<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Giec &#8212; Sahel Tribune</title>
	<atom:link href="https://saheltribune.com/tag/giec/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://saheltribune.com/tag/giec/</link>
	<description>Sahel Tribune – Votre regard sur le Sahel, autrement.</description>
	<lastBuildDate>Tue, 24 Mar 2026 21:14:59 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>http://saheltribune.com/wp-content/uploads/2021/04/cropped-logo-Sahel-Tribune_Plan-de-travail-1.jpg</url>
	<title>Archives des Giec &#8212; Sahel Tribune</title>
	<link>https://saheltribune.com/tag/giec/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">192168702</site>	<item>
		<title>Climat : la Terre sort de l’équilibre, et nous avec</title>
		<link>https://saheltribune.com/climat-la-terre-sort-de-lequilibre-et-nous-avec/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/climat-la-terre-sort-de-lequilibre-et-nous-avec/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 21:14:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[biodiversité]]></category>
		<category><![CDATA[canicules]]></category>
		<category><![CDATA[catastrophes naturelles]]></category>
		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[CO2]]></category>
		<category><![CDATA[crise climatique]]></category>
		<category><![CDATA[déséquilibre climatique]]></category>
		<category><![CDATA[événements extrêmes]]></category>
		<category><![CDATA[fonte des glaces]]></category>
		<category><![CDATA[gaz à effet de serre]]></category>
		<category><![CDATA[Giec]]></category>
		<category><![CDATA[inondations]]></category>
		<category><![CDATA[migrations climatiques]]></category>
		<category><![CDATA[montée des eaux]]></category>
		<category><![CDATA[océans]]></category>
		<category><![CDATA[OMM]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<category><![CDATA[réchauffement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[santé mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[sécheresses]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[urgence climatique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=21655</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Analysez le rapport de l'OMM sur une Terre en déséquilibre et les changements climatiques menaçants qui nous entourent.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>La planète vacille : chaleur record, océans en surchauffe, catastrophes en cascade… Le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine, mais une réalité qui s’emballe — et dont les conséquences pourraient devenir irréversibles.</em></strong></p>



<p>Il ne s’agit plus d’un simple réchauffement. Dans son dernier rapport publié le 23 mars, à l’occasion de la Journée météorologique mondiale, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dresse un constat sans ambiguïté : le système climatique de la planète est désormais profondément déséquilibré — et ce dérèglement s’accélère.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-decennie-de-chaleur-sans-precedent"><strong>Une décennie de chaleur sans précédent</strong></h2>



<p>Selon l’OMM, les années 2015 à 2025 constituent les onze années les plus chaudes jamais enregistrées. L’année 2025, elle, se hisse sur le podium des records, avec une température moyenne globale supérieure d’environ 1,43 °C aux niveaux préindustriels.</p>



<p>Une tendance lourde, qui ne doit rien au hasard. «&nbsp;<em>Quand l’histoire se répète onze fois, ce n’est plus une coïncidence</em>&nbsp;», a martelé António Guterres, évoquant un «&nbsp;<em>climat en état d’urgence</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-desequilibre-energetique-symptome-d-un-systeme-deregle"><strong>Le déséquilibre énergétique, symptôme d’un système déréglé</strong></h2>



<p>Pour la première fois, le rapport met en avant un indicateur clé : le déséquilibre énergétique de la Terre. Autrement dit, l’écart croissant entre l’énergie solaire absorbée et celle renvoyée dans l’espace.</p>



<p>Dans un système stable, cet équilibre est maintenu. Mais l’accumulation de gaz à effet de serre — dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote — a rompu cette mécanique. Résultat : un excédent d’énergie piégé dans le système climatique, à un niveau inédit depuis au moins 65 ans.</p>



<p>Et ses effets sont déjà visibles.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-ocean-tampon-surchauffe-de-la-planete"><strong>L’océan, tampon surchauffé de la planète</strong></h2>



<p>Plus de 90 % de cette chaleur excédentaire est absorbée par les océans. Depuis vingt ans, ceux-ci captent chaque année l’équivalent de près de 18 fois la consommation énergétique mondiale.</p>



<p>Un rôle de «&nbsp;<em>tampon</em>&nbsp;» qui limite, temporairement, la hausse des températures à la surface — mais à un coût élevé. Le contenu thermique des océans atteint des records successifs depuis près d’une décennie, avec un rythme de réchauffement qui a plus que doublé depuis les années 2000.</p>



<p>Conséquences : dégradation des écosystèmes marins, intensification des tempêtes, et perte progressive de la capacité des océans à absorber le carbone.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-glaces-en-recul-mers-en-hausse"><strong>Glaces en recul, mers en hausse</strong></h2>



<p>Le reste de l’excédent thermique se traduit par la fonte accélérée des glaces. Les calottes du Groenland et de l’Antarctique perdent massivement en volume, tandis que les glaces de mer atteignent des niveaux historiquement bas.</p>



<p>En 2025, l’Arctique a frôlé son minimum record depuis le début des observations satellitaires. Dans le même temps, le niveau moyen des mers continue de grimper, désormais supérieur d’environ 11 centimètres à celui mesuré en 1993.</p>



<p>Une progression appelée à se poursuivre pendant des siècles, selon les projections du Groupe d&rsquo;experts intergouvernemental sur l&rsquo;évolution du climat.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-climat-extreme-des-societes-vulnerables"><strong>Un climat extrême, des sociétés vulnérables</strong></h2>



<p>Canicules, inondations, sécheresses, cyclones : les événements météorologiques extrêmes se multiplient et s’intensifient. En 2025, ils ont causé des milliers de morts, déplacé des millions de personnes et engendré des&nbsp;crises&nbsp;économiques de plusieurs milliards de dollars.</p>



<p>Ces chocs en cascade fragilisent les systèmes alimentaires, alimentent les migrations et exacerbent les tensions dans les régions déjà vulnérables. Le changement climatique devient ainsi un multiplicateur de crises — sociales, économiques et géopolitiques.</p>



<p>Le rapport alerte également sur les impacts sanitaires croissants. La propagation de maladies comme la dengue, favorisée par la hausse des températures, s’accélère. Le stress thermique, lui, touche déjà plus d’un tiers de la population active mondiale.</p>



<p>Autant de signaux qui soulignent l’urgence d’intégrer les données climatiques dans les politiques de santé publique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-avertissement-sans-detour"><strong>Un avertissement sans détour</strong></h2>



<p>«&nbsp;<em>Le chaos climatique s’accélère</em>&nbsp;», prévient encore António Guterres, pointant la dépendance persistante aux énergies fossiles. Pour Celeste Saulo, le constat est tout aussi clair : «&nbsp;<em>Les activités humaines perturbent de plus en plus l’équilibre naturel, et nous devrons vivre avec ces conséquences pendant des centaines, voire des milliers d’années.&nbsp;</em>»</p>



<p>Le thème de la Journée météorologique mondiale 2026 — «&nbsp;<em>Observer aujourd’hui, protéger demain</em>&nbsp;» — sonne comme un rappel. Les données scientifiques n’ont jamais été aussi précises. Les signaux d’alerte, aussi nombreux.</p>



