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	<title>Archives des minerais critiques &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des minerais critiques &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>La voiture verte roule sur des mines africaines : l&#8217;Afrique, elle, reste au bord de la route.</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 00:07:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La transition mondiale vers les véhicules électriques repose largement sur le cobalt, le lithium et le cuivre africains. Pourtant, l’Afrique capte peu de valeur ajoutée tandis que la Chine domine le raffinage et la fabrication des batteries. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;essor mondial des véhicules électriques repose massivement sur les sous-sols africains — cobalt, lithium, manganèse, cuivre. Mais la chaîne de valeur échappe presque entièrement au continent. Entre pillage organisé, dépendance à la Chine et premières résistances souveraines, l&rsquo;Afrique se trouve à la croisée d&rsquo;un choix historique.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose d&rsquo;obscène dans cette image. Sur les routes de Shanghai, de San Francisco ou de Francfort, des millions de voitures électriques circulent en silence, vantées comme le symbole d&rsquo;un monde plus propre, d&rsquo;une modernité réconciliée avec la planète. À quelques milliers de kilomètres, dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, en République démocratique du Congo, <a href="https://www.amnesty.org/ru/wp-content/uploads/sites/8/2021/05/AFR6231832016FRENCH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des enfants de sept ans</a> creusent la terre à mains nues pour en extraire le cobalt qui alimente ces mêmes batteries — pour moins de deux dollars par jour, selon une enqueête de la <a href="https://cndh.cd/wp-content/uploads/2025/02/CNDH-RAPPORT-ENQUETE-TRAVAIL-DES-ENFANTS-DANS-LES-MINES-DE-COBALT-3.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">commission nationale des droits de l’homme de la République démocratique du Congo</a>. La voiture verte roule. Sur leurs dos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://saheltribune.com/voitures-electriques-comment-la-crise-petroliere-mondiale-accelere-la-transition-energetique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport que l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie</a> a publié en mai 2026 projette 23 millions de véhicules électriques vendus en 2026, et 510 millions en circulation d&rsquo;ici 2035. Derrière ces chiffres vertigineux se cache une question que les grandes capitales préfèrent ne pas poser trop fort : d&rsquo;où vient la matière dont ces voitures sont faites ? La réponse est africaine, pour l&rsquo;essentiel. Et les conditions dans lesquelles cette matière est extraite, traitée et vendue constituent l&rsquo;un des grands scandales silencieux de la transition énergétique mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un continent assis sur un trésor qu&rsquo;il ne contrôle pas</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Afrique détient plus de <a href="https://africarenewal.un.org/fr/magazine/les-mineraux-essentiels-de-lafrique-en-passe-de-propulser-la-transition-mondiale-vers" target="_blank" rel="noreferrer noopener">30 % des minéraux critiques</a> essentiels à la fabrication des batteries de véhicules électriques. La RDC concentre à elle seule plus de <a href="https://www.bfmtv.com/economie/international/elle-fournit-les-trois-quarts-de-la-production-mondiale-la-republique-democratique-du-congo-reprend-ses-exportations-de-cobalt-apres-dix-mois-de-suspension_AD-202512230380.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">76 % de la production mondiale de cobalt</a> — un métal dont la demande a bondi de 11 % en 2025, portée précisément par l&rsquo;essor des batteries lithium-ion. Le Zimbabwe, <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/01/le-zimbabwe-geant-africain-du-lithium-cherche-a-briser-le-monopole-chinois-sur-ses-mines_6695996_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">premier producteur de lithium du continent</a>, dispose de réserves estimées à 126 millions de tonnes, désormais au cœur de la bataille technologique entre la Chine et les États-Unis. L&rsquo;Afrique du Sud concentre 85 % des réserves mondiales de manganèse et une part considérable du platine. La Zambie et la RDC ensemble assurent une part majeure du cuivre mondial, indispensable aux câbles et aux moteurs électriques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces chiffres auraient dû faire de l&rsquo;Afrique la grande puissance de la transition énergétique. La réalité est tout autre. Dans la chaîne de valeur qui mène du sol africain à la batterie d&rsquo;une Tesla ou d&rsquo;une BYD, l&rsquo;Afrique occupe systématiquement le maillon le moins rémunérateur — l&rsquo;extraction brute — et laisse les étapes de