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	<title>Archives des instabilité politique &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des instabilité politique &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Pourquoi la CEDEAO frappe fort au Bénin mais hésite en Guinée-Bissau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Dec 2025 22:49:22 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez les menaces politiques en Afrique de l'Ouest à travers la sanction de la CEDEAO contre la Guinée Bissau.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Réunie en sommet ordinaire les 14 et 15 décembre 2025 à Abuja, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a dû faire face à deux crises politiques majeures survenues en moins d’un mois. D’un côté, une tentative de coup d’État déjouée au Bénin ; de l’autre, un coup réussi en Guinée-Bissau. Deux situations distinctes, deux réponses différentes, qui interrogent la cohérence stratégique et la crédibilité politique de l’organisation régionale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 décembre 2025, à l’aube, un groupe de soldats dissidents, se revendiquant du « <em>Comité militaire pour la refondation</em> » (CMR), a tenté de renverser le président béninois Patrice Talon. Menée par le lieutenant-colonel Pascal Tigri, l’opération a brièvement visé la télévision nationale et proclamé la suspension de la Constitution, avant d’être rapidement neutralisée par les Forces armées béninoises, restées loyales au pouvoir civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction de la CEDEAO a été immédiate et sans ambiguïté. Dès le jour même, la Commission a condamné une « <em>tentative de subversion de la volonté populaire </em>» et, fait rare, ordonné le déploiement d’éléments de sa force en attente sur le territoire béninois. Des contingents venus du Nigeria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone ont été mobilisés, dans une logique de stabilisation préventive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce déploiement marque la première activation effective de la force régionale depuis la crise gambienne de 2017. Il a été salué par les chefs d’État réunis à Abuja comme un signal clair adressé aux auteurs de coups de force. La CEDEAO entend désormais intervenir en amont pour protéger les institutions lorsqu’elles tiennent encore.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-guinee-bissau-entre-suspension-et-pressions-ciblees"><strong>La Guinée-Bissau, entre suspension et pressions ciblées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le contraste est saisissant avec la situation en Guinée-Bissau. Le 26 novembre 2025, un coup d’État militaire a renversé le président Umaro Sissoco Embalo. Face à ce changement politique à la tête de l’Etat, la CEDEAO a appliqué les mécanismes classiques prévus par son Protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance : suspension immédiate du pays de toutes les instances de décision et condamnation officielle du changement anticonstitutionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors du sommet d’Abuja, l’organisation est allée plus loin en rejetant fermement le calendrier de transition proposé par les nouvelles autorités du pays, qui envisageaient de conserver le pouvoir jusqu’en 2028. Les chefs d’État ont exigé un retour rapide à l’ordre constitutionnel et la mise en place d’une transition civile courte et inclusive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, sur le plan coercitif, la CEDEAO a opté pour une approche graduée. Plutôt que d’imposer immédiatement des sanctions économiques générales, elle a brandi la menace de sanctions ciblées — gel des avoirs et restrictions de déplacement — à l’encontre des individus entravant le processus de transition. À ce stade, aucune mesure concrète n’a encore été appliquée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cedeao-a-deux-vitesses"><strong>Une « CEDEAO à deux vitesses » ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette différence de traitement alimente les critiques. Plusieurs observateurs, dont le député sénégalais Guy Marius Sagna, dénoncent une organisation à géométrie variable : intervention militaire rapide lorsque le coup échoue, prudence diplomatique lorsque le coup réussit. Une lecture renforcée par le précédent du Niger en 2023, où la CEDEAO avait renoncé à une intervention militaire après de fortes résistances régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ses défenseurs, cette approche relève d’un pragmatisme assumé. La CEDEAO serait plus efficace dans la prévention que dans l’imposition forcée d’un retour à l’ordre constitutionnel, surtout dans des contextes où l’intervention armée risquerait d’aggraver l’instabilité ou de susciter un rejet populaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-mediation-etat-d-urgence-regional-et-defis-securitaires"><strong>Médiation, état d’urgence régional et défis sécuritaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Consciente des limites de sa seule posture répressive, la CEDEAO a également annoncé le déploiement imminent d’une mission de haut niveau en Guinée-Bissau, chargée de relancer le dialogue politique. Parallèlement, l’organisation a décidé d’intensifier sa coopération avec l’Union africaine et les Nations unies, notamment en Guinée Conakry, où des missions d’observation électorale accompagneront le scrutin présidentiel de fin décembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours avant le sommet, le président de la Commission, Omar Alieu Touray, avait d’ailleurs proclamé un « <em>état d’urgence régional </em>», soulignant la multiplication des changements anticonstitutionnels et la progression continue de la menace terroriste de la côte ivoirienne au nord du Nigeria.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-credibilite-sous-tension"><strong>Une crédibilité sous tension</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Abuja, la CEDEAO a réaffirmé sa politique de « <em>tolérance zéro </em>» envers les coups d’État. Mais entre démonstration de force au Bénin et prudence calculée en Guinée-Bissau, l’organisation avance sur une ligne étroite, contrainte par ses moyens militaires limités, ses divisions internes et une opinion publique de plus en plus critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La gestion du dossier bissau-guinéen sera déterminante. Sa capacité à obtenir une transition civile crédible, sans recourir à une escalade militaire ou à des sanctions aveugles, conditionnera largement la crédibilité future de la CEDEAO comme garante de l’ordre constitutionnel en Afrique de l’Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin : Talon sous escorte régionale</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Dec 2025 23:56:10 +0000</pubDate>
