<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des gouvernance sahélienne &#8212; Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/gouvernance-sahelienne/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/gouvernance-sahelienne/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Wed, 01 Oct 2025 09:43:41 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des gouvernance sahélienne &#8212; Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/gouvernance-sahelienne/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>Tiani à Bamako : « Le peuple guide la révolution sahélienne »</title>
		<link>https://saheltribune.com/tiani-a-bamako-le-peuple-guide-la-revolution-sahelienne/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/tiani-a-bamako-le-peuple-guide-la-revolution-sahelienne/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cheickna Coulibaly]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 09:43:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Abdourahamane Tiani]]></category>
		<category><![CDATA[AES]]></category>
		<category><![CDATA[alliance militaire sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Assimi Goïta]]></category>
		<category><![CDATA[Bamako]]></category>
		<category><![CDATA[banque confédérale]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[CEDEAO]]></category>
		<category><![CDATA[Confédération des États du Sahel]]></category>
		<category><![CDATA[coopération sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[développement endogène]]></category>
		<category><![CDATA[diplomatie sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[force conjointe sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[intégration régionale]]></category>
		<category><![CDATA[intégration stratégique]]></category>
		<category><![CDATA[lutte contre le terrorisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Niamey]]></category>
		<category><![CDATA[Niger]]></category>
		<category><![CDATA[révolution populaire]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité régionale]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté]]></category>
		<category><![CDATA[tournées diplomatiques]]></category>
		<category><![CDATA[Unité sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Visite présidentielle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=19879</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Président Tiani au Mali pour une visite d'amitié et de travail. Enjeux de sécurité et développement discutés à Bamako.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En visite d’amitié et de travail à Bamako ce 30&nbsp;septembre 2025, le Président du Niger SE le Général d’armée Abdourahamane Tiani a été accueilli par son homologue malien le général Assimi Goïta. Sécurité, diplomatie et développement sont les trois axes principaux que le Chef de l’État nigérien a mis en avant lors de sa déclaration à la presse.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À son arrivée à l’aéroport international Modibo Keïta, le Président Tiani a été reçu par le Président de la Transition malienne, entouré de plusieurs membres du gouvernement. Dans une ambiance empreinte de fraternité et de solidarité sahélienne, les deux dirigeants, accompagnés de certains ministres, ont eu un entretien en tête-à-tête, suivi d’une séance élargie de travail. Les discussions ont notamment porté sur le renforcement de la coopération bilatérale et sur l’avenir de la Confédération des États du Sahel, qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’issue de la rencontre, le Général Tiani s’est adressé à la presse pour rappeler le parcours de la Confédération. « <em>Il y a moins de deux ans, le 22&nbsp;novembre 2023, le Mali, le Niger et le Burkina évoluaient déjà dans un cadre confédéral. À l’époque, mon arrivée avait pour objectif de remercier le peuple du Mali, du Burkina et de la Guinée pour le soutien qu’ils ont apporté au Niger lorsque la CEDEAO avait pris la malheureuse initiative d’agresser notre pays</em> », a-t-il expliqué.