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	<title>Archives des martyrs &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des martyrs &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali – Commémorer pour refonder : le 26 mars comme repère d’avenir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 14:21:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[26 mars]]></category>
		<category><![CDATA[Assimi Goïta]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>En commémorant les martyrs du 26 mars 1991, le Mali de la Transition ne se contente pas d’honorer son passé. Il cherche, dans la mémoire collective, les fondations d’un avenir souverain et pacifié.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>En commémorant les martyrs du 26 mars 1991, le Mali de la Transition ne se contente pas d’honorer son passé. Il cherche, dans la mémoire collective, les fondations d’un avenir souverain et pacifié.</em></strong></p>



<p>Il y a des dates que les nations ne célèbrent pas seulement pour honorer le passé, mais pour se redire à elles-mêmes ce qu’elles veulent devenir. Le 26 mars, au Mali, appartient à cette catégorie rare. Ce mercredi 26 mars 2025, trente-quatre ans jour pour jour après la chute du régime de Moussa Traoré, le général Assimi Goïta, Président de la Transition, a présidé la Journée des Martyrs. Une cérémonie sobre, solennelle, encadrée par la hiérarchie militaire et les plus hautes autorités de la Transition.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La mémoire, comme devoir politique</strong></h3>



<p>Mais derrière le rituel du dépôt de gerbe et les discours attendus, c’est une autre lecture, plus subtile, qu’il convient de poser sur cet événement, celle d’un État qui tente, une nouvelle fois, de se redéfinir. Car commémorer 1991 en 2025, ce n’est pas seulement rappeler une rupture démocratique. C’est se demander ce qu’il reste aujourd’hui de cette promesse, et comment la Transition actuelle peut en être l’héritière – ou la réformatrice.</p>



<p>En se rendant au monument des Martyrs, le chef de l’État ne s’est pas contenté d’un geste symbolique. Il a, à sa manière, rétabli un fil interrompu, celui de l’histoire démocratique du Mali. Dans son allocution, il l’a rappelé sans détour : «<em> Le souvenir des événements tragiques demeure dans la conscience collective, il en va de même pour l’aspiration du peuple à vivre dans un pays pacifié, réconcilié et stable.</em> »</p>



<p>Ce faisant, Assimi Goïta a inscrit sa propre action politique dans la continuité d’une lutte commencée bien avant lui, celle d’un peuple pour la dignité, la souveraineté et la paix. Non pas comme un retour à l’ordre ancien, mais comme un nouveau chapitre, écrit à partir de nouveaux outils – les Assises de la Refondation, le Dialogue inter-malien, et une volonté affichée de rompre avec les dépendances extérieures.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Refonder, non restaurer</strong></h3>



<p>Ce 26 mars ne célèbre pas un retour au statu quo ante. Il incarne le choix du Mali de s’assumer autrement. Et cela suppose, comme l’a déclaré le Président, «<em> patience, engagement et sacrifice </em>». Trois mots qui résument la philosophie de la Transition : prendre le temps d’une refondation, refuser l’impatience d’une démocratie de façade, poser les bases d’un contrat social renouvelé.</p>



<p>C’est ici que l’on retrouve une résonance profonde avec les trajectoires similaires de ses voisins de l’AES. Car le Mali, comme le Burkina Faso et le Niger, fait face à un même dilemme : comment conjuguer l’exigence populaire de changement, les impératifs sécuritaires, et le besoin d’une gouvernance légitime ?</p>



<p>La réponse, pour l’instant, passe par un ancrage national fort, une prise de distance assumée avec certaines institutions régionales, et une mobilisation de la mémoire collective comme ressource politique, pas comme simple souvenir.</p>



<p>Ce 26 mars 2025 ne s’adresse pas qu’aux historiens. Il parle à ceux qui, aujourd’hui, cherchent un sens à la transition en cours. Ceux qui, au-delà des débats géopolitiques, veulent croire qu’un autre Mali est possible. Un Mali qui ne trahit pas ses martyrs, mais qui les fait vivre autrement, non pas dans des mausolées, mais dans les actes.</p>



