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	<title>Archives des indépendance africaine &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Fanon avait raison : comment le Sahel confirme sa critique du néocolonialisme 65 ans après</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Soixante-cinq ans après Les Damnés de la Terre, les ruptures entre plusieurs États sahéliens et la France relancent le débat sur le néocolonialisme. Une analyse des thèses de Frantz Fanon à la lumière des transformations politiques du Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En 1961, Frantz Fanon écrivait que les indépendances africaines seraient confisquées par des bourgeoisies nationales servant de « courroie de transmission » entre les peuples africains et le capitalisme occidental. Entre 2021 et 2025, six pays africains ont mis fin aux accords militaires qui les liaient à la France depuis leur indépendance. Cette séquence historique n&rsquo;est pas une anomalie. C&rsquo;est la confirmation, données à l&rsquo;appui, de la prophétie fanonienne.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe des penseurs qui ont le malheur d&rsquo;avoir raison trop tôt. Frantz Fanon est de ceux-là. Né en Martinique en 1925, mort en 1961 à 36 ans d&rsquo;une leucémie foudroyante, il n&rsquo;a pas eu le temps de voir ses prophéties se réaliser. Mais en 2026, soixante-cinq ans après la publication des <em><a href="https://amzn.to/3QhEPga" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Damnés de la Terre</a></em>, la chronologie sahélienne offre la démonstration empirique la plus éclatante de la pertinence de son analyse : en quatre ans, six pays d&rsquo;Afrique subsaharienne ont mis fin aux accords militaires qui les liaient à la France depuis leur indépendance. Le décolonisateur imaginé par Fanon est arrivé. Il est en treillis et tient un micro.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Fanon avait écrit — et que personne n&rsquo;avait vraiment lu</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le malentendu sur Fanon est vieux comme sa réception. On l&rsquo;a réduit à un théoricien de la violence — parce que Jean-Paul Sartre l&rsquo;a dit dans sa préface aux&nbsp;<em>Damnés de la Terre</em>, parce que la formule est commode et parce qu&rsquo;elle permet de ne pas lire le reste. Mais ce que Fanon dit dans ce texte est bien plus précis, bien plus structurel, et bien plus actuel que le seul éloge de la violence révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa thèse centrale est une analyse de classe : après les indépendances, les élites africaines — ce qu&rsquo;il appelle la «&nbsp;<em>bourgeoisie nationale</em>&nbsp;» — ne rompront pas avec l&rsquo;ordre colonial. Elles s&rsquo;y substitueront. Elles prendront la place des administrateurs français, s&rsquo;installeront dans les palais gouvernementaux, signeront les mêmes accords que leurs prédécesseurs, et serviront d&rsquo;interface entre les populations africaines et le capitalisme occidental. Ce n&rsquo;est pas une décolonisation — c&rsquo;est une relève de garde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans la logique néocoloniale, la bourgeoisie nationale découvre sa mission historique : être la courroie de transmission entre la nation et un capitalisme camouflé. En vérité, la bourgeoisie nationale se contentera fort bien du rôle d&rsquo;agent d&rsquo;affaires de la bourgeoisie occidentale. »</em>, écrit Frantz Fanon dans&nbsp;<em>Les Damnés de la Terre</em>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette analyse, formulée en 1961, décrit avec une précision troublante ce que la recherche en science politique a documenté depuis sous le nom de «&nbsp;<em>Françafrique</em>&nbsp;» — ce réseau de relations entre les élites politiques françaises et africaines qui a permis à Paris de maintenir une influence déterminante sur ses anciennes colonies pendant plus de six décennies, bien après les indépendances formelles de 1960.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Françafrique en chiffres : ce que Fanon n&rsquo;avait pas besoin d&rsquo;inventer</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%25C3%25A7afrique&amp;ved=2ahUKEwjQ77H1yYeVAxWidqQEHQGEBr4QFnoECB8QAQ&amp;usg=AOvVaw1V9JR6pusXARHW9ks8Iis_" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Françafrique</a> n&rsquo;est pas une théorie complotiste. C&rsquo;est un système documenté, qui repose sur trois piliers que les historiens et les journalistes d&rsquo;investigation ont largement décrits. Le premier est militaire : depuis les indépendances, la France a maintenu des bases permanentes et signé des accords de défense avec la quasi-totalité de ses anciennes colonies, lui permettant d&rsquo;intervenir militairement — de <a href="https://www.lefigaro.fr/histoire/il-y-a-40-ans-la-france-declenchait-l-operation-manta-au-tchad-20230809" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opération Manta au Tchad en 1983</a> à <a href="https://www.irsem.fr/storage/file_manager_files/2025/03/infoveilles-25-mali-serval.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l&rsquo;opération Serval au Mali en 2013</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2014, l&rsquo;opération Barkhane déploie plus de 5 100 soldats français dans cinq pays sahéliens — Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, Niger — pour combattre les groupes terroristes. Cette présence est présentée à Paris comme un acte de solidarité et un service rendu. Elle est vécue par une partie croissante des populations concernées comme une continuation de la tutelle coloniale par d&rsquo;autres moyens : des soldats étrangers qui opèrent sur un territoire, dont les commandements prennent des décisions qui engagent la vie des populations locales, sans mandat électif et sans contrôle démocratique africain.