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-defense-et-securite"><strong>Défense et sécurité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a ajouté&nbsp;: « <em>Depuis, nous avons créé l’Alliance des États du Sahel le 16&nbsp;septembre 2023, suivie quelques mois plus tard de la Confédération des États du Sahel en 2024 à Niamey. Cette Confédération repose sur trois piliers essentiels&nbsp;: la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement. </em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Président Tiani a insisté sur la sécurité collective et la mise en place d’une force militaire conjointe. « <em>Les bataillons sont constitués et opérationnels à travers des opérations bilatérales ou multilatérales avec le Mali, le Burkina, ou les trois pays ensemble. L’état-major dont le siège est à Niamey est en formation pour prendre en charge tous les problèmes de défense et de sécurité </em>», a-t-il précisé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-diplomatie-et-developpement"><strong>Diplomatie et développement</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan diplomatique, le Président nigérien a souligné l’unité de position des pays de la Confédération. « <em>Que ce soit aux Nations unies ou dans toute autre rencontre d’intérêts, nos représentants gardent la même position et prennent les mêmes décisions</em> », a-t-il déclaré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a également évoqué les avancées économiques&nbsp;: « <em>Nous avons créé la Banque confédérale d’investissement et de développement. Tout est prêt, y compris le siège et les structures d’accompagnement, mais les détails seront finalisés lors de la prochaine rencontre à Bamako.</em> ». Ce sommet est annoncé pour décembre prochain.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Général Tiani a tenu à saluer l’engagement des populations du Mali, du Burkina Faso et du Niger. « <em>Merci au vaillant peuple du Mali, merci au vaillant peuple du Burkina, merci au vaillant peuple du Niger, peuple qui a permis de prendre l’ascendant et de conduire la révolution. C’est le peuple du Sahel qui conduit la révolution et, avec le peuple comme guide, le succès est au bout du chemin</em> », a-t-il affirmé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cette étape à Bamako, le Général Abdourahamane Tiani a poursuivi sa tournée vers le Burkina Faso, illustrant ainsi la volonté des trois pays de renforcer la coopération et l’unité au sein de la Confédération des États du Sahel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cheickna Coulibaly&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/tiani-a-bamako-le-peuple-guide-la-revolution-sahelienne/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">19879</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Tribune. Assimi Goïta ou la réinvention du geste social en Afrique</title>
		<link>https://saheltribune.com/tribune-assimi-goita-ou-la-reinvention-du-geste-social-en-afrique/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/tribune-assimi-goita-ou-la-reinvention-du-geste-social-en-afrique/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 07:24:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Assimi Goïta]]></category>
		<category><![CDATA[Développement communautaire]]></category>
		<category><![CDATA[électrification solaire]]></category>
		<category><![CDATA[fonds de souveraineté]]></category>
		<category><![CDATA[forages d’eau]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance africaine]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[Harambee]]></category>
		<category><![CDATA[Julius Nyerere]]></category>
		<category><![CDATA[Kwame Nkrumah]]></category>
		<category><![CDATA[leadership africain]]></category>
		<category><![CDATA[légitimité politique]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[œuvres sociales]]></category>
		<category><![CDATA[palabre africaine]]></category>
		<category><![CDATA[paternalisme politique]]></category>
		<category><![CDATA[pérennité institutionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[politique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[redistribution]]></category>
		<category><![CDATA[responsabilité sociale]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Sékou Touré]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Sankara]]></category>
		<category><![CDATA[tradition africaine]]></category>
		<category><![CDATA[Transition malienne]]></category>
		<category><![CDATA[Ubuntu]]></category>
		<category><![CDATA[Ujamaa]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=19406</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Découvrez comment l'héritage du social en Afrique façonne des politiques contemporaines de solidarité et de service public.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En allouant une large part de son fonds de souveraineté à des actions sociales concrètes, le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, renoue avec une tradition africaine de gouvernance fondée sur la solidarité et le service public. Une démarche qui s’inscrit non seulement dans l’héritage des grandes figures du continent, mais aussi des penseurs de l’Etat-providence, tout en répondant aux urgences contemporaines du Sahel.