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	<title>Archives des géopolitique Sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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	<title>Archives des géopolitique Sahel &#8212; Sahel Tribune</title>
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		<title>Azawad : autopsie d&#8217;un mythe géopolitique</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><strong>🔗 Découvrez plus sur notre blog :</strong> <a href="https://votresite.com">Sahel Tribune</a></p>
<p>L’Azawad est-il un territoire historique ou une construction politique récente ? Géographie, ethnologie, démographie et droit international éclairent les réalités d’une revendication au cœur des tensions au Mali.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis 2012, le monde répète le mot Azawad comme s&rsquo;il désignait une nation. La géographie, l&rsquo;ethnologie et le droit international disent autre chose : un pâturage devenu prétexte, une minorité qui parle au nom de peuples qu&rsquo;elle ne représente pas, une revendication qui s&rsquo;étend désormais jusqu&rsquo;au centre du Mali.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2012, le terme Azawad circule dans les chancelleries, les médias internationaux et les résolutions onusiennes comme s&rsquo;il désignait une réalité géographique, historique et ethnique cohérente. Il n&rsquo;en est rien. Un examen rigoureux des sources académiques — géographes, ethnologues, anthropologues, historiens — révèle qu&rsquo;Azawad est d&rsquo;abord un terme pastoral limité, devenu par une opération politique délibérée le nom d&rsquo;un «&nbsp;<em>État</em>&nbsp;» revendiqué sur un territoire immense, multiethnique et fondamentalement malien.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que dit vraiment la géographie : un pâturage, pas un État</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Commençons par l&rsquo;étymologie et la géographie physique, qui sont sans ambiguïté. Le terme Azawad — ou Azaouad dans sa graphie francisée — est d&rsquo;origine berbère. Il vient du tamasheq et signifie littéralement « <em>zone de pâturage</em> » ou « <em>territoire de transhumance</em> ». C&rsquo;est ce que rappelle le Père de Foucauld dans son <a href="https://amzn.to/4a1iwBU" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dictionnaire touareg-français</a> (1940) : « <em>Azaouaġ/Azaouad, région située au nord de Tombouctou.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le géographe Théodore Monod (1958), l&rsquo;une des autorités les plus respectées sur le Sahara, est encore plus précis. Il définit l&rsquo;Azawad comme «&nbsp;<em>toute la région des dunes mortes au nord du Niger, de Tombouctou à Bemba et jusqu&rsquo;au 19e parallèle nord</em>&nbsp;». Les travaux de Heinrich Barth (1858) et du colonel Cortier (1914) convergent vers la même délimitation. La synthèse de ces&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2017-2-page-97?lang=fr&amp;tab=resume">sources académiques</a>&nbsp;est formulée clairement par Poussibet (1961) : l&rsquo;Azawad est «&nbsp;<em>un complexe botanique, physionomique et humain, somme toute assez bien défini, ses limites demeurant sujet à caution selon les interlocuteurs&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En définitive, l&rsquo;Azawad est un « Sahara utile » dont le nom pour le nomade est lié à une idée de nomadisation possible (pâturages, puits) qui se situe grossièrement entre 18°/18°30 et 19°30 N. »</em>, explque-t-on dans <a href="https://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/197" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Encyclopédie berbère</a>, OpenEdition Journals — article « Azawad », d&rsquo;après Théodore Monod, 1958. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut lire cette définition avec attention. L&rsquo;Azawad des géographes est une zone de dunes fixées, pourvue de puits, réservée à l&rsquo;élevage camelin et ovin. Son étendue est approximativement bornée au nord de Tombouctou, entre des latitudes bien précises. C&rsquo;est un espace pastoral, pas une entité politique. Ses limites varient selon les interlocuteurs — ce qui est précisément l&rsquo;inverse de ce que requiert la définition d&rsquo;un État. Nous comprenons dès lors que&nbsp;l&rsquo;Azawad des géographes est une zone de pâturage au nord de Tombouctou et que l&rsquo;Azawad des indépendantistes occupe les deux tiers du Mali.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La fabrication politique d&rsquo;un terme : qui a inventé l&rsquo;Azawad politique ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire de la politisation du terme Azawad est elle-même révélatrice. Selon le général El Hadj Ag Gamou, gouverneur de la région de Kidal et ancien chef militaire touareg, le terme a été introduit pour la première fois dans le champ politique lors des <a href="https://shs.cairn.info/les-touaregs-kel-adagh--9782811106355-page-445?lang=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">accords de Tamanrasset</a> en 1991 par le secrétaire général du Front islamique arabe (FIA), un acteur venu de Mauritanie. Le général Ag Gamou a déclaré publiquement que ni lui-même ni Iyad Ag Ghali, figure historique des rébellions touarègues, n&rsquo;avaient connaissance de ce terme avant ces accords.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette révélation est décisive. Le nom qui prétend incarner une identité territoriale millénaire des Touaregs du Mali aurait donc été introduit dans le vocabulaire politique par un acteur extérieur, dans le cadre d&rsquo;une négociation de paix, en 1991. Ce n&rsquo;est pas une identité immergée qui remonte à la surface : c&rsquo;est une construction politique récente, opérée dans un contexte géopolitique précis, avec des acteurs précis et des intérêts précis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le terme Azawad a été introduit pour la première fois lors des accords de Tamanrasset par le Secrétaire Général du Front Islamique Arabe, venant de Mauritanie. Ni moi-même ni Iyad Ag Ghali n&rsquo;avions connaissance de ce terme avant ces accords. »</em>, a expliqué le Général El Hadj Ag Gamou, gouverneur de la région de Kidal — cité par <a href="https://maliactu.net/lorigine-et-les-controverses-autour-du-terme-azawad/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Maliactu.net</a>, en mars 2025. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1990, le terme n&rsquo;existait pas dans le vocabulaire revendicatif des mouvements armés du nord du Mali. En 1991, il apparaît. En 2012, il devient le nom d&rsquo;un État proclamé unilatéralement. Ce processus de création toponymique au service d&rsquo;une revendication politique mérite d&rsquo;être analysé pour ce qu&rsquo;il est : une opération de construction identitaire a posteriori, et non la reconnaissance d&rsquo;une réalité préexistante.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La géographie humaine contredit la thèse séparatiste : qui vit dans l&rsquo;Azawad revendiqué ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;argument le plus dévastateur contre la cohérence du projet d&rsquo;Azawad est démographique. Le MNLA, dans sa <a href="https://www.ouestaf.com/declaration-dindependance-de-lazawad-le-texte-integral/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">déclaration d&rsquo;indépendance du 6 avril 2012</a>, revendique un territoire correspondant aux trois régions administratives maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao. En 2026, le Front pour la libération de l&rsquo;Azawad (FLA) étend cette revendication aux régions de Ménaka et à des parties de Mopti, au centre du pays. De quel peuple ce territoire est-il donc peuplé ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres du <a href="https://www.instat-mali.org/laravel-filemanager/files/shares/rgph/repvil09_rgph.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">recensement de 2009</a> sont sans appel. La région de Gao compte 544 120 habitants, la région de Tombouctou 681 691 habitants, la région de Kidal 67 638 habitants — soit un total d&rsquo;environ 1,3 million de personnes pour les trois régions initiales. La composition ethnique de cet ensemble est une mosaïque : Songhay, Peuls, Arabes, Touaregs, Bellah, Kounta, Maures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;anthropologue américain William G. Moseley, de Macalester College, est particulièrement clair sur ce point dans son analyse publiée par la&nbsp;<em>Society for Cultural Anthropology</em>&nbsp;en 2013. La notion d&rsquo;État ethnique est d&rsquo;origine européenne — elle fut le principe organisateur de plusieurs États d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est après la Première Guerre mondiale. Appliquée à l&rsquo;Afrique, et particulièrement au Mali, elle se heurte à une réalité fondamentale : le paysage africain est d&rsquo;une diversité remarquable, avec différents groupes qui poursuivent des stratégies d&rsquo;existence distinctes et complémentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« The reality is that the Tuareg are an ethnic minority in much of the territory claimed as Azawad within Mali.&nbsp;</em><em>A complicating factor is that ethnic territories have rarely existed in much of Africa. » (</em>La réalité est que les Touaregs sont une minorité ethnique dans une grande partie du territoire revendiqué comme Azawad au Mali. Un facteur compliqué&nbsp;estque les territoires ethniques ont rarement existé dans une grande partie de l’Afrique.), souligne William G. Moseley, géographe, Macalester College, dans «&nbsp;<em><a href="https://www.culanth.org/fieldsights/azawad-a-problematic-african-ethnic-territory">Azawad: A Problematic African Ethnic Territory</a></em>&nbsp;» (Azawad : un territoire ethnique&nbsp;africain problématique), publié dans la revue&nbsp;<em>Society for Cultural Anthropology</em>, en 2013.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité est confirmée par le géographe Charles Grémont de l&rsquo;IFRI, dont <a href="https://www.ifri.org/sites/default/files/migrated_files/documents/atoms/files/gremont_touaregs_et_arabes.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les travaux sur les Touaregs et les Arabes du nord-Mali</a> font autorité : les Songhay, les Arma et les Peuls constituent « <em>la majorité démographique des régions de Tombouctou et de Gao</em> ». Le MNLA revendique donc des territoires où sa propre base ethnique est numériquement minoritaire. Cette contradiction n&rsquo;a jamais été sérieusement résolue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;extension vers Mopti : quand le mythe dévore le centre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend la situation de 2026, voire depuis 2012, particulièrement grave, c&rsquo;est l&rsquo;extension des revendications vers le sud. Si le terme Azawad pouvait, à la rigueur, être défendu comme désignant un espace pastoral du nord du Mali — même en forçant considérablement la définition géographique originelle —, son extension aux parties de Mopti, région du centre du pays, constitue une rupture qualitative qui révèle la logique de conquête territoriale à l&rsquo;œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mopti, c&rsquo;est la région des falaises de Bandiagara, le pays Dogon, la vallée du Delta intérieur du Niger, l&rsquo;une des zones agricoles et culturelles les plus riches du Mali. Elle n&rsquo;a jamais, dans aucune source académique, dans aucun texte d&rsquo;historien, de géographe ou d&rsquo;anthropologue, été incluse dans la zone pastorale désignée par le terme Azawad. L&rsquo;étendre jusqu&rsquo;à Mopti, c&rsquo;est abandonner toute prétention à une légitimité géographique ou historique pour entrer dans la pure revendication expansionniste.&nbsp;Quand le<em>&nbsp;« territoire de pâturage »&nbsp;</em>de Théodore Monod devient un État s&rsquo;étendant jusqu&rsquo;au centre du Mali, nous ne sommes plus dans la géographie. Nous sommes dans la géopolitique de la fragmentation.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le droit international et la règle de&nbsp;<em>l&rsquo;uti possidetis</em>&nbsp;: le cadre juridique qui tranche</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan du droit international, la question est également résolue — et depuis longtemps. Le principe de <em>l&rsquo;uti possidetis juris</em>, consacré par la <a href="https://www.peaceau.org/uploads/charte-de-l-oua-fr.