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	<title>Archives des jeunesse africaine &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Vacances scolaires : ce que deviennent les enfants africains </title>
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		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 18:55:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À travers les romans « Fatoma, le broussard » et « Enfant des ruines », cette analyse explore la réalité des vacances scolaires en Afrique : travail domestique, lecture, vulnérabilité sociale et risque d’enrôlement dans les zones de conflit.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À travers les romans «&nbsp;Fatoma, le broussard&nbsp;»&nbsp;et «&nbsp;Enfant des ruines&nbsp;», cette analyse explore la réalité des vacances scolaires en Afrique : travail domestique, lecture, vulnérabilité sociale et risque d’enrôlement dans les zones de conflit.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans la littérature africaine contemporaine deux enfants qui ne se ressemblent pas, mais qui partagent le même destin dès que les portes de l&rsquo;école se ferment. Fatoma Traoré, le broussard de Toumouni né sous la pluie de 1991, héros du roman éponyme de Fousseni Togola (<em><a href="https://amzn.to/4vm6yeI">Fatoma, le br</a><a href="https://amzn.to/4vm6yeI" target="_blank" rel="noreferrer noopener">o</a><a href="https://amzn.to/4vm6yeI">ussard,</a></em> KDP, 2026). Et Seydou, l&rsquo;enfant brillant arraché à son enfance par la guerre dans <a href="https://amzn.to/3SPDhL0" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Enfant des ruines</em></a> (L&rsquo;Harmattan, 2025), du même auteur. Deux garçons, deux Afriques, deux façons d&rsquo;habiter le temps libre. Mais dans les deux cas, une vérité qui dérange : pour des millions d&rsquo;enfants africains, les vacances scolaires ne sont pas un repos. Elles sont une autre école — plus dure, plus silencieuse, et souvent plus formatrice.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Fatoma, ou les vacances comme continuation du labeur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em>Fatoma, le broussard</em>, les vacances n&rsquo;existent pas au sens occidental du terme. Dès que le lycée de Toubanisso ferme ses portes, le garçon reprend sa place dans l&rsquo;ordre immuable du foyer Traoré : l&rsquo;étable, le puits, les corvées. C&rsquo;est lui qui, à l&rsquo;aube, sort avec les seaux pour arroser le jardin de sa mère Assou. C&rsquo;est lui qui part en brousse chercher du fourrage pour les moutons et les chèvres. C&rsquo;est lui qui pile le mil, nettoie la cour, accomplit ce que ses sœurs encore trop jeunes ne peuvent pas faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses camarades de Toumouni l&rsquo;avaient d&rsquo;ailleurs surnommé «&nbsp;<em>Bintou</em>&nbsp;» — le prénom féminin — en signe de cette étrange condition d&rsquo;enfant-serviteur accomplissant des tâches dévolues généralement aux filles. Ce surnom, mi-moquerie mi-reconnaissance, dit tout de ce que les vacances signifient pour un fils de famille rurale au Sahel : non pas la liberté, mais le transfert de charges. L&rsquo;école absorbait le garçon ; la maison le reprend.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe dans la description que fait Togola de ces vacances, c&rsquo;est l&rsquo;absence totale de culpabilité chez les adultes. Tiéfing, le père, n&rsquo;ignore pas ce que fait Fatoma. Il le sait, et il l&rsquo;organise. Pour lui, le travail physique est une pédagogie autant que l&rsquo;école. «&nbsp;<em>L&rsquo;école, c&rsquo;est la souffrance&nbsp;</em>», dit-il à son fils blessé. Ce principe traverse toute sa conception de l&rsquo;enfance : souffrir forme, endurer construit, peiner prépare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant Togola résiste à la caricature. Car Fatoma, dans cette vie de labeur, ne cesse jamais de lire. Entre deux corvées, un cahier. Dans la brousse, un livre. Les vacances deviennent pour lui une école parallèle, clandestine, intime. Il note des mots inconnus, questionne son père sur l&rsquo;histoire du Zanzane, complète par la lecture ce que l&rsquo;école lui a donné en fragments. La bibliothèque du lycée ne lui manque pas — il en invente une, portative, dans ses poches.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Seydou, ou les vacances volées par la guerre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em>Enfant des ruines</em>, la question des vacances prend une dimension radicalement autre. Seydou, lui, n&rsquo;a pas de vacances : la violence les lui a confisquées une fois pour toutes. Le roman de Togola décrit avec une précision chirurgicale ce que la guerre fait au temps de l&rsquo;enfance. Elle le détruit d&rsquo;abord physiquement — le village est pillé, la famille décimée, la maison réduite à des ruines. Puis elle le colonise psychologiquement : les groupes armés imposent à leurs recrues enfants un emploi du temps de caserne qui est à l&rsquo;exact opposé des vacances. Lever avant l&rsquo;aube, entraînements épuisants, privation de sommeil, récitation de versets dévoyés. Pas de jeu, pas de repos, pas de transmission familiale. Juste le dressage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce tableau n&rsquo;est pas une fiction pure. Les <a href="https://news.un.org/fr/story/2026/06/1159016" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Nations Unies</a> estiment qu&rsquo;au Sahel, plusieurs milliers d&rsquo;enfants sont enrôlés chaque année dans des groupes armés, souvent précisément pendant les périodes où l&rsquo;école est fermée. Les vacances, dans les zones de conflit, sont la saison de recrutement des groupes jihadistes. L&rsquo;absence de cadre scolaire, la disponibilité des corps et des esprits, la rupture des liens familiaux — autant de fenêtres d&rsquo;opportunité pour l&rsquo;endoctrinement. Togola le montre sans équivoque : ce n&rsquo;est pas pendant les cours que Seydou est capturé. C&rsquo;est dans le vide laissé par la destruction de sa vie d&rsquo;avant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Deux romans, un même diagnostic : le vide est dangereux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ces deux œuvres posent ensemble, en creux, c&rsquo;est la question politique du temps libre de l&rsquo;enfant africain. Dans les deux cas — la brousse sahélienne de Fatoma et les zones de conflit de Seydou — les vacances scolaires révèlent une même vulnérabilité structurelle : l&rsquo;absence d&rsquo;une politique publique pensée pour occuper, stimuler, protéger l&rsquo;enfant quand l&rsquo;école n&rsquo;est plus là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, les vacances scolaires ont généré toute une industrie de la jeunesse : colonies, centres aérés, sports, activités culturelles, bibliothèques ouvertes l&rsquo;été. En Afrique subsaharienne, dans les zones rurales et les périphéries urbaines, le modèle dominant reste celui que décrit Fatoma : l&rsquo;enfant retourne au travail domestique et agricole, parfois de manière intensive. Ce n&rsquo;est pas nécessairement mauvais — la transmission des savoirs pratiques, le lien intergénérationnel, la fierté du labeur ont une valeur réelle. Togola lui-même ne condamne pas ce modèle. Il le montre dans sa complexité : Fatoma en sort plus fort, plus endurant, plus ancré. C&rsquo;est la brousse qui lui a donné ce sens du détail et cette capacité d&rsquo;observation qui feront de lui, plus tard, un lycéen exceptionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce modèle a ses limites. Il ne protège pas contre la violence. Il ne propose rien aux enfants des villes, déracinés des pratiques rurales mais sans ressources pour occuper leur temps autrement. Et surtout, il ne prépare pas les enfants les plus vulnérables — ceux de Seydou — à résister à la prédation des groupes armés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que l&rsquo;harmoniologie d&rsquo;Anta nous enseigne</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em>Fatoma</em>, il y a une figure qui traverse le roman comme une boussole philosophique : la vieille Anta, mère d&rsquo;Assou, qui énonce dans un couloir d&rsquo;hôpital un principe qu&rsquo;elle appelle l&rsquo;<em>harmoniologie</em>. «&nbsp;<em>Toute réalité repose sur une interaction vivante entre forces contraires. L&rsquo;harmonie n&rsquo;est pas un état figé, mais un ajustement constant.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce principe populaire, formulé sans université ni bibliothèque, est en réalité une philosophie de l&rsquo;éducation. Il dit que l&rsquo;enfant qui souffre, qui travaille, qui endure — mais qui reçoit aussi de l&rsquo;amour, de la transmission, du récit — est un enfant qui s&rsquo;équilibre. Ce n&rsquo;est pas le travail seul qui forme Fatoma, c&rsquo;est l&rsquo;alternance entre labeur et lecture, entre obéissance et rébellion intérieure, entre le poids de la cour familiale et les rêves d&rsquo;université.