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	<title>Archives des leadership africain &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des leadership africain &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Le président Goïta à la jeunesse : « la relève ne se décrète pas, elle se prépare »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Feb 2026 11:30:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le général Assimi Goïta souligne l'importance de la jeunesse lors de son discours au Conseil national de la jeunesse au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Bamako, devant le Conseil national de la jeunesse du Mali, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a expliqué l&rsquo;importance de la formation des jeunes à leurs responsabilités futures. Entre formation, civisme et souveraineté intellectuelle, le dirigeant malien fait de la jeunesse la clé de voûte de l’avenir du Mali.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la cérémonie officielle de présentation des vœux de Nouvel An du Conseil national de la jeunesse du Mali, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a livré un discours dense qui éclaire l’axe central de sa stratégie politique, qui est de faire de la jeunesse le levier principal de la refondation nationale. Derrière les formules protocolaires, la transmission des responsabilités ne saurait être improvisée. Elle exige un travail de formation, d’encadrement et d’investissement à long terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-jeunesse-erigee-en-pilier-de-la-refondation"><strong>Une jeunesse érigée en pilier de la refondation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’emblée, le chef de l’État a salué « <em>la voix d’une jeunesse consciente, engagée, fière de son pays </em>», y voyant la preuve d’une génération prête à participer activement à la construction nationale. Dans un contexte sécuritaire et institutionnel fragile, cette reconnaissance publique dépasse l’exercice symbolique. Elle vise à légitimer le rôle politique des jeunes comme acteurs à part entière du projet d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le discours insiste sur leur participation aux initiatives de médiation sociale, de mobilisation citoyenne et de reconstruction, présentées comme autant de signes d’une maturité civique. L’objectif est de transformer la jeunesse en force structurante plutôt qu’en simple catégorie démographique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-former-avant-de-transmettre"><strong>Former avant de transmettre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le passage le plus marquant du discours — « <em>la relève ne se décrète pas, elle se prépare </em>» — résume l’orientation stratégique des autorités de la transition. Cette phrase, qui sonne comme un principe doctrinal, renvoie à une conception graduelle du renouvellement des élites. La succession politique, sociale doit être précédée d’un investissement massif dans l’éducation, la formation technique et l’apprentissage civique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président a détaillé plusieurs mesures présentées comme les instruments de cette préparation : renforcement de l’éducation aux valeurs républicaines, relance du service national des jeunes, modernisation des infrastructures scolaires et promotion de l’enseignement professionnel . À ces dispositifs s’ajoutent des programmes d’insertion et d’entrepreneuriat destinés à favoriser l’autonomie économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-education-et-la-culture-comme-horizon-politique"><strong>L’éducation et la culture comme horizon politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette logique, les autorités ont proclamé la période 2026-2027 « <em>année de l’éducation et de la culture </em>», choix décrit comme « <em>un acte de solidarité </em>» fondé sur l’idée que le développement national repose d’abord sur la consolidation du capital humain . L’accent mis sur le savoir et la compétence traduit une volonté de déplacer le débat public. La souveraineté ne se limite plus aux enjeux militaires ou diplomatiques, mais s’enracine aussi dans la formation intellectuelle de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche s’inscrit dans un discours plus large sur l’autonomie stratégique et la résilience nationale, dans lequel la jeunesse devient l’interface entre projet politique et transformation sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chef de l’État a également mis en garde contre des dangers qu’il qualifie de nouveaux : manipulations informationnelles, campagnes de désinformation et stratégies d’influence visant à « <em>affaiblir le moral collectif</em> » . Il a appelé les jeunes à devenir des « <em>sentinelles de la vérité</em> ». La bataille de l’opinion est désormais un front stratégique à part entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce volet révèle une dimension sécuritaire élargie. La stabilité ne dépend plus seulement du contrôle