<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des influence numérique Afrique &#8212; Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/influence-numerique-afrique/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/influence-numerique-afrique/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Sun, 31 May 2026 05:30:58 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des influence numérique Afrique &#8212; Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/influence-numerique-afrique/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>Réseaux sociaux et antivaleurs : comment l&#8217;écran a pris la place du conteur</title>
		<link>https://saheltribune.com/reseaux-sociaux-et-antivaleurs-comment-lecran-a-pris-la-place-du-conteur/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/reseaux-sociaux-et-antivaleurs-comment-lecran-a-pris-la-place-du-conteur/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 05:30:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sahel Tech.]]></category>
		<category><![CDATA[antivaleurs Mali]]></category>
		<category><![CDATA[autorité parentale Mali]]></category>
		<category><![CDATA[conteur africain]]></category>
		<category><![CDATA[crise des valeurs Mali]]></category>
		<category><![CDATA[culture malienne]]></category>
		<category><![CDATA[culture numérique Mali]]></category>
		<category><![CDATA[écran et éducation]]></category>
		<category><![CDATA[éducation aux valeurs Mali]]></category>
		<category><![CDATA[éducation morale Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Facebook Mali]]></category>
		<category><![CDATA[influence numérique Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[jeunesse malienne]]></category>
		<category><![CDATA[numérique et société]]></category>
		<category><![CDATA[PNEV Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Programme national d’éducation aux valeurs]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux et famille]]></category>
		<category><![CDATA[réseaux sociaux Mali]]></category>
		<category><![CDATA[smartphone et jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[société malienne]]></category>
		<category><![CDATA[TikTok Mali]]></category>
		<category><![CDATA[traditions maliennes]]></category>
		<category><![CDATA[transmission des valeurs]]></category>
		<category><![CDATA[transmission intergénérationnelle]]></category>
		<category><![CDATA[veillées traditionnelles Mali]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=22576</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Mali, le Programme national d’éducation aux valeurs alerte sur l’impact des réseaux sociaux et des écrans dans la transmission des repères moraux, l’autorité parentale et la cohésion familiale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Mali, le Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs dresse un constat sans appel : les technologies numériques ont fracturé la transmission morale des générations. Le conteur a été détrôné. L&rsquo;écran règne. Enquête sur une révolution silencieuse aux conséquences considérables.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps, pas si lointain, où la nuit tombée sur les quartiers de Bamako n&rsquo;éteignait pas les voix. Sous les manguiers ou dans les grandes cours familiales, les anciens prenaient la parole. Les enfants, assis en cercle, écoutaient les contes, les récits de bravoure, les histoires de lignages dont chaque détail portait une leçon. C&rsquo;était l&rsquo;heure du conteur — le&nbsp;<em>jeli</em>, le sage, le grand-père ou la grand-mère — et elle durait des heures. Ce qu&rsquo;on y apprenait ne s&rsquo;oubliait pas. Pas parce que c&rsquo;était écrit. Mais parce que c&rsquo;était vivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, les enfants ont des smartphones. Ce glissement — banal en apparence, fondamental en réalité — est au cœur du diagnostic que pose le Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs (PNEV), initiative ambitieuse du gouvernement de Transition malien. En quelques décennies, les technologies numériques ont opéré ce que les rédacteurs du programme qualifient sobrement d&rsquo;«&nbsp;<em>agression de l&rsquo;imaginaire national qui se déconstruit&nbsp;</em>». Derrière la formule, une réalité que nombre de familles vivent chaque soir sans toujours trouver les mots pour la nommer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;invasion du portail familial</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la rupture, il faut remonter le fil. Le PNEV le retrace avec une précision presque mélancolique : la radio, le théâtre, puis le cinéma avaient déjà «&nbsp;<em>touché la corde sensible</em>&nbsp;» des populations. Ensuite sont venues les chaînes de télévision, avec leur avalanche de fictions, d&rsquo;animations, de feuilletons. Puis le numérique a tout