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vacances, dans cette optique, ne sont pas un problème en soi. Elles deviennent problématiques quand elles basculent entièrement d&rsquo;un côté : trop de travail sans répit, trop d&rsquo;oisiveté sans structure, ou — comme pour Seydou — trop de violence sans contre-récit. L&rsquo;équilibre est la clé. Et cet équilibre, dans les sociétés africaines contemporaines, ne peut plus être laissé à la seule sphère familiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une interpellation pour les États</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques jours des vacances scolaires dans plusieurs pays du Sahel et d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, les deux romans de Fousseni Togola arrivent comme une interpellation discrète mais ferme aux décideurs publics. Que font nos États pour l&rsquo;enfant quand l&rsquo;école ferme ? Quelles bibliothèques restent ouvertes ? Quels programmes sportifs ou culturels existent dans les quartiers périphériques et les villages ? Quels filets de protection sont tendus pour les enfants des zones de conflit, qui risquent de passer leurs vacances dans les mains de groupes armés ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fatoma s&rsquo;en est sorti parce qu&rsquo;Assou veillait. Parce que Kouréichi existait. Parce qu&rsquo;un professeur de français l&rsquo;a publié dans son journal local. Parce que la vieille Ramata, à Toubanisso, a fait de sa maison un refuge pour les écoliers déracinés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seydou s&rsquo;en est sorti — à moitié — parce qu&rsquo;il portait en lui ce que ses parents lui avaient transmis avant que la guerre n&rsquo;arrive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais combien de Fatoma et de Seydou n&rsquo;ont ni Assou, ni Kouréichi, ni Ramata ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vacances scolaires ne sont pas un détail de calendrier. Elles sont, pour des millions d&rsquo;enfants africains, le moment où tout peut basculer — vers le haut ou vers le bas. Il est temps que nos politiques publiques le traitent comme tel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[Tribune] Comment les groupes armés recrutent et endoctrinent les enfants au Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À travers le roman Enfant des ruines de Fousseni Togola, cette tribune analyse les mécanismes d’endoctrinement utilisés par les groupes armés au Sahel pour transformer des enfants en combattants et kamikazes.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Sahel, des milliers d&rsquo;enfants sont transformés en soldats non par vocation, mais par une mécanique de conditionnement méthodique. Entre lavage de cerveau religieux, isolement familial et privation sensorielle, les groupes armés ont perfectionné l&rsquo;art de détruire un sujet pour en forger une arme. Un roman récent, Enfant des ruines de Fousseni Togola, en restitue la logique de l&rsquo;intérieur — et interpelle notre philosophie politique.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Seydou grandit dans un foyer aimant de Bamako. Son père lui lit des légendes du Mali, l&#8217;emmène à Tombouctou voir la mosquée Djingareyber, lui apprend la patience et le sens du monde. Sa mère lui enseigne les limites du savoir et la grâce de l&rsquo;attente. Il est, écrit Fousseni Togola dans <em><a href="https://amzn.to/44fL33o" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Enfant des ruines</a> </em>(L&rsquo;Harmattan, 2025), « <em>le plus heureux des enfants de son village </em>». Cette félicité n&rsquo;est pas un détail romanesque : elle est la condition même de la tragédie à venir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Seydou, ou l&rsquo;innocence comme matière première</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément cet enfant-là — curieux, instruit, attaché à ses parents, enraciné dans une transmission vivante — que la guerre va saisir, broyer, remodeler. La brutalité des groupes armés sahéliens ne cible pas l&rsquo;ignorant par hasard. Elle cible l&rsquo;enfant formé, celui dont la conscience est encore assez souple pour être réorientée, assez pleine pour être vidée et remplie d&rsquo;autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce paradoxe est au cœur du roman : plus Seydou est intelligent, plus il devient vulnérable à l&rsquo;endoctrinement. Son aptitude à apprendre rapidement, sa capacité d&rsquo;observation, sa discrétion — autant de qualités que ses instructeurs terroristes repèrent et retournent contre lui. «&nbsp;<em>Ce garçon a un cœur de feu,&nbsp;</em>murmure l&rsquo;un des mentors<em>. Il est silencieux, mais il observe. Ce sont ceux-là qui deviennent les plus redoutables.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;endoctrinement ne fabrique pas des soldats à partir de rien. Il fabrique des soldats à partir du meilleur de l&rsquo;enfance — sa curiosité, sa loyauté, sa soif d&rsquo;appartenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La machine : déshumanisation méthodique et remplacement d&rsquo;identité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman de Togola constitue un document rare : une radiographie de l&rsquo;intérieur du conditionnement terroriste au Sahel. Ce que Seydou traverse n&rsquo;est pas la violence brute et désorganisée que l&rsquo;on imagine parfois. C&rsquo;est un protocole. Une ingénierie de la destruction du sujet suivie d&rsquo;une reconstruction planifiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier étage : l&rsquo;isolement. Dès son intégration dans le groupe armé, Seydou est coupé de tout lien avec son passé. Plus de famille, plus de nom, plus de village. Cette destruction des attaches n&rsquo;est pas accessoire — elle est la condition sine qua non du lavage de cerveau. <a href="https://amzn.to/43Gd4Rz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Erving Goffman</a>, dans ses travaux sur les <a href="https://www.ethnographiques.org/2023/Amiotte-Suchet_Higelin-Cruz" target="_blank" rel="noreferrer noopener">institutions totalisantes</a>, avait décrit ce mécanisme : priver un sujet de tous ses marqueurs identitaires pour le rendre entièrement dépendant de la nouvelle institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxième étage : la privation sensorielle et physique. Lever avant l&rsquo;aube, entraînements épuisants, privation de nourriture pour les récalcitrants, privation de sommeil. Ces techniques ne sont pas propres au terrorisme sahélien — elles figurent dans tous les manuels de déconditionnement psychologique, des sectes aux régimes totalitaires. Leur effet est documenté : elles réduisent la capacité critique, augmentent la suggestibilité, créent une dépendance physiologique envers l&rsquo;institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisième étage : la substitution identitaire. À Seydou, enfant, on substitue Scorpion 11, combattant. À la foi transmise par un père respectueux, on substitue une idéologie guerrière qui utilise les mêmes mots — Dieu, paradis, sacrifice — mais les vide de leur sens originel pour les remplir de violence. «&nbsp;<em>On lui enseigna des textes sacrés,&nbsp;</em>écrit Togola<em>, mais toujours interprétés selon une vision radicale.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Religion instrumentalisée vs foi authentique : la distinction que Fanon anticipait</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que le roman de Togola rejoint une tradition philosophique africaine dont Frantz Fanon reste la figure centrale. Dans <em><a href="https://amzn.to/4ehZcD8" target="_blank" rel="noreferrer noopener sponsored nofollow">Les Damnés de la Terre</a></em> (1961), Fanon avait analysé la façon dont le colonialisme utilisait les catégories culturelles et religieuses autochtones pour mieux les retourner contre les colonisés. La religion, dans ce cadre, n&rsquo;est pas un horizon de sens : c&rsquo;est un instrument de domination réinvesti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les groupes armés sahéliens opèrent selon la même logique, mais en sens inverse. Ils ne colonisent pas au nom de la modernité — ils prétendent résister à la modernité au nom de la religion. Mais le mécanisme est identique : ils s&#8217;emparent d&rsquo;une forme symbolique (l&rsquo;islam, la barbe, le jihad, le paradis) pour la vider de sa substance morale et la remplir d&rsquo;une idéologie de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seydou comprend confusément cette falsification. Il se souvient des paroles de son père — «&nbsp;<em>la foi est une source de paix, de respect et de compassion</em>&nbsp;» — et sent qu&rsquo;elles contredisent ce qu&rsquo;on lui enseigne. Mais il ne peut le dire. Exprimer un doute, c&rsquo;est trahir. Et trahir, c&rsquo;est mourir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Paul Sartre, dans sa préface aux&nbsp;<em>Damnés de la Terre</em>, posait la question de la violence comme réponse à la violence coloniale. Mais il y a ici une différence fondamentale : la violence terroriste au Sahel n&rsquo;est pas une réponse à une domination extérieure — elle s&rsquo;exerce d&rsquo;abord contre les populations africaines elles-mêmes, contre des Seydou qui n&rsquo;ont rien demandé, dont les villages sont pillés, les familles massacrées, les esprits volés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que les groupes armés du Sahel détruisent en premier, ce n&rsquo;est pas un État ou une armée. C&rsquo;est un enfant. C&rsquo;est sa mémoire, son nom, ses morts.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Trois voies d&rsquo;entrée dans les groupes armés : sociologie d&rsquo;un recrutement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman de Togola est aussi un document sociologique. Il identifie avec précision trois voies d&rsquo;entrée dans les groupes armés, que les rapports humanitaires confirment sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première est l&rsquo;enlèvement brutal — c&rsquo;est celle de Seydou. Orphelin, maltraité par ses oncles, il rejoint le groupe non par conviction mais par désespoir de survie. «&nbsp;<em>Il ne me reste plus rien,&nbsp;</em>murmure-t-il<em>. Mon village est détruit, ma famille est partie.</em>&nbsp;» Cette voie est la plus documentée, mais peut-être la moins représentative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième est la tromperie économique. Des proxénètes promettent du travail, de l&rsquo;argent, un avenir. Ils recrutent des jeunes ruraux dont l&rsquo;État a abandonné les villages, dont les familles meurent de faim, dont les écoles ont fermé sous les coups des groupes armés eux-mêmes. La spirale est diabolique : les terroristes détruisent les conditions de vie pour recruter dans la misère qu&rsquo;ils ont produite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième est l&rsquo;engagement volontaire par colère politique. Des jeunes «&nbsp;<em>rongés par le ressentiment</em>&nbsp;», écrit Togola, «&nbsp;<em>blâmaient l&rsquo;État pour leur situation précaire, leur incapacité à trouver un emploi</em>&nbsp;». Cette voie est peut-être la plus inquiétante : elle révèle que l&rsquo;endoctrinement ne commence pas dans les camps militaires terroristes, mais du sentiment d&rsquo;abandon structurel des États envers leurs propres jeunesses.