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	<title>Archives des JNIM &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des JNIM &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Niger : l’armée déjoue une attaque terroriste contre l’aéroport de Niamey</title>
		<link>https://saheltribune.com/niger-larmee-dejoue-une-attaque-terroriste-contre-laeroport-de-niamey/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 23:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Les Forces armées nigériennes ont repoussé une attaque revendiquée par le JNIM contre l’aéroport international de Niamey. Vingt-deux assaillants ont été neutralisés et les infrastructures stratégiques sont restées opérationnelles.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Malgré une offensive coordonnée revendiquée par le JNIM, les Forces armées nigériennes ont rapidement repris le contrôle de la situation. L’aéroport international Diori Hamani est resté opérationnel et une vaste opération de ratissage se poursuit dans la capitale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Niger a une nouvelle fois démontré sa capacité de résilience face à la menace terroriste. Jeudi 18 juin, les Forces armées nigériennes (FAN) ont repoussé une attaque d’envergure menée contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey et les installations militaires voisines, infligeant de lourdes pertes aux assaillants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué lu à la télévision nationale en fin d’après-midi, le ministère nigérien de la Défense a annoncé un bilan provisoire de 13 morts du côté des forces loyalistes et des populations civiles, dont 11 membres des Forces de défense et de sécurité et deux civils. Quatre personnes ont également été blessées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette attaque, les unités engagées ont opposé une riposte vigoureuse qui a permis de neutraliser 22 assaillants et d’interpeller une vingtaine de suspects. Les autorités ont indiqué qu’une «&nbsp;<em>vaste opération</em>&nbsp;» était toujours en cours afin de retrouver d’éventuels complices et de sécuriser totalement la zone.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une tentative d’incursion rapidement contenue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les premières informations disponibles, les terroristes ont tenté de forcer l’accès principal de l’aéroport international peu après 6 heures du matin. Des explosions et des échanges de tirs nourris ont été entendus dans plusieurs quartiers de la capitale pendant plus de deux heures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très rapidement, les dispositifs de défense ont été activés autour des infrastructures stratégiques de la ville. Des unités supplémentaires ont été déployées aux abords de l’aéroport, de la présidence de la République et de la primature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des postes de contrôle ont été installés dans plusieurs secteurs de Niamey tandis que les forces de sécurité procédaient à des vérifications d’identité et à des opérations de filtrage destinées à prévenir toute nouvelle tentative d’infiltration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réaction rapide a permis d’éviter une extension de l’attaque et de préserver le fonctionnement des principales institutions de l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’aéroport demeure opérationnel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des principaux enseignements de cette journée reste l’échec des assaillants à paralyser la capitale. Le ministère de la Défense a en effet tenu à rassurer les populations et les partenaires du Niger en affirmant que l’aéroport international Diori Hamani, «&nbsp;<em>totalement sécurisé</em>&nbsp;», demeurait ouvert au trafic aérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un message fort destiné à démontrer que, malgré la violence de l’attaque, les infrastructures stratégiques du pays continuent de fonctionner normalement. Cette continuité des opérations traduit la capacité des autorités nigériennes à maintenir le contrôle des centres névralgiques du pays face aux tentatives de déstabilisation menées par les groupes terroristes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le JNIM revendique l’opération</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques heures après les affrontements, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué l’attaque dans un communiqué diffusé sur son canal de propagande Az-Zallaqa, selon des médias étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’organisation affirme avoir mené une «&nbsp;<em>attaque suicide</em>&nbsp;» contre l’aéroport international et la base militaire attenante. Cette revendication intervient dans un contexte de forte pression militaire exercée par les forces de sécurité nigériennes contre les groupes armés actifs dans la région du Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les autorités nigériennes, cette nouvelle agression confirme la nécessité de poursuivre le renforcement des dispositifs de défense nationale et de maintenir une vigilance maximale face à une menace qui cherche à frapper les symboles de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les opérations de ratissage se poursuivent dans la capitale, Niamey affiche sa détermination à ne céder aucun terrain aux groupes terroristes. En neutralisant plusieurs dizaines d’assaillants et en maintenant opérationnelles ses infrastructures stratégiques, le Niger entend démontrer que, malgré les défis sécuritaires, l’État conserve l’initiative et la maîtrise de la situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali-Mauritanie : Assimi Goïta et Ghazouani amorcent-ils un rapprochement sécuritaire ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Après plusieurs mois de crise diplomatique, le ministre mauritanien de la Défense a remis un message personnel du président Ghazouani à Assimi Goïta. Un geste qui intervient dans un contexte de lutte renforcée contre le terrorisme au Sahel et de tensions persistantes entre Bamako et Nouakchott.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce lundi 15 juin, le ministre mauritanien de la Défense a remis à Assimi Goïta un message personnel du président Ghazouani. Un geste diplomatique qui intervient après des mois de crises sévères entre les deux capitales, dans un contexte de pression maximale contre les groupes terroristes au Sahel. Ce rapprochement est-il une réconciliation ou un répit calculé ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a moins de trois mois, les deux pays échangeaient des communiqués d&rsquo;une virulence peu commune entre voisins. Le 15 mars 2026, l&rsquo;état-major malien annonçait publiquement que deux soldats des FAMa, enlevés par des groupes terroristes, avaient réussi à s&rsquo;exfiltrer d&rsquo;un camp de réfugiés situé sur le territoire mauritanien — insinuant que le JNIM détenait des otages en Mauritanie. Nouakchott répondait avec «&nbsp;<em>stupéfaction et indignation</em>&nbsp;», qualifiant ces accusations de «&nbsp;<em>totalement infondées et profondément offensantes</em>&nbsp;». Ce lundi 15 juin 2026, c&rsquo;est le ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, qui se présente à la présidence malienne, porteur d&rsquo;un message personnel du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani à son homologue de la Transition. Le contraste est saisissant. Mais entre ces deux moments, il y a eu le 25 avril.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une frontière de 2 000 kilomètres, un contentieux sans fond</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre cette visite, il faut d&rsquo;abord mesurer la profondeur du fossé qui s&rsquo;est creusé entre Bamako et Nouakchott depuis l&rsquo;arrivée au pouvoir du général d’armée Assimi Goïta. Les deux pays partagent plus de 2 000 kilomètres de frontière désertique — une ligne théorique, poreuse, que les populations traversent depuis des siècles pour commercer, faire paître leurs troupeaux et nouer des liens familiaux. C&rsquo;est aussi une ligne que les groupes armés terroristes utilisent comme couloir de transit, de repli et de ravitaillement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs années, Bamako accuse Nouakchott de tolérer, sinon de faciliter, cette utilisation de son territoire. Les autorités maliennes de la transition sont persuadées «&nbsp;<em>que la Mauritanie est une base arrière des jihadistes&nbsp;</em>», confiait à l&rsquo;AFP en avril 2026 un diplomate malien qui été en poste à Nouakchott. Les accusations portent sur plusieurs registres : la libération présumée de cadres terroristes par les autorités mauritaniennes qui auraient ensuite rejoint les réseaux du JNIM, la circulation de flux logistiques depuis le sol mauritanien vers les bases djihadistes en territoire malien, et le blanchiment du bétail volé aux éleveurs maliens par le JNIM via des circuits commerciaux mauritaniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nouakchott, de son côté, oppose des démentis catégoriques : le camp de M&rsquo;Berra, qui accueille des dizaines de milliers de Maliens sous la supervision du HCR, fait l&rsquo;objet d&rsquo;un suivi permanent et ne saurait servir de base arrière ou de lieu de détention pour des groupes terroristes. La Mauritanie a même, en mars 2026, adopté une posture d&rsquo;offensive diplomatique en proposant d&rsquo;accueillir une commission d&rsquo;enquête malienne, ou de l&rsquo;Alliance des États du Sahel, pour répondre aux accusations de Bamako.