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	<title>Archives des géopolitique sahélienne &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Au Mali, la désinformation comme prolongement du bras de fer géopolitique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Jan 2026 16:14:11 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez la problématique de la désinformation au Mali et ses répercussions sur la communication et la presse.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>

<p><strong><em>De la Haute Autorité de la Communication au Comité national de l’égal accès aux médias d’État, en passant par la Maison de la Presse et le chef de l’État lui-même, un même mot est revenu, presque obsessionnel, lors de la cérémonie de vœux 2026 : manipulation. À Bamako, la guerre se joue aussi – et peut-être surtout – sur le terrain de l’information.</em></strong></p>



<p>Il y a parfois, dans les cérémonies de vœux, plus de vérité politique que dans de longs discours programmatiques. Celle qui a réuni autour du président de la Transition, lue général Assimi Goïta, ce 19 janvier 2026, l’ensemble des acteurs de la presse malienne et de la communication n’a pas dérogé à la règle. Rarement les autorités de régulation, les professionnels des médias et le sommet de l’État auront affiché un diagnostic aussi convergent : le Mali est engagé dans une bataille informationnelle d’ampleur, où la désinformation est devenue une arme à part entière.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-front-invisible-mais-decisif"><strong>Un front invisible, mais décisif</strong></h2>



<p>À écouter les responsables de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le phénomène n’a plus rien d’anecdotique. Il s’agit désormais de campagnes structurées, coordonnées, transnationales, exploitant les réseaux sociaux, certaines rédactions étrangères et des relais locaux plus ou moins conscients de leur rôle. L’objectif, selon le président de la HAC, Gaoussou Coulibaly, n’est pas d’informer mais de fabriquer du doute, de délégitimer les autorités et de fracturer la cohésion nationale.</p>



<p>Le président de la Maison de la Presse a, lui aussi, dressé le constat d’un espace médiatique fragilisé, soumis à une pression économique inédite, donc plus vulnérable aux récits toxiques. Une presse affaiblie, rappelle Bandiougou Danté, est une presse plus exposée aux influences et aux manipulations. « <em>le Mali est aujourd&rsquo;hui la cible d&rsquo;une campagne de désinformation structurée.</em>« , indique le patron de la Maison de la presse avant d&rsquo;expliquer :  « <em>Ces fausses nouvelles, ces images trafiquées, ces rumeurs savamment orchestrées, ne sont pas des accidents. Ce sont des armes. Des armes qui attisent la haine, qui divisent les communautés, qui sapent les efforts de paix et de reconstruction, et qui visent à détruire le tissu même de notre nation.</em>« </p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-cneame-vigie-du-pluralisme-et-de-la-souverainete"><strong>Le CNEAME, vigie du pluralisme… et de la souveraineté</strong></h2>



<p>Mais c’est sans doute le Comité national de l’égal accès aux médias d’État (CNEAME) qui a donné à cette séquence son relief politique le plus assumé. Dans un discours empreint de références religieuses, de patriotisme assumé et de lectures géopolitiques sans détour, son président, Abdoulaye Sidibé, a inscrit la désinformation dans une logique de déstabilisation stratégique.</p>



<p>Pour le CNEAME, garant du pluralisme dans les médias publics, la question de l’égal accès ne se limite plus au temps de parole ou à l’équilibre des antennes. Elle touche désormais à la protection de l’opinion nationale face à des narratifs extérieurs jugés hostiles. Le Mali, affirme-t-on, paie le prix de ses choix souverains, notamment son engagement au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, depuis le 16 septembre 2023.</p>



<p>« <em>Les idéaux de l’AES bouleversent des intérêts stratégiques et économiques immenses </em>», a martelé le président du Comité, rappelant que la remise en cause d’un ordre ancien – celui d’un monde hiérarchisé entre dominants et dominés – ne pouvait se faire sans résistances.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-crise-du-carburant-et-recit-du-chaos"><strong>Crise du carburant et récit du chaos</strong></h2>



<p>L’exemple le plus parlant, selon le CNEAME, reste la récente crise de l’essence. Une pénurie réelle, mais aussitôt transformée, dans certaines narrations médiatiques extérieures, en scénario de siège imminent de Bamako. «&nbsp;<em>Ville encerclée, régime aux abois, population prête à se soulever&nbsp;</em>» : le récit était rodé.</p>



<p>Dans le même temps, certaines chancelleries occidentales invitaient leurs ressortissants à quitter le pays. Pour Bamako, le faisceau d’indices est troublant. L’objectif, selon les autorités, était moins d’informer que de créer une prophétie autoréalisatrice, en poussant l’opinion malienne à la panique et à la rupture avec ses dirigeants.</p>



<p>La manœuvre, estiment les responsables des médias maliens, a échoué. Non par miracle, mais par la résilience d’une population désormais aguerrie à ce type de pressions, et largement solidaire d’un pouvoir qui a fait de la souveraineté son marqueur politique.</p>



<p>Selon Bandiougou Danté, « <em>La bataille contre la désinformation n’est pas une lutte contre la liberté d’expression. C’est au contraire une lutte pour la protection du droit des citoyens à une information juste, vérifiée et responsable. C’est aussi une lutte pour la paix, la cohésion sociale et la stabilité.</em>« </p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-information-nouveau-champ-de-bataille-sahelien"><strong>L’information, nouveau champ de bataille sahélien</strong></h2>



<p>Dans sa réponse, le général Assimi Goïta n’a pas cherché à dramatiser davantage, mais il n’a rien édulcoré. La désinformation, a-t-il rappelé, ne relève ni de la critique légitime ni du débat démocratique. Elle constitue une menace directe pour la sécurité nationale.</p>



<p>Pour autant, le chef de l’État s’est efforcé de maintenir une ligne de crête : oui à la liberté de la presse, non à la liberté de nuire. Oui au pluralisme, non à la manipulation. Un équilibre délicat, dans un contexte où la régulation est souvent perçue, à tort ou à raison, comme un instrument de contrôle.</p>



<p>Ce qui ressort de cette séquence, c’est la conviction partagée que le Mali, à l’instar de ses partenaires du Sahel central, ne se bat plus seulement pour son territoire, mais pour son récit. Dans un monde où l’image précède souvent le fait, contrôler le tempo de l’information devient un enjeu de souveraineté.</p>



<p>Le CNEAME, la HAC, la Maison de la Presse et l’exécutif semblent désormais alignés sur ce diagnostic. Pour faire face à cette campagne médiatique contre le Mali, Bandiougou Danté recommande la conjugaison des efforts : « <em>Face à cette menace, toute réponse isolée est vouée à l&rsquo;échec. Aucun d&rsquo;entre nous, seul dans son coin, ne peut prétendre endiguer ce fléau</em>. [&#8230;] <em>Nous devons dégager une synergie d&rsquo;action. </em>[&#8230;] <em>En clair, La réponse doit être collective, coordonnée, et inclusive.</em>« </p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>L’économie de la violence : comment le terrorisme s’enracine dans l’or du Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jan 2026 09:24:26 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez comment l'économie de la violence structure le terrorisme au Sahel et affecte la souveraineté économique.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Au-delà de la dimension sécuritaire, le terrorisme au Sahel s’enracine dans une véritable économie politique de la violence. En articulant exploitation aurifère illégale, trafics transnationaux et manipulation des fragilités sociales, il s’impose comme un système économique à part entière. Pour Mikaïlou Cissé, cette dynamique met à nu les ressorts d’une prédation organisée et souligne la pertinence de la réponse stratégique portée par l’Alliance des États du Sahel, fondée sur la reconquête de la souveraineté économique et politique.</em></strong></p>



