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	<title>Archives des GSIM &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Pays dogon : pourquoi Bandiagara reste au cœur des défis sécuritaires et de la paix au Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>La région de Bandiagara, au centre du Mali, fait face aux violences armées, aux tensions communautaires et aux déplacements de populations, tout en conservant des mécanismes locaux de médiation et de résilience.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La région administrative de Bandiagara</em></strong> <strong><em>est devenue l&rsquo;un des espaces les plus éprouvés par les crises contemporaines du Mali. Souvent désignée comme le « pays dogon » en raison de son héritage historique et culturel exceptionnel — falaises millénaires, architecture vernaculaire, pratiques rituelles reconnues par l&rsquo;UNESCO —, elle illustre aujourd&rsquo;hui les contradictions d&rsquo;un territoire riche de son passé, mais profondément fragilisé par une décennie de violence.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrefois relativement épargnée par les confrontations armées de grande ampleur, la région s&rsquo;est progressivement transformée en un espace de violence complexe impliquant groupes armés terroristes, mouvements d&rsquo;autodéfense communautaires, forces étatiques et acteurs coutumiers. Depuis la recomposition des groupes insurgés à partir de 2016-2018 — marquée notamment par la formation du Groupe de soutien à l&rsquo;islam et aux musulmans (GSIM, lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique) et par la montée en puissance de katibas opérant dans le delta intérieur du Niger —, les violences se sont déplacées vers les zones rurales isolées du Séno Bankass, du plateau dogon et de leurs périphéries. Les massacres d&rsquo;Ogossagou, en mars 2019 et en février 2020, ont constitué les épisodes les plus meurtriers de cette spirale, faisant plusieurs centaines de victimes civiles peules et dogons et révélant au monde l&rsquo;ampleur de la crise intercommunautaire en gestation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une conflictualité multidimensionnelle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dynamiques ont profondément bouleversé les équilibres locaux. Les localités encore habitées malgré l&rsquo;insécurité connaissent des mutations démographiques importantes, des ruptures économiques ainsi qu&rsquo;une détérioration progressive des relations intercommunautaires. La région subit désormais une conflictualité multidimensionnelle mêlant insurrection armée, tensions intercommunautaires entre agriculteurs dogons et éleveurs peuls, rivalités entre groupes armés pour le contrôle des axes de circulation, et militarisation croissante des appartenances communautaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les déplacements de populations constituent l&rsquo;une des principales conséquences de cette crise. Les mécanismes de suivi humanitaire indiquent que les régions de Bandiagara, de Douentza et de Mopti concentrent une part importante des déplacés internes du Mali — estimés à plusieurs centaines de milliers de personnes dans le seul centre du pays. Certaines communes comme Koro accueillent également des réfugiés burkinabè fuyant les violences transfrontalières, signe de la porosité des crises sahéliennes. Ces mouvements recomposent les équilibres sociaux, fragilisent les mécanismes traditionnels de médiation et accentuent la pression sur des ressources déjà limitées, notamment l&rsquo;eau, le foncier pastoral et les denrées de première nécessité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;armement progressif des communautés, favorisé par le contexte sécuritaire et parfois encouragé localement, a profondément modifié les rapports sociaux traditionnels. Des tensions autrefois contenues par les ressources coutumières peuvent désormais déboucher rapidement sur des affrontements meurtriers. Dans ce contexte, les mécanismes traditionnels de médiation demeurent importants, mais apparaissent insuffisants sans l&rsquo;appui des autorités étatiques et des dispositifs de sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des ressources locales de régulation à préserver</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l&rsquo;instabilité, les sociétés locales conservent des capacités réelles de régulation sociale qu&rsquo;il serait erroné de sous-estimer. Les autorités familiales, chefs coutumiers, dignitaires religieux et médiateurs traditionnels continuent de jouer un rôle structurant dans la prévention des conflits et la recherche d&rsquo;apaisement. Les séances de palabres organisées en période de crise, parfois sous l&rsquo;égide de l&rsquo;État, demeurent des espaces de dialogue reconnus et légitimes localement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces ressources sont illustrées par des exemples concrets. Dans plusieurs communes du plateau dogon, des accords de cessation des hostilités entre villages dogons et peuls ont été négociés sous l&rsquo;égide de sages et de chefs religieux, permettant des périodes de coexistence pacifique même en contexte de forte tension. Les mariages mixtes, les