transformation, de raffinage et de fabrication à d&rsquo;autres, principalement à la Chine. Moins de 10 % du cobalt produit en RDC est transformé localement. Le reste part à l&rsquo;état brut vers les raffineries chinoises, qui concentrent entre 70 et 75 % de la capacité mondiale de transformation du cobalt. Ce que l&rsquo;Afrique vend : de la terre. Ce que la Chine revend : de la technologie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cobalt des enfants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût humain de cette extraction mérite d&rsquo;être dit sans euphémisme. L&rsquo;exploitation minière artisanale représente entre 10 et 15 % de la production congolaise de cobalt — une fraction, dira-t-on. Mais c&rsquo;est dans ce secteur que les violations les plus graves sont documentées. En 2024, l&rsquo;OIT a identifié plus de&nbsp;<a href="https://www.humanium.org/fr/la-situation-actuelle-du-travail-des-enfants-dans-les-mines-de-cobalt-en-republique-democratique-du-congo/">6 200 enfants travaillant dans des mines</a>&nbsp;rien que dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Des ONG estiment que jusqu&rsquo;à 40 000 enfants seraient impliqués dans l&rsquo;ensemble de la filière artisanale congolaise, certains à peine âgés de sept ans. Ils transportent des charges, respirent la poussière de cobalt qui provoque des maladies respiratoires chroniques, travaillent sans équipement de protection, pour des salaires inférieurs à deux dollars par jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces enfants ne travaillent pas pour des seigneurs de guerre sans visage. Ils travaillent dans une chaîne d&rsquo;approvisionnement qui aboutit aux batteries de Google, Tesla, Apple, BYD et des constructeurs automobiles européens. La Fair Cobalt Alliance — qui réunit Glencore, CMOC, Google, Tesla et des ONG comme Save the Children — tente d&rsquo;apporter des réponses. Elle a extrait plus de 9 000 enfants des mines artisanales depuis 2022 et les a réinsérés dans des filières scolaires ou professionnelles. C&rsquo;est réel. C&rsquo;est insuffisant.&nbsp;Un pays qui fournit 70&nbsp;% du cobalt&nbsp;mondial&nbsp;doit avoir son mot à dire sur les prix.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La révolte des prix : RDC et Zimbabwe passent à l&rsquo;offensive</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant trois ans, le prix du cobalt a chuté de plus des trois quarts, passant de 82 000 à moins de 22 000 dollars la tonne entre 2022 et début 2025. La cause : une surproduction mondiale orchestrée en grande partie par le géant chinois CMOC, qui représentait à lui seul 53 % de la production mondiale en 2024, et dont la production a encore bondi de 20 % au premier trimestre 2025. L&rsquo;Afrique extrait, la Chine inonde le marché, les prix s&rsquo;effondrent. Le modèle est cynique dans sa mécanique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La RDC a décidé de briser ce cercle. En février 2025,&nbsp;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/03/10/la-republique-democratique-du-congo-suspend-ses-exportations-de-cobalt-un-pari-risque_6577892_3212.html">Kinshasa suspend ses exportations de cobalt brut</a>&nbsp;— une décision inédite qui fait immédiatement flamber les prix de plus de 100 %, atteignant 48 500 dollars la tonne fin novembre 2025. En octobre, un système de quotas d&rsquo;exportation prend le relais, limité à 18 000 tonnes pour la fin de l&rsquo;année — moins que la seule production annuelle de CMOC. L&rsquo;objectif affiché est double : stabiliser les cours et pousser les investisseurs à construire des raffineries sur le sol congolais plutôt que d&rsquo;exporter de la matière brute.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Zimbabwe, la logique est identique mais radicale. Le 25 février 2026, Harare interdit l&rsquo;exportation de l&rsquo;ensemble de ses minerais bruts, lithium en tête — une décision appliquée immédiatement, y compris aux cargaisons déjà en transit. Le ministre zimbabwéen des Mines, Polite Kambamura, justifie la mesure «&nbsp;<em>dans l&rsquo;intérêt national</em>&nbsp;». Dans les faits, c&rsquo;est la Chine qui se retrouve en première ligne&nbsp;: Pékin est le principal investisseur et acheteur dans le secteur minier zimbabwéen, et la totalité du lithium extrait était jusqu&rsquo;alors expédiée vers ses raffineries. Les entreprises chinoises Sinomine Resource et Zhejiang Huayou Cobalt avaient bien commencé à construire des raffineries locales — mais pas assez vite.