<p>Le terrorisme s’inscrit avant tout dans une économie politique de la violence, structurée autour de l’exploitation illégale des ressources minières et humaines ainsi que de leur intégration dans des circuits de production économique et financiers transnationaux. L’exploitation de l’homme et de la méthode artisanale d’extraction d’or constituent l’un des leviers principaux de financement des groupes armés terroristes, comme le soulignent les rapports de l’ONU et du GIABA (Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest). L’analyse de ces mécanismes révèle l’exploitation et l’instrumentalisation des populations locales, l’ambiguïté de certains acteurs extérieurs et la pertinence de la réponse stratégique de l’Alliance des États du Sahel (AES), créée le 16 septembre 2026.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-or-moteur-invisible-du-terrorisme-sahelien"><strong>L’or, moteur invisible du terrorisme sahélien</strong></h2>



<p>Dissimulées sous un discours religieux islamisant, les activités des groupes armés terroristes se concentrent dans les zones d’exploitation minière des pays exportateurs d’or vers les États du Golfe. Ces espaces, riches en ressources humaines et minières et marqués par une économie informelle dominante, offrent un terrain idéal à l’implantation durable de réseaux criminels autour de l’exploitation aurifère. Le Sahel illustre parfaitement ce phénomène, qui s’y implante et s’y amplifie, selon les analyses de l’Institute for Security Studies (ISS).</p>



<p>Dans ces territoires, les ressources minières représentent la principale source de revenus pour une jeunesse dépourvue d’alternatives économiques. Les groupes terroristes exploitent cette vulnérabilité selon une double logique : mobilisation des jeunes comme main-d’œuvre pour les opérations de déstabilisation armée, et comme producteurs directs de richesses via l’extraction aurifère. Les prélèvements imposés sur les revenus miniers, conjugués à la mainmise sur les circuits de commercialisation de l’or, assurent un financement structuré des activités terroristes au Sahel et sur l’ensemble du continent africain, comme documenté dans le rapport 2023 de Global Financial Integrity sur les flux illicites.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-circuits-financiers-opaques-et-les-responsabilites-exterieures"><strong>Les circuits financiers opaques et les responsabilités extérieures</strong></h2>



<p>Loin de proposer une organisation sociale ou politique crédible, le terrorisme se révèle une pure entreprise de prédation économique et de destruction de lien républicain. Refuser cette réalité relève de la mauvaise foi, au sens sartrien du terme. Ceux qui attisent le conflit en subissent les effets les plus dévastateurs : la violence terroriste engendre une spirale où tous ses acteurs deviennent des cibles légitimes, y compris la religion musulmane qu’elle prétend défendre.</p>



<p>Certains pays du Golfe occupent une place centrale, souvent indirecte et présumée, dans cette économie du terrorisme. Bénéficiaires allégués des flux d’or issus de l’orpaillage artisanal en Afrique de l’Ouest, selon un rapport ONU de 2024, ils exploitent potentiellement les failles des législations nationales et des mécanismes de traçabilité pour intégrer ces ressources à leurs circuits commerciaux. Les rapports du Groupe d’action financière (GAFI) sur les flux financiers le soulignent explicitement.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-trafics-illicites-comme-matrice-logistique-du-terrorisme"><strong>Les trafics illicites comme matrice logistique du terrorisme</strong></h2>



<p>Par ailleurs, les discours de leaders religieux controversés entretiennent une ambiguïté qui banalise les ressorts du terrorisme sans le soutenir ouvertement. Les Émirats arabes unis incarnent cette ambivalence : engagés dans des opérations antiterroristes en Somalie, en Libye ou au Soudan, ils combinent cette posture à des repositionnements stratégiques, coexistant avec des intérêts économiques liés aux économies de guerre. Le départ précipité de certaines forces en Somalie en est une illustration éloquente.</p>



<p>Le terrorisme s’alimente aussi d’un ensemble de trafics illicites interconnectés – appareils électroniques, produits pharmaceutiques, marché noir du carburant pour la mobilité et les transports. Ces circuits forment une infrastructure économique essentielle, avec un contrôle croissant des voies d’interconnexion par les groupes armés, comme relevé dans les bulletins de l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime).</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-reponse-strategique-de-l-alliance-des-etats-du-sahel"><strong>La réponse stratégique de l’Alliance des États du Sahel</strong></h2>



<p>Toute stratégie antiterroriste limitée à l’action militaire et politique, sans viser les circuits de financement, reste incomplète. La neutralisation durable des groupes suppose l’anéantissement simultané de leurs bases armées, de leurs ressources humaines et de leurs sources financières. L’analyse des flux issus de l’orpaillage artisanal s’impose ainsi comme une clé stratégique majeure.</p>



<p>Dans ce cadre, l’AES intègre pleinement la dimension économique à sa stratégie globale, forgée par l’expérience de ses pères fondateurs et les réalités du terrain. Au-delà d’une réponse sécuritaire classique, elle vise la reconquête de la souveraineté territoriale, économique et politique. Le contrôle des sites d’orpaillage par les forces armées maliennes en est l’illustration. Il prive les terroristes de leurs ressources financières tout en affirmant l’autorité étatique, avec des résultats concrets rapportés par l’état-major malien en 2025.</p>



<p>Le terrorisme est un phénomène systémique, articulant économie informelle et intérêts géopolitiques transnationaux. L’orpaillage artisanal au Sahel, au cœur de cette dynamique, appelle une réponse globale. En combinant lutte militaire et démantèlement des circuits économiques, l’AES trace une rupture stratégique fondée sur la restauration de la souveraineté et la réappropriation des ressources nationales.</p>



<p><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Le JNIM, nouveau bras armé d’une guerre économique contre la transition malienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jan 2026 22:19:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>Au Mali, la multiplication des attaques du JNIM contre les entreprises révèle une véritable guerre économique visant à affaiblir la transition de Bamako.</p>
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<p><strong><em>Les attaques du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) se multiplient contre les entreprises au Mali. Cette recrudescence est une stratégie de déstabilisation soigneusement orchestrée. Derrière ce « jihad économique » qui frappe au cœur des intérêts miniers et industriels du pays, il faudrait voir la main de puissants sponsors du terrorisme, inquiets d’une transition militaire décidée à rompre avec les anciennes tutelles.</em></strong></p>



<p>Depuis plusieurs mois, le Mali subi une intensification des attaques du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda. Derrière cette recrudescence se cache un vaste complot international visant à affaiblir l’État malien et à saboter la souveraineté économique du pays, alors même que Bamako tente de se libérer de la tutelle occidentale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-jihad-economique-une-arme-contre-la-stabilite"><strong>Le « jihad économique », une arme contre la stabilité</strong></h2>



<p>Le JNIM semble systématisé le « <em>jihad économique</em> », une stratégie consistant à frapper les entreprises, les infrastructures et les flux commerciaux pour étouffer les finances publiques maliennes. Routes bloquées, convois incendiés, enlèvements d’étrangers, imposition de taxes illégales dans les zones sous contrôle jihadiste. Les tactiques se multiplient, notamment dans la région de Kayes, cœur économique du pays et principal bassin aurifère du Mali.</p>



<p>Or, pour de nombreux observateurs à Bamako, cette logique dépasse la simple guérilla idéologique. Il s’agit d’une guerre économique orchestrée pour étrangler le pays et dissuader les investisseurs étrangers.</p>