<p>Reste une question, désormais politique : que faire de ce savoir ?</p>



<p>Car si la Terre bascule hors de son équilibre, c’est aussi notre capacité collective à réagir qui est mise à l’épreuve.</p>



<p><strong>F. Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/climat-la-terre-sort-de-lequilibre-et-nous-avec/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">21655</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Climat : le retrait américain plonge la gouvernance mondiale dans la tourmente</title>
		<link>https://saheltribune.com/climat-le-retrait-americain-plonge-la-gouvernance-mondiale-dans-la-tourmente/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/climat-le-retrait-americain-plonge-la-gouvernance-mondiale-dans-la-tourmente/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Jan 2026 08:28:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Accord de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[CCNUCC]]></category>
		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[financement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Giec]]></category>
		<category><![CDATA[gouvernance mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Multilatéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[ONU]]></category>
		<category><![CDATA[retrait américain]]></category>
		<category><![CDATA[sahel]]></category>
		<category><![CDATA[souveraineté environnementale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=20820</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le retrait américain des organisations climatiques créé une onde de choc. Explorez les conséquences de cette décision sur l'environnement.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>La décision du locataire de la Maison Blanche de boucler la porte à 66 organisations internationales, dont plusieurs piliers de la coopération climatique,  fragilise encore davantage la lutte mondiale contre le réchauffement. Cette décision, annoncée le 7 janvier 2026, marque un recul dangereux pour les engagements environnementaux globaux et inquiète les pays africains, en première ligne face aux effets du dérèglement climatique.</em></strong></p>



<p>Le décret exécutif signé par Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 liées à l’ONU. Cette décision a eu l’effet d’un séisme diplomatique. Parmi les institutions concernées figurent des acteurs essentiels de la gouvernance environnementale mondiale, comme la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), ou encore l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).</p>



<p>Dans un discours depuis la Maison Blanche, le locataire de la Maison Blanche a justifié sa décision au nom de la doctrine «&nbsp;<em>America First&nbsp;</em>» (l’Amérique d’abord). Donald Trump affirme vouloir « <em>protéger les contribuables américains</em> » et « <em>rompre avec les organisations inefficaces et politisées</em> ». Une position qui rompt avec les engagements pris par l’administration Biden, revenue dans l’Accord de Paris en 2021 après un premier retrait décidé… déjà par Trump en 2017.</p>



<p>Cette volte-face confirme le désengagement structurel de Washington vis-à-vis des politiques climatiques globales, et ce, au moment où la planète enregistre les températures les plus élevées jamais enregistrées.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-coup-dur-pour-le-financement-climatique"><strong>Un coup dur pour le financement climatique</strong></h2>



<p>La décision américaine n’a pas qu’une portée symbolique. Elle frappe directement le financement international de la transition écologique.</p>



<p>Les États-Unis figuraient parmi les plus importants contributeurs au Fonds vert pour le climat, au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ou encore à la Convention sur la désertification (CNULD). Leur retrait laisse un vide financier estimé à plus de 2,3 milliards de dollars par an.</p>



<p>Cette rupture menace les programmes de résilience déjà fragiles, notamment en Afrique, où le soutien technique et financier des États-Unis représentait un levier crucial pour l’adaptation agricole, la gestion de l’eau et la prévention des catastrophes naturelles. Sans les États-Unis, le financement climatique international devient une fiction. Les pays du Sud risquent de payer le prix fort du repli américain.&nbsp;</p>



<p>Le vide laissé par Washington pourrait donc offrir une opportunité pour la Chine, la Russie ou même l’Inde de renforcer leur influence dans le secteur climatique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-victime-collaterale-du-desengagement"><strong>L’Afrique, victime collatérale du désengagement</strong></h2>



<p>Sur le continent africain, c&rsquo;est l’inquiétude et l’amertume. Dans le Sahel, les pays déjà fragilisés par la désertification, les migrations climatiques et la raréfaction des ressources doit redouter un effet domino sur les aides internationales.<br>Le désengagement des États-Unis risque d’affaiblir les capacités d’adaptation des pays africains. Car si les grandes puissances se retirent, les plus vulnérables seront abandonnés.&nbsp; Dans les zones côtières, de Dakar à Dar es Salaam, la montée des eaux et l’érosion marine exigent des investissements colossaux. Or, les États-Unis soutenaient plusieurs programmes via la Banque mondiale et l’Agence américaine pour le développement international (USAID), désormais suspendus ou incertains.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-apres-trump-la-planete-a-la-croisee-des-chemins"><strong>L’après-Trump : la planète à la croisée des chemins</strong></h2>



<p>La communauté internationale doit se préparer surtout à un effet d’entraînement politique. Le retrait américain pourrait encourager d’autres pays à revoir leurs engagements climatiques, notamment parmi les grands producteurs d’hydrocarbures. L’humanité ne peut pas se permettre un retour en arrière. Car sans la coopération mondiale, la bataille contre le changement climatique sera perdue d’avance.</p>



<p>Le risque est aussi moral. En se retirant des négociations climatiques, Washington sape la crédibilité des accords internationaux et renforce le sentiment d’injustice climatique ressenti par les pays du Sud. Ces derniers, responsables de moins de 4 % des émissions mondiales, subissent pourtant les impacts les plus lourds.</p>



<p>Le retrait américain plonge donc la gouvernance mondiale du climat dans une zone d’incertitude. Alors que l’Accord de Paris fête ses dix ans, l’un de ses architectes principaux se retire du jeu. Une décision qui menace l’équilibre déjà précaire entre pays développés et émergents.</p>



<p>Le monde est à la croisée des chemins : soit il poursuit sa marche vers une planète durable, soit il recule dans une ère d’égoïsmes climatiques.</p>



<p>Dans les capitales africaines, cette décision américaine relance le débat sur la souveraineté environnementale. À l’image de la Confédération des États du Sahel, qui plaide pour une gestion endogène des ressources naturelles, plusieurs gouvernements envisagent désormais des modèles d’adaptation autonomes, moins dépendants de l’aide internationale.</p>