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que cela exige de nous — et des États</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lire&nbsp;<em>Enfant des ruines</em>&nbsp;n&rsquo;est pas un exercice littéraire. C&rsquo;est une interpellation politique. Le roman de Fousseni Togola pose une question que ni les gouvernements sahéliens, ni leurs partenaires occidentaux, ni les organisations humanitaires ne peuvent esquiver : que faisons-nous de ces enfants après ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) existent. Mais ils sont chroniquement sous-financés, conçus sur des modèles occidentaux inadaptés aux réalités sahéliennes, et souvent perçus par les communautés d&rsquo;accueil comme une récompense accordée à ceux qui ont commis les pires atrocités. Seydou, une fois libéré, ne pourra pas simplement «&nbsp;<em>rentrer chez lui</em>&nbsp;» — il n&rsquo;a plus de chez-lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus profondément, le roman pose la question de la transmission. Ce qui a failli sauver Seydou — cette «&nbsp;<em>petite voix</em>&nbsp;» intérieure qui murmurait que la haine n&rsquo;était pas sa vocation — c&rsquo;est précisément ce que ses parents lui avaient transmis. Les récits du soir, les visites à Tombouctou, les discussions sur la mort et la liberté, les leçons de politesse et de respect. La transmission familiale, culturelle, intellectuelle, est la première ligne de défense contre l&rsquo;endoctrinement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est peut-être là la leçon la plus décisive de ce roman : l&rsquo;obscurantisme ne se combat pas seulement avec des armes. Il se combat avec des écoles ouvertes, des familles protégées, des États qui tiennent leurs promesses envers leurs enfants. Au Sahel comme ailleurs, un enfant qui sait qui il est résiste mieux à ceux qui veulent lui voler son identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://saheltribune.com/enfants-ruines-cri-despoir-face-a-lhorreur-conflits-armes/&amp;ved=2ahUKEwjF87XmiZOVAxXpMYYAHSCOA5wQFnoECBoQAQ&amp;usg=AOvVaw2RnOuxBAwsHkw58yK_TSmQ">résilience de Seydou</a>&nbsp;ne vient pas de lui seul. Elle vient de ce que ses parents ont planté en lui avant que la guerre n&rsquo;arrive. C&rsquo;est cela, la vraie souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé, auteur de <a href="https://amzn.to/4eG1Bqi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour une paix rationnelle</a>. </strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : les talents récompensés au concours pédagogique et littéraire 2026 à la Tour de l’Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 17:45:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>À Bamako, la finale du concours pédagogique et littéraire 2026 a récompensé les meilleurs talents scolaires et poétiques, mettant en avant l’éducation et la culture comme moteurs d’avenir pour la jeunesse malienne.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tour de l’Afrique a abrité la finale de la 11ᵉ édition du parcours pédagogique ainsi que de la 3ᵉ édition du concours littéraire 2026. En présence de ministres, diplomates, enseignants ainsi que responsables académiques, l’événement s’est inscrit dans la Journée de l’Afrique. Il a mis en avant la jeunesse malienne, son dynamisme ainsi que son rôle essentiel dans la construction d’un continent uni et prospère.&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Placée sous le thème «<em> Culture et éducation, leviers indispensables pour une Afrique digne et intégrée</em> », l’initiative a été portée par la Tour de l’Afrique avec l’appui du ministère de la Culture ainsi que de l’Éducation nationale. Elle s’inscrit dans le cadre de l’Année de l’Éducation et de la Culture décrétée par le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Engagement de la jeunesse pour l’avenir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les épreuves ont réuni des élèves du secondaire ainsi que des étudiants universitaires, évalués par un jury composé de professeurs ainsi que de responsables culturels. Les copies ont été corrigées avec méthode ainsi que rigueur, révélant la qualité de l’enseignement au Mali. Le concours a permis de mettre en lumière l’innovation, la créativité ainsi que le savoir‑faire des jeunes, confirmant leur rôle central dans la construction d’une Afrique forte ainsi qu’intégrée.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Lycée Youchaou s’est distingué grâce à Ladji Dembélé, premier du parcours pédagogique. Kadidiatou Koné ainsi que Aminata Diallo du Lycée Cheick Modibo Diarra ont également été récompensées pour leurs performances remarquables. Dans la catégorie poésie, Mouna Mint Mohamed Lamine du Lycée La Mémoire s’est affirmée par la force de ses mots ainsi que la profondeur de son expression. Un prix d’encouragement a été attribué à Lassina Keita du Lycée La Mémoire.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lauréats distingués par leurs performances</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie a rendu hommage aux forces armées maliennes, rappelant le sacrifice des soldats tombés pour la défense de la patrie. Les participants ont été encouragés à poursuivre leur engagement au service du Mali ainsi que du continent africain. Les trophées remis ne sont pas seulement des récompenses, mais des symboles d’un engagement collectif pour un avenir meilleur, fondé sur l’éducation ainsi que la culture comme piliers indissociables.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisateurs ont souligné la valeur des productions présentées, mettant en avant la capacité des jeunes à transformer leurs connaissances en créations originales. Le concours a permis de démontrer que la jeunesse malienne est capable de rivaliser par son talent, son imagination ainsi que sa discipline, confirmant que l’avenir repose sur une génération consciente de ses responsabilités.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Créativité révélée dans la poésie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prestations poétiques ont donné une place particulière à l’expression artistique, révélant la force des mots ainsi que la profondeur des idées portées par les candidats. La poésie a servi de miroir à la société, traduisant les aspirations de la jeunesse pour un Mali nouveau. Les jurés ont salué la qualité des textes, la pertinence des thèmes abordés ainsi que la maturité des auteurs malgré leur jeune âge.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants ont montré que la littérature demeure un outil puissant pour sensibiliser, transmettre des valeurs ainsi que renforcer la cohésion sociale. Les œuvres présentées ont mis en avant la richesse culturelle du Mali, tout en affirmant l’importance de l’éducation comme socle de toute transformation durable. La poésie a ainsi confirmé son rôle dans la formation intellectuelle ainsi que citoyenne des jeunes.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’édition 2026 a connu son épilogue dans une atmosphère de fierté ainsi que de reconnaissance. Les participants ont démontré que la jeunesse malienne est talentueuse, créative ainsi que profondément attachée aux valeurs africaines. Le concours s’impose désormais comme un rendez‑vous incontournable de l’excellence académique ainsi que culturelle, confirmant que l’avenir du continent repose sur l’éducation ainsi que la culture.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>« Yambo Ouologuem : la blessure » : Un film pour réhabiliter le premier Africain lauréat du Prix Renaudot</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2026 21:35:18 +0000</pubDate>
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<p>Revivez l'histoire de Yambo Ouologuem à travers le documentaire « Yambo Ouologuem : la blessure », un hommage riche et émouvant.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La salle des Banquets du Centre International de Conférences de Bamako a abrité, ce mardi 31 mars 2026, la projection du film documentaire « Yambo Ouologuem : la blessure » du réalisateur sénégalais Kalidou Sy. L’événement s’est déroulé en présence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, le Président du Conseil National de Transition, le Général de corps d’Armée Malick Diaw, de plusieurs membres du gouvernement, du ministre Mamou Daffé, des membres du CNT et de nombreux amoureux des lettres, des arts et de la culture ainsi que les membres de la famille de l’illustre.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire retrace le parcours de Yambo Ouologuem, premier Africain à remporter le Prix Renaudot en 1968 avec son roman&nbsp;<em>Le Devoir de violence</em>. Ce succès l’avait propulsé au sommet de la scène littéraire parisienne avant que des accusations de plagiat ne viennent briser sa carrière. Le film met en lumière cette trajectoire marquée par la gloire, la blessure et le retrait volontaire de l’écrivain.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-hommage-a-une-figure-litteraire"><strong>Un hommage à une figure littéraire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son discours, le ministre Mamou Daffé a salué «&nbsp;<em>l’honneur et le réel plaisir de rendre hommage à Yambo Ouologuem&nbsp;</em>», rappelant que cette initiative s’inscrit dans la vision du Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, de valoriser et de réhabiliter les grandes figures du Mali. Il a ajouté que l’écrivain incarne «&nbsp;<em>le courage de regarder son histoire en face, avec ses grandeurs et ses zones d’ombre, afin de construire un avenir lucide</em>&nbsp;».&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Le-ministre-de-la-Culture-aux-cotes-du-Premier-ministre-et-du-President-du-CNT.jpeg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="518" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Le-ministre-de-la-Culture-aux-cotes-du-Premier-ministre-et-du-President-du-CNT-1024x518.jpeg" alt="Le ministre de la Culture aux côtés du Premier ministre et du Président du CNT" class="wp-image-21741" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Le-ministre-de-la-Culture-aux-cotes-du-Premier-ministre-et-du-President-du-CNT-1024x518.