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	<title>Archives des Karl Popper &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Karl Popper &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Le monde au bord du précipice</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 20:59:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les tensions États-Unis-Iran relancent le débat sur les guerres et l'avenir de l'ordre mondial en période de crise.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Dans un contexte d’escalade militaire impliquant les États-Unis, l’Iran et leurs alliés, la stratégie internationale attribuée à Donald Trump ravive le spectre d’un monde régi par la force plutôt que par le droit. Une situation qui relance le débat sur la place des peuples dans les décisions de guerre et sur l’avenir de l’ordre mondial.</em></strong></p>



<p>Le monde vacille, et l’époque semble redécouvrir ses vieux démons. Sous l’ombre portée de Donald Trump, les États‑Unis paraissent renouer avec une vision brutale des relations internationales : celle d’un ordre régi non plus par le droit, mais par la force. Une sorte de retour à l’« <em>état de nature</em> » décrit par le philosophe Thomas Hobbes, où la sécurité n’est jamais garantie et où la méfiance devient la règle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-plus-de-36-000-morts-civils-dans-quatorze-guerres-rien-en-2024"><strong>Plus de 36 000 morts civils dans quatorze guerres rien en 2024</strong></h2>



<p>La frappe coordonnée menée le 28 février 2026 par Washington et Israël contre des cibles en Iran — notamment à Téhéran et dans plusieurs centres stratégiques — marque un seuil supplémentaire dans l’escalade. L’opération, mêlant missiles de croisière et saturation aérienne, a été suivie de représailles iraniennes visant des installations militaires américaines et israéliennes dans la région. En quelques heures, la mécanique de dissuasion s’est transformée en spirale d’action-réaction. La logique est de frapper pour prévenir, riposter pour dissuader, escalader pour ne pas perdre la face.</p>



<p>Ce basculement vers une conflictualité permanente se déroule dans un silence quasi-assourdissant des institutions censées préserver l’équilibre mondial. Les organisations internationales, héritières de l’ordre d’après-guerre, semblent paralysées. Comme si les règles construites sur les ruines de 1945 n’étaient plus que des vestiges juridiques face au retour des rapports de puissance.</p>



<p>Or, derrière les démonstrations militaires et les discours martiaux, ce sont rarement les peuples qui décident des guerres, mais presque toujours eux qui les subissent. Une étude publiée en 2024 par Handicap International recensait tortures, violences sexuelles, déplacements forcés ou prises d’otages comme réalités ordinaires des civils dans les conflits contemporains. De son côté, le Conseil de sécurité des Nations unies a comptabilisé plus de 36 000 morts civils dans quatorze guerres rien qu’en 2024. Les chiffres changent et font froid dans le dos, mais la logique reste.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-comment-empecher-les-gouvernants-de-nuire"><strong>« Comment empêcher les gouvernants de nuire ? »</strong></h2>



<p>C’est ici que la pensée de Karl Popper retrouve une brûlante actualité. Pour le philosophe, la démocratie ne se définit pas par la promesse abstraite du bonheur collectif — illusion dangereuse — mais par la capacité des citoyens à renverser pacifiquement leurs dirigeants. Là où ce mécanisme disparaît, commence la tyrannie. Autrement dit, la véritable question politique n’est pas « <em>qui doit gouverner ?</em> », mais « <em>comment empêcher les gouvernants de nuire ? </em>». Cette question doit se poser avec acuité dans le monde actuel. L’on ne devrait plus se préoccuper de la personnalité dirigeante, mais plutôt s’assurer du maintien des libertés, du protectionnisme de l’Etat afin que les citoyens disposent permanemment du droit de dire «&nbsp;<em>non</em>&nbsp;», sans déstabiliser l’ordre politique.&nbsp;</p>



<p>Popper insistait sur un point décisif : ceux qui prennent les décisions ne sont presque jamais ceux qui en paient le prix. Si les citoyens étaient réellement associés aux choix majeurs — guerres, sanctions, politiques hostiles — ils hésiteraient davantage à enclencher des processus dont ils seraient les premières victimes. La distance entre décideurs et populations constitue ainsi l’un des moteurs invisibles des conflits modernes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-humanite-est-elle-condamnee-a-repeter-l-histoire"><strong>L’humanité est-elle condamnée à répéter l’histoire</strong></h2>



<p>Autre intuition poppérienne, tout aussi actuelle, c’est la dénonciation des récits simplistes et complotistes. Quand les sociétés refusent d’analyser rationnellement leurs problèmes, elles cherchent des coupables plutôt que des causes. La théorie du complot devient alors une arme politique commode. Elle soude un camp, désigne un ennemi et dispense de toute autocritique. Dans un monde saturé d’informations instantanées, cette tentation n’a jamais été aussi forte.</p>



<p>L’escalade entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran n’est donc pas seulement un épisode géopolitique de plus. Elle est le symptôme d’un dérèglement plus profond. L’érosion progressive des garde-fous rationnels qui limitaient autrefois la violence internationale. Quand la diplomatie recule, l’imaginaire guerrier avance.</p>



<p>Reste une question, simple et vertigineuse : l’humanité est-elle condamnée à répéter l’histoire, ou saura-t-elle enfin apprendre d’elle ? Car si le XXe siècle a démontré la capacité des hommes à détruire le monde, le XXIe teste désormais leur volonté — ou leur incapacité — à l’empêcher.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La post-vérité ou l’âge adulte impossible de l’humanité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 08:47:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Plongez dans la géopolitique des fake news et examinez comment la technologie alimente la guerre des récits à travers le globe.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Jamais l’humanité n’a produit autant de données, de rapports et de savoirs. Jamais pourtant la vérité n’a semblé aussi fragile. À l’ère de la post-vérité, la désinformation ne relève plus de l’exception mais d’un système, nourri par les intérêts, la technologie et la guerre des récits.</em></strong></p>



<p>Nous vivons à l’ère de l’abondance informationnelle. De 2016 à 2022, le nombre d’articles scientifiques publiés dans le monde est passé d&rsquo;environ 1,9 million par an à 2,8 millions, selon une <a href="https://www.univ-grenoble-alpes.fr/actualites/a-la-une/actualites-recherche/l-edition-scientifique-sous-pression-1323788.kjsp" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude</a> publiée en septembre 2023. Le volume total d’informations numériques produites – rapports institutionnels, documents techniques, études d’ONG, notes de cabinets de conseil ou de think tanks – atteint près de 913 exaoctets par an. Jamais l’humanité n’a autant écrit, documenté, chiffré. Jamais, pourtant, la vérité n’a paru aussi insaisissable.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ordre-moral-de-la-post-verite"><strong>L’ordre moral de la post-vérité</strong></h2>



<p>Car cette inflation documentaire ne signifie pas <a href="https://www.vrin.fr/livre/9782251453361/levolution-de-la-connaissance" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accumulation de savoir</a>. Elle accompagne, au contraire, une diffusion accélérée de la désinformation. Derrière chaque rapport, chaque étude, chaque chiffre, se cachent désormais des intérêts, des stratégies, des agendas. La <a href="https://shs.cairn.info/sauver-marx--9782707151315-page-220?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">connaissance</a> n’échappe plus à la logique marchande. Elle se finance, se commande, se vend. La science elle-même se voit sommée de produire des résultats compatibles avec les attentes de ses bailleurs. La vérité devient alors secondaire. Ce qui compte, c’est ce qui convainc, ce qui rassure, ce qui sert.</p>



<p>Dans ce monde, le mensonge n’avance plus masqué. Il se pare des atours de la vérité. La vérité, elle, se retrouve du côté du plus fort – non pas celui qui a raison, mais celui qui parle le mieux. Celui qui parle le mieux est souvent celui qui paie le plus. Ainsi se construit l’ordre moral de la post-vérité.</p>



<p>La célèbre maxime attribuée à Voltaire – « <em>Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire</em> » – semble aujourd’hui avoir muté. Elle pourrait se reformuler ainsi : <em>« Je sais que ce que vous dites est faux, mais je me battrai pour que cela soit cru comme vrai. »</em> Tel est le serment tacite de nombreux producteurs de discours dans l’économie contemporaine de l’information.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-verite-devient-bicephale"><strong>La vérité devient bicéphale</strong></h2>