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La crise de mars 2026 : quand l&rsquo;état-major court-circuite la diplomatie</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;épisode de mars 2026 a constitué un point de rupture particulièrement aigu. C&rsquo;est l&rsquo;armée malienne qui avait publiquement porté les accusations, contournant tous les canaux diplomatiques normaux, ce qui avait suscité des interrogations sur un éventuel désaccord entre le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et l&rsquo;état-major. Cette dissonance institutionnelle — l&rsquo;uniforme parlant plus fort que la cravate — est révélatrice des tensions internes à Bamako entre une diplomatie qui cherche à ménager les voisins et un commandement militaire qui ne cache plus sa frustration face à des frontières qu&rsquo;il juge poreuses et dangereuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tension avait cependant été rapidement désamorcée. Le ministre mauritanien des Affaires étrangères avait reçu l&rsquo;ambassadeur du Mali à Nouakchott, et les deux pays avaient affiché leur volonté de calmer le jeu. Mais quelques semaines plus tard, un autre incident venait remettre de l&rsquo;huile sur le feu : une poignée de manifestants se rassemblait devant l&rsquo;ambassade de Mauritanie à Bamako, accusant la Mauritanie de servir de «&nbsp;<em>refuge</em>&nbsp;» et de «&nbsp;<em>base logistique</em>&nbsp;» aux groupes terroristes, et appelant — propos graves — à incendier les boutiques tenues par des Mauritaniens en représailles aux actions du JNIM. Nouakchott demandait au Mali d&#8217;empêcher la répétition de tels actes. Bamako ne répondait pas officiellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J&rsquo;ai transmis un message écrit de Son Excellence Ghazouani au Général Goïta, tout en rappelant la profondeur des relations d&rsquo;amitié, de fraternité et de solidarité qui fondent la communauté de destin de nos deux peuples frères. »,&nbsp;</em>a déclaré<em>&nbsp;</em>Hanana Ould Sidi, ministre mauritanien de la Défense, à sa sortie d’audience, le 15 juin 2026.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le 25 avril, tout change d&rsquo;échelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte déjà chargé qu&rsquo;interviennent les attaques coordonnées du 25 avril 2026. Ce jour-là, le JNIM et le Front de libération de l&rsquo;Azawad frappent simultanément Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Mopti et Kidal — une démonstration de force sans précédent dans sa simultanéité et son audace. La base de Kati, à la porte de la capitale, est visée. Et, dans cette offensive, le Mali perd l&rsquo;un de ses hommes les plus importants : le général Sadio Camara, ministre de la Défense nationale, tombe au combat à Kati. Sa mort ébranle la Transition en son cœur même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse de Bamako est immédiate et multiforme. Les autorités maliennes publient une liste de sept chefs terroristes dont les têtes sont mises à prix — jusqu&rsquo;à 2 milliards de francs CFA pour Iyad Ag Ghaly, le chef du JNIM. Des zones d&rsquo;intérêt militaire sont créées dans une trentaine de forêts classées. L&rsquo;importation des motos de gros cylindre est suspendue. Une opération d&rsquo;immatriculation nationale est lancée. Et, sur le plan diplomatique, Assimi Goïta — qui prend personnellement en main la gestion de la défense — cherche à consolider les flancs. La visite à Bamako du ministre mauritanien de la Défense, ce 15 juin, s&rsquo;inscrit dans cette logique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un message de Ghazouani : signal ou vrai tournant ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que contient le message remis par Hanana Ould Sidi ? Ni Bamako ni Nouakchott n&rsquo;en ont divulgué le contenu. Mais le geste lui-même est porteur de sens. Le rapprochement entre Nouakchott et l&rsquo;OTAN est vu d&rsquo;un mauvais œil au Mali, qui considère avec suspicion les alliances géostratégiques de ses voisins depuis son propre rapprochement avec la Russie. Envoyer son ministre de la Défense — et non des Affaires étrangères — à Bamako est une démarche résolument sécuritaire, militaire, qui adresse un message à l&rsquo;état-major autant qu&rsquo;à la présidence. C&rsquo;est dire : nous sommes conscients des enjeux, nous voulons parler d&rsquo;égal à égal sur le terrain de la défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le général Goïta a chargé son hôte de transmettre «&nbsp;<em>ses salutations fraternelles et ses vœux de succès&nbsp;</em>» au président Ghazouani. Des mots convenus, mais dans le contexte actuel, la convenance elle-même est un message. La guerre contre le JNIM se joue aussi sur les frontières — et une frontière de 2 000 kilomètres est difficile à sécuriser sans une véritable coopération avec des voisins. Les deux pays le savent. La question est de savoir si cette visite marque le début d&rsquo;une coopération sécuritaire substantielle, ou simplement une trêve diplomatique avant le prochain incident.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foullah D. Massé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Terrorisme au Sahel : le Mali déploie une stratégie globale pour couper les réseaux logistiques</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Après les attaques du 25 avril 2026, le Mali lance une vaste opération d’immatriculation des motos. Une mesure au cœur de la nouvelle stratégie sécuritaire des autorités pour lutter contre les groupes armés et renforcer le contrôle du territoire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ce lundi 15 juin, le Mali lance une opération spéciale d&rsquo;immatriculation des deux et trois-roues sur tout le territoire. Derrière la logique administrative se cache une doctrine contre-insurrectionnelle cohérente, assumée et nécessaire. Après la mort au combat du général Sadio Camara, le 25 avril dernier, Assimi Goïta et ses équipes ont décidé de changer d&rsquo;échelle dans la guerre contre le terrorisme. La moto en est l&rsquo;un des fronts.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut avoir traversé le Centre ou le Sud du Mali à moto pour comprendre ce que ces engins représentent dans la géographie terroriste sahélienne. La moto n&rsquo;est pas seulement un moyen de transport. Elle est l&rsquo;infrastructure invisible du JNIM : rapide, discrète, facile à dissimuler, capable de se fondre dans le flot de milliers de deux-roues anonymes que personne n&rsquo;identifie, ne suit, ne contrôle. C&rsquo;est à moto que les combattants se déplacent, que les émissaires transmettent les ordres, que les attaques sont préparées et les victimes choisies. C&rsquo;est à moto que le 25 avril 2026, des groupes terroristes ont frappé de façon simulatnée et corrdonnée plusieurs grandes villes du pays, coûtant la vie au général de corps d&rsquo;armée Sadio Camara, ministre de la Défense et pilier de la Transition malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa mort a changé quelque chose. Pas dans la détermination des autorités maliennes — celle-ci ne datait pas du 25 avril — mais dans l&rsquo;urgence perçue, dans la nécessité de frapper plus fort, plus vite, plus structurellement. Le général Assimi Goïta, qui a lui-même assumé personnellement la gestion de la défense dans les semaines suivant cette perte, a accéléré la mise en œuvre d&rsquo;une doctrine contre-insurrectionnelle dont plusieurs décisions récentes constituent les pièces d&rsquo;un même puzzle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois mesures, une seule logique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le puzzle en question se compose de trois pièces articulées. La première : l&rsquo;arrêté interministériel du 3 juin 2026, signé par cinq ministères, suspendant pour un an l&rsquo;importation, le transit, la