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	<title>Archives des Interpol &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Trafic pharmaceutique : pourquoi les pilules de l’érection dominent le marché noir</title>
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		<pubDate>Fri, 08 May 2026 16:49:21 +0000</pubDate>
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<p>L’opération Pangea XVIII menée par INTERPOL dans 90 pays révèle une explosion du trafic de médicaments contrefaits, dominé par les pilules contre la dysfonction érectile. Internet, désinformation et marché noir alimentent un commerce dangereux pour la santé publique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L&rsquo;opération Pangea XVIII d&rsquo;INTERPOL, menée en mars 2026 dans 90 pays, révèle une vérité que beaucoup préfèrent taire : les médicaments contre la dysfonction érectile arrivent en tête des produits pharmaceutiques illicites les plus saisis dans le monde, devant même les antibiotiques et les analgésiques. Un marché gris florissant, dopé par internet et la désinformation.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de révélateur dans les chiffres que vient de publier INTERPOL. Parmi les 6,42 millions de doses de produits pharmaceutiques non approuvés ou contrefaits interceptées lors de l&rsquo;opération Pangea XVIII, menée du 10 au 23 mars 2026 dans 90 pays, la catégorie la plus saisie n&rsquo;est pas celle des drogues dures, ni même celle des antibiotiques. Ce sont les médicaments contre la dysfonction érectile : 682 317 doses confisquées à travers le monde. Devant les sédatifs (620 949), les analgésiques (502 611) et les antibiotiques (465 473).</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><a href="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile-.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="567" src="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--1024x567.png" alt="Médicaments contre la dysfonction érectile" class="wp-image-22294" srcset="https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--1024x567.png 1024w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--300x166.png 300w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--768x425.png 768w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--1536x851.png 1536w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--1920x1064.png 1920w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--1170x648.png 1170w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--585x324.png 585w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile--600x332.png 600w, https://saheltribune.com/wp-content/uploads/2026/05/Medicaments-contre-la-dysfonction-erectile-.png 2022w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Interpol, l&rsquo;agence policière intercontinentale, a saisi cette année pour 15,5 millions de dollars de produits contrefaits au niveau mondial, dominé par les pilules contre la dysfonction érectile. ©capture d&rsquo;écran. </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Un chiffre qui dit long sur les nouvelles anxiétés d&rsquo;une planète hyperconnectée, où la performance — y compris sexuelle — est devenue une injonction sociale autant qu&rsquo;un marché.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Viagra de contrebande, symptôme d&rsquo;un monde sous pression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La domination des médicaments contre la dysfonction érectile dans les statistiques d&rsquo;INTERPOL n&rsquo;est pas un hasard. Elle traduit une réalité socio-économique profonde : la demande mondiale pour ces produits explose, mais l&rsquo;accès légal reste freiné par la prescription médicale obligatoire, le coût élevé des traitements de marque et, dans de nombreux pays, la persistance d&rsquo;un tabou culturel autour de la sexualité masculine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Résultat : des millions d&rsquo;hommes se tournent vers internet, où des milliers de sites — souvent opérés depuis des zones grises juridictionnelles — proposent du sildénafil, du tadalafil ou leurs génériques à prix cassé, sans ordonnance, livrés discrètement à domicile. L&rsquo;opération Pangea XVIII a permis de démanteler ou de perturber environ 5 700 sites web, pages de réseaux sociaux et canaux en ligne utilisés pour commercialiser ces produits illicites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n&rsquo;est pas seulement juridique. Ces médicaments, lorsqu&rsquo;ils sont fabriqués en dehors de tout contrôle sanitaire, peuvent contenir des dosages erronés, des substances de substitution ou des contaminants dangereux. Les risques cardiovasculaires sont réels, en particulier pour des patients qui s&rsquo;auto-médicamentent sans bilan médical préalable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les médicaments amincissants et le mirage GLP-1</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la dysfonction érectile n&rsquo;est plus seule à structurer ce marché de l&rsquo;apparence et de la performance. Une nouvelle catégorie monte en puissance : les médicaments GLP-1, développés à l&rsquo;origine pour traiter le diabète de type 2 — le sémaglutide (Ozempic) et le tirzepatide en tête — et désormais massivement détournés pour la perte de poids.