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Sahel comme cas d&rsquo;école fanonien : la bourgeoisie nationale dépassée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s&rsquo;est produit au Mali en août 2020, au Burkina Faso en janvier et septembre 2022, au Niger en juillet 2023, n&rsquo;est pas — comme on l&rsquo;a souvent présenté dans les médias européens — simplement des coups d&rsquo;État militaires parmi d&rsquo;autres. C&rsquo;est la rupture de la classe politique civile qui avait jusqu&rsquo;alors assumé le rôle que Fanon avait assigné à la bourgeoisie nationale : gérer l&rsquo;interface avec l&rsquo;ancienne puissance coloniale, maintenir les accords de défense, accueillir les bases, laisser les sociétés françaises exploiter les ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les gouvernements d&rsquo;Ibrahim Boubacar Keïta au Mali, de Roch Marc Christian Kaboré au Burkina Faso, de Mohamed Bazoum au Niger avaient tous maintenu les accords militaires avec Paris, accepté la présence de Barkhane, travaillé dans le cadre institutionnel hérité de la décolonisation française. Ils ont tous été renversés par des officiers militaires qui ont immédiatement annoncé une rupture avec ce cadre. Que l&rsquo;on approuve ou non les méthodes — et la question de la légitimité démocratique des régime militaires est réelle et sérieuse —, la logique fanonienne est là : la bourgeoisie nationale de service s&rsquo;est effondrée sous la pression des populations qui refusaient ce qu&rsquo;elle représentait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fanon écrivait que la décolonisation réelle ne serait pas un transfert de pouvoirs entre élites — mais une rupture. Le Sahel a produit des ruptures. La question est de savoir si elles tiennent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La thèse du néocolonialisme : ce que les données disent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;accusation de néocolonialisme est souvent rejetée en France comme un anachronisme ou une manipulation. Les données économiques et institutionnelles permettent de l&rsquo;examiner sans passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le franc CFA — créé en 1945 comme «&nbsp;<em>franc des colonies françaises d&rsquo;Afrique</em>&nbsp;», rebaptisé «&nbsp;<em>franc de la Communauté financière africaine</em>&nbsp;» après les indépendances — a longtemps lié quatorze pays africains à la France par un mécanisme monétaire qui imposait la centralisation de 50 % des réserves de change auprès du Trésor français (ramené à 20 % en 2019). En échange, la convertibilité de la monnaie était garantie par Paris. Ce système, dont les économistes débattent encore des effets nets, a été vécu par beaucoup comme une dépendance monétaire constitutive — précisément ce que Fanon entendait par l&rsquo;absence d&rsquo;indépendance économique réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan militaire, la présence française en Afrique — entre 2013 et 2022 — s&rsquo;est traduite par le déploiement de plus de 5 000 soldats dans le cadre de Barkhane, une opération qui a duré neuf ans sans mettre fin aux insurrections terroristes. En 2021 seul, selon les données citées par Wikpédia dans l&rsquo;article sur le <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://fr.wikipedia.org/wiki/Retrait_militaire_fran%25C3%25A7ais_d%2527Afrique_de_l%2527Ouest&amp;ved=2ahUKEwjb6ZPzyoeVAxU7VqQEHc0oCugQFnoECCcQAQ&amp;usg=AOvVaw3e0pvYtkMNR2kCBlZ32Z0-" target="_blank" rel="noreferrer noopener">retrait militaire français d&rsquo;Afrique</a>, près de 6 000 personnes sont mortes de violences liées au conflit au Mali, au Burkina Faso et au Niger — pendant que Barkhane était déployée dans ces trois pays. Ce chiffre dit quelque chose sur l&rsquo;efficacité réelle de la protection offerte, et sur la légitimité de la contestation populaire qui s&rsquo;est développée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le Sénégal est un pays indépendant, c&rsquo;est un pays souverain, et la souveraineté ne s&rsquo;accommode pas de la présence de bases militaires dans un pays souverain. »</em>, expliquait Bassirou Diomaye Faye, le président de la République du Sénégal, en 2024 — cité par <a href="https://www.aa.com.tr/fr/afrique/le-pr%C3%A9sident-bassirou-diomaye-faye-plaide-pour-la-fermeture-des-bases-militaires-francaises-au-s%C3%A9n%C3%A9gal/3408388" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Agence Anadolu</a>. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que Fanon appelle aujourd&rsquo;hui</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Fanon vivait en 2026, que lirait-il dans la séquence sahélienne ? Il y verrait, je crois, la confirmation de son diagnostic sur la fragilité des indépendances formelles, et la réalité de la pression populaire pour une décolonisation substantielle. Il verrait aussi, avec sa lucidité habituelle, les dangers d&rsquo;une rupture qui se refermerait sur elle-même — une décolonisation capturée non plus par une bourgeoisie pro-française, mais par une caste militaire pro-russe, avec les mêmes populations qui attendent toujours l&rsquo;émancipation réelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://histoirecoloniale.net/fanon-un-film-de-jean-claude-barny/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">film Fanon de Jean-Claude Barny</a>, sorti en salles le 2 avril 2025, a produit un regain d&rsquo;intérêt pour sa pensée dans les milieux intellectuels francophones. Ce regain est salutaire — à condition de ne pas se limiter à l&rsquo;hommage. Relire Fanon aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est refuser de choisir entre le néocolonialisme français et ses alternatives autoritaires. C&rsquo;est exiger davantage : des ruptures qui tiennent, des États qui respectent leurs peuples, des souverainetés qui ne soient pas des cages dorées sous d&rsquo;autres drapeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela, Fanon l&rsquo;avait écrit aussi. Il faut relire les Damnés de la Terre jusqu&rsquo;à la dernière page.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Adresses à la nation des présidents de l’AES : la culture au cœur de la souveraineté et de la renaissance endogène </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Jan 2026 07:39:04 +0000</pubDate>
