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	<title>Archives des information &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : comment la Charte pour la paix répond à la guerre informationnelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation du Mali fait de la lutte contre la désinformation et de la souveraineté informationnelle un enjeu stratégique. Analyse d'une doctrine qui place les médias au cœur de la défense nationale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En consacrant un chapitre entier au rôle des médias face à la désinformation, la Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale pose un acte souverain. Dans un contexte de guerre narrative intense contre le Mali, les autorités de la Transition choisissent de tracer une ligne claire : l&rsquo;information est un enjeu de sécurité nationale.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des guerres que l&rsquo;on ne voit pas. Pas de chars, pas de tranchées, pas de lignes de front visibles sur une carte. Mais des batailles tout aussi décisives, menées à coups de narratifs, d&rsquo;images tronquées, de chiffres manipulés, de témoignages fabriqués. Des guerres où les armes s&rsquo;appellent algorithmes, chaînes d&rsquo;information en continu, réseaux sociaux et agences de presse aux agendas soigneusement dissimulés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali les connaît bien. Depuis que les autorités de la Transition ont choisi de reprendre en main la souveraineté du pays, de renégocier ses alliances stratégiques et de refuser la tutelle de puissances étrangères, le pays est devenu la cible d&rsquo;une offensive informationnelle d&rsquo;une intensité remarquable. Rapports à charge d&rsquo;organisations internationales, couvertures médiatiques systématiquement à décharge, campagnes de dénigrement coordonnées sur les réseaux sociaux, tentatives répétées de déstabiliser l&rsquo;opinion publique nationale et internationale : la guerre contre le Mali se mène aussi, et peut-être surtout, sur le terrain de l&rsquo;information.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette réalité, les autorités maliennes ont choisi de répondre non pas par le silence, non pas par la censure, mais par la loi. La Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation nationale, promulguée le 22 août 2025, consacre deux chapitres entiers au rôle des médias. C&rsquo;est un acte politique fort. C&rsquo;est aussi un acte de lucidité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Nommer la guerre pour mieux la combattre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première vertu de la Charte est de nommer clairement ce qui se passe. Là où d&rsquo;autres textes officiels usent de périphrases prudentes, elle parle sans détour de «&nbsp;<em>guerre informationnelle</em>&nbsp;», de «&nbsp;<em>campagnes de désinformation menées par des acteurs hostiles</em>&nbsp;», de «&nbsp;<em>narratifs malveillants</em>&nbsp;», de «&nbsp;<em>traitement hostile sur la scène médiatique internationale.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mots comptent. Ils disent que les autorités de la Transition ont pris la mesure du phénomène. Qu&rsquo;elles ne confondent pas critique légitime et entreprise de déstabilisation. Qu&rsquo;elles savent faire la différence entre un journaliste qui questionne et un opérateur d&rsquo;influence qui manipule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte est explicite : «&nbsp;<em>Dans un contexte où l&rsquo;État du Mali fait l&rsquo;objet d&rsquo;un traitement hostile sur la scène médiatique internationale, les médias nationaux et les instances de régulation doivent assurer une veille continue. Cette vigilance permet d&rsquo;identifier les manipulations, de contrer les narratifs malveillants et de promouvoir une communication équilibrée et fondée sur des faits.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une doctrine. Cohérente, assumée, et parfaitement légitime au regard du droit international et de la souveraineté des États.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contexte que certains feignent d&rsquo;ignorer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi cette doctrine est non seulement justifiée mais nécessaire, il faut replacer la situation dans son contexte réel. Depuis 2021, le Mali a entrepris une série de choix souverains qui ont profondément dérangé certaines chancelleries occidentales et les réseaux d&rsquo;influence qui leur sont associés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le départ des forces militaires françaises, la remise en cause des accords de défense hérités de la Françafrique, le rapprochement avec de nouveaux partenaires stratégiques, la création de la Confédération des États du Sahel avec le Burkina Faso et le Niger : autant de décisions légitimes d&rsquo;un État souverain qui ont provoqué une réaction médiatique disproportionnée dans certains pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des médias internationaux, qui couvraient à peine le Mali quand il était sous tutelle étrangère, ont soudainement découvert un intérêt passionné pour ses affaires intérieures. Des organisations non gouvernementales, dont le financement mérite parfois examen, ont multiplié les rapports accablants. Des comptes sur les réseaux sociaux, dont l&rsquo;origine géographique et le financement restent opaques, ont inondé l&rsquo;espace numérique malien de contenus déstabilisateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une théorie du complot. C&rsquo;est une réalité documentée, observable, que la Charte a le mérite d&rsquo;intégrer dans son cadre analytique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La liberté de la presse, mais pas la liberté de nuire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut ici dissiper un malentendu que certains entretiennent délibérément. Affirmer que le Mali est victime d&rsquo;une guerre informationnelle n&rsquo;est pas nier la liberté de la presse. Reconnaître que des médias peuvent être instrumentalisés à des fins politiques n&rsquo;est pas criminaliser le journalisme. Et vouloir protéger l&rsquo;espace informationnel national n&rsquo;est pas instaurer la censure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte elle-même est on ne peut plus claire sur ce point. Elle prévoit explicitement de «&nbsp;<em>renforcer la liberté de la presse et les expressions plurielles.</em>&nbsp;» Elle appelle à «&nbsp;<em>soutenir et renforcer les capacités des organisations professionnelles de médias.&nbsp;</em>» Elle reconnaît le rôle central des journalistes dans la construction de la paix et de la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la Charte combat, ce n&rsquo;est pas le journalisme. C&rsquo;est son instrumentalisation. Ce n&rsquo;est pas la critique. C&rsquo;est la manipulation. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;information. C&rsquo;est la désinformation organisée au service d&rsquo;agendas étrangers aux intérêts du peuple malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nuance est fondamentale. Et elle dit quelque chose d&rsquo;important sur la maturité politique des autorités de la Transition, qui résistent à la tentation simpliste de confondre l&rsquo;adversaire médiatique et le journaliste honnête.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les médias nationaux, rempart de la souveraineté informationnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte assigne aux médias nationaux un rôle stratégique qui va bien au-delà de la simple information. Elle en fait des acteurs de la souveraineté nationale. «&nbsp;<em>Les médias nationaux et les instances de régulation jouent un rôle stratégique dans la préservation de l&rsquo;intégrité informationnelle du pays&nbsp;</em>», dit le texte. Ils doivent «&nbsp;<em>garantir une information vérifiée&nbsp;</em>», contribuer «&nbsp;<em>à la sensibilisation de l&rsquo;opinion publique</em>&nbsp;» et concourir «&nbsp;<em>à l&rsquo;affirmation et au rayonnement du Mali sur la scène mondiale.