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	<title>Archives des Islam &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
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	<title>Archives des Islam &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : Assimi Goïta place l’Aïd El-Fitr sous le signe de la cohésion nationale et du renouveau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2026 18:09:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Revivez les moments marquants de la célébration de l’Aïd El-Fitr au palais de Koulouba avec des messages de partage et d'espoir.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>À l’occasion de la célébration de l’Aïd El-Fitr, le 19 mars 2026, au palais de Koulouba, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a délivré un message à forte portée spirituelle et politique. Entouré des membres du gouvernement et de ses collaborateurs, le chef de l’État malien a fait de cette fête religieuse un moment de communion, de partage, mais aussi de projection stratégique pour le pays.</em></strong></p>



<p>Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et économiques persistants, le mois de Ramadan 2026 aura été, selon les autorités, un temps de rassemblement et de renforcement du lien social. Lors de son sermon, l’imam de la mosquée de Koulouba, Abdrahamane Touré, a insisté sur trois valeurs cardinales : le pardon, la solidarité et la foi.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-moment-de-communion-de-partage-et-de-pardon"><strong>« Un moment de communion, de partage et de pardon »</strong></h2>



<p>Il a également salué plusieurs initiatives gouvernementales menées durant cette période, notamment l’opération « <em>Sunkalo Solidarité</em> », à travers laquelle des membres du gouvernement ont partagé la rupture du jeûne avec des populations issues de diverses couches sociales à travers le pays. Une démarche perçue comme un symbole de proximité entre gouvernants et gouvernés.</p>



<p>Dans une déclaration prononcée à l’issue de la prière, le général Assimi Goïta a inscrit cette célébration dans une dynamique de cohésion nationale.</p>



<p>« <em>Je voudrais rendre grâce à Allah le Tout-Puissant qui nous a donné l’opportunité de célébrer l’Aïd El-Fitr, un moment de communion, de partage et surtout de pardon</em> », a-t-il affirmé, tout en mettant en avant les efforts du gouvernement pour renforcer la solidarité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-signaux-economiques-et-sociaux-mis-en-avant"><strong>Des signaux économiques et sociaux mis en avant</strong></h2>



<p>Au-delà du registre spirituel, le chef de l’État a évoqué les premières retombées des réformes engagées dans le secteur minier. Il a notamment souligné la redistribution de plus de 18,4 milliards de francs CFA au profit des collectivités territoriales. Un geste qu’il présente comme un levier de développement local et une illustration de la volonté des autorités de mieux partager les ressources nationales.</p>



<p>Dans la même dynamique, il a rappelé la décision de consacrer les années 2026 et 2027 à l’éducation et à la culture. Une orientation stratégique visant à refonder le système éducatif et à valoriser le capital humain. Une ambition qui s’inscrit dans la vision souverainiste portée par la Transition.</p>



<p>Sur le plan sécuritaire, le président de la Transition a salué les actions des forces armées engagées dans la lutte contre les groupes armés terroristes. Il a également annoncé la mise en place d’un Observatoire pour la paix et la réconciliation nationale, dont la coordination sera assurée par Ousmane Issoufi Maïga, ancien Premier ministre.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-hommages-et-reconnaissance-nationale"><strong>Hommages et reconnaissance nationale</strong></h2>



<p>Cette structure vise à renforcer la cohésion sociale et à consolider la stabilité du pays, dans un contexte où les enjeux sécuritaires demeurent étroitement liés aux dynamiques sociales et politiques.</p>



<p>Le chef de l’État a conclu son intervention en rendant hommage aux forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux acteurs économiques, notamment les transporteurs, pour leur contribution à l’approvisionnement du pays en produits de première nécessité.</p>



<p>Il a également eu une pensée pour les victimes civiles et militaires du conflit, saluant leur sacrifice et adressant ses vœux de prompt rétablissement aux blessés.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sahel : au-delà du djihadisme, la bataille des puissances</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 08:22:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Sahel traverse une crise sans précédent où le terrorisme devient un outil géopolitique. Au Mali, la lutte pour la souveraineté et la dignité nationale redéfinit le destin de toute une région.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Au-delà des affrontements armés, le Sahel livre une bataille existentielle : celle de sa souveraineté et de son récit. Derrière le voile du terrorisme, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, décrypte une guerre d’influence où se mêlent intérêts géostratégiques, manipulations idéologiques et luttes internes pour le contrôle des ressources. Entre fracture et résilience, le Mali et ses voisins cherchent à reconquérir non seulement leurs territoires, mais aussi leur dignité républicaine.</em></strong></p>