<p>Mais pour beaucoup, la rupture américaine constitue un précédent dangereux. Si la première puissance mondiale peut tourner le dos à la planète, qui portera encore la flamme du multilatéralisme climatique ?</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/climat-le-retrait-americain-plonge-la-gouvernance-mondiale-dans-la-tourmente/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">20820</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Afrique : pourquoi le continent chauffe deux fois plus vite que le reste du monde</title>
		<link>https://saheltribune.com/afrique-pourquoi-le-continent-chauffe-deux-fois-plus-vite-que-le-reste-du-monde/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/afrique-pourquoi-le-continent-chauffe-deux-fois-plus-vite-que-le-reste-du-monde/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fousseni TOGOLA]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 12:30:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[5°C]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
		<category><![CDATA[albédo]]></category>
		<category><![CDATA[canicules africaines]]></category>
		<category><![CDATA[catastrophes naturelles]]></category>
		<category><![CDATA[crise humanitaire]]></category>
		<category><![CDATA[déforestation]]></category>
		<category><![CDATA[dégradation des sols]]></category>
		<category><![CDATA[dérèglement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[désertification]]></category>
		<category><![CDATA[dipôle de l’océan Indien]]></category>
		<category><![CDATA[El Niño]]></category>
		<category><![CDATA[émissions mondiales]]></category>
		<category><![CDATA[évapotranspiration]]></category>
		<category><![CDATA[événements extrêmes]]></category>
		<category><![CDATA[forêts de montagne]]></category>
		<category><![CDATA[forêts tropicales]]></category>
		<category><![CDATA[Giec]]></category>
		<category><![CDATA[humidité des sols]]></category>
		<category><![CDATA[îlots de chaleur urbains]]></category>
		<category><![CDATA[inondations]]></category>
		<category><![CDATA[insécurité alimentaire]]></category>
		<category><![CDATA[justice climatique]]></category>
		<category><![CDATA[La Niña]]></category>
		<category><![CDATA[migrations climatiques]]></category>
		<category><![CDATA[mortalité]]></category>
		<category><![CDATA[mousson ouest-africaine]]></category>
		<category><![CDATA[niveau de la mer]]></category>
		<category><![CDATA[océan Indien]]></category>
		<category><![CDATA[politiques publiques africaines]]></category>
		<category><![CDATA[réchauffement accéléré]]></category>
		<category><![CDATA[réchauffement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[réchauffement continental]]></category>
		<category><![CDATA[réchauffement océanique]]></category>
		<category><![CDATA[résilience]]></category>
		<category><![CDATA[Sécheresse]]></category>
		<category><![CDATA[sécheresse extrême]]></category>
		<category><![CDATA[seuil critique +1]]></category>
		<category><![CDATA[tempêtes tropicales]]></category>
		<category><![CDATA[transition écologique]]></category>
		<category><![CDATA[urbanisation]]></category>
		<category><![CDATA[vagues de chaleur]]></category>
		<category><![CDATA[vagues de chaleur marines]]></category>
		<category><![CDATA[vulnérabilité africaine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=19634</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Le réchauffement climatique en Afrique atteint des niveaux critiques, frappant le continent plus durement que le reste du monde.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>Alors que le monde entier s’inquiète d’un réchauffement global estimé à +1,1 °C, l’Afrique vit une fièvre plus brutale encore : +0,86 °C en moyenne depuis trente ans, avec des pointes supérieures à +1,2 °C au Maghreb et au Sahel. Victime expiatoire d’un dérèglement qu’elle n’a pas provoqué, le continent chauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Urbanisation galopante, désertification, océans surchauffés : les mécanismes se conjuguent pour faire de l’Afrique l’épicentre du chaos climatique.</em></strong></p>



<p>Il suffit de regarder une carte thermique de la planète pour comprendre : en rouge vif, presque incandescent, le continent africain. Alors que la hausse moyenne mondiale depuis l’ère préindustrielle se stabilise autour de <a href="https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/comprendre/enjeux/que-nous-dit-la-science">+1,1 °C et les experts envisagent qu’il atteigne +1,5°</a> début 2030, l’Afrique vit, elle, à un rythme supérieur, une fièvre climatique qui semble ne jamais retomber. L’année 2024, <a href="https://www.downtoearth.org.in/africa/2024-warmest-or-second-warmest-year-on-record-for-africa-state-of-climate-in-africa">record absolu ou deuxième année la plus chaude j</a>amais enregistrée selon les sources, a confirmé cette tendance. Le <a href="https://saheltribune.com/cop29-a-bakou-lafrique-entre-tempete-et-quete-dun-phare-financier/">continent</a> se réchauffe plus vite, plus fort, et plus durement que toutes les autres régions du globe.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-epicentre-d-une-crise-climatique-planetaire"><strong>L’Afrique, épicentre d’une crise climatique planétaire</strong></h2>



<p>Les chiffres sont sans appel. En 2024, la température moyenne annuelle de surface en Afrique s’est située 0,86 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020, avec des pointes particulièrement inquiétantes au nord du continent, selon le <a href="https://wmo.int/sites/default/files/2025-05/Africa_2024final1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport sur l&rsquo;état du climat en Afrique 2024</a> de l&rsquo;Organisation météorologique mondiale (OMM), publié le 12 mai 2025. Le Maghreb et le Sahara ont enregistré des excédents thermiques supérieurs à +1,2 °C, soit l’une des progressions les plus rapides jamais constatées. <a href="https://www.alliance-sahel.org/en/news/sahel-climate-change-challenges/">Le Sahel</a>, déjà fragile, n’est pas épargné. Les modèles du GIEC projettent pour la région un réchauffement de +2 °C d’ici à 2040, soit une vitesse une fois et demie plus rapide que la moyenne mondiale.</p>



<p>C’est un paradoxe cruel : l’Afrique, <a href="https://earth.org/urgent-and-escalating-climate-change-brought-unprecedented-challenges-to-africa-in-2024-report-finds/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">responsable de moins de 4%</a> des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est en train d’en payer le prix le plus fort.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cercle-vicieux-des-sols-brules"><strong>Le cercle vicieux des sols brûlés</strong></h2>



<p>Les raisons de cette amplification sont multiples. Les scientifiques évoquent d’abord l’effet d’albédo : plus une surface est claire, plus elle renvoie la lumière solaire. Mais à mesure que la <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-024-51324-7" target="_blank" rel="noreferrer noopener">désertification et la déforestation</a> progressent, les sols deviennent plus sombres, absorbant davantage de chaleur. Résultat : un réchauffement local qui accélère l’évaporation, assèche les sols et alimente un cercle vicieux redoutable.</p>



<p>Dans certaines <a href="https://hess.copernicus.org/articles/26/711/2022/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">zones de montagne</a>, la disparition de la végétation a déjà fait grimper la température locale de +3 °C. À cette logique physique implacable s’ajoute une autre réalité : <a href="https://www.carbonbrief.org/global-soil-moisture-in-permanent-decline-due-to-climate-change/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">la perte d’humidité des sols</a>, mesurée partout sur le continent, réduit leur <a href="https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=4665922" target="_blank" rel="noreferrer noopener">capacité de refroidissement naturel</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-quand-les-oceans-se-liguent-contre-le-continent"><strong>Quand les océans se liguent contre le continent</strong></h2>



<p>Mais la terre n’est pas seule en cause. <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-022-31676-8" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les océans</a> qui entourent l’Afrique, en particulier <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Indian_Ocean" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’océan Indien</a>, jouent le rôle d’un four planétaire. Ce dernier se réchauffe à une vitesse inédite : +1,2 °C par siècle, contre 0,7 °C pour les autres bassins. Ses eaux surchauffées alimentent une mécanique climatique déréglée : vagues de chaleur marines qui se multiplient, tempêtes tropicales plus violentes, <a href="https://www.nature.com/articles/s41599-025-04890-0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">élévation du niveau de la mer</a> menaçant les littoraux.</p>



