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	<title>Archives des Kant &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des Kant &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Iran–Israël : L’abîme comme projet</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jun 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le conflit Iran-Israël remet en question les valeurs humaines dans un contexte de guerre. Découvrez les dynamiques en jeu.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Alors que les missiles strient les précieux du Levant et que les morts s&rsquo;accumulent dans un silence assourdissant, le monde, lui, regarde, hésite, ou détourne les yeux. Le conflit Iran-Israël, avec l&rsquo;entrée en scène des États-Unis, dépasse les enjeux stratégiques pour interroger brutalement notre époque : peut-on encore parler de morale, d&rsquo;humanisme, ou même de civilisation, quand la guerre devient la norme, et la paix, une parenthèse ironique ?</strong></em><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était un vendredi. Le 13. Comme si le destin, moqueur ou tragique, avait choisi de cocher toutes les cases du mauvais présage. Ce jour-là, dans un ciel lourd de menaces et de satellites, Israël lançait l’opération&nbsp;<em>« Rising Lion »,</em>&nbsp;une frappe massive et surprise contre les installations nucléaires iraniennes. En quelques heures, Natanz, Fordow et Téhéran devinrent les épicentres d’un séisme militaire et moral, déclenchant ce que l’Histoire retiendra peut-être comme le début du premier conflit direct et assumé entre les deux puissances du Levant. À l’heure où le monde peine à digérer les retombées d’une guerre en Ukraine ou d’une paix déchue à Gaza, une autre mèche s’est allumée — plus ancienne, plus profonde, plus toxique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-humanite-un-vestige-de-facade"><strong>L’humanité, un vestige de façade</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Israël, fidèle à une doctrine de survie gravée dans la peur de ses origines, justifie sa frappe comme un acte préemptif. «&nbsp;<em>Un danger clair et présent</em>&nbsp;», martèle Netanyahu. L’Iran aurait été à deux doigts d’acquérir l’arme nucléaire. Deux doigts, donc deux bombes. C’est l’argument. Mais ce qui, hier encore, relevait de la dissuasion diplomatique, a soudainement basculé dans l’irréversible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comme toujours, dans ce théâtre de la fureur programmée, les États-Unis ne tardent pas à entrer en scène. Le 22 juin, Washington frappe à son tour. Opération&nbsp;<em>« Midnight Hammer »&nbsp;</em>: bunker-busters, missiles Tomahawk, sept B-2 furtifs, tout y passe, sauf le doute. La voix de Trump résonne à la télévision :&nbsp;<em>« L’Iran a été oblitéré ».</em>&nbsp;On croirait entendre un général de cartoon, mais c’est bien la première puissance militaire du monde qui parle ainsi de la seconde nation chiite de la planète. L’hyperbole est devenue doctrine. Et le tragique, routine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, Téhéran réplique. Par salves. Par drones. Par barrages de missiles qui strient le ciel d’Israël et font descendre des familles entières dans des abris. À Tel-Aviv, Jérusalem, Haïfa, les sirènes remplacent les prières. On enterre les morts, on soigne les blessés. Mais ce sont surtout les vivants qui souffrent. Les civils, ces anonymes sacrifiés à l’autel de stratégies militaires conçues dans des salles où le mot «&nbsp;<em>humanité&nbsp;</em>» n’est plus qu’un vestige de façade.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-guerre-devenue-l-horizon-de-notre-modernite"><strong>La guerre devenue l’horizon de notre modernité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, s’enferme dans son bunker, désigne des successeurs, promet la vengeance. À distance, les Houthis applaudissent et lancent leurs propres roquettes, comme un écho périphérique à une guerre qui ne leur appartient même pas. Quant aux morts, ils s’accumulent. Les chiffres tombent comme des pierres : 639 tués en Iran, 24 en Israël. Et d’autres viendront. Car ici, chaque missile porte en lui la promesse d’un autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des bilans, des conférences de presse et des cartes des frappes, une question s’impose : que reste-t-il de la morale dans la conduite du monde ? Où sont passés les principes qui devaient guider les puissances ? La proportionnalité, la justice, la retenue ? La guerre n’a jamais été belle. Mais elle fut autrefois un dernier recours. Elle est devenue aujourd’hui un outil de diplomatie musclée, un levier électoral, un tweet en 3D. On tue, puis on justifie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, l’histoire regorge d’avertissements. Hiroshima. Bagdad. Gaza. On connaît les ravages, on connaît les échecs. Mais rien n’y fait. Le monde, en 2025, persiste à faire de la force brute un projet politique. L’humanisme est relégué aux conférences, aux rapports d’ONG, aux débats sans conséquences. Kant n’est plus qu’une citation dans un PowerPoint de l’UNESCO.