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	<title>Archives des légitimité politique &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des légitimité politique &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>L&#8217;UA doit se réformer pour devenir une institution dont l&#8217;Afrique a besoin. </title>
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		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 11:40:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez pourquoi il est urgent de réformer l'Union africaine pour renforcer son efficacité au service des peuples africains.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans une tribune critique sur l’avenir du panafricanisme institutionnel, Mike Omuodo, expert panafricain en relations publiques et communication basé à Nairobi, appelle l’Union africaine à engager des réformes profondes pour redevenir une organisation au service des peuples africains. Face aux accusations de déconnexion, d’inefficacité et de complaisance envers certains régimes, l’auteur interroge la capacité de l’UA à incarner une véritable intégration politique, économique et sécuritaire du continent.</em></strong></p>



<p>Dans un commentaire publié en ligne, sur un groupe de plus 800 000 membres, un internaute a posé une question intrigante : « <em>Si l&rsquo;Union africaine (UA) n&rsquo;est pas capable de créer une monnaie unique, une armée unifiée ou un passeport commun, alors quel est exactement le but de cette union ? </em>».</p>



<p>La section des commentaires s&rsquo;est enflammée, certains internautes affirmant que l&rsquo;UA ne sert plus les intérêts du peuple africain, mais plutôt ceux de l&rsquo;Occident et des nations individuelles avides des ressources de l&rsquo;Afrique. Certains ont même déclaré en plaisantant qu&rsquo;elle devrait être rebaptisée « <em>Western Union </em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ua-un-club-de-cabales"><strong>L’UA, un club de cabales</strong></h2>



<p>Mais sérieusement, comment un pays comme la France a-t-il réussi à maintenir une influence économique sur 14 États africains grâce à son système du franc CFA, alors que le continent est incapable de créer son propre régime monétaire unique ? Pourquoi le continent semble-t-il accepter sans broncher que les puissances mondiales établissent leurs bases militaires sur son territoire, mais ne semble pas intéressé par la création de sa propre armée unifiée ? Pourquoi l&rsquo;idée d&rsquo;une ouverture des frontières effraie-t-elle nos dirigeants, les poussant à se réfugier derrière la souveraineté ?</p>



<p>Ces questions remettent en cause la pertinence de l&rsquo;UA dans la géopolitique actuelle. Il ne fait aucun doute que l&rsquo;UA reste pertinente, car elle continue de parler au nom de l&rsquo;Afrique sur les plateformes mondiales en tant que symbole de l&rsquo;unité du continent. Mais le malaise qui l&rsquo;entoure est justifié, car le symbolisme ne suffit plus.</p>



<p>Dans un continent aux prises avec des conflits persistants, une fragmentation économique et des reculs démocratiques, les institutions sont jugées non pas sur leur présence, mais sur leur impact.</p>



<p>D&rsquo;après le chat et plusieurs autres groupes de discussion sur les réseaux sociaux, la plupart des Africains sont mécontents des résultats obtenus jusqu&rsquo;à présent par l&rsquo;Union africaine. Pour beaucoup, l&rsquo;organisation est déconnectée de la réalité et ils réclament désormais une refonte immédiate.</p>



<p>À leurs yeux, l&rsquo;UA est un club de cabales dont la principale réalisation a été de protéger leurs acolytes criminels.</p>



<p>Un commentateur a déclaré : « <em>La principale tâche de l&rsquo;UA est de féliciter les dictateurs qui tuent leurs citoyens pour conserver le pouvoir grâce à des élections truquées. </em>» Un autre a déclaré : « <em>L&rsquo;UA est une bande de dirigeants atrophiés qui dansent sur les tombes de leurs citoyens, pillant les ressources de leur peuple pour les cacher à l&rsquo;étranger.</em> »</p>



<p>Ces opinions peuvent sembler sévères, mais elles reflètent bien la façon dont les gens perçoivent l&rsquo;organisation à travers le continent.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-vision-floue"><strong>Une vision floue</strong></h2>



<p>L&rsquo;Union africaine, créée en juillet 2002 pour succéder à l&rsquo;OUA, est née d&rsquo;une vision ambitieuse visant à unir le continent vers l&rsquo;autosuffisance en favorisant l&rsquo;intégration économique, en renforçant la paix et la sécurité, en encourageant la bonne gouvernance et en représentant le continent sur la scène internationale, après la fin du colonialisme.</p>