<p>Les 11 et 12 janvier 2026, des centaines de combattants lourdement armés ont mené une série d’assauts simultanés contre plusieurs sites industriels dans le cercle de Bafoulabé,&nbsp; notamment les usines Diamond Cement, Stones et Carrières et Chaux du Mali. Les images diffusées sur les réseaux sociaux montraient des incendies d’une intensité rare et des panaches de fumée visibles à des kilomètres à la ronde.</p>



<p>Ces attaques, menées avec une coordination inhabituelle, auraient bénéficié d’un appui logistique extérieur. Ce qui relance les interrogations sur l’origine des financements et des armes utilisées par les assaillants.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-les-entreprises-etrangeres-dans-le-viseur"><strong>Les entreprises étrangères dans le viseur</strong></h2>



<p>Depuis 2024, les entreprises étrangères, en particulier dans le secteur minier, sont devenues la cible privilégiée du JNIM. La suspension des activités d’extraction chinoises à l’été 2025, après une vague d’enlèvements, a eu un effet domino sur les investissements régionaux.</p>



<p>Au moins 26 ressortissants étrangers ont été enlevés entre mai et octobre 2025, selon les données d’organisations indépendantes. Les rançons exigées, parfois estimées à plusieurs dizaines de millions de dollars, constituent, une source majeure de financement du terrorisme dans la région. Le terrorisme n’a pas les moyens d’une telle sophistication sans un soutien étatique ou privé extérieur, ou simplement des «&nbsp;<em>sponsors du chaos&nbsp;</em>» décidés à punir les autorités maliennes de la transition pour leur indépendance politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-blocus-economique-aux-allures-d-ingerence"><strong>Un blocus économique aux allures d’ingérence</strong></h2>



<p>Depuis fin 2025, le Mali subit un blocus informel du carburant et des marchandises en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, corridors aujourd’hui partiellement contrôlés ou harcelés par les groupes armés. Cette asphyxie économique progressive, pénuries d’essence, flambée des prix alimentaires, ralentissement des chantiers publics, est une arme politique dissimulée derrière la bannière du jihad.</p>



<p>Il ne s’agit plus seulement d’un conflit contre le terrorisme, mais d’une guerre hybride, mêlant attaques armées, manipulations économiques et opérations de communication visant à miner la légitimité du pouvoir de transition.</p>



<p>Depuis son arrivée au pouvoir en 2020, les autorités maliennes de la transition ont&nbsp; rompu avec plusieurs partenaires traditionnels, privilégiant de nouvelles alliances régionales et internationales. Cette orientation aurait « <em>dérangé</em> » certains acteurs extérieurs qui voient dans la perte d’influence au Mali un revers géopolitique majeur.</p>



<p>Dans ce contexte, la recrudescence des attaques du JNIM prend une dimension nouvelle : celle d’un outil de déstabilisation, alimenté par des intérêts qui dépassent largement les frontières maliennes. En filigrane, cette offensive terroriste est un message politique : celui de puissances ou de réseaux économiques refusant de voir le Mali s’affranchir de certaines dépendances. Reste à savoir si, face à cette guerre de l’ombre, le pays saura maintenir le fragile équilibre entre résistance sécuritaire et survie économique.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Sahel, l’Alliance des États du Sahel trace les contours d’une souveraineté nouvelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Dec 2025 11:14:22 +0000</pubDate>
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<p>Découvrez l'importance de l’Alliance des États du Sahel dans la géopolitique ouest-africaine et ses implications historiques.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em><strong><em>Alors que les équilibres géopolitiques se redessinent en Afrique de l’Ouest, la Confédération des États du Sahel (AES) s’impose comme une expérience politique inédite. Dans cette tribune, le philosophe Mikailou Cissé analyse la portée historique et symbolique d’un projet qui rompt avec les tutelles anciennes et revendique une souveraineté endogène. Entre recomposition régionale, résistances extérieures et adhésion populaire, l’AES se présente comme la matrice d’un nouvel horizon politique africain.</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em></em></strong></em></strong></p>



<p>Dans un monde où les puissances redéploient leurs influences sous des formes renouvelées, la dynamique sahélienne incarne une contestation vivante de l’ordre établi. Cette audace politique explique à la fois les résistances qu’elle affronte et l’espoir qu’elle suscite, bien au-delà des frontières du Sahel.</p>



<p>La recomposition géopolitique en cours ne s’appréhende pleinement qu’en la replaçant dans le désordre plus large qui traverse l’Afrique de l’Ouest. Tandis que l’Alliance des États du Sahel (AES) avance, étape par étape, vers une structuration confédérale appelée à devenir fédérale, l’ordre régional hérité révèle ses fissures, ses incohérences et ses renoncements. Ce contraste justifie la virulence des oppositions au projet autant que l’adhésion populaire qu’il suscite.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-nigeria-puissance-regionale-fragilite-interne"><strong>Nigeria : puissance régionale, fragilité interne</strong></h3>



<p>Le discours officiel sur le retrait français du Sahel illustre parfaitement cette duplicité stratégique. Loin d’un désengagement réel, il s’est agi d’un redéploiement spatial et doctrinal. Les forces spéciales françaises, opérant désormais depuis des pays côtiers comme la Côte d’Ivoire, exercent une influence directe sur les dispositifs sécuritaires de certains États, à l’image du Bénin.</p>



<p>L’armée béninoise, formellement nationale, s’insère ainsi dans une architecture de commandement et de renseignement exogène. Ce «&nbsp;<em>départ&nbsp;</em>» annoncé relevait davantage d’un geste médiatique, imposé par la pression populaire et l’effet politique de l’AES, que d’une rupture stratégique authentique.</p>



<p>Cette logique se prolonge dans l’espace nigérian. Présenté comme un pilier sécuritaire régional, le Nigeria révèle un paradoxe profond : capable de mobiliser sa puissance institutionnelle contre des menaces politiques extérieures, il demeure impuissant face à la prolifération de groupes armés sur son propre territoire.</p>



<p>Ces espaces, riches en ressources naturelles, sont devenus des économies de guerre exploitées par des bandes criminelles hybrides sous couvert d’idéologie religieuse, et convoitées par des puissances étrangères.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-l-ambivalence-du-role-americain"><strong>L’ambivalence du rôle américain</strong></h3>



<p>L’implication des États-Unis au Nigeria s’inscrit dans cette même contradiction. Leurs démonstrations militaires spectaculaires visent moins à protéger les populations qu’à sécuriser les corridors maritimes et les ressources au service d’intérêts géostratégiques. Leur incapacité persistante à prévenir les attaques contre les civils, les enlèvements de masse et les attentats dans les lieux de culte atteste de l’échec d’une approche purement sécuritaire.</p>



<p>Face à ces impasses, l’AES se trouve prise en étau entre des autorités voisines contestant la légitimité de ses dirigeants et des peuples qui, massivement, soutiennent ses orientations. Cette dissociation marque une rupture fondamentale entre la légalité institutionnelle défendue par certains États et la légitimité politique née de l’adhésion populaire.</p>



<p>Loin d’être une simple alliance militaire, l’AES est devenue un projet symbolique de réappropriation de la souveraineté, porté par des autorités locales trop longtemps reléguées au rang d’administrateurs de terrains d’opération.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-entre-religion-politique-et-instrumentalisation-du-conflit"><strong>Entre religion, politique et instrumentalisation du conflit</strong></h3>



<p>C’est dans ce contexte que se déploient des stratégies de déstabilisation plus diffuses. Le rôle de l’Algérie, jadis perçue comme un acteur central des processus de paix au Mali, apparaît aujourd’hui ambigu. La destruction d’un drone malien en mission de surveillance sur son territoire a été perçue comme une atteinte directe à la souveraineté sécuritaire malienne.</p>