<p>Les données, loin d’éclairer le réel, répondent de plus en plus à des objectifs politiques, économiques ou idéologiques. La vérité est sacrifiée sur l’autel d’intérêts égoïstes. Nous entrons dans un régime de relativisme radical où une affirmation, même fausse, est défendue comme une vérité absolue par ses auteurs, tandis que ses adversaires la rejetteront même si elle est avérée. La vérité devient bicéphale, oscillant sans cesse entre croyance et rejet.</p>



<p>Faut-il alors donner raison à Platon, qui distinguait le monde parfait des idées et le monde imparfait des <a href="https://saheltribune.com/vivons-nous-dans-un-fake-monde/">apparences</a> ? L’accès à la vérité est devenu un combat. Non plus un chemin rationnel, mais une lutte asymétrique. Cette lutte est symptomatique de <a href="https://www.amazon.fr/Fake-monde-Fousseni-Togola/dp/2312144808" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’imperfection de notre monde</a>. Le philosophe Karl Popper l’avait pourtant rappelé : il n’existe pas de vérité absolue en science. Il n’y a que des hypothèses provisoires, destinées à être réfutées. Nous ne faisons que nous rapprocher de la vérité sans jamais la saisir pleinement. Cette <em>vraisemblance</em> – cette « <a href="https://philosciences.com/verisimilitude#:~:text=Pour%20Popper,%20si%20une%20th%C3%A9orie,forme%20d'une%20objectivit%C3%A9%20croissante." target="_blank" rel="noreferrer noopener">verisimilitude</a><em> »</em> – dit quelque chose de fondamental : notre imperfection.</p>



<p>Thomas Kuhn parlera de <a href="https://shs.cairn.info/la-societe-un-monde-incertain--9782705665722-page-3?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">changements de paradigmes</a>. Gaston Bachelard, « <em>d’obstacles épistémologiques</em> ». Ces <a href="https://www.philomag.com/articles/lobstacle-epistemologique-chez-bachelard-cest-quoi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">préjugés</a> intimes qui nous poussent à confondre opinion et vérité. Le progrès de la connaissance s’est toujours construit sur les ruines de certitudes anciennes. Mais encore faut-il accepter cette fragilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-pandemie-du-clic"><strong>La pandémie du clic</strong></h2>



<p>Dans le champ géopolitique et militaire, la vérité alternative n’est pas une nouveauté. Elle a toujours été une arme. Sun Tzu en avait fait un <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-enjeux-internationaux/sun-tzu-et-l-art-de-la-guerre-le-premier-traite-de-strategie-militaire-9741979" target="_blank" rel="noreferrer noopener">principe stratégique</a> : tromper l’adversaire, l’épuiser psychologiquement, brouiller ses repères. Ce qui a changé, c’est l’échelle. Avec Internet et les réseaux sociaux, la désinformation n’est plus l’apanage des États ou des presses militantes. Elle est devenue industrielle, virale, instantanée. Une véritable pandémie du clic.</p>



<p>Désormais, rapports officiels, communiqués, déclarations publiques, articles de presse eux-mêmes doivent être lus avec suspicion. Ils dissimulent souvent des intentions de nuisance ou la défense d’intérêts particuliers. L’impartialité, notamment dans le champ médiatique, tend à devenir un mot creux. Voilà la «<a href="https://www.lecourrierdelatlas.com/myret-zaki-la-gouvernance-des-medias-doit-etre-pluraliste-integre-et-transparente/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>désinformation venant d’en-haut</em></a> », dont parle Myret Zaki. Chaque média est arrimé à une ligne, un financement, une vision du monde – consciemment ou non.</p>



<p>En Afrique comme dans toutes les zones de conflits, la guerre offre une illustration brutale de cette bataille des récits. Des rapports contradictoires s’affrontent. Certains dénoncent des violations des droits humains, d’autres les minimisent ou les contestent. Qui dit vrai ? Qui dit le contraire ? Nous sommes dans l’ère de la «&nbsp;<em>géopolitique des fake news</em>&nbsp;». L’expression sûrement pas encore.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-politique-etrangere-de-la-desinformation"><strong>La politique étrangère de la désinformation</strong></h2>



<p>Dans <a href="https://www.amazon.fr/Gouverner-par-Fake-News-internationaux/dp/2315009561/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;crid=13NLKRD9Z1ZLM&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.FbINg_xoFNOHZfTY9KOqpLHMR1kdcITRiLVvfCEG2Yg.ewzR3ux4AoYDAYimK0lx_JzQLSXjoMb1rvHwuANxctM&amp;dib_tag=se&amp;keywords=Gouverner+par+les+fake+news&amp;qid=1770710833&amp;s=books&amp;sprefix=gouverner+par+les+fake+news,stripbooks,328&amp;sr=1-1-catcorr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gouverner par les fake news</a>, Jacques Baud, ancien analyste du renseignement stratégique suisse, démonte les narratifs dominants des grandes crises contemporaines. Il soutient que nombre de certitudes occidentales – sur la Syrie, la Russie, le terrorisme – reposent moins sur des faits établis que sur des constructions discursives. Une politique étrangère façonnée par la désinformation.</p>



<p>L’humanité est malade de ses récits. Pourtant, l’antidote demeure l’esprit critique. Refuser de croire un rapport, une déclaration, un chiffre sans interroger ses auteurs, ses financeurs, ses adversaires, ses intentions. À défaut, nous continuerons à absorber des faits empoisonnés, incapables de raisonner par nous-mêmes.</p>



<p>La situation est d’autant plus préoccupante que les outils d’intelligence artificielle ont franchi un seuil. Désormais, chacun peut fabriquer images, vidéos, textes crédibles, depuis un simple smartphone. La « <a href="https://www.amazon.fr/fabrication-consentement-propagande-m%C3%A9diatique-d%C3%A9mocratie/dp/2748900723" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fabrique du consentement </a>», pour reprendre Noam Chomsky et Edward Herman, est devenue accessible à tous. Elle n’épargne même pas les fact-checkeurs, parfois <a href="https://saheltribune.com/face-aux-fake-news-la-difficulte-de-verifier-les-faits-en-afrique-de-louest/">piégés par les narratifs</a> qu’ils prétendent démonter, contribuant involontairement à leur diffusion.</p>



<p>Dans ce monde de la<a href="https://saheltribune.com/4810-2/"> post-vérité</a>, le combat pour la vérité n’est plus seulement une exigence morale. C’est une urgence démocratique.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Des rois-soleil aux « Blancs civilisateurs » : l’empire des intox</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Oct 2025 10:00:53 +0000</pubDate>
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<p>Explorez la désinformation dans l'éducation et ses racines historiques, des mythes aux manuels scolaires.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Les fake news ne datent pas de&nbsp;</em></strong><strong><em>X</em></strong><strong><em>. Elles ont toujours existé : dans les mythes, dans les dogmes, dans les manuels scolaires. Du&nbsp;</em></strong><strong><em>«&nbsp;</em></strong><strong><em>Blanc civilisateur</em></strong><strong><em>&nbsp;»</em></strong><strong><em>&nbsp;au&nbsp;</em></strong><strong><em>«&nbsp;</em></strong><strong><em>Noir barbare</em></strong><strong><em>&nbsp;»</em></strong><strong><em>, du roi-soleil représentant de Dieu à Christophe Colomb&nbsp;</em></strong><strong><em>«&nbsp;</em></strong><strong><em>découvreur</em></strong><strong><em>&nbsp;»</em></strong><strong><em>&nbsp;de l’Amérique, elles se sont incrustées dans les mémoires, depuis l’enfance, au point de devenir des vérités intouchables. Le numérique n’a fait qu’accélérer le mensonge</em></strong><strong><em>. L</em></strong><strong><em>e poison, lui, était déjà dans nos têtes.</em></strong><em></em></p>



<p>On croit que les fake news sont nées avec Facebook. Erreur : elles ont l’âge de l’humanité. Elles sont cousines des mythes et sœurs jumelles des dogmes. Giordano Bruno a été brûlé vif pour avoir osé dire que la Terre tournait. Galilée a failli l’être. Louis XIV était, dit-on, le «&nbsp;<em>roi soleil</em>&nbsp;», reflet de Dieu sur terre. Et l’Afrique ? Pendant des siècles, elle n’a pas eu droit à l’histoire : simple décor, simple barbarie, simple absence. La fake news la plus vieille du monde, c’est peut-être celle-là.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mensonge-comme-pedagogie"><strong>Le mensonge comme pédagogie</strong></h2>



