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	<title>Archives des gouvernance militaire &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Mali : Elisée Jean Dao nommé chef d’État-major général et promu général de division</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ibrahim Kalifa Djitteye]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 19:17:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le Mali nomme le général Elisée Jean Dao chef d’État-major général des armées. Une décision stratégique après les attaques du 25 avril pour renforcer le commandement militaire.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le général Elisée Jean Dao est nommé, ce mercredi 6 mai 2026, à travers deux décrets signés par le Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, Chef d’État-major général des Armées et promu au grade de Général de Division à titre exceptionnel. Jusqu’à cette nomination, il était Chef d’état-major général adjoint des Armées, déjà impliqué dans la coordination militaire nationale et reconnu pour son engagement constant.&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nomination s’inscrit dans la volonté de consolider les Forces armées maliennes (FAMa), engagées sur plusieurs fronts pour défendre le territoire et protéger les populations. Elle intervient après les attaques complexes, simultanées et coordonnées du 25 avril 2026, qui ont frappé Bamako, Kati, Konna, Sévaré, Kidal et Gao, coûtant la vie à l’ancien ministre de la Défense, le général Sadio Camara. Dans ce contexte, le Président Assimi Goïta a pris la tête du ministère de la Défense.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Contexte sécuritaire face aux attaques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement qui a suivi ces attaques a conduit à la nomination du Général de Division Oumar Diarra, jusque-là Chef d’État-major général des Armées, comme ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Ce choix traduit une volonté de renforcer la chaîne de commandement et d’assurer une continuité stratégique. La désignation d’Elisée Jean Dao est une réponse directe aux défis sécuritaires et organisationnels du moment.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Issu de l’École Militaire Interarmes de Koulikoro, qu’il intègre en 1993, Dao en sort sous-lieutenant d’infanterie en 1996. Dès 1997, il prend son premier poste de commandement à Kidal, à la tête de la Compagnie territoriale de la Garde nationale. Entre 1999 et 2011, il participe à plusieurs opérations militaires, dirige le Centre d’instruction de la Garde nationale en 2003, puis devient chef de la division des opérations en 2011.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Parcours opérationnel marqué par la loyauté</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier 2013, Dao se distingue lors de la bataille de Konna, où il bloque les infiltrations terroristes par la route de Bandiagara. Ses faits d’armes lui valent d’ouvrir la marche des troupes maliennes au défilé du 14 juillet à Paris. Quelques mois plus tard, en octobre 2013, il conduit l’Opération Saniya à Kati. Ces épisodes renforcent son image d’officier loyal et déterminé.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre 2015 et 2018, Dao poursuit sa formation à l’étranger. Il obtient le brevet de l’École de guerre de Paris en 2015, puis un Master en études sécuritaires à la Naval Postgraduate School de Monterey, aux États-Unis, en 2018. En septembre 2020, il est nommé Chef d’état-major de la Garde nationale, où il engage une modernisation du corps. Promu Général de Brigade, il quitte ce poste en février 2023, après avoir consolidé la discipline et la cohésion.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Expérience diplomatique avant le retour militaire</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De 2023 à 2025, Dao sert l’État sur le plan diplomatique. Il est nommé ambassadeur au Gabon en mai 2023, puis en Chine. Cette expérience internationale enrichit son profil et lui donne une vision élargie des enjeux sécuritaires et géopolitiques. En octobre 2025, il est rappelé au commandement militaire actif et nommé Chef d’état-major général adjoint des Armées par le Président Assimi Goïta.