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une vision ambitieuse. Elle implique des médias nationaux forts, indépendants, professionnels, capables de produire une information de qualité qui résiste à la comparaison avec les grandes chaînes internationales. Des médias qui ne soient ni des organes de propagande gouvernementale, ni des relais de narratifs étrangers, mais de véritables acteurs de l&rsquo;espace public malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y parvenir, la Charte prévoit un ensemble de mesures concrètes : renforcement des capacités des organisations professionnelles de médias, adoption d&rsquo;une «&nbsp;<em>approche sensible aux conflits dans la collecte, le traitement et la diffusion de l&rsquo;information&nbsp;</em>», usage du numérique comme «&nbsp;<em>outil de consolidation de la paix, de la sécurité, du dialogue, de la réconciliation, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un programme de contrôle. C&rsquo;est un programme de professionnalisation. La différence est capitale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les faîtières de la presse au cœur du dispositif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Charte ne se contente pas d&rsquo;assigner des responsabilités abstraites aux médias. Elle interpelle directement les organisations professionnelles de la presse — les faîtières — et leur confie des missions précises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles doivent «&nbsp;<em>lutter contre la désinformation et la mésinformation afin de préserver l&rsquo;intégrité informationnelle du Mali.</em>» Elles doivent «&nbsp;<em>assurer une veille médiatique continue pour fournir aux populations une communication équilibrée et fondée sur les faits.</em>&nbsp;» Elles doivent «&nbsp;<em>inciter les médias nationaux à adopter une approche sensible aux conflits.&nbsp;</em>» Et elles doivent contribuer à «&nbsp;<em>l&rsquo;appropriation de la Charte nationale par la population.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce faisant, la Charte fait des organisations professionnelles de la presse des partenaires actifs de la souveraineté informationnelle du Mali, sans pour autant les placer sous la tutelle de l&rsquo;État. C&rsquo;est un équilibre délicat, mais pensé avec soin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il dit aux journalistes maliens : vous êtes libres. Et cette liberté s&rsquo;accompagne d&rsquo;une responsabilité. Celle de servir votre pays, votre peuple, la vérité. Pas les intérêts de ceux qui financent des campagnes de déstabilisation depuis des capitales lointaines.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une leçon pour l&rsquo;Afrique entière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du seul Mali, la démarche des autorités de la Transition mérite d&rsquo;être regardée avec attention par l&rsquo;ensemble du continent africain. Car la guerre informationnelle que subit le Mali n&rsquo;est pas une exception. C&rsquo;est une méthode. Elle a été appliquée, avec des variantes, à d&rsquo;autres pays africains qui ont osé remettre en question des tutelles héritées de la colonisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse que propose la Charte malienne — inscrire dans la loi une doctrine de souveraineté informationnelle, renforcer les médias nationaux, professionnaliser les pratiques journalistiques, distinguer la critique légitime de la manipulation organisée — est une réponse souveraine, non violente et démocratiquement fondée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle dit que l&rsquo;Afrique n&rsquo;est pas condamnée à subir le narratif que d&rsquo;autres construisent sur elle. Qu&rsquo;elle peut produire sa propre information, raconter sa propre histoire, défendre sa propre vérité. Qu&rsquo;elle a les outils intellectuels, culturels et institutionnels pour le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, en traçant cette ligne dans sa loi fondamentale de paix, montre la voie. Il ne ferme pas ses frontières à l&rsquo;information internationale. Il exige simplement que l&rsquo;information qui circule sur son territoire soit vraie, équilibrée, et serve les intérêts de son peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la définition même de la souveraineté. Et dans un monde où l&rsquo;information est devenue une arme, c&rsquo;est aussi la définition de la survie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Deepfakes, propagande, algorithmes : comment résister au mensonge industriel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Face aux fake news, aux deepfakes et aux manipulations algorithmiques, la désinformation menace la démocratie. Une réflexion inspirée de Karl Popper sur le doute critique comme rempart contre le mensonge industriel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La désinformation n&rsquo;est pas simplement un problème de médias ou de technologie. C&rsquo;est une crise de la connaissance elle-même. En détruisant les critères qui permettent de distinguer le vrai du faux, elle frappe au cœur de la démocratie. Face à ce défi, le philosophe Karl Popper nous offre une arme : le doute systématique.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques semaines, plusieurs médias internationaux affirmaient que les autorités maliennes auraient libéré des détenus accusés de terrorisme en échange d&rsquo;un approvisionnement en carburant. L&rsquo;information a circulé à grande vitesse, reprise, amplifiée, commentée. Quelques jours plus tard, l&rsquo;armée malienne démentait catégoriquement. Qui avait raison ? Peu importe, en un sens. Ce qui importe, c&rsquo;est ce que cet épisode révèle : nous vivons dans un monde où le mensonge circule à la vitesse de la lumière et où la vérité marche à pied.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas nouveau. Mais ce qui est nouveau, c&rsquo;est l&rsquo;ampleur du phénomène, sa sophistication, et surtout sa nature profonde. Car la désinformation contemporaine n&rsquo;est pas simplement un problème de médias mal régulés ou de réseaux sociaux irresponsables. C&rsquo;est un problème épistémologique — un problème qui touche à la manière dont nous produisons, évaluons et transmettons la connaissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vérité n&rsquo;est plus manifeste</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des siècles, les philosophes ont cru que la vérité était, pour ainsi dire, à portée de main. Descartes estimait que l&rsquo;idée «&nbsp;<em>claire et distincte</em>&nbsp;» se présente d&rsquo;elle-même à l&rsquo;esprit attentif. Bacon voyait dans la nature un&nbsp;<em>Grand Livre</em>&nbsp;que l&rsquo;homme pouvait apprendre à lire par l&rsquo;observation. Spinoza affirmait que «&nbsp;<em>la vérité est norme d&rsquo;elle-même et du faux, comme la lumière se fait connaître elle-même et fait connaître les ténèbres</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était une vision optimiste — presque touchante — de la connaissance humaine. Et pas entièrement fausse : il y a bien des choses que nous pouvons connaître avec certitude, pour peu que nous exercions notre raison avec rigueur. Mais à l&rsquo;ère des algorithmes, des deepfakes et de l&rsquo;intelligence artificielle générative, cette lumière naturelle de la vérité se heurte à une industrie du mensonge sans précédent. La caverne de Platon a changé de forme : elle est aujourd&rsquo;hui faite d&rsquo;écrans, de fils d&rsquo;actualité, de statistiques soigneusement sélectionnées. Les ombres projetées sur nos murs numériques se parent de chiffres, de graphiques, d&rsquo;expertises. Elles ont l&rsquo;apparence de la vérité. C&rsquo;est précisément ce qui les rend dangereuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que la désinformation contemporaine accomplit de plus redoutable, c&rsquo;est de n&rsquo;utiliser plus le mensonge brut. Elle s&rsquo;est raffinée. Elle présente des données vraies dans des contextes faux, des faits réels privés de leur sève, des chiffres sortis de leur cadre. Myret Zaki, journaliste économique, appelle cela la «&nbsp;<em>désinformation venant d&rsquo;en haut</em>&nbsp;» : celle qui se niche dans les rapports officiels, les communiqués institutionnels, les statistiques gouvernementales. Le Grand Livre de la vérité, pour reprendre Bacon, est devenu le Grand Livre du mensonge.