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au nom de quoi, aujourd’hui, un État peut-il frapper un autre sans que le monde ne s’indigne unanimement ? Au nom de la sécurité ? De la prévention ? De la civilisation ? La guerre, dit-on, est vieille comme l’homme. Peut-être. Mais ce n’est pas une raison pour en faire l’horizon de notre modernité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-guerre-sans-morts"><strong>Une guerre sans morts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et que dire du silence, complice ou tétanisé, des puissances régionales ? Des appels à la «&nbsp;<em>désescalade</em>&nbsp;» qui tombent aussi vite que les missiles ? Du Conseil de sécurité, qui se réunit, parle, et repart déjeuner ? En attendant, le prix du baril explose, les marchés chancellent, le détroit d’Ormuz menace de se fermer, et l’idée même de paix devient une absurdité conceptuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce conflit n’est pas simplement un affrontement entre deux États. C’est un miroir moral tendu à l’humanité. Un test de notre capacité collective à dire non à l’horreur avant qu’elle ne devienne habitude. Une question existentielle posée à une communauté internationale qui n’en finit plus de se fragmenter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, faut-il croire encore à la diplomatie, à la médiation, à l’humain ? Oui. Car c’est notre seule issue. Non pas parce qu’elle garantit la paix, mais parce qu’elle reste la seule forme de guerre civilisée que l’on puisse encore accepter. Une guerre sans morts.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Kant : « Consolation adressée à une mère » après la mort de son fils</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 May 2021 08:31:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éducation]]></category>
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		<category><![CDATA[Soumeylou Boubeye Maiga]]></category>
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<p>En 1760, un des anciens étudiants de Kant est décédé prématurément. Affligé par cette mort, son professeur adresse une lettre de consolation à la mère de ce jeune homme. Dans&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 1760, un des anciens étudiants de Kant est décédé prématurément. Affligé par cette mort, son professeur adresse une lettre de consolation à la mère de ce jeune homme. Dans cette correspondance, Kant exprime ses pensées sur la mort prématurée.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’ai la profonde douleur d’annoncer le décès de mon fils Idrissa dit Idi à l’âge de 37 ans en ce samedi à 1 heure du matin »</em>, annonçait l’ancien Premier ministre malien, Soumeylou Boubeye Maïga, le 20 février 2021, sur sa&nbsp;<a href="https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=277391687079396&amp;id=100044257008020" target="_blank" rel="noreferrer noopener">page Facebook</a>. C’est une épreuve difficile pour tout parent de voir mourir son enfant tout jeune, l’enterrer lui-même. Beaucoup sont les parents qui souhaitent partir avant leurs enfants, permettre à ceux-ci d’avoir la chance et l’honneur de les enterrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout comme Idi ou beaucoup d’autres jeunes gens, cette chance n’a pas été pour Jean-Frédéric De Funk. Cette chance d’organiser les funérailles de sa mère Agnès Élisabeth — veuve du capitaine de cavalerie de Funk, née De Dorthösen, héritière des biens de Kaywen et de Kahren en Courlande. Au contraire, c’est celle-ci qui a eu la lourde épreuve d’assister à la mort prématurée de son fils. C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Kant, professeur de philosophie à l’académie de&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-poesie-2007-2-page-71.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Königsberg</a>, écrivit en 1760 une lettre de consolation à la mère de Jean-Frédéric De Funk.