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<p>Comprenez le coup d'État au Bénin et la réaction de la CEDEAO pour maintenir la stabilité en Afrique de l'Ouest après la crise.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>En ordonnant le déploiement immédiat d’une force régionale pour soutenir le président Patrice Talon après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, la CEDEAO veut éviter qu’un nouveau domino ne tombe dans la région. Mais derrière cette démonstration de fermeté se joue une autre bataille : celle de la survie du dernier régime civil encore debout dans une Afrique de l’Ouest gagnée par la tentation des ruptures militaires. À Cotonou, le vent du Sahel a soufflé — et même s’il a été contenu, il a révélé l’essoufflement d’un modèle démocratique à bout de souffle.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La riposte a été immédiate. Moins de vingt-quatre heures après la tentative de&nbsp;changement de pouvoir&nbsp;manquée contre le président Patrice Talon, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a sorti la carte de la fermeté. Dans un communiqué publié ce dimanche soir à Abuja, l’organisation régionale a ordonné le&nbsp;déploiement «&nbsp;<em>immédiat&nbsp;</em>» d’éléments de la Force en attente&nbsp;sur le territoire béninois, afin de soutenir le gouvernement et de préserver «&nbsp;<em>l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale</em>&nbsp;» du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le texte signé par la Commission de la CEDEAO, la décision découle de l’article 25(e) du protocole de 1999, relatif au mécanisme de prévention et de maintien de la paix. Après consultations entre les chefs d’État et de gouvernement, Abuja a donc activé la clause de défense collective, transformant le Bénin en nouvelle ligne rouge du dispositif sécuritaire ouest-africain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-coalition-sous-banniere-nigeriane"><strong>Une coalition sous bannière nigériane</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La force régionale sera composée de troupes venues du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et de la Sierra Leone — les quatre piliers militaires du dispositif CEDEAO. Ce contingent, qui pourrait être déployé «&nbsp;<em>dans les prochaines heures</em>&nbsp;», aura pour mission de&nbsp;sécuriser Cotonou, les infrastructures stratégiques et les institutions républicaines, tandis que l’armée béninoise poursuit ses opérations contre les&nbsp;auteurs de la tentative de changement de régime&nbsp;retranchés dans la zone portuaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En clair, Abuja ne veut pas d’un nouveau «&nbsp;<em>cas malien&nbsp;</em>» au cœur du Golfe de Guinée. Depuis le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en janvier 2024, l’organisation voit dans le Bénin un&nbsp;dernier bastion du modèle civil et libéral&nbsp;qu’elle entend préserver à tout prix.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-reaction-de-survie-regionale"><strong>Une réaction de survie régionale</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la rhétorique juridique et protocolaire, cette décision traduit une peur : celle d’une&nbsp;contagion&nbsp;qui a déjà gagné la moitié du continent. Le spectre d’un basculement du Bénin dans le camp des&nbsp;pouvoirs militaires&nbsp;du Sahel hante les chancelleries d’Abuja, d’Accra,&nbsp;d’Abidjan, voire de la France. Le président nigérian Bola Tinubu, actuel président en exercice de la CEDEAO, l’a d’ailleurs martelé : «&nbsp;<em>Le Bénin ne tombera pas.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette posture de fermeté a un revers. Dans les rues de Cotonou et sur les réseaux sociaux ouest-africains, certains dénoncent une «&nbsp;<em>militarisation de la diplomatie&nbsp;</em>» et un deux-poids-deux-mesures criant. Là où la CEDEAO s’est montrée impuissante face&nbsp;au cas de la Guinée Bisseau, elle déploie aujourd’hui des troupes pour sauver un président affaibli par la fin de son mandat et la fragmentation de son propre camp.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-talon-l-ultime-rempart-ou-le-symbole-d-un-systeme-a-bout-de-souffle"><strong>Talon, l’ultime rempart ou le symbole d’un système à bout de souffle ?</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’ironie est cruelle. Patrice Talon, chantre autoproclamé de la «&nbsp;<em>Rupture&nbsp;</em>», se retrouve désormais&nbsp;protégé par la vieille garde régionale&nbsp;qu’il avait pourtant défiée sur plusieurs dossiers économiques et institutionnels. À Abuja, à Accra comme à Abidjan, on défend un allié. À Cotonou, beaucoup y voient plutôt la consolidation d’un régime de plus en plus verrouillé, où la succession s’est transformée en bombe à retardement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La CEDEAO veut croire qu’elle défend la démocratie. Mais en s’érigeant en gendarme d’un ordre vacillant, elle protège avant tout un modèle à bout de souffle — celui des démocraties verrouillées post-conférences nationales, où les urnes n’ont plus la force d’apaiser, et où les casernes finissent toujours par s’inviter au débat politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Come-back de Lecornu: l’art français de tourner en rond avec élégance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 21:34:50 +0000</pubDate>
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<p>Sébastien Lecornu revient à Matignon après une démission rapide. Explorez les détails de son surprenant come-back.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En Macronie, la tragédie politique vire à la comédie d’alcôve. Quatre jours après avoir claqué la porte de Matignon, Sébastien Lecornu y revient par la fenêtre, en mission commandée pour un président aux abois. Le tout sur fond de Ve République en état de décomposition avancée.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des come-backs qui forcent le respect, et d’autres qui forcent le rire. Celui de Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon après avoir démissionné 96 heures plus tôt, appartient sans conteste à la seconde catégorie. En France, on ne gouverne plus, on recycle. À ce rythme, on finira par breveter la «&nbsp;<em>démission circulaire</em>&nbsp;» comme innovation politique&nbsp;<em>made in Élysée</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 6 octobre, l’homme du moment quitte Matignon, lessivé par 27 jours de turbulences et de critiques sur un gouvernement «&nbsp;<em>copié-collé</em>&nbsp;» de celui de François Bayrou. Le 10 octobre, miracle républicain : le même Lecornu revient, flanqué d’un mandat tout neuf, après un conclave nocturne à l’Élysée où la classe politique — amputée de ses extrêmes — a joué les pompiers pyromanes. En vérité, personne ne voulait du fauteuil. Il brûle trop.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-macron-metteur-en-scene-d-un-theatre-d-ombres"><strong>Macron, metteur en scène d’un théâtre d’ombres</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce retour, c’est d’abord celui d’un président sans majorité, mais pas sans ego. Emmanuel Macron, incapable de trouver une figure consensuelle, a préféré réanimer un Premier ministre usé plutôt que d’affronter l’évidence : la France est ingouvernable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la façade républicaine, c’est une monarchie présidentielle qui s’accroche, obsédée par la communication, déconnectée du réel et rongée par la peur d’une dissolution fatale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lecornu, en bon soldat, parle de «&nbsp;<em>devoir</em>&nbsp;» ; mais tout indique qu’il a surtout accepté «&nbsp;<em>par résignation</em>&nbsp;». Ses quatre conditions — débats parlementaires, redressement budgétaire, déconnexion présidentielle, diversité gouvernementale — sonnent comme une lettre d’intention plus que comme un programme. La France adore les grandes déclarations ; elle redoute les petites décisions.