<p>En 2024, 3 millions de km² d’océan autour du <a href="https://saheltribune.com/rechauffement-climatique-un-changement-dapproche-simpose/">continent</a> ont été affectés par des vagues de chaleur marines. Là encore, l’Afrique encaisse des chocs qu’elle n’a pas provoqués.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-urbanisation-deforestation-inegalites-les-accelerateurs-locaux"><strong>Urbanisation, déforestation, inégalités : les accélérateurs locaux</strong></h2>



<p><a href="https://www.greenpeace.org/africa/en/weathering-the-storm-extreme-weather-events-and-climate-change-in-africa/1-0-introduction/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’Afrique</a>, continent le plus jeune du monde, est aussi celui dont les <a href="https://emme-care.cyi.ac.cy/urban-heat-island-trends-in-the-middle-east-and-north-africa-a-statistical-approach/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">villes croissent le plus vite</a>. Mais cette <a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/23311886.2023.2165651" target="_blank" rel="noreferrer noopener">urbanisation sauvage</a> engendre des <a href="https://www.nature.com/articles/s41598-023-31678-6" target="_blank" rel="noreferrer noopener">îlots de chaleur urbains</a>, avec des températures supérieures de plusieurs degrés aux zones rurales voisines. À Abidjan, Lagos ou Nairobi, l’asphalte et le béton piègent la chaleur, aggravant encore les effets du réchauffement global.</p>



<p>À cela s’ajoute la déforestation. En vingt ans, 18% des forêts de montagne ont disparu, emportant avec elles leur rôle de « <em>climatiseurs naturels</em> ». Résultat : la <a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2109285119" target="_blank" rel="noreferrer noopener">température maximale de l’air</a> a bondi de +1,37 °C dans ces zones, et les nuages se forment plus haut, modifiant la régularité des pluies.</p>



<p>Ce <a href="https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/comprendre/enjeux/que-nous-dit-la-science" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réchauffement accéléré</a> ne relève plus de la prospective. Il est déjà là, dans les chairs et dans les vies. Les vagues de chaleur s’allongent, s’intensifient et tuent. À Kayes, au Mali, le thermomètre a affiché en 2024 48,9 °C, un record. Les pluies, elles, deviennent plus capricieuses : trop violentes au Sahel, provoquant <a href="https://www.aljazeera.com/news/2024/10/23/global-warming-worsened-floods-across-africa-scientists" target="_blank" rel="noreferrer noopener">des inondations</a> qui ont déjà coûté la vie à 1 500 personnes en Afrique de l’Ouest et centrale en une seule saison, trop rares en Afrique australe, où le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie ont traversé leur pire sécheresse depuis vingt ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-afrique-laboratoire-du-climat-mondial"><strong>L’Afrique, laboratoire du climat mondial</strong></h2>



<p>À l’horizon 2040, toutes les sous-régions africaines auront franchi le seuil de +1,5 °C, même dans les scénarios les plus optimistes. Si rien ne change, le continent pourrait connaître une <a href="https://oceanographicmagazine.com/news/climate-change-triples-extreme-marine-heatwaves-in-last-80-years/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">hausse de +2,7 °C en moyenne d’ici à 2040</a>.</p>



<p>La conclusion s’impose, brutale : l’Afrique est le <a href="https://www.universityworldnews.com/post.php?story=20250401090724397" target="_blank" rel="noreferrer noopener">laboratoire du réchauffement mondial</a>, une région où les mécanismes physiques, sociaux et économiques s’entrecroisent pour amplifier la <a href="https://ocean-climate.org/en/consequences-of-climate-change-marine-heatwaves-pose-enduring-threats-both-at-sea-and-on-land/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">crise climatique</a>. Et où les populations, déjà fragilisées par l’insécurité alimentaire, la pauvreté et les conflits, voient leur <a href="https://saheltribune.com/deforestation-420-millions-hectares-disparus-monde-depuis-1990/">vulnérabilité multipliée</a>.</p>



<p>Un constat qui pose une double exigence : d’un côté, une <a href="https://www.nature.com/articles/s43247-024-01650-x" target="_blank" rel="noreferrer noopener">adaptation massive et urgente</a>, portée par les États et soutenue par les partenaires internationaux ; de l’autre, une <a href="https://www.ceh.ac.uk/our-science/case-studies/mitigating-impacts-climate-change-west-africa" target="_blank" rel="noreferrer noopener">responsabilité accrue des grandes puissances</a> polluantes, qui doivent cesser de faire de l’Afrique une victime collatérale de <a href="https://theconversation.com/solar-panels-in-sahara-could-boost-renewable-energy-but-damage-the-global-climate-heres-why-153992" target="_blank" rel="noreferrer noopener">leur modèle énergétique</a>.</p>



<p><strong>Fousseni Togola&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/afrique-pourquoi-le-continent-chauffe-deux-fois-plus-vite-que-le-reste-du-monde/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">19634</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Pourquoi les températures pourraient battre des records au cours des prochains mois</title>
		<link>https://saheltribune.com/pourquoi-les-temperatures-pourraient-battre-des-records-au-cours-des-prochains-mois/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/pourquoi-les-temperatures-pourraient-battre-des-records-au-cours-des-prochains-mois/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Aug 2023 08:37:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[cancule]]></category>
		<category><![CDATA[changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[El Nino]]></category>
		<category><![CDATA[gaz à effet de serre]]></category>
		<category><![CDATA[Giec]]></category>
		<category><![CDATA[la Nina]]></category>
		<category><![CDATA[urgences écologiques]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=12811</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Les phénomènes météorologiques locaux sont difficiles à prévoir car ils fluctuent rapidement sous l’influence de processus non linéaires et chaotiques, tandis que l’évolution du climat global sur le plus long terme repose sur des phénomènes physiques bien connus qui sont généralement prévisibles.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p>Comme dit l’adage bien connu des climatologues «&nbsp;Climate is what you expect, weather is what you get&nbsp;» («&nbsp;Le climat c’est ce que l’on attend, le temps c’est ce que l’on obtient&nbsp;»).</p>



<p>Les phénomènes météorologiques locaux sont difficiles à prévoir car ils fluctuent rapidement sous l’influence de processus non linéaires et chaotiques, tandis que l’évolution du climat global sur le plus long terme repose sur des phénomènes physiques bien connus qui sont généralement prévisibles. Les prochains 12-18&nbsp;mois devraient être assez exceptionnels en termes de températures, suite à un alignement de phénomènes locaux et globaux qui se combinent. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Trend and variation" width="1170" height="658" src="https://www.youtube.com/embed/e0vj-0imOLw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe>
</div><figcaption class="wp-element-caption">Visualisation simplifiée des variations météorologiques sur la tendance de fond climatique (Ole Christoffer Haga/NRK).</figcaption></figure>



