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	<title>Archives des modernité &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des modernité &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Peut-on encore construire un couple durable aujourd’hui ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 08:02:17 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les implications sociales du divorce à Bamako, un phénomène en croissance qui révèle une transformation profonde.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Par-delà les chiffres, c’est une transformation profonde de la société malienne qui se joue. L’augmentation du taux de divorce, désormais supérieure à celui des mariages dans certaines zones urbaines, n’est pas un simple fait divers sociologique : c’est un symptôme. Un signal d’alerte sur l’état du lien conjugal, mais aussi sur l’évolution des valeurs, de l’éducation et des rapports sociaux au Mali.</em></strong></p>



<p>Les données sont sans équivoque. Plus de 8 130 divorces ont été enregistrés en 2022 dans les six communes du district de Bamako, contre 6 950 mariages la même année. À cela s’ajoute une pression croissante sur les juridictions, avec plus de 150 dossiers traités chaque semaine, selon certaines sources. Même si des variations apparaissent d’une année à l’autre, la tendance globale reste préoccupante : le divorce s’installe durablement dans le paysage social. Mais derrière ces chiffres, que faut-il réellement comprendre ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-fragilisation-du-lien-conjugal"><strong>Une fragilisation du lien conjugal</strong></h2>



<p>Le mariage, dans sa conception traditionnelle, repose sur un équilibre fragile : celui d’un engagement nourri dans le temps. L’amour, souvent invoqué comme point de départ, ne saurait suffire à lui seul. Il doit être entretenu, consolidé, réaffirmé à travers les actes du quotidien.</p>



<p>Or, les réalités contemporaines montrent une érosion progressive de ces fondements. Les conflits non résolus, le manque de respect, les violences verbales ou encore l’absence d’attention contribuent à fragiliser les relations. Le couple devient alors un espace de tension plutôt que de construction. Cette évolution interroge notre capacité collective à préserver les bases essentielles du vivre-ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-education-cle-de-voute-du-vivre-ensemble"><strong>L’éducation, clé de voûte du vivre-ensemble</strong></h2>



<p>Toute société repose sur des normes. Et ces normes ne tiennent que par l’éducation. Celle reçue dans la famille, consolidée dans l’espace social et renforcée par l’école.</p>



<p>L’individu est le produit de ces trois cercles. Lorsqu’ils sont solides et cohérents, ils favorisent l’équilibre. Lorsqu’ils sont fragilisés, c’est l’ensemble de l’édifice social qui vacille.&nbsp;</p>



<p>La vie de couple n’échappe pas à cette règle. Elle exige des concessions, une capacité à renoncer à une part de sa liberté individuelle au profit d’un projet commun. Cette discipline n’est pas innée : elle s’apprend.</p>



<p>Le problème, aujourd’hui, est que cette éducation semble de plus en plus fragmentée, voire concurrencée par d’autres influences. Aujourd’hui, l’espace social semble prendre le dessus aussi sur le familial que sur l’école, livrant ainsi l’éducation des enfants à eux-mêmes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-impact-des-transformations-sociales-et-numeriques"><strong>L’impact des transformations sociales et numériques</strong></h2>



<p>Les nouveaux canaux de communication redéfinissent les référentiels. Ils diffusent des modèles, parfois déconnectés des réalités locales, qui influencent les perceptions du couple, de l’autorité et de la liberté individuelle.</p>



<p>Cette exposition permanente peut créer des attentes irréalistes ou des incompréhensions profondes sur le fonctionnement du mariage. Elle alimente également une forme de rigidité intellectuelle. Chacun s’enferme dans ses certitudes, persuadé de détenir la vérité. La communication devient un idéal puisque chaque partie reste plus concentrer sur son smartphone, se connectant ainsi à des réalités en déphasage avec son milieu de vie.&nbsp;</p>



<p>La vie conjugale exige précisément l’inverse : ouverture, écoute, capacité à se remettre en question. Ce principe cardinal du «&nbsp;<em>rationalisme critique</em>&nbsp;» est de plus en plus absent dans les foyers où la femme accorde de moins en moins de considération au chef de famille à qui l’éducation et l’entretien des enfants incombe. Nous assistons à une véritable inversion des valeurs qui a de la peine à passer.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sortir-des-certitudes-pour-reconstruire-le-couple"><strong>Sortir des certitudes pour reconstruire le couple</strong></h2>



<p>La famille demeure la première cellule d’organisation sociale. Elle est le lieu où se transmettent les valeurs, où s’apprennent les règles du vivre-ensemble. Mais ce socle est aujourd’hui en recomposition. Les repères évoluent, les rôles se redéfinissent, les équilibres traditionnels sont questionnés. Cette mutation, si elle n’est pas accompagnée, peut générer des tensions et des incompréhensions au sein du couple.</p>



<p>Car toute organisation sociale repose sur un minimum de règles partagées. Lorsque ces règles ne sont plus clairement définies ou acceptées, la stabilité devient difficile à maintenir.</p>



<p>Face à cette situation, une évidence s’impose : le problème n’est pas seulement juridique ou institutionnel. Il est avant tout culturel et éducatif. Il appelle une remise en question collective. Une capacité à sortir des postures figées, à accepter la critique, à apprendre de l’autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reapprendre-a-faire-societe"><strong>Réapprendre à faire société</strong></h2>



<p>Le couple ne peut survivre sans effort mutuel. Il ne peut prospérer sans respect réciproque. Il ne peut durer sans une volonté partagée de construire, malgré les imperfections inhérentes à toute existence humaine.</p>



<p>La montée des divorces au Mali n’est donc pas une fatalité. Elle est le reflet d’une société en transition, confrontée à des mutations rapides. Mais elle peut aussi être une opportunité : celle de repenser les bases du vivre-ensemble, de réhabiliter l’éducation comme pilier central, et de redonner au couple sa dimension de projet commun.</p>



<p>Car au fond, la question est simple : voulons-nous subir ces transformations ou les comprendre pour mieux les maîtriser ? La réponse déterminera, sans doute, l’avenir du lien social au Mali.</p>



<p><strong>Oumarou Fomba </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« J’ai voulu recréer la maison du village » </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 17:33:46 +0000</pubDate>
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<p>Le reportage sur Balla met en lumière les enjeux de la famille nucléaire et le retour à la famille élargie au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em><strong><em>À&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>rebours d</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>’</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>une urbanisation qui favorise la famille nucl</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>aire dans les grandes villes comme Bamako, certains Maliens red</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>couvrent les vertus de la famille&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>largie.&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>À&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>travers le parcours de Balla, ce reportage explore les tensions entre modernit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>urbaine et solidarit</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>s traditionnelles, et raconte comment le retour au mod</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>è</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>le familial&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>largi peut devenir un refuge social, affectif et&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>é</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>conomique.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>De nos jours, la tendance au Mali, surtout dans les grands centres urbains comme Bamako, est la vie en famille nucléaire. Cependant, certains citadins, ayant adopté&nbsp;ce mode de vie familial, ont vite déchanté&nbsp;en revenant&nbsp;à&nbsp;la famille&nbsp;élargie. Une famille qui les a vus naître et grandir. Balla (nom d&#8217;emprunt) en est un.</p>



