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	<title>Archives des législation &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Données personnelles : l’alerte du régulateur malien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Feb 2026 06:53:13 +0000</pubDate>
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<p>L'APDP du Mali intensifie ses contrôles en 2025 pour protéger vos données personnelles. Explorez les nouvelles régulations.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Dans un contexte de numérisation accélérée de l’administration et de l’économie, l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP) du Mali affirme avoir franchi une étape importante en 2025, marquée par une intensification des contrôles, des sanctions et des actions de sensibilisation. C’est ce qui ressort de son rapport annuel couvrant la période janvier-décembre 2025.</em></strong></p>



<p>Selon le mot du président de l’institution, l’année écoulée a été caractérisée par « <em>une dynamique sans précédent </em>», confirmant la place de l’Autorité parmi les acteurs majeurs du numérique au Mali, notamment grâce à la célébration de son dixième anniversaire qui a renforcé sa visibilité nationale et internationale.</p>



<p>Créée pour réguler la collecte et le traitement des données personnelles, l’APDP a poursuivi en 2025 ses missions de contrôle, d’accompagnement et de régulation auprès des administrations, entreprises et organisations. Elle a notamment examiné des demandes d’avis sur plusieurs projets de textes réglementaires et mené des missions de vérification de conformité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-controles-sanctions-et-regulation-accrue"><strong>Contrôles, sanctions et régulation accrue</strong></h2>



<p>L’un des faits marquants du rapport concerne l’intensification des mesures coercitives. En 2025, l’Autorité a prononcé environ mille mises en demeure pour défaut de formalités déclaratives et infligé des amendes totalisant 22 millions de francs CFA à certains responsables de traitement ne respectant pas la législation.</p>



<p>Plus précisément, 989 responsables ont été formellement mis en demeure, tandis que plusieurs entreprises ont été sanctionnées financièrement, certaines amendes atteignant jusqu’à 7 millions de francs CFA.</p>



<p>Les contrôles ont visé de nombreux secteurs — mines, télécommunications, commerce, santé ou transport — et concerné des dizaines d’organisations publiques et privées. Toute chose qui démontre la volonté de l’Autorité d’étendre sa surveillance à l’ensemble du tissu économique.</p>



<p>L’année 2025 a également été marquée par une hausse des signalements. L’APDP a enregistré 51 plaintes pour atteinte aux données personnelles, dont 28 traitées et 23 encore en cours d’instruction à la fin de l’exercice.</p>



<p>Quatre affaires ont été transmises au parquet spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité. Cela traduit le rôle croissant de l’Autorité dans la chaîne judiciaire liée aux infractions numériques.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-sensibiliser-pour-prevenir"><strong>Sensibiliser pour prévenir</strong></h2>



<p>Au-delà de la répression, l’APDP mise sur la pédagogie. Elle a organisé de nombreuses sessions de formation, notamment à destination des jeunes, des notaires, des stadiers ou encore des forces de sécurité, afin de diffuser les bonnes pratiques en matière de protection de la vie privée.</p>



<p>Une journée de formation consacrée aux officiers de police judiciaire a par exemple réuni plus de 400 participants autour du cadre juridique et des infractions liées aux données personnelles.</p>



<p>Dans le secteur de la santé, l’Autorité a rappelé les obligations des établissements publics et privés : information des usagers, respect des principes de sécurité et limitation des usages des données collectées.</p>



<p>Pour rapprocher ses services des citoyens, l’APDP a ouvert des antennes régionales à Kayes, Sikasso, Ségou et Mopti. Ces structures doivent servir de relais de proximité pour l’information, la réception des plaintes et l’accompagnement des usagers.</p>



<p>Parallèlement, une opération menée pendant deux mois au grand marché de Bamako a permis d’accompagner les commerçants dans leurs formalités déclaratives et de mobiliser plus de 81 millions de francs CFA de recettes pour l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-cooperation-et-enjeux-internationaux"><strong>Coopération et enjeux internationaux</strong></h2>



<p>L’Autorité a participé à plusieurs rencontres régionales et internationales sur la cybersécurité et la gouvernance des données, tout en plaidant pour la ratification par le Mali de la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles.</p>