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Je m’emploierai […] à la réduction du train de vie de l’État. D’ores et déjà, j’ai décidé d’allouer les deux tiers, du fonds de souveraineté du président, […] aux œuvres soucieux sanitaires notamment, pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire dans les zones difficiles de notre.</em> », s’est engagé le président de la transition, le général Assimi Goïta, lors de son investiture le 7&nbsp;juin 2021. Les œuvres sociales venaient ainsi de naître.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-retour-d-un-imaginaire-du-pouvoir-ancre-dans-les-traditions-africaines">Retour d’un imaginaire du pouvoir ancré dans les traditions africaines</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des décisions politiques dont l’écho dépasse le cadre strict d’un programme national. Et il y a des gestes de gouvernance qui, par leur résonance symbolique, s’inscrivent dans une filiation continentale plus vaste. L’initiative des œuvres sociales du président de la transition malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta, appartient assurément à cette seconde catégorie. D’abord parce qu’elle repose sur un principe fondamental&nbsp;: l’allocation directe d’une part substantielle du fonds de souveraineté présidentiel à des actions sociales concrètes. Ensuite, parce qu’elle s’inscrit dans une tradition africaine pluriséculaire de gouvernance par le don, la solidarité et la proximité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2021, Goïta a choisi une voie résolument sociale. Deux tiers de son fonds de souveraineté — cet instrument souvent discret, parfois controversé — sont consacrés à des programmes de développement local. Il ne s’agit ni d’opérations ponctuelles, ni de gestes caritatifs isolés, mais d’un effort systématique de redistribution ciblée&nbsp;: près de 500&nbsp;forages d’eau potable, électrification solaire de centres de santé, éclairage public dans la capitale, distribution de kits alimentaires aux plus démunis, kits sanitaires et scolaires. Le tout coordonné selon une logique d’urgence sociale et de réponse aux besoins essentiels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà des chiffres, ce que dessine cette politique, c’est le retour d’un imaginaire du pouvoir ancré dans les traditions africaines du care communautaire, où le chef est celui qui donne, protège, et rend visible l’utilité de son autorité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-echo-a-l-ubuntu-au-harambee-et-a-la-palabre"><strong>Un écho à l’Ubuntu, au Harambee, et à la palabre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Gouverner, c’est certes prévoir</em> », mais dans l’Afrique d’hier comme celle d’aujourd’hui, gouverner, ce n’est pas simplement édicter des lois ou bâtir des institutions — c’est aussi (et surtout) rendre tangible sa présence dans la vie quotidienne des citoyens. L’initiative du président Goïta s’inscrit ainsi dans l’héritage de philosophies sociales africaines telles que l’Ubuntu, l’Ujamaa, le Harambee, ou encore la pratique de la palabre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>L’Ubuntu</em>, cette philosophie bantoue popularisée par Desmond Tutu et Nelson Mandela, repose sur une vérité simple, mais profonde&nbsp;:&nbsp;<em>« je suis parce que nous sommes </em>». La logique des œuvres sociales maliennes — écoles, mosquées, centres de santé — reflète précisément cette pensée. C’est dans le renforcement des liens communautaires que se mesure la légitimité de l’autorité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<em>Harambee</em>&nbsp;kenyan — littéralement « <em>tirer ensemble</em> » — incarne une autre facette de cette même idée&nbsp;: celle de l’engagement personnel du dirigeant dans le progrès collectif. Dès l’indépendance, Jomo Kenyatta avait inscrit ce principe dans le projet de nation. En s’inspirant de cette tradition d’effort solidaire, Goïta rappelle que le leadership africain peut aussi s’exercer dans l’exemplarité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la palabre, bien plus qu’un mode de discussion, elle fut historiquement une forme de gouvernance délibérative. Le lieu de la décision partagée et du compromis collectif. À sa manière, la politique sociale présidentielle s’inscrit dans cette continuité. Celle d’un pouvoir qui cherche à répondre directement aux besoins exprimés, sans médiation technocratique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-figures-historiques-tutelaires"><strong>Des figures historiques tutélaires</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste de Goïta convoque aussi d’autres figures du panthéon politique africain. Thomas Sankara, au Burkina Faso, reste l’exemple par excellence d’une gouvernance fondée sur la justice sociale&nbsp;: construction d’écoles, vaccination massive, réforme agraire. Le parallèle est tentant — même si les