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<p>La valorisation de la culture au Sahel : une priorité pour les présidents de l'AES dans leur vision de développement et de souveraineté.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Les présidents des États membres de la Confédération des États du Sahel ont, dans leurs adresses&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>à la&nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>nation du 31 décembre 2025, placé la culture au cœur de leur vision politique et sociale. Le Général d’Armée Assimi Goita du Mali et le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso ont chacun insisté sur l’importance des valeurs endogènes, de l’éducation et de la renaissance culturelle comme piliers de la souveraineté et du développement. &nbsp;</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Général d’armée Assimi Goita a insisté sur la complémentarité entre souveraineté militaire et souveraineté culturelle. Selon lui, «&nbsp;<em>si la souveraineté militaire garantit l’intégrité du territoire, la souveraineté culturelle protège l’âme de la nation&nbsp;</em>». Il a affirmé que le Mali s’est engagé dans une dynamique de renaissance culturelle et d’éducation aux valeurs, afin de renforcer durablement le vivre ensemble et de façonner le «&nbsp;<em>Maliden Kura&nbsp;</em>», un citoyen patriote, responsable et bâtisseur, porteur d’une identité enracinée dans les traditions nationales. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-souverainete-culturelle-comme-pilier-du-mali"><strong>La souveraineté culturelle comme pilier du Mali</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Président de la Transition a également rappelé que «&nbsp;<em>l’officialisation de nos langues nationales et la valorisation de nos légitimités traditionnelles ne sont pas du folklore</em>&nbsp;». Elles représentent, selon lui, un retour à l’essence même de la nation malienne. Cette démarche vise à consolider la cohésion sociale, à renforcer la paix et à faire de la culture un levier de rayonnement et de développement endogène, capable de soutenir la souveraineté et l’émergence du pays. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le Capitaine Ibrahim Traoré a mis l’accent sur la nécessité de revenir progressivement aux valeurs et aux racines du Burkina Faso. Pour lui, «&nbsp;<em>il n’y a que par cette manière que nous pouvons nous affirmer et développer notre nation</em>&nbsp;». En combinant l’éducation technique et professionnelle avec les savoirs endogènes, la nation pourra créer, innover et réduire sa dépendance vis-à-vis des importations. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-savoirs-endogenes-au-coeur-du-developpement-burkinabe"><strong>Les savoirs endogènes au cœur du développement burkinabè</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a souligné que de nombreux savoirs locaux permettent déjà de transformer les matières premières, et qu’il suffit d’ajouter la science pour en tirer un bénéfice durable. Le président burkinabè a insisté sur le rôle de la culture dans ce processus de transformation. Il a affirmé que «&nbsp;<em>le burkinabè, l’homme intègre a des valeurs qui nous ont été léguées par nos ancêtres, les valeurs d’honnêteté, d’intégrité, de dignité et de patriotisme</em>&nbsp;». Ces valeurs doivent être inculquées dès le plus jeune âge, à travers les écoles et l’éducation des enfants. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le capitaine Traoré a également rappelé que l’année 2025 a été marquée par de nombreux événements culturels, et que 2026 verra la réalisation de grands projets dans ce domaine. Toutefois, il a précisé que «&nbsp;<em>tout cela doit être axé sur nos valeurs ancestrales, endogènes qui doivent permettre de créer des nouveaux burkinabè basés sur nos propres valeurs&nbsp;</em>». Ce modèle doit se distinguer de celui façonné par l’impérialisme, en mettant la patrie au-dessus de toute considération et en rejetant la corruption sous toutes ses formes. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-culture-comme-arme-contre-le-terrorisme"><strong>La culture comme arme contre le terrorisme</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son discours, le président du Faso a établi un lien direct entre la culture et la lutte contre le terrorisme. Selon lui, «&nbsp;<em>c’est dans ce sens que nous pouvons vaincre ce terrorisme qui nous menace aujourd’hui</em>&nbsp;». La culture devient ainsi un instrument de résistance et de résilience, mais aussi un moteur de développement économique et social, capable de transformer les productions locales et de renforcer l’autonomie nationale. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux présidents ont donc convergé sur une même vision, notamment, la culture comme socle de la souveraineté et de l’émergence. Assimi Goita a mis en avant la renaissance culturelle comme garant de la cohésion sociale et de la paix au Mali, tandis qu’Ibrahim Traoré a souligné l’importance des valeurs endogènes pour bâtir un citoyen nouveau, intègre et patriote. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-vision-commune-pour-l-avenir-du-sahel"><strong>Une vision commune pour l’avenir du Sahel</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ensemble, ils ont affirmé que «&nbsp;<em>la culture participe activement au développement de notre nation</em>&nbsp;» et qu’elle est une arme de construction nationale et un levier de développement endogène. En plaçant la culture au cœur de leurs discours, les dirigeants du Mali et du Burkina Faso ont réaffirmé leur volonté de bâtir des nations souveraines et puissantes, capables de s’affirmer sur la scène internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Leur message du 31 décembre 2025 marque ainsi une étape importante dans la Confédération des États du Sahel, où la culture est désormais reconnue comme un pilier stratégique, au même titre que la défense et l’économie, pour garantir l’avenir des peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>La peur a changé de camp : l’AES, cauchemar des parrains du chaos</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2025 08:03:55 +0000</pubDate>