<p>Plus récemment, l’émergence de discours et de mouvements prétendument «&nbsp;<em>résistants&nbsp;</em>», portés par des figures religieuses ou politiques marginalisées, s’inscrit dans une stratégie de fragmentation interne.</p>



<p>La sortie publique, en différentes langues locales, de l’imam Mahmoud Dicko illustre cette séquence. Longtemps érigé en autorité morale, il s’est révélé politiquement affaibli et prisonnier d’ambiguïtés dangereuses. Ses positions laissent entrevoir des proximités troubles avec des acteurs armés se réclamant du djihadisme ou de la rébellion. Cette confusion entre discours religieux, contestation politique et violence armée nourrit le terrorisme contemporain.</p>



<h3 class="wp-block-heading" id="h-une-refondation-politique-et-symbolique"><strong>Une refondation politique et symbolique</strong></h3>



<p>En rompant avec ces ambiguïtés, l’AES assume une ligne claire : le djihadisme n’est ni une résistance ni une revendication sociale légitime, mais une entreprise de prédation instrumentalisée par des intérêts extérieurs.</p>



<p>En opérationnalisant la&nbsp;Force unifiée&nbsp;et en dénonçant le&nbsp;terrorisme médiatique, judiciaire et informationnel, ses chefs d’État affirment que la guerre se joue autant sur le terrain militaire que sur celui du récit et de la souveraineté symbolique.</p>



<p>Le sommet confédéral de Bamako a marqué une étape clé. L’adoption d’instruments institutionnels, la création d’organes financiers autonomes, la coordination diplomatique et la perspective d’un passage de la Confédération à la Fédération traduisent une volonté politique rare dans l’histoire contemporaine de la région.</p>



<p>Ce projet n’est pas une fuite en avant, mais une refondation. Là où les modèles importés ont fragmenté les territoires et déresponsabilisé les États, l’AES reconstruit une cohérence politique fondée sur la sécurité collective, l’autonomie économique et l’adhésion populaire.</p>



<p>L’enjeu dépasse le Sahel. Il pose à l’Afrique contemporaine une question centrale :&nbsp;<em>peut-on déléguer indéfiniment la sécurité sans perdre la souveraineté ?</em><em>&nbsp;</em>L’AES esquisse une réponse radicale, imparfaite mais historiquement nécessaire : la stabilité ne s’impose pas de l’extérieur, elle se construit par des États assumant leur destin, en alliance avec leurs peuples.</p>



<p><strong>Mikailou Cissé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Au Sahel, la force militaire unifiée de l’AES cherche à passer à l’épreuve du terrain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 00:05:28 +0000</pubDate>
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<p>L'Alliance des États du Sahel met en place sa force militaire unifiée pour faire face à l'insécurité persistante.</p>
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<p><strong><em>Mali, Burkina Faso et Niger ont engagé, depuis début 2025, la mise en œuvre opérationnelle de leur force conjointe de 5 000 hommes. Première démonstration avec l’opération « Yere-Ko », menée dans la zone des trois frontières. Un tournant sécuritaire encore fragile, dans une région confrontée à une insécurité persistante et à de lourdes contraintes capacitaires.</em></strong></p>



<p>Vingt-sept mois après la signature de la Charte du Liptako-Gourma, le 16 septembre 2023, qui a acté la naissance de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent donner un contenu concret à leur ambition sécuritaire commune. Le 21 janvier 2025, les autorités nigériennes annonçaient officiellement la création d’une force militaire unifiée de 5 000 hommes, marquant le passage d’une alliance politique à une architecture opérationnelle.</p>



<p>Cette initiative rompt avec plusieurs décennies de tentatives avortées de coopération régionale en matière de sécurité. Ni la CEDEAO, ni le G5 Sahel n’étaient parvenus à déployer durablement une force intégrée capable de répondre à l’expansion des groupes armés terroristes dans le Sahel central. L’AES, née dans le contexte des ruptures avec les partenaires occidentaux et du retrait progressif des dispositifs français, revendique une prise en charge souveraine de la sécurité régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-architecture-militaire-en-construction"><strong>Une architecture militaire en construction</strong></h2>



<p>La Force unifiée de l’AES repose sur un état-major central installé à Niamey, au sein de la base aérienne 101, anciennement utilisée par l’opération française Barkhane. Ce choix symbolique traduit la volonté des trois régimes militaires de reprendre le contrôle d’infrastructures stratégiques, tout en affirmant une rupture avec les dispositifs sécuritaires hérités.</p>



<p>Les étapes de mise en place se sont accélérées en 2025. Des réunions successives des chefs d’état-major et des ministres de la défense, à Ouagadougou, Bamako puis Niamey, ont permis de préciser la chaîne de commandement, les mécanismes de coordination et le calendrier de déploiement. L’objectif affiché est une pleine capacité opérationnelle à partir de 2026, même si, à ce stade, la force reste largement adossée aux armées nationales existantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-yere-ko-premier-test-grandeur-nature"><strong>« Yere-Ko », premier test grandeur nature</strong></h2>



<p>Entre le 24 février et le 6 mars 2025, l’opération conjointe « <em>Yere-Ko 2 </em>» a constitué la première démonstration militaire d’envergure de cette coopération. Menée dans la zone dite des « <em>trois frontières </em>», à cheval sur le Mali, le Burkina Faso et le Niger, elle visait les bastions du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et de l’État islamique au Sahel.</p>



<p>Coordonnée depuis le poste de commandement interarmées de Gao, au Mali, l’opération a mobilisé des unités terrestres, appuyées par des moyens aériens et du renseignement partagé. Selon les bilans communiqués par les états-majors, plusieurs bases jihadistes ont été démantelées, des combattants neutralisés ou capturés, et d’importants stocks logistiques saisis, notamment des armes, du carburant et des moyens de communication.</p>



<p>Au-delà des résultats tactiques, « <em>Yere-Ko</em> » a surtout validé une capacité inédite de coordination interarmées, avec une chaîne de commandement partagée et des opérations conduites simultanément sur plusieurs territoires nationaux. Un pas important dans une région où la porosité des frontières a longtemps entravé les efforts militaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-question-centrale-des-moyens-aeriens"><strong>La question centrale des moyens aériens</strong></h2>



<p>L’un des défis majeurs reste toutefois la faiblesse des capacités aériennes des armées sahéliennes. Face à des groupes armés très mobiles, la surveillance, le renseignement et l’appui aérien sont déterminants. L’AES mise sur une mutualisation progressive des moyens existants — hélicoptères, drones, capacités de renseignement — plutôt que sur la création immédiate d’une flotte commune.</p>



<p>La Turquie fournit des drones à plusieurs pays de l’Alliance, tandis que la Russie a annoncé, au printemps 2025, un appui en matière de formation et d’équipements. Cette stratégie de partenariats multiples vise à éviter une dépendance exclusive, après le retrait des partenaires occidentaux. Mais elle pose aussi la question de l’interopérabilité des systèmes et de la soutenabilité financière de ces choix dans la durée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-experience-encore-ouverte"><strong>Une expérience encore ouverte</strong></h2>



<p>Malgré cette montée en puissance, la force unifiée de l’AES demeure confrontée à de lourds obstacles. Les groupes terroristes continuent d’adapter leurs modes opératoires, tandis que les contraintes budgétaires, logistiques et humaines limitent l’ampleur des opérations. Par ailleurs, l’absence d’un cadre institutionnel supranational pleinement opérationnel restreint la capacité à planifier sur le long terme.</p>