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dans un contexte sécuritaire exigeant, il incarne une nouvelle dynamique de commandement. Sa désignation au sommet de l’appareil militaire est une mesure stratégique destinée à assurer la stabilité et la continuité des forces armées du Mali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ibrahim Kalifa Djitteye&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : pourquoi Assimi Goïta prend la tête du ministère de la Défense après la mort de Sadio Camara </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 18:30:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Après les attaques du 25 avril 2026, le président Assimi Goïta prend la tête du ministère de la Défense. Une décision stratégique visant à renforcer la coordination militaire et la sécurité nationale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Après les attaques coordonnées du 25&nbsp;avril 2026, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a décidé de prendre personnellement la tête du ministère de la Défense. Une décision qui marque un nouveau palier dans la lutte contre l’insécurité et la quête de la souveraineté nationale.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son adresse à la nation, le 28&nbsp;avril, à la suite des attaques coordonnées, simultanées, coordonnées et complexes du 25&nbsp;avril 2026 qui ont endeuillé plusieurs villes du Mali, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, avait déclaré&nbsp;: « <em>C’est plus que jamais le moment de faire confiance à vos Forces armées et de sécurité engagée dans une lutte complexe, contre le terrorisme. Les opérations se poursuivront jusqu’à la neutralisation complète des groupes impliqués et le rétablissement durable de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une semaine après cette déclaration, le chef suprême des armées a décidé d’assumer personnellement le portefeuille de la Défense et des Anciens combattants. Une décision officialisée par décret, lu à la télévision nationale ORTM par le secrétaire général de la présidence, Alfousseyni Diawara. Dans le même mouvement, le général de division Oumar Diarra, jusque-là chef d’état-major général des armées, a été nommé ministre délégué auprès de la Défense.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une centralisation du commandement face à une menace accrue</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La décision intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu, marqué par des attaques simultanées ayant ciblé Bamako, Kati, Konna, Sévaré, Kidal et Gao, et coûté la vie à l’ancien ministre de la Défense, Sadio Camara. En se plaçant directement à la tête de l’appareil militaire, le général d’armée Assimi Goïta opère une centralisation du commandement qui vise à renforcer la réactivité opérationnelle et la cohérence stratégique des Forces armées maliennes. Cette décision pourrait être motivée par la volonté d’éviter toute rupture dans la dynamique déjà enclenchée au sein des forces armées maliennes et évité toute décision qui pourrait entraîner une certaine dissension dans les rangs de l’outil de défense dans un contexte si particulier de la vie de la nation malienne.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant que Président du Conseil supérieur de la défense, en plus d’être militaire de terrain ayant combattu contre cette menace terroriste des années durant, le président de la transition est le mieux indiqué pour conduire les opérations avec l’assistance de l’ex-chef d’État major général des armées. Le général Goïta, pour qui la sécurité occupe la priorité numéro un, est en terrain connu. Cette nouvelle mission à côté de la fonction de chef de l’État devait suffire à prouver au peuple malien le degré de patriotisme du chef suprême des armées. Car l’occupation de la fonction de ministre de la Défense constitue, à n’en pas douter un véritable sacrifice pour la sécurité et le développement national. Le président de la transition a montré la voie. Au peuple malien de suivre l’exemple. « <em>Nous devons garder à l’esprit que c’est dans l’épreuve qu’une nation doit conforter sa cohésion et son unité. Un sursaut national est aujourd’hui indispensable et nous devons, tous comme un seul homme, nous ériger contre la division et la fracture sociale.</em> », a expliqué le chef de l’État dans son adresse à la nation. Chacun, dans son domaine et selon ses expertises, doit apporter sa pierre à l’édifice national. A l’heure de la mobilisation, aucun fils ne doit rester en marge.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Restaurer l’autorité et la confiance</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays confronté à des menaces asymétriques et à des attaques coordonnées d’envergure, cette concentration des responsabilités entre les mains du chef suprême des armées peut être interprétée comme une réponse à l’urgence. Elle permet d’accélérer la prise de décision et de réduire les délais entre l’analyse du renseignement et l’action sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de l’impératif opérationnel, cette nomination revêt également une portée politique. En assumant personnellement la Défense, le chef de l’État envoie un signal fort de responsabilité et d’engagement. Dans un contexte marqué par