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<p>Le deuxième sommet de l'AES approche. Apprenez comment cette réunion pourrait transformer la dynamique politique du Sahel.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Elle devait être une simple alliance de circonstance. Elle est devenue un cauchemar géopolitique pour certains. L’Alliance des États du Sahel — devenue Confédération le 6&nbsp;juillet 2024 — avance, silencieuse et déterminée. À sa tête, trois hommes que tout oppose sauf la même obsession&nbsp;: rendre au Sahel sa souveraineté. Et cela, visiblement, fait peur.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au bord du Niger, la chaleur écrase les façades poussiéreuses, mais dans les bureaux feutrés des palais présidentiels des trois États, on s’active. Le général Assimi Goïta, en concertation avec les deux autres chefs d’État du Burkina Faso et du Niger, a décidé de tenir la deuxième session du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), prévue initialement en juillet 2025, en décembre prochain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-suscite-autant-de-fascination-que-de-crainte-nbsp"><strong>L’AES suscite autant de fascination que de crainte&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une décision officielle dictée par « <em>des ajustements logistiques</em> ». En réalité, une manœuvre stratégique. Car à mesure que l’échéance approche, les pressions se font plus lourdes, les attaques plus ciblées, les sabotages plus visibles.&nbsp;En effet, alors que tous les regards restaient rivés sur ces trois pays où devrait se tenir en juillet 2025, le 2<sup>e</sup>&nbsp;sommet tant attendu, les attaques se sont multipliées au Mali, visant principalement les positions militaires des Forces armées de sécurité (FAMa) dans plusieurs régions du pays.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En avril, une embuscade meurtrière sur l’axe Guiré-Nara et une attaque contre la zone aéroportuaire de Sévaré ont relancé un cycle de violences aux lourdes pertes civiles et militaires. Le mois de juin a vu une escalade spectaculaire avec l’assaut du camp de Boulikessi, plusieurs soldats tués, et des attaques coordonnées à Tombouctou, Ségou, Nioro du Sahel, Kayes et Niono, parfois appuyées par des drones explosifs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet, les offensives se sont multipliées, traduisant l’extension géographique et la sophistication croissante des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Dans le même contexte, la nuit du 31&nbsp;mars au 1er&nbsp;avril 2025 a vu un incident diplomatique majeur&nbsp;: un drone militaire malien Akinci, immatriculé TZ_98D, a été abattu par l’Algérie près de Tinzaoutène, dans la région de Kidal. Bamako a dénoncé une « <em>agression délibérée</em> » et saisi le Conseil de sécurité de l’ONU, accusant Alger de provocation et de complicité avec les groupes terroristes. Alger a justifié son acte par une prétendue violation de son espace aérien, version catégoriquement rejetée par le Mali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’AES, cette union inédite entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, suscite autant de fascination que de crainte. Ses ennemis la redoutent, ses alliés la scrutent, ses peuples y croient — farouchement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-alliance-nee-dans-la-douleur"><strong>Une alliance née dans la douleur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout est parti d’un refus. Celui de trois jeunes chefs d’État militaires qui ont dit non à la soumission, non aux injonctions, non aux tutelles extérieures. Le 16&nbsp;septembre 2023, à Bamako, naissait l’Alliance des États du Sahel, avec la signature de la Charte du Liptako-Gourma. Moins d’un an plus tard, le 6&nbsp;juillet 2024, à Niamey, l’alliance se transformait en Confédération. Une étape de plus vers la souveraineté assumée et la marche inexorable de ces trois États vers le fédéralisme. Cette transformation, personne ne l’avait vu venir dans certaines puissances occidentales opposées aux politiques intérieures de ces États, et qui ne souhaitaient que leur décadence afin de pouvoir s’accaparer de leurs ressources, comme elles l’ont toujours fait. Toutefois, une telle initiative ne va pas sans des défis à relever que les peuples de ces États doivent comprendre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis juillet 2024, les réunions se succèdent entre les États de l’AES, les symboles s’empilent. Drapeau commun, hymne, armée confédérale, force conjointe, devise, bientôt une banque confédérale. L’AES, c’est une idée devenue projet, puis projet devenu menace — pour ceux qui, depuis l’extérieur, avaient pris l’habitude de parler au nom du Sahel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tiani-nbsp-c-est-le-peuple-du-sahel-qui-conduit-la-revolution"><strong>Tiani&nbsp;: « C’est le peuple du Sahel qui conduit la révolution »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de sa dernière visite à Bamako, en septembre 2025, le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, a pris soin de rappeler à juste titre&nbsp;: « <em>Le peuple du Mali, du Burkina et du Niger conduit une révolution. Une révolution pour la souveraineté, la dignité et la sécurité.