alliances de plaisanterie — ces relations ritualisées qui autorisent entre membres de clans différents une familiarité codifiée — et certaines pratiques rituelles partagées témoignent de formes anciennes de cohésion sociale pouvant contribuer à réduire les tensions. Ces leviers endogènes, parce qu&rsquo;ils s&rsquo;appuient sur une légitimité enracinée dans l&rsquo;histoire longue des communautés, ont une résilience que les dispositifs externalisés de médiation peinent à reproduire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les accords locaux observés ces dernières années montrent que l&rsquo;implication des sages, des autorités religieuses et des détenteurs de légitimité coutumière peut favoriser des compromis durables, à condition qu&rsquo;elle s&rsquo;accompagne d&rsquo;un minimum de sécurité et d&rsquo;une reconnaissance institutionnelle de la part des autorités étatiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les limites du local face à la recomposition armée</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l&rsquo;affaiblissement de la présence étatique en milieu rural a favorisé l&rsquo;émergence d&rsquo;acteurs armés concurrents cherchant à contrôler les territoires, les axes de circulation et les populations. Dans plusieurs localités, groupes terroristes et milices communautaires se disputent l&rsquo;influence sécuritaire, alimentant la méfiance entre communautés et réduisant les marges d&rsquo;action des autorités traditionnelles comme des forces nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains mouvements d&rsquo;autodéfense, initialement perçus comme protecteurs par les communautés qui les ont vus naître, ont été accusés d&rsquo;exactions, fragilisant leur légitimité et nourrissant des cycles de représailles. La dissolution de Dana Ambassagou — milice dogon dont la création avait répondu à un sentiment d&rsquo;abandon sécuritaire réel, mais dont les méthodes avaient fini par retourner l&rsquo;opinion contre elle — ainsi que la disparition progressive de certains mouvements d&rsquo;autodéfense peuls associés à des figures comme Sékou Bolly illustrent les reconfigurations permanentes des acteurs armés dans la région. Ces dissolutions ne signifient pas la fin de la militarisation communautaire : elles témoignent plutôt de sa fluidité et de la difficulté à y opposer des réponses pérennes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vulnérabilité géographique et transfrontalière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La position géographique de Bandiagara renforce sa vulnérabilité structurelle. Située entre le centre du Mali et le nord du Burkina Faso, la région constitue à la fois une zone de brassage culturel historique et un espace stratégique de circulation transfrontalière pour les groupes armés, les trafics et les flux de réfugiés. Les reliefs rocheux du plateau, les plaines ouvertes du Séno et certaines zones difficilement accessibles compliquent le contrôle territorial durable par l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dimension transfrontalière est centrale. La crise au Burkina Faso — dont la région du Sahel et celle du Nord, limitrophes de Bandiagara, connaissent une violence comparable — alimente directement les dynamiques maliennes : flux d&rsquo;armes, déplacements de combattants, mouvements de réfugiés. Une réponse exclusivement nationale à cette crise serait structurellement insuffisante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une paix ancrée dans les réalités locales</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La résolution durable de la crise de Bandiagara suppose de conjuguer plusieurs logiques qui ne s&rsquo;excluent pas, mais qui ne se substituent pas les unes aux autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en œuvre effective de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale — adoptée le&nbsp;7 août 2025 par le Conseil national de transition (CNT) et promulguée le 22 août suivant,&nbsp;à l&rsquo;issue du Dialogue inter-Maliens — constitue un cadre institutionnel pertinent, à condition qu&rsquo;elle ne reste pas un document de principe. Son opérationnalisation dans la région de Bandiagara suppose la mobilisation effective des mécanismes endogènes de résolution des conflits qu&rsquo;elle reconnaît : instances coutumières, espaces de palabres, médiateurs communautaires. Le Programme national d&rsquo;éducation aux valeurs (PNEV), qui vise à renforcer les fondements civiques et moraux du vivre-ensemble, peut y contribuer à moyen terme, particulièrement auprès des jeunes exposés au recrutement par les groupes armés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces instruments institutionnels ne produiront leurs effets qu&rsquo;à trois conditions. D&rsquo;abord, un retour progressif de la sécurité minimale permettant aux autorités traditionnelles d&rsquo;exercer leur rôle sans être exposées à des représailles. Ensuite, une reconnaissance institutionnelle explicite des mécanismes coutumiers de médiation, qui leur confère une légitimité formelle sans les déposséder de leur ancrage communautaire. Enfin, une approche régionale coordonnée avec le Burkina Faso, sans laquelle les dynamiques