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-lecornu-le-pompier-de-service-d-un-incendie-institutionnel"><strong>Lecornu, le pompier de service d’un incendie institutionnel</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Matignon, le pompier Lecornu hérite d’un brasier budgétaire et d’un champ de ruines politique. Il doit présenter la loi de finances 2026 à une Assemblée nationale prête à le renverser avant même qu’il n’ait posé ses valises. LFI promet une motion de censure «&nbsp;<em>dès lundi&nbsp;</em>», les communistes dénoncent un «&nbsp;<em>entêtement inacceptable</em>&nbsp;», les socialistes conditionnent leur soutien à un virage imaginaire. Bref, tout le monde est d’accord pour ne pas être d’accord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène politique française ressemble désormais à un vieux bal masqué. On se déguise en responsable, on danse au son du chaos, et l’on espère que l’orchestre tiendra jusqu’à la présidentielle de 2027. Lecornu, lui, joue le rôle du fusible consentant, celui qui saute pour mieux être ressoudé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-france-puissance-moyenne-et-politique-minee"><strong>La France, puissance moyenne et politique minée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce va-et-vient à Matignon ne serait qu’un épisode anecdotique s’il ne révélait pas un mal plus profond. La France n’est plus une puissance politique stable, ni même un modèle de gouvernance. Tandis que Berlin rationalise et que Londres improvise avec style, Paris tâtonne, tergiverse, se déchire — et s’écoute parler. L’arrogance technocratique a remplacé la vision gaullienne ; la communication de crise a pris le pas sur l’État stratège.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan international, ce psychodrame hexagonal amuse à Moscou, laisse perplexe à Washington et inquiète à Bruxelles. Car un pays qui peine à se gouverner lui-même peine aussi à se faire entendre. La diplomatie française, naguère redoutée, n’est plus qu’une succession de «&nbsp;<em>positionnements</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-comedie-francaise-sans-fin"><strong>Une comédie française sans fin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En reconduisant Lecornu, Macron a choisi la continuité : celle de l’improvisation et de l’usure. Le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République redevient donc Premier ministre. La France, elle, reste suspendue à ses contradictions : un peuple las, des élites déconnectées et une République en quête d’un sens qu’elle a depuis longtemps perdu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On disait autrefois que la France était un pays où tout finit par des chansons. En 2025, tout y commence par une démission… et se termine par une reconduction.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>France – Un pouvoir à bout de souffle : Matignon en crise, l’Élysée en sursis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Oct 2025 15:32:09 +0000</pubDate>
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<p>Analyse de la démission de Sébastien Lecornu en France : un reflet de l'échec du gouvernement autoritaire de Macron.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À force de mépriser les corps intermédiaires, d’ignorer les alertes et de gouverner en solitaire, le président s’est piégé lui-même. La démission express de Sébastien Lecornu, dernier fusible d’un système à l’agonie, signe l’échec d’un pouvoir centré sur une verticalité autoritaire et creuse. L’Élysée, jadis centre de gravité politique, n’est plus qu’un bunker assiégé. L’arrogance présidentielle, érigée en méthode de gouvernement, n’a engendré que paralysie, défiance et chaos. Le régime vacille, et Macron se retrouve seul face aux ruines de son propre règne.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lecornu n’est que le dernier d’une série de Premiers ministres broyés par un système en panne&nbsp;: Gabriel Attal n’avait tenu qu’un semestre, Michel Barnier trois mois, François Bayrou moins d’un an. Quatre chefs de gouvernement en moins de deux ans, tous nommés par Emmanuel Macron, tous incapables de bâtir une majorité durable à l’Assemblée nationale. Pis, Lecornu détient le record de brièveté de toute la Ve&nbsp;République, battant même les standards de la IVè, souvent moquée pour son instabilité chronique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le paradoxe actuel&nbsp;: un président doté d’immenses pouvoirs constitutionnels, mais dépourvu de soutien parlementaire depuis les législatives de 2022, désormais prisonnier d’un système hyper-présidentialisé incapable de fonctionner sans majorité stable.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-impasse-politique-doublee-d-une-tempete-economique"><strong>Une impasse politique doublée d’une tempête économique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’instabilité politique chronique s’ajoute à un contexte économique délétère. Avec une dette publique dépassant les 3 400&nbsp;milliards d’euros, soit 115,6&nbsp;% du PIB, la France est entrée dans une zone de turbulence financière. La chute du CAC 40 (-1,70&nbsp;%), la hausse brutale du taux d’intérêt français à dix ans, et la dépréciation de l’euro face au dollar ne sont pas des accidents. Ils traduisent la défiance croissante des marchés face à un État jugé ingouvernable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement Bayrou, déjà, avait chuté sur un projet d’économies de 44&nbsp;milliards d’euros. Le retour de Bruno Le Maire dans le gouvernement Lecornu, censé rassurer, a au contraire réveillé les fantômes budgétaires du macronisme. Sa nomination aux Armées — une provocation pour certains cadres LR — a accéléré la dislocation d’une coalition déjà fragile. À peine l’équipe Lecornu était-elle annoncée que Retailleau dénonçait une « <em>rupture trahie</em> » et convoquait une réunion d’urgence du parti Les Républicains.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-appels-a-la-demission-d-emmanuel-macron-se-banalisent"><strong>Les appels à la démission d’Emmanuel Macron se banalisent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais là où l’événement Lecornu devient un tournant historique, c’est que la crise ne s’arrête plus à Matignon. Elle remonte désormais à l’Élysée. Depuis plusieurs mois, des élus de La France insoumise réclamaient le départ d’Emmanuel Macron. Aujourd’hui, ces appels franchissent les frontières partisanes. Julien Bainvel, élu LR de la métropole nantaise, l’a dit sans détour&nbsp;: « <em>Emmanuel Macron doit démissionner</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même son de cloche chez les députés insoumis de Loire-Atlantique. Matthias Tavel (Saint-Nazaire) exige que la motion de destitution contre Macron soit examinée en urgence. Andy Kerbrat (Nantes) réclame que « <em>Macron suive Lecornu et démissionne à son tour. </em>» À gauche, les socialistes ne vont pas jusque-là, mais dénoncent un « <em>mépris total des aspirations au changement</em> », selon les mots de Karim Benbrahim.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jamais un président de la Ve&nbsp;République n’a été aussi isolé politiquement, sans majorité, sans relais stable, sans confiance populaire, et désormais sans gouvernement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-fin-de-regne-precipitee"><strong>Vers une fin de règne précipitée ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette impasse, les options d’Emmanuel Macron sont toutes périlleuses&nbsp;: dissoudre l’Assemblée au risque d’offrir le pouvoir à l’extrême droite, nommer un énième Premier ministre condamné à l’échec, ou affronter frontalement la question de sa propre légitimité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car au fond, ce qui se joue désormais, ce n’est plus la survie d’un gouvernement, mais celle d’un régime arrivé au bout de sa logique verticale. La Ve&nbsp;République ne permet plus ni la représentation politique, ni la stabilité gouvernementale. Et le président qui s’était présenté comme le « <em>maître des horloges</em> » enchaîne les crises comme un funambule sans filet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps d’en tirer les conséquences. Pour certains, cela signifie le départ pur et simple d’Emmanuel Macron. Pour d’autres, une transition vers une VIe&nbsp;République. Dans tous les cas, le cycle du macronisme est à l’agonie. Reste à savoir s’il mourra dans un fracas ou dans le silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sénégal : Diomaye–Sonko, l’irrésistible implosion</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Jul 2025 16:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Les tensions entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko plongent le Sénégal dans une tempête institutionnelle. Un examen approfondi.