<p>La famille nucléaire est une structure familiale de base composée d&rsquo;un couple (marié&nbsp;ou non) et de leurs enfants (un ou plusieurs), vivant sous le même toit, contrastant avec la famille&nbsp;élargie (avec grands-parents, oncles, tantes) ou monoparentale. C&rsquo;est le modèle familial le plus répandu dans les sociétés occidentales modernes. Ce modèle est souvent vu comme un pilier de stabilité&nbsp;mais aussi critiqué&nbsp;pour sa rigidité&nbsp;face aux&nbsp;évolutions sociales. Certainement, c&rsquo;est ce qu&rsquo;a compris Balla qui a abandonné&nbsp;la famille nucléaire au profit de la famille&nbsp;élargie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-n-e-nbsp-et-grandi-dans-une-famille-nbsp-e-largie"><strong>N</strong><strong>é&nbsp;</strong><strong>et grandi dans une famille&nbsp;</strong><strong>é</strong><strong>largie</strong><strong></strong></h2>



<p>Balla est originaire de Toukoto, dans la région de Kita, sur la route qui mène&nbsp;à&nbsp;Kayes, la première région administrative du Mali. Premier garçon d&rsquo;une famille composée de son père qui est marié à&nbsp;trois&nbsp;épouses et d’une dizaine d&rsquo;enfants, la famille de Balla compte&nbsp;également des oncles, tantes, cousins et cousines.</p>



<p>Après l&rsquo;obtention du diplôme de baccalauréat malien dans un lycée de Kayes, Balla se retrouve&nbsp;à&nbsp;Bamako pour des&nbsp;études universitaires qu&rsquo;il boucle avec succès.&nbsp;À&nbsp;sa suite, trois autres frères cadets se sont retrouvés&nbsp;à&nbsp;Bamako pour les mêmes motifs mais logés différemment chez des parents.</p>



<p>Après ses&nbsp;études supérieures, Balla enchaîne des stages et emplois précaires avant de trouver un emploi permanent et très payant. Il se marie pompeusement et s&rsquo;installe dans un quartier chic de la capitale dans une maison louée&nbsp;à&nbsp;cet effet. Quelques années plus tard, il est père de trois enfants.</p>



<p>«&nbsp;<em>Pendant des ann</em><em>é</em><em>es, notre maison&nbsp;</em><em>é</em><em>tait vide durant les journ</em><em>é</em><em>es, car mon&nbsp;</em><em>é</em><em>pouse et moi allons au travail, les enfants sont inscrits dans une&nbsp;</em><em>é</em><em>cole priv</em><em>é</em><em>e avec cantine. C&rsquo;est vers le cr</em><em>é</em><em>puscule que chacun d&rsquo;entre nous commence&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>rejoindre le domicile aux mains d&rsquo;un gardien et d&rsquo;une domestique&nbsp;</em>», nous raconte Balla qui est aujourd&rsquo;hui&nbsp;âgé&nbsp;de 53 ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-une-de-mes-journees-les-plus-heureuses">« L&rsquo;une de mes journées les plus heureuses « </h2>



<p>C&rsquo;est dans ces conditions qu&rsquo;un jour sa mère est venue séjourner chez lui pour des soins médicaux&nbsp;à&nbsp;Bamako.&nbsp;«&nbsp;<em>Constatant qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun parent chez moi pour s&rsquo;occuper de ma m</em><em>è</em><em>re, j&rsquo;ai fait appel&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>une s</em><em>œ</em><em>ur divorc</em><em>é</em><em>e vivant dans le district. Celle-ci a bien accept</em><em>é&nbsp;</em><em>de venir loger chez moi le temps que la maman se r</em><em>é</em><em>tablisse&nbsp;</em>», nous renchérit Balla.</p>



<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un dimanche, ses frères et sœurs vivant&nbsp;à&nbsp;Bamako se sont retrouvés chez lui pour rendre visite&nbsp;à&nbsp;la maman.&nbsp;«&nbsp;<em>Ce fut l&rsquo;une de mes journ</em><em>é</em><em>es les plus heureuses depuis que j&rsquo;avais foul</em><em>é&nbsp;</em><em>le sol de Bamako. Car ce jour-l</em><em>à</em><em>, nous avons tellement discut</em><em>é&nbsp;</em><em>et ri que j</em><em>’</em><em>ai oubli</em><em>é&nbsp;</em><em>tous mes soucis quotidiens. Ce qui m&rsquo;a permis de revivre mon enfance dans une famille&nbsp;</em><em>é</em><em>largie. La maman, tr</em><em>è</em><em>s heureuse, qui n&rsquo;avait jamais eu l&rsquo;occasion de bien discuter, a pris part aux&nbsp;</em><em>é</em><em>changes.&nbsp;</em>»</p>



<p>C&rsquo;est&nbsp;à&nbsp;partir de cet instant que Balla dit avoir nourri le dessein de recréer la famille&nbsp;élargie autour de lui. Disposant de deux parcelles contiguës dans le quartier de Niamakoro-Courani, il décide d&rsquo;entreprendre des travaux de construction.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-plan-de-construction-pouvant-abriter-une-famille-nbsp-e-largie"><strong>Un plan de construction pouvant abriter une famille&nbsp;</strong><strong>é</strong><strong>largie</strong><strong></strong></h2>



<p>Sur ces deux parcelles, Balla construit cinq mini-appartements composés chacun d&rsquo;un petit salon et de deux chambres avec toilettes internes et un petit magasin. Dans la cour, des toilettes externes et quelques chambres d&rsquo;amis ont&nbsp;été également construites.</p>



<p>Avant la fin des travaux qui ont duré&nbsp;plus de deux ans, la maman, bien guérie,&nbsp;était déjà&nbsp;retournée au village. Des&nbsp;événements malheureux s&rsquo;étaient&nbsp;également produits au village, car son père est décédé&nbsp;et, quelques six mois après, l&rsquo;une des coépouses de sa mère a aussi rendu l&rsquo;âme.</p>



<p>À&nbsp;la fin des travaux de construction, Balla organise une réunion chez lui avec ses frères et sœurs pour leur annoncer la bonne nouvelle.</p>