<p>Au Mali, les premières fake news se susurrent dès l’enfance : ne pas se laver au crépuscule, ne pas parler en mangeant, ne pas rester dehors après la tombée de la nuit. Inoffensives ? Non. Car déjà, elles enseignent que la vérité ne se cherche pas, elle s’impose.</p>



<p>À l’école, la manipulation prend une autre ampleur. Pendant des décennies, des générations entières ont appris que l’homme blanc était venu «&nbsp;<em>civiliser</em>&nbsp;» les «&nbsp;<em>sauvages</em>&nbsp;» africains. Que Christophe Colomb avait «&nbsp;<em>découvert</em>&nbsp;» l’Amérique, alors que d’autres récits parlent d’Aboubakar II. Que les Noirs n’avaient pas d’histoire, pas d’humanité, pas de culture. Une colonisation mentale aussi efficace que l’autre, et sans doute plus durable.</p>



<p>Il faudra les charniers de la Seconde Guerre mondiale pour que s’écroule le mythe de la «&nbsp;<em>race aryenne</em>&nbsp;». Mais les dogmes, eux, restent. Dans nos manuels. Dans nos têtes. Dans nos réflexes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-numerique-n-a-rien-invente"><strong>Le numérique n’a rien inventé</strong></h2>



<p>Alors oui, aujourd’hui, on s’agite : réseaux sociaux, WhatsApp, X. Comme si tout commençait là. Mais la nouveauté n’est pas le mensonge. C’est plutôt sa vitesse. Là où une rumeur mettait des mois à franchir les montagnes, un tweet fait le tour du monde en dix secondes. Mais qu’importe la vitesse : le poison est le même.</p>



<p>Et ce poison, ce sont les préjugés. Bachelard le disait déjà :&nbsp;<em>« l’esprit n’est jamais jeune, il a l’âge de ses préjugés »</em>. Descartes aussi : ce que nous croyons n’est pas une preuve, mais une habitude. L’éducation aux médias ? Oui, nécessaire. Mais comment déprogrammer des cerveaux formatés depuis l’enfance ? Comment déraciner une désinformation qui n’est pas conjoncturelle mais structurelle ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-seul-antidote-l-esprit-critique"><strong>Le seul antidote : l’esprit critique</strong></h2>



<p>Le combat est là. Pas seulement dans les filtres anti-fake news, mais dans les cerveaux. Le seul antidote, c’est l’esprit critique. Popper et son doute rationnel. Descartes et ses règles : n’accepter que l’évidence, décomposer, recomposer, vérifier. Des outils vieux de quatre siècles, mais plus modernes que tous les logiciels de fact-checking.</p>



<p>Parce qu’au fond, ce ne sont pas les fake news qui gouvernent le monde. Ce sont les préjugés qu’elles laissent derrière elles. Des mensonges qui ne se tweetent pas : ils s’héritent. Des illusions qui ne s’effacent pas d’un clic : elles se gravent dans les mémoires.</p>



<p>Et tant que nous n’aurons pas appris à les combattre, nous resterons prisonniers d’une désinformation plus redoutable que toutes les rumeurs numériques : celle qui façonne, depuis toujours, ce que nous croyons être la vérité.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Chronique – La vérité en pièces détachées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Aug 2025 10:44:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les démystificateurs du Sahel]]></category>
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<p>À l'ère de l'infobésité, explorez la désinformation à l'ère du numérique et comment préserver notre rapport au réel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À l’ère de l’infobésité et de la manipulation numérique, une rééducation au doute critique peut aussi préserver notre rapport au réel.</em></strong></p>



<p>Jamais l’humanité n’a été aussi informée — et pourtant, jamais elle n’a autant douté de ce qu’elle croit savoir. C’est le grand paradoxe de notre époque, celle où 4&nbsp;milliards de messages circulent chaque jour sur Meta (ex-Facebook) et plus de 6000&nbsp;tweets crépitent chaque seconde sur X (anciennement Twitter), selon Luc Ferry, philosophe français. Une époque où, près de 5,6&nbsp;milliards d’êtres humains sont connectés à Internet. Et où chacun, smartphone à la main, est devenu potentiellement producteur de contenu, distributeur d’indignation, faiseur d’opinions. Le citoyen digital est à la fois l’encre et le papier. Mais l’encre coule vite. Trop vite.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-nouveaux-justiciers-de-la-post-verite"><strong>Les nouveaux justiciers de la post-vérité</strong></h2>



<p>Dans cette marée d’informations, on appelle cela désormais « <em>infobésité »</em>. Un trop-plein cognitif, une overdose de contenus où le vrai se confond au vraisemblable, et où la désinformation prospère comme un virus qui mute sans cesse. On est submergé non pas faute de savoir, mais d’excès de ce que l’on croit savoir. Gaston Bachelard, philosophe français, ce sage à contre-courant, disait déjà que&nbsp;<em>« l’esprit n’est jamais jeune, il a l’âge de ses préjugés »</em>. Et dans un monde où la vitesse de propagation d’un mensonge surpasse de loin celle d’un correctif, les faits eux-mêmes n’ont plus le temps de se défendre.</p>



<p>Les vérificateurs de faits — ces&nbsp;<em>fact-checkeurs</em>&nbsp;—, recrutés comme les nouveaux justiciers de la post-vérité, peinent à suivre la cadence. Ils arrivent après la guerre, comme des médecins appelés au chevet d’un cadavre social. Car le mal est fait, viral, émotionnel. Et le lecteur ? Il a déjà partagé, commenté, jugé. Il a ressenti. Et ce qui est ressenti devient, pour beaucoup, plus vrai que ce qui est prouvé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-nbsp-verissimilarite"><strong>La&nbsp;</strong><strong>« vérissimilarité »</strong><strong></strong></h2>



<p>À cela s’ajoute un autre malaise&nbsp;: la désinformation n’est plus seulement une œuvre de trolls anonymes ou de théoriciens du complot. Elle vient aussi « <em>d’en haut »</em>, comme le souligne si pertinemment Myret Zaki. Elle s’installe dans les plis feutrés des institutions, des rapports estampillés « <em>scientifiques</em> », des think tanks commandités. Dans cette ère trouble, il devient légitime de se demander si la vérité est encore un objectif ou seulement une variable d’ajustement au service des intérêts dominants.</p>



<p>Mais alors, que faire ? Tenter de vider l’océan à la petite cuillère ? Réinitialiser l’esprit de milliards d’êtres humains ? Certainement pas. Le poids de cette tâche ne peut reposer sur les seuls épaules des fact-checkeurs. Il revient à chacun de nous de réapprendre à douter. Non pas ce doute stérile et méfiant qui alimente les théories complotistes, mais un doute lucide, éclairé, rigoureux — celui de Descartes. Considérer chaque information non comme une vérité établie, mais comme une simple plausibilité, une « <em>vérissimilarité</em> », pour reprendre le mot juste de Karl Popper. On croisant plusieurs sources d’informations, on ne peut que se rapprocher de la vérité, puisque l’indépendance véritable des médias devient de plus en plus un leurre. Aussi, les Etats commencent à comprendre l’enjeu en mettant en place des lois sur la cybercriminalité.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-antichambre-de-la-desinformation-nbsp"><strong>L’antichambre de la désinformation&nbsp;</strong></h2>



<p><em>« L’esprit scientifique nous interdit d’avoir une opinion sur des sujets que nous ne comprenons pas »,</em>&nbsp;prévenait encore Bachelard. Et si c’était là la clé ? Réapprendre à ne pas tout commenter, à ne pas tout croire, à ne pas tout partager. Remettre la lenteur au cœur de l’intelligence. Se méfier de l’immédiateté comme de la certitude.</p>



<p>Parce qu’en définitive, ce que révèle cette époque d’abondance informationnelle, ce n’est pas tant notre ignorance que notre paresse à penser. La désinformation ne prospère pas parce que nous ne savons pas. Elle gagne du terrain parce que nous avons cessé de vouloir savoir.</p>