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le duo qui voulait tout changer est désormais à deux doigts de tout faire basculer. À Dakar, le pouvoir exécutif se dédouble, se défie et s’épuise dans une guerre d’ego à ciel ouvert. Tandis que le pays s’enfonce dans la dette, les deux figures de proue du « renouveau sénégalais » s’accusent, se contredisent, s&rsquo;épient. Dans cette pièce aux airs de tragédie classique, la question n’est plus de savoir qui gouverne, mais combien de temps le bateau tiendra encore le cap.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils avaient promis la rupture, ils offrent la fracture. À Dakar, le vent de renouveau soufflé par le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko s’est mué, en l’espace d’un an, en tempête institutionnelle. Le président et son Premier ministre, autrefois camarades de cellule et frères d’armes politiques, s’affrontent désormais à mots à peine couverts dans un duel au sommet de l’État. Une mise en scène de crise sous les tropiques qui mêle ego, défiance, ambitions contrariées et rhétorique révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 10 juillet 2025, devant une salle médusée, Ousmane Sonko, lors de l’installation du Conseil national de son parti PASTEF, a tiré la première salve :&nbsp;<em>« Le Sénégal ne traverse pas une crise politique, mais une crise d’autorité. »</em>&nbsp;Un missile verbal dirigé, sans ambiguïté, contre son propre président, accusé de mollesse face aux tensions internes et aux attaques ciblant le chef du gouvernement. Le ton est donné. Les digues du pacte du Camp Manuel, scellé entre les deux hommes avant leur conquête du pouvoir, ont cédé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-poison-du-pouvoir-partage"><strong>Le poison du pouvoir partagé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’antichambre du pouvoir, les illusions de fraternité ont rarement longue vie. Ce qui n’était qu’un murmure devient un fracas. Sonko soupçonne son président de pactiser avec les juges, de bloquer ses ambitions, de ralentir son agenda. Diomaye Faye, de son côté, freine des quatre fers lorsque son Premier ministre tente d’imposer un remaniement ministériel à sa main, épurant les proches du chef de l’État pour y placer ses propres affidés. Résultat : un veto présidentiel sec, glacial, assorti de silences éloquents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confirmation par la Cour suprême de la condamnation de Sonko dans l’affaire de diffamation contre Mame Mbaye Niang n’a fait qu’envenimer les choses. Dans les couloirs feutrés du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor, l’exaspération monte.&nbsp;<em>« Je ne démissionnerai pas, qu’il me démette s’il l’ose »,&nbsp;</em>assène Sonko. L’hypothèse d’un retour à l’Assemblée nationale est désormais sur la table, comme menace autant que parade.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-du-reve-panafricaniste-au-cauchemar-comptable"><strong>Du rêve panafricaniste au cauchemar comptable</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le divorce politique s’opère dans un contexte économique exsangue. La dette publique a franchi le seuil des 119 % du PIB, transformant le Sénégal en champion continental de l’endettement, devant même le Soudan ou le Mozambique. Le FMI suspend son assistance. La promesse de renégocier les contrats pétroliers gaziers – autre cheval de bataille du duo – reste lettre morte. Et pendant ce temps, le prix du ciment grimpe, les chantiers s’arrêtent, l’inflation étouffe les ménages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les soutiens de Sonko pointent une «&nbsp;<em>dette cachée</em>&nbsp;» de 7 milliards de dollars, héritée de Macky Sall. Mais l’argument tourne en boucle sans convaincre. L’héritage est lourd, certes, mais la magie politique ne suffit pas à faire pousser du riz, construire des logements ou relancer la croissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-justice-terrain-mine"><strong>La justice, terrain miné</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au chapitre des grandes réformes, la chasse aux sorcières bat son plein. Cinq anciens ministres de Macky Sall sont traduits devant la Haute Cour de justice. Trois dorment à Rebeuss. Deux autres attendent leur tour. L’initiative séduit les électeurs en quête de rupture morale, mais fait grincer les dents des magistrats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sonko, fidèle à sa dialectique de confrontation, tape du poing : «&nbsp;<em>La justice ne leur appartient pas. Nous sommes l’État.</em>&nbsp;» Une petite phrase à l’effet ravageur. L’Union des magistrats, vent debout, s’indigne. Le risque d’un bras de fer institutionnel se précise.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-reformes-sans-boussole"><strong>Réformes sans boussole ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre deux altercations de palais, l’État tente de réformer. Un dialogue national sur la gouvernance électorale s’est tenu fin mai. On y a évoqué l’interdiction du cumul des fonctions présidentielles et partisanes, la création d’une CENI indépendante, la refonte du Conseil constitutionnel… Un catalogue de vœux pieux en attente d’implémentation réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu est clair : donner des gages de transparence à une société civile de plus en plus critique, tout en empêchant l’opposition de crier au hold-up démocratique. Mais comment convaincre quand les deux têtes de l’exécutif s’écharpent à ciel ouvert ?</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-opposition-en-ordre-disperse"><strong>L’opposition en ordre dispersé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien régime, lui, ne fait pas mieux. Khalifa Sall tente de maintenir son capital politique, pendant que Barthélémy Dias joue sa partition en solo. L’APR, ex-majoritaire, se replie sur une ligne victimiste :&nbsp;<em>« justice instrumentalisée »,</em>&nbsp;répète-t-elle en boucle. Le jeu de reconstruction reste balbutiant. Le temps presse pourtant. Les législatives de 2027 se profilent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étrangeté du moment sénégalais tient dans ce paradoxe : jamais les aspirations populaires au changement n’ont été aussi vives, jamais le pouvoir n’a semblé aussi déboussolé. En voulant rompre avec l’ancien monde, le duo Diomaye–Sonko risque de précipiter le pays dans l’inconnu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur alliance, bâtie sur une promesse de refondation, pourrait bien devenir l’acte de décès politique de l’un ou de l’autre. À moins, improbable mais pas impossible, qu’un compromis à la sénégalaise ne finisse par s’imposer, comme un baume sur les vanités blessées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le temps presse. L’État, lui, n’attend pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La société ouverte face à la permanence des crises</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 May 2025 10:18:00 +0000</pubDate>