<p>Le Sahel est aujourd’hui le théâtre d’une crise profonde qui n’est ni le fruit du hasard ni une fatalité inscrite dans son histoire. Le terrorisme qui s’y déploie depuis plus d’une décennie dépasse largement le cadre d’un phénomène local, spontané ou strictement religieux. Il s’agit d’un outil politique, savamment conçu et entretenu, visant à affaiblir les États, fracturer les sociétés et maintenir cette région stratégique dans un état d’instabilité chronique. L’explosion de violences au Mali, au Nigeria, en Somalie, au Congo ou au Mozambique traduit moins une contagion idéologique qu’un mécanisme géopolitique qui façonne le destin des peuples à leur insu.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-souverainete-condition-premiere-de-la-victoire-sahelienne">La souveraineté, condition première de la victoire sahélienne</h3>



<p>Les autorités sahéliennes en ont compris l’enjeu. Le président nigérien Abdouramane Tiani a souligné que la lutte actuelle est «&nbsp;<em>une guerre existentielle</em>&nbsp;», bien au-delà d’un simple affrontement militaire. Il s’agit d’un combat pour que les peuples du Sahel puissent enfin jouir librement de leurs ressources et de leur souveraineté. Au Mali, cette conviction est partagée par la diplomatie et les forces armées. Aucune victoire durable ne sera possible sans une souveraineté pleine et entière — c’est-à-dire un État capable de se défendre, de décider ses stratégies et de diriger son propre destin.</p>



<p>Le terrorisme prospère sur les failles profondes de la gouvernance. Là où les contradictions internes ne sont pas résolues et où les ressources naturelles sont mal exploitées ou captées par des réseaux opaques, la violence s’installe. Elle n’est que rarement un choix idéologique à part entière&nbsp;; elle devient surtout un marché lucratif pour trafiquants, milices politico-identitaires et entreprises clandestines qui voient dans le chaos une source de prospérité. Sous le masque d’une «&nbsp;<em>guerre sainte</em>&nbsp;», ces groupes défendent avant tout des intérêts économiques, géostratégiques et des agendas qui n’ont rien de religieux.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-islam-instrumentalise-une-trahison-spirituelle-et-culturelle">L’islam instrumentalisé : une trahison spirituelle et culturelle</h3>



<p>L’instrumentalisation de l’islam est au cœur de cette stratégie. Les groupes terroristes utilisent un vocabulaire moral et religieux qu’ils ne respectent jamais. Leur prétendue rigueur n’est qu’une façade destinée à intimider et séduire une jeunesse en quête de repères. Les premières victimes sont les musulmans eux-mêmes&nbsp;: hommes, femmes et enfants pris en otage par une doctrine sans racines locales, étrangère aux traditions sahéliennes. Tombouctou incarne tristement cette contradiction&nbsp;: cité phare de la civilisation islamique, elle a été profanée par des insurgés se réclamant de la foi qu’ils trahissent.</p>



<p>Même la question du voile au Mali illustre ce décalage. Pendant des siècles, les femmes musulmanes du pays ont intégré cette pratique dans un rapport culturel et spirituel authentique, libre de contraintes dogmatiques imposées. Aujourd’hui, des pressions radicales tentent d’imposer un modèle étranger à la réalité sociale locale, ignorant l’histoire et l’enracinement progressif de l’islam au Mali. Cette rupture montre que les groupes armés ne véhiculent aucune tradition, mais une idéologie hostile à la vie même des sociétés qu’ils prétendent défendre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-terrorisme-ennemi-de-la-republique">Le terrorisme, ennemi de la République</h3>



<p>Au-delà des dimensions morale et culturelle, le projet terroriste cible prioritairement l’espace rural, pilier de l’économie sahélienne. Partout où avance le terrorisme, c’est la désertification humaine qui s’installe&nbsp;: villages vidés, champs abandonnés, pasteurs forcés à l’exil, marchés fermés. Ce phénomène n’est pas accidentel, mais méthodique&nbsp;: les campagnes deviennent des zones sanctuarisées, hors contrôle étatique, où s’imposent les groupes armés qui prélèvent la dîme, imposent leur loi et recrutent la jeunesse privée d’avenir. En détruisant la ruralité, ils menacent la continuité même de la nation.</p>