<p><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le Mali face à lui-même</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Edito]]></category>
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<p>Adoptée en 2025, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation au Mali remet à l'honneur les mécanismes endogènes de résolution des conflits. Parenté à plaisanterie, palabre, respect des anciens : autant de valeurs ancestrales que le pays veut réactiver pour consolider sa cohésion sociale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>À l’heure où le Mali cherche à recoudre son tissu social déchiré par des années de violences, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation sonne comme un retour aux sources. En réhabilitant les mécanismes endogènes de résolution des conflits — palabre, cousinage à plaisanterie, respect des aînés — ce texte marque une tentative assumée de synthèse entre valeurs traditionnelles et institutions modernes. Un pari ambitieux sur l’âme malienne, que seule une appropriation collective pourra transformer en levier durable de stabilité.</em></strong><strong></strong></p>



<p>En remettant, le 21 juillet 2025, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le projet de <em>charte nationale pour la paix et la réconciliation</em> au président de la Transition, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga n’a pas simplement transmis un texte. Il a formulé, à travers un vocabulaire d’une densité rare, une sorte de pacte moral avec l’histoire, une tentative de reconquête des fondations profondes de la société malienne. « <em>La charte nationale souligne la nécessité de résoudre les crises et les conflits en privilégiant les modes alternatifs et les mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des conflits qui ont montré leur efficacité </em>», a-t-il déclaré, dans un souffle où perçait la nostalgie d’un ordre ancien que les convulsions modernes ont ébranlé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-sagesse-parle-toujours-d-une-meme-voix"><strong>La sagesse parle toujours d’une même voix</strong></h2>



<p>Mais au-delà de cette volonté de restaurer des équilibres perdus, c’est à un véritable manifeste de civilisation qu’on assiste. «&nbsp;<em>Pour ce faire, elle met en exergue certaines valeurs partagées de la Nation : les alliances et la parenté à plaisanterie, l’autorité des parents, la conscience professionnelle, le dialogue, la dignité, l’honneur, le pardon, le patriotisme, le respect des aînés, la solidarité, la tolérance, l’hospitalité, l’humanitude, l’humilité, la loyauté, le multilinguisme, le travail et la vertu&nbsp;</em>», a encore précisé le président de la commission de rédaction, énumérant ce qui pourrait s’apparenter à une charte morale de l’âme malienne.</p>



<p>Car l’Afrique — et le Mali en particulier — n’a pas attendu la&nbsp;<em>Déclaration universelle des droits de l’homme</em>pour inventer des moyens de gérer les tensions et les désaccords. Le conflit n’est pas un champ de bataille, mais un désordre à rééquilibrer ; la parole, un instrument de justice. Comme l’écrivait Amadou Hampâté Bâ en prêtant ses mots à son maître Thierno Bokar, «&nbsp;<em>tous les maux de nos sociétés se résument à l’intolérance et l’incompréhension&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p>Ce constat trouve un écho inattendu chez un penseur à l’opposé du monde mandingue : Karl Popper. Dans son œuvre sur la «&nbsp;<em>société ouverte</em>&nbsp;», ce philosophe austro-britannique, souvent cité mais rarement médité en Afrique, écrivait que la discussion rationnelle est «&nbsp;<em>le meilleur antidote aux conflits</em>&nbsp;». Là encore, l’écoute, le débat contradictoire, la recherche de solutions collectives sont au fondement de la paix durable. De Mopti à Vienne, du Mandé à Oxford, la sagesse, semble-t-il, parle toujours d’une même voix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-faire-une-synthese-des-valeurs-anciennes-avec-les-nouvelles-nbsp"><strong>Faire une « synthèse » des valeurs anciennes avec les nouvelles&nbsp;</strong></h2>



<p>À ce legs immatériel, il faut ajouter l’intelligence des sociétés d’initiation, creusets de formation civique et morale. Ces espaces, aujourd’hui négligés voire marginalisés, ont pourtant façonné des générations de jeunes Maliens avec une conscience aiguë de leur place dans la communauté. L’amitié scellée entre «<em> camarades d’initiation </em>» valait tous les contrats écrits. On ne tuait pas un frère, mais dialoguait en vue de  trancher ensemble, au nom du groupe.</p>



<p>Dans le Mali traditionnel, le «&nbsp;<em>ne me fais pas honte</em>&nbsp;» du vieillard ou encore «&nbsp;<em>mieux vaut la mort que la honte</em>&nbsp;» valait bien plus que mille injonctions légales. Les sociétés d’initiation, les alliances à plaisanterie, les mariages stratégiques entre familles étaient autant de garde-fous qui faisaient du tissu social un filet résilient.</p>



<p>Ce projet de charte ne vise donc pas à faire table rase du présent, ni à idéaliser un passé figé dans l’imaginaire. Il ne s’agit pas d’un retour à l’âge du griot-roi, mais d’une démarche de «&nbsp;<em>synthèse</em>&nbsp;». Une démarche que ne renierait pas Kwamé Nkrumah, qui, au lendemain de l’indépendance du Ghana, appelait à fusionner les vertus du monde ancien avec les exigences de la modernité. Le Mali post-crise, le Mali en transition, s’inscrit dans ce sillon. Il ne s’agit pas de nier l’utilité des institutions modernes, mais de leur injecter une âme. De faire une «&nbsp;<em>synthèse</em>&nbsp;» des valeurs anciennes avec les nouvelles afin d’avoir des valeurs plus fortes permettant de mieux réguler la société et la transformer en havre de paix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-depersonnalisation-du-nbsp-sujet-francais-nbsp-nbsp"><strong>La dépersonnalisation du «&nbsp;sujet français&nbsp;»&nbsp;</strong></h2>



<p>Mais pour que cette charte ne reste pas un texte solennel relégué dans les tiroirs de la République, encore faut-il qu’elle vive, qu’elle circule, qu’elle s’incarne. Cela suppose une pédagogie inédite. Une fois son adoption, il serait indispensable, vu que les «&nbsp;<em>sociétés secrètes</em>&nbsp;» sont mortes dans la plupart de nos contrées, d’enseigner ce document dans nos écoles, nos espaces publics de discussion, à travers les médias, mais aussi impliquer les autorités et légitimités traditionnelles pour une large appropriation de son contenu. Toutefois, à quoi bon écrire la paix si personne ne l’apprend, ne l’entend, ne la prononce ?</p>



<p>Ce processus est d’autant très important qu’il fera taire les détracteurs qui essaient de faire croire que le processus de rédaction de ce projet a été exclusif. Pourtant, à en croire les différents discours lors de la remise du projet au président de la transition, toutes les couches ont été impliqués.&nbsp;</p>



<p>Il faut aussi oser poser la question dérangeante : si les sociétés anciennes étaient si fortes, qu’est-ce qui a bien pu entraîner leur décadence ? La réponse tient à la longue ombre de la colonisation. Non, elle ne fut jamais une entreprise philanthropique, si ce n’est dans les déclarations de ses commis. Le projet colonial, dans sa matrice la plus intime, fut un projet de substitution culturelle. Il fallait déraciner pour mieux régner. Il suffit d’analyser la littérature classique africaine pour s’en convaincre&nbsp;: «&nbsp;<em>Le colonisateur a voulu avoir de “purs produits intellectuels de la culture française”. Pour ce faire, il a entrepris de “nous vider de nous-mêmes pour nous emplir des manières d’être, d’agir et de penser du colonisateur”.&nbsp;</em>», pour reprendre Amadou Hampaté Bâ.&nbsp;</p>



<p>Et cela a, en partie, réussi. «&nbsp;<em>On ne peut dire que, dans notre cas, cette politique ait toujours échoué. À une certaine époque, la dépersonnalisation du “sujet français” dûment scolarisé et instruit était telle, en effet, qu’il ne demandait plus qu’une chose : devenir la copie conforme du colonisateur, au point d’adopter sa coutume, sa cuisine, souvent sa religion et parfois même ses tics.</em>&nbsp;» Loin d’être de simples anecdotes, ces comportements traduisent une aliénation qui a désarticulé les repères fondateurs de nos sociétés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-il-est-impossible-de-proposer-un-systeme-tout-fait"><strong>« Il est impossible de proposer un système tout fait. »</strong></h2>