<p>Avec mon équipe dont la spécialité est l’étude par satellites de l’évolution de l’atmosphère, j’analyse chaque jour des <a href="https://youtu.be/daGzrgrpAYc">millions de données vues du ciel</a> pour surveiller les températures sur terre comme sur la mer, partout autour du globe terrestre, et pour mesurer les concentrations des gaz présents dans l’atmosphère. Ces dernières semaines à partir des cartes satellites, nous avons aussi pu observer les records de chaleur qui ont été battus dans de nombreux pays, <a href="https://www.noaa.gov/news/earth-just-had-its-hottest-june-on-record">comme rapportés par les agences météorologiques</a> et les médias.</p>



<p>Un marqueur important a fait les gros titres&nbsp;: il s’agit de l’augmentation de la température moyenne globale de 1,5&nbsp;°C par rapport à l’époque préindustrielle. Une valeur repère dans l’accord de Paris sur le climat, qui a été <a href="https://climate.copernicus.eu/tracking-breaches-150c-global-warming-threshold">dépassée plusieurs jours cet été</a>. Serait-il possible que cette valeur soit également dépassée quand il s’agira de calculer la moyenne annuelle des températures globales pour l’année 2023&nbsp;?</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Forçages naturels et anthropiques</strong></h3>



<p>Pour comprendre l’évolution des températures, il faut tenir compte du fait que notre climat est complexe&nbsp;: il dépend des interactions entre les activités humaines, l’atmosphère, la surface terrestre et la végétation, la neige et la glace, et les océans. Le système climatique évolue sous l’influence de sa propre dynamique interne, mais dépend également de facteurs externes, qu’on appelle les «&nbsp;forçages radiatifs&nbsp;», et qui sont exprimés en watts par mètres carrés (W/m<sup>2</sup>).</p>



<p>Le terme <em>forçage</em> est utilisé pour indiquer que l’équilibre radiatif de la Terre est déstabilisé, et le terme <em>radiatif</em> est lui convoqué car ces facteurs modifient l’équilibre entre le rayonnement solaire entrant et le rayonnement infrarouge sortant de l’atmosphère. Cet équilibre radiatif contrôle la température à différentes altitudes. Un forçage positif implique une augmentation de la température à la surface de la Terre, et à l’inverse un forçage négatif implique une diminution.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://images.theconversation.com/files/540835/original/file-20230802-19-3uejph.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/540835/original/file-20230802-19-3uejph.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/></a><figcaption class="wp-element-caption">Les quatre types de forçages radiatifs dont il faut tenir compte pour expliquer les variations du climat. Fourni par l&rsquo;auteur</figcaption></figure>



<p>Les forçages externes sont à la fois causés par des phénomènes naturels tels que les <a href="https://theconversation.com/changement-climatique-quel-est-le-role-des-eruptions-volcaniques-91681">éruptions volcaniques</a> et les variations du rayonnement solaire, mais également par des modifications de la composition atmosphérique imputables à l’homme (les gaz à effet de serre et les particules liés aux activités humaines). Comprendre les changements climatiques observés depuis une trentaine d’années implique de pouvoir distinguer les modifications liées aux activités humaines de celles associées aux variations naturelles du climat. Les principaux forçages qui vont intervenir et s’additionner sont&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le forçage lié aux <a href="https://www.swpc.noaa.gov/products/solar-cycle-progression">variations de l’activité solaire</a>, qui entraîne des changements du rayonnement solaire qui atteint la Terre. Lorsque le Soleil est plus actif (maximum solaire), il émet davantage de rayonnement. Ce forçage est faible (de + à -0,3 W/m<sup>2</sup>) mais dure assez longtemps. Son cycle principal est d’environ 11&nbsp;ans. Il trouve son origine dans les changements du champ magnétique solaire qui se caractérisent par des variations dans le nombre de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tache_solaire">taches solaires</a> et d’autres phénomènes solaires.</li>



<li>Le forçage lié aux <a href="https://theconversation.com/changement-climatique-quel-est-le-role-des-eruptions-volcaniques-91681">éruptions volcaniques</a>, qui peut être très intense et est en général négatif de -1 à -5 W/m<sup>2</sup>, mais de courte durée (un à deux ans). Les éruptions volcaniques peuvent avoir un impact significatif sur le climat en raison de l’injection de grandes quantités de cendres, de gaz et de particules dans l’atmosphère.<br>Tous les volcans n’ont pas un impact sur le climat global, cela dépend de la taille et de la puissance de l’éruption, de l’altitude/de la latitude auxquelles les gaz et les cendres sont éjectés, ainsi que des conditions météorologiques locales. L’étude des éruptions volcaniques passées nous a appris que l’impact le plus significatif est associé à des éruptions proches de l’équateur qui injectent du SO<sub>2</sub> haut dans l’atmosphère, par exemple le Mont Pinatubo (Philippines) en 1991. Ce gaz se transforme en gouttelettes d’acide sulfurique (H<sub>2</sub>SO<sub>4</sub>) qui constituent un écran pour la radiation solaire traversant l’atmosphère.</li>



<li>Le forçage lié à l’excès de gaz à effet de serre, en particulier le <a href="https://climate.nasa.gov/vital-signs/carbon-dioxide/">dioxyde de carbone</a> (CO<sub>2</sub>), le <a href="https://climate.nasa.gov/vital-signs/methane/">méthane</a> (CH<sub>4</sub>), le protoxyde d’azote (N<sub>2</sub>O) et les chlorofluorocarbures (CFC), qui sont transparents à la lumière solaire mais absorbent une partie du rayonnement thermique émis par la surface terrestre. Au fil du temps, les activités humaines, telles que la combustion de combustibles fossiles, la déforestation et l’agriculture, ont entraîné une augmentation significative des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. L’accumulation de ces gaz à effet de serre, qui absorbent davantage de rayonnement thermique émis par la Terre et piègent plus de chaleur dans l’atmosphère, entraîne un forçage radiatif positif, estimé à +3 W/m<sup>2</sup>. Il s’agit donc du forçage le plus important car il n’est pas transitoire comme celui associé aux volcans.</li>



<li>Le forçage négatif lié aux <a href="https://www.climat-en-questions.fr/reponse/aerosols-et-climat-par-olivier-boucher/">aérosols d’origine anthropique et naturelle</a>. Les aérosols sont de petites particules en suspension dans l’atmosphère qui absorbent, diffusent ou réfléchissent la lumière solaire. Elles proviennent des écosystèmes (embruns marins, sables, poussières, cendres volcaniques, aérosols biogéniques) et d’activités humaines comme la combustion de fiouls fossiles, le brûlage de la biomasse et les feux de forêt, l’élevage des animaux et l’usage d’engrais. Toutes ces particules font écran à l’insolation mais cette fois dans les basses couches de l’atmosphère. Même si les incertitudes sur le total du forçage radiatif lié à la présence d’aérosols restent élevées, les estimations actuelles indiquent un forçage radiatif total négatif de -0,5 W/m<sup>2</sup>. Sans la pollution par les aérosols, la Terre serait donc encore plus chaude qu’elle ne l’est déjà&nbsp;!</li>
</ul>