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Le-ministre-de-la-Culture-aux-cotes-du-Premier-ministre-et-du-President-du-CNT-300x152.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Le-ministre-de-la-Culture-aux-cotes-du-Premier-ministre-et-du-President-du-CNT-768x388.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Le-ministre-de-la-Culture-aux-cotes-du-Premier-ministre-et-du-President-du-CNT-585x296.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Le-ministre-de-la-Culture-aux-cotes-du-Premier-ministre-et-du-President-du-CNT-600x303.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Le-ministre-de-la-Culture-aux-cotes-du-Premier-ministre-et-du-President-du-CNT.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Le ministre de la Culture aux côtés du Premier ministre et du Président du CNT, à la projection du film à la projection sur Yambo Ouologuem, la blessure, au CICB, le 31 mars 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le film de Kalidou Sy se veut une œuvre de réhabilitation, destinée à faire découvrir aux jeunes générations la vie et les écrits de Yambo Ouologuem. L’écrivain, profondément blessé par les accusations qui l’ont frappé, avait quitté la France pour se retirer à Sévaré, où il s’est consacré à la prière et au silence jusqu’à sa mort en 2017. Ce choix est perçu comme un acte de dignité et de résistance face à l’adversité.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-oeuvre-de-memoire-et-de-transmission"><strong>Une œuvre de mémoire et de transmission</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La projection a également permis de rappeler l’importance de l’œuvre de Ouologuem dans la littérature africaine. Refusant l’exotisme et les visions idéalisées de l’Afrique, il a osé confronter l’histoire du continent à ses grandeurs et ses zones d’ombre. Ce courage intellectuel fait de lui un repère pour la jeunesse africaine, en quête de lucidité et de liberté créative, et un modèle de sincérité dans l’écriture.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence de personnalités politiques et culturelles a donné à l’événement une dimension particulière. Le Premier ministre Abdoulaye Maïga et le Président du CNT Malick Diaw ont marqué leur soutien à cette initiative, témoignant de l’importance accordée par les autorités à la mémoire des grandes figures intellectuelles du Mali. Le ministre Mamou Daffé a insisté sur la nécessité de «&nbsp;<em>faire connaître sa vie et ses œuvres par la jeunesse du Mali et du continent africain&nbsp;</em>».&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Les-membres-du-gouvernement-a-la-projection-du-film.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="529" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Les-membres-du-gouvernement-a-la-projection-du-film-1024x529.jpeg" alt="Les membres du gouvernement à la projection du film" class="wp-image-21740" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Les-membres-du-gouvernement-a-la-projection-du-film-1024x529.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Les-membres-du-gouvernement-a-la-projection-du-film-300x155.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Les-membres-du-gouvernement-a-la-projection-du-film-768x397.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Les-membres-du-gouvernement-a-la-projection-du-film-585x302.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Les-membres-du-gouvernement-a-la-projection-du-film-600x310.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/03/Les-membres-du-gouvernement-a-la-projection-du-film.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Les membres du gouvernement à la projection du film à la projection sur Yambo Ouologuem, la blessure, au CICB, le 31 mars 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-engagement-des-responsables-publics"><strong>Engagement des responsables publics</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’hommage, cette projection s’inscrit dans une dynamique de valorisation culturelle. L’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako porte désormais le nom d’Université Yambo Ouologuem de Bamako, conformément au décret présidentiel du 13 décembre 2024. Cette décision montre la volonté de donner une place durable à l’écrivain dans le patrimoine national et de rappeler son apport à la pensée africaine et à la littérature mondiale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film «&nbsp;<em>Yambo Ouologuem : la blessure</em>&nbsp;» rappelle que la littérature est aussi un espace de combat et de vérité. En retraçant la chute brutale de l’écrivain, il invite à réfléchir sur les mécanismes d’exclusion et d’injustice dans le monde littéraire. Il met en lumière la résilience d’un homme qui, malgré l’oubli, demeure une figure incontournable des lettres africaines et un symbole de courage intellectuel.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-lecon-de-courage-et-de-verite"><strong>Une leçon de courage et de vérité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie a été ponctuée de remerciements adressés à la famille de Yambo Ouologuem, au réalisateur Kalidou Sy, à l’initiateur de la tournée nationale Tiambel Guimbaraya, ainsi qu’à la société de production «&nbsp;<em>Élever la voix Films</em>&nbsp;» et au Centre National de la Cinématographie du Mali. Tous ont contribué à faire de cet hommage une réalité et à offrir à la jeunesse une œuvre de mémoire et de réflexion sur l’importance de défendre la vérité.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yambo Ouologuem, malgré son destin tragique, reste un symbole de courage intellectuel et de liberté créative. Comme le rappelait Léopold Sédar Senghor, «&nbsp;<em>la négritude n’est pas du racisme, mais l’ensemble des vertus de la race noire&nbsp;</em>». Cet hommage redonne à l’écrivain malien la place qu’il mérite dans l’histoire culturelle du continent et rappelle à la jeunesse africaine l’importance de défendre la dignité et la liberté de pensée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’exode rural ou la fabrique d’une génération sans lieu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 09:19:24 +0000</pubDate>
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<p>L’exode rural ou la fabrique d’une génération sans lieu examine les conséquences du déclassement et de l’errance en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre le village quitté et la ville qui n’accueille pas vraiment, une génération entière se trouve piégée dans un entre-deux social et existentiel. À partir des données sur l’exode rural au Mali et d’une réflexion philosophique sur le déclassement, Mikaïlou Cissé analyse les impasses humaines d’un modèle de développement qui produit de l’errance plutôt que de la dignité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Sahel, comme dans de nombreuses régions d’Afrique confrontées à l’exode rural vers les grandes villes, une génération entière vit suspendue entre deux mondes : ni véritablement intégrée à la ville, ni pleinement réinsérée au village. Cette couche sociale a traversé toutes les péripéties politiques des jeunes États africains, nés des compromis entre ex-puissances coloniales et leaders aspirant à une indépendance souvent de façade. Elle incarne aujourd’hui les failles profondes d’un modèle de développement postcolonial à bout de souffle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quitter le village pour la ville, ou inversement, n’est plus un geste d’audace ni un pari sur l’avenir, mais un départ contraint, souvent désespéré, face à un quotidien qui s’appauvrit et ne nourrit plus comme autrefois. Pour cette couche sociale, rester équivaut à consentir à l’immobilité sociale, au sens propre du terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ampleur-d-un-exode-structurel"><strong>L’ampleur d’un exode structurel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport <em>La croissance pro-pauvres au Mali</em> de l’Agence française de développement (AFD), publié en 2007, souligne l’ampleur croissante de l’exode rural dans un contexte de fortes migrations internes et externes. Environ 200 000 personnes migrent chaque année. Faute d’estimations précises, les auteurs évaluent que si les tendances démographiques avaient été similaires en zones rurales et urbaines, près de 56 000 ruraux auraient quitté les campagnes pour les villes en 2001, un chiffre qui pourrait atteindre environ 150 000 par an en 2006.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large de déplacement des populations fuyant la désertification dans le Nord pour s’installer dans le Sud, contribuant à une urbanisation rapide, notamment autour de Bamako, dont la population est appelée à croître fortement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences sont multiples et préoccupantes. Le rapport met en évidence une dégradation accrue de l’environnement liée à la pression démographique sur les terres agricoles, ainsi que des tensions sociales entre populations autochtones et nouveaux arrivants, auxquelles s’ajoutent les conflits anciens entre éleveurs et agriculteurs. La densification rurale contraint les systèmes agricoles extensifs à atteindre leurs limites et oblige à une transformation des pratiques culturales. Si la demande urbaine peut, à terme, stimuler la productivité agricole autour des villes, cette transition reste fragile et profondément inégalitaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mirage-urbain-et-la-desillusion-sociale"><strong>Le mirage urbain et la désillusion sociale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Portés par les promesses de travail et d’émancipation, ils prennent la route des grandes agglomérations. Mais le mirage urbain se dissipe vite. Sans diplômes reconnus, sans capital économique ni réseaux solides, ces migrants s’entassent dans l’économie informelle, sans protection. Ils s’installent dans les périphéries reléguées, exposées à une vie chère qui dévore leurs maigres revenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville ne les intègre pas ; elle les absorbe sans les reconnaître. Le village reste le village, mais l’être s’y sent désormais étranger dans sa propre peau. Les repères ne guident plus, et le quotidien perd tout sens concret.