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi nous y croyons : le piège de l&rsquo;induction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aller plus loin. La désinformation ne triomphe pas malgré nos facultés cognitives — elle triomphe à travers elles. Elle exploite les mécanismes mêmes qui, dans d&rsquo;autres circonstances, nous permettent d&rsquo;apprendre et de nous orienter dans le monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe Karl Popper avait identifié le problème central : nous sommes des créatures inductives. Nous généralisons à partir des cas particuliers. Nous faisons confiance à ce que nous avons déjà vérifié. Nous croyons ce que tout le monde croit. Si plusieurs personnes disent la même chose, nous pensons qu&rsquo;il y a un fond de vérité. Si une source nous a informés correctement hier, nous lui faisons confiance aujourd&rsquo;hui. Ce sont des heuristiques raisonnables dans la vie ordinaire — mais des portes ouvertes à toutes les manipulations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La désinformation industrielle a compris ce mécanisme avant les épistémologues. En multipliant la diffusion d&rsquo;un même message à travers des canaux apparemment distincts, elle simule l&rsquo;accumulation d&rsquo;observations indépendantes. La répétition crée l&rsquo;apparence de la preuve. La fréquence tient lieu de vérité. Le philosophe écossais David Hume avait raison : c&rsquo;est l&rsquo;habitude, et non la raison, qui guide la plupart de nos jugements. Et l&rsquo;habitude se fabrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Orwell l&rsquo;avait vu dans&nbsp;<em>1984</em>&nbsp;: «&nbsp;<em>le mensonge passait dans l&rsquo;histoire et devenait la réalité</em>&nbsp;». Ce qui est aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est que la technologie permet de faire passer ce processus à l&rsquo;échelle industrielle, en temps réel, avec une efficacité que les régimes totalitaires du XXe siècle auraient enviée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La réponse de Popper : apprenons à réfuter</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ici que Karl Popper entre en scène. Non pas comme un philosophe poussiéreux sorti des rayons d&rsquo;une bibliothèque universitaire, mais comme un penseur dont la méthode a une valeur pratique immédiate dans notre époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Popper a proposé, au lieu du critère de vérifiabilité, un critère de falsifiabilité. Une proposition est scientifique — et plus généralement crédible — non pas parce qu&rsquo;elle a été confirmée par de nombreuses observations, mais parce qu&rsquo;elle peut être réfutée. Elle prend un risque. Elle dit : voici ce qui pourrait la rendre fausse. Si rien ne peut la réfuter, si elle s&rsquo;adapte à toutes les situations, si elle se réforme en permanence pour éviter la contradiction, alors ce n&rsquo;est pas de la connaissance — c&rsquo;est du dogme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Appliqué à l&rsquo;information, ce critère est révolutionnaire. Une information falsifiable est une information précise : elle dit ce qu&rsquo;elle dit, et pas autre chose. Elle nomme des faits vérifiables, des dates, des chiffres situés dans leur contexte. Elle donne les moyens de sa propre réfutation. À l&rsquo;inverse, une information vague, qui s&rsquo;accommode de toutes les interprétations, qui se présente sans source traçable, qui gagne en crédibilité par la seule répétition — voilà le portrait-robot de la désinformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe des sciences Gaston Bachelard avait mis le doigt sur un autre aspect du problème : les «&nbsp;<em>obstacles épistémologiques</em>&nbsp;». Nos préjugés, nos habitudes, nos certitudes confortables constituent autant de freins à la connaissance rigoureuse. La première étape du progrès intellectuel, c&rsquo;est de les identifier. Le premier geste contre la désinformation, c&rsquo;est de savoir que nous y sommes vulnérables — tous, sans exception.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui contrôle les informations contrôle les esprits</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème ne serait que demi-mal s&rsquo;il n&rsquo;était que cognitif. Mais la désinformation est aussi une affaire de pouvoir. Noam Chomsky et Edward Herman ont montré, dans leur analyse des médias américains, que la production de l&rsquo;information est structurée par des rapports de force économiques et politiques. Les propriétaires des médias définissent, volontairement ou non, les frontières du dicible. Myret Zaki le formule crûment : «&nbsp;<em>Les milliardaires sont, en quelque sorte, les rédacteurs en chef du monde.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette concentration du pouvoir informationnel est un défi épistémologique autant que démocratique. Car elle crée l&rsquo;illusion de la pluralité : de nombreux médias semblent donner des informations indépendantes, mais convergent vers les mêmes angles, les mêmes omissions, les mêmes représentations. C&rsquo;est ce que Popper appelait, dans un autre contexte, la «&nbsp;<em>régression à l&rsquo;infini</em>&nbsp;» : cherchez la source derrière la source, et vous trouvez souvent la même main.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les algorithmes des plateformes numériques aggravent le phénomène. Ils ne cherchent pas la vérité — ils cherchent l&rsquo;engagement. Et ce qui engage, c&rsquo;est l&rsquo;émotion : la colère, la peur, l&rsquo;indignation. La désinformation est émotionnellement efficace. Comme le disent des spécialistes en fact-checking : «&nbsp;<em>Le mensonge court plus vite que la vérité. Les algorithmes mettent en avant les contenus sensationnels qui génèrent plus d&rsquo;engagement. Et cela sert leurs intérêts économiques.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Douter, c&rsquo;est un acte politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Que faire ? La réponse ne peut pas être uniquement technique. Les filtres algorithmiques, les labels de fact-checking, les lois contre la désinformation — tout cela est nécessaire, mais insuffisant. Car ces dispositifs ne touchent pas au cœur du problème : notre rapport individuel et collectif à la connaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est ce que Kant appelait — dans un texte de 1784 qui n&rsquo;a rien perdu de son actualité — «&nbsp;<em>le courage de se servir de son propre entendement</em>&nbsp;». «&nbsp;<em>Sapere aude</em>&nbsp;» : ose savoir. Ose douter. Ose demander : qui a produit cette information ? Dans quel intérêt ? Quelles seraient les conditions dans lesquelles elle serait fausse ? Est-ce que les sources sont véritablement indépendantes, ou s&rsquo;agit-il du même message relayé en boucle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas du scepticisme paralysant. C&rsquo;est du rationalisme critique. Popper ne disait pas qu&rsquo;on ne peut rien savoir. Il disait que le savoir progresse par la critique, par la mise à l&rsquo;épreuve, par l&rsquo;élimination progressive des erreurs. Appliquer ce principe à notre consommation quotidienne d&rsquo;information, c&rsquo;est un acte de résistance — et un acte démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démocratie, en effet, ne peut fonctionner que si les citoyens sont capables de former des jugements rationnels fondés sur des informations fiables. Quand l&rsquo;espace public est saturé de mensonges sophistiqués, c&rsquo;est la condition même du débat démocratique qui s&rsquo;effondre. Ce n&rsquo;est pas une métaphore : on l&rsquo;a vu lors des élections américaines de 2016, lors de la pandémie de Covid-19, où la guerre informationnelle a précédé et accompagné tous les processus.