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charte de l&rsquo;Organisation de l&rsquo;unité africaine de 1963</a> et confirmé par la <a href="https://www.icj-cij.org/fr/affaire/69" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cour internationale de justice dans l&rsquo;affaire Burkina Faso c. Mali de 1986</a>, établit que les frontières issues de la décolonisation sont intangibles. Ce principe n&rsquo;est pas un hommage nostalgique au colonisateur : c&rsquo;est une règle de stabilité adoptée par les États africains eux-mêmes pour éviter que le continent ne sombre dans une série de guerres de redécoupage territorial aux conséquences imprévisibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration d&rsquo;indépendance du MNLA du 6 avril 2012 n&rsquo;a reçu <a href="file:///Users/samesidibe/Downloads/de%CC%81claration%20d'inde%CC%81pendance%20du%20MNLA%20du%206%20avril%202012" target="_blank" rel="noreferrer noopener">aucune reconnaissance internationale</a> — ni de l&rsquo;Union africaine, ni de la CEDEAO, ni des Nations unies, ni d&rsquo;un seul État au monde. Ce rejet unanime n&rsquo;est pas le fruit d&rsquo;un complot antiafricain ou d&rsquo;une solidarité aveugle avec Bamako : il reflète l&rsquo;application d&rsquo;un principe juridique fondamental que les États africains ont eux-mêmes posé comme condition de leur coexistence pacifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le MNLA revendique l&rsquo;autodétermination et l&rsquo;indépendance de l&rsquo;Azawad qui correspond aux trois régions maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao. Le gouvernement malien refuse ces revendications, défendant l&rsquo;intégrité du territoire malien. »</em>, lit-on dans&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_touar%C3%A8gue_de_2012">Rébellion touarègue de 2012</a>, sur Wikipedia. Un article qui résume les positions des parties</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La perfidie d&rsquo;une alliance avec le terrorisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un dernier élément mérite d&rsquo;être nommé clairement. La rébellion de 2012 a été menée conjointement par le MNLA et le mouvement salafiste Ansar Dine, allié d&rsquo;Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). C&rsquo;est dans ce cadre que les villes de Kidal, Gao et Tombouctou ont été prises. Le MNLA s&rsquo;est ensuite retrouvé rapidement marginalisé par ses alliés islamistes — preuves que les terroristes avaient leur propre agenda, qui n&rsquo;avait rien à voir avec les droits des Touaregs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que les mausolées de Tombouctou — patrimoine mondial de l&rsquo;humanité, témoins de la civilisation islamique de l&rsquo;Empire Songhaï et de la puissance culturelle du Mali précolonial — aient été détruits méthodiquement par ces mêmes alliés dit tout sur la nature de ce projet. Il ne s&rsquo;agissait pas de libérer un peuple : il s&rsquo;agissait de détruire un État, une civilisation, une mémoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;alliance objective entre séparatisme touareg et terroriste international n&rsquo;est pas une anomalie de 2012 : elle s&rsquo;est reproduite sous <a href="https://saheltribune.com/mali-pourquoi-lalliance-de-dupe-entre-le-fla-et-le-jnim-pourrait-rapidement-imploser/">différentes formes jusqu&rsquo;en 2026.</a> Les groupes armés qui revendiquent l&rsquo;Azawad opèrent dans les mêmes espaces, utilisent les mêmes routes, contrôlent les mêmes trafics que les organisations terroristes qui ensanglantent le Sahel. Cette co-présence n&rsquo;est pas une coïncidence géographique. Elle est une convergence stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ce que l&rsquo;Azawad dit de nous</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Déconstruire le mythe de l&rsquo;Azawad n&rsquo;est pas nier la diversité culturelle du Mali, ni minimiser les souffrances réelles des populations touarègues qui ont subi des politiques de développement inégales et, parfois, des répressions injustes. Ces réalités existent et méritent d&rsquo;être prises au sérieux dans tout processus de réconciliation nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a une différence fondamentale entre reconnaître la diversité d&rsquo;un État et légitimer sa fragmentation au profit d&rsquo;une minorité ethnique qui prétend représenter des populations dont elle n&rsquo;a jamais reçu le mandat démocratique. Le nord du Mali appartient à tous ceux qui y vivent : Songhay, Peuls, Arabes, Bellah, Touaregs. Il n&rsquo;appartient pas exclusivement aux groupes armés qui ont choisi la violence comme mode de négociation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Azawad des géographes — Théodore Monod, Heinrich Barth, le Père de Foucauld — est une zone pastorale limitée au nord de Tombouctou. L&rsquo;Azawad des indépendantistes est un État imaginaire qui s&rsquo;étend jusqu&rsquo;au centre du Mali. Entre ces deux définitions, il n&rsquo;y a pas un désaccord sémantique. Il y a un projet politique de démembrement d&rsquo;un État souverain, habillé en revendication identitaire, soutenu par des acteurs extérieurs aux intérêts bien précis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les peuples africains méritent mieux que cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Foula D. Massé</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : pourquoi les infrastructures financées par la Russie attirent l’attention de l’Afrique</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Au Mali, la Russie finance écoles, crèches, centres de santé, mosquées et stades. Une diplomatie du concret qui renforce l’influence de Moscou dans un Sahel en pleine recomposition géopolitique.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À la base aérienne 101 de Sénou, une cérémonie sobre a marqué la remise d&rsquo;installations sociales financées par le ministère russe de la Défense. Stades, crèches, centres de santé, lieux de culte : dans un Mali en quête de partenaires fiables, Moscou soigne son image — et ses intérêts — par le béton autant que par les armes.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La base aérienne 101 de Sénou, aux portes de Bamako, n&rsquo;est pas un lieu anodin. C&rsquo;est là que transitent les aéronefs militaires, là que se nouent les coopérations opérationnelles. C&rsquo;est là aussi, désormais, que la Russie a choisi de poser une autre pierre — symbolique — de son partenariat avec le Mali : un stade de deux hectares, avec tribunes, vestiaires et sanitaires, offert aux militaires maliens par le ministère russe de la Défense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie de remise, sobre et bien organisée, était représentative de la méthode russe en Afrique : présence militaire discrète, mais gestes civils très visibles. Le commandant de la région aérienne n°1, le colonel Abdoulaye Diakité, et le commandant de la base, le lieutenant-colonel Mohamed Sangaré, ont exprimé leur gratitude au nom des forces armées maliennes. Le représentant du ministère russe de la Défense, lui, a tenu à replacer l&rsquo;événement dans une perspective plus large.&nbsp;<em>« Aujourd&rsquo;hui, nous ne remettons pas seulement ce nouveau stade. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;une partie d&rsquo;un projet de grande envergure mené dans plusieurs villes du pays, visant le développement durable du Mali. »</em>&nbsp;selon le Représentant du ministère russe de la Défense.