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Cette lettre, qui remonte à l’année 1760, est vraiment une méditation philosophique, et par la noblesse des idées qu’elle exprime, par la haute moralité qu’elle respire, par le ton religieux qui y règne, elle méritait de figurer parmi les œuvres morales de Kant. »</em>, commentait en juillet 1855&nbsp;<a href="https://www.fnac.com/ia3526119/Jules-Barni" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jules Barni</a>, spécialiste et traducteur français des œuvres de Kant. Il ajoute :&nbsp;<em>« On sentira, en la lisant, que chez ce grand philosophe le génie n’avait point étouffé le cœur. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>« Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger »</em></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le <a href="https://saheltribune.com/kant-jonas-deux-ethiques-humanistes-repenser-monde/">philosophe de Königsberg</a>, la plupart des hommes passent leur temps à courir derrière les plaisirs de la vie. Et cela <em>« sans se donner la peine de prendre garde aux bascules qui font tomber l’un après l’autre, à côté d’eux, leurs compagnons dans l’abîme, dont l’infini est la mesure, et qui finira par les engloutir eux-mêmes au milieu de leur course impérieuse ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi cite Kant un ancien poète, sans le nommer, qui, pour Emmanuel, dresse « <em>un trait touchant du tableau de la vie humaine, en représentant l’homme qui vient de naître </em>». A en croire ce poète, l’enfant commence par remplir « l’air de ses cris », lesquels sont plaintifs comme toute personne qui vient d’entrer dans un monde à problèmes. Ensuite, grandi ou devenu homme, il joint deux arts l’un à l’autre : à celui de se rendre malheureux, il ajoute «<em> celui de se le cacher lui-même »</em>. Et Kant de conclure que malgré que la mort soit de tous les maux celui auquel l’homme a le plus peur, il semble ne pas toujours tirer des leçons avec les décès des autres, sauf si certaines de ses relations éveillent son attention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et qu’en est-il de la&nbsp;<a href="https://www.franceinter.fr/culture/philo-vers-la-paix-perpetuelle-yes-with-kant" target="_blank" rel="noreferrer noopener">guerre</a>&nbsp;quand elle arrache presque tout ? Selon Kant, la guerre ouvre la voie à toutes calamités pour l’espèce humaine. Quelque chose à laquelle certains se montrent indifférents, même s’ils en sont directement touchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Mais quand, dans le calme et la paix de vie civile, ceux qui nous touchent de près ou que nous aimons, et qui, ayant devant eux autant ou plus d’espérances que nous-mêmes […], ces personnes […] sont emportées au milieu du cours de leurs efforts […], alors il faut bien que la sensibilité se réveillent chez ceux qui cherchent à l’endormir au sein des distractions. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont là quelques pensées graves éveillées en Kant suite à la mort prématurée de Jean, digne fils de madame Agnès Élisabeth. Car, affirme-t-il :&nbsp;<em>« Je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger »</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Rêve face à la mort</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Nul n’échappe à la mort, reconnaît-on. L’homme se fait le schéma de sa vie sur terre, planifie son avenir, travaille à la réalisation de son destin — du moins, son destin qu’il se fait dans son imagination. Quand la mort frappe à sa porte, tout tombe à l’eau. Il ne sera plus de « ce monde fantastique ». Et ses envies et désirs partiront avec lui. Avec lui dans sa tombe, au cimetière. Kant rappelle cela à madame A. Élisabeth. Il la console avec cette réflexion, ces réflexions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Lorsque, de ce monde fantastique qu’il se crée à lui-même par son imagination et où il habite si volontiers, l’homme est ramené par son intelligence dans celui où la Providence l’a réellement placé, il est déconcerté par l’étonnante contradiction qu’il y rencontre et qui renverse complètement ses plans, en lui proposant une énigme indéchiffrable. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette énigme indéchirable ici est la mort, laquelle dépasse le domaine de la raison pratique, le monde des phénomènes. Il est, avec&nbsp;<em>Dieu</em>&nbsp;et&nbsp;<em>l’âme,</em>&nbsp;du monde du&nbsp;<a href="https://www.les-philosophes.fr/kant/chose-en-soi-et-phenomene.