<p>L’accoutumance a la peau dure, dit-on. Et même après l’indépendance, les réflexes sont restés. L’État africain postcolonial a souvent été une pâle copie de l’État jacobin français, décalé, vertical, déconnecté. Mais voilà qu’aujourd’hui, sous l’effet d’un désenchantement global, d’une crise de légitimité politique et d’une résilience populaire, des nations comme le Mali tentent un virage. Le départ de la France, les réformes constitutionnelles, la montée d’un souverainisme culturel assumé… Tout cela participe d’un chantier plus vaste : celui de la reconquête de soi. Non pas en rejetant en bloc l’apport occidental, mais en procédant par synthèse.</p>



<p>Et ce que disait François Mitterrand à La Baule, en 1990, dans son discours sur la démocratisation de l’Afrique, n’en est que plus éclairant : «&nbsp;<em>La France n’a pas à dicter je ne sais quelle loi constitutionnelle qui s’imposerait de facto à l’ensemble de peuples qui ont leur propre conscience et leur propre histoire et qui doivent savoir comment se diriger vers le principe universel qu’est la démocratie.</em>&nbsp;» Avant d’ajouter : «&nbsp;<em>Il est impossible de proposer un système tout fait.&nbsp;</em>» Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui, à Paris, Bruxelles ou Washington, confondent démocratie et «&nbsp;<em>copy-paste institutionnel</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ce-qui-vaut-pour-la-politique-vaut-pour-la-societe"><strong>Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société</strong></h2>



<p>À travers l’Afrique, des traditions ancestrales de résolution des conflits — du Rwanda à l’Éthiopie, du Soudan à la Tanzanie — démontrent que la paix durable ne se décrète pas uniquement par le droit positif, mais se tisse dans les fibres vivantes de la communauté. Qu’il s’agisse des juridictions «&nbsp;<em>Gacaca</em>&nbsp;» rwandaises, du système «&nbsp;<em>Gadaa des Oromo</em>&nbsp;» ou des médiations foncières en Tanzanie, ces dispositifs endogènes privilégient la vérité, la réparation et la cohésion sociale, là où les mécanismes étatiques échouent souvent. Ils prouvent, en somme, que la sagesse des anciens, la parole échangée et la justice enracinée dans les cultures locales restent des leviers puissants pour restaurer la paix et prévenir les ruptures sociales.</p>



<p>La démocratie ne se résume pas à des urnes et des bulletins de vote. Elle s’incarne aussi dans des valeurs partagées, dans un socle culturel accepté. Et ce socle, au Mali, ce sont ces vertus que la charte vient rappeler : l’humilité, le dialogue, le sens de l’honneur, le respect des anciens, la capacité à pardonner.</p>



<p>Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société. La charte nationale pour la paix et la réconciliation ne prétend pas imposer un système, mais raviver un esprit. Celui d’un Mali réconcilié avec lui-même, lucide sur son histoire, et résolument tourné vers un avenir pacifié. Si l’on veut que demain ne ressemble pas à hier, il faudra plus qu’un texte. Il faudra une pédagogie du respect, une volonté partagée, et un courage moral.</p>



<p>Et c’est là, précisément, que tout commence.</p>



<p><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La société ouverte face à la permanence des crises</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 May 2025 10:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
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<p>Cet article explore la société ouverte et permanence des crises, révélant leur impact sur les sociétés à l'échelle mondiale.</p>
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]]></description>
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<p><strong><em>Les crises rythment l’histoire humaine. Elles ne sont ni des accidents ni des anomalies, mais des éléments constitutifs du devenir des sociétés. À l’heure d’un monde globalisé et fragmenté, cet article propose une lecture rationnelle des crises contemporaines à la lumière de la pensée de Karl Popper. Loin d’en faire une fatalité, nous y voyons une opportunité dialectique : chaque crise est un problème à résoudre, qui en appelle d’autres. Le progrès, dès lors, est moins une accumulation de solutions qu’une navigation lucide entre incertitudes. En croisant les apports historiques et contemporains, nous appelons à une éthique de la critique, condition nécessaire à la survie des sociétés ouvertes.</em></strong></p>



<p>Aucune région du monde n’est épargnée. L’Europe vacille sous la montée des populismes et la guerre russo-ukrainienne. L’Amérique hésite entre repli identitaire et promesse technologique. L’Afrique se bat encore avec les séquelles de ses indépendances. L’Asie oscille entre croissance spectaculaire et tensions géopolitiques. L’Océanie, isolée, n’est pas moins concernée par le dérèglement climatique. Partout, des crises. Partout, une même sensation d’ébranlement.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-crise-structure-permanente-du-devenir-historique"><strong>La crise, structure permanente du devenir historique</strong></h3>



<p>Les crises ne sont pas nouvelles. Elles sont l’autre nom de l’histoire. Comme l’écrivait déjà Karl Marx dans le&nbsp;<em>Manifeste du Parti communiste</em>&nbsp;(1848), «&nbsp;<em>l’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes&nbsp;</em>». Aujourd’hui, nous pourrions dire : l’histoire de toute société est l’histoire des crises.</p>



<p>La Révolution française de 1789 fut célébrée comme la fin d’un ordre. Elle n’annonçait pas une paix éternelle, mais inaugurait une série de convulsions : le Directoire, l’Empire, la Restauration, les révoltes ouvrières, mai 68, les Gilets jaunes. Le XXe siècle russe, des soviets à Poutine, n’a pas connu de répit. En Afrique, l’après-colonialisme n’a pas été un après-guerre. Il a pris les formes du néocolonialisme, du terrorisme, de la corruption, des révoltes avortées.</p>



<p>L’histoire n’est pas un fleuve tranquille. Elle est un champ de forces contradictoires.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-nbsp-penser-les-crises-comme-matrice-du-progres"><strong>&nbsp;Penser les crises comme matrice du progrès</strong><strong></strong></h3>



<p>Karl Popper, dans&nbsp;<em>La logique de la découverte scientifique</em>&nbsp;(1934), écrivait que «&nbsp;<em>toute vie est résolution de problèmes&nbsp;</em>» (Popper, 1973, p. 103), qui devient d’ailleurs plus tard le titre d’un autre de ses ouvrages. Cette phrase, simple en apparence, est le noyau dur de sa philosophie. Elle affirme que le monde n’est pas stable. Il est problématique. Et que la tâche de l’humanité n’est pas d’éliminer les crises, mais de les comprendre, les affronter, les dépasser.</p>



<p>Dans&nbsp;<em>La société ouverte et ses ennemis</em>, il critique les penseurs de la stabilité — Platon, Hegel, Marx — qui croyaient en une fin de l’histoire. Pour Popper, une société qui cesse de poser des problèmes est une société morte. «&nbsp;<em>Il n’y a pas de solution définitive. Il n’y a que des problèmes mieux posés&nbsp;</em>» (Popper, 1945, t. I, p. 190).</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-nbsp-la-dialectique-des-problemes-une-strategie-pour-l-avenir"><strong>&nbsp;La dialectique des problèmes, une stratégie pour l’avenir</strong><strong></strong></h3>



<p>Popper ne propose pas une solution définitive aux crises. Il propose une méthode. Il faut identifier le problème, formuler des hypothèses, tester les conséquences, apprendre des erreurs. C’est une logique d’expérimentation permanente, de falsifiabilité. Et c’est cette méthode qu’il faut appliquer aux crises contemporaines : écologiques, sociales, géopolitiques.</p>



<p>Il ne faut pas chercher à éliminer les crises, mais à créer les institutions capables de les traiter. Cela suppose une société ouverte, où la critique est non seulement permise mais valorisée. Une démocratie, pour Popper, n’est pas celle qui élit un chef providentiel, mais celle qui peut le remplacer sans effusion de sang (Popper, 1945, t. II, p. 110).</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-crises-comme-horizon-du-politique"><strong>Les crises comme horizon du politique</strong><strong></strong></h3>



