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	<title>Archives des liberté de la presse &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Guerre de l’information : comment les médias sont devenus des instruments de pouvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 07:54:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Suspension de médias français au Niger, guerre des récits au Sahel, influence politique et économique : enquête sur l’information devenue une arme géopolitique mondiale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Du Sahel aux capitales occidentales, la liberté de la presse se fracasse sur les mêmes écueils : le pouvoir politique, l&rsquo;argent et les agendas cachés. La suspension de neuf médias français au Niger par les autorités de la transition en mai 2026 n&rsquo;est que le dernier épisode d&rsquo;une guerre de l&rsquo;information qui ne dit pas son nom — et dans laquelle aucun camp ne peut se prévaloir d&rsquo;une innocence totale.</em></strong></p>



<p>Au Niger, neuf médias français viennent d&rsquo;être suspendus par décret. France 24, RFI, l&rsquo;AFP, TV5 Monde, Jeune Afrique — des noms familiers à des millions d&rsquo;Africains — rayés des écrans et des ondes du jour au lendemain. Les autorités militaires invoquent des contenus «&nbsp;<em>menaçant l&rsquo;ordre public</em>&nbsp;». RSF crie à la censure. Mais derrière ce bras de fer sahélien se joue quelque chose de beaucoup plus vaste : la bataille mondiale pour le contrôle du récit.</p>



<p>Car le Niger n&rsquo;est pas seul. Au Mali, au Burkina Faso, ces mêmes médias sont suspendus depuis des mois, accusés de traitement tendancieux de l&rsquo;actualité. Et si ces régimes militaires sont souvent épinglés par les organisations de défense de la presse, une question plus inconfortable mérite d&rsquo;être posée : les médias qu&rsquo;ils censurent sont-ils eux-mêmes entièrement libres ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;information comme terrain de guerre</strong></h2>



<p>En septembre 2022, Emmanuel Macron l&rsquo;a dit sans détour devant ses ambassadeurs : la France est engagée dans une «&nbsp;<em>guerre informationnelle</em>&nbsp;» en Afrique. Il a explicitement mentionné France Médias Monde — RFI, France 24 — comme instrument stratégique pour contrer « les&nbsp;<em>narratifs russe, chinois ou turc</em>&nbsp;» sur le continent. Cette déclaration, passée relativement inaperçue en Europe, a résonné comme une confirmation dans de nombreuses capitales africaines.</p>



<p>Elle a surtout mis en lumière une réalité que les analystes des médias décrivent depuis des décennies : l&rsquo;information n&rsquo;est jamais neutre. Elle est le produit de rapports de pouvoir, de stratégies d&rsquo;influence, de logiques économiques et politiques qui conditionnent ce qui est dit, ce qui est tu, et surtout, comment les faits sont présentés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des médias pris en étau entre politique et argent</strong></h2>



<p>Le linguiste Noam Chomsky et Edward Hermann, dans&nbsp;<em>la Fabrication de l’information&nbsp;: de la propagande médiatique en démocratie</em>, l&rsquo;avaient théorisé bien avant l&rsquo;ère numérique : les médias jouent fréquemment «&nbsp;<em>le rôle de serviteurs et de propagandistes des puissants groupes qui les contrôlent et les financent</em>&nbsp;». Cette influence ne s&rsquo;exerce pas nécessairement par des injonctions directes. Elle opère de manière structurelle, à travers la sélection du personnel éditorial, l&rsquo;intériorisation de normes professionnelles compatibles avec les intérêts dominants, et la dépendance aux annonceurs.</p>



<p>En France, le journaliste Laurent Mauduit dresse un constat similaire dans&nbsp;<em>Main basse sur l&rsquo;information</em>&nbsp;: contrairement à d&rsquo;autres grandes démocraties où la presse appartient à des groupes de presse, les médias français sont souvent la propriété de marchands de béton, de marchands d&rsquo;armes ou de grands groupes industriels, tous entretenant des relations de proximité avec le pouvoir. Une concentration qui, selon Edwy Plenel, produit un «&nbsp;<em>journalisme de gouvernement</em>&nbsp;» et une «&nbsp;<em>presse d&rsquo;industrie</em>&nbsp;» — deux phénomènes qui érodent l&rsquo;autonomie éditoriale et brouillent la frontière entre information et communication stratégique.</p>



<p>Ce constat ne concerne pas que la France ou les États-Unis. Au Mali, entre 2010 et 2021, certains médias ont pratiqué ouvertement ce que l&rsquo;on peut appeler la «&nbsp;<em>marchandisation de l&rsquo;information</em>&nbsp;» : la menace de publier un article compromettant devenait un levier de pression, monnayable contre le silence. L&rsquo;information cessait d&rsquo;être un service public pour devenir une ressource stratégique dans les luttes d&rsquo;influence.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le fact-checking, nouveau front de la guerre des récits</strong></h2>



<p>Face à cette crise de confiance, le fact-checking avait été présenté comme le remède miracle contre les récits manipulés, la désinformation et ses dérivés. Malheureusement, il n&rsquo;y échappe pas non plus. La Plateforme africaine des fact-checkers francophones (PAFF) le documente : dans plusieurs pays d&rsquo;Afrique francophone, des institutions liées aux gouvernements, des ONG ou des acteurs politiques ont créé des rubriques de vérification pour «&nbsp;<em>légitimer des récits officiels ou censurer des voix dissidentes, sous couvert de lutte contre la désinformation</em>&nbsp;».</p>



<p>Le philosophe Benoît Labourdette va plus loin, estimant que présenter le fact-checking comme méthode d&rsquo;établissement d&rsquo;une vérité absolue est «&nbsp;<em>la pire chose qui soit arrivée au journalisme</em>&nbsp;». Car le simple choix du sujet à vérifier, des experts à interroger, des données à retenir est déjà un acte partial. L&rsquo;impartialité du vérificateur est, en ce sens, un idéal inaccessible — et parfois un masque commode.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sortir du labyrinthe</strong></h2>



<p>Faut-il pour autant sombrer dans le cynisme et tout rejeter ? Non. Mais il faut changer de méthode. Plutôt que de confier aux seuls professionnels le soin de distinguer le vrai du faux, c&rsquo;est l&rsquo;esprit critique du citoyen qu&rsquo;il faut cultiver. Gaston Bachelard le rappelait : la connaissance progresse par rupture avec les préjugés, non par accumulation naïve d&rsquo;informations. Karl Popper y ajoutait que tout savoir est provisoire, toujours susceptible d&rsquo;être réfuté et corrigé.</p>



<p>Dans un monde où l&rsquo;information est devenue, selon les mots du philosophe Gilles Deleuze, «&nbsp;<em>un système de contrôle</em>&nbsp;» — un ensemble de mots d&rsquo;ordre que l&rsquo;on est invité à croire, ou du moins à faire semblant de croire — la seule défense durable reste la raison critique exercée par chacun. Ni les médias, ni les fact-checkers, ni les gouvernements ne peuvent se substituer à ce travail individuel.</p>