<p>«&nbsp;<em>Au cours de la r</em><em>é</em><em>union, j&rsquo;ai&nbsp;</em><em>é</em><em>mis le souhait que mes trois fr</em><em>è</em><em>res vivant&nbsp;</em><em>à&nbsp;</em><em>Bamako puissent emm</em><em>é</em><em>nager avec moi dans ma nouvelle demeure. Et que j&rsquo;avais pr</em><em>é</em><em>vu aussi de la place pour ma s</em><em>œ</em><em>ur divorc</em><em>é</em><em>e ainsi que ma maman et sa co</em><em>é</em><em>pouse qui vivent au village</em>&nbsp;», nous raconte Balla avec une voix empreinte de bonheur.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-j-ai-reconstitue-la-famille-elargie">« J&rsquo;ai reconstitué la famille élargie »</h2>



<p>À&nbsp;cette proposition, ses frères et sœurs n&rsquo;ont opposé&nbsp;aucune résistance et, séance tenante, ils se sont rendus sur place pour visiter la nouvelle demeure. Puis, un jour a&nbsp;été&nbsp;décidé&nbsp;pour l&#8217;emménagement de tout ce beau monde.</p>



<p>Le jour de l&#8217;emménagement, une fête a&nbsp;été&nbsp;organisée avec des mets délicieux et une lecture du Coran.&nbsp;«&nbsp;<em>C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai reconstitu</em><em>é&nbsp;</em><em>la famille&nbsp;</em><em>é</em><em>largie, m</em><em>ê</em><em>me si elle est plus petite que celle du village</em>&nbsp;», souligne notre interlocuteur.</p>



<p>Dans la nouvelle demeure, Balla nous présente fièrement ses frères, ses mamans ainsi que des neveux et cousins venus poursuivre leurs&nbsp;études&nbsp;à&nbsp;Bamako. Il y avait aussi des cousins qui exercent des petits emplois avant qu&rsquo;ils ne puissent bien s&rsquo;installer dans la capitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-depenses-notre-secret-familial">Les dépenses, notre secret familial </h2>



<p>«<em>&nbsp;Je vous assure que moins de deux ans apr</em><em>è</em><em>s la constitution de la famille&nbsp;</em><em>é</em><em>largie, j&rsquo;ai eu une promotion au niveau de mon entreprise</em>&nbsp;», poursuit Balla. Il enchaîne en affirmant que ses trois frères ont tous eu un emploi décent : l&rsquo;un est sapeur-pompier, les deux autres sont respectivement assureur et enseignant dans la fonction publique des collectivités territoriales.</p>



<p>«<em>&nbsp;Ma s</em><em>œ</em><em>ur divorc</em><em>é</em><em>e, que vous n&rsquo;avez pas vue aujourd&rsquo;hui, est de nouveau mari</em><em>é</em><em>e depuis quelques moments&nbsp;</em>», s’empresse-t-il de dire.</p>



<p>Balla nous précise aussi que ses frères se sont tous mariés et ont des enfants qui vivent tous avec ses enfants sous le même toit.&nbsp;À&nbsp;la question de savoir comment se passe la gestion des dépenses familiales, Balla nous répond, en ces termes, avec un sourire :&nbsp;«&nbsp;<em>Ç</em><em>a, c&rsquo;est notre secret familial qui fortifie notre unit</em><em>é</em><em>.&nbsp;</em>»</p>



<p>À&nbsp;voir la satisfaction de Balla pour son retour&nbsp;à&nbsp;la famille&nbsp;élargie, on peut estimer que ce mode de famille, s&rsquo;il est bien constitué, peut&nbsp;être un socle pour la cohésion et l’unité.</p>



<p><strong>Noumoukai</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le progrès contre l’homme : chronique d’une dépossession annoncée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 07:56:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le transhumanisme et le post humanisme révèlent les enjeux de la modernité et de la domination numérique sur l'humanité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>En voulant faire de l’homme comme le « maître et possesseur de la nature », Descartes posait les bases d’une émancipation par la raison. Quatre siècles plus tard, le progrès technologique a inversé la promesse. L’humanité se retrouve sous la surveillance de ses propres créations, entre intelligence artificielle, transhumanisme et contrôle numérique. La modernité, loin de libérer l’homme, menace désormais de le rendre obsolète.</em></strong></p>



<p>À l’ère numérique, le pouvoir ne se concentre plus uniquement dans les institutions politiques. Il circule à travers des réseaux hyperconnectés qui relient en temps réel gouvernants, citoyens, entreprises et médias, tout en faisant émerger de nouvelles formes de domination, d’influence et de contre-pouvoir. Cette connectivité sans précédent accélère la diffusion de l’information mais ouvre aussi la voie à une surveillance massive, à la manipulation des opinions et à la montée en puissance d’acteurs technologiques devenus des arbitres silencieux du débat public, redéfinissant en profondeur la grammaire du pouvoir contemporain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-obsolescence-programmee-de-l-espece"><strong>L’obsolescence programmée de l’espèce</strong></h2>



<p>« <em>Se rendre comme maître et possesseur de la nature.</em> » En 1637, à travers cette affirmation, René Descartes croyait ouvrir la voie de l’émancipation humaine. Il voulait libérer l’homme des superstitions, lui offrir la science comme outil de connaissance et de progrès. Quatre siècles plus tard, cette promesse sonne comme une ironie cruelle. L’homme moderne n’est plus maître de la nature. Il est devenu l’auxiliaire docile de ses propres machines.</p>



<p>Le projet cartésien reposait sur une intuition simple : comprendre pour maîtriser, maîtriser pour mieux vivre. La nature, démystifiée, devait cesser d’être une puissance hostile. Mais la modernité technologique a produit une autre force incontrôlable : l’empire des algorithmes, de l’intelligence artificielle et de la surveillance permanente. Ce n’est plus la nature qui nous dépasse, ce sont nos créations.</p>



<p>Le transhumanisme prétend prolonger l’idéal des Lumières : réparer, améliorer, augmenter l’homme. En réalité, il prépare sa liquidation. L’homme « <em>augmenté</em> » est déjà un homme diminué : diminué dans sa liberté, dans son autonomie, dans sa capacité à décider sans médiation technique. Le posthumanisme ne rêve pas d’un humain meilleur, mais d’un humain remplaçable. L’horizon n’est plus l’émancipation, mais l’obsolescence programmée de l’espèce.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-homme-devient-profil"><strong>L’homme devient profil</strong></h2>



<p>Les dystopies d’hier sont devenues nos modes d’emploi. <em>Demain les chiens</em>, de Clifford D. Simak,&nbsp; <em>Demain les posthumains: Le futur a-t-il encore besoin de nous ? </em>de Jean-Michel Besnier ou encore <em>1984</em> de Georges Orwell, les récits de science-fiction avaient annoncé la substitution de l’homme par ses propres produits. Nous y sommes. Les intelligences artificielles écrivent, trient, jugent, prédisent. Les robots soignent, surveillent, combattent. Et l’homme, lui, se contente de cliquer.</p>