<p><strong>Alassane Diarra&nbsp;&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Du sang versé à la souveraineté retrouvée : chronique d’un 26 mars malien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[26 mars]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Général Assimi Goïta]]></category>
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		<category><![CDATA[martyrs]]></category>
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		<category><![CDATA[transition]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le 26 mars 2025, le Mali commémore les martyrs de la révolution de 1991, entre devoir de mémoire et quête toujours vivace de souveraineté nationale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Le 26 mars 2025, le Mali commémore les martyrs de la révolution de 1991, entre devoir de mémoire et quête toujours vivace de souveraineté nationale.</em></strong><em></em></p>



<p>Il y a des dates qui ne s’effacent pas. Des jours qui restent accrochés à la mémoire nationale comme des balafres fières et douloureuses. Le 26 mars est de ceux-là. C’était en 1991, et le Mali, encore sous l’étreinte du général-président Moussa Traoré, s’embrasait sous les pas d’une jeunesse debout, d’un peuple las, d’une génération qui avait choisi la rue plutôt que la soumission.</p>



<p>Ils sont tombés par centaines, parfois sans nom, souvent sans âge. Étudiants, ouvriers, citoyens ordinaires. Leur sang a coulé sur l’asphalte de Bamako comme pour tracer, à même le sol, les premières lignes d’un nouveau contrat social&nbsp;; celui de la démocratie, du pluralisme, de la liberté.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La République, entre idéal et vertige</strong></h3>



<p>Trente-quatre ans plus tard, le pays rend hommage à ses martyrs. Les gerbes de fleurs se déposent, les discours se font solennels, les colloques se tiennent. Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, sera là. Les institutions, les chefs religieux, les associations aussi.</p>



<p>Mais au-delà du rite, une question s’impose, lancinante : qu’a-t-on fait de l’héritage du 26 mars ?</p>



<p>La démocratie, conquise dans la douleur, n’a pas tenu toutes ses promesses. Instabilité chronique, coups d’État à répétition, régions entières livrées à la peur, institutions rongées par l’inefficacité ou l’usure… Le Mali a payé cher son apprentissage républicain. Et parfois, il a semblé oublier que les libertés ne se préservent que si l’on s’en donne les moyens politiques, sociaux et humains.&nbsp;</p>



<p>Conscientes de cet état de fait, les autorités maliennes de la transition, dès leur arrivée au pouvoir, ont ouvert un vaste chantier de réformes politiques et institutionnelles ayant conduit à l’adoption et à la promulgation d’une nouvelle Constitution en République du Mali, en juillet 2023.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Assimi, l’État et les symboles</strong></h3>



<p>En 2025, c’est donc un militaire au pouvoir qui honore les martyrs d’un soulèvement contre… un militaire au pouvoir. La boucle serait ironique si elle n’était pas si malienne. Car ici, l’Histoire ne tourne pas en rond. Elle avance par à-coups, entre ruptures assumées et fidélités silencieuses.</p>



<p>Le régime de Transition ne se présente pas comme l’antithèse de 1991, mais comme une tentative de redressement, après les échecs cumulés d’une démocratie souvent réduite à ses apparences. En rompant avec la tutelle française, en contestant l’ordre multilatéral ouest-africain, en tissant des liens nouveaux – avec Moscou, Ankara ou Ouagadougou –, le général Goïta revendique un autre type de souveraineté : plus ferme, plus verticale, plus nationale.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La souveraineté, une conquête inachevée</strong></h3>



<p>Car le mot est devenu central : souveraineté. Dans les discours, dans les décisions, dans les postures. Il irrigue la rhétorique politique comme une réponse au désenchantement démocratique. Là où 1991 posait les fondations d’un pouvoir civil, 2025 tente de restaurer un État fort, dans un environnement régional bouleversé et un contexte sécuritaire toujours dramatique.</p>



<p>Kidal, Ménaka, Gao… les noms changent, mais la menace reste. Au nord, au centre, et désormais parfois au sud, les groupes armés tentent d’imposent la peur. Et le peuple malien, lui, aspire avant tout à une chose : vivre en paix, dans un État qui protège, pas seulement qui vote.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Mémoire vive et avenir incertain</strong></h3>