<p>La suspension de médias au Niger est une atteinte à la liberté de la presse. Mais l&rsquo;instrumentalisation de cette même presse au service d&rsquo;agendas géopolitiques est, elle aussi, une atteinte au droit fondamental des citoyens à une information fiable. Ces deux vérités ne s&rsquo;annulent pas : elles s&rsquo;éclairent mutuellement.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Médias français en Afrique : l’affaire algérienne qui redonne raison à l’AES</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 09:47:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La convocation du chargé d’affaires français à Alger soulève des tensions. Découvrez les conséquences sur la liberté de la presse.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>La convocation du chargé d’affaires français à Alger après la diffusion d’un numéro controversé de Complément d’enquête ravive les tensions entre la France et l’Algérie. Un épisode qui conforte, aux yeux des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), leur décision d’interdire certains médias français accusés de produire des récits biaisés et politiquement orientés.</em></strong></p>



<p>L’interdiction de <em>Jeune Afrique</em> au Mali, le 16 janvier 2026 par les autorités maliennes de transition, marque une nouvelle étape dans la confrontation entre les régimes sahéliens et les médias propagandistes. Accusé d’« <em>apologie du terrorisme </em>», de diffamation et de diffusion d’informations « <em>subversives</em> », le magazine panafricain rejette ces charges et dénonce une «&nbsp;<em>atteinte grave à la liberté de la presse&nbsp;</em>». Cette décision des autorités maliennes traduit une escalade dans la manipulation des récits par les principaux pourvoyeurs des médias, notamment la France et par ricochet les pays européens, qui ne cessent d’utiliser leurs médias contre des pays jugés comme des menaces pour leurs intérêts dans ces pays.&nbsp;</p>



<p>La convocation du chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger, samedi 24 janvier, après la diffusion d’un numéro de <em>Complément d’enquête</em> consacré à la crise franco-algérienne, dépasse le simple incident diplomatique. Pour les autorités algériennes, l’émission constitue un « <em>tissu de contre-vérités </em>» et une « <em>véritable agression contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles </em>». Un vocabulaire rare, révélateur d’une exaspération qui fait écho à celle exprimée depuis plusieurs mois par les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — une confédération née le 6 juillet 2024 à Niamey et regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.</p>



<p>Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, plusieurs médias français ont été suspendus ou interdits, accusés de produire des contenus biaisés, favorables à Paris et hostiles aux autorités nationales. L’épisode algérien conforte aujourd’hui ces choix politique. Ce que ces États dénoncent comme une stratégie médiatique d’influence apparaît désormais au grand jour dans un conflit ouvert entre deux capitales historiques, Paris et Alger.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-emission-qui-met-le-feu-aux-relations-diplomatiques"><strong>Une émission qui met le feu aux relations diplomatiques</strong></h2>



<p>Diffusé jeudi sur France 2, le numéro de <em>Complément d’enquête</em> consacré à « <em>la guerre secrète France-Algérie</em> » a provoqué une réaction immédiate d’Alger. Le ministère des Affaires étrangères a estimé que la chaîne publique française avait franchi une ligne rouge en diffusant un programme jugé offensant et provocateur.</p>



<p>Dans son communiqué, Alger pointe la responsabilité directe des autorités françaises, estimant qu’un média de service public ne peut agir sans l’aval, explicite ou tacite, de sa tutelle politique. Plus grave encore, la participation de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, à l’émission est perçue comme une entorse aux usages diplomatiques.</p>



<p>Pour Alger, cette séquence s’inscrit dans une « <em>escalade des menaces anti-algériennes </em>» entretenue par certains cercles officiels français afin de maintenir les relations bilatérales dans un état de tension permanente.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-face-aux-medias-francais-une-meme-lecture"><strong>L’AES face aux médias français : une même lecture</strong></h2>



<p>Depuis 2023, les pays de l’AES ont pris des mesures drastiques contre RFI, France 24 et d’autres médias occidentaux, accusés de diffuser des récits orientés sur la situation sécuritaire et politique au Sahel. Paris a dénoncé une atteinte à la liberté de la presse. Les gouvernements sahéliens, eux, parlent de souveraineté informationnelle.</p>



<p>Pour Bamako, Ouagadougou et Niamey, il ne s’agit pas de censurer le journalisme, mais de neutraliser ce qu’ils considèrent comme des instruments d’influence postcoloniale. L’affaire algérienne renforce leur argumentaire. Si une émission de service public français peut être qualifiée d’« <em>agression</em> » par un État souverain comme l’Algérie, pourquoi les pays du Sahel devraient-ils accepter sur leur territoire des médias jugés partiaux ?</p>



<p>Dans les cercles proches de l’AES, cet épisode est lu comme la preuve que la production audiovisuelle française sur l’Afrique reste marquée par des grilles de lecture politiques héritées de l’histoire coloniale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-information-ou-influence"><strong>Information ou influence ?</strong></h2>



<p>La controverse autour de <em>Complément d’enquête</em> interroge plus largement la frontière entre journalisme d’investigation et récit géopolitique. Le programme mettait en scène des acteurs controversés, dont l’influenceur Amir DZ, et revenait sur la décision française de soutenir la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental — un point de rupture majeur avec Alger.</p>



<p>Pour les autorités algériennes, cette mise en récit relève moins de l’enquête que de la construction d’un discours hostile. Une perception partagée par plusieurs pays africains qui estiment que leurs réalités politiques sont souvent filtrées à travers des prismes idéologiques occidentaux.</p>



<p>Dans ce contexte, la suspension de médias français par les États de l’AES apparaît moins comme un acte isolé que comme une réponse politique à ce qu’ils considèrent comme une « <em>guerre narrative</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-bataille-pour-la-souverainete-mediatique"><strong>Une bataille pour la souveraineté médiatique</strong></h2>



<p>Derrière ces tensions se joue une bataille plus large : celle du contrôle du récit. Les gouvernements africains veulent désormais produire leur propre discours sur leurs crises, leurs transitions politiques et leurs choix diplomatiques, sans dépendre des grands médias européens.</p>



<p>L’Algérie, qui dispose d’une longue tradition de méfiance envers les médias français depuis la guerre d’indépendance, rejoint aujourd’hui une posture déjà assumée par les régimes sahéliens. Tous revendiquent un droit à la protection de leur image et de leurs institutions contre ce qu’ils jugent être des campagnes de déstabilisation symbolique.</p>



<p>L’affaire France 2–Algérie agit ainsi comme un révélateur. Elle montre que la question des médias n’est plus seulement journalistique, mais stratégique. Dans un monde où l’information est devenue un champ de bataille, les États africains cherchent à reprendre la main.</p>



<p>Pour les dirigeants de l’AES, cette crise conforte leur décision : interdire certains médias français n’est pas un geste d’isolement, mais un acte de défense politique face à ce qu’ils perçoivent comme une offensive informationnelle.</p>