transfrontalières continueront d&rsquo;alimenter les violences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sociétés du pays dogon ont traversé des crises profondes dans leur histoire longue. Elles disposent de ressources de résilience que ni la violence armée ni l&rsquo;affaiblissement de l&rsquo;État n&rsquo;ont encore totalement détruites. Préserver et mobiliser ces ressources — en les articulant avec une présence étatique restaurée et des mécanismes institutionnels opérationnels — est la condition d&rsquo;une paix qui ne soit pas seulement une trêve entre deux cycles de violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Face à la pénurie de carburant au Mali, le Niger renforce la solidarité sahélienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 17:09:57 +0000</pubDate>
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<p>La situation du carburant au Mali soulève des questions sur les sanctions pour refus de solidarité envers le Niger.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que le Mali fait face à une nouvelle pénurie de carburant, le Niger a frappé fort contre les transporteurs refusant d’acheminer des hydrocarbures vers son allié sahélien. Retrait de licences, suspension de permis, réquisitions obligatoires : Niamey invoque la solidarité entre États de l’Alliance des États du Sahel (AES) pour justifier des sanctions inédites. Dans un contexte d’insécurité et de défiance envers la CEDEAO, cette entraide énergétique illustre la volonté des régimes sahéliens de faire bloc, malgré les tensions économiques et sociales qu’elle suscite.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En plein cœur du Sahel, la solidarité entre les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) s’exprime désormais jusque dans la gestion du carburant, ressource devenue stratégique dans un contexte de blocus, d’insécurité et de dépendance logistique. Le Niger a annoncé, en début de semaine, une série de sanctions à l’encontre d’opérateurs économiques ayant refusé de livrer des hydrocarbures à son voisin malien, en proie à une nouvelle pénurie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-sanctions-pour-refus-de-solidarite"><strong>Des sanctions pour refus de solidarité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère nigérien des Transports a retiré leurs licences à 14 opérateurs de transport d’hydrocarbures et suspendu 19 permis de conduire pour non-respect d’une réquisition ordonnée par l’État. Un transporteur supplémentaire a vu son agrément suspendu pour une durée d’un an. « <em>Ce refus constitue une infraction grave aux obligations légales et réglementaires en vigueur </em>», a déclaré le ministre, le colonel-major Abdourahamane Amadou, dans un communiqué officiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mesures ciblent des transporteurs ayant refusé d’acheminer du carburant vers le Mali, membre de l’AES au même titre que le Burkina Faso et le Niger. Le gouvernement nigérien entend rappeler que, dans le cadre de cette alliance sahélienne en construction, la coopération économique et énergétique n’est pas une option, mais une obligation de solidarité stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-solidarite-mise-a-l-epreuve"><strong>Une solidarité mise à l’épreuve</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, qui dépend fortement de ses partenaires pour l’approvisionnement énergétique, fait face à une nouvelle crise du carburant. En octobre et novembre, le pays avait déjà connu une pénurie aiguë provoquée par un blocus du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, qui avait coupé plusieurs axes de ravitaillement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réaction, Niamey avait fait preuve d’une solidarité spectaculaire : 82 camions-citernes nigériens avaient parcouru près de 1 400 kilomètres sous escorte militaire pour ravitailler Bamako, un convoi salué dans les trois capitales de l’AES comme un acte concret d’unité sahélienne face aux pressions extérieures et aux menaces des groupes armés terroristes, soutenus par des «&nbsp;<em>sponsors du chaos contrôlés&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La décision du gouvernement nigérien suscite toutefois des réactions contrastées. Moussa Niandou, responsable du Syndicat démocratique des routiers du Niger (SDRN), a dénoncé la brutalité des sanctions : « <em>Nous sommes surpris par le retrait des permis de conduire. L’État aurait dû d’abord comprendre les raisons du refus avant de sanctionner </em>», a-t-il déclaré à la presse locale, plaidant pour un dialogue entre transporteurs et autorités.