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	<title>Archives des honte sociale &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Société malienne : la honte peut-elle encore jouer son rôle de régulateur moral ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Mali, la honte, autrefois pilier de la régulation sociale, semble perdre son influence face à l’argent, à l’individualisme et à l’effritement des repères collectifs.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Au Mali, la « police de conscience » — cet antique mécanisme par lequel la société se disciplinait elle-même — est en lambeaux. Le Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs tente de comprendre pourquoi, et d&rsquo;imaginer comment la ressusciter. Reportage au cœur d&rsquo;une question qui touche à l&rsquo;âme d&rsquo;une civilisation.</em></strong></p>



<p>Il y a une scène que Mariam Coulibaly, enseignante à la retraite à Bamako, ne peut raconter sans baisser la voix. Un jour, dans les couloirs d&rsquo;une administration de la capitale, elle a vu un fonctionnaire glisser des billets dans sa poche, devant tout le monde, sans même se retourner pour vérifier si quelqu&rsquo;un regardait. «&nbsp;<em>Ce n&rsquo;était pas la discrétion qui m&rsquo;a frappée. C&rsquo;est l&rsquo;absence totale de gêne. Il n&rsquo;avait pas honte. Pas du tout.</em>&nbsp;» Elle marque une pause. «&nbsp;<em>Chez nous, avant, ça n&rsquo;existait pas.&nbsp;</em>»</p>



<p>Ce «&nbsp;<em>avant</em>&nbsp;» qu&rsquo;elle invoque, c&rsquo;est celui d&rsquo;une société où la honte —&nbsp;<em>maloya</em>&nbsp;en bamanankan — jouait un rôle que nul tribunal, nulle police, nulle loi écrite ne pouvait pleinement remplacer. Un rôle de régulateur. D&rsquo;arbitre invisible. De dernier rempart avant la faute.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, ce rempart semble en ruine. Et c&rsquo;est ce constat, brutal et mélancolique, qui fonde l&rsquo;un des développements les plus originaux du Programme National d&rsquo;Éducation aux Valeurs (PNEV), lancé par les autorités de la Transition malienne. Le texte y consacre plusieurs pages à ce que ses rédacteurs appellent, avec une formule à la fois froide et percutante, la «&nbsp;<em>police de conscience&nbsp;</em>». Autrement dit : le système par lequel une société se surveille elle-même, avant que l&rsquo;État n&rsquo;ait besoin d&rsquo;intervenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La honte, ce gendarme sans uniforme</strong></h2>



<p>Dans la conception traditionnelle malienne que décrit le PNEV, la honte n&rsquo;est pas une faiblesse. C&rsquo;est une architecture. Un édifice moral à plusieurs étages, bâti collectivement pour que chacun reste à sa place — non par peur de la prison, mais par peur du regard des siens.</p>



<p>Tout commence à l&rsquo;intérieur : l&rsquo;individu s&rsquo;interdit certains actes parce qu&rsquo;il se sait porteur d&rsquo;un nom, d&rsquo;une lignée, d&rsquo;une réputation à préserver. La notion de&nbsp;<em>yèrèdon</em>&nbsp;— la connaissance de soi — est ici centrale. «&nbsp;<em>Sodon, jiridon, yèrèdon de niogôn tè</em>&nbsp;», disait une sagesse malienne.&nbsp;&nbsp;Savoir qui l&rsquo;on est, c&rsquo;est savoir ce qu&rsquo;on ne peut pas se permettre. L&rsquo;homme qui vole, qui trahit, qui humilie, ne trahit pas seulement une règle abstraite. Il trahit ses ancêtres. Il souille son patronyme. Il se rend indigne de l&rsquo;estime de sa famille, de son quartier, de sa classe d&rsquo;âge.</p>



<p>Mais la honte personnelle ne suffit pas toujours. C&rsquo;est pourquoi la société malienne traditionnelle avait développé un dispositif de contrôle social en cercles concentriques, décrit avec une précision quasi ethnographique dans le PNEV. En cas de manquement grave, les sanctions s&rsquo;enchaînaient selon un protocole rigoureux : d&rsquo;abord la réprimande de l&rsquo;épouse ou du mari, ensuite l&rsquo;admonestation des amis, puis le retrait des camarades de classe d&rsquo;âge, la mise à l&rsquo;index par les chefs religieux, la dénonciation publique, et enfin — sanction suprême — l&rsquo;excommunication de la communauté. Le bannissement. L&rsquo;effacement social.</p>