<p>Une chose est certaine : la liberté de la presse se heurte désormais, en Afrique comme ailleurs, à une revendication croissante de souveraineté narrative. Et ce bras de fer entre Alger et Paris pourrait bien ouvrir un nouveau chapitre de la relation entre l’Afrique et les médias européens.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Mali, la désinformation comme prolongement du bras de fer géopolitique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2026 16:14:11 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la problématique de la désinformation au Mali et ses répercussions sur la communication et la presse.</p>
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<p><strong><em>De la Haute Autorité de la Communication au Comité national de l’égal accès aux médias d’État, en passant par la Maison de la Presse et le chef de l’État lui-même, un même mot est revenu, presque obsessionnel, lors de la cérémonie de vœux 2026 : manipulation. À Bamako, la guerre se joue aussi – et peut-être surtout – sur le terrain de l’information.</em></strong></p>



<p>Il y a parfois, dans les cérémonies de vœux, plus de vérité politique que dans de longs discours programmatiques. Celle qui a réuni autour du président de la Transition, lue général Assimi Goïta, ce 19 janvier 2026, l’ensemble des acteurs de la presse malienne et de la communication n’a pas dérogé à la règle. Rarement les autorités de régulation, les professionnels des médias et le sommet de l’État auront affiché un diagnostic aussi convergent : le Mali est engagé dans une bataille informationnelle d’ampleur, où la désinformation est devenue une arme à part entière.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-front-invisible-mais-decisif"><strong>Un front invisible, mais décisif</strong></h2>



<p>À écouter les responsables de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le phénomène n’a plus rien d’anecdotique. Il s’agit désormais de campagnes structurées, coordonnées, transnationales, exploitant les réseaux sociaux, certaines rédactions étrangères et des relais locaux plus ou moins conscients de leur rôle. L’objectif, selon le président de la HAC, Gaoussou Coulibaly, n’est pas d’informer mais de fabriquer du doute, de délégitimer les autorités et de fracturer la cohésion nationale.</p>



<p>Le président de la Maison de la Presse a, lui aussi, dressé le constat d’un espace médiatique fragilisé, soumis à une pression économique inédite, donc plus vulnérable aux récits toxiques. Une presse affaiblie, rappelle Bandiougou Danté, est une presse plus exposée aux influences et aux manipulations. « <em>le Mali est aujourd&rsquo;hui la cible d&rsquo;une campagne de désinformation structurée.</em>« , indique le patron de la Maison de la presse avant d&rsquo;expliquer :  « <em>Ces fausses nouvelles, ces images trafiquées, ces rumeurs savamment orchestrées, ne sont pas des accidents. Ce sont des armes. Des armes qui attisent la haine, qui divisent les communautés, qui sapent les efforts de paix et de reconstruction, et qui visent à détruire le tissu même de notre nation.</em>« </p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cneame-vigie-du-pluralisme-et-de-la-souverainete"><strong>Le CNEAME, vigie du pluralisme… et de la souveraineté</strong></h2>



<p>Mais c’est sans doute le Comité national de l’égal accès aux médias d’État (CNEAME) qui a donné à cette séquence son relief politique le plus assumé. Dans un discours empreint de références religieuses, de patriotisme assumé et de lectures géopolitiques sans détour, son président, Abdoulaye Sidibé, a inscrit la désinformation dans une logique de déstabilisation stratégique.</p>



<p>Pour le CNEAME, garant du pluralisme dans les médias publics, la question de l’égal accès ne se limite plus au temps de parole ou à l’équilibre des antennes. Elle touche désormais à la protection de l’opinion nationale face à des narratifs extérieurs jugés hostiles. Le Mali, affirme-t-on, paie le prix de ses choix souverains, notamment son engagement au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, depuis le 16 septembre 2023.</p>



<p>« <em>Les idéaux de l’AES bouleversent des intérêts stratégiques et économiques immenses </em>», a martelé le président du Comité, rappelant que la remise en cause d’un ordre ancien – celui d’un monde hiérarchisé entre dominants et dominés – ne pouvait se faire sans résistances.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-crise-du-carburant-et-recit-du-chaos"><strong>Crise du carburant et récit du chaos</strong></h2>



<p>L’exemple le plus parlant, selon le CNEAME, reste la récente crise de l’essence. Une pénurie réelle, mais aussitôt transformée, dans certaines narrations médiatiques extérieures, en scénario de siège imminent de Bamako. «&nbsp;<em>Ville encerclée, régime aux abois, population prête à se soulever&nbsp;</em>» : le récit était rodé.</p>



<p>Dans le même temps, certaines chancelleries occidentales invitaient leurs ressortissants à quitter le pays. Pour Bamako, le faisceau d’indices est troublant. L’objectif, selon les autorités, était moins d’informer que de créer une prophétie autoréalisatrice, en poussant l’opinion malienne à la panique et à la rupture avec ses dirigeants.</p>



<p>La manœuvre, estiment les responsables des médias maliens, a échoué. Non par miracle, mais par la résilience d’une population désormais aguerrie à ce type de pressions, et largement solidaire d’un pouvoir qui a fait de la souveraineté son marqueur politique.</p>



<p>Selon Bandiougou Danté, « <em>La bataille contre la désinformation n’est pas une lutte contre la liberté d’expression. C’est au contraire une lutte pour la protection du droit des citoyens à une information juste, vérifiée et responsable. C’est aussi une lutte pour la paix, la cohésion sociale et la stabilité.</em>« </p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-information-nouveau-champ-de-bataille-sahelien"><strong>L’information, nouveau champ de bataille sahélien</strong></h2>



<p>Dans sa réponse, le général Assimi Goïta n’a pas cherché à dramatiser davantage, mais il n’a rien édulcoré. La désinformation, a-t-il rappelé, ne relève ni de la critique légitime ni du débat démocratique. Elle constitue une menace directe pour la sécurité nationale.</p>



<p>Pour autant, le chef de l’État s’est efforcé de maintenir une ligne de crête : oui à la liberté de la presse, non à la liberté de nuire. Oui au pluralisme, non à la manipulation. Un équilibre délicat, dans un contexte où la régulation est souvent perçue, à tort ou à raison, comme un instrument de contrôle.</p>



<p>Ce qui ressort de cette séquence, c’est la conviction partagée que le Mali, à l’instar de ses partenaires du Sahel central, ne se bat plus seulement pour son territoire, mais pour son récit. Dans un monde où l’image précède souvent le fait, contrôler le tempo de l’information devient un enjeu de souveraineté.</p>



<p>Le CNEAME, la HAC, la Maison de la Presse et l’exécutif semblent désormais alignés sur ce diagnostic. Pour faire face à cette campagne médiatique contre le Mali, Bandiougou Danté recommande la conjugaison des efforts : « <em>Face à cette menace, toute réponse isolée est vouée à l&rsquo;échec. Aucun d&rsquo;entre nous, seul dans son coin, ne peut prétendre endiguer ce fléau</em>. [&#8230;] <em>Nous devons dégager une synergie d&rsquo;action. </em>[&#8230;] <em>En clair, La réponse doit être collective, coordonnée, et inclusive.</em>« </p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune — Comment l’AES veut contrer la désinformation et construire un récit commun</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 08:00:33 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez les mécanismes de lutte contre la désinformation au sein de l'AES et leur impact sur la narration sahélienne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Face à ce qu’elle décrit comme une « guerre informationnelle », la confédération des États du Sahel déploie une stratégie inédite : contrôler le récit pour consolider son pouvoir. Plateforme médiatique commune, agences de presse harmonisées, journalisme « patriotique »… L’AES s’organise pour reprendre en main la narration sahélienne. Mais jusqu’où la lutte contre la désinformation peut-elle aller sans étouffer le pluralisme ?</em></strong></p>