<p>Le terrorisme est anti-républicain par essence&nbsp;: il s’attaque à la dignité, aux droits, à l’égalité et au pluralisme — piliers de l’idéal républicain sahélien. Là où la République veut garantir la liberté, il instaure la peur&nbsp;; là où l’État cherche à rassembler, il divise&nbsp;; là où les sociétés veulent dialoguer, il impose le silence. Mais ce projet ne survivrait pas sans les acteurs «&nbsp;<em>arépublicains&nbsp;</em>»&nbsp;: entrepreneurs de violence, trafiquants transfrontaliers, intermédiaires économiques, notables déchus, certains responsables locaux ambigus voire des puissances étrangères qui tirent profit du chaos. Ces facilitateurs, qui ne sont pas terroristes de profession, nourrissent et entretiennent le désordre.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-reprendre-le-controle-du-recit-national">Reprendre le contrôle du récit national</h3>



<p>Une lutte véritable contre ce fléau ne saurait être superficielle ou ambiguë. Elle doit être sincère avant d’être médiatisée, active plutôt qu’affichée. Les États sahéliens ne demandent pas une simple assistance sécuritaire, mais une reconnaissance claire de leur droit souverain&nbsp;: celui de se défendre, de choisir leurs alliances et de rompre avec des tutelles paternalistes. La souveraineté reste la principale arme contre le terrorisme. Un État qui ne maîtrise pas sa politique sécuritaire perd le contrôle de son territoire, de ses ressources et de son avenir. Sans cela, il est voué à sombrer, comme l’avait prévu la situation malienne avant la mobilisation populaire et militaire remarquablement résiliente.</p>



<p>Dans ce combat, la communication stratégique est cruciale. Donner la parole au chaos, c’est nourrir ce même chaos. Les États doivent reprendre le contrôle du récit national. La victoire contre le terrorisme est autant psychologique que militaire. Elle exige une unité nationale forte, une cohésion des institutions, une mobilisation citoyenne autour des valeurs républicaines, et le renforcement des capacités étatiques, notamment dans les campagnes. La souveraineté ne doit pas rester un simple slogan, mais redevenir une exigence morale et politique concrète.</p>



<p>Le Sahel n’est donc pas condamné à l’instabilité. Ses peuples ont prouvé leur capacité de résistance, de renaissance et leur aspiration profonde à vivre dignement. Le terrorisme, aussi violent soit-il, n’est qu’un épisode transitoire dans l’histoire longue de nations forgées par la lutte, la foi et la culture. Ce qui se joue aujourd’hui au Mali n’est pas seulement une question de sécurité, mais bien une bataille pour la dignité républicaine, la souveraineté politique et la possibilité même de décider librement de leur avenir.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : contre des propos « blasphématoires », des milliers de personnes protestent à Bamako</title>
		<link>https://saheltribune.com/mali-contre-des-propos-blasphematoires-des-milliers-de-personnes-protestent-a-bamako/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Nov 2022 10:54:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Pour dénoncer des actes blasphématoires à l’encontre de l’Islam et ses valeurs, une forte mobilisation a eu lieu à Bamako, vendredi 4 novembre 2022, à l’appel du Haut conseil islamique du Mali. Plusieurs milliers de fidèles ont répondu à l’appel de l’organisation islamique. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong>Pour dénoncer des actes blasphématoires à l’encontre de l’Islam et ses valeurs, une forte mobilisation a eu lieu à Bamako, vendredi&nbsp;4&nbsp;novembre 2022, à l’appel du Haut conseil islamique du Mali. Plusieurs&nbsp;milliers de fidèles ont répondu à l’appel de l’organisation islamique. C’était en présence de plusieurs leaders religieux, dont Ousmane Cherif Madani Haidara et l’Imam Mahmoud Dicko.</strong></p>



<p>Les manifestants sont venus nombreux sur la place de l’indépendance de la capitale malienne, Bamako. Une foule considérable. Plusieurs milliers des personnes ont répondu présentes à&nbsp;l’appel&nbsp;du Haut conseil islamique du Mali.</p>



<p>Le dimanche 30 octobre, une vidéo, dans laquelle un homme tient des <a href="https://www.jeuneafrique.com/1390001/politique/mali-la-video-dun-homme-marchant-sur-le-coran-declenche-une-violente-polemique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">propos virulents sur l’islam</a>, est devenue virale sur les réseaux sociaux. Cela a provoqué un déferlement de colère chez les Maliens. Pour montrer leur exaspération vis-à-vis de ces propos dits « <em>diffamatoires</em> », les fidèles musulmans du Mali ont décidé d’organiser un meeting de « <em>protestation contre les <a href="https://www.msn.com/fr-fr/news/monde/mali-appel-c3-a0-manifester-apr-c3-a8s-la-diffusion-dune-vid-c3-a9o-blasph-c3-a9matoire-contre-lislam/ar-AA13IwUq" target="_blank" rel="noreferrer noopener">phénomènes blasphématoires</a> à l’encontre de l’Islam et ses valeurs</em> ».</p>