<p>L’Afrique ne manque pas de crises. Mais elle ne manque pas non plus de ressources critiques. L’«&nbsp;<em>arbre à palabres</em>&nbsp;», la littérature postcoloniale, les traditions de négociation sont autant d’outils pour bâtir une société ouverte. Ce qu’il faut, c’est une refondation des élites : non pas des sauveurs, mais des rationalistes critiques.</p>



<p>Dans les contextes burkinabè, malien ou nigérien, il ne suffit pas de dénoncer le terrorisme ou la pauvreté. Il faut formuler les bons problèmes : pourquoi l’État est-il faible ? Pourquoi les élites sont-elles discréditées ? Pourquoi les institutions ne sont-elles pas falsifiables ? Réponse&nbsp;: la mauvaise gouvernance entretenue pendant des décennies. Les transitions dans ces pays sont en train de changer la trajectoire de l’histoire en effectuant un travail remarquable de refondation.&nbsp;</p>



<p>Nous devons nous résoudre à vivre dans un monde de crises. Mais cette résolution n’est pas résignation. Elle est une philosophie de l’action. Elle invite à une lucidité tragique et méthodique, comme celle de Popper. Elle suppose une révolution intellectuelle : faire du doute une vertu, de l’erreur une source d’apprentissage, de l’incertitude une opportunité.</p>



<p>On pourrait donc dire que l’avenir appartient non à ceux qui prédisent les crises, mais à ceux qui les transforment en chances. Et comme Popper l’a rappelé : «&nbsp;<em>Nous ne savons jamais ce que nous faisons, car ce que nous faisons ne produit jamais ce que nous attendons&nbsp;</em>» (La société ouverte, 1945, p. 295). C’est à cela que sert la critique : à continuer de chercher malgré tout.</p>



<p><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Tribune] L’intelligence artificielle, reflet d’une humanité en mutation</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jan 2025 07:31:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[conditions humaines]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence artificielle]]></category>
		<category><![CDATA[Karl Popper]]></category>
		<category><![CDATA[mutation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Alors que l’IA inaugure la troisième révolution technologique, elle bouleverse les frontières entre les créations humaines et la condition même de l’Homme.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em><br>Alors que l’IA inaugure la troisième révolution technologique, elle bouleverse les frontières entre les créations humaines et la condition même de l’Homme. Sera-t-elle un levier d’émancipation ou un outil d’asservissement ? En interagissant avec les trois mondes de Karl Popper, l’IA devient à la fois un prodige et un test ultime pour l’avenir de l’humanité.</em></strong></p>



<p>Nous vivons une époque où l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme le cœur battant d’une troisième révolution technologique, après celles de la science et de la technique. Ces bouleversements technologiques interrogent, non seulement sur le rôle de l’humain dans un monde façonné par ses créations, mais aussi sur sa capacité à préserver sa place face à une entité conçue pour dépasser ses propres limites.</p>



<p>Pour comprendre l’essence de cette transformation, il convient d’évoquer les trois mondes de Karl Popper&nbsp;: le Monde&nbsp;1, celui des objets physiques ; le Monde&nbsp;2, celui des états mentaux et des expériences subjectives ; et le Monde&nbsp;3, celui des productions intellectuelles humaines. L’intelligence artificielle, fruit d’une créativité humaine prolifique, appartient indéniablement au Monde&nbsp;3. Elle est un produit de l’esprit qui, en s’incarnant dans des systèmes physiques et en interagissant avec nos pensées et émotions, transcende les frontières entre ces trois dimensions.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une révolution porteuse de promesses et de menaces</strong></h3>



<p>L’IA se présente comme un outil extraordinaire, capable de décupler la productivité, de révolutionner les soins médicaux, et de nous ouvrir des perspectives infinies sur le cosmos et sur nous-mêmes. Mais, dans le même élan, elle soulève une question fondamentale&nbsp;: jusqu’où peut-on confier à nos créations le soin de décider à notre place, sans risquer de nous voir supplantés à l’instar de la dialectique du Maître et de l’esclave de Hegel ?</p>



<p>Dans cette perspective, l’IA révèle le paradoxe de l’humanité&nbsp;: elle est à la fois un instrument d’émancipation et une menace pour notre autonomie. Par exemple, les modèles algorithmiques qui dictent nos choix sur les réseaux sociaux ou dans le commerce digital ne sont-ils pas déjà les prémices d’un transfert de pouvoir du Monde&nbsp;2 au Monde&nbsp;3 ? De simples outils de suggestion, ces systèmes deviennent peu à peu des architectes de nos préférences, dessinant un futur où le libre arbitre pourrait être un lointain souvenir.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’humanité face à son propre reflet</strong></h3>



<p>Ce paradoxe n’est pas inédit. À chaque révolution technologique, l’homme a craint de disparaître sous le poids de ses propres inventions. L’imprimerie, l’électricité, et même l’industrialisation ont toutes suscité des peurs similaires. Pourtant, chaque fois, l’humanité a trouvé les moyens de se réinventer, d’élargir ses horizons et de reconfigurer ses interactions avec son environnement.</p>



<p>L’IA ne fera pas exception. Mais elle exige une réflexion plus profonde&nbsp;: non pas seulement sur ce qu’elle peut faire, mais sur ce que nous voulons qu’elle devienne. Souhaite-t-on une IA qui serve les intérêts immédiats d’une poignée de puissants ou une IA pensée pour améliorer la condition humaine dans son ensemble ? Souhaite-t-on qu’elle renforce l’autonomie individuelle ou qu’elle devienne un levier d’asservissement global ?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les trois mondes en coévolution</strong></h3>



<p>L’intelligence artificielle, en reliant les trois mondes de Popper, initie un mouvement de coévolution unique dans l’histoire humaine. Les créations du Monde&nbsp;3 — algorithmes, logiciels, systèmes autonomes — modifient profondément le Monde&nbsp;1 en transformant notre environnement matériel. Parallèlement, elles influencent le Monde&nbsp;2, nos états mentaux, en façonnant nos émotions, nos décisions et nos aspirations.</p>



<p>Cette interpénétration des mondes exige une vigilance extrême. Si l’on n’y prend garde, l’IA pourrait devenir le miroir d’un Monde&nbsp;3 dévoyé, gouverné par des logiques marchandes ou autoritaires. Pourtant, bien utilisée, elle peut incarner un Monde&nbsp;3 éthique et altruiste, où les connaissances et les outils produits servent à réduire les inégalités, à guérir les maux de notre planète, et à offrir à chaque individu les moyens de s’épanouir.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’épreuve du discernement</strong></h3>



<p>La véritable révolution n’est donc pas technologique. Elle est avant tout politique, éthique et philosophique. Elle réside dans notre capacité à redéfinir la place de l’humain dans un monde où il cohabite avec ses propres créations. À cet égard, l’intelligence artificielle n’est pas une fin, mais un moyen. Elle est le reflet de ce que nous sommes et de ce que nous souhaitons devenir.</p>



<p>Il est temps d’engager un débat global, inclusif et transparent, sur les finalités que nous voulons assigner à ces technologies. La question n’est pas de savoir si l’humain disparaîtra, mais de déterminer si l’IA deviendra l’instrument de son émancipation ou de son aliénation.</p>



<p>Chaque révolution technologique est une épreuve de vérité pour l’humanité. Elle révèle ce que nous avons de meilleur et de pire. Dans cette course effrénée vers le progrès, il ne s’agit pas seulement d’être les créateurs de l’IA, mais d’en être les gardiens éclairés. Entre utopie et dystopie, l’issue dépendra de notre capacité collective à conjuguer les trois mondes de Popper dans une dynamique harmonieuse, au service de la vie et de la dignité humaine.</p>



<p><strong>F.&nbsp;Togola</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : besoin de techniciens politiques plutôt que d&#8217;utopistes </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 May 2021 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[coups d&#039;Etat]]></category>
		<category><![CDATA[Karl Popper]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[renaissance]]></category>
		<category><![CDATA[techniciens politiques]]></category>
		<category><![CDATA[utopie]]></category>
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<p>« Le Mali serait victime de malédiction », pourraient penser certains pessimistes en raison des nombreux coups d’État perpétrés pour la renaissance, mais, qui se soldent tous au désespoir. Le retour cyclique&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>« Le Mali serait victime de malédiction »,</em></strong><strong> pourraient penser certains pessimistes en raison des nombreux coups d’État perpétrés pour la renaissance, mais, qui se soldent tous au désespoir. Le retour cyclique des mêmes maux doit inciter les politiques à devenir des techniciens au lieu de toujours demeurer utopistes. </strong><strong></strong></p>



