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	<title>Archives des Journée mondiale de art &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Journée mondiale de art &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Naré Famakan Magassa : « L’art africain doit s’affranchir de la vision néocoloniale »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Phileingora]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2020 08:16:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
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		<category><![CDATA[Naré Famagan Magassa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L’art africain doit s’affranchir de la vision néocoloniale que certains galeristes perpétuent en spéculant sur notre travail. Nous ne sommes pas que des produits, mais des êtres humains.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Après le peintre-dessinateur, Arouna Sangaré, nous avons rencontré Naré Famagan Magassa qui nous explique ses motivations en tant qu&rsquo;artiste peintre ainsi que les difficultés que le secteur traverse. Il fait des propositions pour le rayonnement de l&rsquo;art africain</strong>. </p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Phileingora&nbsp;: comment se porte l’art en cette période de pandémie ?</strong></h5>



<p><strong>Naré Famakan&nbsp;:</strong> de mal en pis et ce n’est pas un euphémisme. Le covid-19 ne fait qu’accentuer une situation déjà pas très bonne en Europe notamment en France. Toutes les expositions sont ajournées, reportées voire annulées. Il pèse de grandes incertitudes sur de grandes foires telles que AKAA ou ici en Afrique la biennale de Dakar. On dit même qu’un tiers des galeries françaises ne se relèveraient pas de cette crise. Pour les artistes africains qui dépendent pour beaucoup du marché international, le manque à gagner est important. Cette situation devrait obliger tous les professionnels de l’art à revoir leur stratégie. Les artistes ont également leur mot à dire sur un système qui ne repose que sur la valeur argent. &nbsp;<strong></strong></p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Dans une interview précédente, accordée à un <a href="http://niarela.net/interviews/nare-famakan-magassa-etre-un-artiste-peintre-cest-bien-plus-quexercer-une-activite-ou-meme-un-loisir" target="_blank" rel="noreferrer noopener">média de la place</a>, vous disiez que <em>« l’art est une vocation et un art de vivre</em> ». Expliquez-nous ce que vous vouliez dire ?</strong></h5>



<p>L’art est un métier et non un <a href="http://diagonaledelart.blogs.liberation.fr/2019/10/23/la-peinture-est-une-fete/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">loisir</a>, mais c’est également une vocation née d’une passion. On ne peint pas comme on fabrique des voitures ou comme on assure des gens derrière un bureau. Il y a au départ une pensée, une réflexion sur ce que je sais ou ne sais pas faire, sur la dimension au sens artistique du terme du message que je veux transmettre au public. L’artiste doit donc être en capacité de susciter des émotions, des questionnements. S’il n’y a pas de passion, il n’y a pas de vocation. L’artiste est également un observateur, un témoin de son temps, quelqu’un qui est capable de prendre suffisamment de recul pour analyser la société, l’actualité avant de se la réapproprier et la restituer sur un tableau ou dans une sculpture. Même le photographe fait œuvre d’art, car il doit capter le moment décisif, l’acte immédiat pour en extraire la force de son témoignage. Oui c’est également un art de vivre, car notre positionnement fait de nous des « <em>privilégiés</em> » non pas sur le plan matériel ou financier, car de nombreux artistes vivent dans la misère, mais parce que nous jouissons d’une certaine liberté pour dire des choses que d’autres ne peuvent pas exprimer. &nbsp;&nbsp;</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Votre première série, c’est les Korédougas. Pourquoi ce nom ?</strong></h5>



<p>Les Korédougas sont des personnes bel et bien réelles. Elles constituent une société secrète dont l’objectif est de créer du bien vivre ensemble, de régler des conflits entre citoyens, apaiser les esprits. Ce sont des sages vénérés et intouchables qu’on ne trouve qu’au Mali. Ils ont une autre particularité, celle d’accomplir des rites au cours de longues fêtes où la danse atteint une certaine folie. Pour cela ils ont des accoutrements extravagants superposant tissus, plumes, objets divers, bijoux, lunettes… Dans cette première série de tableaux, j’ai voulu leur rendre un hommage appuyé tout en leur donnant une visibilité au Mali et à l’extérieur du pays.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="827" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Les-korèdugaw-1024x827.jpeg" alt="" class="wp-image-2549" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Les-korèdugaw-1024x827.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Les-korèdugaw-600x484.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Les-korèdugaw-300x242.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Les-korèdugaw-768x620.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Les-korèdugaw.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Les korèdugaw</figcaption></figure>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>À travers l’art, vous voulez relier le passé, le présent et le futur. Comment pensez-vous réussir cette tâche ?</strong></h5>