<p>Le centre d’information gouvernementale du Mali (CIGMA), en collaboration avec la Maison de la presse et la Direction de l’information et des Relations publiques des Armées (DIRPA), a organisé, jeudi 11 décembre 2025, un «&nbsp;<em>panel de haut niveau avec les acteurs de la presse sur l’information et la communication dans un contexte de cabale médiatique contre le Mali</em>« . Autour de cinq thématiques majeures, les professionnels maliens de l’information et de la communication ont débattu les différents contours de la désinformation et des rumeurs au Mali et dans l’espace AES. Leur objectif est de mobiliser l’ensemble de la presse pour la cause nationale et sahélienne en exhortant les journalistes à plus de professionnalisme.&nbsp;</p>



<p>Au Sahel, la bataille stratégique ne se joue plus uniquement sur les terrains militaires ou diplomatiques. Elle se déroule aussi dans l’espace informationnel. La confédération des États du Sahel (AES), née le 6 juillet 2024 à Niamey au Niger&nbsp; —&nbsp; et qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger — entend désormais reprendre la main sur ce qu’elle nomme « <em>le narratif </em>», estimé central pour la souveraineté. À Bamako, Niamey comme à Ouagadougou, l’idée s’impose : pour exister politiquement, il faut d’abord contrôler la manière dont on raconte le monde. Car ceux qui maîtrisent l’information, maitrise le monde.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-guerre-informationnelle-nouvelle-matrice-politique"><strong>La « guerre informationnelle », nouvelle matrice politique</strong></h2>



<p>Dans les trois capitales sahéliennes, la désinformation est désormais présentée comme une menace stratégique au même titre que le terrorisme ou l’ingérence étrangère. En visite à Sikasso, en juin 2024, le président de la transition a expliqué les trois formes de terrorisme dont souffre le Mali, et par ricochet les pays de l’AES: le terrorisme avec violence armée, le terrorisme médiatique et le terrorisme économique. &nbsp;</p>



<p>Ces derniers mois, à travers l’imposition d’une pénurie du carburant au Mali, les sponsors étatiques internationaux du terrorisme, ont fait subir au Mali les deux dernières formes du terrorisme. Ce qui traduit leur échec cuisant sur le terrain de la violence armée. &nbsp;</p>



<p>Le ministre malien de la Communication, Alhamdou Ag Ilyene, parle d’« <em>une bataille de souveraineté</em> ». À travers cette formule, les autorités font de la communication un champ de confrontation géopolitique, justifiant une centralisation accrue de la parole publique. Selon ce récit officiel, riposter à la désinformation relèverait moins de la régulation médiatique que de la protection nationale contre des « <em>campagnes orchestrées</em> » visant à affaiblir l’AES.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-plateforme-mediatique-pour-saheliser-l-information"><strong>Une plateforme médiatique pour “sahéliser” l’information</strong></h2>



<p>Cette doctrine a conduit à la création d’une plateforme numérique commune, conçue lors d’ateliers tenus à Bamako en août 2024. La future chaîne de télévision et de radio “<em>AES</em>” doit devenir la vitrine médiatique de la Confédération. Pensée comme des outils de « <em>sahélisation</em> » de l’information, elle concentrera la production éditoriale autour des priorités politiques des trois gouvernements.&nbsp;</p>



<p>Les contenus seront labellisés comme « <em>fiables</em> », selon la communication officielle — une manière d’opposer au foisonnement des sources en ligne un canal consolidé et maîtrisé. Dans les faits, l’initiative vise à repositionner l’AES dans le paysage médiatique international tout en offrant une alternative aux médias nationaux et internationaux jugés trop critiques et victimes généralement de «&nbsp;<em>manipulation</em>&nbsp;».</p>



<p>La volonté d’harmonisation s’est renforcée en octobre 2025, avec la signature d’une convention liant les agences de presse du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Pour les ministres de la Communication, cette intégration représente une étape décisive : il s’agit, selon eux, de « <em>reprendre la parole</em> » et de refuser que « <em>d’autres parlent à la place</em> » de l’espace sahélien. La ligne éditoriale commune sera « <em>centrée sur la vision des chefs d’État</em> », un positionnement assumé qui transforme les agences publiques en instruments politiques au service de la Confédération. L’accord prévoit également une mutualisation des contenus, une intensification des formations et un renforcement de la lutte contre la désinformation.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-journalisme-patriotique-nouvelle-norme-editoriale"><strong>Le “journalisme patriotique”, nouvelle norme éditoriale</strong></h2>



<p>Cette stratégie s’accompagne d’une redéfinition du rôle du journaliste. Dans les trois États, les autorités défendent la notion de « <em>journalisme patriotique</em> », censée aligner l’information sur les intérêts supérieurs de la nation. Elle se traduit par des « <em>omissions stratégiques</em>” — l’absence volontaire de couverture d’événements considérés comme démoralisants ou politiquement nuisibles. Pour les gouvernements de l’AES, cette orientation est légitime dans un contexte de « <em>guerre informationnelle </em>» où la cohérence du message prime sur l’indépendance éditoriale.</p>



<p>La communication de l’AES ne se limite pas aux plateformes numériques. Elle vise autant les populations locales que la communauté internationale. À l’interne, les messages cherchent à renforcer la résilience sociale face aux crises et à consolider l’adhésion aux projets politiques de l’Alliance. À l’externe, l’objectif est de contrer ce que les dirigeants décrivent comme un « <em>diktat narratif</em> » de certaines puissances occidentales. Dans cette logique, les langues locales jouent un rôle central. Elles permettent d’atteindre des segments de population éloignés des médias formels et d’ancrer la légitimité de l’AES dans le tissu social.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-triptyque-d-objectifs-credibilite-cohesion-controle"><strong>Un triptyque d’objectifs : crédibilité, cohésion, contrôle</strong></h2>



<p>Trois ambitions structurent cette architecture communicationnelle. La première consiste à renforcer la crédibilité internationale de l’AES en imposant une parole collective homogène. La deuxième vise à approfondir l’adhésion interne en encourageant l’idée d’un destin partagé au-delà des frontières nationales. La troisième, plus sensible, cherche à contrôler l’espace informatif, en réduisant l’influence des voix discordantes — médias dits indépendants, ONG, observateurs critiques — dont les récits peuvent contrecarrer les messages officiels tout en défendant des intérêts d’acteurs étrangers.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tensions médiatiques : La Guinée accuse France 24 de « manque d’impartialité »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Jul 2025 07:44:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Un reportage de France24 en Guinée entraîne une réaction forte de la Haute Autorité de la Communication sur la liberté d'expression.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Une récente diffusion de France&nbsp;24 sur la situation politique en Guinée a provoqué une vive réaction des autorités guinéennes, soulevant des questions sur la liberté de la presse et l’équilibre de l’information dans un contexte de transition délicat. L’émission incriminée, diffusée le samedi&nbsp;5&nbsp;juillet, sous le titre «</em></strong><strong><em> La Guinée&nbsp;: les opposants de Mamadi Doumbouya réduits à la peur et au silence</em></strong><strong><em> », a été qualifiée de «</em></strong><strong><em> tendancieuse</em></strong><strong><em> » par la Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée.</em></strong></p>