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La demande est telle que des réseaux criminels ont flairé le filon. En Thaïlande, un raid dans une clinique esthétique a conduit à la saisie de plus de 300 flacons de ces substances, stockés pour être distribués à des clients ayant passé commande via des plateformes en ligne. Les versions illicites, souvent fabriquées en Asie du Sud-Est, se vendent pour aussi peu que 10 dollars l&rsquo;unité — contre plusieurs centaines de dollars pour les produits officiels. Dans certains lots contrôlés, les vérificateurs ont retrouvé de la sibutramine, une molécule interdite dans de nombreux pays en raison de son association avec des crises cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Royaume-Uni en tête, l&rsquo;Afrique en ligne de mire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan géographique, le Royaume-Uni arrive en tête des pays ayant effectué les plus grandes saisies avec 2,12 millions de doses interceptées — un résultat qui reflète autant la vigueur des contrôles douaniers britanniques que l&rsquo;ampleur du marché illicite qui les alimente. La Colombie (1,47 million) et l&rsquo;Australie (752 617) complètent le podium.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté africain, le tableau est différent — et plus préoccupant. Si le Burkina Faso figure à la quatrième place mondiale avec 430 360 doses saisies, les produits interceptés sur le continent sont d&rsquo;une autre nature : analgésiques, antibiotiques et antipaludiques de qualité inférieure ou contrefaits, vendus dans des marchés informels à des populations qui n&rsquo;ont pas les moyens d&rsquo;accéder aux circuits pharmaceutiques officiels. La Côte d&rsquo;Ivoire a ainsi saisi une tonne entière d&rsquo;ibuprofène contrefait sur un seul véhicule. Au Cameroun, des milliers de flacons d&rsquo;antipaludiques falsifiés ont été interceptés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France, avec 109 748 doses saisies, ferme le classement des dix premiers pays — une présence dans ce palmarès peu enviable qui illustre que nul pays développé n&rsquo;est à l&rsquo;abri de ce trafic.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;ivermectine, des parasites aux théories complotistes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;opération Pangea XVIII a également mis en lumière un phénomène inquiétant : le retour en force des antiparasitaires, et notamment de l&rsquo;ivermectine et du fenbendazole — un vermifuge vétérinaire — dans les saisies mondiales. Une tendance que les enquêteurs n&rsquo;avaient plus observée à cette échelle depuis les pics de la pandémie de Covid-19.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;explication tient en un mot : désinformation. Des communautés en ligne, principalement anglophones mais de plus en plus multilingues, font la promotion de ces substances comme des «&nbsp;<em>traitements alternatifs contre le cancer&nbsp;</em>», au mépris des avertissements répétés des agences sanitaires. Commercialisés en «&nbsp;<em>kits de traitement</em>&nbsp;», ils contournent les réglementations en se présentant comme des compléments de santé. L&rsquo;Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, les États-Unis et le Royaume-Uni ont tous signalé des saisies importantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>INTERPOL tire la sonnette d&rsquo;alarme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, l&rsquo;opération Pangea XVIII aura mobilisé les forces de l&rsquo;ordre de 90 pays, conduit à 269 arrestations, démantelé 66 groupes criminels et généré 392 enquêtes. Les marchandises saisies sont valorisées à 15,5 millions de dollars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le secrétaire général d&rsquo;INTERPOL, Valdecy Urquiza, le message est sans ambiguïté : «&nbsp;<em>Les faux médicaments ne sont pas seulement une fraude — ils mettent des vies en danger. Les criminels exploitent les lacunes de surveillance en ciblant les personnes à la recherche d&rsquo;un traitement rapide ou abordable. Les conséquences peuvent être graves, voire mortelles</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lancée il y a près de vingt ans, l&rsquo;opération Pangea reste l&rsquo;un des rares dispositifs de coopération policière véritablement mondiaux dans ce domaine. Mais face à l&rsquo;essor du commerce en ligne et à la sophistication croissante des réseaux criminels, la course entre trafiquants et autorités sanitaires est loin d&rsquo;être terminée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Chronique — Sextorsion à Dakar : La mécanique de la honte</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 08:34:59 +0000</pubDate>