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">noumène</a>, sur lequel l’entendement humain ne peut que spéculer. Avec cette mort et la maladie, il arrive qu’on ne puisse pas jouir pleinement de sa jeunesse, une jeunesse des espérances. C’est en cela que Kant avance que « la Providence » (Dieu) peut nous procurer tous les biens de la vie et, par la suite, ne pas nous permettre d’en toujours profiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’homme qui a reçu en partage de l’habileté, du mérite, de la richesse n’est pas toujours celui auquel la Providence a accordé la plus large part des biens de la vie, et elle ne lui permet pas toujours de jouir du fruit de tous ces avantages »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seul le Sage est de tous celui qui « dirige surtout son attention sur la grande destinée qui l’attend au-delà de la tombe ». Il vit pour cela. Il n’oublie pas ce à quoi il est destiné, la mission que Dieu lui a confiée ici-bas. C’est une obligation pour lui de suivre cela afin d’avoir accès au poste que Dieu lui a réservé auprès de lui. C’est en ce sens qu’il fait tout avec sagesse et raison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Kant : <em>« Un jeune homme plein d’espérances est mort, et combien de bonheur brisé ne croyons-nous pas avoir à regretter dans une perte si prématurée ? Mais dans le livre du destin peut-être en est-il tout autrement. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sagaidou Bilal Maîga </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Source: Le sage Malien en herbe </strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-black-background-color has-black-color is-style-wide"/>



<p class="wp-block-paragraph">KANT, Emmanuel,&nbsp;<em>Œuvres philosophiques complètes</em>, sous la direction de Magalie Schwartzerg,&nbsp;<a href="https://www.amazon.fr/Emmanuel-Kant-Oeuvres-compl%C3%A8tes-ebook/dp/B083V7TJHD" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Arvensa</a>&nbsp;Editions, 2020, 7123 p. ISBN : 979102730814 (&nbsp;<em>Consolation adressée à une mère</em>, pp. 223-233).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pour ne pas étouffer le texte avec les indications des numéros de page des passages cités, le blogueur a choisi de se contenter de citer ici la référence complète de l’ouvrage et l’emplacement de Consolation adressée à une mère dans celui-ci.</em></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Les philosophes à la rescousse : quatre concepts pour donner du sens à la rentrée</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2020 10:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Charles Hadji, Université Grenoble Alpes (UGA) La rentrée scolaire s’effectue dans un contexte d’incertitude. En fonction de l’évolution de l’épidémie de Covid-19, les directives, voire les organisations d’apprentissage, peuvent changer&#8230;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/profiles/charles-hadji-196837">Charles </a><a href="https://theconversation.com/profiles/charles-hadji-196837" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hadji</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-grenoble-alpes-uga-2279" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université</a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-grenoble-alpes-uga-2279"> Grenoble Alpes (UGA)</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rentrée scolaire s’effectue dans un contexte d’incertitude. En fonction de l’évolution de l’épidémie de Covid-19, les directives, voire les organisations d’apprentissage, peuvent changer du jour au lendemain. Beaucoup aimeraient avoir du temps pour se retourner, et réclament des consignes qui seraient aussi claires qu’indiscutables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La philosophie est incapable d’apporter directement des réponses opératoires à de telles demandes. Mais elle peut offrir des perspectives pour donner du sens à une rentrée particulièrement anxiogène, autour de quatre concepts clés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’activité, avec Alain</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe Alain, dans ses <a href="https://www.puf.com/content/Propos_sur_l%C3%A9ducation_suivis_de_P%C3%A9dagogie_enfantine"><em>Propos sur </em></a><em><a href="https://www.puf.com/content/Propos_sur_l%C3%A9ducation_suivis_de_P%C3%A9dagogie_enfantine" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’éducation</a></em>, plaide pour une école active. Quelles que soient les modalités d’accueil des élèves, et de travail scolaire, plus ou moins imposées par les circonstances, il ne faut jamais perdre de vue qu’on vient à l’école pour apprendre, et que cela exige que l’on soit actif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des effets positifs du confinement aura été de donner sa pleine visibilité à cette dimension essentielle du «&nbsp;métier d’élève&nbsp;». Dans le processus