<p>Dans son reportage, le journaliste de France&nbsp;24 dépeint un tableau sombre de la Guinée sous la junte dirigée par le Colonel Mamadi Doumbouya, suggérant que les voix dissidentes sont systématiquement réduites au silence par des enlèvements ou des violences. Cette allégation, loin de passer inaperçue, a immédiatement alerté les régulateurs des médias guinéens.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-hac-monte-au-creneau"><strong>La HAC monte au créneau</strong></h2>



<p>La réponse de la HAC ne s’est pas fait attendre. Le mardi&nbsp;8&nbsp;juillet, l’institution a publié un communiqué cinglant, dénonçant un « <em>élément tendancieux</em> » et exprimant de sérieuses réserves quant à la couverture de France&nbsp;24. Le Collège de la HAC a pointé du doigt des « <em>informations inexactes et non recoupées</em> », ainsi qu’un « <em>manque d’équilibre dans le traitement</em><em> </em>» de l’actualité guinéenne.</p>



<p>Le communiqué souligne l’importance cruciale d’un traitement journalistique rigoureux, particulièrement dans un pays en pleine mutation politique. « <em>Le Collège de la HAC a recommandé que les informations sur la Guinée soient traitées avec beaucoup plus de professionnalisme et surtout d’impartialité</em> », peut-on lire dans la déclaration officielle. Cette recommandation met en lumière une attente claire des autorités guinéennes&nbsp;: un journalisme qui respecte les principes d’objectivité et de vérification des faits, évitant toute forme de partialité ou de sensationnalisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-courrier-a-france-medias-monde"><strong>Un courrier à France Médias Monde</strong></h2>



<p>Preuve de la gravité avec laquelle la HAC perçoit cet incident, un courrier a déjà été officiellement adressé à la « <em>présidente-directrice générale de France Médias Monde</em> », la maison mère de France&nbsp;24. L’objectif de cette correspondance est « <em>d’attirer son attention sur cette insuffisance professionnelle</em> », une formulation qui témoigne de la volonté des autorités guinéennes de voir des mesures prises pour corriger ce qu’elles considèrent comme des manquements éthiques et déontologiques.</p>



<p>L’élément controversé a été diffusé dans la rubrique « <em>Les Observateurs</em> » de France&nbsp;24, une émission connue pour son analyse de l’actualité internationale à travers le prisme des médias sociaux et des témoignages. Cependant, dans ce cas précis, la HAC estime que le reportage a franchi la ligne rouge de l’objectivité, présentant une image biaisée de la réalité guinéenne et potentiellement exacerbant les tensions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-enjeux-pour-la-liberte-de-la-presse-et-la-regulation"><strong>Enjeux pour la liberté de la presse et la régulation</strong></h2>



<p>Cet incident met en lumière les défis complexes auxquels sont confrontés les médias internationaux lorsqu’ils couvrent des nations en transition, où les perceptions de la liberté de la presse et de la responsabilité journalistique peuvent différer. Pour la Guinée, qui est sous un régime militaire depuis le coup d’État de septembre 2021, la question de l’espace démocratique et de la liberté d’expression est particulièrement sensible. Les autorités guinéennes, tout en affirmant leur attachement à la liberté de la presse, insistent sur la nécessité d’un journalisme « <em>professionnel</em><em> </em>» et « <em>impartial</em> », une ligne qui peut parfois être perçue comme une tentative de contrôle ou de censure par certains observateurs extérieurs.</p>



<p>La controverse entre la HAC et France&nbsp;24 souligne la ligne ténue entre l’investigation journalistique et l’ingérence perçue. Elle rappelle également l’importance cruciale, pour les médias internationaux, de s’assurer que leurs reportages sur des contextes politiquement fragiles sont non seulement précis, mais aussi équilibrés, afin d’éviter d’alimenter les tensions ou de donner lieu à des interprétations erronées. La balle est désormais dans le camp de France Médias Monde pour répondre aux préoccupations de la HAC et, potentiellement, pour réaffirmer son engagement envers les principes d’un journalisme juste et équitable.</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Communication au Mali : la HAC élargit l’espace médiatique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 09:25:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La HAC a récemment annoncé l'octroi de nouvelles fréquences. Découvrez les implications pour le paysage médiatique au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Le secteur des médias est un secteur important dans la vie de tous pays. C’est pourquoi on l’appelle « le quatrième pouvoir ». Au Mali, à la suite de l’instauration de la démocratie multipartite en mars 1991, il s’est rapidement développé. Ce développement continu, avec l’autorisation accordée récemment pour la création de nouveaux organes.</em></strong></p>



<p>L’information a été publiée, le 02&nbsp;juillet 2025, par la Haute Autorité de la Communication (HAC), à travers un communiqué sur sa page Facebook. Cette décision d’autorisation est issue de l’examen de dossiers d’appel à candidatures lancé le 19&nbsp;mars 2025 et dont la clôture était fixée au 5&nbsp;mai 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-109-dossiers-acceptes-sur-138-nbsp-enregistres-nbsp"><strong>109 dossiers acceptés sur 138&nbsp;enregistrés&nbsp;</strong></h2>



<p>Il ressort du communiqué de la Haute autorité de la communication (HAC) que le nombre total de dossiers enregistrés était de 138 dont 122&nbsp;radios, 15&nbsp;télés et 01&nbsp;distributeur ; et qu’à l’exception de Taoudéni, Ménaka et Nioro du Sahel toutes les régions administratives du Mali ainsi que le district de Bamako étaient concernées.&nbsp;</p>



<p>Après dépouillement, 109&nbsp;dossiers ont été retenus. Ainsi, à la suite de la délibération, le collège de la HAC a retenu, à la date du 02&nbsp;juillet 2025, les dossiers pour 94&nbsp;radios, 14&nbsp;Télévisions, et 01&nbsp;distributeur. Ainsi, elle invite les heureux candidats à se rapprocher de ses services dans les meilleurs délais, pour les dispositions relatives à la signature des autorisations d’exploitation et des conventions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-appel-a-candidatures-qui-portait-sur-100-nbsp-zones-geographiques-nbsp"><strong>Un appel à candidatures qui portait sur 100&nbsp;zones géographiques&nbsp;</strong></h2>



<p>C’était un appel à candidatures portant sur l’établissement et l’exploitation de services privés de communication audiovisuelle (radiodiffusion sonore commerciale et non commerciale par voie hertzienne terrestre en modulation de fréquence, TV commerciale et non commerciale, diffuseur/distributeur). Il portait sur 113&nbsp;fréquences et radios 15&nbsp;autorisations TV pour 100&nbsp;zones géographiques.&nbsp;</p>