<p>Elle s’est également impliquée dans des forums sur les risques cybernétiques et les défis éthiques liés à l’intelligence artificielle. Cela souligne la dimension stratégique de la régulation numérique.</p>



<p>Malgré ces avancées, le rapport souligne des contraintes persistantes, notamment les difficultés d’accès physique au siège pour les responsables de traitement éloignés, problème que les antennes régionales doivent atténuer.</p>



<p>L’institution insiste enfin sur la nécessité de renforcer la formation des acteurs publics et privés, d’actualiser certains textes juridiques et de développer une culture nationale de protection des données.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. À Bamako, l’archipel invisible des veilleurs de nuit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 09:56:50 +0000</pubDate>
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<p>Plongez dans le monde des sociétés de gardiennage à Bamako et découvrez leur importance pour la sécurité nocturne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p><strong><em>À Bamako, la sécurité nocturne repose sur une armée discrète de veilleurs, vigiles et gardiens recrutés dans les marges du droit et de l’administration. Entre législation inachevée, précarité sociale et délégation tacite de missions régaliennes, cette économie invisible de la nuit révèle les recompositions profondes de l’ordre urbain et les limites de l’État face à l’extension de l’insécurité. Une analyse de&nbsp;Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire.</em></strong></p>



<p>À la tombée du jour, Bamako bascule dans une autre organisation sociale. Lorsque la majorité des habitants se replient dans les concessions, un réseau discret prend le relais : vigiles privés, gardiens d’immeubles, sentinelles de quartier, agents de sociétés de sécurité. Leur présence est devenue indispensable au fonctionnement nocturne de la capitale malienne. Pourtant, ce secteur essentiel demeure largement informel, juridiquement fragile et socialement invisible.</p>



<p>Derrière l’image rassurante du veilleur posté à un portail ou arpentant une rue poussiéreuse se cache une économie de la sécurité peu documentée, à la frontière du public et du privé, où coexistent normes juridiques, pratiques coutumières et arrangements locaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-cadre-legal-qui-peine-a-structurer-le-terrain"><strong>Un cadre légal qui peine à structurer le terrain</strong></h2>



<p>Le Mali s’est pourtant doté, dès les années 1990, d’un dispositif juridique visant à encadrer les activités privées de sécurité. La loi n°96-020 du 21 février 1996 réglemente les entreprises de surveillance, de gardiennage, de transport de fonds et de protection des personnes. Elle est complétée par le décret n°96-064/P-RM du 29 février 1996 et renforcée par la loi n°2017-014 du 12 juin 2017, qui insiste sur la professionnalisation, le contrôle des sociétés et les exigences de cautionnement.</p>



<p>Ces textes posent des principes clairs : interdiction de se substituer aux forces de défense et de sécurité, limitation stricte de l’usage de la force, définition des missions autorisées, obligation de formation et de déclaration des agents.</p>



<p>Mais sur le terrain bamakois, la norme juridique se heurte à la réalité sociale. L’essentiel des veilleurs opère hors des circuits formels, recruté directement par des ménages, des commerçants ou des copropriétés, sans contrat écrit, sans assurance, sans cadre disciplinaire clair.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-economie-nocturne-fondee-sur-la-precarite"><strong>Une économie nocturne fondée sur la précarité</strong></h2>



<p>Dans les sociétés de gardiennage agréées, certains agents bénéficient d’un contrat de travail et d’horaires définis. Mais leurs rémunérations restent faibles au regard de la pénibilité du travail nocturne et de l’exposition au risque. Les heures supplémentaires sont rarement comptabilisées, les jours de repos aléatoires, les protections sociales quasi inexistantes.</p>



<p>Pour la majorité des veilleurs, l’emploi repose sur des accords verbaux. En cas d’accident, d’agression ou de litige, les recours sont limités. Les incidents sont souvent réglés à l’amiable, parfois avec l’appui informel de chefs de quartier ou de policiers de proximité. La justice formelle demeure distante, coûteuse et peu accessible.</p>