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Refonder les critères du vrai</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le doute seul ne suffit pas. Il faut aussi reconstruire. Reconstruire des critères de crédibilité adaptés à notre époque. Non plus la simple vérifiabilité — trop facilement simulée — ni la seule répétition — trop facilement organisée — mais une exigence plus exigeante : celle de la réfutabilité précise, de la traçabilité des sources, de la transparence des intérêts, de la révisabilité déclarée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une information digne de ce nom dit ce qu&rsquo;elle est prête à admettre comme réfutation. Elle dit d&rsquo;où elle vient. Elle dit qui l&rsquo;a produite et pourquoi. Elle dit ce qui la rendrait fausse. C&rsquo;est un standard élevé. Mais c&rsquo;est le minimum pour naviguer dignement dans l&rsquo;océan informationnel contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela suppose aussi de reconstruire des institutions. Non des institutions qui décideraient autoritairement ce qui est vrai — ce serait remplacer une tyrannie par une autre — mais des institutions qui organisent la critique collective : des rédactions indépendantes du pouvoir financier et politique, des organismes de vérification dotés de méthodes transparentes, des formations à l&rsquo;esprit critique dès l&rsquo;école, des règles de responsabilité pour les plateformes qui amplifient sans discernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique de l&rsquo;Ouest, où j&rsquo;ai ancré ma réflexion, ces enjeux prennent une acuité particulière. Les conflits armés, les transitions politiques, les crises sanitaires s&rsquo;accompagnent d&rsquo;avalanches de désinformation qui peuvent coûter des vies. Les journalistes qui font ce travail de vérification — et ils sont nombreux, courageux, souvent peu soutenus — méritent d&rsquo;être reconnus comme des acteurs essentiels non seulement de l&rsquo;information, mais de la démocratie elle-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vérité n&rsquo;est pas une destination : c&rsquo;est un chemin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Popper aimait à dire que «&nbsp;<em>toute vie est résolution de problèmes</em>&nbsp;». La désinformation est le problème de notre époque. Non pas un problème que l&rsquo;on résout une bonne fois pour toutes, mais un problème qu&rsquo;on affronte chaque jour, dans chaque information qu&rsquo;on consomme, partage ou produit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vérité n&rsquo;est pas manifeste. Elle ne se révèle pas d&rsquo;elle-même à l&rsquo;esprit distrait. Elle exige un effort : l&rsquo;effort du doute, de la vérification, de la mise à l&rsquo;épreuve critique. Cet effort n&rsquo;est pas réservé aux philosophes ni aux journalistes. Il appartient à tout citoyen qui refuse de laisser d&rsquo;autres penser à sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voltaire aurait peut-être reformulé aujourd&rsquo;hui son serment célèbre ainsi : je ne sais pas si ce que vous dites est vrai, mais je me battrai pour que nous ayons les moyens de le vérifier. C&rsquo;est cela, dans notre monde saturé de mensonges industriels, l&rsquo;acte de résistance le plus fondamental.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Désinformation et identités numériques : une crise du vrai ? </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 15:09:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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<p>Découvrez comment le numérique remet en question la responsabilité traditionnelle. Une analyse des défis contemporains et des nouvelles régulations.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À l’ère du numérique, les fondements traditionnels de la responsabilité sont profondément remis en question. Entre déterritorialisation des actions, dissociation du sujet et prolifération de la désinformation, le cyberespace impose de repenser les cadres juridiques, éthiques et politiques qui structurent nos sociétés contemporaines.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés contemporaines s’immergent dans l’univers numérique sous une tension structurelle persistante : d’un côté, les formes classiques de régulation fondées sur le contrôle des corps, des consciences et des territoires ; de l’autre, la nature fluide, déterritorialisée et réticulaire du cyberespace, qui échappe aux cadres traditionnels de la souveraineté. Le numérique opère ainsi une dissociation inédite entre l’action et la présence, contraignant à repenser en profondeur les conditions de la responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension se manifeste à travers plusieurs phénomènes significatifs : circulation d’informations non vérifiées, diffusion de contenus trompeurs, ou encore maintien d’identités numériques actives associées à des individus privés de liberté physique ou condamnés par la justice. Il en résulte une déliaison entre l’acteur et l’action, qui fragilise l’imputation des actes. L’existence numérique tend dès lors à se prolonger indépendamment des contraintes matérielles, produisant une forme de dédoublement du sujet.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-desinformation-et-economie-de-l-influence"><strong>Désinformation et économie de l’influence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Loin d’être marginal, ce phénomène révèle les limites des dispositifs classiques de contrôle. Si les institutions parviennent à contraindre les corps dans un espace territorial défini, elles peinent à circonscrire les effets d’actions déployées dans un espace sans ancrage stable.<br>Une personne incarcérée peut ainsi continuer à intervenir dans l’espace public numérique, remettant en cause l’unité du sujet, fondement de la responsabilité juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la désinformation trouve un terrain particulièrement favorable. L’exploitation de comptes par des tiers – usurpation, délégation ou manipulation – alimente une économie de l’influence où la vérité devient instable. L’espace numérique s’impose comme un lieu où l’authenticité est constamment mise à l’épreuve et où la frontière entre le vrai et le faux tend à s’effacer.