<p>Les frais de retrait des dossiers étaient de 300 000&nbsp;FCFA pour les radios commerciales ; 150 000&nbsp;FCFA pour les radios non commerciales ; 500 000&nbsp;FCFA pour les TV commerciales ; 300 000&nbsp;FCFA pour les TV non commerciales ; 1 000 000&nbsp;FCFA pour les diffuseurs/distributeurs de programmes audiovisuels.</p>



<p>Rappelons que la HAC a été créée l’Ordonnance N° 2014-006/PT-RM ratifiée par la loi N° 2015-018 du 4 juin 2015 portant modification de l’ordonnance du 21 janvier 2014. Elle est venue remplacer le conseil supérieur de la communication (CSC). Elle est composée de 9 membres dont les mandats ne sont pas renouvelables : 3 désignés par le président de la République (mandat de 7 ans), 03 par le président de l’Assemblée nationale (mandat de 6 ans), 3 par les organisations professionnelles des médias ( mandat de 6 ans). </p>



<p>Le président de la HAC est élu par les membres désignés par le président de la République. La HAC est une autorité administrative indépendante rattachée à la primature. Elle s’est faite connaitre du grand public, à travers ses décisions relatives à l’interdiction d’émettre pour des médias internationaux comme RFI (Radio France Internationale), TV5MONDE, France 24. Il en a été de même pour le cas des médias nationaux comme Joliba TV.</p>



<p><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Auto-régulation des médias :  un Conseil de la déontologie et de l’éthique par les pairs en gestation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sidi Modibo Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jul 2025 09:15:20 +0000</pubDate>
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<p>Le Conseil de la déontologie et de l’éthique par les pairs vise à améliorer l'autorégulation des médias au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>L&rsquo;information est la sève nourricière de toute société. Cependant quand elle n&rsquo;est pas fondée, elle crée plus de problèmes qu&rsquo;elle n&rsquo;en résout. De nos jours, au Mali, le désordre informationnel ambiant est monnaie courante. Les dérives de la presse ne pourraient pas être logées à la même enseigne que celles des autres secteurs. Et cela en raison du fait qu&rsquo;elle constitue le quatrième pouvoir. C&rsquo;est pourquoi les acteurs du secteur s&rsquo;activent pour trouver un moyen propre à eux de réguler ces dérives. C&rsquo;est dans ce cadre que des journées se sont tenues à Bamako.</em></strong></p>



<p>C&rsquo;était du 25 au 26 juin 2025 sous la dénomination «&nbsp;<em>Journées d’échanges autour de la relance de l’autorégulation des médias au Mali&nbsp;</em>». La cérémonie de lancement a été présidée par le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Gaoussou Coulibaly. C&rsquo;était en présence de l&rsquo;ambassadrice du Royaume des Pays-Bas, Cécilia Wijgers, du représentant du ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration, Gamer Dicko, du Vice-président de la Maison de la Presse Daouda T Konaté et du représentant pays de IDEA Internationale, Maurice Engueleguele.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-creer-nbsp-un-tribunal-des-pairs-nbsp"><strong>Créer «&nbsp;un tribunal des pairs&nbsp;»</strong></h2>



<p>Dans son allocution, le président de la HAC a affirmé qu&rsquo;il s’agit de créer «&nbsp;<em>un tribunal des pairs</em>&nbsp;» capable de réguler sans réprimer, d’accompagner sans censurer pour un professionnalisme journalistique garanti. Un tel dispositif avait existé au Mali, mais n’a malheureusement pas pu résister aux épreuves. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;observatoire pour la déontologie et l&rsquo;éthique dans la presse.&nbsp;</p>



<p>Cependant, à ce jour, le monde de la presse malienne est unanime qu&rsquo;il faudrait la création d&rsquo;un tel organe. Ce souhait avait été exprimé à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la Presse 2025. C&rsquo;est en réponse à cette préoccupation que la Haute Autorité de la Communication du Mali (HAC), l’instance de régulation des médias, s’est investie en organisant ces journées de réflexion sur la relance de l’autorégulation et la perspective de la corégulation des médias au Mali.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-feuille-de-route-a-ete-elaboree-nbsp"><strong>Une feuille de route a été élaborée&nbsp;</strong></h2>



<p>Pendant deux jours, les responsables des organisations professionnelles des médias du Mali, des experts venus du Benin et du Sénégal et autres participants ont échangé sur les stratégies de mise en place de cet outil d’autorégulation des médias tant attendu et indispensable pour le respect de l’éthique et de la déontologie. Les participants ont, également, bénéficié de l&rsquo;apport des doyens de la presse malienne, des membres du Collège de la HAC, du ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de la Modernisation de l’Administration. Ainsi, au terme des travaux, à la satisfaction générale de la HAC, de la Maison de la Presse et de IDEA international, les participants ont élaboré une feuille de route smart pour l’opérationnalisation d&rsquo;un tribunal des pairs appelé, Conseil de la déontologie et de l’éthique par les pairs (CODEP).&nbsp;</p>



<p>Il est important de souligner que l&rsquo;opérationnalisation de cette instance viendra à point nommé, surtout avec l&rsquo;ampleur de la mauvaise utilisation des médias sociaux que connaît le pays. D&rsquo;ailleurs, par rapport à ce phénomène, les autorités ont mené, en collaboration avec les acteurs des médias, des réflexions pour dégager des pistes de solutions. C&rsquo;était lors d&rsquo;un atelier d&rsquo;échanges et de partage tenu du 13 au 15 mai 2025 à Bamako.</p>



<p><strong>Sidi Modibo Coulibaly</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>32e édition de la journée internationale de la liberté de la presse : une célébration symbolique et fraternelle  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fatoumata Togo]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 May 2025 10:22:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Taabolow ani Tabiaw]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[journée internationale de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
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<p>Découvrez la Journée internationale de la liberté de la presse et son importance pour les journalistes face à l'intelligence artificielle.</p>
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<p><strong><em>Le samedi 3 mai 2025, la 32e édition de la Journée internationale de la liberté de la presse couplée à la Semaine nationale de la liberté de la presse s’est tenue à la Maison de la presse. Placée sous le thème : « Le journaliste malien face aux défis de l’intelligence artificielle : information et désinformation en période de crise multidimensionnelle », cette cérémonie solennelle a été présidée par M. Bandiougou Danté, président de la Maison de la presse, en présence du représentant résident de l’UNESCO, du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration.</em></strong></p>



<p>La cérémonie a débuté par un discours du président de la Maison de la presse, M. Danté, qui a salué l’ensemble des journalistes présents, tout en rendant hommage aux confrères disparus, notamment ceux portés disparus dans l’exercice de leur métier.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-soutiens-institutionnels-et-reconnaissance"><strong>Soutiens institutionnels et reconnaissance</strong></h3>