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la pauvreté matérielle, ces trajectoires relèvent d’un déclassement au sens bourdieusien : l’écart brutal entre des attentes socialement construites et une réalité qui les invalide. Le départ promettait l’ascension ; il produit l’humiliation. Il ouvrait un avenir ; il suspend le présent dans une attente sans issue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants en pâtissent les premiers : certains manquent cruellement de cadre, tandis que d’autres, offerts par la nature sans être demandés, peinent à y être élevés. Les mères, vieilles et usées, sont les plus touchées. Contraintes de suivre les traces de ceux qui n’ont plus l’âge d’être des enfants, elles ploient sous la solitude, état d’être par excellence.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-double-absence-ni-du-village-ni-de-la-ville"><strong>La double absence : ni du village, ni de la ville</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quitter le village, c’est rompre avec un monde. La terre, la parenté, la reconnaissance communautaire formaient un cadre d’existence et de dignité. En ville, ces repères se dissolvent. Comme un aimant, la ville attire ; comme le capitalisme, elle se débrouille pour se débarrasser de ceux qui perdent leur substance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le migrant n’a plus de terre, car il ne cultive plus ; il n’est pas citadin non plus, faute de propriété tangible. Il survit dans un entre-deux instable, sans statut clair ni appartenance affirmée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De là naît une double absence : absent du village quitté, jamais pleinement présent dans la ville d’accueil. Physiquement là, ils demeurent socialement invisibles. Leur quotidien se déroule dans des non-lieux, où la ville devient un transit interminable, un séjour sans mémoire ni projet durable. Certains s’y épuisent lentement, d’autres y tombent malades, loin des solidarités familiales. Il arrive que des migrants disparaissent sans laisser de traces, errant de chantier en quartier, jusqu’à mourir comme des inconnus.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-retour-comme-epreuve-collective"><strong>Le retour comme épreuve collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le retour, lorsqu’il s’impose, n’a rien de triomphal. Tardif, contraint, souvent silencieux, il expose l’échec dans sa nudité : sans économies, sans maison construite, parfois sans épouse ni enfants, et marqué par la maladie. D’autres peinent même à revenir, faute de moyens, jusqu’à ce que des parents inquiets se lancent à leur recherche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien souvent, ce sont les familles restées au village qui assument le coût du retour : les soins, les charges matérielles et les blessures symboliques de la réintégration. Le retour devient un fardeau collectif, révélateur d’une solidarité familiale mise à rude épreuve par l’échec structurel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, réduire ces trajectoires à de simples échecs individuels serait une erreur. Les revenants portent un capital invisible : expériences urbaines, savoir-faire pratiques, endurance forgée dans l’adversité. Dans un Sahel en mutation, ils pourraient devenir des médiateurs entre ville et campagne, entre économie informelle et initiatives locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce potentiel reste largement inexploité. Le développement demeure cloisonné, sectorisé, laissant les individus et les familles absorber seuls les coûts humains des mutations économiques. Les politiques inclusives font défaut, et le cycle de l’errance se perpétue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La figure du revenant révèle ainsi moins des échecs personnels que l’implosion d’un modèle désarticulé, incapable d’offrir des trajectoires viables à sa jeunesse. Tant que partir signifiera déracinement et revenir humiliation, l’errance produira de la survie plutôt que de la dignité. Il est temps d’investir dans ces « ni-ni », non comme des laissés-pour-compte, mais comme des ponts vivants entre des mondes que le développement a trop longtemps opposés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Qui est le Circus Baobab, la troupe qui a enflammé l’investiture de Mamadi Doumbouya ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 08:27:04 +0000</pubDate>
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<p>Le 17 janvier 2026, le Circus Baobab a émerveillé le public avec une prestation inoubliable au stade Lansana Conté de Conakry.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sous un soleil éclatant, le stade Lansana Conté de Conakry s’est transformé en piste de cirque le 17 janvier 2026. En quelques minutes d’une performance époustouflante, le Circus Baobab, fierté nationale et pionnier du cirque africain, — en collaboration avec petit Kandia&nbsp;— a conquis le public venu assister à l’investiture du président Mamadi Doumbouya. Une prestation haute en couleur qui rappelle le parcours exceptionnel de cette troupe guinéenne, entre art, engagement social et rayonnement international.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le samedi 17 janvier 2026, le stade Lansana Conté de Conakry vibrait d’une énergie singulière. Alors que la Guinée célébrait l’investiture du président Mamadi Doumbouya, un moment d’art et de grâce a suspendu le temps : la performance envoûtante du Circus Baobab, en tandem avec petit Kandia. Pendant une dizaine de minutes, cette troupe de cirque guinéenne a captivé le public par un mélange d’acrobaties spectaculaires, de rythmes percussifs et de chorégraphies inspirées des traditions africaines, en mettant en valeur les quatre régions naturelles de la Guinée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-legende-du-cirque-africain-contemporain"><strong>Une légende du cirque africain contemporain</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Né en 1998, Circus Baobab est la première troupe de cirque itinérante d’Afrique de l’Ouest. Issue du Centre National des Arts Acrobatiques de Conakry, elle a su imposer un style unique, à la croisée des traditions africaines – danses, percussions, acrobaties au sol – et des techniques circassiennes occidentales, comme le trapèze volant et la contorsion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet est né d’une idée du réalisateur français Laurent Chevallier, qui rêvait de filmer un cirque africain itinérant. Avec le soutien de Telivel Diallo, alors directeur national de la Culture en Guinée, et de Pierrot Bidon, fondateur du célèbre cirque Archaos, 28 jeunes – 8 filles et 20 garçons – issus des rues de Conakry ont été sélectionnés pour former la première génération du Circus Baobab.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après deux ans d’entraînement intensif, la troupe a donné sa première tournée en 2000, avec un décor monumental en forme de baobab sculpté dans le teck. Ce spectacle, immortalisé dans le documentaire <em>Circus Baobab</em> sorti en 2001, a marqué le début d’une aventure artistique et humaine sans précédent.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-creations-inspirees-et-engagees"><strong>Des créations inspirées et engagées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Leur premier spectacle, <em>La Légende du Singe Tambourinaire</em>, s’inspire d’un mythe bambara et allie virtuosité acrobatique et musique traditionnelle. Puis viennent <em>Les Tambours Sauteurs</em> (2002-2004), une fresque satirique sur la vie urbaine guinéenne, et <em>Nimba</em>, hommage à la féminité et aux esprits protecteurs de la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur création actuelle, <em>Yé ! (L’Eau)</em>, explore la symbolique de l’eau en Afrique de l’Ouest à travers un mélange d’acrobaties aériennes, de breakdance et de rythmes électroniques. Treize artistes âgés de 18 à 32 ans y livrent une performance à la fois poétique et spectaculaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une période de silence à partir de 2009, le Circus Baobab a connu une véritable renaissance en 2021 sous l’impulsion de Kerfalla Bakala Camara et du collectif Terya Circus, avec la bénédiction des fondateurs. La troupe a retrouvé son souffle tout en assumant un rôle social fort. Elle forme désormais des enfants des rues et des jeunes filles aux arts du cirque, sur les plages de Conakry et au Centre Keïta-Fodéba.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension humaniste, qui mêle insertion, éducation et valorisation des traditions, confère au Circus Baobab une place à part dans le paysage culturel africain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-etoile-africaine-au-firmament-du-cirque-mondial"><strong>Une étoile africaine au firmament du cirque mondial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Reconnue à l’international, la troupe a participé à de nombreux festivals en Europe, notamment à Monte-Carlo, à la Scala de Paris et dans plusieurs capitales africaines et européennes entre 2024 et 2026. En 2024, elle a été récompensée aux Victoires de la Musique guinéennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le Circus Baobab prépare un nouveau spectacle, <em>Yongo Yély</em>, consacré à la lutte contre l’excision — un projet audacieux qui confirme son engagement pour une culture à la fois libre, moderne et profondément enracinée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Symbole de la vitalité culturelle guinéenne, le Circus Baobab incarne la créativité, la jeunesse et la résilience d’un continent en mouvement. Leur performance lors de l’investiture du président Doumbouya n’était pas seulement un moment de divertissement : c’était une célébration de l’identité africaine dans toute sa puissance et sa beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : à la Biennale de Tombouctou, culture, médias et jeunesse unis pour refonder l’État</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 14:40:32 +0000</pubDate>