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-alliance-politique-et-energetique-en-construction"><strong>Une alliance politique et énergétique en construction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis leur rupture collective avec la CEDEAO, le 29 janvier 2025, et leur rapprochement sous la bannière de l’Alliance des États du Sahel (AES) créée en 2023 — devenue par la suite en juillet 2024, une confédération— le Mali, le Burkina Faso et le Niger cherchent à bâtir un espace d’intégration politique, économique et sécuritaire autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce cadre, la gestion partagée de l’énergie et du transport des ressources devient un test de cohésion pour ces trois régimes militaires, tous confrontés non seulement à des complots géopolitiques occasionnant une intensification des attaques terroristes mais aussi à une hostilité diplomatique croissante de leurs anciens partenaires occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, assurer la continuité du flux énergétique vers le Mali dépasse la simple entraide : c’est un acte politique de résistance économique concertée entre trois États qui entendent affirmer leur souveraineté face aux crises sécuritaires et diplomatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le geste nigérien est salué comme un symbole de fraternité sahélienne, il révèle aussi les fragilités d’une intégration encore balbutiante. Le corridor énergétique Niger–Mali reste exposé aux risques sécuritaires, aux contraintes budgétaires et à la complexité administrative. Mais, au-delà des sanctions et des réserves syndicales, un message politique émerge : l’AES n’est pas qu’une alliance militaire, mais une communauté de destin, où la solidarité énergétique devient une arme de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Sahel, la force militaire unifiée de l’AES cherche à passer à l’épreuve du terrain</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 00:05:28 +0000</pubDate>
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<p>L'Alliance des États du Sahel met en place sa force militaire unifiée pour faire face à l'insécurité persistante.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Mali, Burkina Faso et Niger ont engagé, depuis début 2025, la mise en œuvre opérationnelle de leur force conjointe de 5 000 hommes. Première démonstration avec l’opération « Yere-Ko », menée dans la zone des trois frontières. Un tournant sécuritaire encore fragile, dans une région confrontée à une insécurité persistante et à de lourdes contraintes capacitaires.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt-sept mois après la signature de la Charte du Liptako-Gourma, le 16 septembre 2023, qui a acté la naissance de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent donner un contenu concret à leur ambition sécuritaire commune. Le 21 janvier 2025, les autorités nigériennes annonçaient officiellement la création d’une force militaire unifiée de 5 000 hommes, marquant le passage d’une alliance politique à une architecture opérationnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette initiative rompt avec plusieurs décennies de tentatives avortées de coopération régionale en matière de sécurité. Ni la CEDEAO, ni le G5 Sahel n’étaient parvenus à déployer durablement une force intégrée capable de répondre à l’expansion des groupes armés terroristes dans le Sahel central. L’AES, née dans le contexte des ruptures avec les partenaires occidentaux et du retrait progressif des dispositifs français, revendique une prise en charge souveraine de la sécurité régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-architecture-militaire-en-construction"><strong>Une architecture militaire en construction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Force unifiée de l’AES repose sur un état-major central installé à Niamey, au sein de la base aérienne 101, anciennement utilisée par l’opération française Barkhane. Ce choix symbolique traduit la volonté des trois régimes militaires de reprendre le contrôle d’infrastructures stratégiques, tout en affirmant une rupture avec les dispositifs sécuritaires hérités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les étapes de mise en place se sont accélérées en 2025. Des réunions successives des chefs d’état-major et des ministres de la défense, à Ouagadougou, Bamako puis Niamey, ont permis de préciser la chaîne de commandement, les mécanismes de coordination et le calendrier de déploiement. L’objectif affiché est une pleine capacité opérationnelle à partir de 2026, même si, à ce stade, la force reste largement adossée aux armées nationales existantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-yere-ko-premier-test-grandeur-nature"><strong>« Yere-Ko », premier test grandeur nature</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le 24 février et le 6 mars 2025, l’opération conjointe « <em>Yere-Ko 2 </em>» a constitué la première démonstration militaire d’envergure de cette coopération. Menée dans la zone dite des « <em>trois frontières </em>», à cheval sur le Mali, le Burkina Faso et le Niger, elle visait les bastions du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et de l’État islamique au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Coordonnée depuis le poste de commandement interarmées de Gao, au Mali, l’opération a mobilisé des unités terrestres, appuyées par des moyens aériens et du renseignement partagé. Selon les bilans communiqués par les états-majors, plusieurs bases jihadistes ont été démantelées, des combattants neutralisés ou capturés, et d’importants stocks logistiques saisis, notamment des armes, du carburant et des moyens de communication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des résultats tactiques, « <em>Yere-Ko</em> » a surtout validé