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<p>La sextorsion à Dakar met en lumière un phénomène de cybercriminalité qui affecte des milliers de victimes en Afrique de l'Ouest.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Sénégal, l’arrestation d’un homme soupçonné d’avoir orchestré pendant six ans un vaste chantage à la « sextape » remet en lumière un phénomène en pleine expansion&nbsp;: la sextorsion numérique. Entre technologies de pointe, complicité sociale et impuissance institutionnelle, l’Afrique de l’Ouest affronte une cybercriminalité qui se professionnalise, ciblant une jeunesse vulnérable dans le silence et la honte.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’appelait El Hadj Babacar Dioum. Du moins, c’est le nom inscrit sur la fiche d’arrestation que la division spéciale de la cybersécurité a glissée, jeudi&nbsp;17&nbsp;juillet, dans la main du procureur. Âgé de 38&nbsp;ans, domicilié à Dakar, sans profession déclarée mais probablement plus rentable que toutes celles répertoriées par l’ANPE. Son crime ? Un chantage numérique d’un raffinement presque industriel&nbsp;: 5 000 victimes sur six ans, et un silence général en guise d’aveu collectif.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-industrie-plus-rentable"><strong>Une industrie plus rentable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On croyait la « <em>sextape</em> » chasse gardée des stars et de leurs frasques numériques. Il n’en est rien. À Dakar, la mécanique de la honte était méticuleusement huilée. Sur deux sites parmi les plus consultés du pays, un pseudo à la sonorité historique — Kocc Barma — étalait les vidéos intimes de jeunes hommes et femmes, parfois mineurs, souvent piégés à leur insu. Puis venait le chantage, tarifé en moyenne à 300&nbsp;euros. Pas de sentiment, pas d’idéologie&nbsp;: juste le business, froid, implacable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’homme qui se cachait derrière ce théâtre de l’humiliation avait appris à brouiller ses traces&nbsp;: VPN, identités numériques falsifiées, paiement en cryptomonnaie. Une traque patiente, faite de recoupements bancaires et d’écoutes techniques, a permis aux policiers de mettre la main sur lui. Ils ont, dit-on, célébré l’arrestation comme une victoire d’étape. Ils auraient tort de s’y arrêter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car Dioum n’est pas un cas isolé. Il n’est que la face émergée d’une cybercriminalité en mutation rapide, ancrée désormais dans le tissu social ouest-africain. Depuis Lagos jusqu’à Abidjan, en passant par Accra ou Bamako, la fraude numérique, la sextorsion, le piratage de comptes bancaires ou les rançongiciels ne relèvent plus de l’anecdote criminelle. Ils forment une industrie. Mieux structurée que bien des PME locales, plus rentable que le commerce de la mangue séchée ou des téléphones reconditionnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-morts-numeriques-nbsp"><strong>Les morts numériques&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un signe ne trompe pas&nbsp;: la montée en puissance des « <em>Yahoo Boys</em> » au Nigeria, des « <em>Sakawa boys</em> » au Ghana, ou des « <em>brouteurs</em> » en Côte d’Ivoire. Tous jeunes, souvent diplômés, rarement sans ressources techniques. Leur arme n’est plus le revolver mais l’algorithme, le deepfake, la manipulation émotionnelle. Leurs victimes ? De jeunes hommes et femmes piégés sur les réseaux sociaux, exposés aux regards d’une société qui juge vite et protège peu. Une société où l’honneur familial l’emporte sur la plainte déposée. Résultat&nbsp;: la plupart des victimes préfèrent se taire, ravaler leur honte, et, parfois, se détruire. À Lagos, un adolescent américain de 17&nbsp;ans s’est suicidé six heures après avoir été piégé. L’Afrique n’a pas encore chiffré ses propres morts numériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le mal est plus profond encore. Il réside dans la vulnérabilité institutionnelle. En Afrique de l’Ouest, 90&nbsp;% des entreprises n’ont aucun protocole de cybersécurité. Moins d’un tiers des pays disposent d’un système de traitement des preuves numériques. La CEDEAO a beau multiplier les stratégies et les acronymes, rien ne remplace la volonté politique et l’investissement durable. Or, il