<p>Au fil du temps, cependant, le fossé entre cette vision et la réalité sur le terrain s&rsquo;est creusé. L&rsquo;UA semble impuissante à résoudre les conflits croissants qui secouent le continent, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de coups d&rsquo;État incessants, d&rsquo;élections chaotiques ou d&rsquo;agressions extérieures.</p>



<p>Cette faiblesse chronique a lentement érodé la confiance du public dans l&rsquo;organisation et, de ce fait, l&rsquo;UA est désormais considérée comme un forum de discours plutôt que de solutions. Comme le dit un commentateur, « <em>l&rsquo;UA est devenue une tribune de discussion grotesque, incapable d&rsquo;agir ou de mordre </em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-appel-a-la-creation-d-un-nouvel-organisme"><strong>Appel à la création d&rsquo;un nouvel organisme</strong></h2>



<p>Le sentiment général sur le terrain est que l&rsquo;UA stagne et n&rsquo;a pas grand-chose à montrer après plus de 60 ans d&rsquo;existence (depuis l&rsquo;époque de l&rsquo;OUA). Elle est également considérée comme impuissante et soumise aux caprices de ses « <em>maîtres</em> ».&nbsp; Certains commentateurs ont même appelé à sa dissolution et à la création d&rsquo;un nouvel organisme qui servirait les intérêts du continent et de ses populations.&nbsp;</p>



<p>Cela ressemble à un vote de défiance. Pour regagner la faveur du public et rester une force au service du bien-être du continent, l&rsquo;UA doit entreprendre des réformes cruciales, renforcer la responsabilité et faire preuve de courage politique de toute urgence. Sans cela, elle risque de survivre en apparence tout en perdant de son essence.</p>



<p>La question n&rsquo;est pas de savoir si l&rsquo;Afrique a besoin de l&rsquo;UA, mais si l&rsquo;UA est disposée et prête à devenir l&rsquo;institution dont l&rsquo;Afrique a besoin, une institution suffisamment audacieuse pour initier une démarche courageuse vers un marché commun, une monnaie unique, une armée unifiée et un régime de passeport commun. C&rsquo;est possible !</p>



<p><strong><em>M. Omuodo </em></strong></p>



<p><strong><em>Adresse :  </em></strong><a href="mailto:mike.omuodo@mediafast.co.ke"><strong><em>mike.omuodo@mediafast.co.ke</em></strong></a><strong><em> </em></strong></p>



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<p><strong><em>Le chapô est de notre rédaction. </em></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>AES : Contre le mimétisme institutionnel, la refondation sahélienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 08:14:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Mikaïlou Cissé explore la refondation sahélienne dans le contexte actuel, entre héritage et nouveaux enjeux politiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans cette tribune, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire au Mali, analyse la transition politique en cours au Sahel à la lumière de la quête de légitimité populaire et de souveraineté collective. Pour lui, la Confédération des États du Sahel (AES) ne marque pas une simple rupture institutionnelle, mais une refondation politique ancrée dans les réalités sociales et culturelles des peuples sahéliens. Entre héritage postcolonial, échec des modèles importés et réaffirmation d’une souveraineté vécue, Cissé voit dans ce moment sahélien l’émergence d’un nouvel humanisme politique africain.</em></strong></p>



<p>La transition sahélienne se joue désormais sur le terrain décisif de la légitimité politique. Les peuples n&rsquo;y expriment pas seulement ce qu&rsquo;ils rejettent ; ils affirment ce qu&rsquo;ils entendent bâtir ensemble. Dans cette nouvelle configuration, la souveraineté populaire, articulée à une intégration économique et une sécurité collective, s&rsquo;enracine dans une union conçue pour résister aux fractures internes et aux pressions externes. Ainsi, les sociétés sahéliennes s&rsquo;affirment comme des acteurs autonomes de l&rsquo;histoire ouest-africaine contemporaine.</p>



<p>La Confédération des États du Sahel (AES), née à Niamey en juillet 2024, s&rsquo;inscrit dans une séquence marquée par l&rsquo;épuisement des cadres d&rsquo;intégration postcoloniaux et l&rsquo;émergence d&rsquo;une exigence populaire de rupture. Au cœur de cette dynamique réside la réappropriation de la souveraineté par les peuples eux-mêmes.</p>