commercialisation et la distribution des motocyclettes de cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³ — les «&nbsp;<em>gros cylindres</em>&nbsp;» plébiscités par les combattants terroristes pour leur puissance et leur autonomie. Ces engins, qui peuvent couvrir des centaines de kilomètres sur des pistes sans ravitaillement, sont devenus la colonne vertébrale logistique des groupes armés dans le Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième pièce : la création, par arrêté interministériel du 3 juin 2026, de trente-cinq zones d&rsquo;intérêt militaire au sein de forêts classées, réserves naturelles et espaces protégés — parmi lesquelles les forêts de Faya, Soussan, Kangaba ou encore le Parc national de la Boucle du Baoulé. Baptisée opération «&nbsp;<em>Dougoukoloko</em>&nbsp;», cette mesure remplace le précédent dispositif «&nbsp;<em>Maliko</em>&nbsp;» de décembre 2023 et étend significativement le périmètre sous contrôle militaire, principalement dans les régions du centre, du sud et de l&rsquo;ouest du pays. Tout accès à ces zones est désormais soumis à autorisation préalable d&rsquo;une autorité militaire relevant de l&rsquo;état-major général des Armées, qui est parallèlement autorisé à y conduire des opérations contre toute cible identifiée. La logique est celle-là même qui sous-tend l&rsquo;ensemble du dispositif : priver les groupes armés du JNIM de leurs bases de repli, de leurs corridors de transit et de leurs capacités logistiques dans des espaces forestiers peu contrôlés qui constituent, dans l&rsquo;ensemble du Sahel, le terrain favori des insurgés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième pièce — la plus structurelle — entre en vigueur ce lundi 15 juin : l&rsquo;opération spéciale d&rsquo;immatriculation des motos et tricycles, lancée par le ministère des Transports et des Infrastructures sur l&rsquo;ensemble du territoire national. Vingt-huit centres répartis dans presque toutes les régions du pays ouvrent leurs portes aux propriétaires de deux et trois-roues non immatriculés, qui disposent d&rsquo;un délai pour se mettre en règle moyennant 12 000 francs CFA — tarif unique, réglable exclusivement via Tresor Pay, la plateforme électronique du Trésor public.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Identifier pour neutraliser</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La logique est simple et implacable : on ne peut pas contrôler ce qu&rsquo;on ne connaît pas. Tant que des dizaines de milliers de motos circulent sans immatriculation sur le territoire malien, elles constituent autant d&rsquo;angles morts dans le renseignement sécuritaire. Une plaque d&rsquo;immatriculation, c&rsquo;est une trace, un dossier, un propriétaire identifiable, un historique de passage aux points de contrôle. C&rsquo;est précisément ce que les groupes armés cherchent à éviter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette opération est d&rsquo;autant plus pertinente qu&rsquo;elle s&rsquo;applique à tous les engins, quel que soit leur cylindrée — y compris les petites motos utilisées par la très grande majorité des Maliens pour leurs déplacements quotidiens. Elle ne pénalise pas une catégorie d&rsquo;usagers : elle crée un registre national, une cartographie des engins en circulation. À terme, couplée aux points de contrôle et aux systèmes de surveillance, elle permettra d&rsquo;identifier rapidement tout engin non immatriculé comme une anomalie potentiellement suspecte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La moto sans plaque, c&rsquo;est le terroriste sans visage. L&rsquo;immatriculation, c&rsquo;est l&rsquo;État qui recouvre la vue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un Etat qui reprend l&rsquo;initiative</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, dans l&rsquo;ensemble de ce dispositif, c&rsquo;est sa cohérence. On n&rsquo;est pas face à des mesures prises dans l&rsquo;urgence ou sous le coup de l&rsquo;émotion après la mort du général Camara. On est face à une doctrine structurée, déployée progressivement : interdire les gros cylindres à l&rsquo;importation, restreindre la circulation dans les zones sensibles, immatriculer l&rsquo;ensemble du parc existant. Chacune de ces mesures renforce les autres. L&rsquo;interdiction des 125 cm³ et plus réduit le potentiel opérationnel futur des groupes armés. Les zones militaires perturbent leurs déplacements actuels. L&rsquo;immatriculation donne aux forces de sécurité les moyens d&rsquo;identifier les engins suspects en temps réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le paiement exclusivement numérique via Tresor Pay n&rsquo;est pas un détail anecdotique : il crée une traçabilité financière et administrative de l&rsquo;opération, prévient les détournements et les faux documents, et s&rsquo;inscrit dans la modernisation numérique de l&rsquo;État que les autorités de la Transition ont engagée depuis plusieurs années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ceux qui douteraient de l&rsquo;efficacité de telles mesures face à des groupes armés déterminés, il faut rappeler une vérité souvent négligée dans les analyses sur le Sahel : le terrorisme prospère dans le vide administratif. Là où l&rsquo;État n&rsquo;identifie pas, ne contrôle pas, ne sait pas — là le groupe armé installe sa loi. En reprenant pied dans la réalité administrative quotidienne de ses citoyens, même par un geste apparemment modeste comme l&rsquo;immatriculation d&rsquo;une moto, l&rsquo;État malien réaffirme une chose fondamentale : il existe, il voit, il agit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est à cette aune qu&rsquo;il faut mesurer l&rsquo;opération spéciale du 15 juin 2026 — non comme une simple campagne administrative, mais comme un acte de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : une frappe de drone élimine un coordinateur terroriste de premier rang du JNIM</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 15:22:44 +0000</pubDate>
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<p>L'armée malienne annonce la neutralisation d'un coordinateur de premier rang du JNIM lors d'une frappe de drone menée près de Djenné. Une opération qui illustre la montée en puissance des capacités antiterroristes des FAMa.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;État-Major général des Armées maliennes a annoncé ce 14 juin la neutralisation, lors d&rsquo;une opération conduite le 3 juin 2026, d&rsquo;un chef terroriste identifié comme l&rsquo;un des coordinateurs régionaux du Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (JNIM). Un succès opérationnel qui illustre la montée en puissance des Forces armées maliennes dans la guerre contre les groupes armés terroristes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un coup dur porté au cœur du dispositif terroriste dans le Centre et le Sud du Mali. Le 3 juin 2026, à Mougnan, localité située à environ 45 kilomètres à l&rsquo;ouest de Djenné, les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené une frappe de drone précise et ciblée qui a abouti à la neutralisation d&rsquo;un individu connu sous trois alias : Oumar Kéréna, Farouk et Housseini Mawdo. L&rsquo;annonce officielle, formulée par l&rsquo;État-Major général des Armées dans un communiqué daté de Bamako ce 14 juin, ne laisse aucun doute sur l&rsquo;importance de la cible : il s&rsquo;agissait d&rsquo;un «&nbsp;<em>chef terroriste de premier plan</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Originaire de Tébi, dans la commune de Kéréna, cercle de Douentza — une zone du centre du pays longtemps disputée entre les forces gouvernementales et les groupes armés —, cet individu avait construit une trajectoire ascendante au sein de l&rsquo;appareil terroriste sahélien. Il avait débuté au sein du Mouvement pour l&rsquo;unicité et le jihad en Afrique de l&rsquo;Ouest (MUJAO), l&rsquo;une des organisations qui a contribué à l&rsquo;occupation du Nord-Mali en 2012, avant de gravir progressivement les échelons du commandement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un coordinateur régional aux ramifications transfrontalières</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue la cible neutralisée le 3 juin, c&rsquo;est l&rsquo;étendue de ses responsabilités opérationnelles. L&rsquo;individu avait successivement exercé les fonctions de chef de zone à Serma — secteur stratégique dans la région de Mopti — puis accédé au rang de coordinateur des activités terroristes sur plusieurs théâtres d&rsquo;opérations. Son périmètre de responsabilité couvrait les régions maliennes de Sikasso et de Koutiala, ainsi qu&rsquo;une partie du Burkina Faso voisin. Cette dimension transfrontalière est particulièrement significative : elle montre que les FAMa ne se contentent plus de réagir aux menaces localisées, mais s&rsquo;attaquent aux nœuds de commandement qui alimentent l&rsquo;instabilité à l&rsquo;échelle sous-régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par son positionnement au carrefour de plusieurs zones d&rsquo;opérations et son rôle dans la structuration des réseaux armés du JNIM, cet individu représentait une cible dite de «&nbsp;<em>haute importance&nbsp;</em>». Sa neutralisation perturbe mécaniquement les chaînes de commandement et les circuits logistiques qu&rsquo;il supervisait, dans des régions — Sikasso et Koutiala — qui constituaient jusqu&rsquo;ici des zones relativement préservées des attaques les plus meurtrières, mais que les groupes armés cherchaient à investir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les groupes armés terroristes continueront d&rsquo;être activement recherchés, identifiés et neutralisés sur l&rsquo;ensemble du territoire national jusqu&rsquo;à leur complète éradication. »,&nbsp;</em>a déclaré l’état-major général des armées maliennes dans son communiqué.