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	<title>Archives des hydrogène propre &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Crise d’Ormuz : l’hydrogène vert peut-il sauver l’Afrique de sa dépendance aux engrais importés ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>La fermeture du détroit d’Ormuz a fait exploser le prix des engrais et révélé la dépendance mondiale au Moyen-Orient. Malgré un immense potentiel en hydrogène vert, l’Afrique peine à attirer les investissements nécessaires pour garantir sa souveraineté énergétique et alimentaire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le rapport annuel de l&rsquo;AIE sur l&rsquo;hydrogène, publié le 18 juin 2026, dresse un tableau saisissant : la fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz a fait doubler le prix de l&rsquo;urée en cinq mois, exposant la dépendance alimentaire mondiale à une région en flammes. Et pendant ce temps, l&rsquo;hydrogène à faibles émissions — censé offrir une alternative — ne représente encore qu&rsquo;à peine 1 % de la production mondiale. Pour l&rsquo;Afrique, qui dispose du potentiel mais manque du financement, le risque est de rater le train.</em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;urée a doublé de prix en cinq mois. Le détroit d&rsquo;Ormuz, fermé depuis le début du conflit entre Israël, les États-Unis et l&rsquo;Iran, a bloqué les routes maritimes par lesquelles transite un quart du commerce mondial d&rsquo;ammoniac, 40 % de l&rsquo;urée, 45 % du méthanol. Derrière ces chiffres abstraits : des agriculteurs au Bangladesh, en Inde, au Maroc, au Brésil qui ne trouvent plus d&rsquo;engrais abordables, et des récoltes qui risquent de décliner. La sixième édition du&nbsp;<em>Global Hydrogen Review</em>de l&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;énergie, publiée le 18 juin 2026, dit la même chose que la crise : le monde a structurellement sous-investi dans ses alternatives.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le Moyen-Orient, usine chimique du monde</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre pourquoi une guerre dans le Golfe peut menacer des récoltes en Asie du Sud et au Sahel, il faut réaliser à quel point le Moyen-Orient est devenu l&rsquo;usine chimique de la planète. La région représente environ un sixième de la production mondiale d&rsquo;hydrogène — utilisé en quasi-totalité pour fabriquer des engrais, des carburants raffinés et des produits chimiques industriels. Elle contrôle plus de 10 % de la capacité mondiale de raffinage et des productions d&rsquo;ammoniac et d&rsquo;urée, et près de 17 % de la production mondiale de méthanol. Un tiers de sa capacité de raffinage est exporté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fermeture du détroit d&rsquo;Ormuz a simultanément bloqué ces exportations et asséché les approvisionnements en gaz naturel de pays qui en dépendent pour leur propre production d&rsquo;hydrogène. Un quart de la production d&rsquo;ammoniac du Bangladesh, de l&rsquo;Inde et du Pakistan utilise du gaz naturel importé du Moyen-Orient. La disruption est donc double : les produits finis ne sortent plus, et les matières premières n&rsquo;entrent plus.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;hydrogène propre : la promesse qui tarde</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà plusieurs années que les gouvernements du monde entier annoncent une révolution de l&rsquo;hydrogène vert. Le rapport de l&rsquo;AIE confirme que la révolution avance — mais infiniment trop lentement. La production d&rsquo;hydrogène à faibles émissions a progressé de 20 % en 2025 pour atteindre presque 1 million de tonnes. Un record. Mais c&rsquo;est moins d&rsquo;un pour cent de la demande mondiale totale, qui dépasse les 100 millions de tonnes. L&rsquo;hydrogène à faibles émissions est en croissance, et il reste marginal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui préoccupe davantage l&rsquo;AIE, c&rsquo;est l&rsquo;affaiblissement de la dynamique d&rsquo;investissement. Le pipeline de projets annoncés pour produire de l&rsquo;hydrogène vert d&rsquo;ici 2030 est passé de 36 millions de tonnes à 27 millions de tonnes en un an — une contraction de 25 %. Plus révélateur encore : les projets ayant réellement pris une décision finale d&rsquo;investissement, ou présentant une forte probabilité d&rsquo;être opérationnels avant 2030, sont tombés de 10 millions de tonnes à un peu plus de 6 millions. Il y a 22 millions de tonnes de production annoncée qui risquent de ne jamais voir le jour si les décisions d&rsquo;investissement ne sont pas prises avant début 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les pays cherchent des moyens de rendre leurs systèmes énergétiques plus résilients et diversifiés. L&rsquo;hydrogène à faibles émissions peut jouer un rôle important dans ces efforts au fil du temps, mais un soutien politique plus fort et un déploiement beaucoup plus rapide seront nécessaires avant qu&rsquo;il ne puisse apporter une contribution significative à grande échelle. »</em>, explique Fatih Birol, directeur exécutif de l&rsquo;AIE, dans le Global Hydrogen Review 2026.