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-faut-il-limiter-l-existence-numerique"><strong>Faut-il limiter l’existence numérique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La question se pose alors : la privation de liberté physique doit-elle entraîner la suppression de l’existence numérique ? Une telle hypothèse soulève des enjeux éthiques et juridiques majeurs. Le défi réside moins dans l’existence numérique que dans la régulation de ses usages, afin de garantir une présence légitime sans basculer dans une logique de surveillance généralisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les institutions tentent d’adapter leurs cadres d’intervention, mais se heurtent à la fragmentation et à la circulation des identités numériques. La responsabilité tend à se diluer dans un réseau d’interactions complexes, rendant l’imputation des actes de plus en plus problématique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-ethique-de-la-citoyennete-numerique"><strong>Vers une éthique de la citoyenneté numérique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce nouvel environnement, les professionnels des médias voient leur rôle profondément transformé. La persistance d’activités numériques associées à des individus incarcérés brouille les critères de crédibilité et fragilise les processus de vérification. L’espace public informationnel se reconfigure sous la pression de flux continus, où la visibilité prime souvent sur la fiabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la question de la citoyenneté numérique s’impose. Dans un espace où chacun peut produire et diffuser de l’information, la responsabilité devient autant éthique que juridique.<br>Relayer un contenu sans en vérifier la source revient à participer à un système où l’efficacité prime sur la vérité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-repenser-le-rapport-au-vrai"><strong>Repenser le rapport au vrai</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dispositifs de sécurisation du cyberespace, bien qu’indispensables, ne suffisent pas. Ils doivent être accompagnés d’une réflexion plus exigeante sur les conditions de production du vrai. Il s’agit moins de restaurer un ordre que de reconstruire un rapport critique à l’information, fondé sur le discernement et la vigilance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, ce phénomène ne révèle pas seulement une faille technique ou juridique, mais une transformation plus profonde : celle d’un monde où l’action se détache de la présence.<br>La question centrale devient alors : dans quelles conditions une action peut-elle encore être attribuée, comprise et jugée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Tribune. La post-vérité ou l’âge adulte impossible de l’humanité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 08:47:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Les démystificateurs du Sahel]]></category>
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<p>Plongez dans la géopolitique des fake news et examinez comment la technologie alimente la guerre des récits à travers le globe.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Jamais l’humanité n’a produit autant de données, de rapports et de savoirs. Jamais pourtant la vérité n’a semblé aussi fragile. À l’ère de la post-vérité, la désinformation ne relève plus de l’exception mais d’un système, nourri par les intérêts, la technologie et la guerre des récits.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vivons à l’ère de l’abondance informationnelle. De 2016 à 2022, le nombre d’articles scientifiques publiés dans le monde est passé d&rsquo;environ 1,9 million par an à 2,8 millions, selon une <a href="https://www.univ-grenoble-alpes.fr/actualites/a-la-une/actualites-recherche/l-edition-scientifique-sous-pression-1323788.kjsp" target="_blank" rel="noreferrer noopener">étude</a> publiée en septembre 2023. Le volume total d’informations numériques produites – rapports institutionnels, documents techniques, études d’ONG, notes de cabinets de conseil ou de think tanks – atteint près de 913 exaoctets par an. Jamais l’humanité n’a autant écrit, documenté, chiffré. Jamais, pourtant, la vérité n’a paru aussi insaisissable.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ordre-moral-de-la-post-verite"><strong>L’ordre moral de la post-vérité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car cette inflation documentaire ne signifie pas <a href="https://www.vrin.fr/livre/9782251453361/levolution-de-la-connaissance" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accumulation de savoir</a>. Elle accompagne, au contraire, une diffusion accélérée de la désinformation. Derrière chaque rapport, chaque étude, chaque chiffre, se cachent désormais des intérêts, des stratégies, des agendas. La <a href="https://shs.cairn.info/sauver-marx--9782707151315-page-220?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">connaissance</a> n’échappe plus à la logique marchande. Elle se finance, se commande, se vend. La science elle-même se voit sommée de produire des résultats compatibles avec les attentes de ses bailleurs. La vérité devient alors secondaire. Ce qui compte, c’est ce qui convainc, ce qui rassure, ce qui sert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce monde, le mensonge n’avance plus masqué. Il se pare des atours de la vérité. La vérité, elle, se retrouve du côté du plus fort – non pas celui qui a raison, mais celui qui parle le mieux. Celui qui parle le mieux est souvent celui qui paie le plus. Ainsi se construit l’ordre moral de la post-vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La célèbre maxime attribuée à Voltaire – « <em>Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire</em> » – semble aujourd’hui avoir muté. Elle pourrait se reformuler ainsi : <em>« Je sais que ce que vous dites est faux, mais je me battrai pour que cela soit cru comme vrai. »</em> Tel est le serment tacite de nombreux producteurs de discours dans l’économie contemporaine de l’information.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-verite-devient-bicephale"><strong>La vérité devient bicéphale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les données, loin d’éclairer le réel, répondent de plus en plus à des objectifs politiques, économiques ou idéologiques. La vérité est sacrifiée sur l’autel d’intérêts égoïstes. Nous entrons dans un régime de relativisme radical où une affirmation, même fausse, est défendue comme une vérité absolue par ses auteurs, tandis que ses adversaires la rejetteront même si elle est avérée. La vérité devient bicéphale, oscillant sans cesse entre croyance et rejet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il alors donner raison à Platon, qui distinguait le monde parfait des idées et le monde imparfait des <a href="https://saheltribune.com/vivons-nous-dans-un-fake-monde/">apparences</a> ? L’accès à la vérité est devenu un combat. Non plus un chemin rationnel, mais une lutte asymétrique. Cette lutte est symptomatique de <a href="https://www.amazon.fr/Fake-monde-Fousseni-Togola/dp/2312144808" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’imperfection de notre monde</a>. Le philosophe Karl Popper l’avait pourtant rappelé : il n’existe pas de vérité absolue en science. Il n’y a que des hypothèses provisoires, destinées à être réfutées. Nous ne faisons que nous rapprocher de la vérité sans jamais la saisir pleinement. Cette <em>vraisemblance</em> – cette « <a href="https://philosciences.com/verisimilitude#:~:text=Pour%20Popper,%20si%20une%20th%C3%A9orie,forme%20d'une%20objectivit%C3%A9%20croissante." target="_blank" rel="noreferrer noopener">verisimilitude</a><em> »</em> – dit quelque chose de fondamental : notre imperfection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thomas Kuhn parlera de <a href="https://shs.cairn.info/la-societe-un-monde-incertain--9782705665722-page-3?