une capacité inédite de coordination interarmées, avec une chaîne de commandement partagée et des opérations conduites simultanément sur plusieurs territoires nationaux. Un pas important dans une région où la porosité des frontières a longtemps entravé les efforts militaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-question-centrale-des-moyens-aeriens"><strong>La question centrale des moyens aériens</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des défis majeurs reste toutefois la faiblesse des capacités aériennes des armées sahéliennes. Face à des groupes armés très mobiles, la surveillance, le renseignement et l’appui aérien sont déterminants. L’AES mise sur une mutualisation progressive des moyens existants — hélicoptères, drones, capacités de renseignement — plutôt que sur la création immédiate d’une flotte commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Turquie fournit des drones à plusieurs pays de l’Alliance, tandis que la Russie a annoncé, au printemps 2025, un appui en matière de formation et d’équipements. Cette stratégie de partenariats multiples vise à éviter une dépendance exclusive, après le retrait des partenaires occidentaux. Mais elle pose aussi la question de l’interopérabilité des systèmes et de la soutenabilité financière de ces choix dans la durée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-experience-encore-ouverte"><strong>Une expérience encore ouverte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cette montée en puissance, la force unifiée de l’AES demeure confrontée à de lourds obstacles. Les groupes terroristes continuent d’adapter leurs modes opératoires, tandis que les contraintes budgétaires, logistiques et humaines limitent l’ampleur des opérations. Par ailleurs, l’absence d’un cadre institutionnel supranational pleinement opérationnel restreint la capacité à planifier sur le long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’opération «<em> Yere-Ko</em> » a montré que le Mali, le Burkina Faso et le Niger pouvaient, pour la première fois, conduire ensemble des opérations militaires coordonnées d’envergure. Mais transformer cette dynamique en un dispositif durable, capable de stabiliser le Sahel central, nécessitera bien davantage qu’une convergence sécuritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réussite de la force unifiée dépendra autant de sa capacité militaire que de l’évolution politique des régimes qui la portent, et de leur aptitude à inscrire cette coopération dans un projet régional plus large. Le 2ème collège des chefs d’État de la Confédération des Etats du sahel, prévu à Bamako du 22 au 23 décembre 2025, devrait offrir un premier bilan politique de cette expérimentation sécuritaire inédite au Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali – Quatre années de feu et de fer : les FAMa sur le front de la souveraineté</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jun 2025 10:06:10 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la montée en puissance des Forces armées maliennes dans un contexte de souveraineté retrouvée et de redéfinition stratégique.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans un Sahel ravagé par l’instabilité, les Forces armées maliennes (FAMa) incarnent une résilience stratégique en mutation. De l’opération Éclipse aux campagnes de reconquête dans le Nord-Est, elles imposent une nouvelle grammaire sécuritaire, entre tactiques renouvelées, souveraineté affirmée et alliances redéfinies. Quatre ans après la rupture avec Paris, le récit militaire malien s’écrit désormais au présent de l’autonomie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis janvier 2021, les Forces armées maliennes (FAMa) n’ont cessé de se transformer, de s’éprouver, de se redéfinir. Dans un Sahel en ébullition, devenu laboratoire de tous les chocs, les soldats de la souveraineté malienne ont écrit – souvent dans la poussière, parfois dans le sang – une page nouvelle de leur histoire. Une histoire dont les contours ont été dessinés par une vision : celle d’un retour intégral de l’État sur ses terres, voulu et assumé par le général d’armée Assimi Goïta.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-eclipse-le-coup-d-eclat-tactique"><strong>Éclipse : le coup d’éclat tactique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lancée en janvier 2021, l’Opération Éclipse symbolise le dernier sursaut d’un multilatéralisme sécuritaire encore balbutiant. Français, Nigériens, Burkinabè et Maliens, 3 400 hommes au total, déployés dans la région de Mopti pour porter un coup dur aux katibas du GSIM.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les forêts de Foulsaré et de Serma, les pick-up fondent, les motos brûlent, et les Mirage français larguent leurs bombes sur les positions identifiées. Résultat officiel : une centaine de djihadistes neutralisés, vingt capturés, aucun doute possible sur l’efficacité tactique. Mais aussi, dès le 3 janvier à Bounti, un drame : l’ONU dénombre 19 civils tués. L’armée française conteste. Le doute s’installe. Les lignes se fissurent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce fut l’un des derniers chapitres de la coopération directe avec Paris.