<p>Mais le 26 mars ne peut se résumer à une simple commémoration. C’est un jalon, une boussole, un rappel que le prix de la liberté est lourd, et qu’aucune souveraineté ne vaut sans justice, sans institutions, sans inclusion. Ce jour-là, on ne célèbre pas seulement un passé glorieux. On s’interroge sur la trajectoire empruntée.</p>



<p>La Transition en cours porte ses promesses, ses fragilités, ses paris. Elle peut consolider un socle républicain renouvelé, ou au contraire prolonger une exception militaire devenue durable. Le peuple observe. La jeunesse, elle, espère encore.</p>



<p>En ce 26 mars 2025, le Mali ne regarde pas seulement en arrière. Il regarde surtout ce qu’il est devenu. Et ce qu’il veut être. Le souvenir des martyrs n’a de sens que s’il nourrit un projet collectif. Un État solide, oui. Mais aussi une nation apaisée, inclusive, ambitieuse.</p>



<p>Ils sont morts pour qu’un Mali meilleur voie le jour. C’est à nous, vivants, d’en être dignes.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Dialogue avec des morts : « J’ai manqué à ma promesse »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Mar 2021 14:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[départ d&#039;IBK]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>
		<category><![CDATA[manifestation à Bamako]]></category>
		<category><![CDATA[martyrs]]></category>
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<p>Dans ce dialogue fictif, Mikailou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, revient sur la question des morts à la suite des événements de juillet 2020 au Mali. Une manière pour&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="has-black-color has-text-color"><strong>Dans ce dialogue fictif, Mikailou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, revient sur la question des morts à la suite des événements de juillet 2020 au Mali. Une manière pour lui de demander justice pour ces « martyrs » tombés pour le désir du changement.  </strong></p>



<p class="has-black-color has-text-color">Les songes, je le fais très souvent comme d’ailleurs la plupart des gens. Mais de tous mes songes, celui d’hier soir m’a beaucoup bouleversé. J’avais l’impression que tout était réel. Mais je me rends vite compte que c’était bien le contraire.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">La scène qui m’est apparue est similaire à ce que Fousseni Togola avait écrit&nbsp;dans son <em>récit fictif </em>sur la mort de citoyens maliens au cours des événements ayant conduit au renversement du régime Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).&nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Je venais de rêver des victimes des événements des 10, 11 et 12&nbsp;juillet 2020. Ils étaient tous là autour de moi. Les mains sur leur tête couverte de sang, les impacts des balles toujours visibles sur leur corps. L’évolution de la situation politique du pays ne les enchantait pas. Ces morts (pour le Mali) étaient au courant des choses sur lesquelles je n’avais aucune idée. En face d’eux, j’étais comparable à ces milliers de Maliens au sujet de l’imam de Badala. Je n’étais qu’un ignorant en face de ces zombies.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Ces « <em>martyrs</em> » donnaient l’impression de n’être pas en paix dans leur nouvelle existence. Ils avaient l’air coincés entre le monde matériel et le « <em>monde intelligible</em> ». Des hommes déçus, désemparés, sans joie. &nbsp;</p>



<p class="has-black-color has-text-color">L’étudiant qui faisait la médecine, au moment où il est tombé lors de ces événements, était le plus blizzard. Il se démarquait des autres sur tous les plans. Malgré tout, il était calme, plus instruit. Il a tous les traits d’un médecin au sens propre du terme. Sur moi, il connaissait tout, d’où je viens, où je vis, ce que je poste sur « <em>Phileingora</em> », tout ce que j’avais écrit au sujet de l’imam de Badala, sur le M5, sur le régime IBK. J’avais en face un médecin pétri de science.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Je me retrouve en aparté avec le jeune médecin mort en martyr. Les autres avaient subitement pris congé de nous comme des djihadistes disparaissant après avoir commis leur forfait. Le jeune homme m’interpelait sur les réalités du Mali. Il ne cessait de me poser des questions, tout en donnant ses impressions sur l’actualité du pays.</p>