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<p>Cet article explore la société ouverte et permanence des crises, révélant leur impact sur les sociétés à l'échelle mondiale.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les crises rythment l’histoire humaine. Elles ne sont ni des accidents ni des anomalies, mais des éléments constitutifs du devenir des sociétés. À l’heure d’un monde globalisé et fragmenté, cet article propose une lecture rationnelle des crises contemporaines à la lumière de la pensée de Karl Popper. Loin d’en faire une fatalité, nous y voyons une opportunité dialectique : chaque crise est un problème à résoudre, qui en appelle d’autres. Le progrès, dès lors, est moins une accumulation de solutions qu’une navigation lucide entre incertitudes. En croisant les apports historiques et contemporains, nous appelons à une éthique de la critique, condition nécessaire à la survie des sociétés ouvertes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune région du monde n’est épargnée. L’Europe vacille sous la montée des populismes et la guerre russo-ukrainienne. L’Amérique hésite entre repli identitaire et promesse technologique. L’Afrique se bat encore avec les séquelles de ses indépendances. L’Asie oscille entre croissance spectaculaire et tensions géopolitiques. L’Océanie, isolée, n’est pas moins concernée par le dérèglement climatique. Partout, des crises. Partout, une même sensation d’ébranlement.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-crise-structure-permanente-du-devenir-historique"><strong>La crise, structure permanente du devenir historique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les crises ne sont pas nouvelles. Elles sont l’autre nom de l’histoire. Comme l’écrivait déjà Karl Marx dans le&nbsp;<em>Manifeste du Parti communiste</em>&nbsp;(1848), «&nbsp;<em>l’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes&nbsp;</em>». Aujourd’hui, nous pourrions dire : l’histoire de toute société est l’histoire des crises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Révolution française de 1789 fut célébrée comme la fin d’un ordre. Elle n’annonçait pas une paix éternelle, mais inaugurait une série de convulsions : le Directoire, l’Empire, la Restauration, les révoltes ouvrières, mai 68, les Gilets jaunes. Le XXe siècle russe, des soviets à Poutine, n’a pas connu de répit. En Afrique, l’après-colonialisme n’a pas été un après-guerre. Il a pris les formes du néocolonialisme, du terrorisme, de la corruption, des révoltes avortées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire n’est pas un fleuve tranquille. Elle est un champ de forces contradictoires.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-nbsp-penser-les-crises-comme-matrice-du-progres"><strong>&nbsp;Penser les crises comme matrice du progrès</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Karl Popper, dans&nbsp;<em>La logique de la découverte scientifique</em>&nbsp;(1934), écrivait que «&nbsp;<em>toute vie est résolution de problèmes&nbsp;</em>» (Popper, 1973, p. 103), qui devient d’ailleurs plus tard le titre d’un autre de ses ouvrages. Cette phrase, simple en apparence, est le noyau dur de sa philosophie. Elle affirme que le monde n’est pas stable. Il est problématique. Et que la tâche de l’humanité n’est pas d’éliminer les crises, mais de les comprendre, les affronter, les dépasser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em>La société ouverte et ses ennemis</em>, il critique les penseurs de la stabilité — Platon, Hegel, Marx — qui croyaient en une fin de l’histoire. Pour Popper, une société qui cesse de poser des problèmes est une société morte. «&nbsp;<em>Il n’y a pas de solution définitive. Il n’y a que des problèmes mieux posés&nbsp;</em>» (Popper, 1945, t. I, p. 190).</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-nbsp-la-dialectique-des-problemes-une-strategie-pour-l-avenir"><strong>&nbsp;La dialectique des problèmes, une stratégie pour l’avenir</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Popper ne propose pas une solution définitive aux crises. Il propose une méthode. Il faut identifier le problème, formuler des hypothèses, tester les conséquences, apprendre des erreurs. C’est une logique d’expérimentation permanente, de falsifiabilité. Et c’est cette méthode qu’il faut appliquer aux crises contemporaines : écologiques, sociales, géopolitiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut pas chercher à éliminer les crises, mais à créer les institutions capables de les traiter. Cela suppose une société ouverte, où la critique est non seulement permise mais valorisée. Une démocratie, pour Popper, n’est pas celle qui élit un chef providentiel, mais celle qui peut le remplacer sans effusion de sang (Popper, 1945, t. II, p. 110).</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-les-crises-comme-horizon-du-politique"><strong>Les crises comme horizon du politique</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’Afrique ne manque pas de crises. Mais elle ne manque pas non plus de ressources critiques. L’«&nbsp;<em>arbre à palabres</em>&nbsp;», la littérature postcoloniale, les traditions de négociation sont autant d’outils pour bâtir une société ouverte. Ce qu’il faut, c’est une refondation des élites : non pas des sauveurs, mais des rationalistes critiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les contextes burkinabè, malien ou nigérien, il ne suffit pas de dénoncer le terrorisme ou la pauvreté. Il faut formuler les bons problèmes : pourquoi l’État est-il faible ? Pourquoi les élites sont-elles discréditées ? Pourquoi les institutions ne sont-elles pas falsifiables ? Réponse&nbsp;: la mauvaise gouvernance entretenue pendant des décennies. Les transitions dans ces pays sont en train de changer la trajectoire de l’histoire en effectuant un travail remarquable de refondation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons nous résoudre à vivre dans un monde de crises. Mais cette résolution n’est pas résignation. Elle est une philosophie de l’action. Elle invite à une lucidité tragique et méthodique, comme celle de Popper. Elle suppose une révolution intellectuelle : faire du doute une vertu, de l’erreur une source d’apprentissage, de l’incertitude une opportunité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait donc dire que l’avenir appartient non à ceux qui prédisent les crises, mais à ceux qui les transforment en chances. Et comme Popper l’a rappelé : «&nbsp;<em>Nous ne savons jamais ce que nous faisons, car ce que nous faisons ne produit jamais ce que nous attendons&nbsp;</em>» (La société ouverte, 1945, p. 295). C’est à cela que sert la critique : à continuer de chercher malgré tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La faim, ce nouveau djihad</title>
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		<pubDate>Tue, 27 May 2025 06:48:30 +0000</pubDate>