est plus facile pour nos États de subventionner des élections que de financer une cellule d’enquête numérique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il alors désespérer ? Pas encore. Des opérations menées par Interpol ont déjà permis des centaines d’arrestations. Des plateformes de signalement voient le jour. Des juges s’intéressent enfin à ces affaires autrefois classées « <em>divers</em> ». Mais la route est longue, et le terrain miné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On dit que Kocc Barma, le vrai — celui du XVIIe&nbsp;siècle — était un philosophe wolof qui dénonçait l’injustice avec ironie. Que penserait-il de ce pseudonyme récupéré par un maître chanteur&nbsp;2.0 ? Sans doute qu’il est plus facile d’usurper un nom que d’en respecter l’héritage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette affaire, il ne reste plus qu’un espoir&nbsp;: que la honte change de camp.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Afrique de l’Ouest : sous les capots, le crime organisé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 May 2025 14:34:11 +0000</pubDate>
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<p>Explorez le lien entre le trafic automobile et le crime transnational en Afrique de l’Ouest à travers les révélations d’INTERPOL.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Derrière les carrosseries rutilantes et les plaques maquillées, INTERPOL a mis à nu un pan entier du crime organisé en Afrique de l’Ouest. En deux semaines, l’opération Safe Wheels a permis la détection de véhicules volés, l’ouverture d’enquêtes criminelles, et la révélation de réseaux tentaculaires reliant Lagos à Montréal, en passant par Abidjan, Ouagadougou et Niamey.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne sont ni des kalachnikovs ni des ballots de cocaïne. Ce sont des carrosseries lustrées, des moteurs japonais, des châssis français ou allemands. Et pourtant, derrière les carrosseries rutilantes, ce sont les rouages invisibles du crime organisé mondial qui apparaissent. Du 17 au 30 mars 2025, l’opération <em>Safe Wheels</em>, coordonnée par <a href="https://www.interpol.int/News-and-Events/News/2025/INTERPOL-targets-stolen-vehicle-trafficking-in-West-African-police-operation" target="_blank" rel="noreferrer noopener">INTERPOL</a> et conduite dans douze pays d’<a href="https://fr.apanews.net/business/lafrique-de-louest-nouvelle-plaque-tournante-pour-les-vehicules-voles-douanes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Afrique de l’Ouest</a>, a permis de saisir plus de 75 véhicules volés et de détecter près de 150 voitures signalées comme telles dans la base de données mondiale SMV (Stolen Motor Vehicles).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de n’être qu’une affaire de douanes ou de plaques d’immatriculation falsifiées, cette opération révèle une géographie parallèle du crime, où les Toyota canadiennes croisent les Peugeot françaises dans les ports nigérians, où les Lexus volées à Toronto réapparaissent dans des conteneurs à Lagos. En deux semaines seulement, ce sont 12 600 véhicules qui ont été inspectés, donnant lieu à 18 nouvelles enquêtes, et à l’identification de deux réseaux criminels internationaux. Le tout dans un dispositif régional mobilisant les services de <a href="https://www.instat-mali.org/laravel-filemanager/files/shares/pub/cmex-ctci4t20_pub.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">sécurité du Mali</a>, du Nigeria, du Ghana, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Togo et d’autres États frontaliers.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-route-du-crime-traverse-les-frontieres"><strong>Quand la route du crime traverse les frontières</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">À Lagos, les agents des douanes nigérianes ont intercepté six véhicules dissimulés dans des conteneurs prétendument venus du Canada. Quatre montraient des signes manifestes d’effraction. Grâce à l’interconnexion avec la base de données d’INTERPOL, l’origine canadienne du vol a été confirmée. De là, une collaboration a été immédiatement engagée avec le Bureau central d’INTERPOL à Ottawa, dans le cadre d’une chaîne d’échange d’informations en temps réel. C’est cela aussi, le monde contemporain du crime : décentralisé, transfrontalier, fluide comme une <a href="https://statafric.au.int/sites/default/files/2021-11/af-trade_yearbook2020_v4_comp-compresse.