<p>Sur les pancartes des manifestants, nous pouvions lire certains propos comme « <em>le coran est sacré</em> » ; « <em>nous détestons celui qui déteste le prophète (PSL)</em> » ; « <em>nous aimons celui qui aime le prophète (PSL)</em> » ; « <em>le prophète est notre guide</em> ». D’autres scandaient : « <em>plus jamais ça au Mali</em> ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><a href="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako-1024x768.jpg" alt="Mobilisation à Bamako" class="wp-image-11297" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako-1024x768.jpg 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako-600x450.jpg 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako-300x225.jpg 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako-768x576.jpg 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako-150x113.jpg 150w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako-696x522.jpg 696w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako-1068x801.jpg 1068w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2022/11/Mobilisation-a-Bamako.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Mobilisation des fidèles à Bamako, le 4 novembre 2022.<img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4f7.png" alt="📷" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />Ibrahim Djitteye/Sahel Tribune. </figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’implication des pouvoirs publics</strong></h3>



<p>Au cours de la <a href="https://information.tv5monde.com/video/mali-des-milliers-de-manifestants-defilent-bamako-pour-denoncer-un-blaspheme">manifestation</a>, les responsables du Haut conseil islamique du Mali ont condamné, « <em>avec la dernière énergie, ces actes et propos blasphématoires, blessant dans leur foi tant de fidèles musulmans à travers le monde et qui constituent des menaces pour la paix et la stabilité sociale</em> ».</p>



<p>L’organisation islamique du Mali dit apprécier « <em>hautement</em> » les déclarations de condamnation des autorités de « <em>ces actes</em> » et « <em>la promptitude avec laquelle des pouvoirs judiciaires ont engagé des poursuites contre <a href="https://saheltribune.com/dans-la-conscience-humaine-le-divin-garde-t-il-encore-plus-de-place/">l’auteur et ses complices</a></em> ».</p>



<p>Elle exhorte les pouvoirs publics à&nbsp;mettre « <em>rapidement</em> » un terme aux activités de toute personne ou groupe de personnes jugées « <em>blasphématoires contre la religion, et généralement menées au nom d’une compréhension erronée de la liberté de la presse et de la laïcité </em>».</p>



<p>En outre, le secrétaire général du haut conseil islamique,&nbsp;Mamadou Diamoutani a, au nom de l’organisation, appelé les musulmans à la retenue, au respect de l’autorité religieuse dans la gestion d’une telle situation, conformément à l’enseignement de l’Islam. Il a appelé les fidèles au calme tout en les rassurant de la détermination du HCIM à suivre de près l’évolution du dossier judiciaire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Six personnes en détention</strong></h3>



<p><a href="https://www.msn.com/fr-xl/news/other/mali-six-personnes-plac-c3-a9es-en-d-c3-a9tention-provisoire-pour-d-c3-a9lit-c3-a0-caract-c3-a8re-religieux/ar-AA13KnRI" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Six personnes </a>ont été placées, jeudi 3 novembre, en détention provisoire au Mali pour « <em>délit à caractère religieux pouvant causer des troubles à l’ordre public </em>». Il s’agit notamment de l’écrivain Doumbi Fakoly, de l’ami intime et d’un jeune frère de l’auteur des propos dits « <em>blasphématoires</em> » et trois autres personnes plus ou moins proches de lui.</p>



<p>Notons que l’homme qui a tenu ces propos est toujours en fuite. Il serait adepte du <a href="https://www.bing.com/ck/a?!&amp;&amp;p=36dafef02c4b576aJmltdHM9MTY2NzYwNjQwMCZpZ3VpZD0zNGI0NWU5YS03MjNiLTY0YzgtMmNjNi00ZTJjNzNkYjY1MjMmaW5zaWQ9NTI3OQ&amp;ptn=3&amp;hsh=3&amp;fclid=34b45e9a-723b-64c8-2cc6-4e2c73db6523&amp;psq=K%c3%a9mitisme&amp;u=a1aHR0cHM6Ly93d3cubGVmaWdhcm8uZnIvbGVmaWdhcm9tYWdhemluZS8yMDA2LzA2LzA5LzAxMDA2LTIwMDYwNjA5QVJUTUFHOTAzODEtbGVzX2lkZWVzX25vaXJlc19kZV9sYV90cmlidV9rYS5waHA&amp;ntb=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kémitisme</a>, <a href="https://saheltribune.com/dieu-nest-pas-un-fonds-de-commerce/">mouvement spirituel</a> inspiré de l’Égypte antique. Les six personnes en détention seraient issues de ce mouvement souvent qualifié de secte. Il a comme leader, Doumbi Fakoly.  </p>