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<p>L'insécurité alimentaire dans le monde laisse des cicatrices profondes. Explorez les causes et les conséquences de cette crise.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un monde où les conflits tuent à la kalachnikov et les sécheresses à petit feu, la faim s’impose comme le détonateur silencieux des grands dérèglements. Derrière chaque chiffre froid, une colère chaude. Derrière chaque ration supprimée, une frontière qui s&rsquo;effrite. La Banque mondiale alerte, mais qui écoute encore quand le ventre vide devient un cri politique ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La crise de la faim ne menace pas seulement des vies, elle mine la stabilité des sociétés »,&nbsp;</em>affirme Axel van Trotsenburg, directeur général des opérations à la Banque mondiale. C’est plus qu’un avertissement technocratique : c’est une prophétie. Et c’est surtout une phrase qui mérite d’être lue à haute voix dans toutes les capitales qui prétendent encore croire à l’ordre mondial.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-linceuls-de-fortune"><strong>Des linceuls de fortune</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>Rapport mondial sur les crises alimentaires 2025</em>, livré en mai dans une indifférence polie, ressemble à ces diagnostics implacables que l’on lit, un sourcil levé, avant de tourner la page. Erreur. Ce rapport-là est une sirène. Un avertissement sans frais — pour l’instant. Car si la faim tue, elle fait plus encore : elle fracture les sociétés, érode les États, dissout les pactes civiques, transforme des enfants en combattants, des mères en exilées, des villages entiers en camps de fortune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">295 millions de personnes. C’est la masse critique de ceux qui, en 2024, ont plongé dans l’insécurité alimentaire aiguë. L’expression est froide. Elle dissimule des réalités brûlantes : enfants affaiblis, rations coupées, marchés à l’abandon, files d’attente pour du riz moisi, poings levés contre les convois de l’ONU, et parfois — trop souvent — des linceuls de fortune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Regardons la carte. Le Soudan est aujourd’hui le théâtre d’une famine certifiée — la première depuis 2020. En bande de Gaza, 100 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire sévère. À Haïti, au Soudan du Sud, au Mali, les zones classées «&nbsp;<em>urgence</em>&nbsp;» ou «&nbsp;<em>catastrophe</em>&nbsp;» se multiplient. Dans 36 pays, plus de 35 millions de personnes nécessitent une action immédiate. Le chiffre fait tourner les têtes, mais sur le terrain, ce sont les ventres qui grondent.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-kalachnikov-est-devenue-un-plat-du-jour"><strong>La kalachnikov est devenue un plat du jour</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, pendant que la faim progresse, les financements reculent. En Afghanistan, en RDC, au Soudan ou au Yémen, les coupes budgétaires ont paralysé l’aide alimentaire. Les Nations unies préviennent : jusqu’à 45 % de réduction. Comme si l’incendie exigeait moins d’eau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La faim, hier conséquence, est devenue cause. Elle alimente les conflits comme le bois sec nourrit le feu. Elle pousse à la fuite, creuse les sillons de la migration, ouvre la voie aux discours extrémistes, aux vendettas intercommunautaires, aux alliances avec les seigneurs de guerre et les groupes armés. La kalachnikov est devenue un plat du jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À qui profitera ce chaos ? Aux entrepreneurs de violence, aux prophètes de l’apocalypse, à ceux qui ont compris depuis longtemps que le ventre vide est plus facile à enrôler que le cerveau nourri. Boko Haram, Al-Shabaab, les factions tribales du Soudan ou les gangs haïtiens le savent. Dans un monde où l&rsquo;on meurt de faim, l&rsquo;arme devient un outil de survie.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-djihad-du-vide"><strong>Le djihad du vide</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Et que fait la planète ? Elle s’agite, puis se lasse. Elle promet, puis se retire. Les financements baissent, les promesses s’étiolent, les diplomates s’égarent dans des palabres sans suite. On dénonce, on condamne, mais on n’agit pas. La famine est une catastrophe qu’on regarde à distance, comme une série Netflix dont l’on peut encore choisir de zapper l’épisode suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Axel van Trotsenburg a dit vrai. Mais il faut aller plus loin : la faim est désormais un acteur politique. Elle redistribue les cartes, recompose les rapports de force, redessine les frontières mentales et géographiques. C’est le djihad du vide, le soulèvement du silence, le chaos du quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le XXIe siècle a un nouveau levier de guerre, ce n’est ni le pétrole, ni les minerais, ni l’intelligence artificielle. C’est la faim. Et tant que le monde civilisé la traitera comme une crise parmi d’autres, elle continuera de ronger les fondations de nos certitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Burkina Faso : les défis d’un pays en proie à la violence et à la lutte pour le pouvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Bakary FOMBA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Sep 2024 09:07:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[défis politique]]></category>
		<category><![CDATA[défis sécuritaires]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[instabilité politique]]></category>
		<category><![CDATA[massacre de Barsalogho]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
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<p>Le Burkina Faso confronté à des défis politiques et sécuritaires majeurs. Instabilité, attaques terroristes et complot contre les institutions mettent en péril la sécurité nationale.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>De l’instabilité politique aux attaques terroristes et complots contre l’État, le Burkina Faso fait face à de nombreux défis qui affectent sérieusement sa sécurité nationale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2015, le pays des&nbsp;<em>« Hommes intègres »</em>&nbsp;traverse une période tumultueuse marquée par des coups d’État récents, une insurrection persistante et un récent complot contre les institutions. Face à ces multiples défis, le régime en place doit trouver des solutions pour restaurer la confiance et assurer la sécurité nationale.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-insecurite-et-mauvaise-gouvernance"><strong>Insécurité et mauvaise gouvernance</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, le Burkina Faso a connu deux coups d’État, justifiés par l’insécurité et la mauvaise gouvernance. Malgré la promesse du régime actuel, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, à renforcer les capacités militaires, la situation sécuritaire semble de plus en plus précaire dans le pays où les attaques ciblent désormais principalement des civils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis son arrivée au pouvoir en septembre 2022, le régime du&nbsp;<a href="https://www.presidencedufaso.bf/linvestiture-du-president/#:~:text=Le%20Pr%C3%A9sident%20du%20Mouvement%20patriotique%20pour%20la%20Sauvegarde">capitaine Ibrahim Traoré</a>&nbsp;a fait l’objet de plusieurs tentatives de coup d’État perpétrées par des officiers burkinabè, en lien souvent avec des civils. La dernière en date est celle de ce mois de septembre. Le 23&nbsp;septembre dernier, le ministre en charge de la Sécurité du Burkina Faso,&nbsp;<a href="https://burkina24.com/2024/09/23/un-vaste-complot-contre-la-surete-de-letat-burkinabe-se-tramait-depuis-la-cote-divoire-et-le-ghana/#:~:text=Le%20ministre%20de%20la%20S%C3%A9curit%C3%A9%20Mahamadou%20Sana%20a">Mahamadou Sana</a>, annonçait un complot visant à déstabiliser le pays, impliquant des civils et des militaires burkinabè en Côte d’Ivoire et au Ghana, soutenu par des puissances étrangères. Ce énième complot a été révélé après des attaques violentes, dont le massacre de&nbsp;<a href="https://lefaso.net/spip.php?article132473#:~:text=Barsalogho,%20commune%20rurale%20situ%C3%A9e%20dans%20la%20province%20du">Barsalogho</a>&nbsp;le 24&nbsp;aout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le ministre Sana, ce complot visait notamment à renverser le régime en place, en instaurant le chaos afin de justifier une intervention extérieure ou un retour à un ordre civil. À ses dires, les conspirateurs auraient également recruté des groupes terroristes pour cibler des infrastructures stratégiques du pays comme&nbsp;: la présidence, l’aéroport de Ouagadougou ainsi que des bases militaires.