<p>L’opération «<em> Yere-Ko</em> » a montré que le Mali, le Burkina Faso et le Niger pouvaient, pour la première fois, conduire ensemble des opérations militaires coordonnées d’envergure. Mais transformer cette dynamique en un dispositif durable, capable de stabiliser le Sahel central, nécessitera bien davantage qu’une convergence sécuritaire.</p>



<p>La réussite de la force unifiée dépendra autant de sa capacité militaire que de l’évolution politique des régimes qui la portent, et de leur aptitude à inscrire cette coopération dans un projet régional plus large. Le 2ème collège des chefs d’État de la Confédération des Etats du sahel, prévu à Bamako du 22 au 23 décembre 2025, devrait offrir un premier bilan politique de cette expérimentation sécuritaire inédite au Sahel.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Sommet de l’AES à Bamako : bilan, perspectives et consolidation confédérale</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Dec 2025 00:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Le 2ème collège des Chefs d'Etat de l'AES marque une étape cruciale pour l'intégration des États du Sahel.</p>
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<p><strong><em>Réunis les 22 et 23 décembre dans la capitale malienne, les chefs d’État du Mali, du Burkina Faso et du Niger tiendront le deuxième collège des chefs d’Etat de la Confédération des États du Sahel. Vingt-sept mois après sa création, l’organisation entend dépasser le cadre sécuritaire pour esquisser une doctrine régionale fondée sur la souveraineté, l’intégration et le refus de la dépendance stratégique.</em></strong></p>



<p>Le sommet de Bamako marque une nouvelle étape dans la structuration de l’Alliance des États du Sahel (AES), créée en septembre 2023 par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, puis formellement transformée en confédération lors du sommet de Niamey en juillet 2024. Vingt-sept mois après la signature de la Charte du Liptako-Gourma, les trois États sahéliens poursuivent un processus d’institutionnalisation accéléré, dans un contexte régional marqué par leur rupture avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).</p>



<p>Les travaux préparatoires, organisés à Bamako du 15 au 18 décembre, ont réuni les hauts fonctionnaires autour des trois piliers de la Confédération — défense et sécurité, diplomatie et développement. Ils seront suivis, les 20 et 21 décembre, par la première session confédérale du Conseil des ministres. En parallèle, les ministres des finances ont finalisé les modalités d’opérationnalisation de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), dotée d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA.</p>



<p>Cette succession de réunions techniques traduit l’ambition des dirigeants sahéliens : transformer une alliance née de l’urgence sécuritaire en une organisation politique et économique structurée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-bamako-capitale-politique-d-une-solidarite-sahelienne"><strong>Bamako, capitale politique d’une solidarité sahélienne</strong></h2>



<p>Le choix de Bamako pour accueillir ce deuxième sommet n’est pas anodin. Après Niamey en 2024, la capitale malienne devient à son tour le théâtre d’une affirmation collective, alors que le Mali assure la présidence tournante de l’AES jusqu’à la fin de l’année 2025. Cette rotation entre Bamako, Ouagadougou et Niamey est présentée par les autorités comme un symbole d’égalité entre les États membres, à rebours des hiérarchies informelles qui caractérisent de nombreuses organisations régionales africaines.</p>



<p>Dans un contexte de sanctions levées mais de relations toujours tendues avec leurs voisins ouest-africains, les trois pays entendent afficher une unité politique et stratégique renforcée.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-doctrine-fondee-sur-l-autonomie-strategique"><strong>Une doctrine fondée sur l’autonomie stratégique</strong></h2>



<p>Derrière l’agenda institutionnel, le sommet de Bamako s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de l’AES dans l’ordre régional et international. Les déclarations des responsables sahéliens convergent vers l’émergence d’une doctrine fondée sur l’autonomie stratégique et la souveraineté décisionnelle.</p>



<p>Lors de l’ouverture des travaux préparatoires, le ministre malien des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a évoqué un « <em>changement de paradigme irréversible </em>», insistant sur le respect des choix souverains des États membres et sur leur volonté de rompre avec des mécanismes régionaux jugés inefficaces ou contraignants. Une orientation déjà affirmée lors du sommet de Niamey, où les dirigeants de l’AES avaient présenté leur alliance comme le cadre le plus opérationnel de lutte contre le terrorisme dans le Sahel central.</p>



<p>Sur le plan économique, cette logique se traduit par une reprise en main des ressources naturelles. Le Mali a récemment adopté un nouveau code minier renforçant la participation de l’État et des investisseurs nationaux. Le Niger, de son côté, a engagé une rupture plus radicale en mettant fin à l’exploitation d’uranium par la société française Orano, au nom de la souveraineté économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-choix-du-multi-alignement"><strong>Le choix du multi-alignement</strong></h2>



<p>Cette affirmation de souveraineté ne s’accompagne toutefois pas d’un isolement diplomatique. Les États de l’AES revendiquent une stratégie de diversification des partenariats, souvent qualifiée de « <em>multi-alignement </em>». La Russie s’est engagée à appuyer la montée en puissance de la Force unifiée de l’AES, tandis que la Turquie fournit des équipements militaires, notamment des drones. La Chine et certains pays du Golfe maintiennent également une présence économique et diplomatique active dans la région.</p>



<p>Pour les dirigeants sahéliens, il s’agit d’éviter toute dépendance exclusive, qu’elle soit occidentale ou non, et de rompre avec le modèle du G5 Sahel, largement financé et structuré par des partenaires extérieurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-medias-securite-et-relations-regionales-a-l-agenda"><strong>Médias, sécurité et relations régionales à l’agenda</strong></h2>



<p>Le sommet de Bamako doit également entériner plusieurs projets structurants. Parmi eux figure l’adoption d’un plan stratégique quinquennal pour la période 2026-2030, destiné à donner une visibilité à l’action confédérale. Les chefs d’État devraient aussi lancer officiellement la radio confédérale « <em>Daandè Liptako </em>», présentée comme un outil de communication et de lutte contre la désinformation, avec des antennes dans les trois capitales.</p>



<p>Les relations avec la CEDEAO constituent un autre dossier sensible. Depuis le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger en janvier 2025, les tensions diplomatiques persistent. Plusieurs incidents sécuritaires, dont des violations d’espaces aériens dénoncées par l’AES, ont ravivé les crispations. Le sommet devra préciser la posture de la Confédération vis-à-vis de son environnement régional.</p>



<p>Le deuxième sommet de l’Alliance des États du Sahel marque un moment charnière. En cherchant à formaliser une doctrine propre, fondée sur l’autonomie stratégique, l’intégration régionale et le contrôle des ressources, l’AES entend s’imposer comme une alternative aux cadres régionaux existants. À Bamako, les dirigeants sahéliens pourront démontrer que l’AES n’est plus une alliance conjoncturelle, mais un projet politique appelé à durer.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Kidal : le jour où le Mali a relevé la tête</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 11:26:33 +0000</pubDate>
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<p>Le 14 novembre 2023, Kidal est revenu sous contrôle malien. Explorez les enjeux de cette reconquête de Kidal pour Bamako.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p><strong><em>Kidal, verrou symbolique du Nord malien et sanctuaire des rébellions touarègues depuis plus d’une décennie, est retombée le 14&nbsp;novembre 2023 sous contrôle de l’armée malienne. Une victoire militaire autant qu’un acte politique fondateur pour Bamako, qui y voit la preuve éclatante de sa souveraineté retrouvée après des années d’humiliation et de tutelle internationale. Mais derrière l’image forte d’un État qui relève la tête, se profilent déjà les défis plus discrets — et plus exigeants — de la stabilisation, de la gouvernance locale et de la recomposition du jeu sahélien.</em></strong></p>



