités nigérianes aux opérations anti-insurrectionnelles. En toile de fond, Washington veut éviter que le Nigeria, comme le Sahel, ne bascule davantage vers l’influence russe, qui a trouvé au Mali, au Niger et au Burkina Faso un terrain politique favorable à son implantation.</p>



<p>Les frappes du 25 décembre 2025, menées par des drones américains MQ-9 Reaper dans la forêt de Bauni, dans l’État de Sokoto (nord-ouest), symbolisent ce nouveau niveau d’engagement. Officiellement dirigées contre des combattants affiliés à l’État islamique, elles ont marqué le retour effectif des opérations militaires américaines directes sur le sol africain — un fait inédit depuis la fermeture de certaines bases en 2021.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-trump-la-diplomatie-de-la-foi-et-le-jeu-de-puissance"><strong>Trump, la « diplomatie de la foi » et le jeu de puissance</strong></h2>



<p>Dans le style qui lui est propre, Donald Trump a justifié cette intensification par des considérations morales et religieuses. En octobre 2025, il accusait les autorités nigérianes de « <em>laxisme</em> » face à un prétendu « <em>génocide des chrétiens </em>» — une affirmation largement démentie par Abuja et les observateurs indépendants.</p>



<p>Mais au-delà du discours, cette rhétorique sert une stratégie claire : mobiliser la base évangélique américaine, tout en légitimant une présence militaire accrue sur un continent perçu comme essentiel à la nouvelle compétition mondiale. En relançant les programmes d’assistance militaire, Trump fait du Nigeria un levier pour contrer à la fois l’influence russe au Sahel et l’expansion économique chinoise en Afrique de l’Ouest.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-repositionnement-global"><strong>Un repositionnement global</strong></h2>



<p>Le repositionnement américain au Nigeria ne s’inscrit pas en vase clos. Il fait partie d’un virage global observé depuis la réélection de Trump : désengagement partiel d’Europe et du Moyen-Orient, recentrage sur l’Asie et l’Afrique. Les annonces successives — retrait de certaines organisations internationales, réduction du soutien militaire à l’Ukraine, et création d’une « <em>nouvelle flotte africaine </em>» rattachée à l’US Navy — confirment une vision : l’Afrique devient un nouveau front de la rivalité des grandes puissances.</p>



<p>Dans cette optique, Abuja sert de tête de pont à la réaffirmation américaine, après la perte d’influence en Afrique francophone. Là où Moscou a consolidé l’Alliance des États du Sahel (AES) et où Pékin renforce ses positions économiques, Washington choisit une approche plus sélective, en s’appuyant sur des alliés régionaux stratégiques. Le Nigeria à l’ouest, le Kenya à l’est, et l’Afrique du Sud comme pivot diplomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-nouvelle-carte-des-alliances-africaines"><strong>Vers une nouvelle carte des alliances africaines</strong></h2>



<p>Cette stratégie n’est toutefois pas sans risques. Si le gouvernement nigérian se félicite du « <em>renforcement de la coopération sécuritaire </em>», certains observateurs à Abuja redoutent une ingérence croissante. D’autres s’interrogent sur la légalité des frappes américaines sur le sol nigérian, menées sans validation publique du Parlement.</p>



<p>Mais du point de vue américain, le pari est clair : plutôt investir dans des partenariats bilatéraux solides que dans des coalitions multilatérales jugées inefficaces, comme l’ONU ou l’Union africaine.</p>



<p>En soutenant militairement le Nigeria, les États-Unis réinvestissent un espace africain en recomposition rapide. La coopération de l’AES (Mali, Niger, Burkina Faso) s’articule autour de Moscou, tandis que les puissances du Golfe — notamment les Émirats et l’Arabie saoudite — accroissent leur influence économique. Dans ce contexte, la manœuvre de Washington traduit un réalignement du rapport de forces mondial, où le continent africain redevient un enjeu stratégique majeur.</p>



<p>L’Afrique n’est plus seulement perçue comme un terrain d’aide au développement, mais comme un théâtre de compétition géopolitique globale, entre influence, ressources et sécurité. Et dans ce jeu de puissances, le Nigeria s’impose, une fois encore, comme le pivot incontournable de la stratégie américaine en Afrique de l’Ouest.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/washington-renoue-avec-la-geopolitique-du-muscle-le-nigeria-nouveau-pivot-africain-du-retour-americain/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20860</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Comment l’AES veut redéfinir ses relations avec la CEDEAO et l’UEMOA</title>
		<link>https://saheltribune.com/comment-laes-veut-redefinir-ses-relations-avec-la-cedeao-et-luemoa/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/comment-laes-veut-redefinir-ses-relations-avec-la-cedeao-et-luemoa/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 04:05:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[AES]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l’Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Banque confédérale AES]]></category>
		<category><![CDATA[BCEAO]]></category>
		<category><![CDATA[BCID-AES]]></category>
		<category><![CDATA[CEDEAO]]></category>
		<category><![CDATA[Confédération des États du Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[coopération régionale]]></category>
		<category><![CDATA[coups d’État en Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[fragmentation régionale]]></category>
		<category><![CDATA[Franc CFA]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique africaine]]></category>
		<category><![CDATA[intégration régionale]]></category>
		<category><![CDATA[monnaie commune africaine]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[relations interafricaines]]></category>
		<category><![CDATA[retrait CEDEAO]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté]]></category>
		<category><![CDATA[Terrorisme au Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[transitions militaires]]></category>
		<category><![CDATA[UEMOA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20529</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Analysez la coopération AES-CEDEAO-UEMOA face aux défis politiques et économiques en Afrique de l'Ouest après le retrait récent.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>En se retirant de la CEDEAO tout en restant arrimés à l’UEMOA, le Mali, le Burkina Faso et le Niger engagent une recomposition inédite de l’architecture régionale ouest-africaine. Entre rupture politique assumée, dépendances économiques persistantes et volonté d’autonomie stratégique, la Confédération des États du Sahel avance sur une ligne de crête, révélatrice des tensions profondes qui traversent l’Afrique de l’Ouest.</em></strong></p>