<p>Loin d&rsquo;être un attribut figé de l&rsquo;État, la souveraineté devient un processus continu : elle se construit, se défend et se légitime par l&rsquo;action collective. L&rsquo;expérience burkinabè actuelle l&rsquo;illustre parfaitement, au milieu de menaces internes et externes multiples.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-lecons-de-l-histoire-de-la-federation-du-mali-a-la-cedeao"><strong>Les leçons de l’histoire : de la Fédération du Mali à la CEDEAO</strong></h2>



<p>Cette trajectoire invite à une lecture comparée avec l’échec de la Fédération du Mali à la veille des indépendances. Elle rappelle qu&rsquo;aucune union politique ne dure sans socle populaire solide ni vision partagée de la souveraineté.</p>



<p>Dans le contexte sahélien, l&rsquo;union ne saurait être une superstructure institutionnelle détachée du vécu des populations. L’expérience nigériane le démontre : lorsqu’un modèle est capturé par des élites et déconnecté des réalités sociales et sécuritaires, il se réduit à une coquille juridique vide.</p>



<p>La CEDEAO, quant à elle, illustre le même paradoxe sous un autre angle. En privilégiant une intégration normative sans transfert réel de souveraineté populaire, elle révèle que la légitimité sociale demeure le socle vivant de toute communauté politique. Sa rigidité procédurale et son alignement sur des intérêts exogènes expliquent la quête d’un nouveau cadre par le Mali, le Niger et le Burkina Faso.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-un-projet-politique-enracine-dans-les-realites-populaires"><strong>L’AES : un projet politique enraciné dans les réalités populaires</strong></h2>



<p>L’AES comble ce vide non par une opposition abstraite, mais par une refondation politique ancrée dans les attentes sécuritaires, économiques et sociales des populations sahéliennes.</p>



<p>Confrontée à des alliances extérieures hostiles et à des entreprises de déstabilisation interne, la Confédération affronte des menaces hybrides où des partenariats peuvent se muer en facteurs d’insécurité. Seule une communauté politique portée par une volonté populaire assumée peut contrer ces projets contraires à l’intérêt général.</p>



<p>Les interactions régulières entre institutions sahéliennes témoignent d’une dynamique réelle. Pourtant, la durabilité d’un projet fédéral ne se mesure pas à la fréquence des concertations, mais à sa traduction concrète dans la vie des populations.</p>



<p>Dans un environnement marqué par des rapports de force asymétriques, la légitimité politique s’édifie d’abord par la cohérence interne entre législation, action publique et soutien populaire, plutôt que par une reconnaissance extérieure.</p>



<p>Toute entrave au projet collectif devient ainsi un enjeu d’intérêt public majeur. Elle appelle des réponses politiques, juridiques et sociales proportionnées, tournées vers la base où se forgent adhésion et contestation. Il ne s’agit ni d’arbitraire ni de coercition aveugle, mais d’une nécessité structurelle pour protéger le projet commun et affirmer la primauté de l’intérêt général.</p>



<p>L’intervention américaine au Venezuela en est une illustration apparente : un rappel que la souveraineté ne se délègue pas sans se perdre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-integration-economique-socle-de-la-souverainete-sahelienne"><strong>L’intégration économique : socle de la souveraineté sahélienne</strong></h2>



<p>L’intégration économique constitue le socle fondamental du projet sahélien, conditionnant l’intégration sécuritaire et politique. Les ressources humaines, minières, agricoles et énergétiques de l’espace AES offrent un potentiel immense, à condition d’être protégées, transformées et orientées vers des objectifs collectifs.</p>



<p>Structurer des pôles de production locale et de transformation endogène autour des grandes métropoles est essentiel pour une souveraineté réelle. Sans cela, l’union resterait formelle, vulnérable et dépendante.</p>



<p>La lutte contre le terrorisme s’inscrit dans cette architecture globale. Elle exige un cadre législatif clair, soutenu par le peuple, et une mobilisation coordonnée des forces politiques, sécuritaires, économiques et sociales.</p>