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son intervention, c’est surtout la prochaine opérationnalisation de la force militaire unifiée avec état-major à Niamey, dès cette année, qui a d’abord retenu les attentions. Les premiers bataillons conjoints sont déjà en action, souvent dans l’ombre, sur des théâtres discrets entre les trois frontières. « <em>Nous voulons que tous les problèmes de défense soient pris en charge par cette force confédérale</em> », explique Tiani. L’armée aésienne est désormais une force sans tutelle, évoluant dans les airs comme sur terre, sans avoir besoin d’autorisation venant de l’extérieure. L’intervention du général Tiani a été un séisme géopolitique, notamment du côté des sponsors étatiques du terrorisme, qui ne souhaite que maintenir le chaos contrôlé au sein de ces États.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président nigérien confirme également lors de sa mission officielle au Mali la mise en place de la Banque Confédérale d’Investissement et de Développement. Une banque, qui sera officiellement, un instrument financier destiné à financer les projets structurants, mais, officieusement, qui sera une préfiguration monétaire. Certains diplomates y voient déjà la première pierre d’une future monnaie sahélienne, affranchie du franc CFA. En témoignent plusieurs publications sur les réseaux sociaux, provenant d’influenceurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sourcils de certains anciens partenaires des États du Sahel commencent à froncer parce qu’ils voient que le Sahel est en train d’écrire sa propre économie.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-traore-nbsp-l-enigme-de-l-albinos-noir"><strong>Traoré&nbsp;: l’énigme de « l’albinos noir »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Trois ans après le renversement politique intervenu à Ouagadougou, le capitaine Ibrahim Traoré a pris aout au feu de la scène médiatique. Devant dix journalistes burkinabè, en septembre dernier, il s’est livré, comme à son habitude, sans prompteur ni langue de bois. « <em>Est-ce que nous allons gagner cette guerre ? Nous ne pouvons que la gagner </em>», lance-t-il, le regard fixe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, dans un sourire énigmatique, il annonce l’apparition d’un « <em>monstre</em> » dans l’espace AES&nbsp;: « <em>Bientôt, vous verrez apparaître un albinos noir.</em> » Phrase mystérieuse, à la fois prophétique et provocatrice, qui laisse les observateurs perplexes. Est-ce un code ? Une allégorie ? Une référence interne à une opération en préparation ? Personne, jusqu’ici, ne peut donner des explications précises à cette déclaration. Mais beaucoup estiment qu’il s’agirait d’une grande annonce pour le prochain sommet, annoncé pour se tenir à Bamako, en décembre prochain.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le style Traoré, l’ésotérisme est souvent un message à double détente&nbsp;: un mot pour galvaniser, un autre pour inquiéter. Mais à Ouagadougou aussi bien que dans l’espace AES, le ton reste confiant. La victoire n’est plus une hypothèse, c’est une question de calendrier.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-goita-nbsp-le-pivot-silencieux"><strong>Goïta&nbsp;: le pivot silencieux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, le général Assimi Goïta joue le rôle de chef d’orchestre. Moins loquace que ses homologues, il avance ses pions dans le calme d’un stratège. Sous sa présidence, le Mali est devenu la plaque tournante du projet confédéral. C’est là que se tiendra le sommet de décembre, celui que beaucoup redoutent. Car c’est à Bamako que doivent être annoncées des décisions historiques — parmi elles, la mise en marche formelle des institutions confédérales et, selon certaines sources, un projet de déclaration de souveraineté économique et monétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant dire que certains acteurs extérieurs ont tout intérêt à ce que le sommet n’ait pas lieu.&nbsp;Et&nbsp;comme une&nbsp;coïncidence, les attaques terroristes&nbsp;aussi bien que des tentatives de déstabilisation&nbsp;se sont&nbsp;encore&nbsp;multipliées&nbsp;au&nbsp;Mali depuis quelques mois déjà.&nbsp;Entre août et octobre 2025, le Mali a été confronté à une nouvelle vague d’attaques terroristes, ciblant principalement les forces armées dans le centre, l’ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre, la menace s’est maintenue, les terroristes recourant de plus en plus à des drones explosifs. Dans ce climat de tension extrême, le gouvernement de transition a déjoué, dès le 1er&nbsp;août, une tentative de déstabilisation orchestrée par un réseau mêlant militaire, civil et un ressortissant français, Vizilier Yann, un agent du renseignement français.