territorial, mais aussi de la cohésion sociale et narrative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des annonces, le discours esquisse une philosophie du pouvoir. La transition ne doit pas seulement gérer l’urgence, mais préparer les conditions d’un futur État stable. La jeunesse y apparaît comme la charnière entre présent et avenir, entre refondation institutionnelle et projection historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’Afrique peut-elle enfin parler d’une seule voix sur la scène mondiale ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Feb 2026 09:10:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La 39ᵉ session ordinaire de l'Union Africaine aborde des crises régionales importantes et le besoin de cohérence stratégique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunis à Addis-Abeba pour le sommet 2026 de l’Union africaine, les chefs d’État africains se retrouvent à un moment charnière. Conflits persistants, recomposition géopolitique mondiale et pression climatique placent le continent devant une exigence de cohérence stratégique. Derrière le thème officiel consacré à l’eau et à l’assainissement se joue en réalité une question plus vaste : celle de la capacité de l’Afrique à définir elle-même son agenda politique et économique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La 39ᵉ session ordinaire intervient dans un climat international instable, marqué par la fragmentation des alliances, la montée des rivalités de puissance et la multiplication des crises régionales. De la guerre au Soudan aux violences persistantes en République démocratique du Congo, en passant par l’insécurité au Sahel et les fragilités de la Corne de l’Afrique, le continent demeure confronté à une instabilité structurelle qui limite ses marges de manœuvre diplomatiques et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la réaffirmation du rejet des changements anticonstitutionnels de pouvoir n’est pas qu’un rappel doctrinal. Elle constitue un test de crédibilité institutionnelle. L’enjeu pour l’organisation panafricaine est désormais de passer d’une diplomatie déclarative à une capacité réelle d’anticipation et de prévention des crises.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-eau-comme-matrice-strategique"><strong>L’eau comme matrice stratégique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix du thème — assurer une disponibilité durable de l’eau pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 — n’a rien d’anecdotique. L’eau est aujourd’hui le point de convergence de défis agricoles, énergétiques, sanitaires et migratoires. En l’inscrivant au centre du débat continental, les dirigeants reconnaissent implicitement que la sécurité hydrique deviendra l’un des déterminants majeurs de la stabilité politique africaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce positionnement prolonge les conclusions des forums climatiques récents et anticipe les négociations internationales à venir, notamment celles de la COP30 prévue au Brésil et de la COP32 annoncée en Éthiopie. L’Afrique cherche ainsi à transformer une vulnérabilité environnementale en levier d’influence diplomatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-bataille-de-l-autonomie-financiere"><strong>La bataille de l’autonomie financière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des urgences, le sommet constitue un moment clé pour la gouvernance interne de l’organisation. Le chantier de la réforme institutionnelle vise un objectif central : réduire la dépendance budgétaire vis-à-vis des partenaires extérieurs. Sans autonomie financière, aucune autonomie politique n’est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bilan de la présidence assurée par Angola met en avant des progrès en matière d’infrastructures et d’intégration économique, mais ces avancées restent fragiles tant que l’organisation ne dispose pas de ressources propres stables. L’accélération de la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange continental africain apparaît dès lors comme une priorité stratégique autant qu’économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-parler-d-une-seule-voix-dans-un-monde-fragmente"><strong>Parler d’une seule voix dans un monde fragmenté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les discussions avec les partenaires multilatéraux, notamment les Nations unies, rappellent que l’Afrique représente plus d’un milliard d’habitants mais demeure marginalement représentée dans les instances décisionnelles globales, en particulier au Conseil de sécurité. La revendication d’une réforme de cette architecture internationale s’inscrit dans une logique plus large de rééquilibrage des rapports de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ambition affichée par plusieurs dirigeants est de&nbsp;sortir d’un rôle d’espace d’intervention pour devenir un espace d’initiative. Cela suppose une coordination diplomatique renforcée, une stratégie industrielle continentale et une politique commune sur