<p>Oui, car on ne construit pas le futur en faisant table rase du passé. Un pays qui renierait son histoire, ses traditions commettrait une faute irréparable. Il est donc important que nous artistes soyons des passeurs du temps avec nos propres sensibilités, nos médiums respectifs, notre regard, notre part de vérité comme de subjectivité. L’Afrique est un continent d’avenir et les artistes de ma génération comme nos Maîtres et ainés doivent également être des acteurs de cette transition, montrer la voie. Hier je peignais des Korédougas pour dire « <em>attention ils appartiennent à notre patrimoine, à notre culture et nous devons les protéger au même titre que toutes les minorités »</em>.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1661&amp;action=edit">Arouna Sangaré, peintre-dessinateur : « Le Malien croit pouvoir vivre sans l’art alors que sa vie même est de l’art »</a></p>



<p>Aujourd’hui je suis sur un autre projet plus iconoclaste que je porte avec une certaine délectation. Je m’amuse tout en pointant du doigt les turpitudes de notre société. Mais ces travers existaient également hier. Cela s’appelle « SOIFS ». Mais ces soifs désaltèrent davantage l’esprit que le corps. Et cet aller-retour permanent entre passé, présent et futur, je le pratique également dans le cadre d’un projet très original « OPHELIA AFRIKA ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Soif-dalcool-797x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2547" width="964" height="1239" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Soif-dalcool-797x1024.jpeg 797w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Soif-dalcool-600x771.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Soif-dalcool-234x300.jpeg 234w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Soif-dalcool-768x986.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Soif-dalcool.jpeg 841w" sizes="(max-width: 964px) 100vw, 964px" /><figcaption>Un homme buvant de l&rsquo;alcool</figcaption></figure>



<p>J’ai eu la chance d’avoir été sélectionné pour donner ma propre vision du personnage féminin mythique du « HAMLET » de Shakespeare. Nous sommes 8 artistes africains à participer à ce projet qui sera exposé en France avant de tourner en Afrique. Entre le XVIe siècle et 2020, entre l’Angleterre et l’Afrique il n’y a qu’un pas !</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>D’où vient votre inspiration lors de la conception de vos œuvres ?</strong></h5>



<p>Cela dépend des circonstances, du moment, de l’humeur, de l’actualité. Cela peut naître dans la rue, au cours d’une conversation, d’un rêve ou même d’un cauchemar, d’un mot, d’une rencontre, d’une expérience.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1487&amp;action=edit">Interview exclusive de Souleymane Kéïta alias Kanté : « En cette période de coronavirus, j’ai préparé plein de choses pour faire rire mes fans »</a></p>



<p>Pour « SOIFS », le projet est mené en binôme. Je travaille directement avec mon agent Floréal Duran, car il comporte une partie littéraire. Chacune de mes œuvres donnera lieu à un texte qu’il écrira. Il dit que je l’inspire beaucoup et j’en suis moi-même étonné. Il s’agit d’une belle collaboration. J’incite les artistes à s’ouvrir au monde, aux autres, ils en retireront des expériences positives. Même si la peinture est un exercice solitaire, elle se nourrit de tout ce qui nous entoure, des gens comme des événements. Mon agent me laisse une grande liberté, mais il sait également être présent quand il le faut. C’est important pour un artiste de se sentir accompagné, soutenu.</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>En tant qu’artiste-peintre, dites-nous la place qu’occupe l’art au Mali ? Les artistes sont-ils considérés par l’État ? Quelles sont les difficultés que vous traversez ?</strong></h5>



<p>Le Mali a toujours été un pays d’art, un pays qui a donné naissance à de grands créateurs. Pour ne parler que de l’art contemporain, des artistes comme Abdoulaye Konaté, Cheick Diallo ou le regretté Malik Sidibé ont ouvert la voie à d’autres créateurs et on ne peut que s’en féliciter. Amadou Sanogo, Ibrahim Ballo, King Massassy et bien d’autres ont suivi.</p>



<p>À travers les ateliers et collectifs, il y a une dynamique qu’il faut conforter. Mais la crise est là qui touche plus durement certains artistes que d’autres. Les plus jeunes, les moins connus qui débutent ont du mal à émerger faute de galeries et surtout de collectionneurs dans le pays d’où cette quasi-obligation de s’exporter pour survivre.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1371&amp;action=edit">Patricia Gérimont : « Il faudrait un Thomas Sankara au Mali pour pousser la population à consommer local… »</a></p>