<p>Le 29 janvier 2025 marque une date charnière pour l’intégration régionale ouest-africaine. Ce jour-là, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont acté leur retrait effectif de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), cinquante ans après la création de l’organisation. Derrière ce départ spectaculaire, c’est moins une rupture administrative qu’un basculement politique profond qui s’opère : celui d’un bloc sahélien décidant de s’affranchir d’un modèle régional jugé inadapté à ses réalités sécuritaires et politiques.</p>



<p>Réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), les trois pays entendent désormais redéfinir leurs relations avec les organisations régionales existantes. Mais si le divorce avec la CEDEAO est consommé, la question de l’UEMOA – et, au-delà, celle du franc CFA – révèle les limites et les contradictions d’une souveraineté encore inachevée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-divorce-politique-assume-avec-la-cedeao"><strong>Un divorce politique assumé avec la CEDEAO</strong></h2>



<p>À l’origine de la rupture, un désaccord fondamental sur la nature de la légitimité politique. Depuis 2020, les trois pays sahéliens ont connu des coups d’État militaires successifs, condamnés par la CEDEAO au nom de son protocole sur la bonne gouvernance. Sanctions économiques, fermetures de frontières et suspensions institutionnelles ont alors été brandies comme outils de pression.</p>



<p>Mais cette stratégie a produit l’effet inverse de celui escompté. Dans des sociétés éprouvées par une décennie de violences terroristes et d’effondrement sécuritaire, les régimes militaires ont bénéficié d’un soutien populaire réel, nourri par la promesse d’un rétablissement de l’autorité de l’État. Pour les dirigeants de l’AES, la CEDEAO est apparue non comme un médiateur régional, mais comme un instrument de normalisation politique perçu comme extérieur et coercitif.</p>



<p>Lors du sommet de Niamey en juillet 2024, le ton était donné : le retrait serait « <em>irréversible </em>». Le préavis d’un an expiré, la sortie effective du 29 janvier 2025 n’a fait que formaliser une rupture déjà consommée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cedeao-affaiblie-mais-contrainte-au-dialogue"><strong>Une CEDEAO affaiblie mais contrainte au dialogue</strong></h2>



<p>Privée de son bloc sahélien, la CEDEAO s’est recentrée autour d’un axe Nigeria–États côtiers, conservant un poids économique certain mais perdant une part de sa légitimité régionale. Pour autant, l’organisation n’a pas fermé la porte au dialogue. Confrontée à la progression des groupes armés vers le golfe de Guinée, elle sait que la sécurité ouest-africaine ne peut être pensée en silos.</p>



<p>Des contacts ont ainsi été amorcés au printemps 2025, notamment lors d’une rencontre à Bamako en mai, puis à Abuja en juin. Mais l’élan s’est rapidement essoufflé. Entre juillet et novembre, aucun suivi concret n’a eu lieu, alimentant la frustration au sein de l’AES. En novembre, les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont publiquement regretté l’interruption du dialogue, estimant que cette inertie fragilisait la sécurité collective.</p>



<p>L’incident du 8 décembre 2025, lorsqu’un avion militaire nigérian s’est écrasé au Burkina Faso après avoir violé son espace aérien, a rappelé la fragilité de la situation. La mise en alerte maximale des défenses aériennes de l’AES a souligné combien la défiance politique pouvait se traduire en risques sécuritaires concrets.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-uemoa-entre-pragmatisme-economique-et-contradictions-politiques"><strong>L’UEMOA, entre pragmatisme économique et contradictions politiques</strong></h2>



<p>Si la rupture avec la CEDEAO est nette, la posture de l’AES vis-à-vis de l’Union économique et monétaire ouest-africaine est plus nuancée. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont choisi de rester, jusqu’ici, membres de l’UEMOA, acceptant de facto le maintien du franc CFA et du cadre macroéconomique commun.</p>



<p>Ce choix est avant tout pragmatique. L’UEMOA offre une stabilité monétaire, une convertibilité internationale et un marché commun que les trois économies sahéliennes ne sont pas en mesure de remplacer à court terme.&nbsp;</p>



<p>Les tensions apparues en juillet 2025, lorsque le Burkina Faso s’est vu refuser la présidence tournante du Conseil des ministres de l’UEMOA, ont montré que même ce cadre économique prétendument technique n’est pas totalement imperméable aux conflits politiques. Pour l’AES, l’épisode a été interprété comme une sanction indirecte liée à son retrait de la CEDEAO.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-monnaie-aes-une-ambition-encore-lointaine"><strong>La monnaie AES, une ambition encore lointaine</strong></h2>



<p>Les dirigeants sahéliens n’ont pourtant jamais caché leur ambition de créer, à terme, une monnaie commune propre à l’AES. Présentée comme un acte de rupture symbolique avec l’héritage colonial, cette perspective se heurte toutefois à des obstacles considérables : absence de convergence macroéconomique suffisante, faibles réserves de change, dépendance commerciale structurelle vis-à-vis de l’extérieur.</p>



<p>À ce stade, aucune institution monétaire confédérale n’a vu le jour. La Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), qui sera lancée en décembre 2025 avec un capital de 500 milliards de FCFA, vise le financement du développement, non encore la gestion monétaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-recomposition-durable-de-l-espace-regional"><strong>Vers une recomposition durable de l’espace régional ?</strong></h2>



<p>En multipliant les institutions propres – force militaire unifiée, documents d’identité harmonisés, banque confédérale, médias régionaux –, l’AES s’affirme comme un pôle alternatif de l’intégration ouest-africaine. Mais cette construction se fait dans un environnement contraint, où la coopération avec la CEDEAO et l’UEMOA demeure, de fait, indispensable.</p>



<p>Trois trajectoires se dessinent : une fragmentation durable de l’espace régional, une coexistence pragmatique entre blocs, ou une refondation plus large de l’architecture ouest-africaine. L’issue dépendra autant de l’évolution sécuritaire que de la capacité des dirigeants sahéliens à transformer leur discours souverainiste en résultats économiques tangibles.</p>