<p>Il y a des dates qui, dans l’histoire tourmentée d’un pays, fonctionnent comme des bornes kilométriques. Le 14&nbsp;novembre 2023 est de celles-là. Ce jour-là, à 1 600&nbsp;kilomètres de Bamako, la ville mythique de Kidal, irritant fétiche des chancelleries, sanctuaire touareg, totem des rébellions successives, retombait — enfin — dans l’escarcelle de l’État malien. Et ce n’est pas seulement une victoire militaire. C’est un acte politique, une revanche historique, presque une psychanalyse nationale.</p>



<p>Car, pendant plus de dix ans, Kidal fut davantage qu’une anomalie administrative&nbsp;: un angle mort de souveraineté, une parenthèse humiliante dans la conscience malienne. Pour les présidents qui se sont succédé, elle était ce caillou dans la botte. On savait qu’il fallait le retirer, mais on reculait toujours l’instant. Le général Assimi Goïta, fin stratège, lui, n’a pas reculé, et l’a affronté.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-revanche-d-un-etat-qu-on-disait-defait"><strong>La revanche d’un État qu’on disait défait</strong></h2>



<p>Depuis 2012, le grand échiquier sahélien avait transformé Kidal en laboratoire de toutes les illusions&nbsp;: promesses d’autonomie sous perfusion d’ONG, médiations interminables, MINUSMA transformée en puissance tutélaire et un Accord d’Alger que chacun, en privé, jugeait d’une naïveté confondante — les séparatistes y trouvaient une légitimité, Bamako un piège, et les parrains internationaux du terrorisme une illusion de stabilité.</p>



<p>En 2023, les militaires maliens, redressés, reéquipés, réentraînés, cèdent à une impatience que beaucoup jugeaient légitime. Alghabass Ag Intallah, président de la CMA, avait averti début février 2023 les médiateurs internationaux accourus à Kidal —&nbsp;<em>« Sans l’accord, nous sommes azawadiens »</em>. Une phrase qui agit comme une provocation ultime.&nbsp;</p>



<p>Cette déclaration intervenait un mois après le retrait des mouvements qu’il dirige des pourparlers consacrés à l’application de l’accord de paix. Le général Goïta y répond non par un discours, mais par une décision&nbsp;: la demande de retrait de la MINUSMA. Ce fut le début de la fin d’une décennie de mise sous tutelle molle.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-offensive-nbsp-modernisation-express-et-nouveaux-partenaires"><strong>L’offensive&nbsp;: modernisation express et nouveaux partenaires</strong></h2>



<p>L’armée malienne de 2023 n’a plus grand-chose à voir avec celle, décharnée, qui s’était effondrée en 2012. Les TB2 turcs, les hélicoptères russes, les blindés chinois&nbsp;VN22, les conseillers étrangers — oui — mais aussi une doctrine revisitée, une chaîne de commandement resserrée et un moral rendu à zéro — composent les ingrédients de cette réincarnation militaire.<strong></strong></p>



<p>Le Mali, désormais membre fondateur de la Confédération des États du Sahel (AES), créée le 6&nbsp;juillet 2025, s’inscrit enfin dans une géopolitique régionale assumée, débarrassée des hypocrisies diplomatiques. Le Burkina Faso et le Niger, en soutien politique constant, adossent la reconquête du nord à un socle d’intégration militaire naissante.</p>



<p>Les frappes de drones, d’une précision nouvelle, ouvrent la route de Kidal. Le CSP-PSD, habitué autrefois à des armées mal équipées et à des mandats internationaux timorés, découvre soudain une FAMa modernisée, mobile, dure au combat, sûre d’elle. Le 14&nbsp;novembre, les rebelles se replient. Kidal redevient malienne et le drapeau national y flotte de nouveau. Les administrations publiques sont de retour et un gouverneur y est nommé en la personne du général&nbsp;El Hadj Ag Gamou.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-victoire-et-ce-qu-elle-revele-nbsp-une-nation-debout"><strong>La victoire et ce qu’elle révèle&nbsp;: une nation debout</strong></h2>



<p>Pour les autorités maliennes de la Transition — mais aussi pour une majorité silencieuse —, la scène est dense de symbolisme. Des habitants saluent les soldats, d’autres observent, méfiants, mais soulagés. L’État réinstalle les services de base, rouvre les marchés, remet les écoles en marche.</p>



<p>À Bamako, c’est un sentiment profond — presque intime — de réparation historique.<br>Kidal n’était pas simplement une ville perdue, c’était un honneur retrouvé. Mais sans rappeler que les victoires militaires, sont rarement la fin de l’histoire.</p>



<p>Le JNIM, appuyé par les sponsors étrangers du terrorisme, jamais vraiment éradiqué, entame une guerre d’attrition économique, jusqu’à la tentative désespérée d’imposer un blocus du carburant sur la capitale à la suite de l’interdiction de vente du carburant dans certaines conditions, dans certaines zones rurales. Les reconfigurations touarègues — CSP-DPA puis FLA — montrent que la question identitaire, politique et territoriale ne disparaît pas encore totalement parce que les sponsors étatiques étrangers sont entrés dans la danse avec l’intention de saboter les efforts des autorités maliennes de la transition.</p>



<p>Quant à la présence russe, elle nourrit autant la montée en puissance opérationnelle que des controverses, dont Bamako se passerait volontiers. Enfin, les réformes institutionnelles sous la transition — dissolution de l’accord d’Alger, adoption d’une Charte nationale pour la paix et la réconciliation, adoption d’une nouvelle constitution par référendum, ainsi que les Assises nationales de la refondation — posent les jalons d’une refondation, mais n’ont pas encore absorbé la complexité du « <em>fait touareg</em> ».</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-kidal-point-de-depart-plus-que-point-d-arrivee"><strong>Kidal, point de départ plus que point d’arrivée</strong></h2>



<p>Les autorités maliennes de la Transition, depuis 2020, ont construit un récit&nbsp;: celui d’un Mali reconquis, affranchi des puissances étrangères, maître de son destin.</p>



<p>La reprise de Kidal a rendu au Mali quelque chose qu’on ne mesure pas dans un rapport militaire&nbsp;: la dignité. Elle a refermé une plaie ouverte depuis 2012. Elle a prouvé qu’un pays que l’on disait brisé peut se relever.</p>



<p>Mais elle a aussi ouvert un cycle nouveau — celui de la consolidation, du dialogue repensé, de la souveraineté assumée. Le général Assimi Goïta a remporté la bataille symbolique. Reste à gagner la paix durable.&nbsp;</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Assimi Goïta – Abdourahamane Tiani : l’axe Bamako–Niamey s’affiche, l’AES avance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Sep 2025 11:57:59 +0000</pubDate>
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<p>Abdourahamane Tiani au Mali : découvrez les enjeux de la Confédération des États du Sahel et leur impact politique.</p>
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<p><strong><em>Entre deux généraux, pas de formalités inutiles. Juste un cérémonial assumé, une posture commune et un message clair au reste du monde : la Confédération des États du Sahel (AES) n’est pas une alliance symbolique. C’est une colonne vertébrale politique en construction, soudée par les épreuves, les ruptures et les ambitions souverainistes.</em></strong><strong></strong></p>