contextes diffèrent profondément — entre les actes concrets du président malien et la vision révolutionnaire de Sankara, pour qui on ne peut pas construire un pays sans soigner, sans instruire, sans nourrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kwame Nkrumah, au Ghana, avait dès les années&nbsp;1960 mis l’éducation gratuite et la santé au cœur de sa stratégie de développement. Julius Nyerere et son&nbsp;<em>Ujamaa</em>&nbsp;tanzanien, malgré ses limites économiques, avaient tenté de faire émerger un socialisme africain centré sur la dignité et l’autonomie. Même Kadhafi, en son temps, avait su utiliser la rente pétrolière pour bâtir un réseau d’infrastructures sociales généreuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En s’inscrivant dans cette lignée, Goïta remet au goût du jour l’idée que la légitimité politique peut — et doit — se construire par l’action sociale directe, hors des logiques purement électorales ou institutionnelles.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-inspiration-au-dela-du-continent"><strong>Une inspiration au-delà du continent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste présidentiel malien n’est pas uniquement africain dans son inspiration. Il rejoint également une tradition interventionniste occidentale bien connue&nbsp;: celle du&nbsp;<em>New Deal</em>&nbsp;américain de Franklin D. Roosevelt dans les années&nbsp;1930. Face à la Grande Dépression, le président américain avait multiplié les programmes publics pour soutenir les plus vulnérables, créer de l’emploi, et rebâtir le lien entre État et société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres figures, comme Lyndon Johnson avec sa « <em>guerre contre la pauvreté</em> », ou plus récemment Joe Biden avec ses plans de relance familiaux, illustrent que la redistribution ciblée n’est pas incompatible avec la modernité démocratique. Ce que montre Goïta, c’est que le modèle malien, bien que nourri de traditions africaines, dialogue avec des principes universels de solidarité nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-entre-legitimite-sociale-et-ancrage-sahelien"><strong>Entre légitimité sociale et ancrage sahélien</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait toutefois réducteur de n’y voir qu’un mimétisme historique. Ce que l’initiative présidentielle malienne révèle, c’est la capacité d’un pouvoir politique à s’adapter à un contexte spécifique&nbsp;: celui du Sahel, de son insécurité chronique, de ses vulnérabilités climatiques et de ses fragilités économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les forages d’eau, les électrifications solaires, les distributions alimentaires&nbsp;: tout cela répond à des besoins concrets, identifiés, vécus. Dans un contexte de défiance généralisée envers les institutions, ces gestes sociaux deviennent des actes de reconquête du lien entre État et citoyen. Ils incarnent une forme de gouvernance tangible, à hauteur d’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, ils participent d’une stratégie de stabilité par le social, en consolidant les communautés les plus exposées, en prévenant les fractures locales, en réaffirmant la présence de l’État là où celui-ci s’était effacé.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-de-l-etat-social-a-l-etat-providence-nbsp"><strong>De l’État social à l’État providence&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La philosophie qui sous-tend les œuvres sociales du président Goïta ne relève pas uniquement de la tradition africaine du leadership par le service. Elle rejoint aussi une interrogation plus large sur le rôle de l’État dans la production de justice sociale – un débat qui traverse la pensée politique occidentale moderne depuis la fin du XIXe&nbsp;siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée d’un État-providence, c’est-à-dire d’un État qui intervient activement pour corriger les inégalités, protéger les plus vulnérables et assurer un minimum de sécurité économique et sociale, a trouvé sa formulation classique en Europe après la Seconde Guerre mondiale. Mais elle a aussi été pensée en amont par des intellectuels de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Karl Popper, dans&nbsp;<em>La société ouverte et ses ennemis</em>&nbsp;(1945), distinguait avec clarté l’ingénierie sociale fragmentaire (réformiste et empirique) de l’ingénierie utopique (idéologique et totalisante). S’il se méfiait des systèmes clos et doctrinaires, il reconnaissait qu’un État responsable devait garantir un cadre stable et juste pour prévenir les injustices structurelles. Popper plaidait ainsi pour un État qui corrige, ajuste, protège, sans verser dans l’autoritarisme. Une vision qui n’est pas éloignée de l’approche pragmatique que le président malien semble aujourd’hui privilégier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">John Rawls, avec sa théorie de la justice (1971), ira plus loin en affirmant que les institutions doivent être conçues pour que « <em>les inégalités économiques soient au bénéfice des plus défavorisés </em>». Là encore, l’écho est clair : redistribuer les ressources présidentielles vers les zones rurales, les personnes handicapées, les écoles marginalisées, c’est appliquer une justice distributive de terrain.