<p>Le peuple n’est pas un simple bénéficiaire de la souveraineté : il en est le garant et la source ultime de légitimité. Les expressions populaires de soutien aux choix souverains valident et vitalisent le projet sahélien, qui repose avant tout sur une conviction partagée : la souveraineté n’est pas un héritage, mais une conquête permanente.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Côte d’Ivoire :  quatrième mandat de Ouattara, entre légalité constitutionnelle et risques d’instabilité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jul 2025 20:18:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les répercussions de la candidature d’Alassane Ouattara au quatrième mandat : enjeux démocratiques et tensions sociales à l’horizon 2025.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>L’annonce par le président ivoirien Alassane Ouattara de sa candidature à un quatrième mandat lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025 marque un tournant à la fois politique, institutionnel et symbolique pour la Côte d’Ivoire. Si le chef de l’État invoque la légalité de sa démarche en se fondant sur la réforme constitutionnelle de 2016, cette décision ravive de profondes inquiétudes sur la résilience démocratique du pays, la cohésion sociale et les implications sécuritaires et économiques, dans un contexte régional déjà extrêmement volatil.</strong></p>



<p>L’argument de la remise à zéro des mandats consécutifs grâce à la Constitution de 2016 a déjà été mobilisé lors de la présidentielle de 2020, suscitant de vives controverses. À l’époque, cette lecture du droit constitutionnel avait été jugée cynique par une large frange de l’opposition, qui y voyait une manœuvre pour pérenniser un pouvoir personnel. Le retour de ce même raisonnement en 2025, pour justifier une nouvelle candidature, ne fait qu’accentuer le malaise. Si le texte fondamental autorise effectivement cette possibilité, la répétition d’un tel acte électoral soulève des questions sur la culture démocratique en Côte d’Ivoire, où l’alternance politique reste perçue comme un exercice à géométrie variable.</p>



<p>La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs figures de l’opposition, notamment l’ancien président Laurent Gbagbo ou encore Tidjane Thiam, ont été disqualifiées du processus électoral, réduisant de manière significative l’offre politique face à un président sortant disposant de tous les leviers de l’appareil d’État. Ce déséquilibre alimente un climat de défiance généralisée, qui risque d’attiser les tensions au fil de la campagne.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-paix-fragile-face-aux-risques-securitaires"><strong>Une paix fragile face aux risques sécuritaires</strong></h2>



<p>Si la Côte d’Ivoire bénéficie aujourd’hui d’une relative stabilité institutionnelle, les cicatrices des crises passées ne sont pas complètement refermées. Le souvenir des violences post-électorales de 2010-2011, comme celles survenues en 2020, est encore vivace. La probabilité de tensions pendant la campagne électorale reste élevée, surtout si l’opposition ou une partie de la société civile estime que les règles du jeu ne sont pas équitables.</p>



<p>Sur le plan sécuritaire, le pays est également confronté à une menace jihadiste persistante dans ses régions septentrionales. Depuis l’attaque de Kafolo, la pression exercée par les groupes terroristes affiliés à AQMI et au JNIM s’est intensifiée. Les autorités ivoiriennes ont certes renforcé les capacités de surveillance et de riposte, mais le risque d’attaques ciblées ou d’infiltration dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Mali reste réel. Dans un tel contexte, une instabilité politique intérieure viendrait accentuer la vulnérabilité du pays, créant un terrain favorable à une déstabilisation plus large.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-locomotive-economique-en-equilibre-instable"><strong>Une locomotive économique en équilibre instable</strong></h2>



<p>Sur le plan économique, la Côte d’Ivoire affiche l’un des taux de croissance les plus dynamiques de la sous-région, avec une projection de +6 % pour l’année 2025. Cette performance repose notamment sur la diversification des investissements, la stabilité monétaire assurée par l’ancrage au franc CFA et le développement des infrastructures. Toutefois, cette dynamique reste conditionnée à un climat politique apaisé et prévisible.</p>



<p>Toute dérive autoritaire, toute crise de légitimité électorale ou tout épisode de violence urbaine pourrait remettre en cause les engagements des bailleurs et faire fuir certains investisseurs. En tant que pilier économique de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire joue un rôle central dans les échanges régionaux. Une instabilité prolongée à Abidjan pourrait ainsi provoquer un effet domino sur les économies voisines, notamment celles déjà fragilisées comme le Mali ou le Burkina Faso.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-continuite-institutionnelle-et-urgence-democratique"><strong>Entre continuité institutionnelle et urgence démocratique</strong></h2>



<p>La candidature d’Alassane Ouattara à un quatrième mandat incarne un paradoxe ivoirien, celui d’une légalité constitutionnelle invoquée dans un contexte de faible légitimité perçue. Si le président ivoirien entend garantir la continuité et la stabilité, cette démarche pourrait, à l’inverse, raviver les tensions, exacerber les divisions politiques et compromettre les acquis économiques.</p>