emporté. L&rsquo;ordinateur, la tablette, le téléphone. Tous les médias concentrés en un seul objet, glissé dans une poche, accessible à toute heure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le document note avec une précision qui donne à réfléchir que ces technologies «&nbsp;<em>ont franchi le portail des maisons pour venir « assister » — remarquez l&rsquo;inversion — les habitants, servis à part, presqu&rsquo;individuellement&nbsp;</em>». Cette inversion n&rsquo;est pas anodine. Autrefois, la famille se réunissait autour d&rsquo;un média — la radio commune, le poste de télévision du salon. Désormais, chaque membre de la famille dispose de son propre écran, de sa propre bulle, de son propre flux. La technologie qui était censée relier a commencé par désunir. Elle a fragmenté l&rsquo;unité familiale de l&rsquo;intérieur, sans bruit, sans violence apparente, et presque sans résistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conséquence logique ne s&rsquo;est pas fait attendre : l&rsquo;éducation aux valeurs, qui se transmettait dans ces moments de vie commune — le repas partagé, la veillée, l&rsquo;histoire du soir —, a perdu ses scènes naturelles. Elle n&rsquo;a pas disparu. Elle a été déplacée. Et le problème est que rien d&rsquo;équivalent n&rsquo;a pris sa place.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que diffuse l&rsquo;écran à la place du conteur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car ce n&rsquo;est pas seulement une affaire de temps d&rsquo;écran. C&rsquo;est une affaire de contenu. Le conteur ne racontait pas pour divertir. Il transmettait. Chaque histoire avait une moralité, un enseignement sur la bravoure, la solidarité, l&rsquo;honneur, la pudeur, le respect de l&rsquo;aîné. La forme était séduisante ; le fond était normatif. L&rsquo;enfant captait les deux en même temps, sans s&rsquo;en apercevoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que diffuse l&rsquo;écran est d&rsquo;une autre nature. Le PNEV s&rsquo;alarme d&rsquo;un «&nbsp;<em>journalisme de mercenariat&nbsp;</em>», de «&nbsp;<em>feuilletons sulfureux de la télévision nationale</em>&nbsp;», d&rsquo;un «&nbsp;<em>mimétisme d&rsquo;antivaleurs médiatisées en l&rsquo;absence de modèles endogènes&nbsp;</em>». Les réseaux sociaux, eux, propagent une imagerie venue d&rsquo;ailleurs : des codes vestimentaires, des comportements, des hiérarchies de prestige qui n&rsquo;ont aucun ancrage dans la civilisation malienne. La richesse ostensible. L&rsquo;arrogance comme posture. L&rsquo;exhibition comme norme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces modèles ne sont pas neutres. Ils façonnent les aspirations. Et quand un adolescent de Bamako consomme chaque jour des heures de contenus valorisant l&rsquo;argent facile, la transgression séduisante et l&rsquo;impunité assumée, il reçoit une éducation — une éducation inverse de celle que sa famille tente de lui donner. Le document pointe avec acuité «&nbsp;<em>l&rsquo;influence des réseaux sociaux sur les représentations que se font les publics à l&rsquo;égard des libertés, de l&rsquo;autorité et des pratiques institutionnelles</em>&nbsp;». En clair : TikTok, Facebook et leurs équivalents ne transmettent pas seulement des images. Ils transmettent une vision du monde. Et cette vision du monde est souvent en guerre contre celle des aînés.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le smartphone, juge de paix de l&rsquo;autorité parentale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La tension est quotidienne. Elle s&rsquo;observe dans les familles de Bamako comme dans celles de Mopti ou de Ségou. Un parent interdit un contenu, un enfant y accède quand même. Un film classé «&nbsp;<em>interdit aux moins de 18 ans</em>&nbsp;» est regardé par toute la famille, relève le PNEV avec une ironie amère, «&nbsp;<em>en dépit de la consigne</em>&nbsp;». Ailleurs, les plateformes proposent des filtres parentaux. Ici, «&nbsp;<em>inopérants</em>&nbsp;», note le programme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette inopérance n&rsquo;est pas technique. Elle est sociale. Le contrôle des usages numériques requiert du temps, de la vigilance, une culture de la régulation numérique que les parents maliens — souvent moins à l&rsquo;aise avec les outils que leurs enfants — peinent à exercer. Le rapport d&rsquo;autorité traditionnel, fondé sur le savoir et l&rsquo;expérience de l&rsquo;aîné, se trouve soudainement inversé : l&rsquo;enfant maîtrise le dispositif, et le parent navigue à vue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce renversement symbolique est peut-être le plus corrosif de tous. Car dans la cosmologie traditionnelle malienne, l&rsquo;aîné sait. C&rsquo;est de ce savoir que découle son autorité. Quand l&rsquo;enfant de dix ans configure le téléphone familial que son père ne comprend pas, c&rsquo;est toute la pyramide hiérarchique qui vacille.