<p>Pour l’heure, l’AES avance sur une ligne de crête : affirmer sa rupture politique sans rompre totalement les interdépendances économiques. Un exercice d’équilibriste qui façonnera, pour une large part, l’avenir géopolitique de l’Afrique de l’Ouest.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/comment-laes-veut-redefinir-ses-relations-avec-la-cedeao-et-luemoa/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20529</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Bénin : victoire officielle, défaite stratégique</title>
		<link>https://saheltribune.com/benin-victoire-officielle-defaite-strategique/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/benin-victoire-officielle-defaite-strategique/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 12:49:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[AES]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l’Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Alliance des États du sahel]]></category>
		<category><![CDATA[armée béninoise]]></category>
		<category><![CDATA[bénin]]></category>
		<category><![CDATA[CEDEAO]]></category>
		<category><![CDATA[crise politique]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie ouest-africaine]]></category>
		<category><![CDATA[dépendance stratégique]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique africaine]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance militaire]]></category>
		<category><![CDATA[intervention extérieure]]></category>
		<category><![CDATA[interventions étrangères]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[ordre régional]]></category>
		<category><![CDATA[relations internationales africaines]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté africaine]]></category>
		<category><![CDATA[stabilité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[tentative de coup d’État]]></category>
		<category><![CDATA[tutelle sécuritaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20515</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Examinez l'intervention étrangère au Bénin et son impact sur la souveraineté et la sécurité en Afrique de l'Ouest.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em><strong><em>La crise qui secoue le Bénin, avec ses répliques politiques et militaires traversant l’Afrique de l’Ouest, dépasse largement le cadre d’un simple incident sécuritaire. Elle met à nu une tension structurelle entre une souveraineté proclamée et des dépendances réelles. Plus qu’un événement conjoncturel, elle marque un moment de bascule où l’État, l’armée et les alliances extérieures se trouvent exposés dans leur fragilité.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>Les images, les interruptions audiovisuelles et les messages numériques n’en ont livré qu’une façade. Comme souvent dans l’Afrique contemporaine, l’essentiel s’est joué à huis clos : mobilisation discrète de soutiens extérieurs, gestion étroite de l’information, volonté manifeste de contenir l’événement afin d’éviter toute contagion régionale. La mémoire collective a été cadrée avant même que le peuple n’en perçoive l’ampleur réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-armee-sous-pression-entre-loyaute-et-dependance">Une armée sous pression, entre loyauté et dépendance</h2>



<p>À l’image de l’opération Serval au Mali en 2013, la riposte béninoise s’est voulue immédiate, calibrée et décisive. Serval n’avait pas seulement stoppé l’avancée des groupes armés vers Bamako ; elle avait surtout réaffirmé la centralité française dans la gestion des crises ouest-africaines. De la même manière, l’épisode béninois révèle que certaines souverainetés demeurent conditionnelles, activables ou suspendables selon les intérêts géopolitiques dominants.</p>



<p>L’armée républicaine, héritière du serment de la Conférence nationale de 1990, a vacillé sans rompre ouvertement. Ses chefs, pris entre loyauté institutionnelle, pressions politiques et dépendance opérationnelle, ont vu leur récit soigneusement aménagé afin d’éviter un effet domino dans l’espace sahélien. La crise, confinée dans l’écosystème numérique, n’a laissé au peuple qu’un écho fragmenté et filtré.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tenir-a-tout-prix-la-doctrine-de-la-survie-institutionnelle">« Tenir à tout prix » : la doctrine de la survie institutionnelle</h2>



<p>Cette défaite de l’armée béninoise opère à plusieurs niveaux. Elle se traduit d’abord par la mise hors combat d’unités d’élite formées à l’antiterrorisme, avec des pertes humaines, matérielles et symboliques notables. Elle révèle ensuite l’incapacité des autorités à assumer publiquement l’ampleur des faits. Enfin, elle met en lumière le rôle déterminant de la CEDEAO et, surtout, des puissances extérieures dans la stabilisation effective des États de la région.</p>



<p>Le schéma de riposte, lisible entre les lignes des communiqués officiels, trahit un embarras stratégique profond : « tenir à tout prix » devient doctrine, même au détriment de la souveraineté. Sauver la face revient alors à accepter une tutelle de fait.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nigeria-et-france-les-veritables-piliers-de-la-stabilite-beninoise">Nigeria et France : les véritables piliers de la stabilité béninoise</h2>



<p>Le Nigeria, confronté depuis plus d’une décennie au terrorisme et au banditisme armé, apparaît comme le principal garant de la survie institutionnelle béninoise, reléguant le pays au rang de vassal stratégique. La France, par son intervention, confirme un rapport de suzeraineté déjà bien installé. Sans ces appuis extérieurs, le scénario aurait été radicalement différent — une réalité minimisée, mais centrale.</p>



<p>La présence visible de forces étrangères dans l’espace urbain et la fragilisation des frontières, notamment avec le Burkina Faso, produisent un paradoxe sécuritaire : présentée comme une protection institutionnelle, cette présence incarne en réalité une dépossession. L’ennemi n’est plus seulement extérieur ; il devient structurel, inscrit dans les dispositifs mêmes de défense.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cedeao-a-geometrie-variable">Une CEDEAO à géométrie variable</h2>



<p>L’enjeu réel dépasse le Bénin. Il vise à contenir et isoler l’Alliance des États du Sahel (AES), perçue comme une menace pour l’architecture régionale dominée par la CEDEAO et ses partenaires occidentaux. À travers le Bénin, un message clair est envoyé : aucune remise en cause de l’ordre régional établi ne sera tolérée sans coût élevé. Le peuple béninois se retrouve ainsi otage d’un affrontement géopolitique qui le dépasse.</p>



<p>Les précédents confirment cette géopolitique à géométrie variable : indifférence relative en Guinée-Bissau, parfois tournée en dérision, contre réaction vigoureuse au Niger après la chute de Bazoum. Sous Macron, l’orgueil stratégique français maintient certaines armées africaines dans une dépendance structurelle, exposant l’armée béninoise comme un corps privé de pleine autonomie.</p>