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que valent vraiment les minerais africains</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le lithium brut extrait au Zimbabwe est vendu comme concentré. Le sulfate de lithium — produit après raffinage — se vend environ trois fois plus cher. L&rsquo;hydroxyde de lithium pour batteries — l&rsquo;étape suivante — coûte cinq à sept fois le prix du concentré brut. L&rsquo;Afrique vend le concentré. La Chine vend l&rsquo;hydroxyde. L&rsquo;équation est simple et dévastatrice&nbsp;: la même tonne de lithium zimbabwéen génère au Zimbabwe environ 15 000 dollars. Elle en génère plus de 100 000 une fois transformée en Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le cobalt, la structure est identique. La RDC exporte principalement de l&rsquo;hydroxyde de cobalt à environ 20 dollars la livre. Le sulfate de cobalt pour cathodes de batteries, produit par les raffineries chinoises à partir de cet hydroxyde, se vend deux à trois fois plus cher. Le rapport de l&rsquo;AIE l&rsquo;indique sans détour&nbsp;: la Chine contrôle plus de 80 % de la production mondiale de cellules de batteries, grâce précisément à cette maîtrise du raffinage qu&rsquo;elle a construite pendant que les pays producteurs africains exportaient leur richesse à l&rsquo;état brut.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La malédiction des ressources, version électrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que vivent aujourd&rsquo;hui la RDC et le Zimbabwe n&rsquo;est pas nouveau dans l&rsquo;histoire africaine. C&rsquo;est la même mécanique que le pétrole des années 1960 et 1970 — les ressources abondent sous le sol africain, les revenus en sont captés ailleurs, et le continent reste pauvre malgré ses richesses. L&rsquo;économiste zambien Dambisa Moyo l&rsquo;a nommée la <a href="https://www.lemonde.fr/livres/article/2009/09/28/l-aide-fatale-eloge-de-la-dictature_1245994_3260.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« <em>malédiction des ressources</em> ».</a> Le lithium et le cobalt en sont la réédition à l&rsquo;ère électrique, avec les mêmes acteurs dans des rôles similaires — l&rsquo;ancienne puissance coloniale remplacée par Pékin, le pétrole remplacé par les minerais verts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Banque de France, dans une&nbsp;<a href="https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/publications/metaux-critiques-pour-la-transition-energetique-et-developpement-durable-en-afrique">note de 2023</a>, estimait que dans un scénario de décarbonation mondiale à l&rsquo;horizon 2050, les rentes de minerais critiques pourraient atteindre des montants équivalents au PIB actuel du Gabon pour certaines économies africaines — mais seulement si la transformation locale est assurée. C&rsquo;est ce «&nbsp;<em>si</em>&nbsp;» qui concentre tout l&rsquo;enjeu politique du prochain quart de siècle africain. La banque chinoise d&rsquo;import-export a accordé 24,9 milliards de dollars de prêts liés à l&rsquo;extractivité minière africaine au seul premier semestre 2025 — un record. Ces prêts financent des mines. Rarement des raffineries.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que les gouvernements africains doivent exiger</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les décisions de la RDC et du Zimbabwe marquent une rupture psychologique et politique. Pour la première fois, des États africains producteurs utilisent le levier de l&rsquo;offre — comme l&rsquo;OPEP en son temps — pour reprendre la main sur la fixation des prix. C&rsquo;est une nécessité, pas un luxe. Mais les quotas et les interdictions d&rsquo;exportation ne suffisent pas. Ils créent de la pression sans créer de valeur, si la capacité de transformation locale n&rsquo;est pas construite en parallèle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que l&rsquo;Afrique doit exiger — et que le rapport de l&rsquo;AIE ne dit pas, parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas son rôle de le dire — c&rsquo;est une redéfinition des termes des contrats miniers. C&rsquo;est l&rsquo;obligation, pour tout investisseur extérieur exploitant des minerais critiques africains, d&rsquo;y installer une unité de transformation locale correspondant à une part substantielle de sa production. C&rsquo;est la création d&rsquo;une Agence africaine des minerais critiques, dotée d&rsquo;un pouvoir de régulation supranational sur les exportations. C&rsquo;est la construction d&rsquo;une industrie de la batterie africaine — une ambition aujourd&rsquo;hui limitée à quelques projets épars au Maroc, en Afrique du Sud et en Zambie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Union africaine a adopté en 2023 une <a href="https://www.africangreenminerals.com/news/featured-news/2025/african-green-mineral-strategy" target="_blank" rel="noreferrer noopener">stratégie sur les minéraux verts</a>. Elle reste, à ce jour, un texte de principes sans mécanisme d&rsquo;application. La Commission de l&rsquo;UA a annoncé un cadre de gouvernance des minéraux critiques pour 2025 — il tarde à se concrétiser. Pendant ce temps, les banques chinoises signent des chèques, les mines s&rsquo;ouvrent, et le lithium part brut vers Wuhan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://saheltribune.com/taxi-sans-chauffeur-pourquoi-bamako-casablanca-et-mumbai-doivent-deja-sinquieter/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La