<p>Le plus grand mensonge du progrès technologique est de se présenter comme neutre. Il ne l’est pas. Il organise un monde de contrôle. Grâce aux technologies de communication, l’homme n’a plus de vie privée, plus de silence, plus d’ombre. Chaque existence devient une donnée exploitable. La liberté individuelle est sacrifiée sur l’autel de l’efficacité numérique. Nous avons troqué la peur de la nature contre la soumission aux écrans.</p>



<p>Descartes voulait un homme maître de la nature. Nous avons fabriqué un homme surveillé par ses propres outils. Là où la raison devait être un instrument de libération, elle sert désormais à perfectionner les techniques de domination. Les algorithmes savent avant nous ce que nous désirons, ce que nous achetons, ce que nous pensons. L’homme n’est plus sujet : il devient profil.</p>



<p>Dans le contexte d’une évolution technologique accélérée, la célèbre formule de Rabelais dans <em>Gargantua</em> – « <em>Science sans conscience n’est que ruine de l’âme</em> » – apparaît comme une mise en garde prophétique contre les dérives d’un progrès dépourvu de réflexion éthique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-empecher-que-la-technique-devienne-maitresse-de-l-homme"><strong>Empêcher que la technique devienne maîtresse de l’homme</strong></h2>



<p>Cette mutation n’est pas seulement technologique, elle est politique. Qui contrôle les machines contrôle les sociétés. Derrière l’utopie du progrès se cachent des intérêts économiques colossaux et une nouvelle forme de pouvoir : celui qui ne gouverne plus par la loi, mais par la donnée. Le citoyen devient un utilisateur, et l’utilisateur un produit.</p>



<p>Il est temps de renverser la question cartésienne. Le problème n’est plus de devenir comme « <em>maître et possesseur de la nature </em>», mais d’empêcher que la technique devienne maîtresse de l’homme. Sans ce sursaut critique, le rêve des Lumières se transformera en cauchemar numérique.</p>



<p>L’homme moderne voulait dominer le monde. Il risque désormais de disparaître dans les systèmes qu’il a créés. Luc Ferry — dans <em>IA: grand remplacement ou complémentarité —</em> parle du « <em>grand remplacement </em>» technologique, non par des peuples, mais par des machines. L’homme augmenté devient une norme possible, pendant que l’homme ordinaire apparaît comme obsolète. Le progrès, s’il n’est pas soumis à une exigence éthique et politique, n’est plus une promesse : il devient une menace.</p>



<p>Descartes pensait avoir libéré l’humanité des dieux. Le XXIᵉ siècle l’a livrée à ses machines. À nous de choisir si nous voulons encore être des hommes — ou seulement des interfaces.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>De la caverne de Platon aux big data : sommes-nous encore libres de voir le réel ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 12:15:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez comment les big data influencent notre vision du monde et questionnent notre rapport à l'image et à la réalité.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>À partir de l’allégorie de la caverne de Platon, cette tribune interroge notre rapport contemporain aux big data et aux images numériques. Entre illusion et réalité, elle invite à une lecture critique des technologies qui façonnent nos perceptions et pose une question centrale : sommes-nous encore capables de voir le monde autrement que par ses reflets chiffrés ?</em></strong></p>



<p>Par bien des aspects, notre époque semble avoir donné raison à Platon. Il y a près de 2 500 ans, dans <em>La République</em>, le philosophe grec racontait l’histoire d’hommes enchaînés dans une grotte depuis leur naissance. Face à un mur, ils ne percevaient du monde que des ombres projetées par un feu qu’ils ne voyaient jamais. Pour eux, ces ombres constituaient la seule réalité possible. Leurs geôliers n’étaient pas seulement des surveillants : ils étaient aussi des illusionnistes, fabricants d’images et de croyances.</p>



<p>Dans cette célèbre allégorie de la caverne, Platon montre comment l’homme peut être maintenu dans la passivité par une réalité fabriquée, au point de perdre toute volonté de s’en libérer. Hypnotisés par un flot permanent d’images, les prisonniers finissent par confondre apparence et vérité. Aujourd’hui, cette parabole résonne avec une troublante actualité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-big-data-deviennent-nos-nouvelles-ombres"><strong>Quand les big data deviennent nos nouvelles ombres</strong></h2>



<p>À l’ère des big data, des algorithmes et des écrans omniprésents, nous sommes peut-être plus enchaînés que jamais à des représentations du monde qui se substituent au monde lui-même. Nous vivons dans un miroir déformant, une « <em>glace sans tain </em>» — pour reprendre&nbsp; une expression de Marc Dugain et Christophe Labbé, dans <em>l’Homme nu&nbsp;—</em>&nbsp; où le reflet numérique de la réalité prend progressivement le pas sur l’expérience directe.</p>



<p>Le chiffre, la statistique, l’indicateur sont devenus des autorités. Ils prétendent dire le vrai sur nos comportements, nos émotions, nos sociétés. Mais la réalité qu’ils décrivent n’est jamais qu’une construction. En encodant le monde, les big data tissent une toile entre nous et le réel, filtrant ce que nous voyons, ce que nous ressentons et même ce que nous croyons.</p>



<p>Platon faisait dire à l’un de ses prisonniers : « <em>Et si on l’obligeait à regarder le feu lui-même, ses yeux ne lui feraient-ils pas mal ? Ne voudrait-il pas se détourner pour revenir à ce qu’il est dans ses forces de regarder ? </em>» Autrement dit : la vérité fait parfois mal. Elle exige un effort, une rupture avec le confort des illusions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-danger-d-une-humanite-reduite-a-des-donnees"><strong>Le danger d’une humanité réduite à des données</strong></h2>



<p>La promesse technologique est celle de la prévisibilité : tout mesurer, tout anticiper, tout contrôler. Mais cette logique heurte ce qui fait la singularité humaine : l’émotion, l’imprévisible, le contradictoire, l’irrationnel parfois.</p>



<p>Les big data ne savent pas modéliser la peur, la dignité, l’humiliation, l’espérance. Elles ignorent la part invisible de l’homme. En réduisant les sociétés à des tableaux de bord, on risque de transformer des peuples en objets statistiques et les citoyens en profils numériques.</p>



<p>Pour l’Afrique, cet enjeu est crucial. Le continent est à la fois un laboratoire technologique et un espace de fortes vulnérabilités informationnelles. La dépendance aux plateformes, aux narrations venues d’ailleurs et aux chiffres produits hors contexte peut fabriquer une nouvelle forme de caverne : une réalité importée, projetée, souvent éloignée des vécus locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sortir-de-la-caverne-numerique"><strong>Sortir de la caverne numérique</strong></h2>