<p>À court terme, l’histoire — toujours écrite par les vainqueurs — présente le pouvoir de Patrice Talon et l’armée béninoise comme sortis victorieux de l’épreuve. Mais dans la longue durée, ils émergent affaiblis, fragilisant l’État béninois et l’équilibre ouest-africain. Une question demeure, lancinante :&nbsp;que vaut un serment républicain lorsqu’il ne peut s’honorer qu’avec l’assistance de forces étrangères ?</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/benin-victoire-officielle-defaite-strategique/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20515</post-id>	</item>
		<item>
		<title>C-130 nigérian à Bobo : l’AES rappelle ses lignes rouges</title>
		<link>https://saheltribune.com/c-130-nigerian-a-bobo-aes-rappelle-lignes-rouges/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/c-130-nigerian-a-bobo-aes-rappelle-lignes-rouges/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2025 23:22:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Abuja]]></category>
		<category><![CDATA[AES]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l’Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Assimi Goïta]]></category>
		<category><![CDATA[Bobo-Dioulasso]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[C-130]]></category>
		<category><![CDATA[CEDEAO]]></category>
		<category><![CDATA[coup d’État Bénin]]></category>
		<category><![CDATA[crise politique]]></category>
		<category><![CDATA[défense aérienne]]></category>
		<category><![CDATA[espace aérien]]></category>
		<category><![CDATA[Intervention militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Niamey]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[Ouagadougou]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[tensions régionales]]></category>
		<category><![CDATA[violation de souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20431</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L'incident de la violation de l'espace aérien de l'AES soulève des tensions. Apprenez-en plus sur cet atterrissage controversé.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Au lendemain de la tentative de changement de régime au Bénin et de l’intervention annoncée de la CEDEAO, l’atterrissage d’un appareil militaire nigérian dans l’espace AES sans autorisation rallume les tensions régionales. Bamako, Ouagadougou et Niamey dénoncent une intrusion et réaffirment leur doctrine de fermeté.</em></strong></p>



<p>Le 8 décembre 2025, un avion militaire nigérian de type C-130 a été contraint de se poser en urgence à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. À bord, onze militaires — deux membres d’équipage et neuf passagers — que les autorités burkinabè ont pris en charge après l’atterrissage. Rapidement, les services compétents ont établi que l’appareil n’avait bénéficié d’aucune autorisation de survol du territoire, a expliqué sur les antennes de la télévision publique malienne (ORTM), le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de Division Daoud Aly Mohammedine, ce lundi 8 décembre. Ce qui aurait pu n’être qu’un simple incident technique s’est transformé en affaire diplomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-survol-non-autorise-la-confederation-denonce-une-violation"><strong>Un survol non autorisé : la Confédération dénonce une violation</strong></h2>



<p>La Confédération des États du Sahel (AES), dans un communiqué ferme, a qualifié l’événement de « <em>violation de l’espace aérien confédéral </em>» et de « <em>mépris du droit international et des règles d’aviation civile et militaire </em>». Signée par le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition malienne et président en exercice de l’AES, la déclaration met en garde contre de telles intrusions — dorénavant passibles d’une « <em>neutralisation</em> » si elles devaient se reproduire.</p>



<p>Depuis le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO et la constitution de la Confédération, en juillet 2024, la question de la maîtrise de l’espace aérien revêt une dimension presque identitaire. En décembre 2024, les chefs d’État sahéliens avaient d’ores et déjà ordonné la mise en alerte maximale des défenses aériennes et antiaériennes : tout aéronef non autorisé serait intercepté. L’incident de Bobo marque un nouveau test, avec, pour la première fois, une application concrète de cette doctrine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-contexte-regional-deja-tendu-le-benin-le-ciel-qui-vacille"><strong>Un contexte régional déjà tendu : le Bénin, le ciel qui vacille</strong></h2>



<p>La veille, le 7 décembre, le Bénin a été le théâtre d’une tentative de coup d’État. Un groupe de militaires s’est emparé brièvement de la télévision publique pour annoncer la dissolution du gouvernement, la suspension de la Constitution, et se proclamer « <em>Comité militaire de refondation </em>». Le pouvoir serait remplacé, les frontières fermées, selon leurs déclarations. Mais l’armée loyaliste est rapidement intervenue : le ministre de l’Intérieur a affirmé que la mutinerie avait été « <em>mise en échec »</em> quelques heures plus tard.</p>



<p>Face à cette attaque contre l’ordre constitutionnel, la CEDEAO n’a pas tardé à réagir. Le bloc régional a condamné l’action comme « <em>anticonstitutionnelle </em>», a promis son soutien au gouvernement béninois et — de façon plus spectaculaire — a décidé le déploiement immédiat de sa force en attente pour « <em>défendre la Constitution et l’intégrité territoriale</em> » du pays.</p>



<p>Des avions et troupes, notamment du Nigeria, se sont mobilisés en urgence, marquant une intervention militaire rapide — un signal fort envoyé à toute la sous-région : la légitimité constitutionnelle reste une ligne rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-ciel-ouest-africain-en-recomposition-rivalites-souverainete-bloc-sahara"><strong>Un ciel ouest-africain en recomposition : rivalités, souveraineté, bloc Sahara</strong></h2>



<p>L’enchaînement des événements — le changement manqué de régime à Cotonou, l’intervention de la CEDEAO, puis l’atterrissage forcé du C-130 nigérian — fragilise encore un peu plus la confiance entre États voisins et redéfinit les frontières invisibles du pouvoir. Dans un contexte de crise sécuritaire, de retrait d’alliances traditionnelles, de recomposition institutionnelle, chaque incursion, chaque vol, chaque manœuvre aérienne se lit désormais comme un message politique.</p>



<p>Pour l’AES, l’affaire est symptomatique : le ciel, comme la terre, n’est plus un espace neutre. Il est devenu un marqueur de souveraineté, une frontière vivante, un enjeu stratégique. L’autorité confédérale s’affirme — imposant ses règles, brandissant sa capacité de coercition, rappelant que l’intégrité territoriale, même dans les airs, n’est pas négociable.</p>