<p>Nous manquons de musées dédiés à l’art contemporain, d’acheteurs publics. L’État devrait assumer un rôle de facilitateur, proposer des mesures fiscales pour les acquéreurs, favoriser la création d’espaces culturels. Cela passe au préalable par une éducation artistique dès le plus jeune âge. Mais nous aussi artistes devons être force de proposition. Il faudrait que l’État organise des états généraux de la culture ou crée une instance de dialogue pour que l’art soit mis au cœur de la société.</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui, selon vous, pour valoriser l’activité des artistes maliens ?</strong></h5>



<p>J’appartiens à un collectif, SANOU’ART, mais je voudrais attirer l’attention sur la situation souvent délicate de tous les ateliers qui vivent uniquement par la bonne volonté de leurs membres qui cotisent pour payer les loyers et autres charges. Malheureusement tous les artistes ne vivent pas de leur art et souvent cela repose sur les moins démunis. Si le principe de solidarité fonctionne, il a vite atteint ses limites.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1550&amp;action=edit">Impacts du covid-19 sur les patrimoines mondiaux : sur 167 pays, 119 ont fermé totalement leurs sites</a></p>



<p>Il serait judicieux que le ministère de la Culture se penche rapidement sur cette question, car il dépend de l’avenir de ces structures de plus en plus fragilisées surtout en période de crise pandémique. De même qu’il y a des rencontres de la photographie ou Ségou Art qui sont des manifestations de haut niveau, il faudrait une biennale qui place Bamako comme une capitale de l’art. Il ne s’agit pas de concurrencer Dakar ou de le copier, mais l’idée est à creuser. Et puis il y a un sujet épineux, la difficulté pour les artistes d’obtenir des visas pour la France ou ailleurs. Si les œuvres voyagent, il serait aussi judicieux que les artistes qui les ont créées puissent présenter leur travail et aller à la rencontre de leur public. C’est donc aux États de mener des négociations dans ce sens.</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Dans la situation que traverse le monde, que peut être la contribution des artistes ?</strong></h5>



<p>Comme je le disais tout à l’heure, nous sommes des témoins, des passeurs et des porte-voix. Il n’y a pas que les chanteurs qui sont capables de dire des choses. Nous aussi artistes plasticiens, photographes prenons part à ce décryptage des informations. Si le monde va mal, nous devons en parler et expliquer pourquoi, avec tout le recul nécessaire. Si le monde produit de bonnes choses, il faut également les mettre en avant. Cela nous rend davantage crédibles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/La-paix-intérieure-682x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-2548" width="954" height="1432" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/La-paix-intérieure-682x1024.jpeg 682w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/La-paix-intérieure-600x901.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/La-paix-intérieure-200x300.jpeg 200w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/La-paix-intérieure.jpeg 719w" sizes="(max-width: 954px) 100vw, 954px" /><figcaption>La paix intérieure. Peinture de Magassa</figcaption></figure>



<p>Bien sûr, il faut faire la distinction entre la part de subjectivité que nous portons tous en nous et le bien-fondé du discours que portent nos œuvres. Les images, les peintures contiennent également des mots qui parfois en disent plus que les grands discours. Et puis nous artistes africains avons beaucoup à dire sur notre propre continent, sur sa transition économique, sociétale, écologique, culturelle. Nous devons être porteurs de ces mutations et montrer que nous sommes ouverts d’esprit et de cœur.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1548&amp;action=edit">Comment la pandémie du coronavirus paralyse le secteur de la culture</a></p>



<p>Il est temps que nous retrouvions cette liberté de parole, de pensée. L’art africain doit s’affranchir de la vision néocoloniale que certains galeristes perpétuent en spéculant sur notre travail. Nous ne sommes pas que des produits, mais des êtres humains.</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Quel sera votre dernier mot ?</strong></h5>