<p><strong>Ibrahim Djitteye</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Les religieux sont-ils en train de prendre le pouvoir au Mali ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2020 17:27:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>De nombreux observateurs des dynamiques politiques maliennes se demandent aujourd’hui si les religieux sont en train de prendre le pouvoir dans le pays. En effet, le 5 juin et le 19 juin 2020, à l’appel de trois organisations – la Coordination des mouvements et associations sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS) ; le mouvement Espoir Mali koura (EMK) ; et le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) </p>
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<p><a href="https://theconversation.com/profiles/boubacar-haidara-562199">Boubacar Haidara</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-bordeaux-montaigne-2611">Université Bordeaux </a></em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-bordeaux-montaigne-2611" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Montaigne</em> </a>and <a href="https://theconversation.com/profiles/lamine-savane-760620">Lamine </a><a href="https://theconversation.com/profiles/lamine-savane-760620" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Savane</a>, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-montpellier-2403">Université de Montpellier</a></em></p>



<p>De nombreux observateurs des dynamiques politiques maliennes se demandent aujourd’hui si les <a href="https://www.cairn.info/revue-multitudes-2013-1-page-9.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">religieux </a><a href="https://www.cairn.info/revue-multitudes-2013-1-page-9.htm">sont en train de prendre le pouvoir dans le pays</a>. En effet, le 5 juin et le 19 juin 2020, à l’appel de trois organisations – la Coordination des mouvements et associations sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS) ; le mouvement Espoir Mali koura (EMK) ; et le Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD) –, plusieurs milliers de Maliens <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/mali-la-demonstration-de-force-de-l-imam-mahmoud-dicko-06-06-2020-2378736_3826.php">ont </a><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/mali-la-demonstration-de-force-de-l-imam-mahmoud-dicko-06-06-2020-2378736_3826.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">convergé </a><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/mali-la-demonstration-de-force-de-l-imam-mahmoud-dicko-06-06-2020-2378736_3826.php">vers la Place de l’Indépendance à Bamako</a> pour réclamer la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta. Si les deux dernières organisations sont explicitement politiques, la première est un mouvement à dimension religieuse, notamment islamique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une alliance hétéroclite à visée commune</h2>



<p>La CMAS, mise en place en septembre 2019, s’appuie sur une rhétorique de dénonciation par l’imam de la <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/00083968.2019.1667247">« </a><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/00083968.2019.1667247" target="_blank" rel="noreferrer noopener">gouvernance </a><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/00083968.2019.1667247">catastrophique »</a> du pays. Ce qui laisse penser qu’elle constitue un <a href="https://www.voaafrique.com/a/mali-limam-mahmood-dicko-lance-son-mouvement-et-fait-un-pas-plus-en-politique/5074117.html">outil de </a><a href="https://www.voaafrique.com/a/mali-limam-mahmood-dicko-lance-son-mouvement-et-fait-un-pas-plus-en-politique/5074117.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">combat </a>contre la corruption et contre des politiques qui auraient trahi le peuple malien.</p>



<p>L’imam Mahmoud Dicko a fondé sa notoriété en tant que président du Haut Conseil Islamique du Mali (2008-2019), à travers les <a href="https://journals.openedition.org/civilisations/3918#xd_co_f=MjBjZjEyMDIyZmRkMDgwMzQ0MjE1Nzg5OTcxMDQ4MjQ=%7E">différentes luttes </a><a href="https://journals.openedition.org/civilisations/3918#xd_co_f=MjBjZjEyMDIyZmRkMDgwMzQ0MjE1Nzg5OTcxMDQ4MjQ=%7E" target="_blank" rel="noreferrer noopener">politiques </a>qu’il a menées dans ce cadre. Il <a href="https://theconversation.com/influence-politique-de-lislam-au-mali-fiction-ou-realite-exageree-116960">s’est illustré </a><a href="https://theconversation.com/influence-politique-de-lislam-au-mali-fiction-ou-realite-exageree-116960" target="_blank" rel="noreferrer noopener">par </a><a href="https://theconversation.com/influence-politique-de-lislam-au-mali-fiction-ou-realite-exageree-116960">son combat</a> contre le Code de la famille entre 2009 et 2011 ; son implication dans la résolution de la crise depuis 2012 ; son rôle dans l’élection présidentielle de 2013 ; son opposition à l’éducation sexuelle en 2019, etc. L’imam a bien compris que sa seule force repose sur sa capacité à mobiliser les populations. D’où cette structure qui lui offre une plate-forme pour poursuivre ses combats et continuer de peser sur la scène politique nationale.</p>