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-menaka-tidermene-et-la-montee-noire-de-l-eigs"><strong>Ménaka, Tidermène et la montée noire de l’EIGS</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Deux ans plus tard, en avril 2023, le décor est différent. La MINUSMA prépare sa sortie. Les instructeurs russes entrent dans le paysage. Le Mali se tourne résolument vers l’Est. À Ménaka, l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) ne se contente plus de harceler : il gouverne de fait. Les cercles entiers tombent dans son escarcelle, Tidermène le dernier. L’armée malienne, en posture d’encerclement, mène des opérations dans la région mais doit faire face à une guerre asymétrique, impitoyable. Le défi change de nature : il n’est plus seulement militaire, mais aussi politique, humanitaire, psychologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que démontre cette séquence, c’est que les FAMa ne sont plus seulement une armée d’intervention, elles sont devenues une armée de présence. Dans le Nord-Est, à Bandiagara, à Boni, les frappes sont plus ciblées, mieux coordonnées. L’ennemi ne recule pas. Mais l’armée, mieux équipée, mieux formée, encadrée désormais par de nouveaux partenaires, tient bon. L’État-major parle de «&nbsp;<em>continuité opérationnelle</em>&nbsp;». Les statistiques s’égrènent : 29 terroristes neutralisés à Bandiagara, 3 autres à Boni. Des chiffres qui ne disent pas tout, mais qui traduisent une détermination.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-la-geopolitique-change-l-ennemi-reste"><strong>La géopolitique change, l’ennemi reste</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’une des tragédies les plus poignantes de cette guerre reste l’utilisation massive d’enfants soldats. Ils ont 12, parfois 8 ans. Ils sont éclaireurs, mules, boucliers humains. À Boni, l’armée le confirme : les enfants sont là, aux avant-postes. La lutte devient alors plus difficile encore. Peut-on tirer sur un enfant armé ? Doit-on hésiter ? La guerre impose ses propres dilemmes moraux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la rupture avec la France, Bamako a refait ses alliances. Moscou, dans l’ombre, fournit formation et matériel. Sur le terrain, les FAMa avancent. L’ancien partenaire militaire est parti, mais les opérations se poursuivent. Et plus encore : elles s’intensifient. À Gao, à Gossi, dans le Gourma, le message est clair : le retrait des anciens partenaires n’a pas affaibli la volonté de reconquête. En novembre 2023, l’armée malienne foule le sol kidalois après plus d’une décennie d’occupation terroristes, malgré la présence d’une horde de partenaires militaires.&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-le-nerf-de-la-guerre-gagner-les-coeurs"><strong>Le nerf de la guerre : gagner les cœurs</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Car l’enjeu dépasse les chiffres et les cartographies. Il s’agit de reconquérir non seulement le territoire, mais la confiance. Chaque enfant sauvé, chaque école rouverte, chaque village sécurisé devient un bastion de la légitimité de l’État. La nouvelle doctrine l’a compris : il faut lier le fusil à la charrue, l’opération militaire à la justice sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali d’Assimi Goïta, dans ses lignes de front et ses marges disputées, avance. Lentement. Douloureusement. Mais avance. Entre l’éclipse de l’ancien monde et l’incertitude du nouveau, les FAMa sont devenues le socle. L’armée, hier outil de l’État, est devenue l’État lui-même en territoire contesté. La souveraineté malienne ne se négocie plus : elle se conquiert, opération après opération.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Multiplication des attaques terroristes au Mali : quel avenir pour les pourparlers de paix avec le GSIM ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Aug 2022 06:59:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le gouvernement du Mali va-t-il rejeter l’idée du dialogue, dont la concrétisation est assez attendue du peuple malien, émise lors de la Concertation nationale en 2020[6] et du Dialogue national inclusif en 2019[7] ?</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahima Harane Diallo est chercheur à l’Observatoire sur la Prévention et la Gestion des Crises et Conflits au Sahel. Face à la multiplication des attaques terroristes au Mali, il s’interroge dans cette tribune, sur le sort réservé aux conclusions des </strong><strong>pourparlers de paix entre le gouvernement du Mali et les groupes radicaux violents lors de la Concertation nationale en 2020 et du Dialogue national inclusif en 2019. </strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali connait une <a href="https://saheltribune.com/insecurite-dans-la-region-de-gao-journee-noire-pour-karou-ouatagouna-daoutegeft/">recrudescence de l’insécurité </a>depuis le début du dernier trimestre. Le mois de juillet a été, particulièrement, marqué par des attaques sanglantes à l’endroit des forces de défense et de sécurité, mais aussi à l’égard de la population civile, notamment, des collaborateurs des forces de défense et de sécurité. Une dizaine d’attaques ont eu en l’espace d’une semaine et faisant près d’une vingtaine