enseignement/apprentissage, l’enseignant n’est que celui qui crée les conditions permettant aux élèves d’exercer de façon fructueuse leur activité d’appropriation des contenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À côté de nombreux inconvénients, le «&nbsp;distanciel&nbsp;» a un grand mérite, celui de contraindre à se centrer, non sur la qualité du discours des enseignants, mais sur ce que doivent faire ceux qui apprennent. «&nbsp;Il faut&nbsp;», écrivait Alain, «&nbsp;mettre en leurs mains leur propre apprentissage&nbsp;»&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Les cours magistraux sont temps perdu… On n’apprend pas à dessiner en regardant un professeur qui dessine très bien. On n’apprend pas le piano en écoutant un virtuose. De même… on n’apprend pas à écrire et à penser en écoutant un homme qui parle bien et qui pense bien. Il faut essayer, faire, refaire, jusqu’à ce que le métier rentre, comme on dit.&nbsp;»</p></blockquote>



<h3 class="wp-block-heading">L’autorité, avec Hegel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, mettre l’accent sur l’activité des élèves, n’est-ce pas dévaloriser les maîtres&nbsp;? À une époque où le pays traverse une <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/08/24/macron-bouscule-sa-rentree-pour-rassurer-les-francais_6049752_823448.html">«&nbsp;crise </a><a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/08/24/macron-bouscule-sa-rentree-pour-rassurer-les-francais_6049752_823448.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">d’autorité</a><a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/08/24/macron-bouscule-sa-rentree-pour-rassurer-les-francais_6049752_823448.html">&nbsp;»</a>, il pourrait être désastreux que l’éducation, venant peindre «&nbsp;sa grisaille dans la grisaille&nbsp;», exacerbe cette crise. Car l’autorité est une nécessité, ce que Hegel nous invite à comprendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que pouvoir de se faire obéir sans employer la force, l’autorité est toujours paradoxale. Elle n’existe que si elle est acceptée, c’est-à-dire considérée comme légitime par ceux sur qui elle s’exerce. Ce n’est donc pas le pouvoir qui confère de l’autorité, mais l’autorité qui confère du pouvoir. C’est bien en une telle «&nbsp;force&nbsp;» excluant la force que consiste l’autorité éducative, dont les maîtres de 2020&nbsp;doivent, plus que jamais, faire preuve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Hegel, dans ses <a href="http://www.vrin.fr/book.php?code=9782711600823"><em>Textes </em></a><em><a href="http://www.vrin.fr/book.php?code=9782711600823" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pédagogiques</a></em>, il se s’agit pas d’«&nbsp;exiger une obéissance à vide pour l’obéissance même&nbsp;», ni d’«&nbsp;obtenir, par la dureté, ce qui réclame simplement le sentiment de l’amour, du respect, et du sérieux de la chose&nbsp;». Obéissance à vide et dureté seraient la marque d’une «&nbsp;erreur répressive&nbsp;».</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Or, l’éducation doit éviter deux erreurs opposées&nbsp;: l’erreur répressive, et l’erreur laxiste. L’erreur répressive est marquée par la négation de la liberté au nom de l’autorité. L’erreur laxiste consiste, symétriquement, à nier l’autorité au nom de la liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Hegel, la pire des erreurs est l’erreur laxiste. L’activité de celui qui apprend, et qui est donc essentielle, s’exerce dans le cadre construit par le maître, et sous son contrôle. Si ce cadre et ce contrôle font défaut, il est impossible de permettre aux enfants et aux adolescents de s’élever.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La valeur, avec Kant</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Hegel, il est plus difficile d’élever ses enfants que de les aimer. Mais les élever vers quoi&nbsp;? C’est tout le problème de ce que Kant désigne comme un «&nbsp;idéal régulateur&nbsp;». Dans un moment historique marqué par une certaine «&nbsp;fatigue démocratique&nbsp;», et alors qu’on ne sait plus à quelle valeur se vouer sans être prisonnier d’un dogme communautaire, il est salutaire de comprendre, avec Kant, que la valeur est à rechercher en chacun d’entre nous.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/354946/original/file-20200826-7302-a278nq.