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème central, que le rapport identifie avec précision, est le manque de demande contractualisée. Seuls 20 % des nouveaux accords d&rsquo;achat d&rsquo;hydrogène vert signés en 2025 étaient adossés à des engagements contractuels fermes. Les développeurs de projets répètent la même chose : sans certitude sur qui va acheter le produit, à quel prix et pour combien de temps, il est impossible de convaincre les banques de financer des infrastructures coûteuses. C&rsquo;est un cercle vicieux classique — pas d&rsquo;investissement sans demande, pas de demande sans investissement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La Chine domine, l&rsquo;Europe tâtonne, l&rsquo;Amérique hésite</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport brosse également le tableau des dynamiques régionales. La Chine est de loin le leader mondial du déploiement d&rsquo;électrolyseurs — les machines qui produisent de l&rsquo;hydrogène à partir d&rsquo;eau et d&rsquo;électricité renouvelable. Elle représente 75 % des nouvelles installations mondiales en 2025, contribuant à doubler la capacité mondiale à 4 gigawatts. Mais même en Chine, des signes de ralentissement apparaissent : les décisions d&rsquo;investissement dans de nouveaux projets ont reculé pour la première fois. La surcapacité industrielle crée une concurrence interne insoutenable. Le gouvernement chinois a toutefois lancé de nouveaux dispositifs de soutien fin 2025, qui devraient relancer la dynamique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, les premiers grands projets industriels sont attendus en 2026, tirés par les obligations réglementaires sur les carburants renouvelables dans le transport. Mais la transposition lente des directives européennes dans les législations nationales et l&rsquo;opacité persistante sur certaines réglementations clés continuent de retarder l&rsquo;investissement. En Amérique du Nord, plusieurs projets basés sur la capture carbone ont franchi le cap de la décision finale d&rsquo;investissement, mais leur viabilité dépend de l&rsquo;existence de marchés à l&rsquo;exportation — essentiellement au Japon et en Europe — dont la robustesse est incertaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde a besoin d&rsquo;hydrogène propre. L&rsquo;hydrogène propre existe. Ce qui manque, c&rsquo;est la volonté politique de le financer assez vite.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;Afrique : le potentiel géant, les obstacles réels</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le chapitre consacré à l&rsquo;Afrique dans ce rapport est à la fois l&rsquo;un des plus prometteurs et des plus inquiétants. Prometteur parce que le continent dispose d&rsquo;un potentiel de production d&rsquo;hydrogène renouvelable parmi les plus importants au monde : des ressources solaires et éoliennes immenses, des coûts de production potentiellement très compétitifs dans plusieurs pays — Namibie, Maroc, Maurice, Kenya, Afrique du Sud — et des secteurs où l&rsquo;hydrogène pourrait avoir un impact immédiat sur le développement économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inquiétant parce que les chiffres actuels sont dérisoires : 6 000 tonnes d&rsquo;hydrogène à faibles émissions produites en Afrique aujourd&rsquo;hui, contre 1 million de tonnes au niveau mondial. Trente-quatre projets annoncés pour 2030, représentant 1,2 million de tonnes potentielles — mais aucun n&rsquo;a encore atteint de décision finale d&rsquo;investissement. L&rsquo;Afrique dispose d&rsquo;un pipeline sur le papier. Elle n&rsquo;a pas encore de béton dans le sol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les défis structurels sont bien identifiés par l&rsquo;AIE. Le coût du capital en Afrique est nettement supérieur à celui des économies avancées — 15 % ou plus dans certains pays, contre 5 % en Europe ou en Chine. Cette différence de taux d&rsquo;intérêt peut à elle seule rendre un projet non rentable même avec des ressources renouvelables abondantes. Le réseau électrique africain est largement sous-développé : le continent de 1,5 milliard d&rsquo;habitants dispose d&rsquo;une capacité électrique installée (315 GW) comparable à celle de la France et de l&rsquo;Italie réunies (310 GW), pour une population douze fois plus nombreuse. Développer l&rsquo;hydrogène vert sans d&rsquo;abord électrifier le continent reviendrait à construire une autoroute sans raccordement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, l&rsquo;enjeu est considérable pour l&rsquo;alimentation mondiale. Le rapport consacre une analyse aux engrais africains qui devrait alerter les décideurs. Quarante-huit des cinquante-quatre pays africains importent la totalité de leurs engrais azotés. L&rsquo;Afrique utilise en moyenne un sixième des engrais par hectare que le reste du monde — et son déficit alimentaire est massif. Si le continent atteignait ses propres objectifs d&rsquo;utilisation d&rsquo;engrais, cela créerait à lui seul une demande d&rsquo;hydrogène de 1,5 million de tonnes pour produire de l&rsquo;ammoniac localement. Mais plus de 80 % des capacités d&rsquo;ammoniac annoncées sont destinées à l&rsquo;exportation — pas à nourrir les Africains.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ormuz, leçon pour l&rsquo;Afrique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le conflit du Moyen-Orient aura au moins une vertu : il rend évidente une vulnérabilité que les experts dénonçaient depuis des années sans être entendus. Quarante-huit pays africains dépendent totalement des importations d&rsquo;engrais. Le Maroc, country-hôte du chapitre «&nbsp;<em>cas d&rsquo;école&nbsp;</em>» dans le rapport de l&rsquo;AIE, couvre 100 % de sa demande d&rsquo;ammoniac avec des importations, dont 40 % proviennent du Moyen-Orient. La fermeture d&rsquo;Ormuz l&rsquo;a directement frappé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse logique — développer une production locale d&rsquo;ammoniac vert à partir des ressources renouvelables considérables du Maroc et d&rsquo;Afrique — existe sur le papier depuis des années. Ce que le rapport de l&rsquo;AIE dit clairement, c&rsquo;est que cette réponse n&rsquo;émergera pas d&rsquo;elle-même. Elle requiert des instruments de financement concessionnel, des garanties d&rsquo;achat, une réduction du coût du capital, une planification intégrée entre énergie et agriculture — et une décision politique de prioriser la sécurité alimentaire africaine sur les revenus d&rsquo;exportation. La crise d&rsquo;Ormuz a peut-être créé l&rsquo;urgence politique que les arguments techniques n&rsquo;avaient pas suffi à produire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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