le choc des attaques et la perte d’un pilier du dispositif sécuritaire, il s’agit de restaurer la confiance des populations et de réaffirmer l’autorité de l’État, tout en honorant la mémoire de l’illustre disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce choix s’inscrit aussi dans une tradition observée dans plusieurs pays en période de crise, où les chefs d’État prennent directement en main les questions de sécurité nationale afin de mobiliser l’ensemble des leviers de puissance publique. Selon le président de la transition, «&nbsp;&nbsp;<em>sans la sécurité, il ne saurait y avoir et sans développement il ne saurait y avoir de sécurité</em> ». Les deux restent interdépendants. C’est pourquoi il est important pour lui de mobiliser tous les outils pour restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire pour l’émergence du Mali Koura.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un tandem militaire pour piloter la riposte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La nomination du général Oumar Diarra comme ministre délégué vient compléter ce dispositif. Officier expérimenté et ancien chef d’état-major général des armées, il apporte une expertise technique et opérationnelle essentielle à la conduite des opérations. Le tandem formé avec le général d’armée Assimi Goïta permet ainsi de conjuguer vision stratégique au sommet de l’État et gestion quotidienne des opérations militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le positionnement protocolaire du ministre délégué, placé juste après les ministres d’État, souligne l’importance accordée à la Défense dans l’architecture gouvernementale actuelle. Dans le plan d’action du gouvernement (PAG) Abdoulaye Maïga, présenté le 16&nbsp;mai 2025,&nbsp;la sécurité et la défense vient en première ligne. Le nouveau gouvernement s’est engagé à poursuivre la montée en puissance de l’armée malienne à travers le recrutement massif de soldats, la modernisation des infrastructures, le déploiement militaire sur l’ensemble du territoire, la construction des hôpitaux militaires, des mémoriaux et des équipements sophistiqués.&nbsp;Cette réorganisation s’inscrit dans la doctrine souverainiste défendue par les autorités de la Transition. En internalisant davantage la conduite des opérations militaires et en renforçant la chaîne de commandement nationale, Bamako entend affirmer son autonomie stratégique dans la lutte contre le terrorisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ce choix concentre les pouvoirs, il engage aussi directement la responsabilité politique du chef de l’État sur les résultats obtenus sur le terrain. Dans un contexte de guerre prolongée, il marque une volonté d’assumer pleinement la conduite de la défense nationale et de répondre, sans intermédiaire, aux défis sécuritaires auxquels le Mali reste confronté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de la transition a planté le décor depuis son investiture le 7&nbsp;juin 2021. Dans son discours, il avait affirmé&nbsp;: « <em>Aujourd’hui, nous avons une responsabilité historique&nbsp;: celle de transcender nos divergences pour sécuriser notre pays, pour préserver son intégrité territoriale et pour créer les conditions d’un développement socioéconomique nous permettant d’offrir un avenir meilleur à notre postérité.</em> ». Ces propos n’avaient acquis une pertinence aussi particulière qu’en ce contexte de guerre asymétrique et hybride contre le Mali.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Bénin : victoire officielle, défaite stratégique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 12:49:21 +0000</pubDate>
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<p>Examinez l'intervention étrangère au Bénin et son impact sur la souveraineté et la sécurité en Afrique de l'Ouest.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>La crise qui secoue le Bénin, avec ses répliques politiques et militaires traversant l’Afrique de l’Ouest, dépasse largement le cadre d’un simple incident sécuritaire. Elle met à nu une tension structurelle entre une souveraineté proclamée et des dépendances réelles. Plus qu’un événement conjoncturel, elle marque un moment de bascule où l’État, l’armée et les alliances extérieures se trouvent exposés dans leur fragilité.