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<p>La Biennale de Tombouctou 2025 met en avant des discussions cruciales sur la culture et la jeunesse. Ne manquez pas cet événement culturel important.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Ce lundi 22 décembre 2025, l’amphithéâtre de l’Institut Ahmed Baba de Tombouctou a accueilli deux panels majeurs dans le cadre de la Biennale. Le premier, « Culture, levier pour la Refondation de l’État », animé par l’ancien ministre Mohamed S. Coulibaly, a ouvert la réflexion sur les fondements identitaires. Le second, « Médias, jeunesse et patrimoine culturel : rôles, enjeux, défis et perspectives », conduit par Dr Banzoumana Traoré, a mis en avant la transmission culturelle aux jeunes générations. &nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les panels ont été modérés par Mme Maye Assanatou Niaré, qui a su canaliser les échanges avec rigueur et ouverture. La rencontre s’est déroulée en présence du Chef de cabinet du Ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Salia Malé, représentant le Ministre Mamou Daffé. Cette présence officielle a renforcé la portée institutionnelle de l’événement, confirmant l’importance accordée par les autorités à la culture comme pilier de la refondation nationale. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-presence-institutionnelle-affirmee"><strong>Une présence institutionnelle affirmée</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son intervention, Mohamed S. Coulibaly a insisté sur la nécessité de replacer la culture au centre des politiques publiques. Selon lui, la refondation de l’État ne peut se concevoir sans une identité forte, enracinée dans les valeurs et traditions nationales. La culture devient ainsi un instrument de cohésion sociale et de légitimation institutionnelle. Elle permet de rétablir la confiance entre citoyens et institutions, en offrant un socle commun qui transcende les clivages politiques et communautaires. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias-.jpeg"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias--1024x683.jpeg" alt="Panel sur culture et médias" class="wp-image-20613" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias--1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias--300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias--768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias--585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias--263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias--600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/Panel-sur-culture-et-medias-.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Panel sur Culture et médias au cœur de la refondation, le 22 décembre, à la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou. © Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien ministre Coulibaly a également souligné que la culture n’est pas une simple mémoire figée, mais une ressource vivante qui doit être constamment nourrie et protégée. Il a appelé à une responsabilité collective, impliquant les pouvoirs publics, les acteurs culturels et la société civile. Pour lui, la refondation passe par une gouvernance culturelle inclusive, capable de valoriser les savoirs endogènes et de les articuler avec les dynamiques contemporaines. Ce processus exige une volonté politique ferme et une mobilisation citoyenne durable. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-culture-comme-levier-de-refondation"><strong>La culture comme levier de refondation</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le second panel a mis en lumière le rôle essentiel des médias dans la transmission des valeurs culturelles aux jeunes générations. Les médias, par leur capacité à informer, sensibiliser et démocratiser l’accès au patrimoine, deviennent des vecteurs puissants de visibilité et de mobilisation. La jeunesse, quant à elle, est appelée à jouer un rôle central, non seulement comme public récepteur, mais aussi comme acteur créatif et innovant, capable de transformer le patrimoine en une ressource vivante et dynamique. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son exposé, Dr Banzoumana Traoré a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée pour assurer la durabilité des ressources patrimoniales à l’ère du numérique. Selon lui, les médias responsables et la jeunesse engagée peuvent transformer le patrimoine culturel en un récit attractif et inclusif. Il a rappelé que ce triptyque médias-jeunesse-patrimoine constitue un levier stratégique, appelant à des politiques publiques inclusives, des partenariats multi-acteurs et une gouvernance culturelle innovante au service des générations présentes et futures. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-medias-et-jeunesse-un-tandem-strategique"><strong>Médias et jeunesse, un tandem stratégique</strong><strong></strong></h2>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel-1024x683.jpeg" alt="panel" class="wp-image-20614" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel-1024x683.jpeg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel-300x200.jpeg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel-768x512.jpeg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel-585x390.jpeg 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel-263x175.jpeg 263w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel-600x400.jpeg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2025/12/panel.jpeg 1080w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Des participants au panel sur Culture et médias au cœur de la refondation, le 22 décembre, à la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou. © Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les débats ont également mis en avant la dimension sociale du patrimoine culturel. En tant que mémoire collective, il favorise le dialogue interculturel et la compréhension mutuelle entre communautés. Sa préservation et sa valorisation contribuent à renforcer la cohésion nationale et à prévenir les fractures sociales. Les intervenants ont insisté sur l’urgence de mobiliser la jeunesse autour de cette mission, afin de garantir un avenir durable et inclusif, où chaque citoyen se reconnaît dans l’héritage commun. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants ont identifié plusieurs défis majeurs : la fragilité des infrastructures culturelles, le manque de financement, la nécessité de former les jeunes aux métiers du patrimoine et l’adaptation aux mutations numériques. Ils ont également évoqué les perspectives prometteuses qu’offre la synergie entre médias et jeunesse. En investissant dans l’éducation culturelle et en développant des partenariats innovants, il devient possible de transformer ces défis en opportunités pour renforcer la place de la culture dans la refondation nationale. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Biennale de Tombouctou 2025 s’impose ainsi comme un espace de réflexion et d’action, où culture, médias et jeunesse convergent pour bâtir un avenir inclusif. Les panels organisés à l’Institut Ahmed Baba témoignent de la volonté des acteurs institutionnels et culturels de faire de la culture un levier stratégique. En mobilisant la jeunesse et en responsabilisant les médias, Tombouctou réaffirme son rôle historique de carrefour intellectuel et culturel, porteur d’un message universel de paix, de cohésion et de développement durable. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé spécial à Tombouctou&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Afrique–Europe : le sommet du réalisme et des rééquilibrages</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Nov 2025 09:06:50 +0000</pubDate>
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<p>Le Sommet Afrique-Europe à Luanda en 2025 a célébré 25 ans d'amitiés et de défis entre l'Afrique et l'Europe.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>À Luanda, entre promesses renouvelées et ambitions contenues, Africains et Européens ont tenté de redonner souffle à une relation vieille d’un quart de siècle. Plus qu’un sommet diplomatique, celui de 2025 s’est voulu un test grandeur nature pour un partenariat à la croisée des chemins.</em></strong></em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le soleil implacable de Luanda, les 24 et 25 novembre 2025,&nbsp;chefs d’État, diplomates et stratèges&nbsp;venus des deux rives de la Méditerranée ont célébré un anniversaire symbolique :&nbsp;25 ans de partenariat UA-UE.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière les sourires et les poignées de main, un constat s’imposait :&nbsp;l’Afrique n’est plus la même, et&nbsp;l’Europe non plus. L’une revendique son autonomie stratégique, l’autre cherche à préserver son influence dans un continent désormais convoité par Pékin, Moscou et Ankara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème choisi –&nbsp;<em>« Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif »</em>&nbsp;– sonnait presque comme un plaidoyer : celui d’un&nbsp;multilatéralisme de survie, à l’heure où les fractures mondiales se creusent et où les alliances se recomposent.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-partenariat-en-quete-d-equilibre"><strong>Un partenariat en quête d’équilibre</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">João Lourenço, hôte du sommet et président angolais, a donné le ton d’entrée :&nbsp;<em>« Ce partenariat doit désormais se penser d’égal à égal. »</em><em>&nbsp;</em>Les représentants européens ont acquiescé, parfois à contre-cœur. Car si le discours du respect mutuel s’impose,&nbsp;la réalité des rapports économiques et sécuritaires reste profondément asymétrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Europe, fidèle à sa stratégie de «&nbsp;<em>Global Gateway</em>&nbsp;» — son contrepoids au rouleau compresseur chinois des Nouvelles Routes de la soie —, a promis&nbsp;150 milliards d’euros d’investissements&nbsp;sur le continent africain. Mais l’Afrique, de son côté,&nbsp;n’entend plus être une périphérie de la prospérité européenne&nbsp;: elle veut des transferts de technologie, une industrialisation réelle et une part plus équitable dans la création de valeur.