<p>Sortir de la caverne, aujourd’hui, ne signifie pas rejeter la technologie. Cela signifie la soumettre à la «&nbsp;<em>raison critique&nbsp;</em>» en référence au «&nbsp;<em>rationalisme critique</em>&nbsp;» de Karl Popper. Refuser que les algorithmes deviennent des oracles. Réhabiliter l’expérience humaine face à la donnée brute. Redonner à l’éducation, à la philosophie, au débat public leur fonction émancipatrice.</p>



<p>Platon nous rappelait que la liberté commence par un acte douloureux : celui de détourner le regard des ombres pour affronter la lumière. De même, notre époque doit accepter l’inconfort de la complexité contre la facilité des chiffres.</p>



<p>La question n’est donc pas seulement technologique. Elle est politique, culturelle et morale : voulons-nous comprendre le monde, ou seulement consommer ses images ?</p>



<p>La prophétie de Platon est en train de se réaliser sous nos yeux. Non plus dans une grotte, mais dans des flux de données, des écrans et des narrations automatisées. L’illusion n’est plus imposée par des geôliers visibles, mais par des systèmes que nous alimentons nous-mêmes.</p>



<p>Reste une responsabilité individuelle et collective : ne pas confondre l’ombre avec la chose, la statistique avec la vie, le modèle avec l’homme. Car une société qui abdique sa capacité à voir le réel abdique aussi sa liberté.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La femme malienne, socle invisible de la souveraineté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 14:53:38 +0000</pubDate>
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<p>La femme malienne est une figure essentielle dans la société, contribuant à la paix et à la stabilité malgré les crises.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans un Mali en reconstruction, souvent décrit à travers ses crises, ses armées et ses réformes, on oublie parfois la colonne vertébrale silencieuse qui soutient la nation : la femme. Ni spectatrice, ni simple héritière, elle est la gardienne de la cohésion, la mémoire du courage et le ferment invisible de la souveraineté. Là où elle s’efface, c’est tout un pays qui vacille.</em></strong></p>



<p>On la voit dans les champs, les marchés, les écoles ou les foyers — sans uniforme, sans tribune, mais omniprésente. La femme malienne ne gouverne pas, elle&nbsp;<em>tient debout</em><em>.&nbsp;</em>C’est elle qui, dans les heures sombres, empêche les foyers de sombrer dans le chaos, qui nourrit l’espérance quand les vivres manquent, qui enseigne la patience quand la colère monte. Elle incarne cette stabilité souterraine qui empêche toute nation de se briser.</p>



<p>Dans un pays encore marqué par la guerre et la crise, elle ne se plaint pas — elle agit. Elle ne réclame pas la gloire — elle bâtit dans le silence. Elle est cette énergie sociale qui transforme l’épreuve en continuité, la douleur en résistance. Sans elle, le Mali ne serait pas un pays debout, mais un pays orphelin.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-entre-liberte-et-devoir-la-grandeur-silencieuse"><strong>Entre liberté et devoir : la grandeur silencieuse</strong></h3>



<p>Soumise à des traditions souvent pesantes, à des normes qui la consultent rarement, la femme malienne vit dans un équilibre précaire : entre la liberté qu’elle aspire à conquérir et le devoir qu’elle refuse d’abandonner. Elle est à la fois fille du vent et gardienne du foyer.</p>



<p>Dans ce balancement entre émancipation et fidélité, elle incarne la plus haute forme de lucidité : celle de celles qui savent que le progrès n’a de sens que s’il respecte la mémoire.</p>



<p>La modernité lui offre des promesses, parfois des mirages. Mais dans le tumulte des influences étrangères, elle reste fidèle à sa source — cette foi, cette langue, cette tradition qui la relient à la matrice du Mali. Là où certains prêchent le changement par la rupture, elle rappelle que la véritable révolution se nourrit de continuité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-femme-gardienne-du-lien-et-de-la-memoire"><strong>La femme, gardienne du lien et de la mémoire</strong></h3>



<p>Des plaines de Sikasso aux dunes de Tombouctou, le fil de l’histoire malienne est tissé par des mains féminines. Quand les hommes prenaient les armes, les femmes prenaient soin. Elles ont protégé la culture, la foi, les enfants, les livres. Elles ont gardé vivante l’idée même de nation — cette idée que l’on ne conquiert pas avec des fusils, mais avec la mémoire.</p>



<p>Aujourd’hui encore, dans les institutions, les champs, les marchés ou les salles de classe, elles perpétuent ce rôle invisible mais essentiel : celui de l’unité. Dans un pays en guerre contre le terrorisme et la pauvreté, elles sont le ciment moral d’une refondation lente mais réelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-force-tranquille-pour-un-pays-en-transition"><strong>Une force tranquille pour un pays en transition</strong></h3>



<p>Dans le Mali de la Transition, où la souveraineté se décline désormais en actes — armée nationale, production locale, autonomie diplomatique —, la femme demeure la garante du sens. Elle rappelle que la force d’un pays ne se mesure pas seulement à ses blindés, mais à la stabilité de ses foyers. Que la véritable indépendance n’est pas seulement militaire, mais aussi morale. Et que l’avenir d’une nation dépend moins de ses conquêtes que de la manière dont elle élève ses enfants.</p>



<p>La femme malienne ne revendique pas le pouvoir. Elle&nbsp;<em>l’exerce</em>&nbsp;par sa seule présence, par la constance de ses gestes, par sa capacité à porter la vie et la mémoire dans un même souffle.</p>



<p>Tant qu’elle parlera au nom du silence, qu’elle préservera la dignité et élèvera la vie, le Mali gardera son âme invincible. Elle n’est ni l’ombre des hommes, ni la vitrine d’un féminisme importé : elle est le cœur battant d’une souveraineté intérieure, enracinée dans la foi, la patience et la dignité.</p>



<p>Dans un monde où les puissances s’effritent, le Mali tient encore debout parce qu’il a aussi des femmes debout. Et c’est peut-être là, dans cette discrétion héroïque, que réside le secret de sa véritable indépendance.</p>



<p><strong>Mikailou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La République des enfants : ce que le Sambè Sambè dit du Mali d’aujourd’hui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Jun 2025 20:44:26 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez le Sambè Sambè : un rituel enfantin vibrant des traditions maliennes, symbole d'identité et de partage.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À Bamako, comme dans toutes les villes et villages du Mali, ils sortent dès l’aube. Parés de leurs habits neufs, les enfants s’élancent de maison en maison, semant des formules de bénédiction et de paix à chaque seuil franchi. Ils ne réclament rien. Ils reçoivent tout. Voici venu le temps du Sambè Sambè. Une tradition à la fois poétique, éducative et identitaire, qui raconte à sa manière un Mali debout, résilient, et profondément enraciné dans ses valeurs.</em></strong><em></em></p>