<p>Reste à savoir comment Abuja — aux prises avec les incertitudes autour de l’intervention béninoise — interprétera la manœuvre du C-130 : simple urgence technique, audace militaire ou défi politique. Quoi qu’il en soit, le ciel de l’Afrique de l’Ouest vient de rappeler qu’il n’est plus un terrain d’ombre, mais un espace soumis à l’arbitrage des puissances terrestres.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/c-130-nigerian-a-bobo-aes-rappelle-lignes-rouges/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20431</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Bénin : Talon sous escorte régionale</title>
		<link>https://saheltribune.com/benin-talon-sous-escorte-regionale/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/benin-talon-sous-escorte-regionale/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 23:56:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Abuja]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l’Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[bénin]]></category>
		<category><![CDATA[Bola Tinubu]]></category>
		<category><![CDATA[CEDEAO]]></category>
		<category><![CDATA[contagion militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Côte d’Ivoire]]></category>
		<category><![CDATA[coup d’État manqué]]></category>
		<category><![CDATA[crise de succession]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie en crise]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie régionale]]></category>
		<category><![CDATA[fin de règne]]></category>
		<category><![CDATA[force en attente]]></category>
		<category><![CDATA[Ghana]]></category>
		<category><![CDATA[instabilité politique]]></category>
		<category><![CDATA[intégrité territoriale]]></category>
		<category><![CDATA[interventions régionales]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[ordre constitutionnel]]></category>
		<category><![CDATA[Patrice Talon]]></category>
		<category><![CDATA[putsch]]></category>
		<category><![CDATA[régime civil]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité collective]]></category>
		<category><![CDATA[Sierra Leone]]></category>
		<category><![CDATA[transition]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20424</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Comprenez le coup d'État au Bénin et la réaction de la CEDEAO pour maintenir la stabilité en Afrique de l'Ouest après la crise.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em><strong><em>En ordonnant le déploiement immédiat d’une force régionale pour soutenir le président Patrice Talon après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, la CEDEAO veut éviter qu’un nouveau domino ne tombe dans la région. Mais derrière cette démonstration de fermeté se joue une autre bataille : celle de la survie du dernier régime civil encore debout dans une Afrique de l’Ouest gagnée par la tentation des ruptures militaires. À Cotonou, le vent du Sahel a soufflé — et même s’il a été contenu, il a révélé l’essoufflement d’un modèle démocratique à bout de souffle.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>La riposte a été immédiate. Moins de vingt-quatre heures après la tentative de&nbsp;changement de pouvoir&nbsp;manquée contre le président Patrice Talon, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a sorti la carte de la fermeté. Dans un communiqué publié ce dimanche soir à Abuja, l’organisation régionale a ordonné le&nbsp;déploiement «&nbsp;<em>immédiat&nbsp;</em>» d’éléments de la Force en attente&nbsp;sur le territoire béninois, afin de soutenir le gouvernement et de préserver «&nbsp;<em>l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale</em>&nbsp;» du pays.</p>



<p>Selon le texte signé par la Commission de la CEDEAO, la décision découle de l’article 25(e) du protocole de 1999, relatif au mécanisme de prévention et de maintien de la paix. Après consultations entre les chefs d’État et de gouvernement, Abuja a donc activé la clause de défense collective, transformant le Bénin en nouvelle ligne rouge du dispositif sécuritaire ouest-africain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-coalition-sous-banniere-nigeriane"><strong>Une coalition sous bannière nigériane</strong><strong></strong></h3>



<p>La force régionale sera composée de troupes venues du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone — les quatre piliers militaires du dispositif CEDEAO. Ce contingent, qui pourrait être déployé «&nbsp;<em>dans les prochaines heures</em>&nbsp;», aura pour mission de&nbsp;sécuriser Cotonou, les infrastructures stratégiques et les institutions républicaines, tandis que l’armée béninoise poursuit ses opérations contre les&nbsp;auteurs de la tentative de changement de régime&nbsp;retranchés dans la zone portuaire.</p>



<p>En clair, Abuja ne veut pas d’un nouveau «&nbsp;<em>cas malien&nbsp;</em>» au cœur du Golfe de Guinée. Depuis le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en janvier 2024, l’organisation voit dans le Bénin un&nbsp;dernier bastion du modèle civil et libéral&nbsp;qu’elle entend préserver à tout prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-reaction-de-survie-regionale"><strong>Une réaction de survie régionale</strong><strong></strong></h3>



<p>Derrière la rhétorique juridique et protocolaire, cette décision traduit une peur : celle d’une&nbsp;contagion&nbsp;qui a déjà gagné la moitié du continent. Le spectre d’un basculement du Bénin dans le camp des&nbsp;pouvoirs militaires&nbsp;du Sahel hante les chancelleries d’Abuja, d’Accra,&nbsp;d’Abidjan, voire de la France. Le président nigérian Bola Tinubu, actuel président en exercice de la CEDEAO, l’a d’ailleurs martelé : «&nbsp;<em>Le Bénin ne tombera pas.</em>&nbsp;»</p>



<p>Mais cette posture de fermeté a un revers. Dans les rues de Cotonou et sur les réseaux sociaux ouest-africains, certains dénoncent une «&nbsp;<em>militarisation de la diplomatie&nbsp;</em>» et un deux-poids-deux-mesures criant. Là où la CEDEAO s’est montrée impuissante face&nbsp;au cas de la Guinée Bisseau, elle déploie aujourd’hui des troupes pour sauver un président affaibli par la fin de son mandat et la fragmentation de son propre camp.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-talon-l-ultime-rempart-ou-le-symbole-d-un-systeme-a-bout-de-souffle"><strong>Talon, l’ultime rempart ou le symbole d’un système à bout de souffle ?</strong><strong></strong></h3>



<p>L’ironie est cruelle. Patrice Talon, chantre autoproclamé de la «&nbsp;<em>Rupture&nbsp;</em>», se retrouve désormais&nbsp;protégé par la vieille garde régionale&nbsp;qu’il avait pourtant défiée sur plusieurs dossiers économiques et institutionnels. À Abuja, à Accra comme à Abidjan, on défend un allié. À Cotonou, beaucoup y voient plutôt la consolidation d’un régime de plus en plus verrouillé, où la succession s’est transformée en bombe à retardement.</p>



<p>La CEDEAO veut croire qu’elle défend la démocratie. Mais en s’érigeant en gendarme d’un ordre vacillant, elle protège avant tout un modèle à bout de souffle — celui des démocraties verrouillées post-conférences nationales, où les urnes n’ont plus la force d’apaiser, et où les casernes finissent toujours par s’inviter au débat politique.</p>