les technologies émergentes, du numérique à l’intelligence artificielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-heure-du-test-politique"><strong>L’heure du test politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sommet n’est pas seulement un rendez-vous institutionnel. Il constitue un révélateur. Révélateur de la capacité de l’Afrique à transformer ses vulnérabilités en priorités politiques. Révélateur aussi de sa faculté à dépasser les divisions nationales pour défendre des intérêts communs dans un système international en recomposition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire récente a montré que les déclarations ambitieuses ne suffisent plus. Ce qui se joue à Addis-Abeba, c’est la crédibilité d’un projet continental visant à faire de Afrique un continent capable de se gouverner, de se financer et de peser. Autrement dit, non plus un continent objet de décisions extérieures, mais un acteur stratégique à part entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ce sommet parvient à faire converger sécurité, climat et intégration dans une vision cohérente, il&nbsp; pourrait marquer le moment où l’Union africaine cessera d’être perçue comme un forum diplomatique pour devenir ce qu’elle aspire à être depuis sa création, à savoir une puissance collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. Assimi Goïta ou la réinvention du geste social en Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 07:24:54 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment l'héritage du social en Afrique façonne des politiques contemporaines de solidarité et de service public.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En allouant une large part de son fonds de souveraineté à des actions sociales concrètes, le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, renoue avec une tradition africaine de gouvernance fondée sur la solidarité et le service public. Une démarche qui s’inscrit non seulement dans l’héritage des grandes figures du continent, mais aussi des penseurs de l’Etat-providence, tout en répondant aux urgences contemporaines du Sahel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Je m’emploierai […] à la réduction du train de vie de l’État. D’ores et déjà, j’ai décidé d’allouer les deux tiers, du fonds de souveraineté du président, […] aux œuvres soucieux sanitaires notamment, pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire dans les zones difficiles de notre.</em> », s’est engagé le président de la transition, le général Assimi Goïta, lors de son investiture le 7&nbsp;juin 2021. Les œuvres sociales venaient ainsi de naître.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-retour-d-un-imaginaire-du-pouvoir-ancre-dans-les-traditions-africaines">Retour d’un imaginaire du pouvoir ancré dans les traditions africaines</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des décisions politiques dont l’écho dépasse le cadre strict d’un programme national. Et il y a des gestes de gouvernance qui, par leur résonance symbolique, s’inscrivent dans une filiation continentale plus vaste. L’initiative des œuvres sociales du président de la transition malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta, appartient assurément à cette seconde catégorie. D’abord parce qu’elle repose sur un principe fondamental&nbsp;: l’allocation directe d’une part substantielle du fonds de souveraineté présidentiel à des actions sociales concrètes. Ensuite, parce qu’elle s’inscrit dans une tradition africaine pluriséculaire de gouvernance par le don, la solidarité et la proximité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2021, Goïta a choisi une voie résolument sociale. Deux tiers de son fonds de souveraineté — cet instrument souvent discret, parfois controversé — sont consacrés à des programmes de développement local. Il ne s’agit ni d’opérations ponctuelles, ni de gestes caritatifs isolés, mais d’un effort systématique de redistribution ciblée&nbsp;: près de 500&nbsp;forages d’eau potable, électrification solaire de centres de santé, éclairage public dans la capitale, distribution de kits alimentaires aux plus démunis, kits sanitaires et scolaires. Le tout coordonné selon une logique d’urgence sociale et de réponse aux besoins essentiels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà des chiffres, ce que dessine cette politique, c’est le retour d’un imaginaire du pouvoir ancré dans les traditions africaines du care communautaire, où le chef est celui qui donne, protège, et rend visible l’utilité de son autorité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-echo-a-l-ubuntu-au-harambee-et-a-la-palabre"><strong>Un écho à l’Ubuntu, au Harambee, et à la palabre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Gouverner, c’est certes prévoir</em> », mais dans l’Afrique d’hier comme celle d’aujourd’hui, gouverner, ce n’est pas simplement édicter des lois ou bâtir des institutions — c’est aussi (et surtout) rendre tangible sa présence dans la vie quotidienne des citoyens. L’initiative