<ul class="has-black-color has-text-color wp-block-list"><li>C’est toi Mikaïlou Cissé, le jeune professeur de philosophie qui ne cesse d’écrire à notre sujet ? me demandait-il.</li></ul>



<p class="has-black-color has-text-color">Face à cette question inattendue, je ne pouvais que hausser la tête en signe de réponse. Qui ose faire différemment face à un homme criblé de balles et qui plus est déjà mort ? Le jeune martyr poursuivait en tout cas&nbsp;dans un ton qui laissait transparaître l’énervement&nbsp;:</p>



<ul class="has-black-color has-text-color wp-block-list"><li>Je m’en fiche de ta personnalité. Tout ce que je sais, c’est que vous êtes tous pareils. Écoute bien ce que je m’apprête à te dire. Tu as l’air plus sérieux. Je ne sais pas trop, mais c’est l’impression que tu donnes lorsqu’on te lit.</li></ul>



<p class="has-black-color has-text-color">Surpris par ses manières, j’ai fini par ne ni haussé la tête ni faire de signe. J’ai agi comme un condamné à mort face au cuir sur une chaise électrique.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Criblé de balles, baigné de sang, parlant dans une voix tremblotante, le jeune médecin continuait à vociférer sa colère&nbsp;en posant tas de questions&nbsp;:</p>



<ul class="has-black-color has-text-color wp-block-list"><li>&nbsp;Vous pensez que le Mali&nbsp;mérite tout ce qui s’y passe maintenant ? Notre sort vous paraît indifférent jusqu’à ce point ?&nbsp;</li></ul>



<p class="has-black-color has-text-color">Finalement, ma bouche se délia et laissa échapper ces mots&nbsp;:</p>



<ul class="has-black-color has-text-color wp-block-list"><li>Monsieur, en disant « vous » de qui parlez-vous ?<em>&nbsp;</em></li><li>Tous les Maliens sans exception, répondit-il. Vous faites comme si nous n’avions pas existé, comme si nous sommes morts pour rien, comme des chiens enragés, comme si le pays à retrouver un état normal, comme si nos bourreaux ont été jugés, comme si (…).</li></ul>



<p class="has-black-color has-text-color">Sans me laisser le temps de réagir, il me lance sur la figure son indignation.</p>



<ul class="has-black-color has-text-color wp-block-list"><li>Vraiment IBK se moquerait des Maliens aujourd’hui. Il se dirait que vous êtes sans-cœur, des hommes sans conscience, des laces. Il utiliserait tous les mots qui dénigrent l’homme pour vous qualifier.</li></ul>



<p class="has-black-color has-text-color">Après un laps de temps de silence, dont j’avais d’ailleurs besoin, peut être lui aussi, il reprend son discours toujours en me refusant le temps de réagir.</p>



<ul class="has-black-color has-text-color wp-block-list"><li>Bien que je sois déçue comme les autres, je n’ai quand même pas perdu l’espoir que les Maliens pourront se réunir et se dresser comme un seul homme à nouveau.</li></ul>



<p class="has-black-color has-text-color">Pour une fois, j’étais d’accord avec lui. Je me sentais enfin concerné par son discours. Toutefois, il commençait à prendre ses distances de moi. Malgré tout, il continuait sa plaidoirie.</p>



<ul class="has-black-color has-text-color wp-block-list"><li>Faites attention ! Les leaders de la transition sont mal entourés. Mais ils ne le savent pas encore. Les leaders qui sont à la tête du M5 sont des hommes de mauvaise foi, des vendeurs d’illusions. L’imam de Badala est un traître.</li></ul>



<p class="has-black-color has-text-color">Soudain, c’est un muezzin, avec une voix grave que j’entends, deux autres simultanément se font entendre. C’est à partir de cet instant que j’ai su que j’étais dans le monde des morts, que je discutais avec un fantôme.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Une fois réveillé, et durant tout le reste de la journée, ce dialogue a continué à traverser mon esprit. C’est ainsi que je me suis souvenu d’une promesse que j’avais faite dans le cadre de la mort de nos compatriotes les 10, 11 et 12&nbsp;juillet 2020.</p>