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une consommation « sauvage » aux graves conséquences</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNEV ne plaide pas pour un rejet des technologies. Il serait vain, et le document le reconnaît franchement : «&nbsp;<em>il est difficile de faire sans ces nouveaux outils intégrés à la culture de la société de consommation qui prévaut dans le monde.&nbsp;</em>» Ce que le texte dénonce, c&rsquo;est une consommation qu&rsquo;il qualifie de «&nbsp;<em>sauvage, anarchique</em>&nbsp;» — faute d&rsquo;un cadre éthique, professionnel et réglementaire adapté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule est forte, et juste. Car il ne suffit pas d&rsquo;avoir accès à l&rsquo;outil pour en faire bon usage. Le numérique est un espace sans instituteurs. Les algorithmes des plateformes ne sont pas conçus pour former des citoyens vertueux : ils sont conçus pour maximiser le temps passé devant l&rsquo;écran, ce qui favorise mécaniquement les contenus les plus clivants, les plus sensationnels, les plus désinhibiteurs. Ce que le PNEV appelle «&nbsp;<em>antivaleurs</em>&nbsp;» est précisément ce que ces algorithmes récompensent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences ne sont pas abstraites. La «&nbsp;<em>jeunesse sans emploi livrée à la débauche, à l&rsquo;extrémisme violent et à la radicalisation&nbsp;</em>» que décrit le programme est en partie une jeunesse surinformée dans les mauvais sens, nourrie de modèles de réussite inaccessibles et de récits de violence qui normalisent la transgression. Les recruteurs terroristes l&rsquo;ont compris avant les pédagogues : les réseaux sociaux sont, entre de mauvaises mains, un outil de mobilisation redoutable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le numérique peut-il devenir un vecteur de valeurs ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la grande question que le PNEV tente d&rsquo;ouvrir, sans la refermer tout à fait. Car l&rsquo;écran, à lui seul, n&rsquo;est ni vertueux ni pernicieux. Il amplifie. Il accélère. Ce qu&rsquo;on y met, il le propage. Et rien n&rsquo;interdit, en théorie, qu&rsquo;on y mette autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme identifie les réseaux sociaux comme «&nbsp;<em>vecteur multimédia pouvant atteindre davantage de cibles, d&rsquo;abonnés, avec la possibilité du direct, de l&rsquo;instantané&nbsp;</em>». La même machinerie qui diffuse des contenus dégradants peut diffuser des récits de héros maliens, des enseignements du&nbsp;<em>Do Kayidara</em>, des capsules sur l&rsquo;histoire de l&rsquo;Empire du Mali ou la Charte de Kurukanfuka — si quelqu&rsquo;un prend la peine de les produire, et si les pouvoirs publics créent les conditions pour qu&rsquo;ils circulent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le défi est réel. Pour qu&rsquo;un contenu vertueux rivalise avec un contenu viral, il doit être aussi captivant, aussi bien produit, aussi bien distribué. C&rsquo;est un enjeu d&rsquo;investissement public et privé, de formation des créateurs de contenus locaux, de politique culturelle numérique cohérente. Des chantiers que le PNEV pose sur la table, sans encore disposer des moyens de les mener.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le conteur ne reviendra pas. Mais peut-on en inventer un nouveau ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La veillée sous les manguiers ne reviendra pas. L&rsquo;économie de l&rsquo;attention est désormais mondiale, et les enfants maliens en font partie comme tous les autres. La nostalgie n&rsquo;est pas un programme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que le PNEV propose, au fond, c&rsquo;est un pari de lucidité : reconnaître que le numérique a irréversiblement transformé les circuits de transmission des valeurs, et choisir d&rsquo;y entrer plutôt que de le subir. Former les enseignants, les imams, les artistes, les influenceurs locaux à devenir eux aussi des passeurs de sens. Bâtir un cadre réglementaire qui protège les plus jeunes sans interdire l&rsquo;innovation. Investir dans une production culturelle malienne qui soit à la hauteur de la compétition mondiale pour l&rsquo;attention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un programme de longue haleine. Et peut-être son plus grand risque est-il celui que le document pressent sans le nommer clairement : le temps de la politique est court, et le temps de la transmission est long. Très long.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, les enfants scrollent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/reseaux-sociaux-et-antivaleurs-comment-lecran-a-pris-la-place-du-conteur/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">22576</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