<p><strong>L&rsquo;influence d&rsquo;El Niño sur les températures</strong></p>



<p>En plus des forçages radiatifs, il faut aussi tenir compte de la variabilité naturelle du système couplé océan-atmosphère, et en particulier du phénomène ENSO (El Niño Southern Oscillation), avec sa <a href="https://theconversation.com/el-nino-quest-ce-que-cest-47645">composante chaude El Niño</a> et sa composante froide La Niña. Ces phénomènes sont les principaux facteurs de variation d’une année sur l’autre, dont il faut tenir compte quand on analyse la tendance à long terme au réchauffement de la surface de la mer.</p>



<p>Ces événements climatiques périodiques sont des phénomènes naturels, qui se caractérisent par des fluctuations de température entre l’océan et l’atmosphère dans l’océan pacifique équatorial. En général, les vents alizés soufflent d’est en ouest le long de l’équateur, poussant les eaux chaudes de la surface de l’océan Pacifique vers l’ouest, où elles s’accumulent près de l’Indonésie et de l’Australie. L’eau froide remonte alors du fond de l’océan dans l’est du Pacifique, en remplaçant l’eau chaude, ce qui entraîne des eaux relativement fraîches à la surface des côtes sud-américaines.</p>



<p>Lorsque le phénomène <a href="https://theconversation.com/fr/topics/el-nino-20589">El Niño</a> survient, les alizés faiblissent ou s’inversent, ce qui réduit leur force ou les fait souffler d’ouest en est, ce qui permet à l’eau chaude accumulée dans l’ouest du Pacifique de se déplacer vers l’est en suivant l’équateur. Le réchauffement de la surface de la mer dans l’est du Pacifique provoque alors une augmentation de plusieurs degrés de la température de l’eau, avec de vastes répercussions sur les conditions météorologiques et climatiques à l’échelle mondiale.</p>



<p>Ces phénomènes peuvent durer plusieurs mois ou plusieurs années, et leur intensité est variable. Ils perturbent la météo localement (plus de pluies à certains endroits, plus de sécheresses à d’autres) et influencent le climat global, en particulier lors d’évènements El Niño intenses.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://images.theconversation.com/files/541896/original/file-20230809-13146-hzx8dz.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/541896/original/file-20230809-13146-hzx8dz.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt="Evolution des phénomènes El Niño (en rouge) et La Niña (en bleu), en mesurant les températures de surface de la mer sur une zone rectangle définie dans le Pacifique."/></a><figcaption class="wp-element-caption">Evolution des phénomènes El Niño (en rouge) et La Niña (en bleu), en mesurant les températures de surface de la mer sur une zone rectangle définie dans le Pacifique. Author provided</figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelles températures pour les prochains mois&nbsp;?</strong></h3>



<p>Reprenons un à un les différents éléments décrits ci-dessus, et regardons ce qu’il en est en ce moment&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’activité solaire approche de son maximum, du coup l’effet de réchauffement causé par une augmentation du rayonnement solaire est plus prononcé. Ceci conduit à une légère augmentation des températures moyennes, estimée à +0,1&nbsp;°C.</li>



<li>Au niveau de l’activité volcanique, il s’est passé un évènement complètement exceptionnel&nbsp;: le volcan sous-marin Hunga Tonga qui a <a href="https://youtu.be/NCyg9GLq61g">violemment érupté en janvier 2022</a> a envoyé environ 150&nbsp;millions de tonnes (soit l’équivalent de 60&nbsp;000 piscines olympiques…) de vapeur d’eau <a href="https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2022GL099381">directement dans la stratosphère</a>, qui s’est depuis répartie tout autour de la terre. Les simulations numériques montrent que ceci contribuera à réchauffer légèrement la surface terrestre (l’eau étant un puissant gaz à effet de serre), bien qu’il soit encore difficile de dire de <a href="https://www.carbonbrief.org/tonga-volcano-eruption-raises-imminent-risk-of-temporary-1-5c-breach/">combien et sur quelle durée</a>.</li>



<li>Les gaz à effet de serre ont continué à s’accumuler, c’est le forçage radiatif qui domine tous les autres et conduirait déjà à une augmentation moyenne de +1,5&nbsp;°C s’il n’y avait pas les aérosols pour tempérer un peu (-0,3&nbsp;°C).</li>



<li>Depuis quelques années le contenu total en aérosol a tendance à diminuer, principalement car les véhicules polluent moins (ce qui est une bonne nouvelle&nbsp;!), c’est particulièrement le cas en Chine, en Europe de l’Ouest et aux États-Unis. Cette année, on observe aussi un moindre transport du sable du Sahara sur l’océan, qui d’habitude fait écran à la radiation solaire, ce qui explique en partie les températures élevées mesurées dans l’atlantique nord au début de l’été.</li>



<li>Après trois années en régime La Niña un évènement El Niño est en train de s’installer. À ce stade on ne sait pas encore s’il sera intense (comme en 2015-2017) ou modéré, et combien de temps il durera, mais on prévoit que les températures océaniques devraient être plus élevées pendant les 12-18 prochains mois par rapport aux trois années précédentes.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Tous les paramètres réunis pour des records de chaleur</strong></h3>



<p>En conclusion, tous les paramètres sont réunis pour que nous battions des records de températures au cours des prochains 12-18&nbsp;mois. Du coup, les 1,5&nbsp;°C en moyenne globale, soit la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris sur le climat, pourrait être dépassés sans attendre 2030, avec les incidences sur les systèmes naturels et humains bien documentées dans le <a href="https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/2/2019/09/SR15_Summary_Volume_french.pdf">rapport spécial du GIEC 2019</a>.</p>



<p>Une augmentation de 1,5&nbsp;°C ne semble pas énorme, mais il faut se souvenir que 70&nbsp;% de notre planète est couverte d’eau, qui a une inertie thermique supérieure à la terre et se réchauffe moins vite. De plus, le réchauffement est inégalement réparti et les hautes latitudes se réchauffent beaucoup plus vite que les tropiques, avec des pics de 4° attendus sur ces régions.</p>



<p>Est-on sûr que cela va se passer&nbsp;? Non, mais la probabilité qu’on dépasse dès maintenant un seuil qu’on pensait atteindre <a href="https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/figures/summary-for-policymakers/figure-spm-8">entre 2025 et 2040</a> est importante. Comme les émissions de gaz à effet de serre ne diminuent pas, il faudrait que des phénomènes naturels soient à l’œuvre au cours des prochains mois pour contrecarrer la tendance prévue.</p>