<p class="has-black-color has-text-color">Dans cette lettre que je les avais adressées, à titre posthume, j’avais promis que leur mort ne serait pas vaine, que leur combat pour plus de justice sociale, pour un État de droit allait être poursuivi que leur mort ne restera pas impunie. Mais jusque-là j’ai manqué à ma promesse.</p>



<p class="has-black-color has-text-color"><strong>Mikaïlou CISSE</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Crise malienne : lettre ouverte d’un jeune professeur de philosophie aux disparus</title>
		<link>https://saheltribune.com/crise-malienne-lettre-ouverte-jeune-professeur-philosophie-disparus/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2020 15:24:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[assassinats au Mali]]></category>
		<category><![CDATA[crise socio-politique]]></category>
		<category><![CDATA[M5-RFP]]></category>
		<category><![CDATA[martyrs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À défaut de participer à la préparation de vos sépultures, un évènement que j’ai manqué indépendamment de ma volonté, ou de me lever au passage du cortège qui vous a conduit à votre dernière demeure, je déploierai toute ma force pour que votre mort ne soit pas vaine.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p>Chez nous, il est communément pensé et admis que pendant l’inhumation d’un membre de la communauté, qu’il soit proche ou lointain, il ne faut point tenir compte de son statut social ou de son vécu ni de l’idéologie qu’il défendait voire de la cause de sa mort pour lui accorder le mérite qu’on lui doit. Pendant ce dernier instant de sa présence physique parmi nous, il mérite les mêmes honneurs et les mêmes traitements que ceux qui lui avaient précédé dans leur dernière demeure. Je m’incline devant vos corps, mes confrères et consœurs, vous qui nous avez quittés pendant ces derniers temps.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Mon devoir à votre endroit&nbsp;</strong></h3>



<p>Me fiant à cet apophtegme de Cléobule de Lindos, fils d’Evagoras, selon lequel il faut considérer <em>« comme ennemi public quiconque hait le peuple</em> », j’avance mon appréciation sur les circonstances ayant entraîné votre mort. Tout d’abord, je trouve qu’il est urgent que des enquêtes soient ouvertes afin de situer les <a href="https://lecrepuscule.phileingora.org/2020/07/14/m5-rfp-decide-saisir-cpi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">responsabilités </a>afin que justice soit rendue. Nous allons haranguer pour que cela se fasse conformément aux lois qui répriment ces actes dans notre pays.   </p>



<p>A lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=2993&amp;action=edit">Bras de fer IBK-M5: allons-nous vers un Game Over ?</a></p>



<p>Je m’incline devant vous, mes compatriotes, vous qui nous avez été arrachés par les balles d’hommes censés vous protéger contre les forces du mal.</p>



<p>À défaut de participer à la préparation de vos <a href="https://lecrepuscule.phileingora.org/2020/07/11/film-manifestations-10-11-juillet-2020-m5-rfp/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sépultures</a>, un événement que j’ai manqué indépendamment de ma volonté, ou de me lever au passage du cortège qui vous a conduit à votre dernière demeure, je déploierai toute ma force pour que votre mort ne soit pas vaine.</p>



<p>La dernière chose à laquelle on s’adonne après la perte d’un membre de la communauté, c’est de réfléchir sur les inscriptions à graver sur sa tombe. Ce geste doit être accompli afin que vous soyez compté parmi les martyrs du Mali, pour que jamais les fils du Mali ne vous oublient. Je prie Dieu pour le repos éternel de vos âmes. Je conjurerai le tout puissant pour que vos âmes aient la paix et le repos.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Tous coupables</strong></h3>



<p>Vous avez saisi l’opportunité de la désobéissance civile, déclenchée par les responsables du M5 le vendredi 10 juillet 2020, pour exprimer votre désir d’instauration d’un État de droit et de justice dans votre pays. C’est sur la voie de ce devoir patriotique que vous nous avez été prématurément ôtés par des hommes envoyés en mission.</p>