<p>On les entend avant de les voir. Les voix aiguës des plus jeunes s’élèvent dans les rues de Bamako : «<em> Sambè Sambè ! Allah ka san kura diya !</em> » Les portes s’ouvrent, les mains tendent pièces, bonbons, parfois cola ou céréales. Les enfants remercient, s’inclinent, repartent en trottinant, leurs sacs en tissu (les <em>sabouni</em>) se remplissant comme les cœurs. Dans une société fragilisée par les tensions et la violence, le <em>Sambè Sambè</em> agit comme un baume sur la <a href="https://saheltribune.com/fete-ramadan-lieu-sacrifice-convivialite-coup-covid-19/">mémoire collective</a>. Une respiration. Une fête d’autant plus nécessaire qu’elle est innocente.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-tradition-enracinee-un-rituel-vivant"><strong>Une tradition enracinée, un rituel vivant</strong></h3>



<p>Le&nbsp;<em>Sambè Sambè</em>&nbsp;n’est pas né d’hier. Il plonge ses racines dans les sociétés mandingues, à l’époque où la parole circulait plus vite que les biens, et où les enfants étaient les premiers messagers des saisons, des dieux ou des ancêtres. Avec l’islamisation du Sahel, la pratique s’est transformée, sans jamais se trahir. Aux offrandes votives ont succédé les vœux islamiques. Aux chants de récolte, les formules de bénédiction. De cette hybridation heureuse est née une tradition populaire profondément ancrée dans le tissu social malien.</p>



<p>En langue bambara,&nbsp;<em>san bè</em>&nbsp;signifie le jour du partage. En soninké,&nbsp;<em>sanbè</em>&nbsp;évoque la salutation rituelle. Deux interprétations, un même message : le&nbsp;<em>Sambè Sambè</em>&nbsp;est la fête des liens et de la transmission.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-ecole-de-la-vie-a-ciel-ouvert"><strong>Une école de la vie à ciel ouvert</strong></h3>



<p>Ce matin-là, Fatoumata, 8 ans, récite à la porte d’une voisine âgée : « <em>Que Dieu vous accorde santé et paix. </em>» La vieille dame, émue, lui tend 200 FCFA et un sachet de bonbons. <a href="https://www.voaafrique.com/a/f%C3%AAte-de-l-aid-au-mali-samb%C3%A9-samb%C3%A9-une-tradition-qui-ravive-la-joie-des-enfants/7563520.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Fatoumata sourit</a>, salue et repart. Elle n’a pas appris ces mots à l’école. C’est sa grand-mère qui les lui a transmis. Le <em>Sambè Sambè</em> est aussi une école de la politesse, de la générosité, et de l’empathie.</p>



<p>Dans les quartiers populaires, les enfants se regroupent en petites bandes joyeuses. Ils improvisent des chants, dansent au rythme des percussions urbaines, imitent les figures politiques ou les stars locales. L’espace public devient leur scène, et le Mali leur terrain d’apprentissage.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-entre-douce-effervescence-et-fractures-sociales"><strong>Entre douce effervescence et fractures sociales</strong></h3>



<p>Mais derrière les éclats de rire et les danses colorées, se cachent aussi les réalités d’un pays traversé par les inégalités. Si les enfants des quartiers résidentiels finissent leur tournée dans les pâtisseries climatisées ou les parcs d’attractions comme <a href="https://www.maliweb.net/art-culture/bamako-parc-magic-une-pleiade-dartistes-des-espaces-attractions-et-jeux-au-coeur-de-la-3eme-edition-3088075.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Bamako Parc Magic</a>, d’autres, issus des quartiers périphériques, se contentent de terrains vagues et de beignets achetés à la sauvette.</p>



<p>Cette fracture, visible, ne ternit pas l’esprit du&nbsp;<em>Sambè Sambè</em>. Elle le rappelle simplement à ses origines : celles d’une pratique qui lie, malgré les différences.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-fete-devient-danger"><strong>Quand la fête devient danger</strong></h3>



<p>Depuis quelques années, la fête est aussi devenue un terrain de vigilance. <a href="https://www.studiotamani.org/184931-les-disparitions-denfants-cette-autre-realite-les-jours-de-fete-au-mali" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Disparitions d’enfants</a>, accidents de la route, tentatives d’enlèvements : les risques sont bien réels. En 2025, selon une ONG locale, 32 cas de disparition ont été signalés à Bamako dans les 48 heures suivant la fin du Ramadan.</p>



<p>Les autorités, conscientes de l’enjeu, ont renforcé les mesures de prévention. Bracelets d’identification, patrouilles de volontaires, applications de géolocalisation sont désormais déployés pour encadrer la pratique sans l’étouffer. Car le&nbsp;<em>Sambè Sambè</em>, malgré les défis, demeure une fête d’enfance et de liberté.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-transmission-sous-tension"><strong>Une transmission sous tension</strong></h3>



<p>La modernité, elle aussi, exerce une pression. À Bamako, des « <em>coachs Sambè</em> » organisent désormais des tournées payantes, transformant le rituel en prestation. Sur les réseaux sociaux, les enfants exhibent leurs « <em>récoltes</em> » comme des trophées, comparant leurs gains en ligne. Le risque ? Que le <em>Sambè Sambè</em> perde son âme, sa gratuité, son <a href="https://saheltribune.com/le-temps-la-communaute-et-lesprit-les-dimensions-cachees-des-fetes-de-fin-dannee/">ancrage communautaire.</a></p>



<p>Mais là encore, la société civile s’organise. Des ateliers intergénérationnels, des programmes scolaires pilotes, des festivals comme celui de Ségou ou Kayes, œuvrent à la préservation de l’esprit initial : celui d’une fête populaire, éducative, spirituelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-fete-qui-dit-l-essentiel"><strong>Une fête qui dit l’essentiel</strong></h3>



<p>Le&nbsp;<em>Sambè Sambè</em>&nbsp;est tout cela à la fois : un chant d’enfance, une prière en mouvement, un miroir de la société. En ces temps où le Mali cherche à reconstruire son tissu social, à réancrer son identité dans des valeurs stables, il offre un modèle. Un modèle simple mais profond. Une réponse joyeuse et poétique aux défis du temps.</p>