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La frappe de drone, nouvel outil de la contre-insurrection malienne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La modalité opérationnelle retenue — une frappe de drone «&nbsp;<em>précise et ciblée</em>&nbsp;» — mérite d&rsquo;être soulignée. Elle confirme une évolution profonde de la doctrine des FAMa, qui ont progressivement intégré des capacités aériennes de renseignement et de frappe permettant de localiser et d&rsquo;éliminer des cibles mobiles dans des zones difficiles d&rsquo;accès. Ce type d&rsquo;opération, longtemps l&rsquo;apanage de puissances dotées de moyens technologiques avancés, s&rsquo;est généralisé dans les armées africaines engagées contre les groupes terroristes au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les FAMa, c&rsquo;est aussi la démonstration d&rsquo;une chaîne de renseignement opérationnel qui fonctionne : localiser un individu se déplaçant sous plusieurs alias, dans une zone rurale isolée, à 45 kilomètres de Djenné, suppose un travail de collecte et de fusion du renseignement humain et technique de plusieurs semaines, sinon plusieurs mois. La précision de la frappe, soulignée dans le communiqué, renforce ce message.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un signal politique autant que militaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la dimension purement opérationnelle, l&rsquo;annonce faite ce 14 juin porte également une signification politique. En communiquant publiquement et avec détail — nom, alias, origine géographique, fonctions occupées, zone d&rsquo;opérations — sur la neutralisation de cette cible, l&rsquo;État-Major général des Armées envoie plusieurs messages simultanément. Aux populations des régions concernées d&rsquo;abord, pour lesquelles la présence terroriste représente une menace quotidienne et dont l&rsquo;adhésion à l&rsquo;effort de guerre reste un enjeu crucial. Aux partenaires régionaux et internationaux ensuite, pour démontrer les capacités croissantes des FAMa. Et aux groupes armés eux-mêmes, enfin, dont aucun cadre — quel que soit son niveau dans la hiérarchie — n&rsquo;est désormais à l&rsquo;abri d&rsquo;une frappe ciblée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition font de la lutte contre le terrorisme une cause nationale, portée par l&rsquo;ensemble de la société malienne, et non le seul fardeau d&rsquo;une armée isolée face à l&rsquo;adversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Kidal : l&#8217;Africa Corps dénonce des viols et des manipulations par des séparatistes </title>
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		<pubDate>Sun, 17 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>L’Africa Corps accuse des combattants du Front de libération de l’Azawad de violences sexuelles à Kidal et dénonce une stratégie visant à faire porter ces crimes aux forces armées maliennes.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le bras armé russe au Mali affirme détenir des témoignages faisant état d&rsquo;agressions sexuelles commises par des combattants du Front de libération de l&rsquo;Azawad, et dénonce une stratégie de désinformation ciblant les forces armées maliennes.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Africa Corps, unité dépendant du ministère russe de la Défense et déployée au Mali, a publié sur les réseaux sociaux un communiqué accusant des combattants séparatistes du Front de libération de l&rsquo;Azawad (FLA) de viols commis sur de jeunes filles à Kidal. Cette déclaration s&rsquo;accompagne de vidéos montrant des dirigeants du groupe s&rsquo;adressant à leurs hommes en tamasheq, langue touarègue de la région, rapporte l’agence russe&nbsp;<em>African initiative</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;après l&rsquo;Africa Corps, les images publiées montrent des responsables séparatistes réprimandant explicitement leurs combattants pour des actes de violence sexuelle à l&rsquo;encontre de civils. Le communiqué cite également des vidéos diffusées par des internautes maliens sur les réseaux sociaux, dans lesquelles apparaissent des jeunes filles en larmes, sans que leur identité ou le contexte précis soient établis de manière indépendante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stratégie de manipulation politique&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« C&rsquo;est ainsi que le « nouveau pouvoir » cherche à se donner une légitimité. »</em>, indique Africa Corps, dans un communiqué officiel.&nbsp;Au-delà des accusations de violences, l&rsquo;Africa Corps avance une thèse plus large : les séparatistes du FLA, qui ont conclu une alliance avec le Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (JNIM), branche sahélienne d&rsquo;Al-Qaïda, chercheraient délibérément à commettre des crimes de guerre pour les attribuer aux forces armées maliennes (FAMa). Cette stratégie de manipulation viserait à discréditer le gouvernement de transition et ses partenaires militaires russes aux yeux de la population et de la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Africa Corps évoque notamment la diffusion récente d&rsquo;informations faisant état de&nbsp;<em>« fosses charniers à Kidal&nbsp;</em>», qu&rsquo;elle qualifie d&rsquo;intox orchestrée dans ce cadre. Cette contre-narration intervient alors que la situation sécuritaire dans le nord du Mali reste extrêmement tendue depuis la reprise de Kidal par l’armée malienne en novembre 2023, après une décennie de contrôle séparatiste, et après les événements du 25 avril 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mai 2026, le ministre malien de l&rsquo;Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, a démenti auprès de&nbsp;<em>l&rsquo;African Initiative</em>&nbsp;les informations de médias occidentaux évoquant un prétendu «&nbsp;<em>blocus de Bamako</em>». Il a attribué la diffusion de ces allégations aux médias français, s&rsquo;inscrivant dans une rhétorique de plus en plus affirmée des autorités maliennes contre la presse francophone.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Mali : pourquoi l’alliance de dupe entre le FLA et le JNIM pourrait rapidement imploser</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Alliance de dupe contre Bamako, le rapprochement entre le FLA et le JNIM repose sur des objectifs incompatibles. Entre séparatisme et projet jihadiste, les tensions internes pourraient rapidement faire éclater cette coalition fragile.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les séparatistes ont cru pouvoir instrumentaliser les terroristes du Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans pour reconquérir le nord du Mali. Ce pari cynique, construit sur le mensonge réciproque, vacille désormais sous le poids de contradictions irréconciliables.