<p>L’enjeu pour la Côte d’Ivoire ne se résume pas à une simple élection, mais à la capacité du pays à affirmer sa maturité démocratique et à instaurer un jeu politique plus inclusif, condition essentielle pour préserver la paix sociale et consolider son rôle de leader régional.</p>



<p><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. Assimi Goïta ou la réinvention du geste social en Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 07:24:54 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment l'héritage du social en Afrique façonne des politiques contemporaines de solidarité et de service public.</p>
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<p><strong><em>En allouant une large part de son fonds de souveraineté à des actions sociales concrètes, le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, renoue avec une tradition africaine de gouvernance fondée sur la solidarité et le service public. Une démarche qui s’inscrit non seulement dans l’héritage des grandes figures du continent, mais aussi des penseurs de l’Etat-providence, tout en répondant aux urgences contemporaines du Sahel.</em></strong></p>



<p>« <em>Je m’emploierai […] à la réduction du train de vie de l’État. D’ores et déjà, j’ai décidé d’allouer les deux tiers, du fonds de souveraineté du président, […] aux œuvres soucieux sanitaires notamment, pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire dans les zones difficiles de notre.</em> », s’est engagé le président de la transition, le général Assimi Goïta, lors de son investiture le 7&nbsp;juin 2021. Les œuvres sociales venaient ainsi de naître.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-retour-d-un-imaginaire-du-pouvoir-ancre-dans-les-traditions-africaines">Retour d’un imaginaire du pouvoir ancré dans les traditions africaines</h2>



<p>Il y a des décisions politiques dont l’écho dépasse le cadre strict d’un programme national. Et il y a des gestes de gouvernance qui, par leur résonance symbolique, s’inscrivent dans une filiation continentale plus vaste. L’initiative des œuvres sociales du président de la transition malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta, appartient assurément à cette seconde catégorie. D’abord parce qu’elle repose sur un principe fondamental&nbsp;: l’allocation directe d’une part substantielle du fonds de souveraineté présidentiel à des actions sociales concrètes. Ensuite, parce qu’elle s’inscrit dans une tradition africaine pluriséculaire de gouvernance par le don, la solidarité et la proximité.</p>



<p>Depuis 2021, Goïta a choisi une voie résolument sociale. Deux tiers de son fonds de souveraineté — cet instrument souvent discret, parfois controversé — sont consacrés à des programmes de développement local. Il ne s’agit ni d’opérations ponctuelles, ni de gestes caritatifs isolés, mais d’un effort systématique de redistribution ciblée&nbsp;: près de 500&nbsp;forages d’eau potable, électrification solaire de centres de santé, éclairage public dans la capitale, distribution de kits alimentaires aux plus démunis, kits sanitaires et scolaires. Le tout coordonné selon une logique d’urgence sociale et de réponse aux besoins essentiels.</p>



<p>Mais au-delà des chiffres, ce que dessine cette politique, c’est le retour d’un imaginaire du pouvoir ancré dans les traditions africaines du care communautaire, où le chef est celui qui donne, protège, et rend visible l’utilité de son autorité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-echo-a-l-ubuntu-au-harambee-et-a-la-palabre"><strong>Un écho à l’Ubuntu, au Harambee, et à la palabre</strong></h2>



<p>« <em>Gouverner, c’est certes prévoir</em> », mais dans l’Afrique d’hier comme celle d’aujourd’hui, gouverner, ce n’est pas simplement édicter des lois ou bâtir des institutions — c’est aussi (et surtout) rendre tangible sa présence dans la vie quotidienne des citoyens. L’initiative du président Goïta s’inscrit ainsi dans l’héritage de philosophies sociales africaines telles que l’Ubuntu, l’Ujamaa, le Harambee, ou encore la pratique de la palabre.</p>



<p><em>L’Ubuntu</em>, cette philosophie bantoue popularisée par Desmond Tutu et Nelson Mandela, repose sur une vérité simple, mais profonde&nbsp;:&nbsp;<em>« je suis parce que nous sommes </em>». La logique des œuvres sociales maliennes — écoles, mosquées, centres de santé — reflète précisément cette pensée. C’est dans le renforcement des liens communautaires que se mesure la légitimité de l’autorité.</p>