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des infrastructures du quotidien, pas seulement des armes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue cette initiative des coopérations militaires classiques, c&rsquo;est précisément son ancrage dans le tissu social malien. Il ne s&rsquo;agit pas de livraisons de matériel de guerre ni de formations tactiques — même si cela existe par ailleurs. Il s&rsquo;agit de crèches, d&rsquo;écoles, de centres de santé, de mosquées, d&rsquo;églises. Des structures qui servent les populations civiles, dans des villes qui en ont cruellement besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Kolokani, ville du centre-nord du pays, six équipements ont été livrés dans le cadre du programme : une crèche, deux écoles, une église, une mosquée et un centre de santé. À Bamako même, sept installations supplémentaires ont été remises — une école, deux crèches, deux centres de santé, une mosquée et une église. À Banankoro, un terrain de sport multifonctionnel a été entièrement reconstruit.</p>



<figure class="wp-block-table aligncenter"><div class="pcrstb-wrap"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td><img fetchpriority="high" decoding="async" width="452" height="542" src="blob:https://saheltribune.com/bc204c24-0a40-438d-914d-3836f45e3b4e"></td></tr></tbody></table></div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une diplomatie du concret qui interpelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où l&rsquo;aide publique au développement occidentale est de plus en plus contestée — perçue comme conditionnée, lente, ou déconnectée des besoins réels — la méthode russe tranche par sa rapidité d&rsquo;exécution et son pragmatisme affiché. On ne demande pas d&rsquo;audit préalable, pas de conditionnalités de gouvernance, pas de rapports trimestriels. On construit, on livre, on inaugure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les populations maliennes, qui voient depuis des années des promesses d&rsquo;infrastructure se heurter à des procédures interminables, cette approche a un attrait indéniable. Les bâtiments existent. Les enfants peuvent y aller à l&rsquo;école. Les malades peuvent y être soignés. Le colonel Diakité a souligné que le stade livré à Sénou «&nbsp;<em>symbolise la durabilité des relations entre les personnels militaires maliens et leurs partenaires russes</em>&nbsp;» — une formule qui dépasse largement le domaine sportif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Fruit du soutien financier du partenaire russe, cette nouvelle infrastructure contribuera à offrir aux hommes un cadre adéquat et sécurisé pour la pratique du sport. Ce geste illustre la solide coopération entre le Mali et la Russie, inscrite dans un partenariat fécond et dynamique. »</em>, rapporte l’agence African initiative.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Au-delà du Mali : un modèle qui essaime</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le programme malien n&rsquo;est pas isolé. Il s&rsquo;inscrit dans une stratégie russe d&rsquo;implantation en Afrique subsaharienne qui combine présence sécuritaire, fourniture de ressources critiques et investissements dans les infrastructures sociales. En avril 2026, quelques semaines avant la cérémonie de Sénou, le ministère russe de la Défense avait déjà remis aux forces armées maliennes du matériel destiné au traitement de l&rsquo;eau et à la production d&rsquo;électricité dans les régions reculées — deux besoins essentiels dans un pays où des millions de personnes vivent sans accès fiable à ces ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche multidimensionnelle — sécuritaire, énergétique, sociale — illustre la profondeur de la reconfiguration des alliances en cours sur le continent. Pour Bamako, comme pour d&rsquo;autres capitales africaines qui ont choisi de diversifier leurs partenariats, l&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas idéologique. Il est pragmatique : qui construit, qui livre, qui reste quand la situation se complique ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La jeunesse, horizon stratégique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le représentant russe a insisté sur un point : les réalisations livrées profiteront «&nbsp;<em>avant tout à la jeune génération</em>&nbsp;». La formule n&rsquo;est pas anodine. Dans un pays où la moitié de la population a moins de 18 ans, investir dans les écoles, les crèches et les espaces sportifs, c&rsquo;est investir dans le capital humain de demain — et, incidemment, dans l&rsquo;image d&rsquo;un partenaire bienveillant auprès de générations qui construiront les alliances de l&rsquo;avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;Afrique qui observe, la leçon est claire : la coopération la plus durable n&rsquo;est pas celle qui se négocie dans les salles de conférence ou s&rsquo;affiche dans les communiqués diplomatiques. C&rsquo;est celle qui se construit brique par brique, dans les quartiers, les écoles et les terrains de sport. Sur ce terrain-là, Moscou est en train de marquer des points.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : la France joue-t-elle avec le feu en soutenant les rebelles touaregs ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2026 07:47:01 +0000</pubDate>
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<p>Des révélations sur des liens entre rebelles touaregs, renseignement ukrainien et anciens légionnaires relancent les accusations du Mali contre la France dans la crise sécuritaire au Sahel.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Des révélations sur des liens entre rebelles touaregs, renseignement ukrainien et anciens légionnaires relancent les accusations du Mali contre la France dans la crise sécuritaire au Sahel.</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 25 avril 2026, le Mali vit au rythme d&rsquo;une offensive d&rsquo;une ampleur inédite. Le Front de Libération de l&rsquo;Azawad (FLA), coalition des mouvements rebelles touaregs et arabes, et le JNIM — branche officielle d&rsquo;Al-Qaïda au Sahel — ont engagé des attaques coordonnées sur plusieurs fronts simultanément : Kidal, Gao, Mopti, et jusqu&rsquo;aux abords de Bamako. Cette alliance de circonstance, aussi surprenante que redoutable, leur permet la facilité de mobilité et la multiplication des attaques terroristes.