<p>Il a été suivi par M. Sambou Biagui, directeur de la Maison de la presse du Sénégal, qui a souligné dans son intervention les liens de fraternité et de solidarité qui unissent le Mali et le Sénégal, notamment dans le domaine de la presse et de la liberté d’expression.</p>



<p>Le représentant de l’UNESCO et le secrétaire du ministre de la Communication ont également exprimé, à travers leurs allocutions, leur gratitude et leur soutien aux journalistes à l’occasion de cette journée de commémoration.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-intelligence-artificielle-au-coeur-des-reflexions"><strong>L’intelligence artificielle au cœur des réflexions</strong></h3>



<p>La cérémonie a ensuite été marquée par une conférence inaugurale suivie d’une projection audiovisuelle en lien avec le thème de l’année. Celle-ci a permis de clarifier plusieurs aspects, notamment : le rôle et les missions du journaliste, les qualités requises pour exercer ce métier, l’évolution des pratiques journalistiques, les spécificités de l’audiovisuel en Afrique, ainsi que les principes d’éthique et de déontologie qui encadrent la profession.</p>



<p>Un accent particulier a été mis sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les médias. Les intervenants ont invité les journalistes, professionnels comme débutants, à faire preuve de discernement dans l’utilisation des outils d’IA. «&nbsp;<em>C’est l’intelligence humaine qui rend l’intelligence artificielle plus intelligente&nbsp;</em>», a-t-on rappelé. Ces outils, bien que puissants, peuvent aussi induire en erreur s’ils sont mal maîtrisés. Leurs avantages et inconvénients ont été exposés lors d’une séance d’échanges avec le public.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-lancement-du-salon-des-medias-au-mali"><strong>Lancement du Salon des Médias au Mali</strong></h3>



<p>La cérémonie d’ouverture a été clôturée par le lancement officiel du Salon des Médias au Mali (SAM Mali), édition 2025. Dans son discours, le président du comité d’organisation, M. Issa Kaba Sidibé, a annoncé que ce rendez-vous sera désormais baptisé Salon des Médias au Mali, ouvert à l’international.</p>



<p>Ainsi, cette journée a été riche en échanges, en apprentissages et en fraternité, marquant une nouvelle étape dans la réflexion sur l’avenir du journalisme face aux mutations technologiques.</p>



<p><strong>Fatoumata Togo, stagiaire&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la presse, matrice d’une nation en devenir</title>
		<link>https://saheltribune.com/mali-la-presse-matrice-dune-nation-en-devenir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 23:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[construction nationale]]></category>
		<category><![CDATA[journée mondiale de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[presse malienne]]></category>
		<category><![CDATA[rôle de la presse]]></category>
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<p>Découvrez le rôle de la presse dans la construction du Mali, un acteur clé pour la cohésion nationale et la mémoire commune.</p>
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<p><strong><em>De la lutte anticoloniale aux défis sécuritaires contemporains, la presse malienne a toujours joué un rôle structurant dans la fabrication du lien national. Entre censure, pluralisme, résistance et résilience, elle a porté le souffle d’une République en devenir. Aujourd’hui encore, la soutenir, c’est investir dans l’avenir du Mali.</em></strong></p>



<p>On s’illusionne souvent sur ce qu’est une nation. On croit qu’elle naît dans le fracas des indépendances, qu’elle se consolide par la seule volonté politique ou par la mise en place d’institutions formelles. Mais l’histoire enseigne une vérité plus subtile. &nbsp;Aucune nation ne se bâtit sans récit partagé, sans mémoire commune, sans regard critique sur elle-même. Or, la presse est, en Afrique comme ailleurs, l’un des principaux artisans de ce récit national.</p>



<p>Le cas malien est, à cet égard, exemplaire. De la période coloniale à nos jours, la presse n’a cessé d’accompagner, de questionner, de construire les différents moments de l’identité nationale malienne. Parfois encadrée, souvent entravée, elle a néanmoins survécu, persévéré, et, plus que toute autre institution, posé les jalons d’un avenir commun.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-parole-comme-instrument-de-liberation"><strong>La parole comme instrument de libération</strong></h3>



<p>Dès les années 1940, dans les pages fragiles de quelques publications encore sous surveillance coloniale, une parole nouvelle émerge. Celle de l’émancipation. Le Congrès de Bamako de 1946, moment fondateur du RDA, ne fut pas seulement une réunion de cadres politiques. Ce fut un moment d’éveil médiatique, où la presse devint un vecteur de conscientisation et un catalyseur de souveraineté.</p>



<p>La presse du Soudan français, bien avant l’indépendance, portait déjà les germes de la liberté. Elle interrogeait l’ordre établi, relayait les voix dissonantes, et contribuait à l’émergence d’une opinion publique. C’est par les mots que le Mali a commencé à exister politiquement.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-etat-la-presse-et-la-nation"><strong>L’État, la presse et la nation</strong></h3>



<p>L’indépendance proclamée en 1960 aurait pu consacrer une presse libre, garante du pluralisme. Il n’en fut rien. Le régime de Modibo Keïta, comme tant d’autres en Afrique postcoloniale, opta pour une presse d’État, au service de l’unité nationale et du projet socialiste. L’intention n’était pas mauvaise. Utiliser la presse comme outil d’éducation civique. Mais le monopole de la parole finit toujours par l’appauvrir. Et la liberté s’étiole quand la critique devient trahison.</p>



<p>Avec la dictature militaire de Moussa Traoré (1968-1991), la presse malienne entre dans une ère de censure structurée, où l’information devient outil de propagande. Pourtant, même sous cette chape de plomb, des voix résistantes surgissent. Des journaux clandestins circulent. Des journalistes s’exilent ou écrivent entre les lignes. Car la vérité finit toujours par chercher une forme, fût-elle imparfaite.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-breve-fenetre-de-liberte"><strong>Une brève fenêtre de liberté</strong></h3>



<p>1991, le vent de la démocratie balaie le vieux régime. La presse, en première ligne des mouvements de contestation, retrouve ses droits. Elle devient multiple, dynamique, foisonnante. Radios libres, hebdomadaires critiques, titres indépendants. &nbsp;Le Mali connaît une effervescence médiatique sans précédent.</p>



<p>Pendant deux décennies, la presse accompagne le renouveau démocratique. Elle informe, débat, critique. Elle dérange aussi. Car en Afrique, comme ailleurs, la liberté d’informer est d’autant plus précieuse qu’elle est fragile.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-media-sous-pression-dans-un-etat-sous-tension"><strong>Un média sous pression dans un État sous tension</strong></h3>



<p>Depuis 2012, la crise sécuritaire, l’instabilité politique, les transitions successives et les défis économiques ont de nouveau fragilisé l’écosystème médiatique malien. La liberté de ton recule. Les pressions, parfois armées, parfois financières, réduisent les marges d’indépendance. Mais malgré les menaces, la presse continue d’exister. Elle rend compte du conflit, elle donne la parole aux oubliés, elle documente les fractures et, parfois, propose des chemins de réconciliation.</p>