<p>Le&nbsp;<em>Harambee</em>&nbsp;kenyan — littéralement « <em>tirer ensemble</em> » — incarne une autre facette de cette même idée&nbsp;: celle de l’engagement personnel du dirigeant dans le progrès collectif. Dès l’indépendance, Jomo Kenyatta avait inscrit ce principe dans le projet de nation. En s’inspirant de cette tradition d’effort solidaire, Goïta rappelle que le leadership africain peut aussi s’exercer dans l’exemplarité sociale.</p>



<p>Quant à la palabre, bien plus qu’un mode de discussion, elle fut historiquement une forme de gouvernance délibérative. Le lieu de la décision partagée et du compromis collectif. À sa manière, la politique sociale présidentielle s’inscrit dans cette continuité. Celle d’un pouvoir qui cherche à répondre directement aux besoins exprimés, sans médiation technocratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-figures-historiques-tutelaires"><strong>Des figures historiques tutélaires</strong></h2>



<p>Le geste de Goïta convoque aussi d’autres figures du panthéon politique africain. Thomas Sankara, au Burkina Faso, reste l’exemple par excellence d’une gouvernance fondée sur la justice sociale&nbsp;: construction d’écoles, vaccination massive, réforme agraire. Le parallèle est tentant — même si les contextes diffèrent profondément — entre les actes concrets du président malien et la vision révolutionnaire de Sankara, pour qui on ne peut pas construire un pays sans soigner, sans instruire, sans nourrir.</p>



<p>Kwame Nkrumah, au Ghana, avait dès les années&nbsp;1960 mis l’éducation gratuite et la santé au cœur de sa stratégie de développement. Julius Nyerere et son&nbsp;<em>Ujamaa</em>&nbsp;tanzanien, malgré ses limites économiques, avaient tenté de faire émerger un socialisme africain centré sur la dignité et l’autonomie. Même Kadhafi, en son temps, avait su utiliser la rente pétrolière pour bâtir un réseau d’infrastructures sociales généreuses.</p>



<p>En s’inscrivant dans cette lignée, Goïta remet au goût du jour l’idée que la légitimité politique peut — et doit — se construire par l’action sociale directe, hors des logiques purement électorales ou institutionnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-inspiration-au-dela-du-continent"><strong>Une inspiration au-delà du continent</strong></h2>



<p>Le geste présidentiel malien n’est pas uniquement africain dans son inspiration. Il rejoint également une tradition interventionniste occidentale bien connue&nbsp;: celle du&nbsp;<em>New Deal</em>&nbsp;américain de Franklin D. Roosevelt dans les années&nbsp;1930. Face à la Grande Dépression, le président américain avait multiplié les programmes publics pour soutenir les plus vulnérables, créer de l’emploi, et rebâtir le lien entre État et société.</p>



<p>D’autres figures, comme Lyndon Johnson avec sa « <em>guerre contre la pauvreté</em> », ou plus récemment Joe Biden avec ses plans de relance familiaux, illustrent que la redistribution ciblée n’est pas incompatible avec la modernité démocratique. Ce que montre Goïta, c’est que le modèle malien, bien que nourri de traditions africaines, dialogue avec des principes universels de solidarité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-legitimite-sociale-et-ancrage-sahelien"><strong>Entre légitimité sociale et ancrage sahélien</strong></h2>



<p>Il serait toutefois réducteur de n’y voir qu’un mimétisme historique. Ce que l’initiative présidentielle malienne révèle, c’est la capacité d’un pouvoir politique à s’adapter à un contexte spécifique&nbsp;: celui du Sahel, de son insécurité chronique, de ses vulnérabilités climatiques et de ses fragilités économiques.</p>



<p>Les forages d’eau, les électrifications solaires, les distributions alimentaires&nbsp;: tout cela répond à des besoins concrets, identifiés, vécus. Dans un contexte de défiance généralisée envers les institutions, ces gestes sociaux deviennent des actes de reconquête du lien entre État et citoyen. Ils incarnent une forme de gouvernance tangible, à hauteur d’homme.</p>



<p>De plus, ils participent d’une stratégie de stabilité par le social, en consolidant les communautés les plus exposées, en prévenant les fractures locales, en réaffirmant la présence de l’État là où celui-ci s’était effacé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-l-etat-social-a-l-etat-providence-nbsp"><strong>De l’État social à l’État providence&nbsp;</strong></h2>