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les images, les interruptions audiovisuelles et les messages numériques n’en ont livré qu’une façade. Comme souvent dans l’Afrique contemporaine, l’essentiel s’est joué à huis clos : mobilisation discrète de soutiens extérieurs, gestion étroite de l’information, volonté manifeste de contenir l’événement afin d’éviter toute contagion régionale. La mémoire collective a été cadrée avant même que le peuple n’en perçoive l’ampleur réelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-armee-sous-pression-entre-loyaute-et-dependance">Une armée sous pression, entre loyauté et dépendance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’image de l’opération Serval au Mali en 2013, la riposte béninoise s’est voulue immédiate, calibrée et décisive. Serval n’avait pas seulement stoppé l’avancée des groupes armés vers Bamako ; elle avait surtout réaffirmé la centralité française dans la gestion des crises ouest-africaines. De la même manière, l’épisode béninois révèle que certaines souverainetés demeurent conditionnelles, activables ou suspendables selon les intérêts géopolitiques dominants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’armée républicaine, héritière du serment de la Conférence nationale de 1990, a vacillé sans rompre ouvertement. Ses chefs, pris entre loyauté institutionnelle, pressions politiques et dépendance opérationnelle, ont vu leur récit soigneusement aménagé afin d’éviter un effet domino dans l’espace sahélien. La crise, confinée dans l’écosystème numérique, n’a laissé au peuple qu’un écho fragmenté et filtré.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-tenir-a-tout-prix-la-doctrine-de-la-survie-institutionnelle">« Tenir à tout prix » : la doctrine de la survie institutionnelle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette défaite de l’armée béninoise opère à plusieurs niveaux. Elle se traduit d’abord par la mise hors combat d’unités d’élite formées à l’antiterrorisme, avec des pertes humaines, matérielles et symboliques notables. Elle révèle ensuite l’incapacité des autorités à assumer publiquement l’ampleur des faits. Enfin, elle met en lumière le rôle déterminant de la CEDEAO et, surtout, des puissances extérieures dans la stabilisation effective des États de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le schéma de riposte, lisible entre les lignes des communiqués officiels, trahit un embarras stratégique profond : « tenir à tout prix » devient doctrine, même au détriment de la souveraineté. Sauver la face revient alors à accepter une tutelle de fait.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-nigeria-et-france-les-veritables-piliers-de-la-stabilite-beninoise">Nigeria et France : les véritables piliers de la stabilité béninoise</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Nigeria, confronté depuis plus d’une décennie au terrorisme et au banditisme armé, apparaît comme le principal garant de la survie institutionnelle béninoise, reléguant le pays au rang de vassal stratégique. La France, par son intervention, confirme un rapport de suzeraineté déjà bien installé. Sans ces appuis extérieurs, le scénario aurait été radicalement différent — une réalité minimisée, mais centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence visible de forces étrangères dans l’espace urbain et la fragilisation des frontières, notamment avec le Burkina Faso, produisent un paradoxe sécuritaire : présentée comme une protection institutionnelle, cette présence incarne en réalité une dépossession. L’ennemi n’est plus seulement extérieur ; il devient structurel, inscrit dans les dispositifs mêmes de défense.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-cedeao-a-geometrie-variable">Une CEDEAO à géométrie variable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu réel dépasse le Bénin. Il vise à contenir et isoler l’Alliance des États du Sahel (AES), perçue comme une menace pour l’architecture régionale dominée par la CEDEAO et ses partenaires occidentaux. À travers le Bénin, un message clair est envoyé : aucune remise en cause de l’ordre régional établi ne sera tolérée sans coût élevé. Le peuple béninois se retrouve ainsi otage d’un affrontement géopolitique qui le dépasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les précédents confirment cette géopolitique à géométrie variable : indifférence relative en Guinée-Bissau, parfois tournée en dérision, contre réaction vigoureuse au Niger après la chute de Bazoum. Sous Macron, l’orgueil stratégique français maintient certaines armées africaines dans une dépendance structurelle, exposant l’armée béninoise comme un corps privé de pleine autonomie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À court terme, l’histoire — toujours écrite par les vainqueurs — présente le pouvoir de Patrice Talon et l’armée béninoise comme sortis victorieux de l’épreuve. Mais dans la longue durée, ils émergent affaiblis, fragilisant l’État béninois et l’équilibre ouest-africain. Une question demeure, lancinante :&nbsp;que vaut un serment républicain lorsqu’il ne peut s’honorer qu’avec l’assistance de forces étrangères ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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