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-combinaison-de-plusieurs-facteurs"><strong>Combinaison de plusieurs facteurs</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ce récent complot peut être expliqué par la combinaison de plusieurs facteurs. Tout d’abord, il peut être dû à des tensions politiques et sociales à l’intérieur du pays, qui ont pu conduire à de précédentes tentatives de déstabilisation du gouvernement en place. De plus, la lutte pour le contrôle des ressources naturelles et des territoires entre différents groupes armés et factions politiques pourrait également jouer un rôle dans ce complot d’autant plus que certains groupes cherchent à s’emparer du pouvoir pour servir leurs propres intérêts, ce qui peut entrainer des actions subversives contre les institutions étatiques. De plus, la présence de groupes terroristes et extrémistes dans la région, tels que les groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, peut également jouer un rôle dans ce complot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour des observateurs de la scène politique burkinabè, cette situation serait liée à un problème&nbsp;<a href="https://saheltribune.com/ethnie-pouvoir-et-instabilite-les-racines-des-crises-politiques-au-burkina-faso/">ethnique</a>, d’autant plus qu’aucun membre de l’ethnie dont appartient l’actuel chef de l’État burkinabè n’avait encore gouverné ce pays ouest-africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout en mettant en lumière les fractures au sein des forces armées burkinabè, ce récent complot souligne les défis auxquels fait face le régime d’Ibrahim Traoré pour maintenir son autorité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-restaurer-la-confiance"><strong>Restaurer la confiance</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au regard de la situation sociopolitique fragile du pays, il est impératif que les autorités actuelles adoptent des mesures efficaces pour restaurer la confiance parmi ses citoyens et garantir la sécurité nationale. La capacité à naviguer ces crises déterminera non seulement l’avenir immédiat du Burkina Faso, mais aussi son chemin vers une éventuelle réconciliation politique et sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Capitaine Ibrahim Traoré est arrivé au pouvoir le 30&nbsp;septembre 2022, suite à un coup d’État perpétré contre le Lieutenant-Colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, qui avait lui-même fait tomber Rock Marc Christian Kaboré, huit mois plutôt.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bakary Fomba</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>[ Tribune] L&#8217;Assemblée nationale au Sénégal : une 14e législature sous tension</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Sep 2024 01:52:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[14ème législature]]></category>
		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernement Sonko]]></category>
		<category><![CDATA[instabilité politique]]></category>
		<category><![CDATA[motion de censure]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
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<p>La 14e législature de l'Assemblée nationale du Sénégal : tensions, blocages et affrontements politiques. L'État de droit en question.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La 14e législature de l&rsquo;Assemblée nationale du Sénégal se déroule dans un climat tendu et instable. Entre blocages institutionnels et affrontements politiques, le fonctionnement normal des institutions républicaines est menacé.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une démocratie, l&rsquo;alternance symbolise souvent un nouveau souffle dans la gestion de la République. Sous ce prisme, un changement politique émerge au sein de la population, détentrice de la volonté populaire, conformément au choix électoral légalement acté. Dans cette perspective, le 24 mars 2024, le Sénégal a opté pour une nouvelle reconfiguration politique avec l&rsquo;arrivée au pouvoir du parti PASTEF-Les Patriotes. Le projet de ce parti traduit une transformation systémique de tous les aspects de l&rsquo;appareil d&rsquo;État. Pour une bonne répartition des rôles, la séparation des pouvoirs apparaît comme un pilier fondamental du bon fonctionnement de l&rsquo;État de droit. Ce rôle est incarné par trois pouvoirs : l&rsquo;exécutif, le législatif et le judiciaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-cohabitation-et-de-co-construction"><strong>Cohabitation et de co-construction</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ces organes, l&rsquo;Assemblée nationale joue un rôle important dans l&rsquo;équilibre des pouvoirs. Au Sénégal, conformément à l&rsquo;article 6 de la Constitution, l&rsquo;Assemblée nationale fait partie des institutions de la République, au même titre que le Président de la République, le Gouvernement, le Haut Conseil des collectivités territoriales, le Conseil économique, social et environnemental et les Cours et Tribunaux. Son rôle est triple : voter la loi, contrôler l&rsquo;action du Gouvernement et évaluer les politiques publiques (voir article 59 de la Constitution modifiée). Dans le cadre de ces prérogatives constitutionnelles, les députés contribuent à l&rsquo;amélioration de la vie publique par le biais des propositions de loi, de l&rsquo;information parlementaire, des enquêtes menées par ses différentes commissions et de la représentation du peuple dans sa diversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, la 14e législature s&rsquo;est déroulée dans un climat peu propice aux dynamiques de cohabitation et de co-construction dans le fonctionnement régulier des institutions. En effet, de nombreux facteurs de blocage ont été relevés, tels que le vote de la loi reportant l&rsquo;élection présidentielle au 15 décembre 2024, le rejet du Débat d&rsquo;Orientation Budgétaire, le rejet de la loi constitutionnelle n°11/2024 portant suppression du HCCT et du CESE par la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, avant d&rsquo;être désapprouvée en assemblée par la majorité parlementaire (83 voix contre le rejet de la loi contre 80 pour son adoption).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce binôme improbable de l&rsquo;Opposition et du Pouvoir dans l&rsquo;hémicycle continue d&rsquo;accoucher de scénarios spectaculaires sous la tutelle forcée du peuple sénégalais. En effet, progressivement, dans un souci de rationalisation des dépenses publiques et de renforcement de son appareil politique, le nouveau régime cherche à maintenir son statut électoral obtenu depuis l&rsquo;élection présidentielle de mars 2024. Cette nouvelle configuration parlementaire fausse malheureusement le jeu et pourrait avoir des répercussions sur le prochain budget 2025, voire sur le calendrier républicain, en raison des durs affrontements qui ont eu lieu depuis l&rsquo;installation de la 14e législature. Celle-ci, installée sous haute tension, refuse d&rsquo;assumer ses fonctions législatives avec responsabilité et maturité.