du président Goïta s’inscrit ainsi dans l’héritage de philosophies sociales africaines telles que l’Ubuntu, l’Ujamaa, le Harambee, ou encore la pratique de la palabre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’Ubuntu</em>, cette philosophie bantoue popularisée par Desmond Tutu et Nelson Mandela, repose sur une vérité simple, mais profonde&nbsp;:&nbsp;<em>« je suis parce que nous sommes </em>». La logique des œuvres sociales maliennes — écoles, mosquées, centres de santé — reflète précisément cette pensée. C’est dans le renforcement des liens communautaires que se mesure la légitimité de l’autorité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>Harambee</em>&nbsp;kenyan — littéralement « <em>tirer ensemble</em> » — incarne une autre facette de cette même idée&nbsp;: celle de l’engagement personnel du dirigeant dans le progrès collectif. Dès l’indépendance, Jomo Kenyatta avait inscrit ce principe dans le projet de nation. En s’inspirant de cette tradition d’effort solidaire, Goïta rappelle que le leadership africain peut aussi s’exercer dans l’exemplarité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la palabre, bien plus qu’un mode de discussion, elle fut historiquement une forme de gouvernance délibérative. Le lieu de la décision partagée et du compromis collectif. À sa manière, la politique sociale présidentielle s’inscrit dans cette continuité. Celle d’un pouvoir qui cherche à répondre directement aux besoins exprimés, sans médiation technocratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-figures-historiques-tutelaires"><strong>Des figures historiques tutélaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste de Goïta convoque aussi d’autres figures du panthéon politique africain. Thomas Sankara, au Burkina Faso, reste l’exemple par excellence d’une gouvernance fondée sur la justice sociale&nbsp;: construction d’écoles, vaccination massive, réforme agraire. Le parallèle est tentant — même si les contextes diffèrent profondément — entre les actes concrets du président malien et la vision révolutionnaire de Sankara, pour qui on ne peut pas construire un pays sans soigner, sans instruire, sans nourrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kwame Nkrumah, au Ghana, avait dès les années&nbsp;1960 mis l’éducation gratuite et la santé au cœur de sa stratégie de développement. Julius Nyerere et son&nbsp;<em>Ujamaa</em>&nbsp;tanzanien, malgré ses limites économiques, avaient tenté de faire émerger un socialisme africain centré sur la dignité et l’autonomie. Même Kadhafi, en son temps, avait su utiliser la rente pétrolière pour bâtir un réseau d’infrastructures sociales généreuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En s’inscrivant dans cette lignée, Goïta remet au goût du jour l’idée que la légitimité politique peut — et doit — se construire par l’action sociale directe, hors des logiques purement électorales ou institutionnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-inspiration-au-dela-du-continent"><strong>Une inspiration au-delà du continent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste présidentiel malien n’est pas uniquement africain dans son inspiration. Il rejoint également une tradition interventionniste occidentale bien connue&nbsp;: celle du&nbsp;<em>New Deal</em>&nbsp;américain de Franklin D. Roosevelt dans les années&nbsp;1930. Face à la Grande Dépression, le président américain avait multiplié les programmes publics pour soutenir les plus vulnérables, créer de l’emploi, et rebâtir le lien entre État et société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres figures, comme Lyndon Johnson avec sa « <em>guerre contre la pauvreté</em> », ou plus récemment Joe Biden avec ses plans de relance familiaux, illustrent que la redistribution ciblée n’est pas incompatible avec la modernité démocratique. Ce que montre Goïta, c’est que le modèle malien, bien que nourri de traditions africaines, dialogue avec des principes universels de solidarité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-legitimite-sociale-et-ancrage-sahelien"><strong>Entre légitimité sociale et ancrage sahélien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait toutefois réducteur de n’y voir qu’un mimétisme historique. Ce que l’initiative présidentielle malienne révèle, c’est la capacité d’un pouvoir politique à s’adapter à un contexte spécifique&nbsp;: celui du Sahel, de son insécurité chronique, de ses vulnérabilités climatiques et de ses fragilités économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les forages d’eau, les électrifications solaires, les distributions alimentaires&nbsp;: tout cela répond à des besoins concrets, identifiés, vécus. Dans un contexte de défiance généralisée envers les institutions, ces gestes sociaux deviennent des actes de reconquête du lien entre État et citoyen. Ils incarnent une forme de gouvernance tangible, à hauteur d’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, ils participent d’une stratégie de stabilité par le social, en