<p>Nobody is perfect in an imperfect world! (Personne n’est parfait dans un monde imparfait !)</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Arouna Sangaré, peintre-dessinateur : « Le Malien croit pouvoir vivre sans l’art alors que sa vie même est de l’art »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Phileingora]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Apr 2020 12:07:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[artiste malien]]></category>
		<category><![CDATA[Coronavirus]]></category>
		<category><![CDATA[dessin]]></category>
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<p>Le Malien croit pouvoir vivre sans l’art alors que sa vie même est de l’art. Aujourd’hui, la jeunesse malienne s’oriente de plus en plus vers la musique. Or, celle-ci est de l’art. La façon de se coiffer, de s’habiller, etc., toutes celles-ci sont de l’art.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong>Le monde a célébré le mercredi 15 avril 2020, la <a rel="noreferrer noopener" href="https://en.unesco.org/news/unesco-resiliart-debate-artists-and-creativity-beyond-crisis" target="_blank">Journée mondiale de l’art</a>. Une célébration qui intervient dans un contexte assez particulier&nbsp;: la pandémie du coronavirus. À cette occasion, nous avons rencontré un jeune artiste malien, Arouna Sangaré, peintre-dessinateur. Il nous parle des difficultés que traversent les artistes maliens.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-6.jpeg" alt="" class="wp-image-2708" width="956" height="788" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-6.jpeg 484w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-6-300x247.jpeg 300w" sizes="(max-width: 956px) 100vw, 956px" /><figcaption>Une production de Harouna. </figcaption></figure>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Phileingora&nbsp;: qu’est-ce que l’art représente pour vous ?</strong></h5>



<p><strong>Arouna</strong>&nbsp;: l’art pour moi est beaucoup plus une passion qu’un métier. Je suis né artiste. Car je n’ai ni fait une école professionnelle d’artiste ni un institut de formation en la matière. Mais beaucoup pensent que j’ai fait le Conservatoire des arts et métiers multimédias Balla Fassaké Kouyaté de Bamako ou l’INA. Mais je n’ai rien fait de tout cela. Je suis philosophe de formation et présentement je suis professeur d’enseignement secondaire général au Mali.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://i1.wp.com/phileingora.org/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-4.jpeg?fit=800%2C600&amp;ssl=1" alt="" class="wp-image-2709" width="953" height="715" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-4.jpeg 1040w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-4-600x450.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-4-300x225.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-4-1024x768.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-4-768x576.jpeg 768w" sizes="(max-width: 953px) 100vw, 953px" /><figcaption>Harouna en activité. Licence: l&rsquo;artiste lui-même. </figcaption></figure>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Vous êtes peintre-dessinateur. Quel avenir voyez-vous en ce métier au Mali ?</strong></h5>



<p>L’avenir de ce métier au Mali n’est pas rassurant. Il est difficile de vivre de l’originalité de son art en Afrique, précisément au Mali. L’art n’est pas tellement valorisé dans notre milieu. Le Malien croit pouvoir vivre sans l’art alors que sa vie même est de l’art. Aujourd’hui, la jeunesse malienne s’oriente de plus en plus vers la musique. Or, celle-ci est de l’art. La façon de se coiffer, de s’habiller, etc., toutes celles-ci sont de l’art.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1550&amp;action=edit">Impacts du covid-19 sur les patrimoines mondiaux : sur 167 pays, 119 ont fermé totalement leurs sites</a></p>



<p>Ce qu’il faut comprendre aussi, c’est que chaque artiste a sa façon de faire les choses. Je prends l’exemple sur Sidiki Diabaté. Cet artiste sait beaucoup jouer la Kora. Mais il ne fait pas que jouer cet instrument musical, il chante aussi. On voit en lui un artiste qui s’attèle beaucoup plus à ce qu’on appelle en littérature le lyrisme personnel. Mais peut-être qu’il a aussi le potentiel de s’engager dans un art beaucoup plus engagé, comme dénoncer les injustices de la société. </p>



<p>Néanmoins, Sidiki serait sûrement conscient que s’il ne fait pas le lyrisme personnel, il va vivre difficilement de son art. C’est pourquoi chaque fois qu’il chante, on sent de l’amour. Or, nous savons que l’amour n’a pas de frontière. Il est universel. Il est demandé par tout le monde. C’est cela le talent de cet artiste. Ce qui est sûr, Sidiki Diabaté est un maestro de la Kora.</p>



<p>Au Mali, en tant qu’artiste il faut être polyvalent. C’est pourquoi l’artiste est obligé de renoncer à son originalité pour servir la population. On ne peut pas vivre sans l’art, mais on le marginalise. C’est un véritable paradoxe. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-5.jpeg" alt="" class="wp-image-2710" width="956" height="536" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-5.jpeg 720w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-5-600x337.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-5-300x168.jpeg 300w" sizes="(max-width: 956px) 100vw, 956px" /><figcaption>Une production de Harouna</figcaption></figure>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Vous avez dit que l’art n’est pas valorisé au Mali. Pouvez-vous nous en dire plus ?</strong></h5>