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des ex-légionnaires dans l&rsquo;ombre du conflit</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte explosif que le journaliste Georges Malbrunot, du&nbsp;<em>Figaro</em>&nbsp;et de RTL, a levé un coin du voile. Selon une source sécuritaire française, des unités du renseignement militaire ukrainien — le GUR — opèrent en coordination avec les rebelles touaregs. Parmi elles, quelques dizaines d&rsquo;ex-légionnaires ukrainiens francophones, anciens membres de la Légion étrangère française, déployés pour former, conseiller et appuyer militairement les forces du FLA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France, officiellement chassée du Mali entre 2022 et 2023, continue donc d&rsquo;agir en sous-main, en jouant sur le vivier de militaires ukrainiens passés par ses rangs. Le schéma répond à une logique d&rsquo;intérêts croisés : les rebelles touaregs cherchent à affaiblir les autorités maliennes de la transition; Kiev et Paris, eux, veulent faire mordre la poussière aux militaires russes de l&rsquo;Africa Corps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas une première. Dès le début de l&rsquo;année 2025, le renseignement ukrainien avait proposé aux autorités françaises un plan détaillé pour déloger les autorités de la transition&nbsp;&nbsp;du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger) et faire reculer l&rsquo;influence russe. Paris avait alors décliné, ne souhaitant pas apparaître, même de manière déguisée. Cette fois, le verrou est levé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un jeu de billard à plusieurs bandes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le «&nbsp;<em>paravent ukrainien</em>&nbsp;» offre à la France un avantage décisif : ne pas coopérer directement avec des djihadistes classés organisations terroristes, tout en entretenant des liens historiques bien connus avec les Touaregs, qui revendiquent l&rsquo;indépendance de leur région. En clair : soutenir techniquement — notamment en matière de transmissions — des rebelles alliés de circonstance à Al-Qaïda, sans en assumer officiellement la responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Problème : le JNIM n&rsquo;est pas un groupe local anodin. Il s&rsquo;inscrit dans une mouvance terroriste qui a revendiqué ou inspiré des attentats à Madrid, Londres, Paris et Nice. En cherchant à affaiblir le régime pro-russe de Bamako, Paris prend le risque de renforcer, même indirectement, un ennemi stratégique de premier ordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes, a reconnu sur X une aide ukrainienne limitée au FLA en 2024, tout en démentant que cette aide soit toujours active et en rejetant tout lien entre la France et le JNIM. Les autorités françaises, elles, sont restées muettes. Le ministère des Armées s&rsquo;est borné à indiquer que si des militaires ukrainiens avaient quitté la Légion étrangère pour servir l&rsquo;Ukraine «&nbsp;<em>de la manière qu&rsquo;ils jugent utile</em>&nbsp;», Paris n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre commentaire à formuler. Un silence éloquent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La logique du moindre mal</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, le Mali a saisi le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, en août 2022, en vue de présenter les preuves du soutien de la France aux groupes terroristes évoluant sur son territoire, notamment par la fourniture de renseignements et d’équipements. Dans une correspondance datée du 16 août et signée par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, le Mali a sollicité la tenue d’une réunion d’urgence afin d’examiner la situation sécuritaire du pays. Mais rien ne fut fait.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le gouvernement du Mali a annoncé la rupture immédiate de ses relations diplomatiques avec l’Ukraine, invoquant une «&nbsp;<em>implication reconnue et assumée</em>&nbsp;» de Kiev dans les affrontements survenus fin juillet à Tinzaouatene, dans la région de Kidal, entre les Forces armées maliennes, les rebelles du CSP-DPA et des groupes affiliés à al-Qaïda. Dans un communiqué relayé par le porte-parole du gouvernement, l’actuel Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, les autorités maliennes affirmaient que cette implication a été mise en évidence par une vidéo publiée par l’ambassade d’Ukraine à Dakar, dans laquelle le responsable du renseignement militaire ukrainien, Andriy Yusov, se félicitait d’avoir fourni des informations aux rebelles avant les combats, tandis que l’ambassadeur Yurii Pyvovarov y exprimait son soutien. La diffusion de cette séquence a conduit les autorités sénégalaises à convoquer l’ambassadeur ukrainien pour lui rappeler ses obligations de retenue et de non-ingérence, avant que la vidéo ne soit retirée des réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités maliennes ont toujours soutenu que la crise sécuritaire sur leur espace est créée et soutenue par des acteurs extérieurs avec l’appui d’acteurs intérieurs tel que les derniers évènements en date du 25 avril dernier le prouvent. Les investigations du Tribunal militaire de Bamako ont permis d’établir les faits&nbsp;: «&nbsp;<em>Les investigations menées ont permis, à ce stade, d&rsquo;établir un faisceau d&rsquo;éléments solides relatifs à la complicité de certains militaires, militaires radiés ou en instance de radiation de l&rsquo;effectif, notamment leur participation à la planification, à la coordination et à l&rsquo;exécution des attaques sus indiquées avec l&rsquo;implication notoire de certains hommes politiques, dont le Docteur Oumar Mariko.</em>&nbsp;», lit-on dans le communiqué du 1<sup>er</sup>&nbsp;mai du Procureur de la République près le tribunal militaire de Bamako&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En hiérarchisant ses ennemis — les Russes avant les jihadistes — la France s&rsquo;expose à une accusation lourde : celle d&rsquo;avoir, au nom du pragmatisme géopolitique, contribué à l&rsquo;expansion territoriale et logistique d&rsquo;une organisation affiliée à Al-Qaïda, dans l&rsquo;une des régions jugées les plus instables du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La froide réalité du terrain a parfois ses propres règles. Elle a rarement ses propres garde-fous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oumarou Fomba&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Mali : comprendre la nouvelle nature de la guerre au Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mikailou Cissé]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