<p>Par exemple si le phénomène El Niño s’avère moins puissant qu’envisagé, ou si un autre volcan envoyait du SO<sub>2</sub> massivement dans toute l’atmosphère, alors seulement dans ce cas de figure les records de températures pourraient ne pas être battus dès maintenant. À plus long terme, l’avenir nous dira quand les fluctuations naturelles domineront les contributions anthropiques pour expliquer les variations de température, selon l’efficacité des mesures prises dans le cadre des accords internationaux pour réguler le climat.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/cathy-clerbaux-412847">Cathy Clerbaux</a>, Directrice de recherche au CNRS (LATMOS/IPSL), professeure invitée Université libre de Bruxelles, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/sorbonne-universite-2467">Sorbonne Université</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/pourquoi-les-temperatures-pourraient-battre-des-records-au-cours-des-prochains-mois-210935">article original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/210935/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important" referrerpolicy="no-referrer-when-downgrade" />
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/pourquoi-les-temperatures-pourraient-battre-des-records-au-cours-des-prochains-mois/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">12811</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Rapport du GIEC : diviser les émissions de gaz à effet de serre par deux d’ici à 2030, c’est possible</title>
		<link>https://saheltribune.com/rapport-du-giec-diviser-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-par-deux-dici-a-2030-cest-possible/</link>
					<comments>https://saheltribune.com/rapport-du-giec-diviser-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-par-deux-dici-a-2030-cest-possible/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Apr 2022 08:23:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Climat et environnement]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[atténuation]]></category>
		<category><![CDATA[émissions]]></category>
		<category><![CDATA[gaz à effet de serre]]></category>
		<category><![CDATA[Giec]]></category>
		<category><![CDATA[impacts]]></category>
		<category><![CDATA[rapport]]></category>
		<category><![CDATA[réchauffement climatique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://saheltribune.com/?p=10316</guid>

					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Clôturant la trilogie ouverte en août 2021 – avec son rapport sur la « science du changement climatique » suivi en mars 2022 par celui sur les « impacts et adaptation » –, le GIEC (Groupement intergouvernemental sur l’étude du climat) rend public ce lundi 4 avril 2022 son nouveau rapport sur l’« atténuation ».</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p>Clôturant la trilogie ouverte en août 2021 – avec son rapport sur la <a href="https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-i/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« science du changement climatique »</a> suivi en mars 2022 par celui sur les <a href="https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-ii/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« impacts et adaptation »</a> –, le GIEC (Groupement intergouvernemental sur l’étude du climat) <a href="https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-3/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rend public ce lundi 4 avril 2022 son nouveau rapport sur l’« atténuation »</a>.</p>



<p>Initiée en 2018, cette somme signée par 278 scientifiques du monde entier dresse l’état des connaissances scientifiques sur les options de réduction des émissions (« l’atténuation » du titre) de gaz à effet de serre.</p>



<p>L’ouvrage s’ouvre sur le bilan des émissions passées et présentes et les perspectives d’émissions futures. Il balaie ensuite les options de réduction des émissions par grands secteurs ou systèmes, avec une attention particulière portée à la demande et à la capture du carbone.</p>



<p>Il se conclut par une discussion des politiques de lutte contre le changement climatique, leur financement et les innovations qu’elles requièrent&nbsp;; le tout au prisme du développement durable.</p>



<p>Nous présentons ici les principaux messages du rapport, en incitant les lecteurs curieux à partir à la découverte de cette documentation très riche.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des émissions à la hausse malgré une mobilisation mondiale</h3>



<p>Le point de départ est que des politiques de lutte contre le changement climatique sont maintenant en vigueur dans de très nombreux pays, et dans de très nombreux secteurs. Très variées, ces politiques «&nbsp;couvrent&nbsp;» déjà plus de la moitié des émissions mondiales.</p>



<p>Cette mobilisation se traduit aussi par des plans de décarbonation de plus en plus ambitieux&nbsp;: un nombre croissant de pays s’engageant maintenant vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. Les efforts ne sont pas l’apanage des gouvernements nationaux&nbsp;: ils existent aussi, de plus en plus nombreux, aux échelles régionales et locales et dans le secteur privé, à travers par exemple des réseaux de villes qui s’engagent vers la neutralité carbone.</p>



<p>Il n’en reste pas moins que malgré cette mobilisation, les émissions de gaz à effet de serre mondiales <a href="https://www.citepa.org/fr/2021_11_b08/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">continuent d’augmenter</a>.</p>



<p>Même si le rythme de leur croissance s’est ralenti, elles n’ont jamais été aussi élevées en valeur absolue. La chute brutale observée en 2020 du fait du Covid est déjà largement résorbée. Et les plans nationaux, pour ambitieux qu’ils soient, nous laisseraient en 2030 largement au-dessus des niveaux d’émissions compatibles avec les objectifs que la communauté internationale s’est fixés à Paris en 2015.</p>



<figure class="wp-block-image"><a href="https://images.theconversation.com/files/336081/original/file-20200519-152338-dnmwvd.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=1000&amp;fit=clip"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/336081/original/file-20200519-152338-dnmwvd.png?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/></a><figcaption>Ampleur de la baisse des émissions de CO₂ au niveau mondial et par secteur d’activité pendant le confinement. <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CC BY-NC-ND</a></figcaption></figure>



<p>En fait, pour éviter que les températures moyennes à la surface du globe ne dépassent 1,5&nbsp;°C par rapport à l’ère préindustrielle – objectif «&nbsp;aspirationnel&nbsp;» de l’accord de Paris – il faudrait une division par deux des émissions de gaz à effet de serre entre aujourd’hui et 2030, et l’atteinte de zéro émissions nettes de CO<sub>2</sub> à l’échelle mondiale à l’horizon 2050.</p>



<p>Réduire les émissions de 20&nbsp;% à l’horizon 2030 et atteindre la neutralité CO<sub>2</sub> vers 2070 s’avère nécessaire pour avoir une chance raisonnable de tenir l’objectif de limiter la hausse des températures en deçà de 2&nbsp;°C.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des réductions à un coût raisonnable</h3>



<p>De telles réductions d’émissions nécessitent des transformations majeures dans tous les secteurs. De ce point de vue, le rapport est prudemment optimiste.</p>



<p>En effet, de nombreuses options de réduction des émissions de gaz à effet de serre ont vu leur coût diminuer très rapidement en quelques années. La production d’électricité à partir de panneaux solaires photovoltaïques, par exemple, est devenue en dix ans compétitive avec la production d’électricité à partir des combustibles fossiles.</p>



<p>Les options de réduction des émissions disponibles permettent d’envisager, à coût raisonnable, de diviser les émissions par deux d’ici à 2030. Les coûts varient évidemment d’une région à l’autre, et ils doivent être pris avec précaution du fait des importants effets de système (construire de nouvelles lignes de courant pour acheminer la production d’électricité éolienne, construire les infrastructures de recharge pour les véhicules électriques).</p>



<p>Mais ce constat est valide pour les systèmes énergiques, l’agriculture et la forêt, le bâtiment, les transports, l’industrie ou encore dans les systèmes urbains.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/196298/original/file-20171124-21853-1msq4qn.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Sélectionner les pratiques agricoles qui permettront d’accroître le stock de carbone des sols. <a href="https://www.flickr.com/photos/prefeituradaserra/37497673241/in/photolist-Z8xnRB-nJRetv-Da1sVG-YFSAdS-21LiRad-21pttL6-GBs5fv-CHy3Sy-XVV3D7-CC1797-YPsqL7-ZtsrRk-Yemjfz-YRn7kn-fQAja5-Zg7gVj-X6vPEe-Zqv63y-Y93Qvw-YMF2XX-YgZL8N-21Fp6dN-CuAunW-YzxxQW-YWCqD5-YFvmsJ-qCjE53-ZX7hC2-Ys2DDL-ZDJ1NY-YQPEzw-YePBKv-XF1s4U-ZKwhFT-Zb8ptL-Z2hXLY-Yuy3FL-YWvBXB-CAnneN-FXv9Ck-Y93bv3-YnupEZ-YDryCh-Zcqo79-h18ydP-YTcTPN-ZgXwUf-BPvxAy-XX2p7c-pdyhSh" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jansen Lube/Flickr</a>, <a href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">CC BY</a></figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Des solutions multiples</h3>