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Il est salutaire de comprendre, avec Kant, que la valeur est à rechercher en chacun d’entre nous. <a href="https://www.pexels.com/fr-fr/photo/a-l-interieur-attirant-beau-blond-1101726/">de Juan Pablo </a><a href="https://www.pexels.com/fr-fr/photo/a-l-interieur-attirant-beau-blond-1101726/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Serrano</a><a href="https://www.pexels.com/fr-fr/photo/a-l-interieur-attirant-beau-blond-1101726/"> Arenas provenant de Pexels</a>, <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">CC BY</a></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa <em><a href="https://www.puf.com/content/Critique_de_la_raison_pure" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Critique</a></em><a href="https://www.puf.com/content/Critique_de_la_raison_pure"><em> de la raison pure</em></a>, Kant écrit que chacun a, «&nbsp;dans sa propre tête&nbsp;», une «&nbsp;idée de la vertu&nbsp;» qui sert d’«&nbsp;archétype&nbsp;» pour juger ses actions. Cette idée s’incarne sous la forme d’un modèle d’«&nbsp;homme divin que nous portons en nous&nbsp;», et qui sert de «&nbsp;prototype… auquel nous nous comparons pour nous juger et pour nous corriger&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet idéal est régulateur en ce qu’il fournit à la raison «&nbsp;une mesure qui lui est indispensable, puisqu’elle a besoin du concept de ce qui est absolument parfait dans son espèce pour apprécier et pour mesurer, en s’y référent, jusqu’à quel point l’imparfait se rapproche et reste éloigné de la perfection&nbsp;» (ibid).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chacun peut donc trouver, en lui, la réponse à la question «&nbsp;qu’est-ce qui vaut vraiment pour l’homme&nbsp;?&nbsp;» À condition de s’interroger sérieusement sur ce qui donne, non pas «&nbsp;un&nbsp;», mais «&nbsp;du&nbsp;» prix, à sa propre vie, comme à celle de tout autre être humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la transcendance de la valeur ne doit pas être recherchée hors de l’homme. Elle est inhérente à sa personne. Elle se découvre dans l’exigence de la raison, qui est de vivre selon la valeur. C’est la présence en chacun de cette exigence que l’éducation a pour mission de faire découvrir, et pour devoir d’en permettre l’accomplissement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La vertu, avec Spinoza</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la préface de la quatrième partie de son <em><a href="https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/06/11/spinoza-l-ethique-redecouverte_6042477_3260.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Éthique</a></em>, Spinoza, anticipant sur Kant et l’idée de l’homme divin que nous portons en nous, observait déjà que, si le bon et le mauvais «&nbsp;ne sont rien d’autre que des manières de penser&nbsp;», nous devons cependant «&nbsp;conserver ces mots&nbsp;», car «&nbsp;nous désirons former une idée de l’homme qui soit comme un modèle de la nature humaine placé devant nos yeux&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce modèle qui permet de définir le bon et le mauvais. Mais peut-on cerner plus précisément la capacité à saisir et à faire le bon qu’est la vertu, et qui devrait donc être la fin de toute éducation, surtout en période d’incertitude&nbsp;? Spinoza définit la «&nbsp;vertu&nbsp;» comme «&nbsp;puissance&nbsp;», termes par lesquels il entend «&nbsp;la même chose&nbsp;» (<em>Éthique</em>, IV, définition 8). Car, pour lui, «&nbsp;de par son être, chaque chose s’efforce de persévérer dans son être&nbsp;». L’effort de persévérance est l’essence même de la chose&nbsp;: «&nbsp;L’effort (Conatus) par lequel chaque chose persévère dans son être n’est rien en dehors de l’essence actuelle de cette chose&nbsp;»).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La puissance ou effort pour persévérer dans son être étant l’essence même de la chose, on comprend que la seule réponse possible à la question de savoir ce qui donne du prix à la vie humaine, et constitue le fondement de toute valeur, est le fait d’être un être humain, vivant, et libre, parmi les autres êtres humains. Ici, les impératifs de santé rejoignent des impératifs d’ordre éthique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute éducation doit préparer au bonheur, d’autant plus que l’air du temps est au repli sur soi, à la peur, à la tristesse, voire à la haine. Par-delà tous les problèmes d’ordre matériel ou organisationnel posés par cette rentrée par temps brumeux, il importe de ne jamais perdre de vue qu’être utile à la personne humaine, c’est d’abord, et essentiellement, lui permettre de survivre, et de se développer. Précisément, pour Spinoza, «&nbsp;le bonheur consiste pour l’homme à pouvoir conserver son être&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://theconversation.com/profiles/charles-hadji-196837">Charles </a><a href="https://theconversation.com/profiles/charles-hadji-196837" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hadji</a>, Professeur honoraire (Sciences de l’éducation), <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-grenoble-alpes-uga-2279" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université</a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-grenoble-alpes-uga-2279"> Grenoble Alpes (UGA)</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">This article is republished from <a href="https://theconversation.com">The </a><a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conversation</a> under a Creative Commons license. Read the <a href="https://theconversation.com/les-philosophes-a-la-rescousse-quatre-concepts-pour-donner-du-sens-a-la-rentree-145137" target="_blank" rel="noreferrer noopener">original</a><a href="https://theconversation.com/les-philosophes-a-la-rescousse-quatre-concepts-pour-donner-du-sens-a-la-rentree-145137"> article</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/145137/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important">
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		<title>Journée mondiale du livre : quelques propositions pour freiner la photocopie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Apr 2020 13:20:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[Journée mondiale du livre]]></category>
		<category><![CDATA[Kant]]></category>
		<category><![CDATA[photocopie]]></category>
		<category><![CDATA[piraterie]]></category>
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<p>« Tout en tolérant la photocopie, et même en l’encourageant dans certaines limites compte tenu de son utilité sociale indiscutable, on peut la taxer afin de réparer dans une certaine mesure le dommage qu’elle occasionne à la diffusion du livre dans ses circuits “officiels”. »</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chaque année, le monde célèbre la <a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.unesco.org/commemorations/worldbookday" target="_blank">Journée mondiale du livre</a> et du droit d’auteur, le 23 avril. Une occasion pour évaluer les défis du secteur du livre dans le monde. Aujourd’hui, parmi ces défis, la photocopie occupe une place considérable</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La reproduction des livres telle que la technique moderne en offre la possibilité est quasiment incontrôlable et à vrai dire inévitable</em>. » Cette remarque est celle de Dominique Lecourt dans sa préface de « <em>Qu’est-ce que le livre ?</em> » d&rsquo;Emmanuel Kant, philosophe allemand du 18<sup>e</sup> siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1676&amp;action=edit">« Comment avoir une vie plus riche » : les huit recettes pour réussir son entreprise</a></p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>« <em>La photocopie tue le livre </em>»</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette préface de « <em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.amazon.fr/gp/product/2130467636/ref=as_li_qf_asin_il_tl?ie=UTF8&amp;tag=phileingora-21&amp;creative=6746&amp;linkCode=as2&amp;creativeASIN=2130467636&amp;linkId=9eabd9b48b2040bd321aa27b6a81982b" target="_blank">Qu’est-ce que le livre ?</a></em> »,  Dominique Lecourt après avoir expliqué la genèse de l’édition, revient sur un des plus grands problèmes auxquels les éditeurs ainsi que les auteurs sont confrontés&nbsp;: la photocopie illégale du livre. Un phénomène qui s’est propagé avec le développement des nouvelles technologies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dominique Lecourt analyse cette problématique sous un double angle. D’abord comme étant un phénomène dangereux sur le plan juridique et économique. <em>« Simultanément, à la jointure du problème juridique (quel droit avons-nous à lire ?) et éthique (comment faut-il lire ?) se pose un problème économique. On le sait&nbsp;: la photocopie tue le livre.