<p>Étant donné la méfiance des populations maliennes à l’égard du politique, les religieux apparaissent comme des responsables en lesquels les citoyens peuvent encore avoir confiance, et les seuls en mesure de les mobiliser. L’opposition politique – en l’occurrence l’EMK, et le FSD qui est une coalition de partis de l’opposition – semble avoir très bien intégré ce constat en s’alliant avec le mouvement de l’imam. C’est ensemble, et sous le leadership de Mahmoud Dicko, qu’ils ont appelé, avec succès, les Maliens à sortir massivement dans la rue et à demander la démission du président de la République.</p>



<p>Les différents leaders de la manifestation – dont d’anciens ministres de l’actuel président et le militant anti-corruption libéré récemment <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/05/23/mali-clement-dembele-opposant-politique-et-militant-anti-corruption-recouvre-la-liberte_6040515_3212.html">Clément Dembélé</a> – se sont succédé au pupitre du podium pour lancer à tour de rôle leurs diatribes.</p>



<p>L’ampleur des mobilisations que l’imam initie fait de lui, sans conteste, le premier opposant politique au Mali. La coalition hétéroclite à l’origine des manifestations s’est transformée en <a href="https://information.tv5monde.com/afrique/mali-une-manifestation-reclame-le-depart-d-ibk-bamako-364076">Mouvement du 5 </a><a href="https://information.tv5monde.com/afrique/mali-une-manifestation-reclame-le-depart-d-ibk-bamako-364076" target="_blank" rel="noreferrer noopener">juin</a><a href="https://information.tv5monde.com/afrique/mali-une-manifestation-reclame-le-depart-d-ibk-bamako-364076">–Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP)</a>, qui rassemble désormais une pléthore de partis et de personnalités politiques. Le M5-RFP ne cesse d’enregistrer des renforts de poids comme <a href="https://www.maliweb.net/politique/mme-sy-kadiatousow-a-propos-dibk-il-naccepte-pas-quon-ne-soit-pas-daccord-avec-lui-ca-le-met-dans-tous-ses-etats-2856671.html">Mme Sy </a><a href="https://www.maliweb.net/politique/mme-sy-kadiatousow-a-propos-dibk-il-naccepte-pas-quon-ne-soit-pas-daccord-avec-lui-ca-le-met-dans-tous-ses-etats-2856671.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kadiatou </a><a href="https://www.maliweb.net/politique/mme-sy-kadiatousow-a-propos-dibk-il-naccepte-pas-quon-ne-soit-pas-daccord-avec-lui-ca-le-met-dans-tous-ses-etats-2856671.html">Sow</a>, ancienne ministre, ou encore <a href="https://www.jeuneafrique.com/581466/politique/presidentielle-au-mali-modibo-sidibe-le-mandat-dibk-a-ete-un-echec/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Modibo </a><a href="https://www.jeuneafrique.com/581466/politique/presidentielle-au-mali-modibo-sidibe-le-mandat-dibk-a-ete-un-echec/">Sidibé</a> ancien premier ministre, qui n’avaient pas pris part à la marche du 5 juin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les religieux prévoiraient-ils de conquérir le pouvoir&nbsp;?</h2>



<p>La grande critique venant des partisans du pouvoir à l’encontre le M5-RFP – du fait du leadership de l’imam Dicko, certes adepte d’un islam rigoriste – est de dire qu’il serait porté par un islamiste au service de ses alliés djihadistes du Nord et du Centre. Le principal constat qui découle des événements actuels est, en tout état de cause, l’accroissement de la légitimité d’une partie des élites religieuses au détriment des élites politiques qui voient la leur se détériorer progressivement depuis deux décennies.</p>



<p>Le manque de dynamique pour espérer le changement que le président Ibrahim Boubacar Keïta avait incarné au moment de son élection en 2013 a fini par convaincre de nombreux Maliens qu’il n’est plus la solution. « Boua dessera, Boua Ka bla » (en langue bambara, « le vieux ne peut plus, qu’il laisse le pouvoir »), slogan lancé par l’activiste et animateur Ras Bath, est désormais <a href="https://www.jeuneafrique.com/628367/politique/ras-bath-nous-nirons-pas-aux-legislatives-car-elles-ne-seront-pas-transparentes/">repris par les </a><a href="https://www.jeuneafrique.com/628367/politique/ras-bath-nous-nirons-pas-aux-legislatives-car-elles-ne-seront-pas-transparentes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">manifestants</a>.</p>