<p>Depuis son <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mali">indépendance</a>, en 1960, le Mali a toujours été confronté à des coups d’État. À chaque renversement de régime, l’objectif affiché demeure la volonté du renouveau et la fin de certains maux dont souffrent les citoyens&nbsp;: l’insécurité, la cherté de la vie ou encore la mauvaise gouvernance, etc.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Dialectique en marche </strong><strong></strong></h2>



<p>Si les coups d’État sont devenus une coutume dans ce pays, c’est parce que toutes les options, vues comme solution lors du renversement des différents régimes qui se sont succédé, ont été sanctionnées par des déceptions. Déceptions en donnant généralement lieu à d’autres maux souvent plus graves. Le régime à tendance socialiste de <a href="https://www.universalis.fr/encyclopedie/modibo-keita/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Modibo Kéïta</a> a été remplacé par la dictature de <a href="https://www.jeuneafrique.com/1143987/politique/mali-quand-les-femmes-aidaient-a-renverser-moussa-traore/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Moussa Traoré</a> qui sera ensuite remplacée par la démocratie à la suite du vaste mouvement de 1991. Ce régime démocratique a déjà à son actif deux coups d’État militaires.&nbsp;</p>



<p>En 2020, le <a href="https://saheltribune.com/demission-dibk-les-conclusions-du-sommet-virtuel-des-chefs-detat-et-de-gouvernement-de-la-cedeao/">renversement du régime Ibrahim Boubacar Kéïta</a> (IBK) et la venue des militaires au pouvoir avaient été vus comme une panacée. Malheureusement, les problèmes dénoncés sous le régime déchu ont persisté — voire à s’aggraver. L’insécurité tant dénoncée sous IBK s’est étendue beaucoup plus vers le Sud du pays. Avant le renversement d’IBK, plusieurs Premiers ministres ont même été démis de leur fonction juste parce qu’ils avaient été estimés incapables de mieux gérer la crise socio -politico-sécuritaire et institutionnelle qui perdure.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Monde d’utopie</strong><strong>s</strong></h3>



<p>Les citoyens aussi bien que la classe politique, voire la société civile malienne, semblent toujours incapables de se rendre compte de cette évidence&nbsp;: les <a href="https://saheltribune.com/la-demission-du-gouvernement-moctar-ouane-ou-%e2%80%89leternel-recommencement%e2%80%89%e2%80%89/">problèmes demeurent</a> pour l’éternité. Nul homme, nul chef d’État ou homme politique ne peut prétendre parvenir à une résolution définitive des maux dont la nation souffre. La solution à chaque problème demeure le départ d’un nouveau problème souvent plus grave que l’ancien. Une succession indéfinie de maux que des penseurs ont appelé <em>« la dialectique des problèmes » </em>ou encore<em> « <a href="https://la-philosophie.com/eternel-retour-nietzsche" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’éternel retour</a> ». </em><em></em></p>



<p>Selon <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Karl Popper</a>,<em>« la vie cherche un monde meilleur. Chaque être vivant pris isolément cherche un monde meilleur ou cherche tout au moins à s’arrêter ou à ralentir son déplacement là où le monde est meilleur. Et cela va de l’amibe jusqu’à nous. Notre désir, notre espoir, notre utopie sont toujours la découverte d’un monde idéal. »</em></p>



<p>Ce monde meilleur demeure et reste un désir, un espoir, et une utopie. Sa recherche se solde toujours au désespoir. La renaissance attendue après le départ du régime IBK ainsi que ceux des régimes l’ayant précédé demeure un idéal pour le peuple malien. Depuis Modibo Kéïta jusqu’à nos jours, le terrorisme a toujours existé et des options ont toujours été testées afin de résoudre cette crise, mais aucune n’est encore parvenue à le bouter hors du territoire. Faut-il donc renoncer à l’action parce que les problèmes sont infinis ?</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Devenir des techniciens politiques </strong><strong></strong></h4>



<p>Pas pour autant. Exister, c’est tenter de résoudre des équations. En tant qu’être faillible, l’homme ne peut que poser des postulats qu’il testera sur des maux. <a href="https://www.cairn.info/la-philosophie-politique-de-karl-popper--9782130459248.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jean Baudouin</a> expliquait que « <em>tout art politique consiste dans ce que Popper appelle “raccommodage fragmentaire</em>”, <em>c’est-à-dire cette multitude de “petits réglages” grâce auxquels les techniciens politiques parviennent à corriger les trajectoires et à gérer convenablement la société »</em>.&nbsp;</p>



<p>Il s’agit donc d’opter pour la méthode plus rationnelle d’« <em>édification au coup par coup</em> » ou encore par « <em>intervention limité ».</em> Les techniciens politiques doivent plutôt travailler à résoudre des problèmes réels du peuple, tels que la famine, la guerre, le chômage, ici et maintenant, au lieu de toujours se fixer des idéaux jamais atteints ou un bonheur collectif difficilement atteignable. « <em>Un combat systématique contre la souffrance, l’injustice et la guerre a — du reste — plus de chance d’avoir l’appui des masses qu’un combat pour une société difficilement imaginable. », </em>écrivait Karl Popper.</p>



<p>Il nous faut donc comprendre que les problèmes sont des phénomènes qui nous collent à la peau. Aucun homme ne possède et n’aura&nbsp;une solution miracle aux maux en raison de la nature humaine faillible. Il faut alors être de véritables techniciens politiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Fousseni Togola </strong><strong></strong></h4>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Les quatre (4) raisons de l&#039;opposition de Popper au marxisme</title>
		<link>https://saheltribune.com/les-quatre-4-raisons-de-lopposition-de-popper-au-marxisme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Phileingora]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2020 08:25:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[critique sur les marxisme]]></category>
		<category><![CDATA[Etat de droit]]></category>
		<category><![CDATA[Karl Popper]]></category>
		<category><![CDATA[lutte contre la violence]]></category>
		<category><![CDATA[protectionnisme]]></category>
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<p>« L’historicisme est une erreur de bout en bout. L’historiciste voit l’histoire comme une sorte de cours d’eau, comme un fleuve qui coule, et il se croit capable de prévoir où se passera l’eau. "</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Le règne d’une société meilleure ne passe pas forcément par l’usage de la violence, conséquence des conceptions historicistes de la société. Il faut juste un État de droit dans lequel les plus faibles sont protégés contre les plus forts. Popper se hisse comme un des critiques farouches du marxisme. </strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>«&nbsp;L’historicisme est une erreur de bout en bout. L’historiciste voit l’histoire comme une sorte de cours d’eau, comme un fleuve qui coule, et il se croit capable de prévoir où se passera l’eau. L’historiciste pense être très intelligent&nbsp;; il voit l’eau qui coule et imagine pouvoir prédire l’avenir. »</em> </p></blockquote>



<p>Ce passage de <em>«&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/gp/product/2909848078/ref=as_li_qf_asin_il_tl?ie=UTF8&amp;tag=phileingora-21&amp;creative=6746&amp;linkCode=as2&amp;creativeASIN=2909848078&amp;linkId=7866c6f8ab12330b439df4b0a95e3458" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="La leçon de ce siècle (opens in a new tab)">La leçon de ce siècle</a>&nbsp;»</em> de Karl Popper décrit tout le problème que ce philosophe britannique a avec les philosophies de l’histoire qui tentent de donner une orientation à l’histoire des sociétés ou des Etats. Une attitude qui les amène à compromettre l’Etat au profit d’un Etat de violence pour la seule réalisation de leurs prédictions. Voilà tout le problème de Popper avec Marx. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1384&amp;action=edit">La laïcité : une belle architecture à conserver</a></p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> <strong>&nbsp;« Le capitalisme ne peut être réformé, il ne peut qu’être détruit »</strong> </h5>



<p>Pour l’avènement d’une « <em>société
nouvelle</em> », meilleure, il faut commencer par détruire le capitalisme, selon
Karl Marx. Les marxistes estiment que le capitalisme n’entend point d’autre
langage en dehors de celui de la violence, explique Karl Popper. </p>