<p><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/benin-talon-sous-escorte-regionale/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20424</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Le carburant, nouvelle arme des guerres hybrides en Afrique</title>
		<link>https://saheltribune.com/le-carburant-nouvelle-arme-des-guerres-hybrides-en-afrique/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/le-carburant-nouvelle-arme-des-guerres-hybrides-en-afrique/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 09:21:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Abuja]]></category>
		<category><![CDATA[AES]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Assimi Goïta]]></category>
		<category><![CDATA[Bamako]]></category>
		<category><![CDATA[Bangui]]></category>
		<category><![CDATA[baril]]></category>
		<category><![CDATA[Boko Haram]]></category>
		<category><![CDATA[carburant]]></category>
		<category><![CDATA[Confédération des États du Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[énergie]]></category>
		<category><![CDATA[géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[guerre hybride]]></category>
		<category><![CDATA[hydrocarbures]]></category>
		<category><![CDATA[indépendance africaine]]></category>
		<category><![CDATA[ingérence étrangère]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Mogadiscio]]></category>
		<category><![CDATA[Moscou]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[pénurie d’essence]]></category>
		<category><![CDATA[République centrafricaine]]></category>
		<category><![CDATA[résilience]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité énergétique]]></category>
		<category><![CDATA[Somalie]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté énergétique]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté nationale]]></category>
		<category><![CDATA[stratégie]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[transition énergétique]]></category>
		<category><![CDATA[Wagner]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20051</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Examinez comment la pénurie du carburant en Afrique devient une arme dans le conflit et affecte les gouvernements.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>De Maiduguri à Bamako, les groupes armés ont compris qu’un État s’étouffe plus sûrement par la soif d’essence que sous le feu des armes. Face à la pénurie, chaque gouvernement africain invente sa riposte : entre escortes, innovations locales et quête d’une souveraineté énergétique retrouvée.</em></strong></p>



<p>En juin 2025, depuis Moscou, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, avertissait : «&nbsp;<em>La guerre que nous menons est une épreuve de longue haleine. Elle ne se gagnera ni en un an, ni en deux… mais il faut tenir bon.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-guerre-se-mene-a-la-pompe"><strong>Quand la guerre se mène à la pompe</strong></h2>



<p>Un an plus tôt, à Sikasso, il avait détaillé les nouvelles formes de menace : le terrorisme armé, le terrorisme communicationnel et le terrorisme économique. C’est ce dernier qui, aujourd’hui, frappe au cœur du Mali, à travers l’instrumentalisation de la pénurie d’essence.</p>



<p>Les longues files devant les stations-service de Bamako et de certaines capitales régionales ne sont plus le simple signe d’un dérèglement logistique. Elles traduisent une guerre silencieuse où le carburant devient une arme stratégique. Depuis plusieurs semaines, les convois reliant les ports d’approvisionnement au centre du pays subissent des attaques répétées. Résultat : blocus partiel, flambée des prix, et tentatives de déstabilisation.</p>



<p>Mais le peuple malien ne s’y trompe pas. Il sait que derrière ces manœuvres se cachent les parrains étatiques étrangers du terrorisme, nostalgiques d’un ordre ancien. Et face à cette guerre hybride, l’État malien s’appuie sur les principes de la nouvelle Constitution : respect de la souveraineté, choix du peuple et défense de ses intérêts vitaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-precedent-nigerian-boko-haram-et-la-guerre-des-reservoirs"><strong>Le précédent nigérian : Boko Haram et la guerre des réservoirs</strong></h2>



<p>Au nord du Nigeria, Boko Haram a très tôt compris que le carburant est la sève de l’État moderne. Dès 2015, le groupe interceptait les camions-citernes, volait le pétrole et le revendait au marché noir. Interpol le rappelle : «&nbsp;<em>Le financement terroriste s’appuie sur la fraude, le rapt, le commerce illicite de pétrole, de charbon ou d’or.&nbsp;</em>»</p>



<p>Les conséquences furent désastreuses : hôpitaux paralysés, forces armées immobilisées, économie locale asphyxiée. Abuja répondit par la militarisation des routes, l’escorte des convois et la coopération avec le Tchad et le Niger. Le pétrole devint, littéralement, l’or noir du conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-en-centrafrique-le-carburant-comme-instrument-de-chantage"><strong>En Centrafrique, le carburant comme instrument de chantage</strong></h2>



<p>À Bangui, en 2021, les rebelles de la CPC bloquaient les corridors venant du Cameroun. La capitale suffoquait : plus d’essence, plus d’électricité, plus de transport.<br>Le président Touadéra réagit en confiant la sécurisation des convois aux forces russes de Wagner. Brutale, mais efficace, cette stratégie fit du carburant un symbole de souveraineté retrouvée. Elle permit à Bangui de diversifier ses approvisionnements et de rompre sa dépendance vis-à-vis de Douala.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-somalie-yemen-l-energie-comme-levier-de-domination"><strong>Somalie, Yémen : l’énergie comme levier de domination</strong></h2>



<p>En Somalie, les milices d’Al-Shabaab taxent le diesel, financent leurs opérations et étranglent Mogadiscio. Au Yémen, la coalition saoudienne a transformé le pétrole en arme de siège, privant des millions d’habitants d’électricité et de soins.<br>Face à ce blocus, les Houthis ont réinventé leur économie : véhicules au gaz, cuiseurs solaires, réseaux parallèles d’approvisionnement. L’énergie, là encore, devient un instrument de pouvoir politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cas-malien-entre-sabotage-et-resistance"><strong>Le cas malien : entre sabotage et résistance</strong></h2>



<p>Au Mali, cette guerre invisible prend une tournure géopolitique. Les groupes armés, soutenus par des puissances étrangères hostiles à la Confédération des États du Sahel (AES), née en juillet 2024, contrôlent certains corridors, sabotent les routes et visent à épuiser la Transition.</p>



<p>Bamako a choisi la riposte souveraine : ouverture de corridors alternatifs, sécurisation militaire des transports essentiels, constitution de stocks stratégiques et investissement dans les énergies locales — notamment le solaire.</p>



<p>La logique est de transformer la pénurie en tremplin vers la souveraineté énergétique. Comme l’a si bien dit le président devant la communauté malienne en Russie, «&nbsp;<em>il faut savoir transformer les défis en opportunité&nbsp;</em>». C’est pourquoi cette crise pourrait voir émerger au Mali, dans le secteur du transport notamment, de nouvelles initiatives pour que plus jamais de telles situations ne se reproduisent.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-laboratoire-d-une-guerre-energetique-mondiale"><strong>L’Afrique, laboratoire d’une guerre énergétique mondiale</strong></h2>