<p>La philosophie qui sous-tend les œuvres sociales du président Goïta ne relève pas uniquement de la tradition africaine du leadership par le service. Elle rejoint aussi une interrogation plus large sur le rôle de l’État dans la production de justice sociale – un débat qui traverse la pensée politique occidentale moderne depuis la fin du XIXe&nbsp;siècle.</p>



<p>L’idée d’un État-providence, c’est-à-dire d’un État qui intervient activement pour corriger les inégalités, protéger les plus vulnérables et assurer un minimum de sécurité économique et sociale, a trouvé sa formulation classique en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Mais elle a aussi été pensée en amont par des intellectuels de premier plan.</p>



<p>Karl Popper, dans&nbsp;<em>La société ouverte et ses ennemis</em>&nbsp;(1945), distinguait avec clarté l’ingénierie sociale fragmentaire (réformiste et empirique) de l’ingénierie utopique (idéologique et totalisante). S’il se méfiait des systèmes clos et doctrinaires, il reconnaissait qu’un État responsable devait garantir un cadre stable et juste pour prévenir les injustices structurelles. Popper plaidait ainsi pour un État qui corrige, ajuste, protège, sans verser dans l’autoritarisme. Une vision qui n’est pas éloignée de l’approche pragmatique que le président malien semble aujourd’hui privilégier.</p>



<p>John Rawls, avec sa théorie de la justice (1971), ira plus loin en affirmant que les institutions doivent être conçues pour que « <em>les inégalités économiques soient au bénéfice des plus défavorisés </em>». Là encore, l’écho est clair : redistribuer les ressources présidentielles vers les zones rurales, les personnes handicapées, les écoles marginalisées, c’est appliquer une justice distributive de terrain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rehabilitation-de-l-etat-social-africain">Réhabilitation de l’État social africain</h2>



<p>Même Amartya Sen, prix Nobel d’économie, défendra l’idée que le développement ne peut être réduit à la seule croissance, mais doit se mesurer à la capacité réelle des individus à vivre dignement. L’accès à l’eau, à la lumière, aux soins, comme le promeuvent les œuvres sociales maliennes, correspond exactement à cette « <em>approche par les capabilités</em> ».</p>



<p>En Afrique, des penseurs comme Joseph Ki-Zerbo, Cheikh Anta Diop ou Axelle Kabou ont eux aussi, à leur manière, insisté sur l’urgence de réconcilier action politique et équité sociale, quitte à sortir des schémas importés pour redonner du sens au rôle de l’État dans nos sociétés. Ce que tente aujourd’hui le Mali, c’est peut-être, en filigrane, une réhabilitation de l’État social africain, en phase avec ses racines communautaires, mais aussi avec les exigences contemporaines de justice et d’efficacité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-gouvernance-par-l-exemple-et-ses-conditions-de-reussite"><strong>Une gouvernance par l’exemple… et ses conditions de réussite</strong></h2>



<p>L’histoire nous enseigne cependant que ces expériences, aussi inspirantes soient-elles, restent fragiles si elles ne s’accompagnent pas de mécanismes de pérennisation. Le&nbsp;<em>Harambee</em>&nbsp;kényan a parfois dérivé en instrument clientéliste. Le programme social de Sankara n’a pas survécu à sa disparition.&nbsp;<em>L’Ujamaa</em>&nbsp;de Nyerere s’est essoufflé avec les chocs économiques des années&nbsp;1980.</p>



<p>La leçon a tiré est que sans institutionnalisation, sans ancrage dans des politiques publiques durables, sans garde-fous contre le paternalisme, les œuvres sociales risquent de n’être qu’un feu de paille.</p>



<p>Mais l’expérience malienne d’aujourd’hui semble, elle, chercher à éviter ces écueils. En intégrant ces actions dans une logique de résultats, en articulant les financements aux priorités locales, le président Goïta semble vouloir inscrire sa démarche dans la durée.</p>



<p>Dans un monde où le leadership est souvent déconnecté du terrain, le Mali tente ici quelque chose de rare&nbsp;: un retour à une forme de gouvernance sensible, ancrée, visible. Et si l’histoire nous enseigne la prudence, elle nous rappelle aussi que les plus belles réformes sont celles qui, tout en parlant à la mémoire des peuples, répondent à leurs besoins les plus concrets.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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