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<p>Analyse des nouvelles dynamiques de la guerre au Sahel : évolution de la menace terroriste, rôle du Mali et de l’AES, importance de la cohésion sociale et des légitimités locales dans la stabilisation régionale.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au Sahel, la lutte contre le terrorisme ne se limite plus à un affrontement militaire classique. Elle s’inscrit désormais dans une conflictualité complexe mêlant enjeux sécuritaires et recompositions géopolitiques. Au cœur de cette dynamique, le Mali et l’Alliance des États du Sahel (AES) apparaissent comme un laboratoire des transformations contemporaines de la guerre.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La guerre antiterroriste menée par les États du Sahel ne relève plus des schémas classiques de la conflictualité enseignés dans les doctrines militaires traditionnelles. Elle s’impose désormais comme un phénomène global, où s’entrecroisent dynamiques sécuritaires, crises de légitimité, tensions socio-économiques et recompositions géopolitiques, le tout structuré autour d’un enjeu central : la souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet environnement instable, le Mali, au cœur de l’Alliance des États du Sahel (AES), ne constitue pas seulement un théâtre d’opérations, mais un espace révélateur des mutations contemporaines de la guerre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le déplacement du centre de gravité de la menace</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’évolution récente du conflit met en évidence un déplacement du centre de gravité de la menace. Longtemps confinée aux zones rurales et aux espaces périphériques, l’action des groupes armés s’oriente désormais vers les centres urbains et les lieux de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique traduit une stratégie de pression diffuse : il ne s’agit plus prioritairement de conquérir des territoires, mais de fragiliser l’État dans ses fonctions essentielles. En perturbant la continuité institutionnelle, en érodant la crédibilité des autorités et en exacerbant les fractures sociales, ces groupes visent une désorganisation progressive du corps politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette évolution, les autorités maliennes ont réaffirmé la primauté de la sécurité et de l’intégrité territoriale, notamment à travers les orientations issues du Conseil supérieur de la défense nationale du 29 avril 2026.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une réponse militaire nécessaire mais insuffisante</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les opérations menées par les Forces armées maliennes (FAMa), en coordination avec la Force unifiée de l’AES, témoignent d’une reprise d’initiative. Sécurisation des axes routiers, escortes de convois et neutralisation de groupes armés indiquent une adaptation progressive à une menace mobile et durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette montée en puissance militaire, bien que nécessaire, ne saurait suffire. La nature du conflit impose un changement de cadre d’analyse : il ne s’agit plus d’une confrontation linéaire entre armées régulières et groupes irréguliers, mais d’une guerre diffuse visant les structures profondes des sociétés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En s’attaquant aux économies locales, aux mécanismes de régulation sociale et au lien de confiance entre populations et institutions, les groupes armés déplacent le champ de bataille vers le tissu social lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le rôle stratégique des autorités traditionnelles et religieuses</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, les légitimités traditionnelles et religieuses apparaissent comme des acteurs stratégiques de premier plan. Ancrées dans les communautés et dotées d’une autorité sociale souvent antérieure à l’État moderne, elles jouent un rôle essentiel dans la régulation des conflits locaux et la cohésion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur affaiblissement a, dans certaines zones, facilité l’implantation des groupes armés. À l’inverse, leur réintégration dans les dispositifs de stabilisation peut contribuer à restaurer l’autorité et à reconstruire le lien social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La reconnaissance de leur rôle dans le cadre institutionnel constitue une avancée, mais leur efficacité dépendra de leur intégration opérationnelle dans les politiques publiques territoriales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’AES, une tentative de réponse régionale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À l’échelle régionale, la mise en place de la Force unifiée de l’AES marque une inflexion stratégique significative. En mutualisant les moyens militaires, en coordonnant le renseignement et en harmonisant les opérations, le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent dépasser les limites des réponses strictement nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique traduit une volonté de réappropriation collective de la sécurité, fondée sur une souveraineté assumée et partagée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette recomposition s’inscrit dans un environnement géopolitique complexe. Les États sahélo-sahariens évoluent dans un espace traversé par des rivalités d’influence, des intérêts économiques divergents et des alliances fluctuantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une stabilisation qui dépend aussi du lien social</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité d’un État repose sur un équilibre constant entre capacité militaire, solidité institutionnelle et cohésion sociale. Or, dans le contexte sahélien, cette cohésion est devenue un espace central de confrontation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les groupes armés ne ciblent plus uniquement les forces de défense : ils exploitent les fractures sociales, attisent les tensions communautaires et installent une insécurité durable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la guerre au Sahel ne peut être comprise à travers les seules catégories du terrorisme ou de la conflictualité classique. Elle se situe à l’intersection du militaire, du politique et du social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa résolution suppose une approche intégrée, combinant action sécuritaire, gouvernance territoriale, mobilisation des légitimités locales et coopération régionale. C’est de cette articulation, plus que de la seule intensité des opérations militaires, que dépendra la stabilisation durable du Mali et de l’ensemble de l’espace sahélien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mikaïlou Cissé&nbsp;</strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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		<title>Géopolitique : les raisons de l’obsession continue de la France pour le Sahel</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sahel Tribune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 10:20:16 +0000</pubDate>