<p>Depuis son implication dans l’élection du président en 2013, quand il soutint fermement la candidature d’Ibrahim Boubacar Keïta, l’intérêt de l’imam Dicko pour la politique n’est plus à démontrer. Dans le discours qu’il a prononcé le 5&nbsp;juin dernier, il ne manqua pas de présenter ses excuses au peuple malien pour l’avoir induit en erreur en l’appelant à voter pour l’actuel président. Les dernières manifestations et appels à la démission dont il est à l’origine seraient en quelque sorte une façon pour lui de corriger cette erreur.</p>



<p>Il paraît peu probable que l’imam entreprenne de conquérir directement le pouvoir. Il semble en outre avoir bien compris que le mouvement de contestation <a href="https://lamenparle.hypotheses.org/448" target="_blank" rel="noreferrer noopener">péricliterait </a><a href="https://lamenparle.hypotheses.org/448">au moindre soupçon d’une volonté d’imposition de la charia</a> dans le cas où le président quitterait le pouvoir. D’ailleurs, il s’est désormais écarté en se positionnant plutôt comme une autorité morale « au-dessus de la mêlée », qui a bien évidemment son mot à dire. Aborder la question sous un angle purement religieux, c’est aussi minimiser le caractère hétéroclite de ce mouvement auquel sont venus s’agréger tous ceux qui sont mécontents du pouvoir.</p>



<p>L’imam Dicko dispose sans aucun doute d’une grande influence sur la scène sociale et politique, et il vient encore une fois de le démontrer. Cependant, nous l’avons dit, il est très peu probable qu’il tente de prendre personnellement le pouvoir. Ne serait-ce que parce que la participation directe au jeu électoral mettrait en évidence son réel poids politique&nbsp;; et un résultat dans les urnes qui serait en deçà des attentes et des espérances pourrait éroder son aura.</p>



<p>L’imam paraît conscient du fait que le rôle de superviseur du jeu politique – qu’il joue d’ailleurs très bien – lui convient mieux que celui d’acteur politique à proprement parler. En revanche, il contribuera (comme il l’a déjà fait par le passé) à soutenir et à porter au pouvoir la personnalité de son choix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un président en manque de légitimité</h2>



<p>Les partisans du président malien rappellent régulièrement aux contestataires qu’«&nbsp;IBK&nbsp;» a été confortablement élu. Ce rappel récurrent pourrait expliquer pourquoi le chef de l’État est peu sensible aux différentes critiques dont il fait l’objet. Sa réélection en 2018 l’a très certainement conforté dans ses certitudes et dans sa détermination à poursuivre la politique qu’il a menée depuis 2013. On peut ainsi supposer que dans son entendement, puisque les Maliens l’ont réélu, c’est que tout va bien, d’où une (presque) totale inconsidération vis-à-vis des revendications formulées lors des différentes manifestations.</p>



<p>Mais c’est oublier qu’il n’a été réélu en 2018&nbsp;que par une minorité de citoyens, d’où un décalage entre sa légalité en tant que président et sa légitimité populaire. Les acteurs de la manifestation du 5&nbsp;juin, en particulier Issa Kaou Ndjim, le coordinateur général de la CMAS, l’ont très bien compris. Sur les 20&nbsp;millions de Maliens, à peu près 8&nbsp;millions étaient inscrits sur les listes électorales (en 2018) et 2,5&nbsp;millions seulement se sont déplacés pour aller voter. IBK a été élu au second tour avec à peu près 1&nbsp;700&nbsp;000&nbsp;voix. Le suffrage universel n’imposant pas de seuil minimal à atteindre pour être élu, IBK est un président légal mais ce taux de participation extrêmement bas pèse sur sa légitimité. Dès lors, l’expression «&nbsp;élu confortablement&nbsp;» apparaît tout à fait relative. Penser que la majorité des Maliens approuve la politique d’IBK sous prétexte qu’il a été «&nbsp;confortablement élu&nbsp;» est quelque peu illusoire.</p>