<p>Cette précarité est d’autant plus marquée que nombre de ces travailleurs sont des migrants internes, venus des zones rurales pour subvenir aux besoins de leurs familles ou financer une formation future. La nuit devient un espace de survie économique et de socialisation urbaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-securite-fondee-sur-la-proximite-plutot-que-sur-l-equipement"><strong>Une sécurité fondée sur la proximité plutôt que sur l’équipement</strong></h2>



<p>Dans les quartiers populaires, la sécurité repose moins sur les armes ou la technologie que sur la connaissance des lieux. Les sentinelles identifient les habitudes, reconnaissent les visages, repèrent les anomalies. Leur autorité ne vient pas d’un uniforme, mais d’une relation de confiance avec les habitants.</p>



<p>Les rémunérations prennent parfois la forme de dons quotidiens : quelques billets, de la nourriture, un appui ponctuel de la part des visiteurs. Car leur rémunération mensuelle tourne autour de 40 000 à 60 000 F CFA, une somme évolutive en fonction de l’ancienneté. Ce système hybride, ni totalement marchand ni totalement communautaire, transforme la sécurité en service social implicite.</p>



<p>Cette logique explique aussi la tolérance dont bénéficient certains veilleurs non déclarés. Ils occupent un vide laissé par l’insuffisance des effectifs policiers et par l’extension urbaine rapide de Bamako.</p>



<p>Devant des banques,&nbsp;les stations-service&nbsp;et les institutions sensibles, les agents sont intégrés dans des dispositifs plus structurés. Ils portent des uniformes, disposent parfois de moyens de communication et travaillent en coordination indirecte avec les forces publiques.</p>



<p>Dans ces espaces, la frontière entre sécurité privée et sécurité publique devient poreuse. Si la loi interdit toute substitution aux forces de l’État, la pratique quotidienne révèle une délégation tacite de certaines fonctions de surveillance.</p>



<p>Ce phénomène pose une question centrale : qui assure réellement la sécurité nocturne de la ville ? L’État, les sociétés privées ou les communautés locales ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-regulation-necessaire"><strong>Vers une régulation nécessaire</strong></h2>



<p>Le maillage nocturne repose sur une chaîne d’alerte informelle : un veilleur prévient un voisin, qui contacte un responsable de quartier, avant d’alerter éventuellement la police. Ce circuit parallèle, fondé sur l’expérience et la rapidité, permet souvent de prévenir des cambriolages ou des agressions.</p>



<p>Ce système, bien que fragile, participe à la stabilité urbaine. Il produit de la dissuasion, du renseignement de proximité et une présence humaine continue dans l’espace public nocturne.</p>



<p>La multiplication des veilleurs de nuit traduit moins une dérive qu’une réponse sociale à l’insécurité et au chômage. Elle révèle l’émergence d’un secteur de sous-traitance diffuse de la sécurité, sans véritable politique publique d’intégration.</p>



<p>Sa régulation pourrait constituer un levier stratégique : formalisation des contrats, formation minimale des agents, reconnaissance juridique et intégration dans des dispositifs locaux de prévention. À défaut, ce secteur continuera de fonctionner dans une zone grise, exposée aux abus, aux dérives et aux récupérations.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-nuit-devient-un-miroir-des-fragilites-de-l-etat"><strong>Quand la nuit devient un miroir des fragilités de l’État</strong></h2>



<p>À Bamako, la nuit tient grâce à ceux qui veillent sans bruit. Mais cette réalité met en lumière une fragilité plus large : l’incapacité partielle de l’État à assurer seul la sécurité urbaine et à structurer un secteur devenu indispensable.</p>



<p>Les veilleurs de nuit ne sont pas seulement des gardiens de portails. Ils sont les acteurs d’un compromis social entre insécurité, pauvreté et solidarité locale. Leur invisibilité institutionnelle contraste avec leur centralité fonctionnelle.</p>



<p>Dans l’ombre des rues mal éclairées, ils incarnent une vérité politique : la sécurité n’est plus uniquement une affaire d’uniformes, mais un système composite où se mêlent droit, nécessité et pratiques sociales.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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