<p>Aujourd’hui, les journalistes maliens affrontent non seulement la précarité matérielle, mais aussi le poison de la désinformation, la pression des réseaux sociaux, et le soupçon permanent d’allégeance. Pourtant, leur mission reste la même : servir la vérité, nourrir la citoyenneté, éclairer la complexité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-presse-comme-boussole-de-la-nation"><strong>La presse comme boussole de la nation</strong></h3>



<p>Au Mali comme ailleurs, le combat pour la liberté de la presse est un combat pour l’avenir. Il n’y aura pas de stabilité politique, pas de cohésion sociale, pas de paix durable sans médias libres, rigoureux et reconnus.</p>



<p>La presse n’est pas un simple miroir du pouvoir ou un instrument de critique. Elle est l’un des piliers invisibles de la construction nationale. À travers ses récits, ses dénonciations, ses espoirs, elle forge une mémoire, structure un débat, donne corps à une communauté de destin.</p>



<p>Il est temps que les autorités, les citoyens, et les partenaires internationaux le comprennent. Soutenir la presse malienne, c’est investir dans le Mali lui-même.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Liberté de la presse : la menace économique que personne ne veut voir</title>
		<link>https://saheltribune.com/liberte-de-la-presse-la-menace-economique-que-personne-ne-veut-voir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 14:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Enquête]]></category>
		<category><![CDATA[AES]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique et médias]]></category>
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		<category><![CDATA[RSF Classement 2025]]></category>
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<p>Le Classement 2025 de Reporters sans frontières révèle les dangers que courent l'Économie des médias en péril sur la liberté d'expression.</p>
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]]></description>
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<p><strong><em>Loin des seules atteintes physiques ou politiques, le Classement 2025 de Reporters sans frontières révèle une vérité plus silencieuse mais tout aussi brutale. La liberté de la presse vacille désormais sous le poids des crises économiques. De Bamako à New York, de Gaza à Paris, le journalisme ne meurt pas seulement sous les balles — il s’effondre aussi sous les déficits.</em></strong></p>



<p>Ceux qui pensaient que la liberté de la presse était menacée seulement sous les tropiques ou derrière les rideaux opaques des régimes militaires de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) devraient regarder ailleurs. Plus précisément, partout. En 2025, pour la première fois, le classement mondial de Reporters sans frontières (RSF) tire une sonnette d’alarme qui transcende les frontières. Non, ce ne sont pas les seuls fusils qui musèlent les journalistes. Ce sont aussi les bilans comptables. Le danger économique, silencieux mais ravageur, est désormais la principale cause de déclin de la liberté de la presse dans le monde.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-journalisme-en-mode-survie"><strong>Le journalisme en mode survie</strong></h3>



<p>Certes, les menaces physiques continuent d’exister. À Gaza, près de 200 journalistes ont été tués. En Afghanistan, en Iran, au Nicaragua ou en Birmanie, les médias sont broyés par des appareils sécuritaires sans état d’âme. Mais RSF révèle un phénomène plus global, plus systémique : l’économie de l’information est en train de s’effondrer. Dans 160 pays sur les 180 évalués, les médias ne parviennent plus à atteindre une stabilité financière. Près d’un tiers des États recensent des fermetures régulières de rédactions, parfois définitives. Aux États-Unis, où le second mandat de Donald Trump est en passe d’institutionnaliser la défiance contre les médias, des régions entières deviennent des déserts d’information.</p>



<p>Les chiffres sont là, froids et impitoyables. Dans 46 pays, les médias sont aux mains d’un oligopole privé ou d’un monopole d’État. En France même, pays classé 25e, une poignée de milliardaires contrôle une part significative de la presse nationale. Et dans les autres pays dits « <em>matures</em>« , la concentration se conjugue à la pression des plateformes numériques, qui captent la majorité des recettes publicitaires, laissant les journaux d’investigation sur le carreau.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-aussi-mais-pas-seulement"><strong>L’Afrique aussi, mais pas seulement</strong></h3>



<p>Sur le continent africain, le diagnostic est tout aussi sévère. Le score économique des médias s’est dégradé dans 80 % des pays subsahariens. Le Mali (119e, -5), le Burkina Faso (105e, -19) et le Cameroun (131e) voient leur paysage médiatique se refermer, dans un mélange d’autocensure, de précarité éditoriale et de clientélisme économique. À Tunis, en pleine crise politique, les médias indépendants sont pris dans l’étau d’une asphyxie budgétaire.</p>



<p>Mais il serait faux — voire malhonnête — de faire de cette réalité un apanage africain. La grande défaite de 2025, c’est que le monde entier recule, et que la presse paie l’addition d’une économie numérique dérégulée, d’États désengagés, et d’un public de plus en plus désinformé.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-presse-devient-un-luxe"><strong>Quand la presse devient un luxe</strong></h3>



<p>La directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé, résume bien l’équation : «&nbsp;<em>Sans indépendance économique, pas de presse libre.&nbsp;</em>» Or, aujourd’hui, produire de l’information fiable coûte cher — et rapporte peu. Résultat : les rédactions s’alignent sur les algorithmes, sacrifient la rigueur sur l’autel du clic, ou se vendent — corps et âme — aux annonceurs, aux actionnaires ou aux États.</p>



<p>Ce n’est plus la censure qui menace. C’est la pauvreté du journaliste, contraint de se faire influenceur, consultant, ou de fuir. Le pluralisme éditorial se meurt non pas dans les prisons, mais dans les bilans comptables.</p>



<p>Et lorsque les plateformes — Facebook, YouTube, TikTok — deviennent les principaux vecteurs d’information, mais sans régulation, sans déontologie, et souvent sans vérité, le journalisme devient inutile. Pis, suspect.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-carte-du-monde-qui-rougit"><strong>Une carte du monde qui rougit</strong></h3>



<p>Le score moyen mondial tombe pour la première fois en dessous du seuil de 55 points. La liberté de la presse est désormais en “<em>situation difficile</em>” à l’échelle planétaire. Plus de 112 pays reculent dans le classement. Dans 42 pays représentant la moitié de la population mondiale, elle est jugée “<em>très grave</em>”. Le journalisme s’y pratique au péril de sa vie — quand il existe encore.</p>



<p>L’Europe ? Elle résiste, mais s’effrite. L’Amérique ? Elle régresse, parfois brutalement. L’Afrique ? Elle oscille entre résilience et résignation. La liberté de la presse n’a plus de bastion.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-enjeu-plus-vital-que-jamais"><strong>L’enjeu ? Plus vital que jamais</strong></h3>



<p>Ce que révèle RSF cette année, c’est une vérité que beaucoup feignent d’ignorer. La liberté d’informer est un service public, pas un produit de luxe. Si les États ne garantissent pas des conditions de viabilité aux rédactions, ils seront bientôt seuls à parler. Si les citoyens ne défendent pas leur droit à une information indépendante, ils seront condamnés à la propagande, ou au vide.</p>



<p>Et le pire, dans cette lente érosion, c’est qu’elle ne fait pas de bruit. C’est une extinction douce. Une lumière qui vacille. Un pluralisme qui meurt sans martyr. Sans déclaration de guerre. Sans fracas.</p>



<p>Juste&#8230; un silence de plus.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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