<p>Dans un pays en quête de stabilité, le&nbsp;<em>Sambè Sambè</em>&nbsp;est bien plus qu’une tradition enfantine. Il est l’empreinte d’un peuple qui, à travers ses enfants, continue de croire en l’avenir.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarr</strong>a</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’amour à contre-courant : les défis des couples du Sahel moderne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mariam]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jan 2025 09:39:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Échos d'amour]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[histoires d'amour]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
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		<category><![CDATA[union]]></category>
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<p>Entre traditions ancestrales et aspirations modernes, ce storytelling explore les histoires d’amour dans le Sahel, où les couples jonglent entre respect des coutumes et quête de liberté, pour bâtir des unions à la croisée des époques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Entre traditions ancestrales et aspirations modernes, ce storytelling explore les histoires d’amour dans le Sahel, où les couples jonglent entre respect des coutumes et quête de liberté, pour bâtir des unions à la croisée des époques.</em></strong><em></em></p>



<p>Dans les vastes étendues du Sahel, où les dunes s’étendent à perte de vue et les villages s’ancrent dans des traditions séculaires, l’amour s’écrit souvent dans un mélange d’épreuves et de résilience. Ici, les couples doivent naviguer entre des coutumes profondément enracinées et les aspirations modernes d’une jeunesse en quête de liberté.</p>



<p>Dans cette région, l’union de deux êtres dépasse largement les sentiments individuels. Le mariage est un contrat social qui engage des familles entières. Les cérémonies fastueuses, les dots souvent lourdes à porter, et les conseils des anciens dictent encore le tempo des histoires d’amour. Mais pour Fatoumata et Idrissa, jeunes amoureux du village de Ségou, le défi a été de concilier leurs rêves avec les attentes de leurs familles.</p>



<p>Fatoumata, étudiante en médecine, a refusé de quitter son cursus pour suivre les injonctions d’un mariage précipité. Idrissa, quant à lui, a bravé la désapprobation de son père en soutenant sa décision. Ensemble, ils ont plaidé pour un mariage qui ne serait pas une fin, mais un tremplin pour leurs ambitions. Leur union, bénie sous le regard des anciens après de longues négociations, a marqué un tournant pour leur communauté.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Modernité, une chance ou une menace ?</strong></h3>



<p>Le vent de la modernité souffle de plus en plus fort dans le Sahel. Les smartphones, les réseaux sociaux et les influences extérieures redéfinissent les relations. Désormais, l’amour s’affiche sur WhatsApp et se murmure dans des messages vocaux envoyés en secret. Si ces outils facilitent les connexions, ils viennent aussi avec leur lot de malentendus et de jalousies.</p>



<p>Aïssata et Moussa, tous deux enseignants à Tombouctou, incarnent cette dualité. Leur histoire a débuté sur Facebook, loin des regards intrusifs. Mais le couple a dû affronter les rumeurs nées de leur audace à ignorer les codes habituels. Aujourd’hui mariés, ils prônent une vision où l’amour s’appuie sur le dialogue et la compréhension mutuelle, plutôt que sur la conformité aux normes traditionnelles.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les résistances face à l’évolution</strong></h3>



<p>Cependant, tout le monde n’accueille pas ces changements à bras ouverts. Les aînés redoutent la perte des valeurs ancestrales et la dilution des liens communautaires. « <em>L’amour moderne, c’est comme un feu de paille&nbsp;: il brûle vite et s’éteint tout aussi rapidement »,</em>&nbsp;affirme un griot lors d’une veillée dans un village du Gourma. Pourtant, même les plus réticents reconnaissent que les jeunes d’aujourd’hui cherchent à écrire une histoire qui leur appartient.</p>



<p>Entre coutumes et modernité, les couples du Sahel tentent de bâtir des ponts. Ils inventent un langage commun, mêlant respect pour les traditions et quête d’authenticité. Dans cette quête, l’amour devient une danse délicate entre héritage et innovation.</p>



<p>Au Sahel, l’amour ne se mesure pas uniquement aux gestes romantiques, mais à la capacité de deux âmes à traverser ensemble les tempêtes culturelles. Et c’est peut-être cela, la vraie beauté de l’amour&nbsp;: un voyage où tradition et modernité se rencontrent pour écrire une histoire qui transcende les époques.</p>



<p><strong>Mariam&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Les griots pris en tenaille entre tradition et capitalisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2020 14:38:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[caste]]></category>
		<category><![CDATA[griot]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
		<category><![CDATA[tradition]]></category>
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<p>Dans nos sociétés jadis, les griots jouaient un rôle prépondérant. Le métier de griot était exceptionnel dans la plupart de ces sociétés. À travers la force de sa parole, le&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Dans nos sociétés jadis, les griots jouaient un rôle prépondérant. Le métier de griot était exceptionnel dans la plupart de ces sociétés. À travers la force de sa parole, le griot réussissait à assurer la cohésion sociale. Comme la plupart des autres métiers, ce métier traverse sa phase de décadence. </strong><strong></strong></p>



<p>Djibril Tamsir Niane n’a pas manqué l’occasion de noter dans son livre « <em>Soundjata ou l’épopée mandingue » </em>la force de la parole du griot dans les sociétés dites traditionnelles. Pendant ces temps, on n’avait pas besoin d’historiens parce que les griots étaient les détenteurs des savoirs les plus anciens qu’ils transmettaient de génération en génération.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Le griot, garant de la stabilité </strong><strong></strong></h3>



<p>En ces temps-là plus qu’aujourd’hui, toutes les jeunes générations connaissaient leur histoire, la signification de leur nom de famille. Mieux que tous ceux-ci, ils remplaçaient l’ONU, la Minusma dans nos communautés. À chaque fois qu’un problème pointait le nez, nous faisions appel à eux pour qu’ils discutent à l’amiable du problème. Dans ces sociétés, nous n’avions pas besoin de signature d’accord de paix <em>a posteriori</em> de loi d’entente nationale. Les griots, à travers la force de leur parole, faisaient des miracles. Ainsi, les griots étaient ceux qui étaient habilités à arranger les mariages dans nos communautés. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle chaque famille possédait à son compte un griot. Celui-ci, avec bien sûr sa famille, et se trouvaient à leur charge.</p>



<p>Le griot était aux familles ce que sont les médecins pour des familles occidentalisées. N’est-ce pas dans ce cadre que tout mariage était interdit entre les nobles et les griots. Car une fois que nous épousions notre serviteur, qui va prendre la relève ? L’enfant issu de l’union d’un noble et d’un griot va-t-il servir de griot dans une famille noble ? Chose difficile puisqu’il ne porte pas un nom griot, mais il est issu d’une mère griot. Ayant peur de la dégénérescence, les anciens ont trouvé plus prudent de défendre tout lien de mariage entre ces deux castes.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Division de la société </strong><strong></strong></h3>



<p>Cette pratique nous rappelle la division de la société par le philosophe antique Platon. Celui-ci avait divisé la société en trois classes où au sommet nous trouvions les dirigeants, au milieu les gardiens et au bas de l’échelle les ouvriers. Pour éviter toute décadence de la société, cet intellectuel défendait toute relation en termes de mariage ou de sexe entre ces trois classes. Ainsi, chacune des classes devait rester dans sa catégorie et remplir son devoir. Cela ne correspond-il pas à la situation des griots dans nos sociétés ?</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color has-normal-font-size wp-block-heading"><strong>Dégénérescence sociale </strong><strong></strong></h3>