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le général de division Daoud Aly Mohammedine, plusieurs officiers maliens, dont les généraux Abass Dembélé et Nema Sagara, ont été impliqués dans ce complot visant à « <em>briser la dynamique de refondation du Mali avec l’aide d’États étrangers </em>». Le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a pris le 7&nbsp;octobre une série de décrets prononçant la radiation de plusieurs des officiers impliqués dans ce complot des rangs des Forces armées maliennes, dans le cadre d’une « <em>mesure disciplinaire</em> » visant à maintenir la rigueur et la discipline au sein de l’armée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces tentatives de sabotage se poursuivent encore à travers le soutien aux groupes armés terroristes, qui tentent désespérément d’imposer sur le pays un blocus économique en s’en prenant aux camions-citernes qui acheminent le carburant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les observateurs avertis s’accordent donc pour dire qu’il s’agit d’une stratégie d’asphyxie avec comme objectif d’empêcher la tenue de ce sommet et par ricochet remettre les pays de l’AES à genou afin de reprendre le pillage de leurs ressources. Car, empêcher la Confédération d’avancer, c’est maintenir le Sahel dans son éternel provisoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-confederation-en-sous-marin"><strong>La Confédération en sous-marin</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet espace, rien ne fuite. Les documents stratégiques circulent à peine. Les réunions se tiennent dans un silence monacal. L’AES avance en sous-marin. C’est aussi cela sa force. Le secret est devenu sa meilleure arme. Cette opacité alimente toutes les spéculations&nbsp;: monnaie unique, réseau logistique intégré, stratégie de défense régionale, voire diplomatie parallèle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grandes capitales, autrefois partenaires peu sincères et fiables, s’agitent. On parle de « <em>bloc sahélien</em> », d’« <em>autarcie stratégique </em>», de « <em>rupture silencieuse</em> ». Ce qui est sûr, c’est que l’AES dérange — parce qu’elle casse les codes. Parce qu’elle ne demande plus la permission d’exister. Parce qu’elle parle d’égal à égal avec les puissances qui, hier encore, se posaient en tuteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Niamey, Ouagadougou et Bamako, les drapeaux se lèvent, les hymnes s’accordent, les mots « <em>indépendance</em> » et « <em>souveraineté</em> » reprennent sens. Dans les rues, les jeunes y croient, les anciens s’interrogent, les chancelleries s’inquiètent. Mais pour les trois chefs d’État, l’heure n’est plus aux justifications.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Avec le peuple comme guide, le succès est au bout du chemin</em> », a conclu Tiani, à Bamako. Cette phrase résume l’état d’esprit d’une Confédération qui avance dans la tempête, sûre de sa cause, certaine de son destin. L’AES fait peur — mais elle fait surtout espérer. Parce qu’au cœur du Sahel, un mot longtemps confisqué retrouve enfin sa place&nbsp;: la souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
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		<title>Le carburant, nouvelle arme des guerres hybrides en Afrique</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 09:21:35 +0000</pubDate>
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<p>Examinez comment la pénurie du carburant en Afrique devient une arme dans le conflit et affecte les gouvernements.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>De Maiduguri à Bamako, les groupes armés ont compris qu’un État s’étouffe plus sûrement par la soif d’essence que sous le feu des armes. Face à la pénurie, chaque gouvernement africain invente sa riposte : entre escortes, innovations locales et quête d’une souveraineté énergétique retrouvée.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En juin 2025, depuis Moscou, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, avertissait : «&nbsp;<em>La guerre que nous menons est une épreuve de longue haleine. Elle ne se gagnera ni en un an, ni en deux… mais il faut tenir bon.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-la-guerre-se-mene-a-la-pompe"><strong>Quand la guerre se mène à la pompe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un an plus tôt, à Sikasso, il avait détaillé les nouvelles formes de menace : le terrorisme armé, le terrorisme communicationnel et le terrorisme économique. C’est ce dernier qui, aujourd’hui, frappe au cœur du Mali, à travers l’instrumentalisation de la pénurie d’essence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les longues files devant les stations-service de Bamako et de certaines capitales régionales ne sont plus le simple signe d’un dérèglement logistique. Elles traduisent une guerre silencieuse où le carburant devient une arme stratégique. Depuis plusieurs semaines, les convois reliant les ports d’approvisionnement au centre du pays subissent des attaques répétées. Résultat : blocus partiel, flambée des prix, et tentatives de déstabilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le peuple malien ne s’y trompe pas. Il sait que derrière ces manœuvres se cachent les parrains étatiques étrangers du terrorisme, nostalgiques d’un ordre ancien. Et face à cette guerre hybride, l’État malien s’appuie sur les principes de la nouvelle Constitution : respect de la souveraineté, choix du peuple et défense de ses intérêts vitaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-precedent-nigerian-boko-haram-et-la-guerre-des-reservoirs"><strong>Le précédent nigérian : Boko Haram et la guerre des réservoirs</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au nord du Nigeria, Boko Haram a très tôt compris que le carburant est la sève de l’État moderne. Dès 2015, le groupe interceptait les camions-citernes, volait le pétrole et le revendait au marché noir. Interpol le rappelle : «&nbsp;<em>Le financement terroriste s’appuie sur la fraude, le rapt, le commerce illicite de pétrole, de charbon ou d’or.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences furent désastreuses : hôpitaux paralysés, forces armées immobilisées, économie locale asphyxiée. Abuja répondit par la militarisation des routes, l’escorte des convois et la coopération avec le Tchad et le Niger. Le pétrole devint, littéralement, l’or noir du conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-en-centrafrique-le-carburant-comme-instrument-de-chantage"><strong>En Centrafrique, le carburant comme instrument de chantage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Bangui, en 2021, les rebelles de la CPC bloquaient les corridors venant du Cameroun. La capitale suffoquait : plus d’essence, plus d’électricité, plus de transport.