<p>Toutefois, les leaders du M5 aussi bien que le régime en place sont tous vos bourreaux. Donc, tous coupables de votre mort.</p>



<p>Mes chers compatriotes, votre vie a été écourtée par des hommes dont on ignore l’agenda.</p>



<p>A lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=2850&amp;action=edit">Gestion de la crise malienne : quelle collaboration entre le pouvoir politique et la philosophie ?</a></p>



<p>Ce qui me rend confus dans cette affaire, c’est de voir que dans son allocution télévisée du 11 juillet 2020, notre chef de l’État avançait que&nbsp;« <em>l’État de droit s’assumera, les libertés fondamentales seront préservées tant que je continuerai d’avoir le lourd privilège de vous servir.</em> » Vous nous avez été occulté avant, pendant et après que notre président ait laissé entendre&nbsp;: « <em>Je vais m’incliner devant les victimes, adresser mes condoléances les plus émues aux familles des défunts et prier pour le prompt rétablissement des blessés. En père de famille, je sais ce que ressentent les parents concernés. Je comprends leur douleur et je m’y associe. […]. Pour autant, l’État de droit nous assigne à tous, des devoirs et des obligations. De ces droits comme de ces devoirs, je suis le garant. Ce sont là des lignes rouges, la seule condition pour préserver et notre démocratie et notre culture qui rejette l’excès, pour lui préférer la tolérance, l’amour, l’écoute, le partage. </em>»Sans être un devin, je suis convaincu que ces mots ne venaient pas du fond du cœur.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Des hommes sans qualité des héros</strong></h3>



<p>Je déplore votre disparition prématurée. Les hommes qui vous ont incité à sortir que je considère aussi comme coupable de votre assassinat, au même titre que le président de la République, ses plénipotentiaires et ses délégués, n’ont aucune qualité des hommes qu’on conte comme étant ceux qui ont défendu leur peuple contre l’oppression. Ils n’ont pas de trait commun avec les hommes qui ont opposé une farouche résistance contre l’oppression et la domination de leur peuple à l’image d’El hadji Oumar Tall, de Samory Touré, de Sonni Ali Ber, etc., que Christophe Wondji cite dans « <em>Les résistances à la colonisation française en Afrique noire » (1871-1914)</em>. Ils ne partagent rien de similaire avec Babemba, ses frères et sa sœur et ses sofas, qui ont défendu Sikasso contre les canons des Français en 1898, que nous conte Moussa Demba Traoré, ni avec Niamodi Sissoko et ses hommes qui sont tous morts sur le champ de la bataille contre les hommes du lieutenant-colonel français Reybaud le 22 septembre 1878.</p>



<p>A lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=2781&amp;action=edit">Pour la résolution de la crise malienne, le Conseil national de la société civile apporte sa contribution</a></p>



<p>Contrairement à tous ces héros que je viens de citer, les leaders qui vous ont conduit dans la rue ont tous (excepté un) été mis à l’arrêt dans leur domicile ou ailleurs, hors du champ de bataille sur lequel on nous a privés de vous.</p>



<h3 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Je m’interroge</strong></h3>



<p>Cependant, je termine ma lettre avec ces interrogations auxquelles je n’ai pas de réponses appropriées&nbsp;: pourquoi en politique, c’est après avoir posé des actes qu’on réfléchisse sur leurs implications ? La désobéissance civile à laquelle le mouvement du 5 juin a appelé le peuple malien ou son peuple et son retour à sa position initiale (la demande de démission du président de la République et son régime), sont-ils un prétexte qui justifie le manque d’agenda clair et de perspective du M5 pour le Mali ? Ou encore s’agit-il d’un stratagème politique pour pousser le chef de l’État à faire usage de la violence afin de le discréditer devant le reste de son peuple retissent à adhérer aux idéaux du M5 ? Ou s’agit-il simplement d’un manque de réel leader au sein de ce mouvement ?</p>



<p><strong>Mikailou Cissé, le nihiliste en puissance</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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