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">changements de paradigmes</a>. Gaston Bachelard, « <em>d’obstacles épistémologiques</em> ». Ces <a href="https://www.philomag.com/articles/lobstacle-epistemologique-chez-bachelard-cest-quoi" target="_blank" rel="noreferrer noopener">préjugés</a> intimes qui nous poussent à confondre opinion et vérité. Le progrès de la connaissance s’est toujours construit sur les ruines de certitudes anciennes. Mais encore faut-il accepter cette fragilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-pandemie-du-clic"><strong>La pandémie du clic</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le champ géopolitique et militaire, la vérité alternative n’est pas une nouveauté. Elle a toujours été une arme. Sun Tzu en avait fait un <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-enjeux-internationaux/sun-tzu-et-l-art-de-la-guerre-le-premier-traite-de-strategie-militaire-9741979" target="_blank" rel="noreferrer noopener">principe stratégique</a> : tromper l’adversaire, l’épuiser psychologiquement, brouiller ses repères. Ce qui a changé, c’est l’échelle. Avec Internet et les réseaux sociaux, la désinformation n’est plus l’apanage des États ou des presses militantes. Elle est devenue industrielle, virale, instantanée. Une véritable pandémie du clic.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, rapports officiels, communiqués, déclarations publiques, articles de presse eux-mêmes doivent être lus avec suspicion. Ils dissimulent souvent des intentions de nuisance ou la défense d’intérêts particuliers. L’impartialité, notamment dans le champ médiatique, tend à devenir un mot creux. Voilà la «<a href="https://www.lecourrierdelatlas.com/myret-zaki-la-gouvernance-des-medias-doit-etre-pluraliste-integre-et-transparente/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>désinformation venant d’en-haut</em></a> », dont parle Myret Zaki. Chaque média est arrimé à une ligne, un financement, une vision du monde – consciemment ou non.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique comme dans toutes les zones de conflits, la guerre offre une illustration brutale de cette bataille des récits. Des rapports contradictoires s’affrontent. Certains dénoncent des violations des droits humains, d’autres les minimisent ou les contestent. Qui dit vrai ? Qui dit le contraire ? Nous sommes dans l’ère de la «&nbsp;<em>géopolitique des fake news</em>&nbsp;». L’expression sûrement pas encore.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-politique-etrangere-de-la-desinformation"><strong>La politique étrangère de la désinformation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <a href="https://www.amazon.fr/Gouverner-par-Fake-News-internationaux/dp/2315009561/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;crid=13NLKRD9Z1ZLM&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.FbINg_xoFNOHZfTY9KOqpLHMR1kdcITRiLVvfCEG2Yg.ewzR3ux4AoYDAYimK0lx_JzQLSXjoMb1rvHwuANxctM&amp;dib_tag=se&amp;keywords=Gouverner+par+les+fake+news&amp;qid=1770710833&amp;s=books&amp;sprefix=gouverner+par+les+fake+news,stripbooks,328&amp;sr=1-1-catcorr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gouverner par les fake news</a>, Jacques Baud, ancien analyste du renseignement stratégique suisse, démonte les narratifs dominants des grandes crises contemporaines. Il soutient que nombre de certitudes occidentales – sur la Syrie, la Russie, le terrorisme – reposent moins sur des faits établis que sur des constructions discursives. Une politique étrangère façonnée par la désinformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’humanité est malade de ses récits. Pourtant, l’antidote demeure l’esprit critique. Refuser de croire un rapport, une déclaration, un chiffre sans interroger ses auteurs, ses financeurs, ses adversaires, ses intentions. À défaut, nous continuerons à absorber des faits empoisonnés, incapables de raisonner par nous-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation est d’autant plus préoccupante que les outils d’intelligence artificielle ont franchi un seuil. Désormais, chacun peut fabriquer images, vidéos, textes crédibles, depuis un simple smartphone. La « <a href="https://www.amazon.fr/fabrication-consentement-propagande-m%C3%A9diatique-d%C3%A9mocratie/dp/2748900723" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fabrique du consentement </a>», pour reprendre Noam Chomsky et Edward Herman, est devenue accessible à tous. Elle n’épargne même pas les fact-checkeurs, parfois <a href="https://saheltribune.com/face-aux-fake-news-la-difficulte-de-verifier-les-faits-en-afrique-de-louest/">piégés par les narratifs</a> qu’ils prétendent démonter, contribuant involontairement à leur diffusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce monde de la<a href="https://saheltribune.com/4810-2/"> post-vérité</a>, le combat pour la vérité n’est plus seulement une exigence morale. C’est une urgence démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Renforcer le journalisme pour lutter contre la désinformation : la Fondation Tuwindi forme 25 journalistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Apr 2025 09:12:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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		<category><![CDATA[fondation Tuwindi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La lutte contre la désinformation est au cœur d'une formation des journalistes à Bamako. Améliorez vos compétences en journalisme.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis ce lundi 21 avril 2025, la Fondation Tuwindi organise une formation de cinq jours pour 25 journalistes maliens, au Mémorial Modibo Keïta à Bamako. Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Voix Authentiques », qui vise à améliorer la qualité de l’information au Mali et dans le Sahel, en formant des professionnels capables de détecter et de combattre la désinformation.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant cette formation, les participants vont se familiariser avec plusieurs techniques essentielles, notamment le journalisme d’investigation, le datajournalisme (journalisme basé sur l’analyse de données), l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le travail journalistique, ainsi que les règles d’éthique et de déontologie. L’objectif est de renforcer leurs compétences pour produire des contenus fiables, utiles et compréhensibles pour le public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet «&nbsp;<em>Voix Authentiques</em>&nbsp;» part d’un constat clair notamment les fausses informations circulent de plus en plus, notamment sur les réseaux sociaux, ce qui rend difficile l’accès à une information de qualité. Or, une information fiable est essentielle pour permettre aux citoyens de bien comprendre les enjeux de la société.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-un-impact-concret-attendu-dans-le-paysage-mediatique"><strong>Un impact concret attendu dans le paysage médiatique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, cette formation permettra de produire 25 enquêtes journalistiques originales, publiées dans différents formats. Ces productions contribueront à enrichir le paysage médiatique malien et régional avec des contenus rigoureux, utiles et accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette initiative, la Fondation Tuwindi confirme son engagement en faveur d’une presse libre, responsable et tournée vers l’intérêt général. À travers le projet «&nbsp;<em>Voix Authentiques</em>&nbsp;», elle montre l’importance de former les journalistes aux outils modernes, dans le respect de l’éthique, pour faire face aux défis actuels du métier.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-des-experts-chevronnes-a-la-manoeuvre"><strong>Des experts chevronnés à la manœuvre</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour assurer une formation de qualité, la Fondation Tuwindi s’est entourée de trois experts reconnus dans leurs domaines. Salif Sanogo, journaliste et spécialiste en communication, a ouvert les travaux avec des modules axés sur l’éthique et la déontologie, les fondements du journalisme, la lutte contre les fake news et les deepfakes, ainsi que les enjeux de l’intelligence artificielle dans le métier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexy Kalembry, expert en journalisme d’investigation, prendra le relais avec des sessions portant sur la protection des sources, la narration d’enquête, le traitement de l’information sensible, ainsi que le journalisme de solutions. De son côté, Tidiani Togola, ingénieur en informatique, initiera les participants aux principes du datajournalisme, en leur apprenant à collecter, analyser et visualiser des données pour des enquêtes rigoureuses et accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant cinq jours, ces experts partagent leurs expériences avec des journalistes venus de la télévision, de la radio, de la presse écrite, de la presse en ligne et du monde des blogs. Une dynamique porteuse d’espoir pour un journalisme plus fort, mieux outillé et engagé contre la désinformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalif Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Billet. Pourquoi relire 1984 en 2025 ?</title>