<br>Le président Touadéra réagit en confiant la sécurisation des convois aux forces russes de Wagner. Brutale, mais efficace, cette stratégie fit du carburant un symbole de souveraineté retrouvée. Elle permit à Bangui de diversifier ses approvisionnements et de rompre sa dépendance vis-à-vis de Douala.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-somalie-yemen-l-energie-comme-levier-de-domination"><strong>Somalie, Yémen : l’énergie comme levier de domination</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Somalie, les milices d’Al-Shabaab taxent le diesel, financent leurs opérations et étranglent Mogadiscio. Au Yémen, la coalition saoudienne a transformé le pétrole en arme de siège, privant des millions d’habitants d’électricité et de soins.<br>Face à ce blocus, les Houthis ont réinventé leur économie : véhicules au gaz, cuiseurs solaires, réseaux parallèles d’approvisionnement. L’énergie, là encore, devient un instrument de pouvoir politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cas-malien-entre-sabotage-et-resistance"><strong>Le cas malien : entre sabotage et résistance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mali, cette guerre invisible prend une tournure géopolitique. Les groupes armés, soutenus par des puissances étrangères hostiles à la Confédération des États du Sahel (AES), née en juillet 2024, contrôlent certains corridors, sabotent les routes et visent à épuiser la Transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bamako a choisi la riposte souveraine : ouverture de corridors alternatifs, sécurisation militaire des transports essentiels, constitution de stocks stratégiques et investissement dans les énergies locales — notamment le solaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La logique est de transformer la pénurie en tremplin vers la souveraineté énergétique. Comme l’a si bien dit le président devant la communauté malienne en Russie, «&nbsp;<em>il faut savoir transformer les défis en opportunité&nbsp;</em>». C’est pourquoi cette crise pourrait voir émerger au Mali, dans le secteur du transport notamment, de nouvelles initiatives pour que plus jamais de telles situations ne se reproduisent.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-laboratoire-d-une-guerre-energetique-mondiale"><strong>L’Afrique, laboratoire d’une guerre énergétique mondiale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière ces crises locales, c’est une recomposition mondiale de l’énergie qui s’opère. Les grandes puissances, au nom de la transition «&nbsp;<em>verte</em>&nbsp;», imposent leurs standards et leurs dépendances. Pendant que les États-Unis exportent leur gaz liquéfié, l’Europe pousse ses biocarburants, et la Chine contrôle 77 % de la production mondiale de batteries.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais sur le continent, un autre récit s’écrit. Des mini-raffineries nigérianes aux corridors sahéliens, en passant par les fermes solaires du Soudan, l’Afrique expérimente sa propre autonomie énergétique. Une lente marche vers l’indépendance — arrachée, plus que concédée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car au fond, cette guerre du carburant raconte la même histoire : celle d’un continent qui apprend, dans la douleur, que l’autonomie énergétique précède l’autonomie politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais, chaque litre d’essence n’est plus seulement une ressource, c’est un symbole de souveraineté. On tient un peuple par ses réservoirs mieux que par ses chaînes. Au Mali, cette phrase n’a jamais sonné aussi juste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : cinq ans pour briser le miroir colonial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Aug 2025 10:31:21 +0000</pubDate>
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<p>Cinq ans de souveraineté : une transition qui a ouvert les yeux sur les vérités cachées du néocolonialisme en Afrique.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Cinq années de transition ont suffi à mettre à nu ce que l’on taisait depuis des décennies : la duplicité des interventions militaires occidentales, le piège dans la diplomatie, le pillage organisé des ressources africaines. Au Mali, la rupture assumée avec l’Occident a ouvert les yeux d’un continent entier. Désormais, le mensonge néocolonial ne passe plus.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On se souvient du fracas du 18 août 2020. Un coup d’État militaire, vite suivi d’un second, faisait basculer le Mali dans ce que d’aucuns appellent encore avec dédain « <em>une parenthèse</em> ». Cinq ans plus tard, il faut se rendre à <a href="https://saheltribune.com/le-second-mandat-de-donald-trump-un-miroir-des-defis-de-lafrique-et-du-monde/">l’évidence</a> ; cette transition, prolongée, mal aimée à l’étranger, souvent décriée par les commentateurs de salon, aura produit un effet inattendu. Elle a décillé les yeux. Pas seulement ceux des Maliens, mais, par ricochet, ceux d’un continent entier.