<p>«&nbsp;<em>La famille tenait plus à la préservation de son honneur qu&rsquo;à celle du lien avec le membre qui l&rsquo;avait déshonorée</em>&nbsp;», résume sobrement le programme. Une formule qui dit tout sur la violence de cette régulation — et sur son efficacité redoutable.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand l&rsquo;argent a mis la honte en fuite</strong></h2>



<p>Alors, qu&rsquo;est-il arrivé ?</p>



<p>Le PNEV ne mâche pas ses mots. Il pointe, avec une franchise qui tranche sur le langage habituel des documents officiels, «&nbsp;<em>la perte de la honte et la culture populaire du profit à tout prix</em>&nbsp;» comme l&rsquo;une des causes majeures de l&rsquo;effondrement moral du pays. L&rsquo;argent, écrit le texte, «&nbsp;<em>a gangrené tous les espaces de la vie publique et privée&nbsp;</em>», entraînant «&nbsp;<em>un bouleversement social sans précédent »&nbsp;</em>et<em>&nbsp;« une inversion des valeurs&nbsp;</em>».</p>



<p>Ce qui était honteux est devenu enviable. Ce qui était enviable est devenu suspect. Les fonctions sociales jadis sanctuarisées — l&rsquo;enseignant, le juge, le médiateur traditionnel, le religieux — ont toutes «&nbsp;<em>cédé au pouvoir redoutable de l&rsquo;argent&nbsp;</em>». Et le comble : «&nbsp;<em>ce pourquoi l&rsquo;on se donnait la mort avant, le vol, est devenu chose banale.&nbsp;</em>» Le document rappelle, sans ironie mais avec une tristesse à peine contenue, que «&nbsp;<em>de célèbres détenus font de la prison un lieu de fête&nbsp;</em>».</p>



<p>Fousseni Togola, professeur de philosophe et écrivain à Bamako, n&rsquo;est pas surpris par ce diagnostic. Il l&rsquo;a observé, pendant des années. «&nbsp;<em>La honte fonctionnait parce que la communauté était le miroir dans lequel chacun se regardait. Or ce miroir s&rsquo;est fragmenté. L&rsquo;exode rural, l&rsquo;anonymat des grandes villes, les réseaux sociaux — tout cela a créé un individu sans communauté. Et sans regard de l&rsquo;autre, la honte n&rsquo;a plus de prise.&nbsp;</em>»</p>



<p>Il marque une pause, puis ajoute : «&nbsp;<em>Il y a aussi une responsabilité des élites. Quand les gens qui devraient incarner la honte sont précisément ceux qui s&rsquo;en affranchissent le plus ostensiblement, c&rsquo;est toute la norme qui s&rsquo;effondre.</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>« Plutôt la mort que la honte » : une maxime oubliée</strong></h2>



<p>Le PNEV convoque une figure tutélaire pour illustrer ce que la honte, dans sa version héroïque, peut produire : Babemba Traoré, roi du Kénédougou, qui préféra mourir plutôt que de se soumettre aux forces coloniales françaises en 1898. Sa devise —&nbsp;<em>« Plutôt la mort que la honte »</em>&nbsp;— est citée dans le texte comme un exemple de ce que le sens de l&rsquo;honneur peut engendrer de plus grand : le sacrifice de soi pour l&rsquo;intégrité de soi.</p>



<p>Cette dimension n&rsquo;est pas anecdotique. Dans la tradition malienne, la honte et l&rsquo;honneur sont les deux faces d&rsquo;une même médaille. L&rsquo;<em>horonya</em>&nbsp;— l&rsquo;honorabilité — est l&rsquo;une des cinq valeurs cardinales de la citoyenneté telles qu&rsquo;identifiées par le système d&rsquo;enseignement initiatique&nbsp;<em>Do Kayidara</em>. Elle se vit dans le mérite, dans la dignité préservée génération après génération, dans l&rsquo;exigence de «&nbsp;<em>se montrer digne du patronyme reçu</em>&nbsp;». Ce n&rsquo;est pas une posture. C&rsquo;est une ontologie.</p>