		<link>https://saheltribune.com/billet-pourquoi-relire-1984-en-2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Apr 2025 06:18:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Billet d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[1984]]></category>
		<category><![CDATA[désinformation]]></category>
		<category><![CDATA[George Orwell]]></category>
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		<category><![CDATA[Répression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>En 2025, Orwell n’est plus une référence littéraire, mais un miroir. Dans un monde où la surveillance est volontaire et la vérité négociable, relire 1984 devient un acte de résistance tranquille.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En 2025, Orwell n’est plus une référence littéraire, mais un miroir. Dans un monde où la surveillance est volontaire et la vérité négociable, relire&nbsp;</em></strong><em><strong>1984</strong></em><strong><em>&nbsp;devient un acte de résistance tranquille.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’a jamais été aussi urgent de relire&nbsp;<em>1984</em>. Pas pour le plaisir morbide de constater à quel point George Orwell avait vu juste, mais pour mesurer tout ce que nous avons accepté, lentement, insidieusement, au nom de la sécurité, du progrès, ou du confort.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vivons dans un monde où la surveillance est désormais invisible et consentie. Les écrans sont devenus les complices dociles de notre dépendance à l’instant. La langue se simplifie, se désosse, jusqu’à en devenir inoffensive. L’Histoire s’efface, se réécrit ou s’ignore — selon les besoins du jour. Big Brother n’est plus un dictateur, c’est un algorithme.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Plus qu’une suggestion littéraire, un acte de lucidité</strong><strong></strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Orwell, lui, pensait en dictatures bruyantes. Nous avons inventé des démocratures muettes. Et chacun y va de son écran, de son identifiant, de sa géolocalisation offerte, de son visage numérisé avec le sourire. Qui a besoin de policiers quand il y a des abonnements ? Qui a besoin de censure quand l’autocensure est devenue une politesse sociale ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1984</em>&nbsp;ne prédisait pas un régime. Il annonçait une tentation. Celle du repli, de la pensée unique, du refus du doute. Celle, surtout, de croire que la vérité est relative, manipulable, reprogrammable. Relire Orwell aujourd’hui, c’est mesurer à quel point nous avons banalisé l’absurde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi se demander, à quel moment avons-nous cessé de nous en offusquer ? En 2025, alors que les IA rédigent des lois, que les réseaux effacent des réputations, que les vérités se marchandent en temps réel, relire <em>1984</em> n’est plus une suggestion littéraire  mais un acte de lucidité. Une urgence civique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas pour pleurer ce qui s’est perdu. Mais pour défendre, encore, ce qui peut être sauvé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Togola&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali  : les paradoxes de Choguel Maïga</title>
		<link>https://saheltribune.com/mali-les-paradoxes-de-choguel-maiga/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Nov 2024 15:10:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[censure]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[contrôle de l'information]]></category>
		<category><![CDATA[information]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[médias censurés]]></category>
		<category><![CDATA[paradoxe]]></category>
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<p>Le Premier ministre malien Choguel Maïga révèle les défis de gouverner dans un environnement où l'information est contrôlée. Découvrez pourquoi il écoute les médias interdits.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sénégal : le régime Macky Sall doit respecter les droits à la liberté d’expression et à l’information (Amnesty International)</title>
		<link>https://saheltribune.com/senegal-le-regime-macky-sall-doit-respecter-les-droits-a-la-liberte-dexpression-et-a-linformation-amnesty-international/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mohamed Camara]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Aug 2023 08:14:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[information]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d&#039;expression]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Macky Sall]]></category>
		<category><![CDATA[Sénégal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Durant le week-end du 29 juillet 2023, le journaliste Papé Alé Niang alors en liberté provisoire, a été mis aux arrêts. Il a été placé en détention, selon Amnesty International, avant d’être inculpé et placé sous mandat de dépôt pour appel à l’insurrection, actes ou manœuvres à compromettre la sécurité publique. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Habibatou Goloko, demande la libération immédiate et inconditionnelle du journaliste sénégalais Papé Alé Niang. Elle dénonce également dans sa note écrite les nouvelles restrictions relatives à la liberté individuelle, à l’espace civique, aux arrestations et détentions arbitraires.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant le week-end du 29 juillet 2023, le journaliste Papé Alé Niang alors en liberté provisoire, a été mis aux arrêts. Il a été placé en détention, selon Amnesty International, avant d’être inculpé et placé sous mandat de dépôt pour appel à l’insurrection, actes ou manœuvres à compromettre la sécurité publique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Patron du site d’informations Dakar Matin, avait commenté le 28&nbsp;juillet passé l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko dans une vidéo directe, devenue virales.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’instar du Journaliste Papé Alé, plusieurs autres personnes du parti d’opposition Pastef ont été arrêtées du 1<sup>er</sup>&nbsp;au 2&nbsp;aout du même chef d’inculpation, dont le maire de Parcelles assainies et celle de la Patte d’Oie.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Libération immédiate et inconditionnelle</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée, le 31&nbsp;juillet, les autorités sénégalaises ont également dissout le parti d’opposition Pastef-les patriotes, et ont suspendu le réseau social TikTok via les données mobiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Amnesty International, le journaliste Papé Alé a été arrêté et inculpé le 1<sup>er</sup>&nbsp;aout dernier, pour tout simplement avoir joué son rôle de journaliste en toute indépendance. Ainsi en « <em>enquêtant sur des affaires politicojudiciaires dites sensibles</em> ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon son avocat, le procureur n’a apporté aucune preuve pour justifier ces accusations. L’organisation internationale de la défense des droits humains, Amnesty, appelle à la libération immédiate et inconditionnelle du journaliste Papé Alé Niang.