<p>Point important, les options d’atténuation disponibles sont de natures multiples&nbsp;: elles consistent en l’adoption de technologies «&nbsp;propres&nbsp;», mais aussi en des transformations des modes de production et de consommation, des infrastructures ou des organisations sociales.</p>



<p>Dans les transports, par exemple, on peut réduire la demande via l’optimisation des chaînes d’approvisionnement, le télétravail, ou la dématérialisation&nbsp;; construire des infrastructures qui permettent aux ménages d’utiliser des modes de transport peu ou pas émetteurs, comme les transports en commun ou les mobilités dites «&nbsp;actives&nbsp;» (vélo, marche, etc.), en plus d’améliorer les véhicules individuels en les rendant plus légers, moins consommateurs d’énergie, et en les électrifiant.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://images.theconversation.com/files/279432/original/file-20190613-32331-4hopoy.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;rect=741%2C0%2C5218%2C2680&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip" alt=""/><figcaption>Promouvoir les déplacements actifs. <a href="https://unsplash.com/photos/PUKGAsRSPuk" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Javier Garcia/Unsplash</a></figcaption></figure>



<p>Toute la difficulté est de surmonter les nombreuses barrières à la mise en œuvre de ces solutions.</p>



<p>Les premières sont financières, et le rapport explore en détail les différentes solutions par lesquelles l’épargne, privée en particulier, pourrait être mieux dirigée vers les actions de réduction des émissions.</p>



<p>Les secondes sont technologiques, et le rapport offre de nombreuses pistes pour mieux catalyser les efforts de recherche et développement publics et privés, afin de développer des solutions de décarbonation dans les secteurs où les émissions sont les plus difficiles à réduire, comme la production de ciment ou l’aviation.</p>



<p>Les troisièmes sont institutionnelles. Par nature dépendantes des configurations politiques propres à chaque pays ou à chaque région, elles s’avèrent néanmoins omniprésentes et requièrent tout autant d’attention.</p>



<p>Les quatrièmes sont d’ordre physique&nbsp;: les bâtiments, les routes, les usines, en résumé toutes les installations à durée de vie ayant une influence déterminante sur nos émissions et sur notre capacité à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le rapport souligne à quel point nos choix en la matière, aujourd’hui, sont déterminants. Continuer à investir dans des infrastructures émettrices bloquerait ainsi nos économies sur un sentier à hautes émissions ou créerait des «&nbsp;actifs échoués&nbsp;» par la suite.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des bénéfices «&nbsp;non climatiques&nbsp;» à la réduction des émissions</h3>



<p>Plus largement, accélérer la réduction des émissions n’ira pas sans friction avec les autres grands objectifs que se donnent les sociétés.</p>



<p>Le rapport montre en effet qu’à court terme, les transformations induites par la réduction des émissions ont un coût économique et social, inégalement distribué selon les pays, les régions ou encore les secteurs économiques, mais bien réel.</p>



<p>En réponse, le rapport explore les options de transition «&nbsp;juste&nbsp;», qui permettent à tous de trouver leur place dans un futur monde bas carbone. Il souligne aussi que de nombreuses options de réduction des émissions ont des bénéfices additionnels «&nbsp;non climatiques&nbsp;». Par exemple, limiter la combustion d’énergies fossiles, en plus de réduire les émissions de gaz à effet de serre, diminue les polluants locaux néfastes pour la santé.</p>



<p>Il montre que lever les obstacles à la réduction des émissions revient souvent aussi à lever les obstacles à la réalisation d’autres objectifs sociétaux, dans le domaine de l’accès au logement par exemple.</p>



<p>Il rappelle enfin que les efforts associés à la réduction des émissions sont à mettre en regard des risques associés à une moindre action. Comme le souligne le rapport <a href="https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-ii/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« impacts et adaptation »</a> de mars 2022 : « Le changement climatique menace de plus en plus la santé et les moyens de subsistance des populations du monde entier, et entraîne des impacts sévères potentiellement irréversibles sur la nature. »</p>



<p>En évitant les impacts du changement climatique les plus sévères, l’atténuation est donc incontournable pour réduire la pauvreté et la faim, améliorer la santé et le bien-être ou encore fournir de l’eau.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Plongez-vous dans le «&nbsp;résumé pour décideurs&nbsp;»</h3>



<p>En termes d’action, le rapport dessine des ensembles de politiques publiques à tous les échelons, pour inciter à la réduction des émissions, lever les obstacles et modifier les trajectoires de développement.</p>



<p>Il insiste aussi sur la nécessaire implication de l’ensemble des acteurs sociaux – entreprises, secteur financier, société civile, citoyens… – pour prendre des mesures immédiates et ambitieuses afin de réduire rapidement les émissions de GES et de nous éviter – et d’éviter à nos enfants – d’avoir à affronter, plus tard, des défis autrement insurmontables.</p>



<p><a href="https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-3/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le rapport « atténuation »</a> est disponible en intégralité en ligne, tout comme son résumé technique et son résumé pour décideurs. Ce dernier document, d’une quarantaine de pages, constitue le meilleur point d’entrée pour partir à la découverte de ce nouveau document du GIEC.</p>



<p><a href="https://theconversation.com/profiles/celine-guivarch-422382" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Céline Guivarch</a>, Économiste au Cired, directrice de recherche, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/ecole-des-ponts-paristech-enpc-3143" target="_blank" rel="noreferrer noopener">École des Ponts ParisTech (ENPC)</a></em> and <a href="https://theconversation.com/profiles/franck-lecocq-1334041">Franck Lecocq</a>, Chercheur senior en économie, directeur du Cired, <em><a href="https://theconversation.com/institutions/agroparistech-universite-paris-saclay-2488" target="_blank" rel="noreferrer noopener">AgroParisTech – Université Paris-Saclay</a></em></p>



<p>Cet article est republié à partir de <a href="https://theconversation.com" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Conversation</a> sous licence Creative Commons. Lire l’<a href="https://theconversation.com/rapport-du-giec-diviser-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-par-deux-dici-a-2030-cest-possible-180513" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article original</a>.</p>



<img decoding="async" src="https://counter.theconversation.com/content/180513/count.gif?distributor=republish-lightbox-advanced" alt="The Conversation" width="1" height="1" style="border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important" />
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://saheltribune.com/rapport-du-giec-diviser-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-par-deux-dici-a-2030-cest-possible/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">10316</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