consolidant les communautés les plus exposées, en prévenant les fractures locales, en réaffirmant la présence de l’État là où celui-ci s’était effacé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-l-etat-social-a-l-etat-providence-nbsp"><strong>De l’État social à l’État providence&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La philosophie qui sous-tend les œuvres sociales du président Goïta ne relève pas uniquement de la tradition africaine du leadership par le service. Elle rejoint aussi une interrogation plus large sur le rôle de l’État dans la production de justice sociale – un débat qui traverse la pensée politique occidentale moderne depuis la fin du XIXe&nbsp;siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée d’un État-providence, c’est-à-dire d’un État qui intervient activement pour corriger les inégalités, protéger les plus vulnérables et assurer un minimum de sécurité économique et sociale, a trouvé sa formulation classique en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Mais elle a aussi été pensée en amont par des intellectuels de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Karl Popper, dans&nbsp;<em>La société ouverte et ses ennemis</em>&nbsp;(1945), distinguait avec clarté l’ingénierie sociale fragmentaire (réformiste et empirique) de l’ingénierie utopique (idéologique et totalisante). S’il se méfiait des systèmes clos et doctrinaires, il reconnaissait qu’un État responsable devait garantir un cadre stable et juste pour prévenir les injustices structurelles. Popper plaidait ainsi pour un État qui corrige, ajuste, protège, sans verser dans l’autoritarisme. Une vision qui n’est pas éloignée de l’approche pragmatique que le président malien semble aujourd’hui privilégier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">John Rawls, avec sa théorie de la justice (1971), ira plus loin en affirmant que les institutions doivent être conçues pour que « <em>les inégalités économiques soient au bénéfice des plus défavorisés </em>». Là encore, l’écho est clair : redistribuer les ressources présidentielles vers les zones rurales, les personnes handicapées, les écoles marginalisées, c’est appliquer une justice distributive de terrain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rehabilitation-de-l-etat-social-africain">Réhabilitation de l’État social africain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Même Amartya Sen, prix Nobel d’économie, défendra l’idée que le développement ne peut être réduit à la seule croissance, mais doit se mesurer à la capacité réelle des individus à vivre dignement. L’accès à l’eau, à la lumière, aux soins, comme le promeuvent les œuvres sociales maliennes, correspond exactement à cette « <em>approche par les capabilités</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique, des penseurs comme Joseph Ki-Zerbo, Cheikh Anta Diop ou Axelle Kabou ont eux aussi, à leur manière, insisté sur l’urgence de réconcilier action politique et équité sociale, quitte à sortir des schémas importés pour redonner du sens au rôle de l’État dans nos sociétés. Ce que tente aujourd’hui le Mali, c’est peut-être, en filigrane, une réhabilitation de l’État social africain, en phase avec ses racines communautaires, mais aussi avec les exigences contemporaines de justice et d’efficacité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-gouvernance-par-l-exemple-et-ses-conditions-de-reussite"><strong>Une gouvernance par l’exemple… et ses conditions de réussite</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire nous enseigne cependant que ces expériences, aussi inspirantes soient-elles, restent fragiles si elles ne s’accompagnent pas de mécanismes de pérennisation. Le&nbsp;<em>Harambee</em>&nbsp;kényan a parfois dérivé en instrument clientéliste. Le programme social de Sankara n’a pas survécu à sa disparition.&nbsp;<em>L’Ujamaa</em>&nbsp;de Nyerere s’est essoufflé avec les chocs économiques des années&nbsp;1980.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La leçon a tiré est que sans institutionnalisation, sans ancrage dans des politiques publiques durables, sans garde-fous contre le paternalisme, les œuvres sociales risquent de n’être qu’un feu de paille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’expérience malienne d’aujourd’hui semble, elle, chercher à éviter ces écueils. En intégrant ces actions dans une logique de résultats, en articulant les financements aux priorités locales, le président Goïta semble vouloir inscrire sa démarche dans la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde où le leadership est souvent déconnecté du terrain, le Mali tente ici quelque chose de rare&nbsp;: un retour à une forme de gouvernance sensible, ancrée, visible. Et si l’histoire nous enseigne la prudence, elle nous rappelle aussi que les plus belles réformes sont celles qui, tout en parlant à la mémoire des peuples, répondent à leurs besoins les plus concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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