<p>Par cette idéologie, les
marxistes nous font vivre dans une société de violence permanente fondée sur l’espoir
d’arriver à leur société rêvée, une société sans exploitation, où les hommes
vivront en pleine liberté, bref dans un paradis. </p>



<p>&nbsp;Dans la «&nbsp;<em><a href="https://www.amazon.fr/gp/product/275787313X/ref=as_li_qf_asin_il_tl?ie=UTF8&amp;tag=phileingora-21&amp;creative=6746&amp;linkCode=as2&amp;creativeASIN=275787313X&amp;linkId=bbab6c0dacbeb09320320c5e0fde9de8" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Société ouverte et ses ennemis&nbsp; (opens in a new tab)">Société ouverte et ses ennemis&nbsp;</a>»</em>, Popper appelle cette attitude « <em>historicisme</em> ». Un comportement visant à faire croire la possibilité de prédire le futur de la société à travers des lois que le cours de l’histoire devra suivre nécessairement. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1332&amp;action=edit">Mali : 50 ans de Francophonie, régler les pendules</a></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>« Il est généralement admis qu’une conception vraiment scientifique ou philosophique de la politique et une meilleure compréhension de la vie des sociétés doivent reposer sur l’étude et l’interprétation de l’histoire</em> », lit-on dans le premier tome de «&nbsp;<em>La société ouverte et ses ennemis&nbsp;». </em></p></blockquote>



<p>L’historicisme repose d’après lui sur une
méconnaissance des méthodes des sciences sociales et sur une absence de
distinction entre prophétie historique et prévision scientifique.
L’historicisme est hautement risqué, prévient-il en faisant référence à tous
les crimes commis par des marxistes pour la réalisation de leur « <em>utopie</em> ».
</p>



<p>Dans la « <em><a href="https://www.amazon.fr/gp/product/2266043781/ref=as_li_qf_asin_il_tl?ie=UTF8&amp;tag=phileingora-21&amp;creative=6746&amp;linkCode=as2&amp;creativeASIN=2266043781&amp;linkId=196c34ea8ec160f439eab6208cffa4d1" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="Misère de l’historicisme (opens in a new tab)">Misère de l’historicisme</a></em> », Popper dégage cinq arguments pour justifier les raisons pour lesquelles cette doctrine est insoutenable&nbsp;: </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1299&amp;action=edit">Les intellectuels périphériques au Mali, des dangers</a></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em> Le cours de l’histoire humaine est fortement influencé par la croissance du savoir humain</em> » ; « <em>Nous ne pouvons pas prédire, par des méthodes rationnelles ou scientifiques, la croissance future de nos connaissances scientifiques</em> » ; « <em>Nous ne pouvons donc pas prédire le cours futur de l’histoire humaine</em> » ; « <em>s’il y a une chose telle que la connaissance humaine croissante, alors nous ne pouvons pas anticiper aujourd’hui ce que nous ne connaîtrons que demain</em> » ; « <em>aucune société ne peut prédire, scientifiquement, ses propres états futurs de connaissance.</em> »</p></blockquote>



<p>Avec ces arguments, cette théorie marxiste s’écroule
comme un château de carte. </p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> <strong>&nbsp;« L’appauvrissement croissant »</strong> </h5>



<p>Le problème de Popper
avec cette thèse de <em>« l’appauvrissement croissant des travailleurs »</em> est
surtout la mauvaise compréhension du marxisme par certains de ses militants. </p>



<p>En effet, si Marx soutient que plus le travailleur fournit d’efforts, plus il s’appauvrit alors que le capitaliste s’enrichit, il ne va quand même pas jusqu’à tenir individuellement le capitaliste pour responsable de cette situation. Car, lui tout comme les travailleurs sont victimes d’un système qu’il convient de blâmer. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em> [NDLR] Marx avait soutenu que le capitalisme est une sorte de machine qui broie les capitalistes tout autant que les travailleurs ; ils ne peuvent faire autre chose que ce que la machine leur impose </em>», écrit Popper dans «&nbsp;<em>La leçon de ce siècle&nbsp;»</em>. Pourtant, ce <em>« capitalisme vulgaire</em> » est bien la conception développée par les partis communistes. </p></blockquote>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1281&amp;action=edit">Mali : Non, les lois ne sont pas faites pour embellir la constitution</a></p>



<p>Cette incohérence au sein
du marxisme donne la chair de poule à Popper. </p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> <strong>« Le capitalisme, tel que Marx le décrit, n’a jamais existé »</strong> </h5>



<p>Selon Popper, Marx se
trouve dans une situation de rêverie, <em>d’« invention et de fabulation
diabolique </em>». Car la forme de société qu’il a toujours considérée comme
capitaliste n’en était pas une. Une société irréformable où les pauvres sont
incapables de changer de statut alors que les riches s’enrichissent davantage chaque
jour n’est qu’une utopie aux yeux de ce critique farouche du marxisme. </p>



<p>Il serait impossible
d’arriver à une société où tout le monde sera riche ou pauvre. Comme il a
toujours existé des pauvres et des riches, ces classes continueront d’exister
et la morale nous recommande de leur porter assistance.&nbsp; </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <em>[NDLR] Au cours de la vie de Marx, de grandes réformes ont eu lieu, des changements importants, énormes, tant en Angleterre qu’ailleurs, et notamment en Allemagne sous Bismarck », </em>précise Popper qui souligne que « <em>cette société dans laquelle capitalistes et travailleurs étaient pris dans un mécanisme qui ne faisait que dégrader de plus en plus leur situation n’a jamais existé. »</em></p></blockquote>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1172&amp;action=edit">[Tribune] Crises au Sahel: Faire taire les armes, pas les peuples</a></p>



<p>Sous cette thèse, ce Britannique
dégage plusieurs incohérences dans le marxisme qui lui donnent le dégout de toute
la doctrine. </p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> <strong>« L’État, sous le capitalisme, est une dictature dirigée par les capitalistes »</strong> </h5>



<p>Cette thèse vise à
renverser la théorie marxiste selon laquelle ce sont les conditions économiques
qui déterminent les autres faits sociaux. Ce qui donne ainsi tout le pouvoir
politique aux seuls capitalistes qui sont ceux qui ont une aisance économique.
Mais pour Popper, cette théorie est « <em>simplement et purement une vue de
l’esprit »</em>. Car, dit-il, la réalité est tout à fait complexe. </p>



<p>Si Marx pensait que l’économie avait une valeur explicative universelle, Popper estime l’existence d’autres facteurs plus influents comme la croissance de la connaissance scientifique, la religion, la nationalité, les liens d’amitié, le fait de fréquenter les mêmes écoles. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>« [NDLR] Presque tous les hommes politiques de tous les partis avaient été amis lorsqu’ils étaient à l’université »,</em> indique Popper. La dictature des capitalistes n’est alors qu’une autre rêverie marxiste, selon Popper. </p></blockquote>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=942&amp;action=edit">La peur de la mort, une crainte salutaire, mais injustifiée</a></p>



<h5 class="has-vivid-red-color has-text-color wp-block-heading"> <strong>Ce qu’il faut comprendre</strong> </h5>



<p>Rappelons que Popper
lui-même a été un moment marxiste. Mais c’est dû à ces différentes raisons
avancées qu’il décide de se détourner de cette philosophie pour devenir un de
ses critiques farouches. Car pour lui, si un homme a le droit de mettre sa
propre vie en danger, il n’a pas le droit d’entrainer les autres avec lui.
C’est la raison pour laquelle il prône l’interventionnisme de l’État afin de
protéger les plus faibles des plus forts. Il est pour le règne de l’État de
droit qui permettra la <em>« liberté de marché</em> » et par ricochet le
développement de toute la nation. </p>



<p>Le poppérisme est une
philosophie qui prône le pacifisme, en tout cas tant que les principes
démocratiques ne sont pas menacés, rien ne justifie le recours à la violence. </p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=815&amp;action=edit">Faut-il condamner les plaisirs ?</a></p>



<p>Tout son problème avec le
marxisme constitue sa tendance historiciste qui le conduit à l’usage de la
violence. &nbsp;&nbsp;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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