de militaires tués et de nombreux blessés. Les plus illustres ont eu lieu, par exemple, contre une installation de la direction du matériel, des hydrocarbures et des transports des armées de la ville <a href="https://saheltribune.com/attaques-contre-fama-plusieurs-chancelleries-expriment-leur-solidarite/">garnison de Kati </a>; du poste de péage de Zantiguila<a id="_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a> ; de Koloni ou encore de Sevaré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces attaques ont eu lieu bien après d’autres coordonnées contre le camp militaire de Bapho<a id="_ftnref2" href="#_ftn2">[2]</a> dans la région de Ségou ; de Niono et de Sevaré faisant, également, des pertes en vies humaines et en matériel de guerre. Il est important de noter les dernières attaques contre les forces de défense et de sécurité à <a href="https://maliweb.net/insecurite/attaques-simultanees-contre-les-fama-48-terroristes-tues-a-sokolo-et-dimportants-materiels-de-guerre-recuperes-2985488.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sevaré ; Sokolo et Kalumba</a> le 27&nbsp;juillet ayant occasionné des pertes énormes du côté des forces armées maliennes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Deux messages</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Des messages importants sont à décoder par cet activisme des groupes radicaux violents avec le référentiel musulman au Mali. Le premier message s’inscrit dans une stratégie de communication de la part de ces radicaux. S’attaquer à une des zones les plus sécurisées du Mali<a href="#_ftn3" id="_ftnref3">[3]</a>, fin juillet, à travers une opération de nature complexe, est une tentative de démonstration de force<a href="#_ftn4" id="_ftnref4">[4]</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce message de haut niveau de communication vise d’une part à donner espoir aux hommes qui sont dans leurs rangs et d’autre part à séduire les potentiels adhérents, les indécis. Le deuxième message est orienté, directement, contre le discours de montée en puissance de l’armée malienne. Ces attaques consistent à remettre en cause cette « <em>supposée&nbsp;<a href="https://saheltribune.com/depuis-la-chute-dibk-larmee-malienne-monte-t-elle-en-puissance/">montée en puissance</a></em> » des FAMA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, depuis fin&nbsp;2021, une nouvelle campagne de communication est entreprise par l’élite militaire au pouvoir sur l’acquisition des nombreux moyens militaires tels que des avions de combats, de transport des troupes ou encore des munitions<a href="#_ftn5" id="_ftnref5">[5]</a>. En s’attaquant avec une telle puissance de force aux positions militaires, spectaculairement, consiste à créer du doute chez la population et entretenir toujours le sentiment d’insécurité chez elle par la mise en évidence de l’incapacité des FAMA à assurer la sécurité des hommes et des biens.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La raison d’État</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C’est au regard de ce contexte d’atrocité en matière d’offensive que de nombreuses questions se posent chez les observateurs des questions sécuritaires et stratégiques en particulier&nbsp;: les <a href="https://www.maliweb.net/la-situation-politique-et-securitaire-au-nord/pourparlers-de-paix-inclusifs-le-gouvernement-les-groupes-armes-rebelles-des-jalons-importants-plantes-douze-sites-de-cantonnement-convenus-196882.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">pourparlers de paix </a>entre le gouvernement du Mali et les groupes radicaux violents avec le référentiel musulman seraient-ils encore possibles ? Le gouvernement du Mali va-t-il rejeter l’idée du dialogue, dont la concrétisation est assez attendue du peuple malien, émise lors&nbsp;de la <a href="https://www.journaldumali.com/2020/09/05/mali-concertation-nationale-quelques-reactions-participants/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Concertation nationale en 2020</a><a id="_ftnref6" href="#_ftn6">[6]</a> et du <a href="https://www.jeuneafrique.com/840846/politique/un-dialogue-national-inclusif-au-mali-comment-avec-qui-et-pour-quoi-faire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dialogue national inclusif </a>en 2019<a id="_ftnref7" href="#_ftn7">[7]</a> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’analyse, l’écartement de l’idée de la négociation semble être l’hypothèse la plus probable. En effet, les douloureux évènements en cours dans le pays montrent à quel point la fissure est profonde. L’armée malienne s’est, également, inscrite dans une dynamique de confirmation de sa « <em>montée en puissance</em> » qui va davantage se caractériser par des offensives systématiques contre les mouvements armés tandis que ces mouvements armés sont, également, dans une logique de remise en cause de la capacité des forces armées maliennes à tenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est, toutefois, important de noter qu’en écartant <a href="https://saheltribune.com/crise-malienne-1-au-dela-des-divergences-le-dialogue-comme-solution/">l’idée de la négociation</a>, l’État malien prend le risque de se mettre en déphasage avec une des résolutions du peuple qui revient deux fois dans les concertations nationales. Ainsi l’unique moyen de recours qui reste à sa portée est la raison d’État qui pourrait être évoquée afin de continuer avec la belligérance.