<p>Derrière ces crises locales, c’est une recomposition mondiale de l’énergie qui s’opère. Les grandes puissances, au nom de la transition «&nbsp;<em>verte</em>&nbsp;», imposent leurs standards et leurs dépendances. Pendant que les États-Unis exportent leur gaz liquéfié, l’Europe pousse ses biocarburants, et la Chine contrôle 77 % de la production mondiale de batteries.</p>



<p>Mais sur le continent, un autre récit s’écrit. Des mini-raffineries nigérianes aux corridors sahéliens, en passant par les fermes solaires du Soudan, l’Afrique expérimente sa propre autonomie énergétique. Une lente marche vers l’indépendance — arrachée, plus que concédée.</p>



<p>Car au fond, cette guerre du carburant raconte la même histoire : celle d’un continent qui apprend, dans la douleur, que l’autonomie énergétique précède l’autonomie politique.</p>



<p>Désormais, chaque litre d’essence n’est plus seulement une ressource, c’est un symbole de souveraineté. On tient un peuple par ses réservoirs mieux que par ses chaînes. Au Mali, cette phrase n’a jamais sonné aussi juste.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/le-carburant-nouvelle-arme-des-guerres-hybrides-en-afrique/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20051</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Sommet d’Abuja : Mali et Burkina refusent-ils de siéger avec la CEDEAO ? </title>
		<link>https://saheltribune.com/sommet-dabuja-mali-et-burkina-refusent-ils-de-sieger-avec-la-cedeao/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/sommet-dabuja-mali-et-burkina-refusent-ils-de-sieger-avec-la-cedeao/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Aug 2025 19:26:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[AES]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l’Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[Alliance des États du sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Bamako]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[CEDEAO]]></category>
		<category><![CDATA[Christopher Musa]]></category>
		<category><![CDATA[lutte contre le terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Niamey]]></category>
		<category><![CDATA[Niger]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[Ouagadougou]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité au sahel]]></category>
		<category><![CDATA[sommet militaire Abuja]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté]]></category>
		<category><![CDATA[tensions régionales]]></category>
		<category><![CDATA[transition militaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=19652</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Sommet d’Abuja a rassemblé des chefs militaires africains pour discuter des enjeux de sécurité, sans le Mali ni le Burkina Faso.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Alors que s’ouvrait à Abuja, du 25 au 27&nbsp;août, une conférence militaire africaine sur la sécurité, le Mali et le Burkina Faso ont refusé d’y participer. Un geste interprété par certains comme une crispation, mais qui traduit en réalité la ligne claire de l’Alliance des États du Sahel (AES) à savoir ne plus se diluer dans les cénacles régionaux jugés inféodés aux agendas extérieurs, et affirmer leur propre stratégie souveraine de défense.</em></strong></p>



<p>La capitale nigériane s’est transformée, le temps de trois jours, en grand carrefour militaire africain. Chefs d’état-major venus de tout le continent, promesses de « <em>solutions locales</em> » et appels à « <em>une architecture sécuritaire dirigée par l’Afrique</em> ». Dans ce décor solennel, deux absences ont fait grand bruit&nbsp;: celles du Mali et du Burkina Faso, tous deux membres de l’Alliance des États du Sahel, qui ont décliné l’invitation.</p>



<p>Officiellement, seul le Niger — représenté par son attaché de défense à Abuja — a pris part aux discussions. Mais Bamako et Ouagadougou avaient déjà donné le ton. Depuis leur retrait de la CEDEAO en janvier dernier, ces deux capitales n’entendent plus s’asseoir à des tables où les décisions, selon elles, sont influencées de l’extérieur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-choix-politique-assume"><strong>Un choix politique assumé</strong></h2>



<p>À Abuja, le général Christopher Musa, chef d’état-major nigérian, a rappelé que « <em>la véritable sécurité ne s’obtient pas dans l’isolement </em>». Une formule qui sonnait comme un reproche voilé à l’adresse des pays de l’AES. Mais pour Bamako et Ouagadougou, la véritable question est ailleurs&nbsp;: comment construire une sécurité crédible quand ceux qui organisent les sommets sont les mêmes qui, hier encore, menaçaient d’envoyer leurs troupes renverser des régimes voisins ?</p>



<p>Car au Sahel, la mémoire est tenace. En 2023, c’est bien sous l’égide du Nigeria que la CEDEAO avait brandi la menace d’une intervention armée contre Niamey. Et si la tempête diplomatique s’est depuis apaisée, l’épisode a scellé une conviction à Bamako comme à Ouagadougou&nbsp;: la sécurité sahélienne ne se décrète pas depuis Abuja, Accra ou Abidjan, elle se construit sur le terrain, dans le sang versé face aux jihadistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-aes-nbsp-une-autre-voie"><strong>AES&nbsp;: une autre voie</strong></h2>



<p>Pour les trois pays sahéliens, la création de l’AES en septembre 2023 est plus qu’une alliance militaire; c’est une déclaration d’indépendance. Refuser Abuja, ce n’est pas s’isoler, mais marquer une différence. Là où certains prônent la coopération régionale sous bannière CEDEAO — perçue comme le prolongement de vieilles tutelles —, le Mali, le Burkina et le Niger revendiquent une logique de souveraineté, quitte à s’attirer les critiques.</p>



<p>Leur credo&nbsp;: s’appuyer d’abord sur les forces nationales, sur la mobilisation populaire et sur des partenariats choisis — Moscou, Ankara, voire Téhéran — pour bâtir une défense débarrassée des agendas extérieurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-symbole-d-abuja"><strong>Le symbole d’Abuja</strong></h2>



<p>Difita, Gao, Djibo ou Tillabéri&nbsp;: sur le terrain, la guerre continue. Mais sur le plan politique, l’absence de Bamako et Ouagadougou à Abuja envoie un signal. L’AES ne veut plus être spectatrice dans des conférences où l’on parle en son nom, mais actrice d’un destin commun forgé par ceux qui paient le prix fort de la guerre contre le terrorisme.</p>