<p>Le dessinateur et le peintre ne sont pas valorisés au Mali. L’art est un monde assez diversifié. Aujourd’hui, le secteur de la musique commence à être très dense dans notre pays. Sidiki Diabaté ainsi que Iba One sont des artistes qui vivent de leur art. La jeunesse se convertit de plus en plus dans la musique. Mais en tant que dessinateur, s’il faut vivre simplement du dessin, ce sera très difficile. C’est pourquoi beaucoup se reconvertissent dans d’autres secteurs. Il est difficile de s’épanouir dans le dessin et la peinture. Parce qu’ils ne sont pas valorisés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-7.jpeg" alt="" class="wp-image-2711" width="952" height="603" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-7.jpeg 720w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-7-600x380.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Harouna-7-300x190.jpeg 300w" sizes="(max-width: 952px) 100vw, 952px" /><figcaption>Une autre de ses productions. </figcaption></figure>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qu’il faut alors aujourd’hui, selon vous, pour valoriser l’activité des artistes maliens ?</strong></h5>



<p>Il faudrait faire recours à l’État. Lui, il peut être d’une grande importance dans la valorisation des artistes. En plus de l’État, il faut aussi que les acteurs sociaux qui, sans pour autant être dessinateurs ou peintres, peuvent donner un coup de pouce à ce secteur.</p>



<p>Je pense qu’en cela, on peut se référer à la politique de Thomas Sankara. Celui-ci avait conçu une politique consistant à consommer Burkinabè. Si nous consommons aussi Malien, cela permettrait sans doute de plus valoriser ce secteur.</p>



<p>Lire aussi <a href="http://saheltribune.com/wp-admin/post.php?post=1548&amp;action=edit">Comment la pandémie du coronavirus paralyse le secteur de la culture</a></p>



<p>Pour la conception des tableaux, des décors dans nos administrations publiques ou privées, on peut faire appel à des peintres ou dessinateurs maliens. On a déjà vu l’exemple avec le jeune peintre qui a fait un joli tableau de Sidiki Diabaté. Quand Sidiki a vu le tableau, il était très ému. Ce qui a fait que le jeune artiste a été sollicité par d’autres personnes.</p>



<p>L’État peut s’investir dans ce sens. Il ne s’agit pas seulement de valoriser les artistes peintres-dessinateurs, mais les artistes de façon générale. Si on consomme l’art malien, c’est les artistes maliens qui vont s’épanouir.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Ibk.jpeg" alt="" class="wp-image-2712" width="949" height="1265" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Ibk.jpeg 712w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Ibk-600x800.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2020/06/Ibk-225x300.jpeg 225w" sizes="(max-width: 949px) 100vw, 949px" /><figcaption>Dessin du président malien Ibrahim Boubacar Kéita. Une production de Harouna. </figcaption></figure>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Quel impact le Coronavirus a-t-il eu sur vos activités ?</strong></h5>



<p>Le coronavirus a beaucoup touché nos activités de production, puisque les choses ne sont plus comme avant. Il faut être chez soi à 21&nbsp;h. Or, c’est la nuit que généralement beaucoup de boutiquiers reçoivent assez de clients et nous font appel pour leurs publicités sur les murs ou sur les plaques, etc.&nbsp; Avec ce couvre-feu, ils sont obligés de rentrer chez eux à 21&nbsp;h. Du coup, nous, dessinateurs-peintres, ressentons les effets.</p>



<h5 class="has-very-dark-gray-color has-text-color wp-block-heading"><strong>Quel sera votre dernier mot ?</strong></h5>



<p>Le dernier mot que j’ai est de remercier M.&nbsp;Togola d’avoir pensé à moi. Ce fut un réel plaisir. Je lui souhaite un bon courage pour ce qu’il fait. Je demande aussi aux autres artistes de ne pas se décourager. Parce qu’on pourrait se servir de ce confinement pour relancer nos activités. Il faut être ingénieux quand on est artiste. On peut se profiter de cette période pour faire des tableaux, des dessins. </p>



<p>Bien vrai que la peinture et le dessin ne sont pas valorisés chez nous, il faut reconnaître qu’il y a des personnes à qui ces dessins et peintres parlent. Il ne faudrait donc pas qu’on se désespère. Il faudrait au contraire se profiter de ce confinement pour plus de créativité. Enfin, je demande à l’État de s’investir pour booster ce secteur qui va très mal au Mali. Que Dieu sauve le monde ! Que Dieu sauve le Mali !&nbsp;</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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