<p>Or c&rsquo;est précisément cette ontologie qui s&rsquo;est effilochée. Quand les promotions se font par clientélisme, quand la réussite se mesure à l&rsquo;épaisseur du portefeuille plutôt qu&rsquo;à la rectitude de la conduite, quand les médias mettent en scène le luxe des délinquants plutôt que la sobriété des honnêtes gens — le langage de la honte perd sa grammaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les gardiens se sont tus</strong></h2>



<p>Ce qui aggrave la situation, selon le PNEV, c&rsquo;est que les gardiens traditionnels de la norme morale ont eux-mêmes renoncé à leur rôle. Les chefs religieux, dont l&rsquo;autorité morale était autrefois incontestée, «&nbsp;<em>tendent à la spéculation intéressée avec des accointances politiciennes qui les décrédibilisent</em>&nbsp;». Les leaders traditionnels voient leurs pouvoirs s&rsquo;éroder face aux institutions formelles de l&rsquo;État. Les parents, débordés, ont «&nbsp;<em>abandonné la culture des enfants aux programmes de la télévision</em>&nbsp;».</p>



<p>Et la télévision, justement, a fait le travail inverse. En diffusant sans retenue les comportements déviants des puissants — dépenses ostentatoires, impunité affichée, mensonges non sanctionnés —, elle a envoyé un signal dévastateur aux plus jeunes :&nbsp;<em>la honte ne paie pas</em>. L&rsquo;absence de honte, si.</p>



<p>Korotoumou Diarra, mère de quatre enfants à Fana, dans la région de Dioïla, en témoigne avec une lassitude qui ressemble à de la résignation. «&nbsp;<em>J&rsquo;essaie d&rsquo;apprendre à mes fils que le vol, c&rsquo;est honteux. Mais ils me regardent et ils disent : « Maman, celui-là a volé, et il roule en 4&#215;4. » Qu&rsquo;est-ce que je leur réponds ?&nbsp;</em>» Elle regarde ses mains. «&nbsp;<em>Avant, la communauté m&rsquo;aidait à éduquer mes enfants. Aujourd&rsquo;hui, je suis seule.</em>&nbsp;» Justement, seule, parce que plus aucun parent ne souhaite voir ses enfants corriger par autrui, aussi bien dans la famille que dans la rue. La société vit un individualisme à outrance.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peut-on restaurer une honte perdue ?</strong></h2>



<p>C&rsquo;est la question que le PNEV pose, sans tout à fait y répondre. Car restaurer la honte comme régulateur social n&rsquo;est pas une question de loi ni de décret. C&rsquo;est une question de reconstruction de la communauté comme espace de regard mutuel. Et cela prend du temps — beaucoup de temps.</p>



<p>Le programme parie sur plusieurs leviers simultanés : réhabiliter le rôle des aînés et des médiateurs traditionnels, réintroduire l&rsquo;éducation civique et morale à l&rsquo;école comme matière à part entière, revaloriser publiquement ceux qui font l&rsquo;effort de l&rsquo;intégrité, et sanctionner visiblement les comportements déviants des personnalités publiques.</p>



<p>Ce dernier point est crucial. La honte est contagieuse — dans les deux sens. Quand les puissants assument leur déshonneur sans en payer le prix, c&rsquo;est toute la société qui se déshonore par procuration. Quand un juge est révoqué, un ministre poursuivi, un fonctionnaire condamné à rembourser — et que cela se voit, que cela se sait, que cela se dit — alors la norme reprend corps. La honte retrouve une adresse.</p>



<p>Le document conclut, avec une lucidité qui mérite d&rsquo;être citée : «&nbsp;<em>La police de conscience n&rsquo;est pas tant garantie des valeurs qu&rsquo;on le voudrait.&nbsp;</em>» Ce n&rsquo;est pas un aveu de faiblesse. C&rsquo;est un appel à ne pas tout attendre d&rsquo;elle. La honte ne peut fonctionner seule. Elle a besoin d&rsquo;une justice qui condamne, d&rsquo;une école qui forme, d&rsquo;une famille qui transmet, et d&rsquo;une société civile qui ose encore dire, à voix haute, ce qui se fait et ce qui ne se fait pas.</p>



<p>&nbsp;La honte ne tue pas. Mais sans elle, on peut tout se permettre. Et quand on peut tout se permettre, on finit par tout perdre.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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