<p>Au-delà des formules diplomatiques, la fracture est nette. D’un côté, une CEDEAO sous parapluie occidental, cherchant encore à se poser en garante de la stabilité. De l’autre, une AES qui, au nom de la souveraineté, préfère l’action au terrain des palabres.</p>



<p>Dans ce bras de fer silencieux, le rendez-vous d’Abuja restera comme une illustration. Parfois, l’absence en dit plus long que tous les discours.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/sommet-dabuja-mali-et-burkina-refusent-ils-de-sieger-avec-la-cedeao/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">19652</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Nigeria – Buhari, le dernier soldat</title>
		<link>https://saheltribune.com/nigeria-buhari-le-dernier-soldat/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/nigeria-buhari-le-dernier-soldat/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Jul 2025 20:41:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[alternance politique]]></category>
		<category><![CDATA[armée nigériane]]></category>
		<category><![CDATA[Boko Haram]]></category>
		<category><![CDATA[Bola Tinubu]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[coup d’État]]></category>
		<category><![CDATA[décès]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie en Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[dirigeants africains]]></category>
		<category><![CDATA[EndSARS]]></category>
		<category><![CDATA[héritage politique]]></category>
		<category><![CDATA[Muhammadu Buhari]]></category>
		<category><![CDATA[Nigeria]]></category>
		<category><![CDATA[président nigérian]]></category>
		<category><![CDATA[transition démocratique africaine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=19360</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le décès de Muhammadu Buhari à Londres marque la fin d'une époque politique. Revivez son parcours et son impact en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Il fut d’abord un sabre, puis une urne. Le général-président devenu président-général s’en est allé, à 82 ans, dans une clinique londonienne. Muhammadu Buhari aura traversé la vie politique nigériane tel un roc granitique : inamovible, austère, insaisissable. Son décès clôt un chapitre de l’Afrique postcoloniale où les képis se sont peu à peu mués en complets civils — non sans nostalgies ni controverses.</em></strong><br>C’est par la voix feutrée de son ancien porte-parole que la nouvelle est tombée : Muhammadu Buhari n’est plus. Ce dimanche 13 juillet 2025, dans le confort aseptisé d’une clinique de Londres où il s’était exilé pour ses soins depuis avril, l’ancien président nigérian a tiré sa révérence. 82 ans, dont plus de 40 passés dans les arcanes du pouvoir, entre jungle militaire et joutes démocratiques. Un mythe africain s’effondre, aussi rigide dans la mort qu’il le fut dans la vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mythe-du-born-again-democrat"><strong>Le mythe du « born again democrat »</strong></h2>



<p>Né en décembre 1942 à Daura, dans ce nord féodal et peul où la hiérarchie n’est pas un concept mais un destin, Buhari était un homme d’ordre, de structure, de commandement. Petit dernier d’une fratrie de 23, orphelin de père à quatre ans, il avait été élevé dans une rectitude qui ne le quittera jamais.&nbsp;</p>



<p>Quand, le 31 décembre 1983, il renverse le président Shagari par les armes, le Nigeria ne voit pas venir un despote, mais un redresseur de torts. Ce n’est pas un aventurier, c’est un doctrinaire. Sa croisade ? La « <em>discipline nationale</em>« . Sa méthode ? La matraque, la gifle, la peur. Fela Kuti, l’insoumis saxophoniste, en fera les frais.</p>



<p>Puis vint l’exil intérieur. Évincé par un autre général (Babangida), Buhari disparaît des radars, tel un ermite armé de principes, ruminant dans le silence de Katsina les turpitudes de la République. Il lui faudra attendre 2015, et trois candidatures perdues, pour revenir en majesté : élu président démocratiquement, battant le sortant Goodluck Jonathan dans un élan d’alternance salué dans toute l’Afrique. Une première dans l’histoire du Nigeria. Le mythe du « <em>born again democrat</em> » est lancé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-patriarche-s-est-tue-a-la-tache"><strong>Le patriarche s’est tué à la tâche</strong></h2>



<p>Mais la mue ne sera que partielle. Président civil, Buhari gouverne toujours en général, vertical, distant, peu loquace. Il promet une guerre totale contre la corruption, mais se heurte à l’hydre bureaucratique. Il jure d’en finir avec Boko Haram, mais l’insécurité se déplace sans se dissiper. L’économie ? Elle chancelle sous deux récessions et un baril de pétrole dégringolant. Les illusions s’étiolent, la fatigue s’installe.</p>



<p>La jeunesse, elle, se réveille. Octobre 2020, manifestations EndSARS contre les brutalités policières : le massacre de Lekki souille définitivement l’image d’un patriarche autoritaire devenu sourd à son peuple. Suspendre Twitter ? Un aveu d’impuissance. Comme un roi nu dans un monde digitalisé.</p>



<p>La santé, aussi, devient un secret d’État. Des mois entiers passés à Londres pour des soins jamais détaillés, un président devenu silhouette, que certains soupçonnent même d’avoir été remplacé par un sosie&#8230; La rumeur, au Nigeria, est un art national. Jusqu’à ce 13 juillet, 16h30, où l’Histoire s’écrit pour de bon.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-patriarche-s-est-tue-a-la-tache-0">Le patriarche s’est tué à la tâche</h2>



<p>Bola Tinubu, son successeur, réagit avec mesure. Les drapeaux sont mis en berne, l’Afrique s’incline. Gambiens, Bissau-Guinéens, Congolais lui rendent hommage. Non sans ambivalence : le respect pour l’homme droit, l’austère, le vertueux ; mais aussi le regret d’un dirigeant resté figé, comme prisonnier d’un logiciel politique hérité des années 1980.</p>



<p>Sa déclaration inaugurale en 2015 résonne comme un épitaphe :&nbsp;<em>« Je suis à tout le monde, je ne suis à personne. »</em>&nbsp;Un vœu d’universalité, devenu parfois solitude. Car Muhammadu Buhari, c’était aussi cela : un homme de principes, mais de peu de compromis. Dans un continent où le pardon est une stratégie, lui ne savait que tenir la ligne. Jusqu’au bout.</p>



<p><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/nigeria-buhari-le-dernier-soldat/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">19360</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