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Respecter les droits à la liberté d’expression et à l’information</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias ont rapporté la mort d’au moins trois personnes, le lundi&nbsp;31&nbsp;juillet dernier, suite aux manifestations qui ont éclaté dans les différentes villes sénégalaises. L’Amnesty exhorte les autorités d’enquêter sur ces morts et celles enregistrées lors des manifestations de 2021.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Amnesty International, les autorités devraient respecter les droits humains, cesser de détenir arbitrairement des journalistes et des membres de l’opposition, tout en respectant les droits à la liberté d’expression et à l’information en levant «<em> immédiatement la suspension de l’internet via les données mobiles et du réseau social TikTok</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mohamed Camara&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Chronique sur « Politiques environnementales et médias au Mali » de Dr Ibrahim A. Maïga</title>
		<link>https://saheltribune.com/chronique-sur-politiques-environnementales-et-medias-au-mali-de-dr-ibrahim-a-maiga/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Feb 2022 19:21:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Seko ni Donko]]></category>
		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Ibrahim Maïga]]></category>
		<category><![CDATA[information]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[médias]]></category>
		<category><![CDATA[médias et environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Sur recommandation de son jury, le journaliste expérimenté et ancien chargé de communication au ministère malien de l’environnement, de 2003 à 2007, fait paraître son ouvrage aux éditions La Sahélienne sous le titre Politiques environnementales et médias au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 2018, Ibrahim Abdoulaye Maïga a soutenu sa thèse de doctorat en socio-anthropologie du changement social et du développement avec un focus sur </strong><em><strong>« le traitement de l’information environnementale dans la presse écrite quotidienne d’informations générales du Mali »</strong></em><strong>, à l&rsquo;Institut Supérieur de Formation et de Recherche Appliquée, devenu depuis l’Institut de Pédagogie Universitaire (Bamako). Sur recommandation de son jury, le journaliste expérimenté et ancien chargé de communication au ministère malien de l’environnement, de 2003 à 2007, fait paraître son ouvrage aux éditions </strong><em><strong>La Sahélienne</strong></em><strong> sous le titre </strong><em><strong>Politiques environnementales et médias au Mali. </strong></em><strong>Un travail scientifique traitant des questions environnementales moins couvertes par la presse écrite malienne malgré l’urgence du phénomène.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son ouvrage, cet enfant du Sahel, natif d’Ansongo, attire l’attention des uns et des autres sur l’urgence climatique qui n’épargne aucun aspect de la vie — de nos jours. C’est à travers des arguments tirés d’histoires ou des études que notre diplômé de l’École normale supérieur, en philosophie (1989), éclaire les lecteurs sur la question climatique et son urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> Les images d’oiseaux aquatiques, désespérément englués dans le Mazout dégoulinant de pétroliers à la dérive ; les corps décharnés d’enfants africains frappés par la famine ; les squelettes de troupeaux entiers de bovidés foudroyés par la sécheresse ; les mares asséchées, les terres de culture craquelées, les conflits meurtriers entre agriculteurs et paysans, de grands mouvements de populations consécutivement à la famine, la migration périlleuse des jeunes… ont placé l’environnement au cœur de la réflexion »</em>, écrit Ibrahim Abdoulaye Maïga dans son ouvrage <em><a href="https://www.fenamali.org/ceremonie-de-publication-du-livre-politiques-environnementales-et-medias-au-mali/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Politiques environnementales</a> et médias au Mali.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mieux, pour le prouver, il souligne surtout la diversité des études sur le phénomène dans divers domaines, notamment les sciences de la terre, les sciences économiques, les sciences juridiques ainsi que les sciences sociales — une approche pluridisciplinaire de son sujet. «<em> L’actualité des questions environnementales se retrouve aussi, en grande ligne, dans les études sur les sciences politiques dans la mesure où le concept est devenu un thème, un slogan qui rythme les discours politiques tant au niveau national qu’international </em>», explique celui qui a embrassé le journalisme en 1992, un métier qui va orienter désormais son devenir.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="l-environnement-n-est-vendeur-pour-les-organes"><em><strong>« L’environnement n&rsquo;est ‘’vendeur’’ pour les organes…&nbsp;»</strong></em></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Présenté en 2018 par son auteur comme thèse de doctorat, l’ouvrage évoque un paradoxe dans le phénomène climatique. Malgré toute <a href="https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02536502/document" target="_blank" rel="noreferrer noopener">son urgence</a>, le changement climatique occupe très peu de place dans la presse écrite au Mali. En parcourant les archives de certains médias maliens, sur une période de quinze ans, Dr Ibrahim Maïga constate que «<em> la presse écrite d’information générale accorde très peu de place à l’information environnementale au Mali</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, précise-t-il, la <a href="https://saheltribune.com/rechauffement-climatique-6e-rapport-du-giec-%e2%80%89alerte-rouge-pour-lhumanite%e2%80%89/">diversification des travaux</a> sur le phénomène aura peu de valeurs sans la prise en compte du phénomène dans les médias. Surtout que «<em> les communications des scientifiques, les différents discours politiques, les plaidoyers ne sont accessibles aux populations que par les médias ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce désintérêt manifeste de la presse écrite malienne pour le phénomène n’est pourtant pas fortuit, selon l’auteur, puisque <em>« l’environnement n&rsquo;est ‘’vendeur’’ pour les organes que lorsqu&rsquo;il fait vivre les journalistes et les journaux, à travers des annonces, des frais de déplacement, des voyages&nbsp;»</em>. Il évoque également d’autres raisons comme la non-spécialisation des journalistes sur le sujet de l’environnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De par son approche scientifique, la diversification des sources citées, les nombreux graphiques utilisés et la plume d’or de son auteur, issu de la presse écrite, <em>P</em><em>olitiques environnementales et médias au Mali</em> est un ouvrage scientifique mis à la disposition des professeurs, chercheurs, décideurs politiques, étudiants, les journalistes ainsi qu’à la postérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La rédaction</strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-black-background-color has-black-color is-style-wide"/>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cet ouvrage est disponible aux éditions La Sahélienne, auprès de l’auteur ainsi </em><em>que </em><em>dans certaines librairies à Bamako.</em></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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