voiture électrique</a> est peut-être l&rsquo;avenir de la mobilité mondiale. Mais si cet avenir continue de se construire sur l&rsquo;extraction non rémunérée des sous-sols africains, sur le travail d&rsquo;enfants congolais et sur des prix fixés à Pékin plutôt qu&rsquo;à Kinshasa ou Harare, alors la « <em>transition verte </em>» mondiale n&rsquo;aura été, pour l&rsquo;Afrique, qu&rsquo;un nouveau nom pour une très vieille histoire. L&rsquo;heure n&rsquo;est plus aux déclarations de principes. Elle est aux rapports de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Minerais critiques : l’autre agenda de Washington en Afrique</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 15:17:23 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment l'Agoa et les minerais critiques redéfinissent les relations entre Washington et l'Afrique sous Donald Trump.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Derrière la reconduction express de l’Agoa, Donald Trump redessine la relation entre Washington et l’Afrique selon une logique brutale : accès au marché américain contre loyauté politique, ressources stratégiques contre silence diplomatique. Plus qu’un accord commercial, l’Agoa devient un instrument de pression au service d’une Amérique obsédée par ses seuls intérêts.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous Donald Trump, l’Afrique n’est plus un partenaire, mais un levier. Le 3 février 2026, le Sénat américain a voté la réactivation de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) pour une durée d’un an, aussitôt promulguée par le président des États-Unis. Une reconduction minimaliste, temporaire, assortie d’un discours sans ambiguïté. Désormais, l’Agoa devra servir avant tout les intérêts économiques, stratégiques et géopolitiques de Washington.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Présenté depuis son lancement en 2000 comme un outil de développement et d’intégration commerciale de l’Afrique subsaharienne dans l’économie mondiale, l’Agoa permet l’accès au marché américain en franchise de droits pour plus de 6 800 produits africains. Textile kényan, automobile sud-africaine, vanille malgache ou encore produits agricoles. Pour de nombreux pays, le dispositif constitue un pilier fragile mais essentiel de leur stratégie d’exportation. Fragile, car sous Trump, ce pilier est devenu un instrument de chantage politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-reconduction-sous-contrainte"><strong>Une reconduction sous contrainte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Agoa avait expiré à l’automne 2025, sans reconduction, victime collatérale de la paralysie budgétaire américaine. La solution adoptée début février relève davantage du pansement que de la politique. Une prolongation rétroactive jusqu’au 31 décembre 2026, faute de consensus au Congrès sur une réforme de fond. Mais à Washington, l’urgence n’est pas africaine. Elle est américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message a été martelé par Jamieson Greer, représentant au commerce de la Maison Blanche, chargé de « <em>moderniser</em> » l’Agoa pour l’aligner sur la doctrine <em>America First</em>. Il s’agit à travers ce mécanisme d&rsquo;exiger davantage des pays africains, ouvrir plus largement leurs marchés aux PME américaines, conditionner l’accès préférentiel à des contreparties politiques, migratoires ou sécuritaires. Le développement du continent n’est plus une fin, mais un moyen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette inflexion s’inscrit dans une stratégie assumée de transactionnalisation des relations avec l’Afrique, pilotée par une équipe diplomatique recomposée. La nomination récente de Nick Checker, Haut fonctionnaire à la tête du Bureau des affaires africaines du Département d’État, s’inscrit dans cette logique : moins de diplomatie multilatérale, plus de calcul bilatéral, plus de pression directe.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-comme-variable-d-ajustement"><strong>L’Afrique comme variable d’ajustement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs mois, la Maison Blanche utilise l’incertitude autour de l’Agoa comme levier de négociation. Le Ghana en a fait l’expérience, son ministre des Affaires étrangères révélant que la prolongation du programme avait été conditionnée à l’accueil de personnes expulsées des États-Unis. Commerce contre contrôle migratoire. La méthode Trump, appliquée à l’Afrique comme elle l’a été au Mexique ou à l’Amérique centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Congrès, le débat reste vif. Certains élus, y compris républicains, défendent un Agoa de long terme, pensé comme un outil de stabilité économique et politique. D’autres, à l’image du sénateur John Kennedy, plaident pour un dispositif court, coercitif, explicitement orienté contre l’influence chinoise sur le continent. Dans les deux cas, l’Afrique