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une loi immuable dans les alliances de façade : le plus faible finit toujours par être évincé. Le Front de libération de l&rsquo;Azawad (FLA) semble l&rsquo;avoir oublié. À vouloir faire du «&nbsp;<em>Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (JNIM)&nbsp;</em>» un instrument de sa propre stratégie indépendantiste, la coalition séparatiste touarègue a peut-être ouvert une trappe sous ses propres pieds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis leur défaite commune à Kidal en novembre 2023 face aux forces armées maliennes et à leurs partenaires russes, FLA et JNIM ont entamé de longs mois de négociations secrètes. L&rsquo;objectif était de construire un front commun contre Bamako. La réalité, beaucoup moins avouable, révèle deux partenaires qui se regardent en chiens de faïence, chacun convaincu de pouvoir se servir de l&rsquo;autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le scénario du dupe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie du FLA est lisible : utiliser la puissance de frappe terroriste pour déstabiliser l&rsquo;État malien, fragiliser l&rsquo;autorité de Bamako dans les cinq régions du nord — Kidal, Gao, Tombouctou, Ménaka et Taoudéni — et créer les conditions d&rsquo;une autonomie élargie, voire d&rsquo;une indépendance pour l&rsquo;Azawad, à en croire les explications des experts du Crisis group. Dans cette équation, le JNIM joue le rôle de bras armé d&rsquo;une cause qui n&rsquo;est pas la sienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément ce que confirme le Crisis Group dans une récente analyse, publiée le 8 mai 2026. Selon l&rsquo;organisation, les attentats du 25 avril 2026 ont mis en évidence un rapprochement opérationnel entre les deux mouvements. Mais à l&rsquo;intérieur des négociations, les positions se révèlent diamétralement opposées. Un dirigeant du FLA impliqué dans les pourparlers l&rsquo;a lui-même confié : les séparatistes exigent du JNIM qu&rsquo;il rompe ses liens avec Al-Qaïda et adopte un programme purement local. En retour, le JNIM réclame aux séparatistes d&rsquo;abandonner leur quête d&rsquo;indépendance et d&rsquo;accepter l&rsquo;instauration de la charia à travers le Mali et le Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Un partenariat tactique, pas une vision partagée</em>&nbsp;», peut-on résumer la confidence du dirigeant anonyme du FLA aux experts du Crisis Group. Ces deux conditions sont mutuellement exclusives. L&rsquo;alliance n&rsquo;a donc jamais été autre chose qu&rsquo;une fiction commode, entretenue par la nécessité militaire du moment. Comme l&rsquo;admettent eux-mêmes les dirigeants du FLA, l&rsquo;assaut conjoint sur Kidal ne reflétait pas une alliance formelle ou une vision politique partagée, mais un simple partenariat tactique visant à «&nbsp;<em>évincer leurs ennemis communs&nbsp;</em>». Les deux groupes&nbsp;﻿ont des «&nbsp;<em>visions irréconciliables, dans le temps long&nbsp;».&nbsp;</em>Ce qui limite la<em>&nbsp;«&nbsp;pérennité de leur coopération&nbsp;</em>», explique Dr Bakary Sambe, président du Timbuktu Institute, dans un rapport publié le 13 mai 2026, intitulé «&nbsp;<em>﻿</em><em>Mali : Anatomie d&rsquo;un séisme sécuritaire et perspectives régionales.&nbsp;</em>»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Timbuktu Institue évoque également une «&nbsp;<em>alliance de circonstances, dictée par l’ennemi commun – le régime de Bamako &#8211; et non d’un pacte stratégique durable. Les objectifs divergent profondément : le JNIM poursuit l’imposition évolutive de la charia sur un territoire élargi, tandis que le FLA, héritier des rébellions touareg, défend un projet d’autonomie ou d’indépendance de l’Azawad.</em>&nbsp;» Une conviction se dégage dans ce rapport&nbsp;: «&nbsp;﻿<em>Le JNIM va défendre ses intérêts et ne va jamais vouloir renforcer le FLA.</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire offre un miroir saisissant. En 2012, lors de la conquête du nord du Mali, le Mouvement pour l&rsquo;unicité et le jihad en Afrique de l&rsquo;Ouest (MUJAO) avait dans un premier temps composé avec les groupes touaregs du MNLA. Très rapidement, les djihadistes avaient retourné leurs alliés de circonstance et les avaient purement et simplement évincés de Kidal, Gao et Tombouctou. Les séparatistes, qui croyaient tenir les jihadistes en laisse, s&rsquo;étaient retrouvés expulsés de leur propre territoire. Le FLA joue aujourd&rsquo;hui le même jeu dangereux avec le JNIM, un mouvement autrement plus structuré et idéologiquement ancré.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le soutien algéro-mauritanien : un parapluie illusoire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour renforcer sa position, le FLA s&rsquo;appuie sur des soutiens régionaux. L&rsquo;Algérie et la Mauritanie, traditionnellement méfiantes envers l&rsquo;expansion de l&rsquo;influence russe au Sahel, ont fourni une forme de couverture diplomatique aux séparatistes. C&rsquo;est précisément au moment où les autorités maliennes de la transition mettent en place l&rsquo;observatoire de la paix et la réconciliation nationale en vue de la mise en œuvre de la Charte pour la paix que le FLA choisit de réactiver son partenariat opérationnel avec le JNIM. Un timing qui ne doit rien au hasard et qui révèle une volonté délibérée de déstabiliser tout processus de normalisation avant qu&rsquo;il ne prenne racine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alger et Nouakchott soutiennent cette cause autonomiste visant à déstabiliser le Mali et par ricochet toute la région d’Afrique de l’Ouest. La question qui se pose avec une acuité croissante est donc celle-ci : jusqu&rsquo;où ces parrains régionaux accepteront-ils de couvrir une alliance qui porte en elle les germes d&rsquo;une islamisation radicale du nord malien et de la scission du Mali ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le JNIM se laissera-t-il instrumentaliser ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie inconnue réside dans les calculs internes du JNIM. Le mouvement, affilié à Al-Qaïda, a sa propre feuille de route : l&rsquo;établissement d&rsquo;un ordre islamique strict à travers l&rsquo;ensemble du Sahel. En acceptant de coopérer avec des indépendantistes laïcs financés par des capitales arabes modérées, il prend le risque de diluer son message et de contrarier sa hiérarchie. Iyad Ag Ghaly, le chef du JNIM lui-même d&rsquo;origine touarègue, navigue dans ces eaux troubles avec une prudence calculée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les précédents historiques plaident pour une rupture à venir. Le JNIM a régulièrement marginalisé, puis absorbé ou éliminé les partenaires qui avaient cru pouvoir l&rsquo;utiliser. La logique djihadiste n&rsquo;admet pas les alliés de long terme aux objectifs divergents : elle admet des auxiliaires temporaires, qu&rsquo;elle digère en temps voulu.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une alliance sur le point de fissurer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les signaux d&rsquo;une fracture prochaine s&rsquo;accumulent. Les négociations entre FLA et JNIM achoppent précisément sur les questions qui ne souffrent aucun compromis : l&rsquo;identité politique du futur territoire, le rôle de la religion dans la gouvernance, les allégeances internationales. Deux visions du monde s&rsquo;affrontent dans des salles de négociation dont personne ne ressortira vainqueur à mi-chemin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FLA a voulu jouer les apprentis sorciers, convaincue de maîtriser une force qu&rsquo;elle ne comprend pas vraiment. Le scénario de 2012 avec le MUJAO se répète, avec des acteurs plus aguerris des deux côtés. Sauf qu&rsquo;en 2026, le Mali n&rsquo;est plus le même, les forces armées de défense se sont restructurées, et Bamako observe avec une attention soutenue les fissures qui lézardent ce front du refus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;alliance de circonstance entre le FLA et le JNIM n&rsquo;a jamais été qu&rsquo;un mariage de raison entre ennemis reportés. La question n&rsquo;est plus de savoir si elle va se rompre, mais quand — et qui, le premier, retournera ses armes contre l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