</p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-black-color has-alpha-channel-opacity has-black-background-color has-background is-style-wide"/>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahima Harane Diallo,</strong> Journaliste-Politologue, chercheur à l’Observatoire sur la Prévention et la Gestion des Crises et Conflits au Sahel</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Localité située à 50&nbsp;km de Bamako.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a>Localité située à 15&nbsp;km de Ségou, la quatrième région du Mali.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref3" id="_ftn3">[3]</a> Le camp Soundjata Keita de Kati. Ce camp abrite le QG du Président de la transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref4" id="_ftn4">[4]</a> Les actions spectaculaires sont une caractéristique essentielle des actions opérationnelles des groupes islamistes. C’est le même objectif de communication par la démonstration de force qui était visé par Alqaida de Ossama Ben Laden en s’attaquant aux USA en septembre 2001.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref5" id="_ftn5">[5]</a> Ces moyens militaires ont été acquis grâce à la coopération militaire entre le Mali et la Russie. Selon une interview du Ministre de la défense accordée à la télévision nationale, une partie de ce matériel a été achetée sur financement du budget national et une autre offerte par la Russie à l’armée malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref6" id="_ftn6">[6]</a> Cette rencontre nationale est une initiative du gouvernement de la transition à l’issu de laquelle une charte nationale a été adoptée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#_ftnref7" id="_ftn7">[7]</a> Ce dialogue a eu lieu sous le magistère du Président Ibrahim Boubacar Keita à l’issu duquel un gouvernement d’union nationale a été formée.</p>
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		<title>Terrorisme : le GSIM revendique la mort du soldat français tué au Mali, il y a une semaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Jul 2020 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[GSIM]]></category>
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		<category><![CDATA[Iyad Ag Ghaly]]></category>
		<category><![CDATA[mort de soldat français au Mali]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme]]></category>
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<p>Dans une publication du jeudi 30 juillet 2020n, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) revendique la mort du hussard parachutiste de 1re classe, Tojohasina Razafintsatama tué au Mali le 23 juillet 2020 à Gossi dans la région de Tombouctou. </p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans une publication du jeudi 30 juillet 2020n, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) revendique la mort du hussard parachutiste de 1<sup>re</sup> classe, Tojohasina Razafintsatama tué au Mali le 23 juillet 2020 à Gossi dans la région de Tombouctou. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<em>« Les moudjahidines ont frappé la base française occupante dans la région de Gossi le 23 juillet</em> », déclare le GSIM, principale alliance djihadiste dans le sahel, dans son communiqué de presse du jeudi 30 juillet 2020. À en croire ce groupe terroriste affilié à Al-Qaida, «<em> deux véhicules explosifs ont été utilisés</em> » pour mener cette opération. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Défilant le film de l’action, le GSIM explique que deux véhicules piégés ont été utilisés pour mener cette opération suicide. Dans son communiqué, il indique qu’à l’entrée de la base de Gossi, l’une des voitures piégées a explosé. Quant à la seconde, elle s’est explosée à l’intérieur du camp, explique-t-il. Après ce coup, des mortiers sont rentrés dans la danse en tirant sur l’enceinte du camp. Ces tirs ont été suivis par l’entrée en action d’une équipe d’assaut composée de deux djihadistes, a-t-il expliqué dans son communiqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son communiqué du 23 juillet 2020, le chef d’État-major des armées françaises ainsi que la ministre des armées avaient indiqué&nbsp;la mort d’un soldat français au Mali. <em>« Le 23 juillet 2020, au cours d’une opération de reconnaissance sur la RN&nbsp;16, le hussard parachutiste de 1<sup>re</sup>&nbsp;classe Tojohasina Razafintsatama est mortellement touché par l’explosion d’un véhicule suicide ennemi à proximité de son véhicule blindé léger au nord de la base opérationnelle avancée de Gossi </em>», lit-on dans le communiqué. Cette localité est située à 150&nbsp;km à l’ouest de Gao », lit-on dans le communiqué du chef d’État-major des armées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notons que c’est Iyad Ag Ghaly qui est à la tête de cette alliance djihadiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F.T</strong><strong></strong></p>
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