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<p>L'obsession de la France pour le Sahel : lutte antiterroriste, rivalités géopolitiques et héritage complexe à découvrir.</p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Malgré le retrait de ses troupes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, Paris continue de suivre de près les recompositions politiques et sécuritaires de la région. Entre lutte antiterroriste, rivalités géopolitiques et héritage postcolonial, le Sahel demeure pour la France un enjeu stratégique majeur.</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus d’une décennie après le lancement de l’opération Serval puis de l’opération Barkhane, la France continue d’accorder une attention particulière au Sahel, bien qu’elle ait été poussée à la sortie par les autorités dirigeantes des pays du sahel — le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui se sont retirés de la CEDEAO et ont formé la confédération des États du Sahel (AES) en juillet 2024.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La région des trois frontières reste au cœur de la réflexion stratégique de la France, pour laquelle le Sahel demeure un espace clé dans la lutte contre les groupes terroriste liés à Al-Qaïda ou à l’État islamique, considérés comme une menace potentielle pour l’Europe.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-la-crainte-d-une-destabilisation-de-l-afrique-de-l-ouest"><strong>La crainte d</strong><strong>’</strong><strong>une déstabilisation de l</strong><strong>’</strong><strong>Afrique de l</strong><strong>’</strong><strong>Ouest</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2013, Paris présente la bande sahélo-saharienne comme un «&nbsp;<em>front avancé</em>&nbsp;» contre le terrorisme international. Une lecture sécuritaire qui continue de structurer la politique française dans la région, même après la fin officielle de ses grandes opérations militaires, pour leur inefficacité sur ces sols africains et leur inadaptation aux enjeux des conflits qui menacent ces régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les stratèges français, l’enjeu dépasse largement les frontières du Sahel. L’une des principales inquiétudes concerne l’extension des violences vers les pays du golfe de Guinée, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire ou le Ghana, dont la plupart —selon des experts sécuritaires de la région — constitueraient des bases-arrières pour les groupes terroristes. En effet, selon international Crisis group, bien que des attaques ne soient pas encore enregistrées sur le sol de ces pays du golfe, il faut comprendre que les terroristes sont bien présents puisqu’ils se retirent dans ces zones pour se reposer ou se soigner. Certains États auraient même signé des sortes de pacte de non-agression avec ces groupes afin de leur servir de refuge.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette hypothèse d’une «&nbsp;<em>contagion</em>&nbsp;» terroriste transformerait une crise sahélienne en crise régionale majeure. C’est pourquoi Paris continuerait de soutenir, politiquement et diplomatiquement, les initiatives de coopération sécuritaire dans la région. Mais tout observateur averti sait que cette explication n’est que de la poudre de perlimpinpin. Car la réalité est bien tout autre. Il s’agit bien de la défense des intérêts particuliers de la France.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, c’est cet aspect du terrorisme que la France d’Emmanuel Macron refuse de dire à la face du monde. Le terrorisme — au nom duquel elle tentait de maintenir les pays du sahel sous perfusion de façon éternelle — est bien une crise entretenue et soutenue par elle. Il ne s’agit point là d’une vilaine théorie du complot, mais plutôt l’exposition des dessous d’une diplomatie erronée depuis des années. La France jouait juste au pompier pyromane depuis tous ces temps passés au chevet des pays du sahel, qui ont réussi à se réveiller finalement de leur «&nbsp;<em>sommeil dogmatique</em>&nbsp;», dans laquelle la communauté internationale les avait maintenus prisonnier.&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-des-interets-economiques-et-energetiques-en-jeu"><strong>Des intérêts économiques et énergétiques en jeu</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel représente également un enjeu économique non négligeable pour la France. Pendant longtemps, le Niger a été l’un des principaux fournisseurs d’uranium alimentant le parc nucléaire français.&nbsp;Même si les équilibres ont évolué ces dernières années, la sécurisation des ressources stratégiques et des investissements demeure un facteur important dans l’attention portée par Paris à la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des matières premières, les entreprises françaises restent présentes dans plusieurs secteurs clés, notamment les infrastructures, les télécommunications ou encore les projets de développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La présence française dans ces États s’est souvent caractérisée, sur le plan économique, par une extraversion des richesses. Ce système a longtemps fait de ces pays de grands producteurs de matières premières, mais rarement des acteurs de leur transformation. Ainsi, plus ils produisent, plus ils semblent s’appauvrir et exprimer le besoin d’aide humanitaire. Paradoxalement, ces aides proviennent souvent des richesses qu’ils ont eux-mêmes produites, exportées à l’état brut, puis transformées ailleurs avant d’être réintroduites sous forme d’assistance ou revendues à un coût plus élevé. Cette dynamique explique aussi la multiplication des ONG, notamment françaises et de leurs partenaires, intervenant dans le domaine humanitaire pour porter assistance à des populations confrontées à une pauvreté que certains estiment structurellement entretenue.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Ils ont fait de nos pays des consommateurs et non des producteurs&nbsp;</em>», déplorait le président malien de la transition, le général Assimi Goïta, tout en expliquant que leur engagement sur la voie de la souveraineté économique en vue de faire sortir le pays de cette spirale. Dans une interview accordée aux médias nationaux et internationaux à l’occasion du 1<sup>er</sup>anniversaire de la proclamation de la Révolution Progressiste Populaire (RPP), le 2 avril 2026, le président du Faso, le captaine Ibrahim Traoré exhortait les journalistes à une fouille sur les activités réeelles des ONG dans les pays du sahel. Aussi expliquait-il la raison fondamentale de la politique du consommé local et du soutien aux petites entreprises évoluant dans ce secteur. Le but est de diminuer les exportations tout en encourgeant la production locale.