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		<title>Macron en Afrique : la rupture proclamée, le double jeu poursuivi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 22:26:43 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Nairobi pour le sommet Africa Forward, le président français a une nouvelle fois promis d&rsquo;en finir avec la Françafrique. Pendant ce temps, au Mali, des relais ukrainiens liés à Paris appuient des rebelles alliés de circonstance à Al-Qaïda. La main tendue et la main cachée.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de presque désarmant dans la constance d&rsquo;Emmanuel Macron. Depuis 2017, il proclame à intervalles réguliers la fin du «&nbsp;<em>pré carré</em>&nbsp;» français en Afrique. Cette fois, c&rsquo;est à Nairobi — premier sommet Africa Forward tenu en pays anglophone, symbole assumé d&rsquo;une France qui regarderait enfin le continent «&nbsp;<em>comme un tout</em>&nbsp;» — qu&rsquo;il a répété le mantra :&nbsp;<em>« C&rsquo;est fini. Depuis 2017, c&rsquo;est terminé cette époque. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème, c&rsquo;est que l&rsquo;actualité de la semaine écoulée raconte une tout autre histoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le discours : la souveraineté comme nouvelle doctrine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut lui reconnaître une certaine habileté rhétorique. À la State House de Nairobi, aux côtés du président kényan William Ruto, Macron a fourni lui-même la démonstration de sa thèse. Le Mali a chassé la France ? Qu&rsquo;à cela ne tienne :&nbsp;<em>« On s&rsquo;en va ! Comme on dit en bon français, no offense. »</em>&nbsp;La formule fait rire. Elle est censée valider la rupture : Paris ne ferait plus ni défaire les gouvernements africains, ne garantirait plus les régimes en place, respecterait la souveraineté des États — même celle issus de coup d’Etat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est propre. C&rsquo;est moderne. C&rsquo;est exactement ce que les partenaires africains, lassés de décennies de tutelle néocoloniale, souhaitaient entendre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réalité : le billard à plusieurs bandes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sauf que la même semaine, le journaliste Georges Malbrunot révélait sur RTL et dans&nbsp;<em>Le Figaro</em>&nbsp;que des unités du renseignement militaire ukrainien — le GUR — opèrent au Mali en coordination avec les rebelles touaregs du Front de Libération de l&rsquo;Azawad. Parmi elles : des dizaines d&rsquo;ex-légionnaires ukrainiens francophones, anciens membres de la Légion étrangère française. Leur mission : former, conseiller, appuyer militairement des forces qui combattent les autorités maliennes de la transition et, en bout de chaîne, les militaires usses de l&rsquo;Africa Corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paris aurait fourni un soutien technique — notamment en matière de transmissions. Le ministère des Armées, interrogé, a répondu que si ces militaires ukrainiens avaient quitté la Légion pour «&nbsp;<em>servir l&rsquo;Ukraine de la manière qu&rsquo;ils jugent utile</em>&nbsp;», il n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre commentaire à formuler. Un silence qui, dans la langue diplomatique, ressemble furieusement à une confirmation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le «&nbsp;<em>pré carré</em>&nbsp;», en somme, ne serait pas tant abandonné que sous-traité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;angle mort : le JNIM profite de la manœuvre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend ce jeu particulièrement trouble, c&rsquo;est son bénéficiaire inattendu. Sur le terrain malien, les rebelles touaregs du FLA combattent en alliance de circonstance avec le JNIM — branche officielle d&rsquo;Al-Qaïda au Sahel, organisation responsable d&rsquo;attaques qui ont tué des dizaines de civils ces dernières semaines et dont la mouvance a inspiré des attentats à Madrid, Londres, Paris et Nice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En hiérarchisant ses ennemis — les Russes avant les jihadistes — la France prendrait donc le risque de contribuer, indirectement, aux violences d&rsquo;un groupe terroriste classé ennemi stratégique numéro un de l&rsquo;Occident. Ce paradoxe, Macron ne l&rsquo;a pas évoqué à Nairobi. Il était pourtant au cœur de l&rsquo;actualité sahélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Algérie, ou l&rsquo;art de la réconciliation sélective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autre séquence significative de cette tournée concerne l&rsquo;Algérie. Macron a dit espérer que la visite d&rsquo;Alice Rufo, sa ministre déléguée aux Armées, à Alger marque&nbsp;<em>« le début</em>&nbsp;» d&rsquo;une reprise des relations entre les deux pays, après deux ans de crise diplomatique profonde. Il a dénoncé les «&nbsp;<em>postures de politique intérieure</em>&nbsp;» qui ont «&nbsp;<em>causé beaucoup de tort</em>&nbsp;» — allusion transparente aux sorties de l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Intérieur Gérald Darmanin et aux tensions autour de la mémoire coloniale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pragmatisme affiché est réel. Mais il dit aussi quelque chose de la méthode Macron : la réconciliation avec Alger se fait au nom des intérêts français — sécuritaires, migratoires, économiques — exactement comme l&rsquo;engagement au Mali se fait au nom de la lutte contre l&rsquo;influence russe. La souveraineté africaine est invoquée quand elle sert Paris, contournée quand elle ne sert pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nairobi ou le théâtre du renouveau</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tenir ce sommet au Kenya — pays anglophone, puissance émergente d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est, non contaminé par les cicatrices de la Françafrique — est un geste politique habile. Il permet à Macron de se projeter dans une relation franco-africaine débarrassée de son histoire. Mais l&rsquo;histoire, elle, ne disparaît pas par décret présidentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que la France parlera de souveraineté à Nairobi tout en manœuvrant par procuration à Bamako, tant qu&rsquo;elle promettra l&rsquo;équité sur les estrades tout en protégeant ses intérêts stratégiques dans les coulisses, les dirigeants africains — et leurs opinions publiques — auront toutes les raisons de douter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture avec la Françafrique ne se proclame pas. Elle se prouve. Et pour l&rsquo;instant, les preuves manquent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la France joue-t-elle avec le feu en soutenant les rebelles touaregs ?</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2026 07:47:01 +0000</pubDate>
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<p>Des révélations sur des liens entre rebelles touaregs, renseignement ukrainien et anciens légionnaires relancent les accusations du Mali contre la France dans la crise sécuritaire au Sahel.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Des révélations sur des liens entre rebelles touaregs, renseignement ukrainien et anciens légionnaires relancent les accusations du Mali contre la France dans la crise sécuritaire au Sahel.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 25 avril 2026, le Mali vit au rythme d&rsquo;une offensive d&rsquo;une ampleur inédite. Le Front de Libération de l&rsquo;Azawad (FLA), coalition des mouvements rebelles touaregs et arabes, et le JNIM — branche officielle d&rsquo;Al-Qaïda au Sahel — ont engagé des attaques coordonnées sur plusieurs fronts simultanément : Kidal, Gao, Mopti, et jusqu&rsquo;aux abords de Bamako. Cette alliance de circonstance, aussi surprenante que redoutable, leur permet la facilité de mobilité et la multiplication des attaques terroristes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des ex-légionnaires dans l&rsquo;ombre du conflit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte explosif que le journaliste Georges Malbrunot, du&nbsp;<em>Figaro</em>&nbsp;et de RTL, a levé un coin du voile. Selon une source sécuritaire française, des unités du renseignement militaire ukrainien — le GUR — opèrent en coordination avec les rebelles touaregs. Parmi elles, quelques dizaines d&rsquo;ex-légionnaires ukrainiens francophones, anciens membres de la Légion étrangère française, déployés pour former, conseiller et appuyer militairement les forces du FLA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France, officiellement chassée du Mali entre 2022 et 2023, continue donc d&rsquo;agir en sous-main, en jouant sur le vivier de militaires ukrainiens passés par ses rangs. Le schéma répond à une logique d&rsquo;intérêts croisés : les rebelles touaregs cherchent à affaiblir les autorités maliennes de la transition; Kiev et Paris, eux, veulent faire mordre la poussière aux militaires russes de l&rsquo;Africa Corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas une première. Dès le début de l&rsquo;année 2025, le renseignement ukrainien avait proposé aux autorités françaises un plan détaillé pour déloger les autorités de la transition&nbsp;&nbsp;du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger) et faire reculer l&rsquo;influence russe. Paris avait alors décliné, ne souhaitant pas apparaître, même de manière déguisée. Cette fois, le verrou est levé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un jeu de billard à plusieurs bandes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le «&nbsp;<em>paravent ukrainien</em>&nbsp;» offre à la France un avantage décisif : ne pas coopérer directement avec des djihadistes classés organisations terroristes, tout en entretenant des liens historiques bien connus avec les Touaregs, qui revendiquent l&rsquo;indépendance