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">marchandise</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière chaque véhicule volé, ce sont souvent des logiques de blanchiment, de troc illégal, de financement d’activités illicites, voire, dans certains cas, de terrorisme qui se cachent. Le vol est l’amorce. La destination finale&nbsp;: une nébuleuse d’intérêts où convergent contrebandiers, groupes criminels et poches d’instabilité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-criminalite-roulante-une-menace-emergente"><strong>La criminalité roulante, une menace émergente</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Chaque année, des centaines de milliers de véhicules sont volés dans le monde, mais le vol n’est que le début du voyage</em> », résume David Caunter, directeur de la criminalité organisée et émergente à INTERPOL. Pour lui, les véhicules deviennent une monnaie d’échange, un actif mobile et discret dans l’économie souterraine mondiale. Et l’Afrique de l’Ouest, avec ses <a href="https://saheltribune.com/la-crise-silencieuse-du-sahel-le-role-du-trafic-de-drogue-dans-la-destabilisation-de-la-politique-au-sahel/">ports poreux</a>, ses réseaux logistiques informels et ses tensions sécuritaires, devient un hub stratégique de transit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette opération s’inscrit dans le cadre de « <em>Drive Out</em> », un programme soutenu par le gouvernement canadien, qui finance cette initiative conjointe contre le vol et le trafic de pièces automobiles. Plus que de simples infractions douanières, ce commerce alimente une architecture criminelle globale, souvent invisible, mais d’une efficacité redoutable.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-enjeu-securitaire-regional"><strong>L’enjeu sécuritaire régional</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait que le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Niger aient également participé à l’opération témoigne d’un tournant dans la coopération sécuritaire régionale. Dans un espace sahélien en recomposition, frappé par l’hydre du terrorisme et de l’instabilité institutionnelle, le <a href="https://www.agenceecofin.com/actualites/0611-82159-top-5-des-plus-gros-importateurs-de-vehicules-legers-doccasion-en-afrique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">trafic automobile </a>n’est pas une affaire marginale. Il est parfois un chaînon logistique entre la criminalité urbaine et les conflits ruraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En d’autres termes, <a href="https://www.unep.org/fr/actualites-et-recits/communique-de-presse/un-nouveau-rapport-des-nations-unies-detaille-les" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lutte contre l’insécurité</a> ne rime pas seulement avec contre-insurrection. Elle passe aussi par l’assainissement des ports, le filtrage des routes, le contrôle des flux matériels. Et dans cet exercice, l’outil SMV d’INTERPOL — utilisé en 2024 pour identifier 270 000 véhicules volés dans le monde — devient un levier stratégique.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-trafic-global-une-reponse-transnationale"><strong>Un trafic global, une réponse transnationale</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Safe Wheels</em>&nbsp;n’est peut-être qu’une opération ponctuelle, mais elle rappelle une évidence&nbsp;: le crime organisé ne connaît pas de frontières, et la réponse ne peut être que multilatérale. Chaque plaque retrouvée, chaque châssis scanné, chaque dossier croisé entre continents, c’est une pièce en moins dans le puzzle de l’impunité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique de l’Ouest, sous les capots des berlines trafiquées, ce sont les <a href="https://saheltribune.com/billet-bamako-capitale-du-chaos-routier-ou-est-passee-la-courtoisie/">nouvelles routes</a> du crime qui se dessinent. Et les États, un à un, apprennent à reprendre le contrôle du volant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Coup de filet mondial : le démantèlement des réseaux criminels ouest-africains</title>
		<link>https://saheltribune.com/coup-de-filet-mondial-le-demantelement-des-reseaux-criminels-ouest-africains/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jul 2024 15:47:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[argent sale]]></category>