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-ombre-du-sahel-et-la-tentation-de-la-souverainete"><strong>L’ombre du Sahel et la tentation de la souveraineté</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur des échanges, les crises africaines ont plané comme des spectres familiers :&nbsp;Sahel, Soudan, RDC, Corne de l’Afrique.&nbsp;L’Europe plaide pour une stabilité régionale ; l’Afrique, elle, exige désormais la&nbsp;souveraineté dans la gestion de ses conflits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’échec des dispositifs de sécurité imposés par l’extérieur – du G5 Sahel à la MINUSMA – hante encore les esprits.&nbsp;L’UA réclame que les opérations de paix africaines soient&nbsp;financées directement par l’ONU, avec un soutien renforcé du&nbsp;Fonds européen pour la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre en Ukraine, omniprésente dans les discussions, a aussi révélé un clivage :&nbsp;l’Afrique refuse de s’aligner, préférant le pragmatisme des alliances multiples au suivisme diplomatique.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-du-climat-a-la-connectivite-les-nouveaux-chantiers"><strong>Du climat à la connectivité : les nouveaux chantiers</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le sommet a aussi voulu parler d’avenir.&nbsp;L’Afrique&nbsp;et l’Europe se sont engagées à&nbsp;fournir une énergie propre à 100 millions d’Africains d’ici 2030, tout en&nbsp;accélérant la transformation numérique&nbsp;du continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière ces promesses se cache une bataille d’intérêts : celle des&nbsp;minéraux critiques, du&nbsp;lithium congolais au cobalt zambien, qui alimente les industries vertes européennes.&nbsp;L’Afrique réclame que cette transition écologique ne soit pas&nbsp;un nouveau pacte de dépendance, mais un levier d’industrialisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le commerce, la&nbsp;ZLECAf&nbsp;(Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) est apparue comme le grand pari africain, encore fragile mais porteur d’espoir. L’Europe, en retour, a promis d’adapter certaines de ses politiques commerciales, notamment sur la&nbsp;taxe carbone aux frontières, jugée injuste par les pays du Sud.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-afrique-jeune-une-europe-vieillissante"><strong>Une Afrique jeune, une Europe vieillissante</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les deux continents, le fossé générationnel saute aux yeux.&nbsp;L’Afrique,&nbsp;plus jeune que jamais, aspire à l’emploi, à la mobilité, à la reconnaissance.&nbsp;L’Europe,&nbsp;plus vieillissante, redoute l’immigration mais a besoin de talents et de main-d’œuvre.&nbsp;La question migratoire, abordée avec diplomatie, reste le grand non-dit de ce partenariat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dirigeants africains ont insisté sur&nbsp;l’autonomisation des jeunes et des femmes, tandis que Bruxelles a mis l’accent sur&nbsp;la migration légale et maîtrisée&nbsp;— un euphémisme pour contenir sans fermer.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-multilateralisme-a-reinventer"><strong>Un multilatéralisme à réinventer</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l’appel à une&nbsp;réforme du Conseil de sécurité de l’ONU&nbsp;et des&nbsp;institutions financières internationales&nbsp;a fait consensus.&nbsp;Les Africains veulent&nbsp;siéger à la table où se décident les règles du monde, et non plus dans la salle d’attente du développement.&nbsp;L’Europe, consciente de la perte de son monopole moral, s’y est montrée favorable… du moins sur le papier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;déclaration finale, forte de 49 points, se veut ambitieuse.&nbsp;Mais à Luanda, chacun savait que la crédibilité du partenariat UA-UE ne se jouera plus sur les communiqués, mais sur les&nbsp;résultats tangibles.&nbsp;Le continent africain ne veut plus de promesses creuses : il veut&nbsp;des routes, des usines, des emplois, des satellites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’heure où le monde entre dans une ère de compétition globale,&nbsp;le partenariat Afrique–Europe doit prouver qu’il peut encore être une alliance d’intérêt et non de dépendance.&nbsp;Ce sommet de 2025 aura au moins eu un mérite : rappeler que&nbsp;le temps des illusions postcoloniales est révolu, et que l’Afrique, désormais,&nbsp;parle d’égal à égal.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Recyclage, numérique, mode : la révolution silencieuse des jeunes de Bamako</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Oct 2025 08:27:10 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez l'Entrepreneuriat jeunes au Mali et comment la jeunesse de Bamako transforme l'économie locale grâce à l'innovation.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À Bamako, la jeunesse prend son destin en main. Face au chômage et à la précarité, de nombreux jeunes se tournent vers l’entrepreneuriat pour créer, innover et subvenir à leurs besoins. Entre recyclage, services numériques, mode ou petite restauration, ils participent à transformer la capitale malienne. Dans le formel comme dans l’informel, ces acteurs du quotidien redonnent vie à l’économie locale et redéfinissent la place de la jeunesse dans la construction du Mali urbain de demain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, les signes de dynamisme ne manquent pas. Des petites entreprises poussent dans presque tous les quartiers. Derrière ces initiatives, des jeunes comme Fatoumata Traoré, diplômée en gestion, qui a lancé un atelier de recyclage de plastiques à Magnambougou. Son projet attire l’attention de plusieurs associations locales, mais le financement reste son principal obstacle. «&nbsp;<em>Je voulais transformer les déchets en objets utiles, mais aussi créer de l’emploi pour les jeunes filles du quartier</em>&nbsp;», confie-t-elle, le regard déterminé.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un autre coin de la ville, Ibrahim Diarra, informaticien de formation, a créé une start-up spécialisée dans les services numériques pour artisans. Son application relie peintres, maçons et plombiers à des clients. «&nbsp;<em>Notre objectif, c’est de donner de la visibilité à ceux qui travaillent dans l’ombre</em>&nbsp;», explique-t-il ajoutant que ces initiatives, bien qu’encore fragiles, traduisent une volonté de changement et une conscience citoyenne nouvelle chez la jeunesse bamakoise.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-innovation-et-debrouillardise"><strong>Entre innovation et débrouillardise</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour beaucoup de jeunes, entreprendre n’est pas un choix, mais une nécessité. Le chômage, surtout chez les diplômés, pousse à inventer de nouvelles formes d’activité. C’est le cas de Boubacar Sangaré, vendeur ambulant devenu créateur de mode avec un parcours qui illustre cette génération qui transforme l’informel en tremplin vers le formel. «&nbsp;<em>Au départ, je vendais des t-shirts dans la rue. Aujourd’hui, j’ai un atelier et j’emploie trois jeunes</em>&nbsp;», dit-il avec fierté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’innovation n’est pas toujours synonyme de réussite. Beaucoup d’initiatives prometteuses meurent faute d’accompagnement. Des jeunes artisans, restaurateurs ou réparateurs de téléphones travaillent dur mais manquent de formation en gestion ou en marketing. «&nbsp;<em>On se débrouille comme on peut, mais sans soutien, c’est difficile d’aller loin&nbsp;</em>», regrette Awa Dembélé, vendeuse de jus naturels à Lafiabougou qui témoigne que l’énergie entrepreneuriale de Bamako se heurte encore à un manque de structures d’appui efficaces. Malgré tout, la jeunesse doit se montrer coopérative en soutenant les autorités de leur pays&nbsp;: «&nbsp;<em>Nous montrons chaque jour à l’ennemi que nous sommes prêts, que nous sommes déterminés et que nous ne reculerons pas. L’avenir de notre pays dépend de notre persévérance.&nbsp;</em>», a déclaré le président du Conseil national de la jeunesse (CNJ), Sory Ibrahim Cissé, le 16 octobre 2025, à l’issue d’une audience que leur avait accordé le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-informel-moteur-invisible-de-la-ville"><strong>L’informel, moteur invisible de la ville</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les marchés, les garages, les kiosques et les ateliers, des milliers de jeunes bâtissent l’économie informelle. Cette force discrète fait vivre des familles entières, mais reste largement négligée. À Banconi, Yacouba Coulibaly, réparateur de motos, emploie deux apprentis. «&nbsp;<em>Je n’ai pas fait de grandes études, mais j’ai appris à réparer avec passion. Si j’avais un petit crédit, je pourrais agrandir mon atelier</em>&nbsp;», explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces jeunes, souvent sans statut légal, peinent à obtenir un prêt ou à ouvrir un compte bancaire. Pourtant, ils participent activement à la vitalité urbaine. Le défi reste de leur offrir un cadre qui favorise leur épanouissement. Certains programmes publics tentent d’apporter des solutions, mais les démarches administratives et le manque d’informations freinent encore beaucoup d’entre eux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-initiatives-publiques-et-privees-en-soutien"><strong>Des initiatives publiques et privées en soutien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Conscientes du potentiel de la jeunesse, plusieurs institutions et ONG accompagnent désormais l’entrepreneuriat. Le Fonds d’Appui à la Création d’Entreprises par les Jeunes (FACEJ), soutenu par la Banque mondiale et par des partenaires internationaux, offre des formations en leadership et en gestion financière, ainsi que des financements pour les projets portés par des jeunes de 18 à 35 ans. Grâce à ce dispositif, plusieurs jeunes à Bamako ont pu formaliser leurs activités et générer des emplois locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de la Transition encouragent également la création d’entreprises locales à travers des programmes comme le Fonds d’Appui à l’Insertion des Jeunes (FAIJ) et le partenariat ANPE–CAECE Jigiseme, lancé en 2025 pour accompagner et financer mille porteurs de projets à travers le pays. Mais sur le terrain, les bénéficiaires dénoncent parfois la lenteur des procédures administratives et le manque d’informations. Pour Fatoumata Traoré, citée plus haut, «&nbsp;<em>les programmes existent, mais il faut les rendre plus accessibles à ceux qui n’ont pas de relations</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-jeunesse-actrice-du-changement"><strong>Une jeunesse actrice du changement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De la rive droite à la rive gauche du fleuve Niger, Bamako bouillonne d’idées et d’initiatives. Ces jeunes qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale ne cherchent pas seulement à s’enrichir. Ils veulent transformer leur environnement. «&nbsp;<em>Nous sommes la génération qui doit prouver que tout n’est pas perdu&nbsp;</em>», affirme Ibrahim Diarra.