de leur région. En clair : soutenir techniquement — notamment en matière de transmissions — des rebelles alliés de circonstance à Al-Qaïda, sans en assumer officiellement la responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Problème : le JNIM n&rsquo;est pas un groupe local anodin. Il s&rsquo;inscrit dans une mouvance terroriste qui a revendiqué ou inspiré des attentats à Madrid, Londres, Paris et Nice. En cherchant à affaiblir le régime pro-russe de Bamako, Paris prend le risque de renforcer, même indirectement, un ennemi stratégique de premier ordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes, a reconnu sur X une aide ukrainienne limitée au FLA en 2024, tout en démentant que cette aide soit toujours active et en rejetant tout lien entre la France et le JNIM. Les autorités françaises, elles, sont restées muettes. Le ministère des Armées s&rsquo;est borné à indiquer que si des militaires ukrainiens avaient quitté la Légion étrangère pour servir l&rsquo;Ukraine «&nbsp;<em>de la manière qu&rsquo;ils jugent utile</em>&nbsp;», Paris n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre commentaire à formuler. Un silence éloquent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La logique du moindre mal</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le Mali a saisi le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, en août 2022, en vue de présenter les preuves du soutien de la France aux groupes terroristes évoluant sur son territoire, notamment par la fourniture de renseignements et d’équipements. Dans une correspondance datée du 16 août et signée par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, le Mali a sollicité la tenue d’une réunion d’urgence afin d’examiner la situation sécuritaire du pays. Mais rien ne fut fait.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le gouvernement du Mali a annoncé la rupture immédiate de ses relations diplomatiques avec l’Ukraine, invoquant une «&nbsp;<em>implication reconnue et assumée</em>&nbsp;» de Kiev dans les affrontements survenus fin juillet à Tinzaouatene, dans la région de Kidal, entre les Forces armées maliennes, les rebelles du CSP-DPA et des groupes affiliés à al-Qaïda. Dans un communiqué relayé par le porte-parole du gouvernement, l’actuel Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, les autorités maliennes affirmaient que cette implication a été mise en évidence par une vidéo publiée par l’ambassade d’Ukraine à Dakar, dans laquelle le responsable du renseignement militaire ukrainien, Andriy Yusov, se félicitait d’avoir fourni des informations aux rebelles avant les combats, tandis que l’ambassadeur Yurii Pyvovarov y exprimait son soutien. La diffusion de cette séquence a conduit les autorités sénégalaises à convoquer l’ambassadeur ukrainien pour lui rappeler ses obligations de retenue et de non-ingérence, avant que la vidéo ne soit retirée des réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont toujours soutenu que la crise sécuritaire sur leur espace est créée et soutenue par des acteurs extérieurs avec l’appui d’acteurs intérieurs tel que les derniers évènements en date du 25 avril dernier le prouvent. Les investigations du Tribunal militaire de Bamako ont permis d’établir les faits&nbsp;: «&nbsp;<em>Les investigations menées ont permis, à ce stade, d&rsquo;établir un faisceau d&rsquo;éléments solides relatifs à la complicité de certains militaires, militaires radiés ou en instance de radiation de l&rsquo;effectif, notamment leur participation à la planification, à la coordination et à l&rsquo;exécution des attaques sus indiquées avec l&rsquo;implication notoire de certains hommes politiques, dont le Docteur Oumar Mariko.</em>&nbsp;», lit-on dans le communiqué du 1<sup>er</sup>&nbsp;mai du Procureur de la République près le tribunal militaire de Bamako&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En hiérarchisant ses ennemis — les Russes avant les jihadistes — la France s&rsquo;expose à une accusation lourde : celle d&rsquo;avoir, au nom du pragmatisme géopolitique, contribué à l&rsquo;expansion territoriale et logistique d&rsquo;une organisation affiliée à Al-Qaïda, dans l&rsquo;une des régions jugées les plus instables du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La froide réalité du terrain a parfois ses propres règles. Elle a rarement ses propres garde-fous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Rumeur de libération de djihadistes : anatomie d’une manipulation informationnelle</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 10:06:45 +0000</pubDate>
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<p>La rumeur de libération de djihadistes: une arme de désinformation pour déstabiliser la perception de la sécurité au Mali.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une rumeur sans preuves, relayée à grande échelle, tente d’imposer une lecture biaisée de la situation sécuritaire au Mali. Alors que les forces armées enregistrent des avancées notables sur le terrain, une guerre d’un autre type se joue dans l’espace informationnel : celle des perceptions, où la désinformation devient une arme stratégique pour fragiliser l’État et semer le doute dans l’opinion.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il aura suffi d’une rumeur savamment distillée pour alimenter, une fois encore, la mécanique bien huilée de la désinformation internationale. Selon certains médias, les autorités maliennes de la Transition auraient « <em>relâché plus d’une centaine de détenus présumés djihadistes du JNIM en échange de la libre circulation des camions-citernes</em> ». Une affirmation grave, reprise sans nuance, sans preuve, et surtout sans la moindre rigueur journalistique. Bienvenu dans la guerre cognitive qui n’a d’autre but que d’affaiblir l’ennemi psychologiquement !</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-elimination-de-boubacar-bah-alias-balobo"><strong>L’élimination de Boubacar Bah, alias « Balobo »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, derrière cette narration approximative se dessine une stratégie bien connue&nbsp;: fabriquer une réalité parallèle pour tenter de fragiliser un État engagé dans une lutte asymétrique contre le terrorisme. La période est bien calculée&nbsp;: la veille du ramadan. Une période très sensible où les besoins des populations vont crescendo et où le transport routier devient beaucoup plus florissant. Du coup, cette fausse information a été présentée comme une évidence, censée expliquer une prétendue « <em>asphyxie</em> » de l’économie malienne par une crise du carburant. Le récit est séduisant. Il est surtout faux — ou, à tout le moins, profondément douteux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons aux faits, têtus par nature. Au moment même où cette rumeur prenait de l’ampleur, les Forces armées maliennes intensifiaient leurs opérations sur le terrain, accentuant la pression sur les groupes armés terroristes. Acculés, ces derniers tentaient de se redéployer, notamment vers la région de Kayes. C’est dans ce contexte qu’une opération coordonnée dans cette région&nbsp;—&nbsp;dénommée&nbsp;<em>Wilikadjo&nbsp;</em>— mobilisant l’armée de terre, l’armée de l’air et les forces spéciales, ainsi que le Bataillon d’intervention rapide (BIR), a permis de neutraliser Boubacar Bah, alias « <em>Balobo</em> », le 24&nbsp;mars 2026. Il était une figure de proue de la nébuleuse terroriste de la 1<sup>re</sup>&nbsp;région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce succès militaire n’est pas anodin. Il désorganise, fracture, déstabilise le groupe terroriste. Et comme souvent dans ce type de conflit, les défaites sur le terrain appellent des compensations dans l’espace informationnel. La guerre ne se mène plus seulement avec des armes ; elle se joue aussi dans les esprits. C’est la loi de la guerre informationnelle dans laquelle le monde est plongé depuis des années, et qui fait de l’information une arme de destruction massive.