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-transformation-systemique-des-institutions-nbsp"><strong>Transformation systémique des institutions</strong>&nbsp;</h3>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière, avec ce refus, ces deux institutions ne pourront être supprimées qu&rsquo;en cas de modification de la Constitution, soit à l&rsquo;initiative d&rsquo;une révision constitutionnelle, soit par référendum. Dorénavant, la survie de cette 14e législature dépendra du Président de la République, en vertu du pouvoir de dissolution prévu à l&rsquo;article 87 de la Constitution. Force est de constater que, même après la dissolution de cette assemblée, les menaces sur le bon fonctionnement du calendrier républicain persisteront. En outre, l&rsquo;exercice du pouvoir législatif est défini dans les limites de temps et de compétence par l&rsquo;Assemblée nationale (voir article 77 de la Constitution amendée).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, comment le nouveau régime peut-il résoudre l&rsquo;instabilité au sein de l&rsquo;hémicycle et répondre aux attentes du peuple qui souhaite cette alternance ? En ce qui concerne cette gymnastique institutionnelle, le gouvernement a l&rsquo;obligation de veiller au bon fonctionnement des institutions, afin d&rsquo;œuvrer à la transformation systémique des institutions pour une meilleure prise en compte des préoccupations de la population. Si nous voulons répondre aux attentes de nos citoyens, nous devons réformer nos institutions pour assurer le bon fonctionnement de l&rsquo;appareil d&rsquo;État. Quoi qu&rsquo;il en soit, le bon fonctionnement de la démocratie passe par l&rsquo;échange d&rsquo;idées afin d&rsquo;améliorer le débat public. Pour cela, nous devons être plus pragmatiques et rigoureux sur les questions économiques, sociales et environnementales, au détriment des questions politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amadou Ba, juriste.</strong></p>
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		<title>[Tribune] Les graines de la discorde : comment la marginalisation a semé la crise au nord du Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Salif Sacko]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Apr 2024 05:08:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
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		<category><![CDATA[criminalité transfrontalière]]></category>
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		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
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<p>Découvrez les enjeux et défis de la crise au nord du Mali. Plongez dans l'histoire tumultueuse de cette région en quête de paix et de stabilité.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans l’aride paysage du nord du Mali, les grains de sable de la marginalisation et des conflits non résolus ont longtemps tourbillonné, formant une tempête de crises sécuritaires. Aujourd’hui, explique Dr Salif Sacko, auditeur de justice, cette région, marquée par des rébellions et une instabilité croissante, cherche des voies vers la paix, dans l’ombre de son histoire tourmentée.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’indépendance du Mali en 1960, la région nord du pays, principalement habitée par les Touaregs, a été le théâtre de récurrentes tensions et rébellions. Ces conflits, souvent perçus comme des répercussions directes de la décolonisation, reflètent des enjeux profonds de marginalisation politique et économique, exacerbés par une gestion centralisée du pouvoir à Bamako. Dr Sacko tente de décomposer les origines historiques de ces tensions et d’explorer leurs évolutions jusqu’à la crise de sécurité actuelle, marquée par le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-rebellions-touaregues-et-leurs-impacts"><strong>Les rébellions touarègues et leurs impacts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La marginalisation du nord Mali commence véritablement lors de l’imposition de l’autorité malienne après l’indépendance, perçue localement non pas comme une libération, mais comme une nouvelle forme de colonisation. Les autorités de Bamako ont tenté d’imposer une administration exogène, reproduisant les structures de l’époque coloniale, sans tenir compte des spécificités et des besoins de la population touarègue. Cette gestion a alimenté un sentiment d’aliénation et a posé les bases des premières rébellions touarègues dans les années&nbsp;1960.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces rébellions ont été des points de basculement dans la lutte pour le contrôle et l’autonomie du Nord. La rébellion de 1963, suivie par d’autres dans les années&nbsp;1990 et 2000, ont toutes souligné l’échec des politiques de Bamako à intégrer cette région de manière équitable. Le Pacte national de 1992, signé sous Alpha Oumar Konaré, promettait plus d’intégration et de développement pour le Nord, mais les réformes nécessaires n’ont pas été suffisamment mises en œuvre, laissant la porte ouverte à des tensions persistantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation sécuritaire s’est nettement détériorée après la guerre civile algérienne et la chute de Mouammar Kadhafi en Libye en 2011, qui ont conduit à un afflux d’armes et de combattants expérimentés dans le nord du Mali. Les groupes djihadistes, tels qu’AQMI, ont profité du vide de pouvoir pour s’implanter dans la région, transformant les dynamiques locales de pouvoir et aggravant les tensions existantes. La crise de 2012, illustrant cette montée en puissance, a non seulement démontré la fragilité des structures étatiques maliennes, mais aussi l’internationalisation du conflit dans la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-consequences-de-la-criminalite-transfrontaliere-organisee"><strong>Conséquences de la criminalité transfrontalière organisée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Outre le terrorisme, le nord du Mali est devenu un carrefour pour la criminalité transfrontalière organisée, notamment le trafic de drogues et d’armes. Ces activités illégales ont renforcé les réseaux criminels qui, souvent liés à des groupes armés, contribuent à une instabilité chronique. Cette situation compromet non seulement la paix dans la région, mais menace également la sécurité à l’échelle régionale et internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nord du Mali illustre tragiquement les conséquences d’une marginalisation prolongée et d’une gestion centralisée insensible aux réalités locales. Les réponses de Bamako, souvent militaires plutôt que politiques ou économiques, n’ont fait qu’aggraver la situation, entraînant la région dans un cycle apparemment sans fin de rébellion et de violence. Pour rompre ce cycle, il est impératif d’adopter une approche plus inclusive qui reconnaisse et intègre les aspirations des populations du Nord, tout en combattant efficacement les réseaux de criminalité et de terrorisme qui ont prospéré sous le couvert de cette instabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Salif Sacko, auditeur de justice </strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Notre rédaction ne partage pas forcément le contenu de cette analyse sur la situation dans les régions nord du Mali.  </em></p>
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