est parlée, rarement écoutée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-minerais-critiques-le-vrai-agenda"><strong>Minerais critiques : le vrai agenda</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La concomitance n’est pas fortuite. Le lendemain de la promulgation de l’Agoa, Washington accueille une quarantaine de délégations africaines pour un sommet sur les minerais critiques. Objectif affiché : sécuriser les approvisionnements américains en cobalt, coltan, lithium et terres rares. Les Etats-unis visent donc à réduire la dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La République démocratique du Congo, pivot mondial du cobalt, est au cœur de cette offensive. Deux mois après les accords de Washington sur le Rwanda et la RDC, le président Félix Tshisekedi est de retour dans la capitale américaine, cette fois pour négocier l’accès aux ressources. Des discussions avancées concernent la reprise de la mine de Chemaf par une entreprise américaine, après l’éviction d’intérêts chinois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même logique en Guinée, courtisée pour sa bauxite et son fer, ou au Kenya, où les terres rares de la colline de Mrima excitent les appétits. Partout, c’est la même promesse d’investissements, de partenariats, de sécurité. Partout, c’est la même réalité d’extraction accélérée, de dépendance renforcée, de souveraineté négociée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-politique-sans-illusion"><strong>Une politique sans illusion</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump ne s’en cache pas. « <em>Mon administration a pris des mesures extraordinaires pour s’assurer que les États-Unis disposent de tous les minerais critiques dont nous avons besoin </em>», déclarait-il récemment dans un message relayé dans le département d’Etat américain sur sa page X. L’Afrique n’est pas absente de la stratégie américaine ; elle en est un rouage. Un gisement à sécuriser, un marché à ouvrir, un espace à disputer à Pékin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconduction minimale de l’Agoa n’est donc pas un geste de solidarité, mais le signal&nbsp; que le temps des préférences commerciales sans contrepartie est révolu. Pour les pays africains, l’année 2026 s’annonce comme une période de sursis, suspendue aux arbitrages d’une Maison Blanche obsédée par le rapport de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Agoa version Trump n’est plus une politique de développement. C’est un test de loyauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>De « pays de merde » à « pays stratégiques » : Trump réécrit l’Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Jul 2025 21:14:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le 9 juillet 2025, Donald Trump a organisé un mini-sommet historique USA-Afrique, redéfinissant les relations diplomatiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un monde où la géopolitique se joue au gramme de cobalt près, le président américain opte pour une diplomatie ciblée, minérale et… intéressée. L’Afrique, elle, hésite encore entre partenariat et prudence.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un déjeuner d’apparence feutrée, des discours calibrés, et pourtant… Un tournant. Le 9 juillet 2025, dans la salle à manger d’État de la Maison-Blanche, Donald Trump — l’homme des superlatifs et des volte-face — réunissait cinq chefs d’État africains pour ce qu’il a lui-même qualifié de «&nbsp;<em>mini-sommet historique</em>&nbsp;». Un huis clos diplomatique aux allures de chasse aux minerais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On le croyait définitivement rangé aux oubliettes de l’Histoire, classé dans les annales abrasives de la politique américaine comme une anomalie populiste. Mais voilà que Donald J. Trump, tel le phœnix capricieux du GOP, revient sur le devant de la scène — cravate rouge au vent, rhétorique intacte — pour façonner une nouvelle version de la politique africaine des États-Unis. Et ce, non plus dans le cadre fastidieux et boursouflé des sommets à 54, mais dans un cercle restreint, ciblé, pesé : cinq présidents, cinq cartes stratégiques sur l’échiquier des ressources.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-casting-pense-un-decor-maitrise"><strong>Un casting pensé, un décor maîtrisé</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du 9 au 11 juillet, Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Joseph Boakai (Liberia), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon) ont eu droit à ce que Washington appelle désormais la «&nbsp;<em>diplomatie de proximité ciblée&nbsp;</em>». Pas de flonflons multilatéraux, pas de déclarations universelles ; juste du concret, du brut, du minéral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Des terres de très grande valeur</em>&nbsp;», a lancé Trump, des étoiles dans les yeux — non pas pour la poésie des paysages, mais pour leur contenu en lithium, cobalt, or et manganèse. «&nbsp;<em>Un grand potentiel économique, comme peu d’autres endroits</em>&nbsp;», a-t-il poursuivi. L’Afrique, hier «&nbsp;<em>shithole</em>&nbsp;» country, est aujourd’hui une mine à ciel ouvert aux yeux du milliardaire recyclé en président. Ironie des revirements.