<p>Les manifestations de l’ampleur de celles <a href="https://www.jeuneafrique.com/1003722/politique/mali-bamako-retient-son-souffle-avant-une-grande-manifestation/">du 5 et du 19 juin sont </a><a href="https://www.jeuneafrique.com/1003722/politique/mali-bamako-retient-son-souffle-avant-une-grande-manifestation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rares </a><a href="https://www.jeuneafrique.com/1003722/politique/mali-bamako-retient-son-souffle-avant-une-grande-manifestation/">dans le pays</a>. Leur succès provient de l’injustice sociale ressentie par une majorité de Maliens. Cette injustice sociale est le fait d’une <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/08/01/au-mali-le-systeme-est-infeste-par-la-corruption-et-les-citoyens-y-sont-habitues_5495410_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">corruption </a><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/08/01/au-mali-le-systeme-est-infeste-par-la-corruption-et-les-citoyens-y-sont-habitues_5495410_3212.html">endémique</a> qui voit les deniers publics être totalement accaparés par une minorité. Les financements alloués à l’armée, à l’éducation et aux secteurs vitaux de l’État <a href="https://www.djeliba24.com/administration-militaire-au-mali-au-moins-44-milliards-de-primes-de-soldats-detournes/">sont </a><a href="https://www.djeliba24.com/administration-militaire-au-mali-au-moins-44-milliards-de-primes-de-soldats-detournes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">détournés </a>au vu de tous sans aucune conséquence pour les auteurs.</p>



<p>S’y ajoutent la crise de l’école et une grève des enseignants qui dure depuis bientôt deux ans. En outre, l’insécurité a gagné des régions jusque-là épargnées. Dans ce contexte, les <a href="https://www.maliweb.net/politique/fraude-aux-legislatives-a-kati-des-forts-soupcons-pesent-sur-un-sous-prefet-la-cour-constitutionnelle-saisie-2870800.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">soupçons </a><a href="https://www.maliweb.net/politique/fraude-aux-legislatives-a-kati-des-forts-soupcons-pesent-sur-un-sous-prefet-la-cour-constitutionnelle-saisie-2870800.html">de fraude</a> concernant les dernières élections législatives (une trentaine de sièges ont été arrachés à l’opposition au profit du parti au pouvoir) ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.</p>



<p>Le bras de fer entre le président Keïta et l’imam Mahmoud Dicko semble avoir atteint un point de non-retour, et la dernière manifestation du vendredi 19 juin 2020 en a apporté une <a href="https://www.lepoint.fr/afrique/mali-a-bamako-les-manifestants-ne-veulent-plus-d-ibk-20-06-2020-2380949_3826.php">preuve </a><a href="https://www.lepoint.fr/afrique/mali-a-bamako-les-manifestants-ne-veulent-plus-d-ibk-20-06-2020-2380949_3826.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">supplémentaire</a>. La situation sociopolitique actuelle du pays est plus que jamais incertaine, dans la mesure où le M5-RFP a jusque-là refusé la « main tendue » et la proposition de dialogue du président IBK, exigeant simplement sa démission. Il reste à savoir si la dissolution de l’Assemblée nationale (un des principaux facteurs de la crise), et de la Cour constitutionnelle (qui a entériné la fraude électorale en installant les députés frauduleux) <a href="https://www.maliweb.net/societe/mali-la-societe-civile-propose-la-dissolution-du-parlement-et-la-demission-de-la-cour-constitutionnelle-2881429.html">demandées par </a><a href="https://www.maliweb.net/societe/mali-la-societe-civile-propose-la-dissolution-du-parlement-et-la-demission-de-la-cour-constitutionnelle-2881429.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’opposition </a>pourrait suffire à faire baisser la tension.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/boubacar-haidara-562199">Boubacar </a><a href="https://theconversation.com/profiles/boubacar-haidara-562199" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Haidara</a>, Chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM), Sciences-Po Bordeaux, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-bordeaux-montaigne-2611" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Université </a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-bordeaux-montaigne-2611">Bordeaux Montaigne</a></em> and <a href="https://theconversation.com/profiles/lamine-savane-760620" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lamine </a><a href="https://theconversation.com/profiles/lamine-savane-760620">Savane</a>, Docteur en science politique de l&rsquo;Université de Montpellier/ATER; Chercheeur associé au Laboratoire CEPEL (UMR 5112) CNRS, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-montpellier-2403">Université de </a><a href="https://theconversation.com/institutions/universite-de-montpellier-2403" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Montpellier</a></em></p>



<p>This article is republished from <a href="https://theconversation.com">The </a><a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conversation </a>under a Creative Commons license. Read the <a href="https://theconversation.com/les-religieux-sont-ils-en-train-de-prendre-le-pouvoir-au-mali-141085">original </a><a href="https://theconversation.com/les-religieux-sont-ils-en-train-de-prendre-le-pouvoir-au-mali-141085" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article</a>.</p>



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