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-plus-barkhane-montait-en-puissance-plus-les-drapeaux-noirs-s-etendaient"><strong>Plus Barkhane montait en puissance, plus les drapeaux noirs s’étendaient</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car sous nos tropiques, il est des vérités qu’on savait, qu’on chuchotait, mais qu’on n’osait pas dire trop fort, bien que des groupements de citoyens commençaient déjà à les dénoncer à travers des manifestations ou des lettres ouvertes. La transition malienne, elle, les a jetées à la face du monde. L’échec français dans la guerre contre le terrorisme ? Acté. La duplicité du franc CFA, cette monnaie coloniale qui perdure sous un vernis d’indépendance ? Révélée. Le pillage en règle des ressources naturelles africaines par des <a href="https://saheltribune.com/souverainete-economique-le-mali-rachete-la-mine-dor-de-morila/">multinationales étrangères </a>? Démontré, preuves à l’appui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et voilà qu’au détour d’une <a href="https://saheltribune.com/bnda-un-capital-majoritairement-nationalise-pour-le-developpement-agricole/">décision de souveraineté</a> — l’expulsion des forces Barkhane en 2022 — le peuple malien découvre que neuf années de présence militaire française avaient non pas réduit la menace djihadiste, mais coïncidé avec son expansion. Cruelle ironie : plus Barkhane montait en puissance, plus les drapeaux noirs s’étendaient. À Bamako, les autorités parlent aujourd’hui de libération. Et dans les rues de Ouagadougou ou de Niamey, des foules acclament ce choix.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nationalisation-des-mines-strategiques-nbsp"><strong>Nationalisation des mines stratégiques&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autre tabou brisé : celui du franc CFA. Depuis 1945, cet instrument sert d’ancrage aux économies d’Afrique de l’Ouest. Mais à qui profite-t-il ? Certainement pas aux peuples. Comme le rappelait&nbsp;<a href="https://bamada.net/ce-nest-pas-une-monnaie-africaine-le-franc-cfa-est-un-obstacle-a-la-souverainete-economique-du-continent-affirme-le-professeur-moussa-diallo">un économiste malien</a>&nbsp;en 2024 : «&nbsp;<em>Le CFA, celui qui le détient ne l’utilise pas. Celui qui l’utilise, ne le détient pas.&nbsp;</em>» En d’autres termes, une monnaie sans souveraineté. Quand Bamako décide d’ouvrir ce débat, c’est tout un continent qui réalise l’absurdité d’un système monétaire sous tutelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a l’or. Ce métal qui brille à Londres et à Dubaï, mais qui laisse la terre malienne exsangue. <a href="https://www.africangoldreport.org/fr/mali" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Soixante-cinq tonnes</a> extraites chaque année, dont les profits échappent largement au pays. En janvier 2025, la <a href="https://lactualite.com/actualites/le-mali-saisit-trois-tonnes-dor-de-la-canadienne-barrick-dans-un-litige-fiscal/#:~:text=Un%20haut%20responsable%20de%20Barrick,pas%20autoris%C3%A9%20%C3%A0%20parler%20publiquement." target="_blank" rel="noreferrer noopener">saisie de trois tonnes d’or</a> appartenant à Barrick Gold, d’une valeur de 240 millions d’euros, a servi d’électrochoc. Pour la première fois, l’opinion découvre comment ses richesses étaient siphonnées par des compagnies étrangères sous couvert de contrats léonins. Depuis, le Burkina Faso et le Niger ont suivi, nationalisant à leur tour des mines stratégiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Faut-il encore parler de l’uranium ? Ressource vitale pour les centrales françaises, dont&nbsp;<a href="https://afriquexxi.info/L-uranium-nigerien-au-service-de-la-grandeur-de-la-France">30 % provenait</a>&nbsp;du seul Niger. On comprend mieux, dès lors, l’obsession sécuritaire de Paris dans la région. Il ne s’agissait pas seulement de protéger Bamako, Niamey ou Ouagadougou, mais aussi d’assurer le courant électrique de Marseille et de Lyon.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-voile-s-est-leve"><strong>Le voile s’est levé</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui s’esquisse, c’est une recomposition géopolitique. Au Mali, la coopération avec Moscou et Pékin, moquée par les chancelleries occidentales, a permis d’affirmer une évidence : l’Afrique n’est pas condamnée à choisir toujours la même tutelle. En septembre 2024, l’élévation des relations Mali–Chine au rang de <a href="https://www.studiotamani.org/171664-le-mali-et-la-chine-vers-un-partenariat-strategique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>partenariat stratégique </em>»</a> illustre cette diversification. Quant à la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), en septembre 2023, confédération entre Mali, Niger et Burkina, elle marque un séisme politique : sortie de la CEDEAO, projet de monnaie commune, solidarité régionale affichée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, tout n’est pas rose. La situation sécuritaire demeure précaire, les attaques djihadistes continuent, l’économie malienne souffre d’un assèchement des financements extérieurs. Mais l’essentiel est ailleurs : le voile s’est levé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-mali-a-servi-de-miroir"><strong>Le Mali a servi de miroir</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Car ce que cinq années de transition ont légué, c’est un vocabulaire, une grille de lecture nouvelle. « <em><a href="https://saheltribune.com/aes-la-souverainete-au-coeur-de-lengagement/">Souveraineté</a></em> », « <em>panafricanisme</em> », « <em>anti-impérialisme</em> » : des mots qu’on croyait désuets, qu’on entendait dans les manuels d’histoire, et qui redeviennent des armes politiques. Pour la jeunesse africaine, hyperconnectée et avide d’images, c’est un récit mobilisateur. Les « <em>videomans</em> » maliens qui relaient en bambara les discours anti-impérialistes d’Assimi Goïta touchent plus de cœurs que n’importe quelle dépêche de l’AFP.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors oui, il y a des limites, des excès, des contradictions. Mais il y a aussi une certitude : le Mali a servi de miroir. Dans ce miroir, les Africains ont vu l’étendue du pillage, la complicité de leurs élites, et la possibilité d’un autre chemin. Que ce chemin mène au salut ou au désastre, l’histoire le dira. Mais une chose est sûre : les yeux sont désormais ouverts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et un continent qui ouvre les yeux ne les referme jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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