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-minerais-des-deals-et-peu-de-morale"><strong>Des minerais, des deals, et peu de morale</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, cette rencontre est moins un sommet qu’un business pitch. L’or libérien, la bauxite de Bissau, l’uranium mauritanien, le zircon sénégalais, le manganèse gabonais : autant d’arguments que Trump brandit pour justifier ce virage économique. Finie l’aide, place au commerce. «&nbsp;<em>Gagnant-gagnant</em>&nbsp;», dit la Maison-Blanche. Traduction : on prend les ressources, vous prenez les promesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette logique, l’USAID est priée de plier bagage. La doctrine Trump est claire : «&nbsp;<em>de la charité à la viabilité</em>&nbsp;». Comprendre : moins de subventions, plus de contrats. Une philosophie résolument transactionnelle, à l’image de l’homme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-sommet-deux-ennemis-pekin-et-moscou"><strong>Un sommet, deux ennemis : Pékin et Moscou</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mini-sommet ne se comprend pleinement qu’à la lumière de ses absents : la Chine et la Russie. Xi Jinping promet 51 milliards de dollars sur trois ans, Poutine distribue des aides militaires, économiques et manuels de combat en échange de mines et de loyautés. Trump, lui, parie sur le capitalisme nu : deals miniers, infrastructures, avantages douaniers — assortis, il est vrai, de menaces tarifaires en cas d’insubordination.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique devient le terrain de jeu d’une guerre froide revisitée. Mais les règles, cette fois, sont dictées par le marché, non par les idéologies. L’administration américaine ne cache plus son anxiété de voir Pékin et Moscou dicter les flux de matières premières stratégiques, alors que la transition énergétique exige un accès garanti à certains métaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-strategie-et-contradictions"><strong>Entre stratégie et contradictions</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, derrière les sourires figés des photos officielles, les tensions couvent. Car pendant que Trump parle de «&nbsp;<em>partenariats</em>&nbsp;», son administration menace d’imposer des droits de douane à l’Afrique du Sud, et d’interdire l’entrée de ressortissants de 25 pays africains, dont quatre représentés à ce sommet. Contradiction ? Schizophrénie ? Ou simplement une stratégie du rapport de force à l’américaine : on invite, on séduit, mais on n’hésite pas à cogner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Brice Oligui Nguema, tout en diplomatie feutrée, salue «&nbsp;<em>l’opportunité stratégique</em>&nbsp;» d’évoquer la sécurité dans le golfe de Guinée. Joseph Boakai, lui, veut tourner la page de la dépendance à l’aide. Mais tous savent que l’enjeu dépasse leurs présidences. Il s’agit de repositionner leur pays dans le nouveau Grand Jeu des matières premières.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-trump-l-afrique-et-les-fantomes-du-passe"><strong>Trump, l’Afrique et les fantômes du passé</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On ne referme pas aussi vite les plaies verbales d’un passé pas si lointain. «&nbsp;<em>Pays de merde</em>&nbsp;», avait dit Trump. L’Union africaine avait protesté. Aujourd’hui, les mêmes reviennent à la table. Parce qu’on ne choisit pas toujours ses partenaires. Et que l’Afrique, dans sa realpolitik nouvelle, a bien compris qu’il valait mieux discuter avec celui qui a les clés du coffre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais discuter ne veut pas dire oublier. L’ombre du mépris rôde encore dans les salons d’apparat. Et l’Afrique, plus fière que jamais, n’a pas l’intention de se laisser acheter sans conditions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-apres-sommet-vers-un-g20-des-ressources-africaines"><strong>L’après-sommet : vers un G20 des ressources africaines ?</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rendez-vous de juillet préfigure un sommet plus large en septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette fois, une trentaine de pays africains sont pressentis. Washington veut faire de ce format un Davos afro-américain, vitrine d’un capitalisme à l’américaine, sans filtre, ni pitié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trump redessine les cartes. Reste à savoir si les présidents africains sauront jouer leur main autrement qu’en simples fournisseurs de matière première. Ce sera leur défi. Et notre avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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