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les obstacles, la jeunesse bamakoise fait preuve d’un courage exemplaire. Elle construit, innove et inspire. Ses succès, petits ou grands, redessinent peu à peu le visage du Mali urbain. Et même dans l’informel, là où l’État est souvent absent, s’écrit silencieusement une nouvelle histoire économique et sociale du pays. Selon le président du CNJ, Sory Ibrahim Cissé, «&nbsp;<em>La jeunesse malienne doit jouer pleinement son rôle&nbsp;</em>» dans l’accompagnement des idéaux du Mali Kura, pour un Mali uni, souverain, prospère et respecté sur la scène internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : cinq ans pour briser le miroir colonial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2025 10:31:21 +0000</pubDate>
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<p>Cinq ans de souveraineté : une transition qui a ouvert les yeux sur les vérités cachées du néocolonialisme en Afrique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Cinq années de transition ont suffi à mettre à nu ce que l’on taisait depuis des décennies : la duplicité des interventions militaires occidentales, le piège dans la diplomatie, le pillage organisé des ressources africaines. Au Mali, la rupture assumée avec l’Occident a ouvert les yeux d’un continent entier. Désormais, le mensonge néocolonial ne passe plus.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On se souvient du fracas du 18 août 2020. Un coup d’État militaire, vite suivi d’un second, faisait basculer le Mali dans ce que d’aucuns appellent encore avec dédain « <em>une parenthèse</em> ». Cinq ans plus tard, il faut se rendre à <a href="https://saheltribune.com/le-second-mandat-de-donald-trump-un-miroir-des-defis-de-lafrique-et-du-monde/">l’évidence</a> ; cette transition, prolongée, mal aimée à l’étranger, souvent décriée par les commentateurs de salon, aura produit un effet inattendu. Elle a décillé les yeux. Pas seulement ceux des Maliens, mais, par ricochet, ceux d’un continent entier.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-plus-barkhane-montait-en-puissance-plus-les-drapeaux-noirs-s-etendaient"><strong>Plus Barkhane montait en puissance, plus les drapeaux noirs s’étendaient</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car sous nos tropiques, il est des vérités qu’on savait, qu’on chuchotait, mais qu’on n’osait pas dire trop fort, bien que des groupements de citoyens commençaient déjà à les dénoncer à travers des manifestations ou des lettres ouvertes. La transition malienne, elle, les a jetées à la face du monde. L’échec français dans la guerre contre le terrorisme ? Acté. La duplicité du franc CFA, cette monnaie coloniale qui perdure sous un vernis d’indépendance ? Révélée. Le pillage en règle des ressources naturelles africaines par des <a href="https://saheltribune.com/souverainete-economique-le-mali-rachete-la-mine-dor-de-morila/">multinationales étrangères </a>? Démontré, preuves à l’appui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et voilà qu’au détour d’une <a href="https://saheltribune.com/bnda-un-capital-majoritairement-nationalise-pour-le-developpement-agricole/">décision de souveraineté</a> — l’expulsion des forces Barkhane en 2022 — le peuple malien découvre que neuf années de présence militaire française avaient non pas réduit la menace djihadiste, mais coïncidé avec son expansion. Cruelle ironie : plus Barkhane montait en puissance, plus les drapeaux noirs s’étendaient. À Bamako, les autorités parlent aujourd’hui de libération. Et dans les rues de Ouagadougou ou de Niamey, des foules acclament ce choix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nationalisation-des-mines-strategiques-nbsp"><strong>Nationalisation des mines stratégiques&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre tabou brisé : celui du franc CFA. Depuis 1945, cet instrument sert d’ancrage aux économies d’Afrique de l’Ouest. Mais à qui profite-t-il ? Certainement pas aux peuples. Comme le rappelait&nbsp;<a href="https://bamada.net/ce-nest-pas-une-monnaie-africaine-le-franc-cfa-est-un-obstacle-a-la-souverainete-economique-du-continent-affirme-le-professeur-moussa-diallo">un économiste malien</a>&nbsp;en 2024 : «&nbsp;<em>Le CFA, celui qui le détient ne l’utilise pas. Celui qui l’utilise, ne le détient pas.&nbsp;</em>» En d’autres termes, une monnaie sans souveraineté. Quand Bamako décide d’ouvrir ce débat, c’est tout un continent qui réalise l’absurdité d’un système monétaire sous tutelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a l’or. Ce métal qui brille à Londres et à Dubaï, mais qui laisse la terre malienne exsangue. <a href="https://www.africangoldreport.org/fr/mali" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Soixante-cinq tonnes</a> extraites chaque année, dont les profits échappent largement au pays. En janvier 2025, la <a href="https://lactualite.com/actualites/le-mali-saisit-trois-tonnes-dor-de-la-canadienne-barrick-dans-un-litige-fiscal/#:~:text=Un%20haut%20responsable%20de%20Barrick,pas%20autoris%C3%A9%20%C3%A0%20parler%20publiquement." target="_blank" rel="noreferrer noopener">saisie de trois tonnes d’or</a> appartenant à Barrick Gold, d’une valeur de 240 millions d’euros, a servi d’électrochoc. Pour la première fois, l’opinion découvre comment ses richesses étaient siphonnées par des compagnies étrangères sous couvert de contrats léonins. Depuis, le Burkina Faso et le Niger ont suivi, nationalisant à leur tour des mines stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il encore parler de l’uranium ? Ressource vitale pour les centrales françaises, dont&nbsp;<a href="https://afriquexxi.info/L-uranium-nigerien-au-service-de-la-grandeur-de-la-France">30 % provenait</a>&nbsp;du seul Niger. On comprend mieux, dès lors, l’obsession sécuritaire de Paris dans la région. Il ne s’agissait pas seulement de protéger Bamako, Niamey ou Ouagadougou, mais aussi d’assurer le courant électrique de Marseille et de Lyon.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-voile-s-est-leve"><strong>Le voile s’est levé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s’esquisse, c’est une recomposition géopolitique. Au Mali, la coopération avec Moscou et Pékin, moquée par les chancelleries occidentales, a permis d’affirmer une évidence : l’Afrique n’est pas condamnée à choisir toujours la même tutelle. En septembre 2024, l’élévation des relations Mali–Chine au rang de <a href="https://www.studiotamani.org/171664-le-mali-et-la-chine-vers-un-partenariat-strategique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>partenariat stratégique </em>»</a> illustre cette diversification. Quant à la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), en septembre 2023, confédération entre Mali, Niger et Burkina, elle marque un séisme politique : sortie de la CEDEAO, projet de monnaie commune, solidarité régionale affichée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, tout n’est pas rose. La situation sécuritaire demeure précaire, les attaques djihadistes continuent, l’économie malienne souffre d’un assèchement des financements extérieurs. Mais l’essentiel est ailleurs : le voile s’est levé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mali-a-servi-de-miroir"><strong>Le Mali a servi de miroir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car ce que cinq années de transition ont légué, c’est un vocabulaire, une grille de lecture nouvelle. « <em><a href="https://saheltribune.com/aes-la-souverainete-au-coeur-de-lengagement/">Souveraineté</a></em> », « <em>panafricanisme</em> », « <em>anti-impérialisme</em> » : des mots qu’on croyait désuets, qu’on entendait dans les manuels d’histoire, et qui redeviennent des armes politiques. Pour la jeunesse africaine, hyperconnectée et avide d’images, c’est un récit mobilisateur. Les « <em>videomans</em> » maliens qui relaient en bambara les discours anti-impérialistes d’Assimi Goïta touchent plus de cœurs que n’importe quelle dépêche de l’AFP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors oui, il y a des limites, des excès, des contradictions. Mais il y a aussi une certitude : le Mali a servi de miroir. Dans ce miroir, les Africains ont vu l’étendue du pillage, la complicité de leurs élites, et la possibilité d’un autre chemin. Que ce chemin mène au salut ou au désastre, l’histoire le dira. Mais une chose est sûre : les yeux sont désormais ouverts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et un continent qui ouvre les yeux ne les referme jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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