</em> »</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading">La photocopie, aide à la diffusion</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, le préfacier de <em>« </em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.amazon.fr/gp/product/2218991403/ref=as_li_qf_asin_il_tl?ie=UTF8&amp;tag=phileingora-21&amp;creative=6746&amp;linkCode=as2&amp;creativeASIN=2218991403&amp;linkId=8318465484353d3e39bfd8cfad68b730" target="_blank"><em>Qu’est-ce que les lumières</em> ? </a>», affirme sa conviction que cette pratique favorise la diffusion rapide du savoir. À ce titre, il ne voit aucune raison d’interdire la photocopie. « [ndlr]&nbsp;<em>ce n’est pas une raison pour interdire absolument et inconditionnellement la photocopie, qui peut malgré tout demeurer un instrument précieux d’aide à la diffusion du savoir et joue indiscutablement ce rôle </em>», a-t-il expliqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1604&amp;action=edit">« Mon héroïne, c’est toi » : un conte pour enfant qui aide à mieux comprendre le coronavirus et y faire face</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, Dominique Lecourt estime indispensable la mise en place de certaines mesures pour protéger la propriété intellectuelle des auteurs et les encourager à poursuivre la production littéraire. « [ndlr]&nbsp;<em>si le livre est un produit sans propriété, libre et ouvert au pillage, bientôt plus de livres, du moins en bonne économie de marché. Peut-être et sans doute les auteurs continueront-ils à écrire, mais cette activité deviendra alors purement privée, sans aucune existence légale</em> », prévient-il.</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Taxer la reproduction</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Dominique Lecourt propose des garde-fous. À son entendement, il convient juste de veiller à ce que la <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.cairn.info/droit-d-auteur-et-bibliotheques--9782765413486-page-133.htm" target="_blank">photocopie </a>n’entrave pas la diffusion des œuvres originales. «<em> Le problème est tout à la fois d’empêcher que l’usage incontrôlé de la photocopieuse ne fasse disparaître les conditions de la création et de la diffusion des originaux nécessaires à ce que celle-ci ait un sens, et de maintenir pourtant la possibilité d’un usage de la photocopieuse, le but étant d’assurer la diffusion maximale de l’œuvre </em>», souligne-t-il. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1597&amp;action=edit">Modibo Sanogo, jeune poète de 14 ans : « De même qu’un muscle qui ne travaille pas s’atrophie, la connaissance qui ne se partage pas s’atrophie. »</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il finit par proposer la taxation de la photocopie&nbsp;: « <em>Tout en tolérant la photocopie, et même en l’encourageant dans certaines limites compte tenu de son utilité sociale indiscutable, on peut la taxer afin de réparer dans une certaine mesure le dommage qu’elle occasionne à la diffusion du livre dans ses circuits “officiels”</em>. »</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading">Un nouveau mode de rémunération</h5>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Dominique Lecourt, cette taxation a le mérite de créer un nouveau mode de rémunération. Aussi,  pourrait-il instituer un nouveau mode de propriété littéraire et artistique, a-t-il expliqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre ces mesures, il propose d’imposer la cherté de la photocopie par rapport aux œuvres originales. Une mesure qui ne laissera pas trop de marge de manœuvre aux clients. Ceux-ci se verront dans l’obligation de s’orienter vers l’original moins cher et de qualité supérieure.</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>La photocopie, un véritable handicap au Mali</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur « <em>Étude sur le secteur du livre&nbsp;au Mali</em> », Ismaïla Samba Traoré, écrivain et éditeur malien, en collaboration avec Mohamed Diarra, s’étend sur cette problématique. Selon l’étude réalisée, la piraterie « <em>a contribué à affaiblir certains éditeurs en langues nationales, en parasitant le réseau d’accès de ces derniers aux ONG en éducation ou aux communautés qui souhaitent acheter des ouvrages de post-alphabétisation </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1475&amp;action=edit">Amélie Diack : « Je pense que nous croulerons sous les écrits concernant ce virus. »</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le marché malien, il est assez fréquent de retrouver ces copies piratées sur le marché, lit-on dans cette étude faite en 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mettre un terme à cette situation, l’étude propose une « <em>incitation à des actions de police au niveau des marchés pour traquer la contrefaçon, avec la participation des éditeurs, des imprimeurs, des libraires</em> ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, il convient de noter que cette problématique de la contrefaçon est une réelle problématique.  Il importe que les professionnels du secteur s&rsquo;étendent longuement sur la question.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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