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-rehabilitation-de-l-etat-social-africain">Réhabilitation de l’État social africain</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Même Amartya Sen, prix Nobel d’économie, défendra l’idée que le développement ne peut être réduit à la seule croissance, mais doit se mesurer à la capacité réelle des individus à vivre dignement. L’accès à l’eau, à la lumière, aux soins, comme le promeuvent les œuvres sociales maliennes, correspond exactement à cette « <em>approche par les capabilités</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Afrique, des penseurs comme Joseph Ki-Zerbo, Cheikh Anta Diop ou Axelle Kabou ont eux aussi, à leur manière, insisté sur l’urgence de réconcilier action politique et équité sociale, quitte à sortir des schémas importés pour redonner du sens au rôle de l’État dans nos sociétés. Ce que tente aujourd’hui le Mali, c’est peut-être, en filigrane, une réhabilitation de l’État social africain, en phase avec ses racines communautaires, mais aussi avec les exigences contemporaines de justice et d’efficacité.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-gouvernance-par-l-exemple-et-ses-conditions-de-reussite"><strong>Une gouvernance par l’exemple… et ses conditions de réussite</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire nous enseigne cependant que ces expériences, aussi inspirantes soient-elles, restent fragiles si elles ne s’accompagnent pas de mécanismes de pérennisation. Le&nbsp;<em>Harambee</em>&nbsp;kényan a parfois dérivé en instrument clientéliste. Le programme social de Sankara n’a pas survécu à sa disparition.&nbsp;<em>L’Ujamaa</em>&nbsp;de Nyerere s’est essoufflé avec les chocs économiques des années&nbsp;1980.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La leçon a tiré est que sans institutionnalisation, sans ancrage dans des politiques publiques durables, sans garde-fous contre le paternalisme, les œuvres sociales risquent de n’être qu’un feu de paille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’expérience malienne d’aujourd’hui semble, elle, chercher à éviter ces écueils. En intégrant ces actions dans une logique de résultats, en articulant les financements aux priorités locales, le président Goïta semble vouloir inscrire sa démarche dans la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde où le leadership est souvent déconnecté du terrain, le Mali tente ici quelque chose de rare&nbsp;: un retour à une forme de gouvernance sensible, ancrée, visible. Et si l’histoire nous enseigne la prudence, elle nous rappelle aussi que les plus belles réformes sont celles qui, tout en parlant à la mémoire des peuples, répondent à leurs besoins les plus concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/tribune-assimi-goita-ou-la-reinvention-du-geste-social-en-afrique/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">19406</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Sahel : le climat en embuscade, l’État debout</title>
		<link>https://saheltribune.com/sahel-le-climat-en-embuscade-letat-debout/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/sahel-le-climat-en-embuscade-letat-debout/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique de l’Ouest]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[autodétermination]]></category>
		<category><![CDATA[Burkina Faso]]></category>
		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[climat]]></category>
		<category><![CDATA[crise climatique]]></category>
		<category><![CDATA[crise humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[désertification]]></category>
		<category><![CDATA[États sahéliens]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance sahélienne]]></category>
		<category><![CDATA[insécurité alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[justice climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Mali]]></category>
		<category><![CDATA[Niger]]></category>
		<category><![CDATA[pluie extrême]]></category>