<p>Ce mardi 30 septembre 2025, le tarmac de l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako a retrouvé l’allure des grands jours. À 10h précises, l’avion de transport de l’armée de l’air nigérienne s’est posé sur le sol malien. A son bord,&nbsp;&nbsp;le général Abdourahamane Tiani, Président de la République nigérienne. En face, pour l’accueillir : son allié et compagnon d’armes politiques, le Général d’armée Assimi Goïta, Président du Mali, mais aussi – et surtout – Président en exercice de la Confédération des États du Sahel.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-union-par-les-armes-le-verbe-et-la-volonte"><strong>L’union par les armes, le verbe et la volonté</strong></h2>



<p>À Bamako, la visite est décrite comme une visite d’amitié et de travail. La deuxième depuis l&rsquo;arrivée de Tiani au pouvoir en 2023. Mais les mots sont parfois plus sobres que les enjeux. Car derrière les poignées de main, les hymnes (nigérien, malien, et celui désormais officiel de l’AES), et la revue militaire, c’est une architecture géopolitique alternative qui s’affirme, à rebours des modèles CEDEAO ou UA.</p>



<p>Acclamés par une foule dense de ressortissants nigériens vivant au Mali – symboles vivants de l’intégration sahélienne –, les deux généraux ont échangé brièvement dans la loge présidentielle avant de prendre la direction de Koulouba, pour un entretien bilatéral qui, selon nos informations, devrait déboucher sur des annonces structurantes pour l’AES et la coopération bilatérale Mali-Niger, notamment en matière de défense, d’investissements communs et de diplomatie régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-confederation-plus-qu-un-symbole"><strong>La Confédération, plus qu’un symbole</strong></h2>



<p>Depuis leur retrait fracassant de la CEDEAO, Bamako, Niamey et Ouagadougou ont misé sur un récit commun : celui d’une Afrique debout, débarrassée des tutelles néocoloniales, et désormais maîtresse de son destin. La Confédération AES – actée en juillet 2024 – en est l’expression institutionnelle. Mais il lui manquait encore une scène, un souffle, une incarnation.</p>



<p>La présence de Tiani à Bamako – après celle de Traoré à Ouagadougou il y a quelques mois – vient combler ce déficit de visibilité politique. C’est une manière pour ces régimes, souvent contestés à l’extérieur mais soutenus chez eux, par la diaspora ainsi que par plusieurs autres pays africains, d’inscrire leur projet dans le temps long, au-delà des cycles de transition.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-alliance-scrutee-redoutee-consolidee"><strong>Une alliance scrutée, redoutée, consolidée</strong></h2>



<p>Le programme de la journée s’annonce dense : tête-à-tête, élargissement aux membres des délégations, et prise de parole de Tiani à la presse. Rien d’anodin, car dans cette diplomatie de rupture, chaque geste est un message. L’unité affichée entre les deux hommes d’État est autant un gage de stabilité qu’un défi lancé aux chancelleries occidentales, souvent promptes à dénoncer ce qu’elles qualifient de “<em>recul démocratique</em> » au Sahel.</p>



<p>Mais à Bamako, le discours est tout autre. Ici, la souveraineté est un impératif, la démocratie un processus contextualisé, et l’unité sahélienne une réponse existentielle à l’insécurité et à la fragmentation régionale.</p>



<p>À l’heure où l’Afrique francophone recompose sa carte des alliances, l’image de Goïta et Tiani côte à côte, en uniforme, au cœur de la capitale malienne, vaut toutes les déclarations. C’est celle d’un axe assumé, consolidé, et prêt à s’élargir. Un axe qui croit à la souveraineté comme projet de civilisation. Et qui, pour l’instant, n’a ni l’intention de plier, ni celle de reculer.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>CPI : Bamako, Niamey et Ouagadougou tirent la prise</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Sep 2025 22:02:11 +0000</pubDate>
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<p>Le retrait de l'AES de la CPI marque un tournant historique dans les relations internationales et la justice en Afrique.</p>
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<p><strong><em>En se retirant du Statut de Rome, les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) dénoncent la Cour pénale internationale comme un instrument néocolonial et clament leur volonté de justice souveraine. Une rupture juridique autant que géopolitique.</em></strong></p>



<p>C’est une page d’histoire judiciaire — et diplomatique — qui s’est tournée à Bamako ce 22 septembre 2025. À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, président de la confédération des Etats du sahel, a apposé sa signature au bas d’un document que les chancelleries occidentales auraient sans doute préféré ne jamais lire : le retrait immédiat du Mali, du Burkina Faso et du Niger du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).</p>



<p>Ce départ conjoint des trois membres de l’AES n’est pas qu’un simple geste diplomatique. C’est un acte fondateur. Une déclaration de rupture avec un ordre juridique international que ces régimes, tous militaires et souverainistes, considèrent désormais comme discrédité, partial et instrumentalisé par l’Occident.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-le-proces-d-un-tribunal"><strong>Le procès d’un tribunal</strong></h2>



<p>Dans le communiqué commun, le ton est sans détour. Il est reproché à la CPI d’avoir «&nbsp;<em>dérivé</em>&nbsp;», de s’être «&nbsp;<em>transformée en instrument de répression néocolonial aux mains de l’impérialisme&nbsp;</em>», d’incarner «&nbsp;<em>une justice sélective</em>&nbsp;», voire de faire preuve d’un «&nbsp;<em>mutisme complaisant</em>&nbsp;» face aux crimes des grandes puissances. Pire encore : elle serait incapable de juger les vrais fauteurs de guerre, enfermée dans une logique de deux poids deux mesures, prompt à juger les colonels africains, silencieuse sur les généraux de l’OTAN.</p>



<p>La mise en accusation est sévère. Mais elle n’est pas inédite. D’Omar el-Béchir au Kenya de Uhuru Kenyatta, en passant par les réticences de grandes puissances comme les États-Unis, la Russie ou la Chine (qui n’ont jamais ratifié le Statut de Rome), la CPI a toujours été prise entre deux feux : celui des espoirs déçus du Sud global, et celui des intérêts contrariés des grandes puissances.</p>



<p>En dénonçant ce qu’ils qualifient de&nbsp;<em>« juridiction à géométrie variable</em>&nbsp;», les États de l’AES renversent la table d’un multilatéralisme à leur yeux trop vertical, et entendent affirmer une souveraineté sans concession, y compris dans le domaine de la justice internationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-divorce-a-trois"><strong>Un divorce à trois</strong></h2>



<p>Le retrait est d’autant plus symbolique qu’il intervient dans un moment de recomposition régionale intense. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, tous gouvernés par des autorités militaires, ont fondé en septembre 2023 l’Alliance des États du Sahel (AES), devenue une confédération politico-sécuritaire en juillet 2024, alternative assumée à la CEDEAO. Leur point commun ? Une hostilité partagée à l’ingérence, une critique frontale de la France, et une volonté affirmée de bâtir un ordre nouveau fondé sur des mécanismes endogènes.</p>



<p>C’est au nom de cette vision que les trois pays annoncent vouloir recourir à «&nbsp;<em>des mécanismes de justice internes</em>&nbsp;», censés être plus «&nbsp;<em>adaptés aux valeurs sociétales&nbsp;</em>» et plus efficaces pour «&nbsp;<em>lutter contre toute forme d’impunité</em>&nbsp;». Une souveraineté judiciaire en lieu et place de la juridiction internationale.</p>