<p>Mais hélas, de la même façon dont nous avons assisté à la dégénérescence de cette société platonicienne, nous sommes témoins de celle de nos communautés. Cette caste de griots est devenue aujourd’hui un véritable business. Les griots ne parlent plus qu’au nom de l’argent. Ils organisent ainsi des périodes de sorties constituant une sorte de campagne privilégiée pour se faire de l’argent. Ils sont devenus moins cultivés, parce que ce qui les intéresse c’est le savoir parler pour gagner suffisamment d’argent. Dans les lieux de mariage et de baptême, nous ne manquons nullement de les rencontrer en train de mendier auprès de tous, même des inconnus. Ce qui entraine beaucoup d’entre eux dans le mensonge. Ainsi, plus de respect et par conséquent plus de confiance en eux.</p>



<p>Puisque c’est donc devenu un métier à part entière, des non-griots font également leur entrée sur la scène. Si jadis, les griots constituaient de grands musiciens parce qu’on était convaincu que la musique adoucissait les mœurs, aujourd’hui rares sont les griots qui s’adonnent à cette pratique. Plus de différence entre les griots et les nobles de nos jours. C’est ce qui explique l’instauration du mariage entre ces deux castes au sein de beaucoup de nos sociétés. La dégénérescence est au comble, et pour cause, les hommes de culture au lieu de faire de leur domaine un dévouement pour la défense de la cause de l’humanité, en ont fait un gagne-pain.</p>



<p><strong>Fousseni Togola </strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« Tegu Na ou le Grand Palabre » : les effets de la rupture entre la tradition et la modernité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2020 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[abandon des valeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Hamidou Ongoïba]]></category>
		<category><![CDATA[littérature malienne]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
		<category><![CDATA[Tegu Na ou le Grand Palabre]]></category>
		<category><![CDATA[tradition]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>S’il existe un livre qui mérite aujourd’hui qu’on lui accorde une place inestimable dans nos bibliothèques et librairies, c’est bien « Tegu Na ou le Grand Palabre » de Wamseru A. Assama Ongoïba</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Vieux professeur de mathématiques et conseiller pédagogique, assistant du 2<sup>ème</sup> vice-président de l’Assemblée nationale du Mali, Hamidou Ongoïba a publié en juillet 2020 son troisième roman chez les éditions La Sahélienne Mali. Intitulé « <em>Tegu Na ou le Grand Palabre</em> », cet ouvrage de 150 pages nous évoque les problèmes liés à la rupture entre la tradition et la modernité.</strong></p>



<p>S’il existe un livre qui mérite aujourd’hui qu’on lui accorde une place inestimable dans nos bibliothèques et librairies, c’est bien «&nbsp;<em>Tegu Na ou le Grand Palabre&nbsp;»</em> de Wamseru A. Assama Ongoïba, de son vrai nom Hamidou Ongoïba. Simplicité, clarté, précision constituent entre autres quelques caractéristiques majeures qui donnent envie de dévorer cet ouvrage en un laps de temps. &nbsp;A tout dire, aucun lecteur ne peut résister au style de l’auteur. Un style direct et pédagogique qui facilite tout de suite une bonne assimilation du récit, même si M. Ongoïba entretient volontairement le suspense afin de garder l’attention du lecteur éveillée. En tout cas, c’est ce que nous dit le préfacier du livre, Dr Bouréima Sory Guindo, un consultant en Sciences de l’éducation&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est une histoire très captivante et très attachante par la force et la justesse des sentiments qui s’y expriment, qui entretient le suspense et focalise l’attention du lecteur tout au long de sa narration&nbsp;»</em>.</p>



<p>Captivante et attachante, oui. Puisqu’il s’agit d’un récit qui nous plonge, comme tout roman d’ailleurs, dans des réalités de la communauté dogon, au centre du Mali. L’ouvrage décrit les conséquences sociales de la désobéissance des valeurs traditionnelles. Mais pas que. Amasagu est la figure de cette transgression des valeurs, de cette rupture entre la modernité et la tradition. Il refuse de donner sa fille unique en mariage au Nonmon, génie tutélaire et protecteur de la communauté de Orolèye. Cette communauté recommande qu’une jeune fille soit donnée en sacrifice à ce génie, tous les sept ans. Or, <em>«&nbsp;la transgression peut entraîner un désordre, des troubles de toutes sortes, un chaos durable au sein de la communauté, dès lors que la violation d’un des fondements de la protection du village et de la cohésion sociale est actée et connue de tous</em>&nbsp;».</p>



<p>Mais ce crime ne peut-il pas être également un facteur d’émancipation, de protection des droits de l’homme&nbsp;? Si la vie est sacrée et que toute vie mérite protection, quelle justification, à notre époque, du sacrifice humain&nbsp;? «&nbsp;<em>Tegu Na ou le Grand Palabre</em>&nbsp;» expose aux lecteurs ce divorce, souvent nécessaire, entre la tradition et la modernité.</p>



<p>En ces temps troubles, ce récit pourrait trouver écho dans la quasi-totalité des communautés maliennes. Des sociétés qui traversent pour la plupart leur crise de valeurs. Partant de ce constat, ne pourrions-nous pas admettre que «&nbsp;<em>Tegu Na ou le Grand Palabre</em>&nbsp;» est un roman qui fait ressortir toute la problématique liée au vivre ensemble ainsi qu’à la cohésion sociale dans nos sociétés&nbsp;? En tout cas, l’éventail qu’il embrasse est assez large. Maintes problématiques actuelles dans nos sociétés peuvent puiser dans ce livre des réponses satisfaisantes.</p>



<p>A la lecture de ce livre, on ne peut point s’empêcher, en tout cas pour ceux qui l’ont découvert, de faire un lien avec le film malien «&nbsp;<em>SIA</em>&nbsp;», la fille qui devrait être sacrifiée au grand serpent protecteur du village de Wagadu. Mais face à la résistance de son fiancé, elle ne le sera point.</p>



<p>M. Ongoïba a réussi le pari. Car ce livre tient le lecteur en haleine du début jusqu’à la fin. On finit de le parcourir sans se rendre compte de la longueur du récit.</p>



<p>«&nbsp;<em>Tegu Na ou le Grand palabre</em>&nbsp;» est disponible en vente aux éditions La Sahélienne, sis à Bacodjicoroni ACI, ainsi qu’auprès de l’auteur lui-même. Il est également disponible dans plusieurs librairies de la capitale malienne, Bamako.</p>



<p><strong>Fousseni Togola</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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