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce propos, une réflexion de Platon vient à l’esprit, notamment sa célèbre métaphore du berger, utilisée pour définir la justice et le rôle du dirigeant. Selon le philosophe grec, le berger doit agir pour le bien de son troupeau et non pour son propre intérêt ; autrement, il cesse d’être un véritable berger pour devenir un simple mercenaire. Appliquée au contexte de notre réflexion, cette métaphore conduit à considérer que la présence française au Sahel a davantage servi les intérêts stratégiques de la France que ceux des États et des populations de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-un-heritage-postcolonial-difficile-a-depasser"><strong>Un héritage postcolonial difficile à dépasser</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La dimension migratoire joue également un rôle central. Pour la France et l’Union européenne, la stabilité du Sahel est souvent associée à la gestion des flux migratoires vers l’Europe.&nbsp;Dans cette logique, la région est devenue un espace stratégique de coopération avec les États africains pour tenter de contrôler les routes migratoires reliant l’Afrique subsaharienne à la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire pèse lourd dans la relation entre la France et le Sahel. Les pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger faisaient autrefois partie de l’empire colonial français. Cet héritage explique en partie la densité des liens militaires, linguistiques et économiques qui se sont maintenus après les indépendances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette histoire nourrit aussi une défiance croissante. Dans plusieurs capitales sahéliennes, la présence française se traduit par la perpétuation d’une forme d’ingérence ou de néocolonialisme, hérités de la période coloniale, restent un sujet de débat depuis les indépendances des années 1960. Dans la vie politique de ces États, la main invisible de la France a longtemps été dénoncée, notamment lors de certains processus électoraux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux coups d’État survenus dans la région sont également attribués, par certains observateurs, à l’influence de Paris, accusé d’avoir soutenu ou facilité des changements de régime lorsque l’orientation politique de certains dirigeants ne correspondait plus à ses intérêts stratégiques. Cette perception renvoie à plusieurs épisodes de l’histoire politique africaine, notamment le renversement de Modibo Keïta au Mali en 1968, les tensions avec la Guinée de Sékou Touré après l’indépendance, ou encore l’intervention internationale en 2011 en Libye, qui s’est soldée par la mort de Mouammar Kadhafi.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-une-rivalite-geopolitique-accrue"><strong>Une rivalité géopolitique accrue</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La présence française dans la région s’est également heurtée ces dernières années à la montée en puissance d’autres acteurs internationaux. La Russie, la Turquie ou encore la Chine renforcent leurs partenariats sécuritaires, économiques ou diplomatiques avec les États sahéliens.&nbsp;Pour Paris, cette recomposition géopolitique représente un défi majeur. La perte d’influence dans certains pays du Sahel est souvent analysée comme un recul stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Sahel est aussi devenu un enjeu de crédibilité pour la diplomatie française. La France a longtemps été le principal moteur de la mobilisation internationale dans la région, notamment en cherchant à impliquer ses partenaires européens dans la gestion de la crise sécuritaire — souvent pour ses propres intérêts. Car certains observateurs rapportent que des financements étaient débloqués, notamment pour le G5 Sahel, sans qu’ils atteignent les pays sahéliens, censés être pourtant les véritables bénéficiaires.&nbsp;Mais si elle venait à reconnaître un échec total dans le dossier sahélien, cela pourrait fragiliser son rôle de puissance d’initiative sur d’autres dossiers internationaux. C’est pourquoi elle tente tous les voies et moyens pour revenir dans ces États.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="h-l-inertie-de-l-appareil-politico-militaire"><strong>L</strong><strong>’</strong><strong>inertie de l</strong><strong>’</strong><strong>appareil politico-militaire</strong><strong></strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des années, les opérations au Sahel ont profondément marqué l’appareil militaire et diplomatique français. De nombreux responsables ont construit leur expérience et leur légitimité sur ces engagements. Cette réalité institutionnelle contribue à maintenir la région au cœur des priorités stratégiques françaises, même après la réduction drastique de la présence militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs centres de recherche et ONG soulignent un décalage entre les objectifs affichés par Paris — stabilisation, développement, lutte contre le terrorisme — et les résultats obtenus sur le terrain. La France peine encore à redéfinir complètement sa stratégie africaine, restant en partie prisonnière des cadres d’analyse forgés au début des années 2010.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des considérations sécuritaires ou économiques, le Sahel est devenu un symbole. L’évolution de la situation dans la région constitue une preuve palpable de l’échec de la France. Là où elle a échoué, ces États, en s’appuyant sur leurs propres forces armées, réussissent à instaurer la paix et la stabilité, en moins de temps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une partie de la classe politique et stratégique française, abandonner totalement le théâtre sahélien reviendrait à accepter un recul de son influence mondiale. Malgré les ruptures diplomatiques avec plusieurs capitales sahéliennes, le Sahel continue donc d’occuper une place centrale dans les discours et les stratégies de Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>A.D</strong><strong></strong></p>
<p><em>Publié par <strong>Sahel Tribune</strong> – Votre regard sur l'actualité du Sahel et du monde.</em></p>
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