<p>Les critiques ne manqueront pas. Ce retrait pourrait être vu, dans certaines capitales, comme une tentative d’éviter d’éventuelles poursuites, dans un contexte de conflit armé permanent et de dénonciations régulières de violations des droits humains. Mais du côté des dirigeants de l’AES, c’est justement ce soupçon de deux poids deux mesures — le fait que certains crimes soient jugés et d&rsquo;autres pas — qui justifie leur sortie.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-ligne-de-fracture"><strong>Ligne de fracture</strong></h2>



<p>L’affaire dépasse la seule question judiciaire. Elle cristallise une fracture grandissante entre deux visions du monde : celle d’un ordre international piloté depuis La Haye, Bruxelles ou New York, et celle d’un espace sahélien réaffirmant son autonomie, quitte à s’isoler davantage. Dans le style martial et souverainiste désormais assumé par Bamako, Niamey et Ouagadougou, le droit international ne saurait être une camisole morale imposée de l’extérieur, mais un outil à façon, construit sur la base des réalités locales.</p>



<p>Ce positionnement séduit, au-delà même du Sahel. Il rejoint une vague montante d’États désillusionnés par le fonctionnement asymétrique des institutions internationales, notamment sur le continent africain, où la CPI a jugé presque exclusivement des ressortissants africains.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-vers-une-justice-sahelienne"><strong>Vers une justice sahélienne ?</strong></h2>



<p>Reste à savoir par quoi sera remplacée cette justice internationale décriée. Des tribunaux régionaux ? Une juridiction de l’AES ? Une cour militaire conjointe ? Pour l’heure, aucune alternative concrète n’a été annoncée. Mais les États membres de l’AES assurent vouloir poursuivre la coopération avec les Nations Unies et d’autres partenaires, dans des «&nbsp;<em>cadres appropriés</em>&nbsp;» — comprenez : dans le respect total de leur souveraineté.</p>



<p>Ce retrait, validé par le président Goïta et par ses homologues le général Abdourahamane Tiani au Niger et le capitaine Ibrahim Traoré au Burkina, s’inscrit dans une stratégie cohérente de désarrimage des institutions héritées de l’ordre post-colonial, au profit d’un recentrage national ou régional. Après les bases militaires françaises, après la CEDEAO, c’est aujourd’hui à la CPI que l’AES tourne le dos.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-geste-lourd-de-sens"><strong>Un geste lourd de sens</strong></h2>



<p>En se retirant du Statut de Rome, l’AES ne tourne pas seulement le dos à une cour de justice. Elle envoie un message politique fort. Elle trace une ligne rouge entre souveraineté réelle et tutelle symbolique, entre indépendance proclamée et dépendance juridique.</p>



<p>Dans une époque où le droit est devenu un champ de bataille diplomatique, le geste de l’AES n’est pas anodin. Il faudra désormais compter avec une justice sahélienne, par et pour les Sahéliens, affranchie des assignations morales venues d’ailleurs. Mais aussi avec ses propres limites, ses propres défis.</p>



<p><strong>A.D</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>AES : l’irréversible basculement qui fait trembler Paris et rassure l’Afrique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chiencoro]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Sep 2025 20:58:39 +0000</pubDate>
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<p>Un sondage sur l'AES révèle un soutien fort en Afrique de l'Ouest malgré les critiques. Lisez les résultats ici.</p>
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<p><strong><em>Deux ans après sa création, l’Alliance des États du Sahel (AES) fascine bien au-delà de ses frontières. Un sondage exclusif réalisé pour Jeune Afrique, révèle que, malgré les critiques officielles et les mises en garde occidentales, les opinions publiques ouest-africaines plébiscitent ce bloc sahélien. Symbole d’une souveraineté reconquise et d’un rejet des tutelles anciennes, l’AES s’impose comme le laboratoire d’une nouvelle ère géopolitique africaine.</em></strong></p>



<p>Il est des chiffres qui valent plus que de longs discours. 77&nbsp;% des citoyens interrogés dans six pays francophones d’Afrique de l’Ouest jugent l’Alliance des États du Sahel (AES) « <em>bonne ou très bonne</em> », selon les résultats d’un sondage publié ce lundi&nbsp;15&nbsp;septembre 2025 par le média panafricain&nbsp;<em>Jeune Afrique</em>. Même en Côte d’Ivoire, fief d’Alassane Ouattara et bastion de l’orthodoxie pro-CEDEAO, 66&nbsp;% des sondés affichent leur approbation. Deux ans après sa création à Bamako, l’AES est devenue plus qu’une alliance militaire. Elle incarne une idée-force, une alternative, presque un rêve collectif, expliquent nos confrères de&nbsp;<em>Jeune Afrique</em>, à la veille du deuxième anniversaire de la signature de la Charte du Liptako-Gourma, le 16&nbsp;septembre 2023.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-s-inventer-un-destin-sans-bequilles-occidentales"><strong>S’inventer un destin sans béquilles occidentales</strong></h2>



<p>Ce n’est pas un détail. Car ce plébiscite populaire survient alors même que les chancelleries occidentales, relayées par certaines ONG, tentent de réduire l’expérience sahélienne à un « <em>espace de non-droit</em> ». Or, la perception est têtue. Ce que voient et retiennent les peuples, ce sont les images fortes — le départ des troupes françaises, la reprise en main des mines d’uranium et d’or, la fin probable du système CFA en ligne de mire, l’affirmation d’une souveraineté assumée. Autant de gestes vécus comme une reconquête de l’indépendance, là où Paris et ses alliés ne veulent y voir qu’un « <em>populisme autoritaire</em> ».</p>



<p>La force de l’AES tient à ce paradoxe, selon les auteurs du sondage. En se libérant du joug françafricain, elle ne convainc pas seulement ses propres citoyens, mais suscite l’admiration des voisins. Et pour cause&nbsp;: dans une Afrique où la jeunesse étouffe sous le chômage, l’endettement et l’arrogance des vieilles élites, l’expérience sahélienne agit comme un électrochoc. Elle prouve qu’il est possible de dire non, de rompre les chaînes et de s’inventer un destin sans béquilles occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-aes-le-tombeau-definitif-de-la-francafrique"><strong>L’AES, le tombeau définitif de la Françafrique</strong></h2>



<p>On le sait, à Paris comme à Abidjan, ce message dérange. Car derrière le sondage, c’est une lame de fond qu’il faut lire&nbsp;: la fin de l’hégémonie française et la décomposition progressive du système CEDEAO. La popularité de l’AES, loin d’être un feu de paille, traduit une recomposition géopolitique irréversible. Une Afrique francophone qui, pour la première fois depuis soixante ans, regarde son avenir sans demander la permission.</p>



<p>Reste une évidence&nbsp;: l’AES n’est pas un épiphénomène, mais le symptôme d’un basculement irréversible. Là où les élites pro-occidentales parlent encore de « <em>sanctions </em>» ou de « <em>retour à l’ordre constitutionnel</em> », les peuples, eux, célèbrent une souveraineté retrouvée. Et si l’Occident, englué dans ses obsessions sécuritaires, voit dans l’alliance sahélienne une menace, les populations y lisent au contraire une promesse — celle d’un avenir où les décisions ne se prennent plus à Paris, mais à Bamako, Ouagadougou ou Niamey.</p>



<p>C’est cette réalité têtue qui ronge aujourd’hui l’influence française et fissure le vieux système CEDEAO. L’histoire retiendra que l’AES a été le tombeau définitif de la Françafrique. Et que, deux ans après sa naissance, ce bloc sahélien aura su imposer à ses voisins — et au monde — une vérité simple : la souveraineté, même balbutiante, reste infiniment plus séduisante que la tutelle éternelle.</p>



<p><strong>Chiencoro Diarra&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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