		<category><![CDATA[criminalité transfrontalière]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez l'opération Jackal III d'INTERPOL et le démantèlement des réseaux criminels en Afrique de l'Ouest. Une lutte acharnée contre la criminalité financière.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’opération Jackal&nbsp;III, menée par INTERPOL, a démantelé de vastes réseaux criminels en Afrique de l’Ouest, saisissant des millions en actifs illégaux. Cette action, qui a conduit à 300&nbsp;arrestations, met en lumière l’ampleur de la criminalité financière dans la région.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parfois, la réalité dépasse la fiction. C’est ce que l’on pourrait penser en apprenant les résultats de l’opération Jackal&nbsp;III menée par INTERPOL, visant les groupes criminels d’Afrique de l’Ouest, notamment le tristement célèbre Black Axe. Cette opération mondiale, qui s’est déroulée du 10&nbsp;avril au 3&nbsp;juillet sur les cinq continents, a permis de démanteler des réseaux criminels dans 21&nbsp;pays. Des arrestations par centaines, la saisie de cryptomonnaies et d’articles de luxe pour une valeur totale de 3&nbsp;millions de dollars — voilà qui a de quoi faire réfléchir sur l’ampleur de la criminalité organisée.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-veritable-jeu-du-chat-et-de-la-souris"><strong>Un véritable jeu du chat et de la souris</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Le volume de la fraude financière provenant d’Afrique de l’Ouest est alarmant et croissant</em> », a déclaré Isaac Oginni, directeur du Centre de lutte contre la criminalité financière et la corruption (IFCACC) d’INTERPOL. Cette simple phrase résonne comme un signal d’alarme, mettant en lumière les défis sécuritaires auxquels l’Afrique de l’Ouest doit faire face. Mais au-delà des chiffres impressionnants, c’est la réalité des vies touchées par ces crimes qui nous interpelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique de l’Ouest, souvent perçue comme une région en plein essor économique, est en proie à une lutte acharnée contre des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués. Des familles ruinées, des personnes forcées de vendre leur maison ou de contracter des prêts massifs — ce sont là les conséquences dévastatrices de la fraude financière.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 160&nbsp;victimes de fraude ont été identifiées, certaines ayant perdu tout ce qu’elles avaient. Ces criminels, usant de mules d’argent et de comptes bancaires dispersés à travers le globe, s’adonnent à des activités de blanchiment d’argent d’une complexité insoupçonnée. C’est un véritable jeu du chat et de la souris entre les forces de l’ordre et ces malfaiteurs sophistiqués.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-failles-des-systemes-financiers-et-les-vulnerabilites-des-etats"><strong>Les failles des systèmes financiers et les vulnérabilités des États</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’opération Jackal&nbsp;III, avec ses 300&nbsp;arrestations et ses 720&nbsp;comptes bancaires bloqués, est un succès incontestable pour INTERPOL et les forces de police internationales. Mais c’est en Afrique de l’Ouest que cette victoire revêt une importance cruciale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les criminels opérant dans cette région exploitent non seulement les failles des systèmes financiers, mais aussi les vulnérabilités des États. « <em>En suivant les traces d’argent illégales dans le monde entier, INTERPOL et la communauté policière mondiale veillent à ce que, peu importe où ces criminels tentent de se cacher, ils seront poursuivis sans relâche et traduits en justice</em> », a affirmé Diego Verdun, chef du Bureau central national de l’Argentine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette victoire est aussi un rappel brutal de la persistance et de l’ingéniosité de ces réseaux criminels. La&nbsp;<em>Black Axe Confraternity</em>, fondée dans les années&nbsp;1970 au Nigeria, est devenue un des « <em>cults</em> » les plus puissants, avec des ramifications en Europe et au-delà. Leur implication dans la cyberfraude, la traite des êtres humains, le trafic de drogue et les crimes violents témoigne de leur capacité à s’adapter et à étendre leur influence maléfique.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-dirigeants-du-crime-organise-les-plus-dangereux-d-afrique-de-l-ouest"><strong>Les dirigeants du crime organisé les plus dangereux d’Afrique de l’Ouest</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le combat est loin d’être terminé. Si les résultats de l’opération Jackal&nbsp;III sont encourageants, ils soulignent aussi l’importance cruciale de la collaboration internationale pour affaiblir ces vastes réseaux criminels. « <em>En identifiant les suspects, en récupérant des fonds illicites et en mettant derrière les barreaux certains des dirigeants du crime organisé les plus dangereux d’Afrique de l’Ouest, nous sommes en mesure d’affaiblir leur influence et de réduire leur capacité à nuire aux communautés du monde entier</em> », a conclu Isaac Oginni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas seulement une bataille contre des criminels que mène INTERPOL, mais une lutte pour la sécurité et la justice en Afrique de l’Ouest et dans le monde entier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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