		<category><![CDATA[résilience]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[Sécheresse]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=19397</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Loin d’être les maillons faibles d’un Sahel en crise, ces États redéfinissent, à leur manière, les contours d’une souveraineté face à une menace silencieuse : le dérèglement climatique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Face au chaos climatique et à l’indifférence internationale, le Mali, le Burkina Faso et le Niger choisissent de tenir bon. Loin d’être les maillons faibles d’un Sahel en crise, ces États redéfinissent, à leur manière, les contours d’une souveraineté face à une menace silencieuse : le dérèglement climatique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« C’est un horrible et incroyable charnier à ciel ouvert. Des morts et des mourants y sont entassés les uns sur les autres. Certains corps sont enflés au point d’éclater, d’autres se vident de leur contenu, entourés de membres et de chairs éparpillés que se disputent des vautours. »</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette phrase, terrible, glaçante, n’est pas tirée d’un roman d’apocalypse. Elle est signée d’Amadou Hampâté Bâ, mémoire vive de l’Afrique sahélienne, témoin de la famine de 1914. Une famine née d’un hivernage raté, d’un été sans pluie. Un siècle plus tard, l’histoire, comme un relent de sable chaud et de poussière amère, semble bégayer.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-menace-permanente"><strong>Une menace permanente</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette partie du monde que certains continuent d’appeler «&nbsp;<em>bande sahélienne</em>&nbsp;» comme on nomme un front oublié, le vent ne souffle plus comme avant. Il brûle. Il emporte les récoltes, fissure les terres, et s’infiltre jusque dans les fondations fragiles des États. Et pourtant, malgré le sable dans les yeux et l’indifférence dans les oreilles, certains gouvernements ont décidé de tenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali, le Burkina Faso, le Niger — trois pays souvent réduits à des acronymes de crise, à des titres d’alerte sur les chaînes d’info. Trois nations qui, ces dernières années, ont osé rompre avec l’ordre établi. On peut en discuter les méthodes, mais pas le diagnostic. Leurs peuples étouffaient sous un double joug — celui d’un terrorisme rampant, et celui, plus insidieux encore, d’un système économique et sécuritaire international aussi distant qu’inefficace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car pendant qu’à Paris ou à Bruxelles on découvrait, avec un temps de retard et une pudeur hypocrite, que le climat pouvait tuer, les villageois de Mopti, de Dori ou de Tillabéri le savaient déjà depuis longtemps. Chez eux, la météo n’est pas une rubrique. C’est une menace permanente. Des pluies qui inondent, quand elles ne se font pas attendre. Des récoltes qui disparaissent, des troupeaux sans herbe, des puits sans fond.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dans cet enfer lent, les États sahéliens ont choisi de ne plus tendre la main, mais de retrousser leurs manches. D’assumer leur solitude stratégique. De réorienter leur souveraineté vers ce qui compte : la terre, l’eau, la survie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-climat-une-question-de-souverainete"><strong>Le climat, une question de souveraineté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On leur reproche leurs ruptures diplomatiques, leur défiance vis-à-vis de certains partenaires. Mais a-t-on seulement respecté leurs alertes ? Depuis des années, ils crient famine climatique, chaos agricole, démographie en surchauffe. En réponse ? Des financements à la petite cuillère, des troupes étrangères à l’efficacité douteuse, et des sommets à huis clos où l’Afrique est invitée… à se taire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors oui, ces pays ont fait des choix. Et ces choix ont un coût. Mais qui peut leur en vouloir d’avoir voulu redevenir maîtres d’un destin que le climat lui-même s’évertue à leur arracher ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faudra bien, un jour, lire l’histoire autrement. Voir dans ces ruptures non pas des caprices politiques, mais des tentatives — désespérées parfois, courageuses souvent — de tenir tête à une tragédie globale qui les frappe de plein fouet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel ne plie pas. Il résiste. À sa manière. Et les États qu’on croyait faillis sont debout, seuls peut-être, mais lucides. Car ils savent, mieux que quiconque, que le climat n’est pas qu’une question de degrés. C’est une question de souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/sahel-le-climat-en-embuscade-letat-debout/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">19397</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