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nouvelles-manipulations-destinees-a-denigrer-notre-armee"><em><strong>Nouvelles manipulations destinées à dénigrer notre armée</strong></em><strong><em></em></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, faut-il vraiment s’étonner de voir surgir une telle « <em>information</em> » ? Les groupes terroristes, comme leurs relais — qu’ils soient idéologiques, médiatiques ou géopolitiques — excellent dans l’art de la manipulation narrative. Mais un détail devrait interpeler tout observateur averti&nbsp;: où sont les preuves ? Où sont les noms des prétendus détenus libérés ? Où sont les images, les revendications, les mises en scène triomphalistes dont ces groupes sont pourtant friands ? Rien que le vide et un silence assourdissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le colonel-major Souleymane Dembélé (photo), directeur de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), dans son point de presse du 30&nbsp;avril 2026, a qualifié ces allégations de&nbsp;<em>« pure manipulation »&nbsp;: « Je le dis sans aucune ambigüité&nbsp;: le Mali est actuellement confronté à un terrorisme médiatique, organisé et savamment orchestré. Certains médias tentent de faire croire à l’existence d’accords avec les terroristes. Ce sont de nouvelles manipulations destinées à dénigrer notre armée et à semer le doute dans l’opinion ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quiconque observe ces organisations terroristes sait qu’elles capitalisent immédiatement sur la moindre victoire symbolique. Une libération de cette ampleur aurait été exploitée sans délai pour nourrir leur propagande. L’absence totale de communication en ce sens en dit long sur la fragilité de la thèse avancée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-eviter-de-sacrifier-la-verite-sur-l-autel-des-narratifs-opportunistes"><strong>Éviter de sacrifier la vérité sur l’autel des narratifs opportunistes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, cette séquence révèle moins une prétendue compromission des autorités maliennes qu’une tentative de déstabilisation par le récit. L’objectif est de semer le doute, entamer la confiance, affaiblir le moral des forces engagées et, au-delà, celui d’une nation confrontée à une guerre complexe. Mais hélas la guerre se joue désormais aussi dans l’esprit des hommes. La guerre cognitive n’a plus de limite. Mais les Maliens ne sont pas dupes et ils sont tous immunisés désormais contre cette nouvelle arme létale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette stratégie n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une guerre informationnelle où les perceptions comptent autant que les faits, et où certains acteurs n’hésitent pas à travestir la réalité pour servir des agendas qui dépassent largement les frontières du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, sur le terrain, les Forces armées maliennes poursuivent leur mission, notamment dans la sécurisation des convois de carburant, enjeu vital pour l’économie nationale. Des résultats concrets, mesurables, qui contrastent avec le flot d’approximations relayées ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cela, une exigence s’impose&nbsp;: celle de la lucidité. Car dans cette guerre des récits, céder à la désinformation, c’est déjà perdre une bataille. Le Mali n’a pas seulement besoin de soutien militaire ou économique. Il a aussi besoin que la vérité ne soit pas sacrifiée sur l’autel des narratifs opportunistes. Le peuple résilient du Mali l’a déjà compris.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Face à la pénurie de carburant au Mali, le Niger renforce la solidarité sahélienne</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 17:09:57 +0000</pubDate>
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<p>La situation du carburant au Mali soulève des questions sur les sanctions pour refus de solidarité envers le Niger.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le Mali fait face à une nouvelle pénurie de carburant, le Niger a frappé fort contre les transporteurs refusant d’acheminer des hydrocarbures vers son allié sahélien. Retrait de licences, suspension de permis, réquisitions obligatoires : Niamey invoque la solidarité entre États de l’Alliance des États du Sahel (AES) pour justifier des sanctions inédites. Dans un contexte d’insécurité et de défiance envers la CEDEAO, cette entraide énergétique illustre la volonté des régimes sahéliens de faire bloc, malgré les tensions économiques et sociales qu’elle suscite.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En plein cœur du Sahel, la solidarité entre les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’exprime désormais jusque dans la gestion du carburant, ressource devenue stratégique dans un contexte de blocus, d’insécurité et de dépendance logistique. Le Niger a annoncé, en début de semaine, une série de sanctions à l’encontre d’opérateurs économiques ayant refusé de livrer des hydrocarbures à son voisin malien, en proie à une nouvelle pénurie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-sanctions-pour-refus-de-solidarite"><strong>Des sanctions pour refus de solidarité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère nigérien des Transports a retiré leurs licences à 14 opérateurs de transport d’hydrocarbures et suspendu 19 permis de conduire pour non-respect d’une réquisition ordonnée par l’État. Un transporteur supplémentaire a vu son agrément suspendu pour une durée d’un an. « <em>Ce refus constitue une infraction grave aux obligations légales et réglementaires en vigueur </em>», a déclaré le ministre, le colonel-major Abdourahamane Amadou, dans un communiqué officiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures ciblent des transporteurs ayant refusé d’acheminer du carburant vers le Mali, membre de l’AES au même titre que le Burkina Faso et le Niger. Le gouvernement nigérien entend rappeler que, dans le cadre de cette alliance sahélienne en construction, la coopération économique et énergétique n’est pas une option, mais une obligation de solidarité stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-solidarite-mise-a-l-epreuve"><strong>Une solidarité mise à l’épreuve</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, qui dépend fortement de ses partenaires pour l’approvisionnement énergétique, fait face à une nouvelle crise du carburant. En octobre et novembre, le pays avait déjà connu une pénurie aiguë provoquée par un blocus du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, qui avait coupé plusieurs axes de ravitaillement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réaction, Niamey avait fait preuve d’une solidarité spectaculaire : 82 camions-citernes nigériens avaient parcouru près de 1 400 kilomètres sous escorte militaire pour ravitailler Bamako, un convoi salué dans les trois capitales de l’AES comme un acte concret d’unité sahélienne face aux pressions extérieures et aux menaces des groupes armés terroristes, soutenus par des «&nbsp;<em>sponsors du chaos contrôlés&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La décision du gouvernement nigérien suscite toutefois des réactions contrastées. Moussa Niandou, responsable du Syndicat démocratique des routiers du Niger (SDRN), a dénoncé la brutalité des sanctions : « <em>Nous sommes surpris par le retrait des permis de conduire. L’État aurait dû d’abord comprendre les raisons du refus avant de sanctionner </em>», a-t-il déclaré à la presse locale, plaidant pour un dialogue entre transporteurs et autorités.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-alliance-politique-et-energetique-en-construction"><strong>Une alliance politique et énergétique en construction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis leur rupture collective avec la CEDEAO, le 29 janvier 2025, et leur rapprochement sous la bannière de l’Alliance des États du Sahel (AES) créée en 2023 — devenue par la suite en juillet 2024, une confédération— le Mali, le Burkina Faso et le Niger cherchent à bâtir un espace d’intégration politique, économique et sécuritaire autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, la gestion partagée de l’énergie et du transport des ressources devient un test de cohésion pour ces trois régimes militaires, tous confrontés non seulement à des complots géopolitiques occasionnant une intensification des attaques terroristes mais aussi à une hostilité diplomatique croissante de leurs anciens partenaires occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, assurer la continuité du flux énergétique vers le Mali dépasse la simple entraide : c’est un acte politique de résistance économique concertée entre trois États qui entendent affirmer leur souveraineté face aux crises sécuritaires et diplomatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le geste nigérien est salué comme un symbole de fraternité sahélienne, il révèle aussi les fragilités d’une intégration encore balbutiante. Le corridor énergétique Niger–Mali reste exposé aux risques sécuritaires, aux contraintes budgétaires et à la complexité administrative. Mais, au-delà des sanctions et des réserves syndicales, un message politique émerge : l’AES n’est pas qu’une alliance militaire, mais une communauté de destin, où la solidarité énergétique devient une arme de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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